♦ Lorsque les meilleurs perdent la raison, il est facile de supposer que le monde ne va pas bien



Wolfgang Schäuble. Crédit photo: Wikimedia

Fin juillet, Wolfgang Schäuble, désormais Elder Statesman sans fonction publique, a donné une interview au journal Welt am Sonntag. Il y disait publiquement adieu à la vision de toute une vie d’un noyau européen franco-allemand, dans l’espoir évident de sauver ce qui restait, après la guerre en Ukraine, de la possibilité, toujours improbable, d’une Europe indépendante avec une politique de sécurité indépendante. Comme on l’apprend, pas grand-chose.

Ce que Schäuble, l’un des derniers hommes politiques conservateurs intellectuellement respectables, tente de faire dans l’interview, c’est d’élaborer une version actualisée de son vieux concept germano-gaulliste de l’Europe. Mais celle-ci se révèle si éloignée du monde que, venant de quelqu’un connu pour son réalisme politique impitoyable, elle peut être lue comme un argument subversif selon lequel, avec la guerre, tous les rêves d’une Europe dotée d’une « souveraineté stratégique », comme l’appelle Macron, non seulement de droite mais aussi de gauche, sont devenus à jamais des chimères.

Annalena Baerbock. Crédit Wikimedia

« Les Verts incarnent sans conteste l’aile la plus belliciste du monde politique allemand. Qu’ils représentent une génération épargnée par le service militaire, contrairement aux pacifistes méprisés d’antan, donne une saveur particulière à leurs interminables expressions de gratitude et d’admiration pour les courageux Ukrainiens qui “défendent nos valeurs” au péril de leur vie, dans le cadre d’un strict service militaire obligatoire. […]

L’envoi d’armes et le spectacle de leur utilisation depuis la sécurité de leur salon (on ne compte plus les tweets allemands jubilatoires, expédiés depuis un fauteuil, qui relatent les exploits de l’artillerie ukrainienne frappant des cibles russes) s’accompagne de l’assurance presque quotidienne que l’OTAN – et donc l’Allemagne – n’enverra jamais de troupes sur le terrain, où les Ukrainiens “se battent et meurent pour nous tous”. »

[…]

Source:  Makroskop https://makroskop.eu/autoren/wolfgang-streeck/artikel/

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