Retour sur les années « Boumediene »..


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Je prends la parole, et je me présente. Je suis né en 1968, dans l’émigration algérienne en France, donc dans une terre qui n’est pas la mienne. C’est mon ressenti et mon vécu intérieur. L’Algérie est ma Patrie, et la Nation arabe est ma Grande Patrie. A mes yeux, comme pour des millions d’Algériennes et d’Algériens, le Président Houari Boumediene représente l’étoile polaire, c’est-à-dire qu’avec cet homme nous avons une direction, un cap. Je voudrais ici revenir sur quelques aspects. Des millions d’Algériens et d’Algériennes qui estiment que la construction de l’Etat national (fut-il autoritaire), que le développement national (fut-il problématique), de la diplomatie (fut-elle modeste) sont des acquis fondamentaux l’Algérie du Président Houari Boumediene. Le socialisme du Président Houari Boumediene ne correspondait pas à une « mode », car ce socialisme est d’abord la quête de la justice sociale, de l’égalité sociale, d’une économie sociale et solidaire. Et ce socialisme, dans le contexte algérien, était enracinée dans l’imaginaire collectif arabo-musulman. Ce n’était pas une mode : la preuve, plus que jamais l’Algérie a besoin d’un socialisme arabo-musulman pour en finir avec la corruption, le gaspillage, le mal-développement.

Malheureusement, cette démarche sociale révolutionnaire enracinée dans la révolution de Novembre et dans le patrimoine culturel arabo-islamique ne s’est pas maintenue, alors qu’elle représentait la seule alternative viable pour la Nation. Même si après la mort du Président, Mohamed Salah Yahiaoui et d’autres, comme Abderrazak Bouhara, prolongèrent ce geste intellectuel et spirituel de première grandeur. Résultat, à côté du courant franco-berbériste, nous avons eu une gauche qui, bien que sociale, n’était pas culturellement enracinée dans la culture arabe (préférant lire Marx en français qu’en arabe !) ; et nous avons eu un islamisme qui, généralement, était plus intéressé par les comportements des individus, et le halal/haram, bien plus que par la question sociale. Donc, d’une part, un tribalisme berbériste, de l’autre, une gauche aliénée et francophile, et enfin un islamisme réactionnaire. On voit à quel point la démarche sociale et musulmane du président Houari Boumediene nous manque cruellement.

Non, la justice ne régnait pas partout, la corruption était là, le gaspillage aussi. Mais il y avait avec le Président Houari Boumediene un élan, une vision, un projet, une direction, une dynamique, une mise en mouvement des forces nationales. Malheureusement, sa mort à en grande partie cassé cette dynamique, avec la politique d’infitah dans les années 1980. A nous de retrouver l’élan !

Par ailleurs, il est faux, du point de vue de l’analyse historique, de croire que l’autoritarisme de l’Etat algérien (sous la Présidence de Houari Boumediene) est lié au caractère d’un individu, ou d’un choix politique. L’autoritarisme est d’abord, premièrement, le fruit des conditions de l’accession du pays à l’indépendance. Le colonialisme français s’est heurté à une révolution radicale armée qui refusait le compromis néocoloniale (que la Tunisie et le Maroc et d’autres pays d’Afrique ont suivi). Les Algériens ont conduit une guerre. Or, cela ne pouvait pas ne pas militariser le mouvement national. A l’indépendance, il n’y avait pas de classes sociales « organisées » (ni prolétariat, ni bourgeoisie nationale, ni paysannerie). Il y avait des noyaux d’organisations, mais le système colonial a bloqué l’évolution socio-économique naturelle. Résultat : à l’indépendance, l’armée constitue le seul, l’unique acteur social capable de faire surgir un appareil d’État et de conduire une politique de développement national. Par ailleurs, les années 1960 et 1970 furent constamment des années de pressions, de déstabilisations, par la France, de l’Algérie, et cela continue encore. On ne comprendra rien à l’autoritarisme des États du Sud si on oublie la trame injuste des rapports Nord/Sud.

En fait, en science politique, les notions de démocratie et d’autoritarisme ne sont pas stabilisées. Par exemple, incontestablement, le Président Houari Boumediene n’as pas une grande estime pour la « démocratie représentative », à la forme bourgeoise. C’est cette critique qui fait que beaucoup de militants gauchistes infantiles, ou d’islamistes réactionnaires ont parlé de dictature. En réalité, il était partisan d’une « démocratie organique » ou d’une « démocratie participative ».
On ne peut pas se contenter de dire : « Ah, le passé n’est plus ». Et on ne peut se contempler les belles photographies du Président Houari Boumediene, en disant : « Quelle classe, qu’elle allure, il avait ! » Maintenant, le défis est de montrer sérieusement que le boumedienisme est devant nous, avec quelques principes forts : l’affirmation de l’appartenance de l’Algérie à une Nation en quête de son unité ; la cause des peuples et la solidarité internationale ; un socialisme comme quête de justice sociale enraciné dans la culture arabo-musulmane ; une spiritualité musulmane comme chemin de libération et d’épanouissement… Pour moi ces valeurs sont devant nous. Il faut dorénavant aller dans la pensée-projet.
Pour moi, la vision et le projet de société du président Houari Boumediène s’inscrivait entre Malek Bennabi (pour la dimension culturelle et civilisationnelle) et Frantz Fanon (pour la dimension révolutionnaire sociale). Et Malek Bennabi, dans un bel article dans le Soir en 1963, disait que sa pensée était fondée sur le trio « islamisme, socialisme, arabisme ». C’est ma vision du monde. C’est le boumedienisme du 21ème siècle                                                                                                                                                                                         Source :  https://web.facebook.com/mohamed.futuwwa

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