Bedoui, meneur de la pré-transition?


En termes de transition la condition sine qua non est la démission du Président. Sans elle, il n’y aurait que du surplace et le pays s’installerait dans l’impasse. Les signes personnifiés incarnant le pouvoir ne doivent pas être dans la cuisine, dit la rue. Cela ne traduit nullement l’effacement d’un revers de colère toutes les institutions. Elle serait à l’identique du HCE. A-t-on cependant confié ce cheminement progressif en une pré-transition à Bedoui ? 

Pourtant, sa prestation conférencière de presse du jeudi a pesé lourdement sur les esprits quant aux incertitudes et imprécisions ayant corroboré la réalité du niveau. Il était présent avec ses coquilles dans cet autre vendredi 15 mars plein à craquer. Ce vendredi qui chaque semaine se gonfle de plus en plus en nombre et en intensité sonore. Les messages sont devenus très clairs dans leur multiplicité, tout en ayant un unique sens, c’est le décollement radical avec le pouvoir en place. L’un de ces slogans affichés indique que le peuple veut un formatage et non pas une mise à jour. Ce qui veut dire, le besoin de mettre en cause tout le logiciel qui anime l’unité centrale. Déracinement entier. 

La transition voulue par le peuple algérien ne requiert pas l’existence de symboles du régime et d’éléments eux-mêmes impliqués dans la situation catastrophique que dénonce la rue. Il la veut pacifique, sereine et fraternelle. L’on ne veut ni celle de l’Egypte, ni celle de la Libye ni celle de la Tunisie. On a toutes les capacités historiques et pédagogiques pour faire nous-mêmes la nôtre. Notre sceau de marque déposée, sans viol, sans vol et sans dol. 

La nomination de Bedoui, sous couvert du poste de Premier ministre cache en vérité la mission qui lui serait confiée de gérer cette phase pré-transitoire. La grogne ne s’est point abstenue dès sa nomination de notifier avec vrombissement son refus. Ni Bedoui ni prolongation, le départ de tous demeure une exigence populaire. Le slogan le plus scandé. Mais que faire alors ? L’on doit bien « transiter » par une période. Il doit bien y avoir un acteur et une équipe qui la dirigent ! 

Si quelques bouches encore parfumées de l’arôme du système préconisent sournoisement Lakhdar Brahimi ; l’ensemble du peuple semble publiquement le médire, le maudire. 

Dommage dit-on qu’il a troqué une belle fin de carrière internationale pour une cause perdue, s’efforçant à insuffler du vent dans un sac troué. Résidant à Paris, visitant gratis l’Algérie au tir-au-flanc, jouissant d’un riche annuaire relationnel que souhaiterait-il à deux pas d’une tombe pour découronner ainsi sa fin de destin ? 

Idem pour Lamamra, qui avait un temps épaté plus d’un par son sourire angélique et qui s’emploie maintenant à une mission lui étant intrinsèquement inadaptée. Dommage également pour lui quand il croit considérer que le don diplomatique peut être aussi une manœuvre machiavélique d’embobiner les foules. Que reste-il ? Bedoui ? Il ne semble pas le Monsieur se plaire dans ce rôle même s’il a consenti à apporter toute sa force pour se complaire. La transition est cette parenthèse extraordinaire que l’on ouvre dans un cycle anormal pendant un moment pour la fermer une fois un travail objectisé accompli. Une brèche lumineuse et rapide dans la pâleur d’un ciel longtemps enténébré. Elle nécessite pour l’idéal de son accomplissement une main neuve, un esprit neutre et un nouvel œil. En plus de la haute dextérité, la droiture morale, l’impartialité et l’inculpabilité sont les axes fondamentaux au profil du garant d’une transition. Un fonctionnaire usuel donc qui avait gravi crescendo tous les échelons, évoluant le plus souvent sur la bande d’arrêt d’urgence, même commettant des gentillesses ne peut, au nom de tous les principes du management lorgner la vertu exigible d’un médiateur peuple / pouvoir. Que l’on aille creuser ailleurs. Dans la rue, dans le mouvement populaire, dans la fuite des cerveaux, dans les tiroirs fermés, dans les arrières de vitrines, dans les caves des recalés, dans les fiches bleues raturées, les dépôts et les réserves de la république quoi ; car le carnet des adresses habituelles de l’histoire et de la révolution s’est totalement épuisé. 

par El Yazid Dib

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274369

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