EN PAYS HILALIEN : UNE ARCHEOLOGIE DU RAÏ – RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ


                                                              Le maître de cette révolution est Blaoui Lahouari qui introduira le piano, la guitare, l’accordéon, l’orgue là où il n’y avait que deux flûtes en roseau et un tube fermé par une peau de lapin en guise de percussion. Influencé par les rythmes exotiques -flamenco, boléro, rumba, mambo- Blaoui va également y soumettre (à doses homéopathiques, certes) les textes du Malhoun. Si Blaoui chantait encore et toujours les vieilles qacidates du Melhoun, il n’en aura pas moins renversé un tabou de taille dans une société arabe dont le maître mot est l’imitation des anciens. Ce faisant, Blaoui allait ouvrir un boulevard aux « Mafrakh », ces « petits bâtards » (comme les appelaient les vénérables cheikhs, selon Saïm El Hadj, compositeur et musicologue oranais), ouvriers pour la plupart, qui ne pouvaient exciper d’une naissance dans une famille de grande tente, qui n’avaient aucun respect des anciens cheikhs et des règles d’apprentissage de la « sanaa » -le métier d’artiste- et qui bricolaient des textes sans queue ni tête. Exactement comme les premiers bluesmen. Les textes des chansons raï n’ont, en effet, plus rien à voir avec la poésie courtoise et délicate du Melhoun. Ils sont violemment lubriques, sans concession à la bienséance pudibonde des Arabes ; ils chantent les amours adultères, le vin, l’ivresse, la violence des rapports sociaux, la débauche des sens. « Celui qui ne s’est pas enivré et n’a pas connu le désir ferait mieux de crever » résume la chanteuse Rimitti (« Elli ma sker wa tmahan el mout kheïrlah »).Cheikha RIMITTI ,Le Raï n’est donc pas la continuation du Melhoun, y compris dans sa forme moderne du Wahrani. Comme le Blues n’est pas la continuation du Gospel ou du Negro Spirituals. Certes, de l’un comme de l’autre, des influences multiples ont présidé à la naissance. Mais justement, c’est cette accumulation de facteurs qui a rendu possible le saut qualitatif qui a donné naissance à une chose nouvelle, originale, qui ne peut se rapporter à aucune autre. ……..

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