Algérie – Qui va écrire la feuille de route : la plume, la baïonnette, le clavier ?


« Chaque régime finit par devenir un ancien régime » Stanislav Jerzy Lech 

Qui va sortir le pays de ce vaste «marasme» à ciel ouvert ? Qui peut prétendre le faire « seul », les pieds « nus », les mains « ligotées » et la tête « ailleurs » ? Qui va écrire la feuille de route : la plume ou la baïonnette ? Certainement ni l’une ni l’autre. Elles sont toutes deux d’un autre âge. Elles manquent cruellement : l’une d’encrier et l’autre de munitions ? Même si elles ont été pourvues, ce ne sera pas la même calligraphie. L’une sera fine à peine lisible, l’autre sera grossière, elle prendra toute la page. 

Aujourd’hui, les jeunes qui constituent la majorité de la population se passent des plumes et des baïonnettes, ils disposent d’un clavier et de smartphones. Avec seulement leurs dix doigts, ils peuvent faire des miracles. Les ordinateurs sont comme « la trinité chez les chrétiens », on ne voit ni le Père, ni le Fils, ni le Saint Esprit. Ils sont absents dans nos radars. Le nôtre, il est là présent dans nos cœurs, il nous accompagne dans nos marches. Il faut garder raison, l’époque du contrôle des énergies est révolue, l’heure est à la libération des énergies. Le monde est devenu un village planétaire et les choses évoluent à la vitesse de la lumière. Un proverbe français nous apprend «qu’une tête froide, un ventre libre, des pieds chauds sont de sûrs remèdes à tous les maux». 

L’histoire de l’Algérie a été toujours jalonnée par des luttes incessantes entre les partisans du maintien de l’ordre à tout prix (période coloniale et postcoloniale) et les promoteurs d’un ordre nouveau de façon pacifique et la balance a toujours penché en faveur du premier sans résultat patent. Les tenants du pouvoir décrètent le secteur des hydrocarbures source exclusive de ressources en devises du pays le rendant ainsi dépendant du marché mondial. 

La conséquence sera que toute production répondant aux besoins du marché local sera abandonnée et le recours aux importations rendu obligatoire. Il n’existe pas dans notre pays de discussions sérieuses et approfondies sur l’utilisation de la rente pétrolière et gazière depuis l’indépendance à nos jours. 

Les gouvernants successifs dans un geste de « générosité intéressée » donnent l’impression d’utiliser les recettes générées par l’exploitation des ressources pétrolières et gazières pour distraire la population et la détourner des véritables enjeux en retardant, voire en éludant les grandes réformes à engager dans les secteurs fondamentaux de l’économie comme l’agriculture, l’éducation et la fonction publique. 

Il est peut être essentiel et urgent de développer des mécanismes de contrôle social de la redistribution de la rente pétrolière et gazière en organisant la participation de la population à la prise de décision afin d’éviter ou du moins réduire les dépenses publiques hâtives et intempestives sans impact réel sur l’économie et sur la société. 

Que de temps perdu, que d’énergies gaspillées, que de ressources dilapidées pour se rendre à l’évidence que l’on ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Faut-il donc rechercher la clé de l’évolution politique de l’Algérie dans le conflit entre les aspirations de l’élite à se maintenir en activité au-delà de l’âge de la retraite et celles de la population majoritairement jeune à disposer d’un emploi permanent productif ? « Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau et non pas pour se battre contre l’ancien ». 

par A. Boumezrag

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5277767

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