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La marche accélérée du désarmement culturel de l’Algérie – bouhamidimohamed


                                                                       L’Etat doit donc se désengager de la culture comme il l’a fait pour le développement économique. La culture, alors, n’est plus un enjeu pour l’Etat. Elle est désocialisée dans la perception de ses racines et de ses buts et devient une activité contingente sans causes ni déterminations et sans intérêt proprement national pour la formation esthétique, pour des chances culturelles pour le plus grand nombre, pour la réappropriation de notre identité et la reconstruction de notre Être national en dépit de la fractures et des aliénations coloniales, et pour notre présence au monde et à l‘histoire (3). Elle nous empêchera surtout de corriger la conception coloniale qui habite encore nos têtes et qui réduit la culture aux arts et au patrimoine folklorisé alors que ces anciennes puissances restent les seules architectes de leurs culture dont la part, à leur yeux, décisive et la plus importante reste la science et ses services communs : revues pour jeunes, musées scientifiques et techniques, centres et itinéraires de la découverte, etc… Ce crédo a un compagnon d’idée dans le discours : la créativité. Le ministère doit encourager la créativité …par la formation. La créativité, dans quels buts, pour quelles valeurs, pour quel futur, pour défendre quoi ? Dans un pays qui a dû s’arcbouter sur sa culture pour résister au colonialisme puis pour se libérer, c’est une audace d’affirmer l’absence d’enjeu de la culture. Pendant que la ministre énonçait la pure innocence de la créativité, une ONG sud-africaine (3) organisait des stages de formations de jeunes algériens dont le programme essentiel consistait en leçons sur les droits culturels des minorités, liberté d’expression, les valeurs démocratiques, les droits humains et les droits des artistes, bref tout pour préparer des « futurs leaders culturels » capables des pires outrages provocateurs de clivages incontrôlables ou de nous fabriquer des Pussy Riot à l’algérienne, etc… mais surement pas des Alloula.

Source : La marche accélérée du désarmement culturel de l’Algérie – bouhamidimohamed

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