♦ DAMIEN… A BAD BOY


DAMIEN ABAD…Encore un mâle accusé d’abuser du jeu de dames. Encore un drame !

Deux plaintes ont été déposées contre lui pour nous attester qu’il a privé, peut-être pour l’éternité deux libertés de leur dignité. En clair : il les a bel et mal violées. La presse est tourmentée ! Comment a-t-il fait le scélérat pour réussir ce tour de force alors qu’il n’a même pas de bras ? Pour ceux qui font mine de l’ignorer, Monsieur est un handicapé… et comme il l’a affirmé lui-même en guise d’auto-défense : il a besoin de l’assistance de sa partenaire rien que pour assouvir ses besoins élémentaires.

MeToo a déjà surligné l’info et semble décidé à poursuivre ce mytho… C’est Metoo logique : toutes les femmes sont présumées innocentes, tous les hommes sont présumés coupables… c’est dans l’air et les manières : le retournement de l’histoire sur l’histoire de tous les détournements… Wake up Messieurs dames ! Les femmes d’abord et les hommes par-dessus bord… Avec deux larmes d’intégrisme à bord… pour mettre à mal tout érotisme. Plus de regard innocent ! Plus de belle intention ! Plus de tentative de séduction ! Tout est désormais objet de suspicion… c’est tout l’art de l’interprétation initié par le sexisme féministe pour renverser le sexisme machiste. Et BAM ! Et BAM !

Sa première victime prétend que ce bad boy a abusé d’elle psychologiquement avant de l’abuser physiquement… Sa seconde victime a été endormie avant de se retrouver dans son lit… Elle ne l’a pas vu venir au point de ne plus s’en souvenir…

C’est un peu trop mesquin pour ce républicain considéré comme une prise de guerre de la Macronie, il est en même temps L et R : Left and right… un peu gauche à cause de son handicap et un peu droit grâce à son handicap. Les associations d’handicapés sont toutes, vent debout pour venir à bout de cette double maladresse.

Je ne voudrais pas me substituer à Médiapart et pratiquer à cor et à cris la destitution de toute institution, jusqu’à devenir une attestation pour toute contestation… je dis simplement qu’il est temps d’interdire toute publication qui peut faire de chacune, de chacun une bête avant la fin de l’enquête.

Une dernière question : Quand allons-nous cesser de violer, oui je dis bien violer, le secret de l’instruction qui n’est plus un secret pour personne ? Je rappelle à juste titre, que ce n’est pas un pis-aller mais un pilier pour toute vraie justice.

#Abad #Metoo #justice #Mediapart #etBam #Macron #instruction #plaintes #viol

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♦ Large consensus atteint lors de la réunion des BRICS face au bloc dirigé par les USA


Carte schématique des États membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Un large consensus a été atteint lors de la réunion des BRICS, offrant une stabilité favorable au développement dans le contexte de la politique du bloc dirigé par les États-Unis.

Un jour avant le voyage en Asie du président américain Joe Biden, une déclaration commune en 25 points a été finalisée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS jeudi soir, heure de Beijing, qui comprend un consensus sur l’augmentation du rôle des économies émergentes dans la gouvernance mondiale inclusive, le soutien aux négociations Russie-Ukraine, la lutte contre le terrorisme et le contrôle des armements, ainsi que l’éventuelle expansion des BRICS.

Le conseiller d’État et ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi a résumé la position commune des BRICS lors de la réunion « cordiale et pragmatique » en quatre aspects : notamment le maintien du multilatéralisme, la promotion du développement commun, le renforcement de la solidarité et de la coopération. Les experts chinois ont considéré la réunion et le consensus auquel elle a abouti comme la voix d’un large éventail de pays en développement, contrebalançant l’impact négatif des efforts de certains pays pour renverser la mondialisation et former des blocs politiques.

M. Wang a présidé la réunion de jeudi par liaison vidéo. La ministre sud-africaine des relations internationales et de la coopération, Naledi Pandor, le ministre brésilien des affaires étrangères, Carlos Franca, le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, et le ministre indien des affaires extérieures, Subrahmanyam Jaishankar, ont assisté à la réunion.

Sur la base de la déclaration commune, les ministres ont réaffirmé leur engagement à rendre la gouvernance mondiale plus représentative et démocratique, et à accroître la participation des marchés émergents et des pays en développement au processus décisionnel mondial.

La Chine et la Russie ont réaffirmé l’importance qu’elles attachent au statut et au rôle du Brésil, de l’Inde et de l’Afrique du Sud dans les affaires internationales et soutiennent leur aspiration à jouer un rôle plus important au sein des Nations unies.

Contrairement au passé où les réunions des BRICS mettaient davantage l’accent sur le développement et la coopération économiques, les ministres ont confirmé un consensus sur de multiples questions liées à la sécurité. Ils ont par exemple exprimé leur soutien aux négociations entre la Russie et l’Ukraine, souligné que l’ONU devait continuer à jouer un rôle central de coordination dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, appelant à l’adoption rapide de la Convention générale sur le terrorisme.

Les ministres ont également appelé à renforcer les systèmes internationaux de contrôle des armements, de désarmement et de non-prolifération, en particulier la nécessité d’observer et de renforcer la Convention sur les armes biologiques, notamment par l’adoption d’un protocole juridiquement contraignant impliquant un mécanisme de vérification efficace.

Les voix des pays en développement sont souvent rejetées par l’Occident, qui estime représenter l’ensemble de la communauté internationale, a déclaré Wang Yiwei, directeur de l’Institut des affaires internationales de l’Université Renmin de Chine, au Global Times dimanche.

Il a noté qu’après le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le monde est menacé d’une nouvelle confrontation, d’une division et même d’une guerre nucléaire. Les BRICS partagent ces préoccupations en matière de sécurité en tant que représentants des pays en développement. La Russie, membre des BRICS, est soumise à des sanctions économiques imposées par les États-Unis et l’Occident.

Les États-Unis ne parlent pas au nom de la majorité du monde, mais les BRICS parlent au nom du grand groupe de pays en développement et d’économies émergentes, et aucun d’entre eux n’a imposé de sanctions à la Russie, a déclaré Wang. « Les États-Unis ne peuvent pas compter sur la menace de sanctions pour forcer d’autres pays à les aider à atteindre leurs objectifs. »

Les États-Unis veulent isoler la Russie et déclencher une confrontation de type guerre froide. Dans le même temps, Washington réorganise son système d’alliance en Asie en rendant visite au Japon et à la Corée du Sud, excluant la Chine et les pays BRICS de la chaîne industrielle de haute technologie, poussant le monde à s’écarter du processus de mondialisation.

La Chine a présenté des initiatives en matière de sécurité mondiale en avril de cette année. « Les BRICS ne sont pas seulement une plateforme de préconisation, mais aussi de mise en œuvre. Il est tout à fait possible que les pays des BRICS fournissent conjointement certains biens publics liés à la sécurité à l’avenir », a déclaré Wang.

« Le mécanisme des BRICS remplit des fonctions plus complètes et assume davantage de responsabilités. Il apporte plus de stabilité et de certitude pour contrer les turbulences provoquées par les États-Unis », a déclaré au Global Times un expert en affaires internationales basé à Pékin, sous couvert d’anonymat.

La réunion des ministres des affaires étrangères des BRICS s’est tenue sur fond de tournée asiatique de Biden, qui vise à diviser la région. « La visite de Biden défie les BRICS, un mécanisme historique de promotion du développement mondial durable, qui contraste avec le plan de confrontation géopolitique des États-Unis, ce qui permet au monde, notamment aux pays en développement, de mieux se comprendre », a déclaré l’expert.

Les BRICS constituent le mécanisme le plus emblématique de représentation des intérêts et des propositions des économies émergentes et des pays en développement, qui ont la ferme volonté de veiller à ce que leurs intérêts ne soient pas lésés en période de turbulence et de transformation, a déclaré l’expert.

Les BRICS visent à promouvoir des concepts sains, positifs et sécuritaires grâce à des avantages mutuels et à l’inclusion. Ce n’est pas comme les États-Unis qui veulent saper le développement économique et durable des économies émergentes du monde en créant une confrontation politique de blocs dans une posture hégémonique.

Le mécanisme des BRICS offre aux pays en développement une alternative appropriée au programme antimondialisation des États-Unis, générateur de crises et de perturbations, et son expansion est inévitable, a déclaré l’expert.

Par Wang Qi

Source : Global Times

Traduction Arretsurinfo.ch

♦ Ukraine – Les Russes brisent le soutien des États-Unis


Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, lors d’une intervention télévisée, le 26 mars 2022. 

Le 14 mai, j’ai noté que les États-Unis avaient demandé à la Russie un cessez-le-feu en Ukraine :

Le compte-rendu américain de l’appel dit :

Le 13 mai, le secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III s’est entretenu avec le ministre russe de la Défense Sergey Shoygu pour la première fois depuis le 18 février. Le secrétaire Austin a demandé instamment un cessez-le-feu immédiat en Ukraine et a souligné l’importance de maintenir les lignes de communication.

Austin est à l’origine de l’appel et les États-Unis cherchent à obtenir un cessez-le-feu en Ukraine !

Hier, les officiers supérieurs des États-Unis et de la Russie ont eu un appel que, là encore, les États-Unis ont initié :

Le général Mark Milley, président des chefs d’état-major interarmées, et le général Valery Gerasimov, chef de l’état-major général russe, ont eu une conversation que le Pentagone a refusé de détailler au-delà de la reconnaissance de l’événement.

Les choses doivent aller mal en Ukraine pour que cela se produise. En effet, si l’on se fie à la « liste de bombes » publiée quotidiennement par le ministère russe de la Défense, toutes les positions de l’armée ukrainienne sont soumises à des tirs d’artillerie lourde et celle-ci perd environ 500 hommes par jour. En outre, des frappes russes efficaces sont menées sur des camps d’entraînement, des sites de stockage d’armes et des plates-formes de transport dans tout le pays.

En outre, la situation tactique sur la ligne de front orientale a changé après que les forces russes ont franchi la ligne de front fortement fortifiée.

Il y a quelques jours, l’armée russe a avancé le long de la route H-32, a percé la ligne en direction de Propasna et a pris la ville. Depuis, elle a étendu son avancée en prenant plusieurs villages au nord, à l’ouest et au sud.

Cette percée donne la possibilité de remonter les fortifications ukrainiennes le long de la ligne de front par des attaques de flanc ou par l’arrière. En coupant les lignes de ravitaillement des troupes ukrainiennes au nord et au sud, des enveloppes peuvent être créées, ce qui conduira éventuellement à des chaudrons sans issue pour les troupes ukrainiennes.

Ceci est particulièrement dangereux pour les quelques milliers de soldats au nord du renflement qui défendent actuellement les villes de Sieverodonetsk et Lysychansk dans la partie nord-est de la bulle supérieure.

Le plan russe était de faire une autre percée du nord en poussant jusqu’à Siversk pour ensuite fermer l’enveloppe supérieure. Mais après plusieurs tentatives infructueuses de traverser la zone forestière et la rivière Seversky Donets, cette percée n’a toujours pas eu lieu.

La Russie est maintenant susceptible de pousser des troupes fraîches dans le renflement de Propasna pour étendre sa portée dans toutes les directions. Les rapports sur les actions en cours montrent que les combats et les bombardements intensifs sur la ligne de front se poursuivent et que les bombardements continuent également à viser les nœuds de trafic.

Les autres fronts en Ukraine sont actuellement relativement calmes, avec peu de tirs directs. Les attaques d’artillerie russes, toujours quotidiennes, touchent toutes les lignes de front ukrainiennes et feront des victimes chaque jour.

Quelque 2 000 soldats de la milice Azov et de l’armée ukrainienne ont quitté les catacombes d’Azovstal à Mariupol. Un millier d’autres pourraient encore s’y trouver. L’armée russe filtre ces prisonniers. Les membres de la milice Azov et d’autres milices seront traduits en justice. Les soldats de l’armée ukrainienne deviendront des prisonniers de guerre.

La pénurie d’essence et de diesel en Ukraine a actuellement de graves répercussions. Même l’armée ukrainienne rationne désormais son carburant. Depuis environ six semaines, la Russie a systématiquement attaqué les raffineries et les sites de stockage de carburant en Ukraine. Elle a également désactivé les ponts ferroviaires le long des lignes qui acheminaient le carburant depuis la Moldavie et la Roumanie.

Dans le même temps, le gouvernement ukrainien a retardé la réglementation des prix du carburant. Les prix de vente au consommateur du diesel et de l’essence étaient fixes. Le coût du carburant importé de Pologne par des camions privés dépassait le prix que les propriétaires de stations-service pouvaient demander. En conséquence, les stations-service se sont retrouvées à sec, leurs propriétaires s’abstenant d’acheter du nouveau carburant.

Il y a trois jours, le régime de Zelensky à Kiev a finalement mis fin au contrôle du prix du carburant :

Selon le [ministre de l’économie] Svyrydenko, le gouvernement s’attend à ce que le prix maximum du diesel ne dépasse pas 58 UAH (1,97 $) et celui de l’essence 52 UAH (1,76 $) par litre, une fois le contrôle levé.

« Dès que nous aurons le sentiment que les opérateurs du marché abusent de leur position, nous leur imposerons des sanctions », a-t-elle ajouté.

« Nous surveillerons la situation au quotidien ».

Les prix prévus sont inférieurs à ce qui est actuellement demandé en Allemagne, et ce sans avoir à transporter le carburant par camion sur les 600 kilomètres qui séparent la Pologne de Kiev. La menace de sanctions signifie également que les grossistes locaux seront peu incités à vendre du carburant. Le salaire moyen en Ukraine étant d’environ 480 dollars par mois, les prix réels du carburant deviendront bientôt un autre choc économique.

Le gouvernement ukrainien poursuit également ses attaques contre les syndicats et le droit du travail :

En mars, le Parlement ukrainien a adopté une loi de guerre qui réduit considérablement la capacité des syndicats à représenter leurs membres, introduit la « suspension de l’emploi » (les employés ne sont pas licenciés, mais leur travail et leur salaire sont suspendus) et donne aux employeurs le droit de suspendre unilatéralement les conventions collectives.

Mais au-delà de cette mesure temporaire, un groupe de députés et de fonctionnaires ukrainiens vise désormais à « libéraliser » et à « désoviétiser » davantage le droit du travail du pays. En vertu d’un projet de loi, les personnes qui travaillent dans des petites et moyennes entreprises – celles qui comptent jusqu’à 250 employés – seraient, de fait, exclues du droit du travail en vigueur dans le pays et couvertes par des contrats individuels négociés avec leur employeur. Plus de 70 % de la main-d’œuvre ukrainienne serait touchée par ce changement.

Dans un contexte où l’on craint que les responsables ukrainiens ne profitent de l’invasion russe pour faire passer une déréglementation radicale du droit du travail attendue depuis longtemps, un expert a averti que l’introduction du droit civil dans les relations de travail risquait d’ouvrir une « boîte de Pandore » pour les travailleurs.

Au total, la situation socio-économique de l’Ukraine est catastrophique. La situation militaire est encore pire. Mariupol est tombée et les troupes russes qui y travaillent pourront bientôt aller ailleurs. Le bourrelet de Propasna menace d’envelopper toute la ligne de front nord avec le noyau de l’armée ukrainienne.

On ne parle plus de « victoire » de l’armée ukrainienne comme à Kiev ou à Karkov, où les troupes russes se sont retirées en bon ordre après avoir fini de maintenir les forces ukrainiennes en place.

Le commandement ukrainien a envoyé plusieurs brigades territoriales sur les lignes de front. Ces unités étaient censées défendre leurs villes d’origine. Elles sont composées d’hommes d’âge moyen appelés sous les drapeaux. Ils ont peu d’expérience du combat et manquent d’armes lourdes. Plusieurs de ces unités ont publié des vidéos disant qu’elles abandonnaient. Elles déplorent que leurs commandants les aient quittées lorsque leur situation est devenue critique.

Le fait que l’armée ukrainienne utilise désormais ces unités comme chair à canon montre qu’il ne lui reste que peu de réserves.

Les armes qui arrivent de l’ouest ont du mal à atteindre les lignes de front et ont eu jusqu’à présent très peu d’effet. Elles ne sont que des gouttes d’eau sur une plaque chauffante.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi Austin et Milley ont téléphoné à leurs homologues russes. Ce sont également les raisons pour lesquelles les rédacteurs du New York Times appellent l’administration Biden à cesser ses fanfaronnades et à adopter une position plus réaliste :

Les récentes déclarations belliqueuses de Washington – l’affirmation du président Biden selon laquelle M. Poutine « ne peut pas rester au pouvoir », le commentaire du secrétaire à la défense Lloyd Austin selon lequel la Russie doit être « affaiblie » et la promesse de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, selon laquelle les États-Unis soutiendront l’Ukraine « jusqu’à ce que la victoire soit remportée » – peuvent être des proclamations de soutien enthousiastes, mais ne rapprochent pas les négociations.

En fin de compte, ce sont les Ukrainiens qui doivent prendre les décisions difficiles : Ce sont eux qui se battent, meurent et perdent leurs maisons à cause de l’agression russe, et ce sont eux qui doivent décider à quoi pourrait ressembler la fin de la guerre. Si le conflit débouche sur de véritables négociations, ce seront les dirigeants ukrainiens qui devront prendre les douloureuses décisions territoriales qu’exigera tout compromis.

[Alors que la guerre se poursuit, M. Biden devrait également faire comprendre au président Volodymyr Zelensky et à son peuple qu’il y a une limite à ce que les États-Unis et l’OTAN sont prêts à faire pour affronter la Russie, et une limite aux armes, à l’argent et au soutien politique qu’ils peuvent rassembler. Il est impératif que les décisions du gouvernement ukrainien soient fondées sur une évaluation réaliste de ses moyens et de la quantité de destruction que l’Ukraine peut encore supporter.

Affronter cette réalité peut être douloureux, mais ce n’est pas de l’apaisement. C’est ce que les gouvernements ont le devoir de faire, et non de courir après une « victoire » illusoire. La Russie ressentira la douleur de l’isolement et des sanctions économiques débilitantes pendant des années encore, et M. Poutine entrera dans l’histoire comme un boucher. Le défi consiste maintenant à se débarrasser de l’euphorie, à cesser de se moquer et à se concentrer sur la définition et l’achèvement de la mission. Le soutien de l’Amérique à l’Ukraine est un test de sa place dans le monde au 21e siècle, et M. Biden a l’opportunité et l’obligation d’aider à définir ce que cela sera.

Source: Moon of Alabama 

Traduction Arretsurinfo.ch

♦ Noam Chomsky : « Notre priorité en Ukraine devrait être de sauver les vies, pas de punir la Russie. »


Près de trois mois après le début de la guerre en Ukraine, la paix n’est pas en vue. En fait, le niveau de destruction s’est intensifié et les deux parties semblent avoir peu d’espoir de parvenir à un règlement pacifique dans un avenir proche. En outre, la situation internationale se détériore, car certains pays européens neutres envisagent d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), ce qui a incité le Kremlin à réagir en menaçant de déployer des armes nucléaires dans la région de la Baltique si cela devait se produire.

Un soldat ukrainien se repose pendant une patrouille dans un village détruit près des lignes de front de Mykolaiv, en Ukraine.
Celestinon Arce / Nurphoto via Getty Images

Dans l’interview qui suit, Noam Chomsky, universitaire de renommée mondiale et dissident de premier plan, aborde ces développements dans une interview exclusive pour Truthout. Il souligne que nous devons donner la priorité à la sauvegarde des vies humaines – et non à la punition de la Russie – dans la détermination des prochaines actions.

Chomsky est internationalement reconnu comme l’un des plus importants intellectuels vivants. Il est l’auteur de quelque 150 livres et a reçu des dizaines de prix très prestigieux, dont le prix de la paix de Sydney et le prix de Kyoto, ainsi que des dizaines de doctorats honorifiques des universités les plus renommées du monde. Chomsky est professeur émérite de l’Institut du MIT et actuellement professeur lauréat à l’Université d’Arizona.

C.J. Polychroniou : Noam, le président russe Vladimir Poutine a déclaré, lors d’une conférence de presse conjointe avec son allié le président biélorusse Alexandre Loukachenko, que les pourparlers de paix avaient abouti à une « impasse » et que l’invasion se déroulait comme prévu. En fait, il a juré que la guerre se poursuivrait jusqu’à ce que tous les objectifs fixés au début de l’invasion soient atteints. Poutine ne veut-il pas la paix en Ukraine ? Est-il vraiment en guerre contre l’OTAN et les États-Unis ? Si c’est le cas, et surtout si l’on considère à quel point la politique de l’Occident envers la Russie a été dangereuse jusqu’à présent, que peut-on faire maintenant pour empêcher qu’un pays entier soit potentiellement rayé de la carte ?

Noam Chomsky : Avant de poursuivre cette discussion, j’aimerais souligner, une fois de plus, le point le plus important : notre principale préoccupation devrait être de réfléchir soigneusement à ce que nous pouvons faire pour mettre rapidement un terme à l’invasion russe criminelle et pour sauver les victimes ukrainiennes de nouvelles horreurs. Malheureusement, nombreux sont ceux qui trouvent les déclarations héroïques plus satisfaisantes que cette tâche indispensable. Ce n’est pas une nouveauté dans l’histoire, malheureusement. Comme toujours, nous devons garder clairement à l’esprit l’enjeu principal et agir en conséquence.

Pour en revenir à votre commentaire, la dernière question est de loin la plus importante ; je reviendrai sur les précédentes.

Il y a, en gros, deux façons de mettre fin à cette guerre : un règlement diplomatique négocié ou la destruction de l’un ou l’autre camp, soit rapidement, soit dans une agonie prolongée. Ce ne sera pas la Russie qui sera détruite. Il est incontestable que la Russie a la capacité d’anéantir l’Ukraine, et si Poutine et sa cohorte sont acculés au pied du mur, ils pourraient, en désespoir de cause, utiliser cette capacité. C’est ce à quoi devraient s’attendre ceux qui dépeignent Poutine comme un « fou » plongé dans les illusions d’un nationalisme romantique et d’aspirations mondiales brutales.

Il s’agit clairement d’une expérience que personne ne veut entreprendre – du moins personne qui se préoccupe un tant soit peu des Ukrainiens.

La précision est malheureusement nécessaire. Il existe des voix respectées dans le courant dominant qui défendent simultanément deux points de vue : (1) Poutine est en effet un « fou furieux » capable de tout et qui pourrait se venger sauvagement s’il était acculé au mur ; (2) « L’Ukraine doit gagner. C’est la seule issue acceptable. » Nous pouvons aider l’Ukraine à vaincre la Russie, disent-ils, en lui fournissant des équipements et un entraînement militaires de pointe, et en mettant Poutine au pied du mur.

Ces deux positions ne peuvent être défendues simultanément que par des personnes qui se soucient si peu du sort des Ukrainiens qu’elles sont prêtes à tenter une expérience pour voir si le « fou furieux » se dérobera dans la défaite ou utilisera la force écrasante dont il dispose pour anéantir l’Ukraine. Dans tous les cas, les partisans de ces deux points de vue sont gagnants. Si Poutine accepte tranquillement la défaite, ils gagnent. S’il anéantit l’Ukraine, ils gagnent : cela justifiera des mesures bien plus sévères pour punir la Russie.

L’expression « toutes les options sont sur la table » est normale dans ce qui passe pour de la politique aux États-Unis et au Royaume-Uni – tout cela en violation directe de la Charte des Nations unies (et, accessoirement, de la Constitution des États-Unis).

Il n’est pas sans intérêt qu’une telle volonté de jouer avec la vie et le destin des Ukrainiens fasse l’objet d’éloges, et soit même considérée comme une position noble et courageuse. D’autres mots pourraient peut-être venir à l’esprit.

Si l’on met de côté la qualification – malheureusement nécessaire dans cette étrange culture – la réponse à la question posée semble assez claire : engager des efforts diplomatiques sérieux pour mettre fin au conflit. Bien sûr, ce n’est pas la réponse de ceux dont l’objectif premier est de punir la Russie – de combattre la Russie jusqu’au dernier ukrainien, comme l’ambassadeur Chas Freeman décrit la politique américaine actuelle, questions dont nous avons discuté.

Le cadre de base d’un règlement diplomatique est compris depuis longtemps et a été réitéré par le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy. Premièrement, la neutralisation de l’Ukraine, en lui donnant un statut semblable à celui du Mexique ou de l’Autriche. Deuxièmement, le report de la question de la Crimée. Troisièmement, la mise en place d’un haut niveau d’autonomie pour le Donbass, peut-être dans le cadre d’un arrangement fédéral, de préférence dans le cadre d’un référendum international.

La politique officielle des États-Unis continue de rejeter tout cela. Les hauts fonctionnaires de l’administration ne se contentent pas de concéder qu’ « avant l’invasion russe de l’Ukraine, les États-Unis n’ont fait aucun effort pour répondre à l’une des principales préoccupations de Vladimir Poutine en matière de sécurité, le plus souvent exprimée, à savoir la possibilité d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ». Ils se félicitent d’avoir adopté cette position, qui pourrait bien avoir contribué à pousser Poutine à l’agression criminelle. Et les États-Unis continuent de maintenir cette position aujourd’hui, faisant ainsi obstacle à un règlement négocié selon les grandes lignes décrites par Zelenskyy, quel qu’en soit le coût pour les Ukrainiens.

Un règlement selon ces grandes lignes peut-il encore être atteint, comme cela semblait probable avant l’invasion russe ? Il n’y a qu’une seule façon de le savoir : essayer. L’ambassadeur Freeman est loin d’être le seul parmi les analystes occidentaux informés à reprocher au gouvernement américain d’avoir été « absent [des efforts diplomatiques] et, au pire, implicitement opposé » à ceux-ci par ses actions et sa rhétorique. Cela, poursuit-il, est « le contraire de l’habileté politique et de la diplomatie » et porte un coup terrible aux Ukrainiens en prolongeant le conflit. D’autres analystes respectés, comme Anatol Lieven, sont généralement d’accord, reconnaissant qu’à tout le moins, « les États-Unis n’ont rien fait pour faciliter la diplomatie. »

Malheureusement, les voix raisonnables, aussi respectées soient-elles, sont en marge de la discussion, laissant la parole à ceux qui veulent punir la Russie – jusqu’au dernier ukrainien.

Lors de la conférence de presse, Poutine a semblé rejoindre les États-Unis en préférant « le contraire de la diplomatie et de l’habileté politique », bien que ses remarques n’excluent pas ces options. Si les pourparlers de paix sont aujourd’hui dans une « impasse », cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas être repris, au mieux avec la participation engagée des grandes puissances, la Chine et les États-Unis.

La Chine est condamnée à juste titre pour son manque de volonté à faciliter « l’art de l’État et la diplomatie ». Les États-Unis, comme d’habitude, sont exempts de toute critique dans les grands médias et les revues américaines (mais pas complètement), sauf pour ce qui est de ne pas fournir davantage d’armes pour prolonger le conflit ou d’utiliser d’autres mesures pour punir les Russes, la préoccupation dominante, semble-t-il.

Une mesure que les États-Unis pourraient utiliser est proposée depuis les couloirs de la faculté de droit de Harvard, à l’extrême libéral supposé de l’opinion. Le professeur émérite Laurence Tribe et l’étudiant en droit Jeremy Lewin proposent que le président Joe Biden suive le précédent créé par George W. Bush en 2003, lorsqu’il a saisi « des fonds irakiens se trouvant dans des banques américaines, en affectant le produit de cette saisie à l’aide au peuple irakien et à l’indemnisation des victimes du terrorisme. »

Le président Bush a-t-il fait autre chose en 2003 « pour aider le peuple irakien » ? Cette question gênante ne serait soulevée que par ceux qui sont coupables du péché de « whataboutisme », l’un des dispositifs récents destinés à empêcher toute attention à nos propres actions et à leurs conséquences pour aujourd’hui. [whataboutisme, technique ou pratique consistant à répondre à une accusation ou question difficile en faisant une contre-accusation ou en évoquant un problème différent, NdT]

Les auteurs reconnaissent que le gel de fonds conservés par sécurité dans des banques new-yorkaises pose certains problèmes. Ils évoquent le gel des fonds afghans par l’administration Biden, qui a été « controversé, principalement en raison de questions non résolues concernant la saisie des actifs par les tribunaux et la répartition des réclamations entre les plaignants qui se battent en duel […] les procès intentés par les parents des personnes tuées ou blessées le 11 septembre. »

Le sort des mères afghanes qui regardent leurs enfants mourir de faim parce qu’elles ne peuvent pas accéder à leurs comptes bancaires pour acheter de la nourriture sur les marchés, et plus généralement le sort de millions d’Afghans confrontés à la famine, n’est pas mentionné, mais n’est peut-être pas controversé.

Un autre témoignage sur les efforts déployés par le président Bush en 2003 pour « aider le peuple irakien » est fourni, par inadvertance, par le principal analyste de la politique étrangère du New York Times, Thomas Friedman, dans son titre : « Comment faire face à une superpuissance dirigée par un criminel de guerre ? »

Qui pourrait imaginer qu’une superpuissance puisse être dirigée par un criminel de guerre à notre époque éclairée ? Un dilemme difficile à affronter, voire à envisager, dans un pays d’une innocence immaculée comme le nôtre.

Faut-il s’étonner que la partie la plus civilisée du monde, principalement le Sud, contemple le spectacle qui se déroule ici avec étonnement et incrédulité ?

Pour en revenir à la conférence de presse, Poutine a déclaré que l’invasion se déroulait comme prévu et qu’elle se poursuivrait jusqu’à ce que les objectifs initiaux soient atteints. Si le consensus des analystes militaires et des élites politiques occidentales est à peu près juste, c’est une façon pour Poutine de reconnaître que les objectifs initiaux de conquérir rapidement Kiev et d’installer un gouvernement fantoche ont dû être abandonnés en raison de la résistance farouche et courageuse des Ukrainiens, exposant l’armée russe comme un tigre de papier incapable même de conquérir des villes situées à quelques kilomètres de sa frontière et défendues par une armée essentiellement composée de citoyens.

Le groupe d’experts tire ensuite une autre conclusion : Les États-Unis et l’Europe doivent consacrer des ressources encore plus importantes pour se protéger du prochain assaut de ce monstre militaire rapace qui est prêt à lancer une attaque pour submerger l’OTAN et les États-Unis.

La logique est écrasante.

Selon le consensus, la Russie révise actuellement ses plans abandonnés et se concentre sur un assaut majeur dans la région du Donbass, où quelque 15 000 personnes auraient été tuées depuis le soulèvement de Maidan en 2014. Par qui ? Cela ne devrait pas être difficile à déterminer avec de nombreux observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur le terrain.

Il me semble aller trop loin pour conclure que Poutine vise la guerre avec l’OTAN et les États-Unis, c’est-à-dire l’anéantissement mutuel. Je pense qu’il veut la paix – à ses conditions. (Quel monstre n’en veut pas ?) Nous ne pouvons découvrir ces modalités qu’en essayant de les découvrir, par le biais de « l’habileté politique et de la diplomatie ». Nous ne pouvons pas le découvrir en refusant de nous engager dans cette option, en refusant même de l’envisager ou d’en discuter. Nous ne pouvons pas le découvrir en poursuivant la politique officielle annoncée en septembre dernier et renforcée en novembre, des questions dont nous avons discuté à plusieurs reprises : la politique officielle des États-Unis sur l’Ukraine qui est cachée aux Américains par la « presse libre » mais sûrement étudiée très attentivement par les services de renseignement russes, qui ont accès au site Web de la Maison Blanche.

[Ceux qui] sont hors de portée du système de propagande américain seront consternés par l’hypocrisie, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se féliciter de l’exposition très sélective des crimes de guerre.

Pour en revenir à l’essentiel, nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre un terme à cette agression criminelle, et ce d’une manière qui épargnera aux Ukrainiens de nouvelles souffrances et même une éventuelle destruction si Poutine et son entourage sont acculés au pied du mur sans issue. Cela nécessite un mouvement populaire qui fera pression sur les États-Unis pour qu’ils reviennent sur leur politique officielle et se joignent à la diplomatie et à l’art de gouverner. Des mesures punitives (sanctions, soutien militaire à l’Ukraine) pourraient être justifiées si elles contribuent à cette fin, et non si elles sont conçues pour punir les Russes tout en prolongeant l’agonie et en menaçant l’Ukraine de destruction, avec des ramifications indicibles au-delà.

C.J. : Des rapports non confirmés indiquent que la Russie a utilisé des armes chimiques dans la ville ukrainienne qui a peut-être été la plus brutalement attaquée, à savoir Mariupol. À son tour, le gouvernement britannique s’est empressé d’annoncer de manière assez audacieuse que « toutes les options sont sur la table » si ces rapports sont corrects. En effet, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déjà déclaré qu’une telle évolution « changerait totalement la nature du conflit. » Que signifie « toutes les options sont sur la table », et cela pourrait-il inclure le scénario d’une guerre nucléaire en Ukraine ?

Noam Chomsky : L’expression « toutes les options sont sur la table » est normale dans ce qui passe pour de la politique aux États-Unis et au Royaume-Uni – tout cela en violation directe de la Charte des Nations unies (et, si quelqu’un s’en soucie, de la Constitution des États-Unis). Nous ne savons pas ce qui peut se trouver dans l’esprit de ceux qui émettent régulièrement ces déclarations. Peut-être veulent-ils dire ce que disent les mots : que les États-Unis sont prêts à recourir aux armes nucléaires, se détruisant ainsi très probablement avec une grande partie de la vie sur Terre (même si des scarabées et des bactéries peuvent proliférer). Peut-être cela est-il tolérable dans leur esprit si cela punit au moins les Russes, qui, nous dit-on, sont une malédiction si irrémédiable que la seule solution pourrait être « l’isolement russe permanent » ou même « Russia delenda est. » [Il faut détruire la Russie, allusion à « Carthago delenda est », NdT]

Il est, bien sûr, approprié d’être très préoccupé par l’utilisation d’armes chimiques, même si elle n’est pas confirmée. Au risque de tomber dans le whataboutisme, nous devrions également nous préoccuper des rapports bien confirmés de fœtus déformés dans les hôpitaux de Saïgon en ce moment, parmi les terribles résultats de la guerre chimique déclenchée par l’administration Kennedy pour détruire les récoltes et les forêts, une partie essentielle du programme visant à « protéger » la population rurale qui soutenait le Viet Cong, comme Washington le savait bien. Nous devrions être suffisamment préoccupés pour faire quelque chose afin d’atténuer les conséquences de ces terribles programmes.

Si la Russie a pu utiliser ou envisage d’utiliser des armes chimiques, c’est assurément un sujet de profonde inquiétude.

C.J. : Certains affirment également que des milliers d’Ukrainiens ont été déportés de force de Mariupol vers des régions reculées de Russie, évoquant les sombres souvenirs des déportations massives soviétiques sous Staline. Les responsables du Kremlin ont rejeté ces allégations en les qualifiant de « mensonges », mais ils ont ouvertement parlé de relocaliser les civils piégés à Mariupol. Si les informations faisant état de déportations forcées de civils de Mariupol vers la Russie s’avèrent exactes, quel serait le but de telles actions répréhensibles, et ne viendraient-elles pas s’ajouter à la liste des crimes de guerre de Poutine ?

Noam Chomsky : Ils viendraient sûrement s’ajouter à la liste, déjà assez longue. Et heureusement, nous en saurons beaucoup sur ces crimes. Des enquêtes approfondies sur les crimes de guerre russes sont déjà en cours, et malgré les difficultés techniques, elles se poursuivront.

Cela aussi est normal. Lorsque des ennemis commettent des crimes, une grande activité est déployée pour révéler chaque petit détail. Comme cela doit être fait. Les crimes de guerre ne doivent pas être dissimulés et oubliés.

Malheureusement, c’est la pratique quasi-universelle aux États-Unis. Nous venons de faire allusion à quelques-uns des innombrables exemples. Mais le fait que le leader mondial d’aujourd’hui adopte les pratiques répréhensibles de ses prédécesseurs nous laisse encore libres de dénoncer les crimes des ennemis officiels d’aujourd’hui, une tâche qui devrait être entreprise, et qui le sera sûrement dans ce cas. D’autres, hors de portée du système de propagande américain, seront consternés par l’hypocrisie, mais ce n’est pas une raison pour ne pas nous féliciter de l’exposition très sélective des crimes de guerre.

Ceux qui ont un intérêt pervers à s’observer peuvent tirer quelques leçons de la façon dont les atrocités sont traitées lorsqu’elles sont exposées. Le cas le plus notable est le massacre de My Lai, finalement reconnu après que le journaliste indépendant Seymour Hersh a révélé le crime à l’Occident. Au Sud-Vietnam, il était connu depuis longtemps mais n’a pas suscité beaucoup d’attention. Le centre médical quaker de Quang Ngai n’a même pas pris la peine de le signaler, car de tels crimes étaient courants. En fait, l’enquête officielle du gouvernement américain en a trouvé un autre semblable dans le village voisin de My Khe.

Le massacre de My Lai a pu être absorbé par le système de propagande en limitant la responsabilité aux GI sur le terrain qui ne savaient pas qui allait leur tirer dessus après. Ceux qui les ont envoyés dans ces expéditions de massacre étaient – et sont toujours – exonérés. En outre, l’accent mis sur l’un des nombreux crimes commis sur le terrain a servi à dissimuler le fait qu’ils n’étaient que la note de bas de page d’une énorme campagne de bombardement, de massacre et de destruction dirigée depuis des bureaux climatisés, le plus souvent occultée par les médias, bien qu’Edward Herman et moi-même ayons pu écrire à ce sujet en 1979, en utilisant des études détaillées qui nous avaient été fournies par le correspondant de Newsweek, Kevin Buckley, qui avait enquêté sur le crime avec son collègue Alex Shimkin mais n’avait pas pu publier plus que des fragments.

En dehors de ces cas, qui sont rares, les crimes américains ne sont pas examinés et on en sait peu sur eux. Une longue histoire chez les très puissants.

Il n’est pas facile de comprendre ce qui se passe dans l’esprit des criminels de guerre comme Poutine – ou de ceux qui n’existent pas, selon le canon prêché par les experts du New York Times qui sont atterrés de découvrir que les criminels de guerre existent – parmi les ennemis officiels.

C.J. : La Finlande et la Suède semblent se réjouir à l’idée de rejoindre l’OTAN. Dans l’éventualité d’une telle évolution, la Russie a menacé de déployer des armes nucléaires et des missiles hypersoniques dans la région de la Baltique. Est-il judicieux pour des pays neutres d’adhérer à l’OTAN ? Ont-ils vraiment des raisons de s’inquiéter pour leur propre sécurité ?

Noam Chomsky : Revenons au consensus écrasant des analystes militaires et des élites politiques occidentales : L’armée russe est si faible et incompétente qu’elle ne pourrait pas conquérir les villes proches de sa frontière qui sont défendues principalement par une armée de citoyens. Ainsi donc, ceux qui disposent d’une puissance militaire écrasante doivent trembler dans leurs bottes quant à leur sécurité face à cette puissance militaire impressionnante, en marche.

On peut comprendre pourquoi cette conception est la préférée des bureaux de Lockheed Martin et d’autres entrepreneurs militaires du premier exportateur d’armes au monde, qui se réjouissent des nouvelles perspectives d’expansion de leurs profits. Le fait qu’elle soit acceptée dans des cercles beaucoup plus larges, et qu’elle guide également la politique, mérite peut-être une réflexion.

La Russie dispose d’armes de pointe, capables de détruire (mais évidemment pas de conquérir), comme l’indique l’expérience de l’Ukraine. Pour la Finlande et la Suède, l’abandon de la neutralité et l’adhésion à l’OTAN pourraient accroître la probabilité de leur utilisation. L’argument de la sécurité n’étant pas facile à prendre au sérieux, cela semble être la conséquence la plus probable de leur adhésion à l’OTAN.

Il faut aussi reconnaître que la Finlande et la Suède sont déjà assez bien intégrées dans le système de commandement de l’OTAN, tout comme cela se passait avec l’Ukraine depuis 2014, consolidé encore plus avec les déclarations politiques officielles du gouvernement américain de septembre et novembre derniers et le refus de l’administration Biden « d’aborder l’une des principales préoccupations sécuritaires les plus souvent déclarées par Vladimir Poutine – la possibilité de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN » – à la veille de l’invasion.

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C.J. Polychroniou est économiste politique/scientifique politique, auteur et journaliste. Il a enseigné et travaillé dans de nombreuses universités et centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Actuellement, ses principaux intérêts de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, le changement climatique, l’économie politique ainsi que la politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Public Intellectual Project de Truthout. Il a publié de nombreux livres et plus de 1000 articles qui sont parus dans une variété de revues, de magazines, de journaux et de sites d’information populaires. Nombre de ses publications ont été traduites en plusieurs langues étrangères, notamment en arabe, chinois, croate, espagnol, français, grec, italien, néerlandais, portugais, russe et turc. Ses derniers livres sont Optimism Over Despair : Noam Chomsky On Capitalism, Empire, and Social Change (2017)Climate Crisis and the Global Green New Deal : The Political Economy of Saving the Planet (avec Noam Chomsky et Robert Pollin comme principaux auteurs) ; The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic, and the Urgent Need for Radical Change, une anthologie d’entretiens avec Chomsky publiée à l’origine sur Truthout et rassemblée par Haymarket Books ( 2021); et Economics and the Left: Interviews with Progressive Economist (2021).

Source : Truthout, C.J. Polychroniou, 20-04-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

♦ La guerre en Ukraine se complique et l’Amérique n’est pas prête


Illustration par Rebecca Chew/The New York Times; photographie par Chip Somodevilla/Getty Images

Le Sénat a adopté jeudi un programme d’aide d’urgence de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine, mais avec un petit groupe de républicains isolationnistes critiquant bruyamment les dépenses et la guerre entrant dans une phase nouvelle et compliquée, le soutien bipartite continu n’est pas garanti.

Avril Haines, la directrice du renseignement national, a récemment averti le Comité sénatorial des forces armées que les prochains mois pourraient être volatils. Le conflit entre l’Ukraine et la Russie pourrait prendre « une trajectoire plus imprévisible et potentiellement plus escalade », a-t-elle déclaré, avec une probabilité accrue que la Russie menace d’utiliser des armes nucléaires.

Ce sont des coûts extraordinaires et de graves dangers, et pourtant il y a beaucoup de questions auxquelles le président Biden n’a pas encore répondu pour le public américain en ce qui concerne l’implication continue des États-Unis dans ce conflit.

En mars, ce conseil a fait valoir que le message des États-Unis et de leurs alliés aux Ukrainiens et aux Russes devait être le suivant: peu importe le temps que cela prendra, l’Ukraine sera libre. L’Ukraine mérite un soutien contre l’agression non provoquée de la Russie, et les États-Unis doivent diriger leurs alliés de l’OTAN en démontrant à Vladimir Poutine que l’alliance atlantique est disposée et capable de résister à ses ambitions revanchardes.

Cet objectif ne peut pas changer, mais en fin de compte, il n’est toujours pas dans l’intérêt de l’Amérique de plonger dans une guerre totale avec la Russie, même si une paix négociée peut obliger l’Ukraine à prendre des décisions difficiles. Et les objectifs et la stratégie des États-Unis dans cette guerre sont devenus plus difficiles à discerner, car les paramètres de la mission semblent avoir changé.

Les États-Unis, par exemple, essaient-ils d’aider à mettre fin à ce conflit, par un règlement qui permettrait une Ukraine souveraine et une sorte de relation entre les États-Unis et la Russie? Ou les États-Unis essaient-ils maintenant d’affaiblir la Russie de façon permanente ? L’objectif de l’administration s’est-il déplacé vers la déstabilisation de Vladimir Poutine ou sa destitution ? Les États-Unis ont-ils l’intention de demander des comptes à M. Poutine en tant que criminel de guerre ? Ou l’objectif est-il d’essayer d’éviter une guerre plus large – et si oui, comment le fait de se plaindre de fournir des renseignements américains pour tuer des Russes et couler l’un de leurs navires y parvient-il ?

Sans clarté sur ces questions, la Maison Blanche risque non seulement de perdre l’intérêt des Américains à soutenir les Ukrainiens – qui continuent de subir la perte de vies et de moyens de subsistance – mais aussi de mettre en péril la paix et la sécurité à long terme sur le continent européen.

Les Américains ont été galvanisés par les souffrances de l’Ukraine, mais le soutien populaire à une guerre loin des côtes américaines ne se poursuivra pas indéfiniment. L’inflation est un problème beaucoup plus important pour les électeurs américains que pour l’Ukraine, et les perturbations des marchés mondiaux de l’alimentation et de l’énergie risquent de s’intensifier.

Le moment actuel est désordonné dans ce conflit, ce qui peut expliquer la réticence du président Biden et de son cabinet à poser des objectifs clairs. Raison de plus, donc, pour M. Biden de faire valoir aux électeurs américains, bien avant novembre, que le soutien à l’Ukraine signifie le soutien aux valeurs démocratiques et le droit des pays à se défendre contre l’agression – alors que la paix et la sécurité restent l’issue idéale de cette guerre.

Il est tentant de voir les succès époustouflants de l’Ukraine contre l’agression russe comme un signe qu’avec une aide américaine et européenne suffisante, l’Ukraine est sur le point de repousser la Russie à ses positions avant l’invasion. Mais c’est une hypothèse dangereuse.

Une victoire militaire décisive de l’Ukraine sur la Russie, dans laquelle l’Ukraine regagne tout le territoire que la Russie s’est emparé depuis 2014, n’est pas un objectif réaliste. Bien que la planification et les combats de la Russie aient été étonnamment bâclés, la Russie reste trop forte et M. Poutine a investi trop de prestige personnel dans l’invasion pour reculer.

Les États-Unis et l’OTAN sont déjà profondément impliqués, militairement et économiquement. Des attentes irréalistes pourraient les entraîner de plus en plus profondément dans une guerre coûteuse et interminable. La Russie, aussi meurtrie et inepte soit-elle, est toujours capable d’infliger des destructions indicibles à l’Ukraine et reste une superpuissance nucléaire avec un despote lésé et instable qui a montré peu d’inclination pour un règlement négocié. L’Ukraine et la Russie « semblent maintenant plus éloignées qu’à tout autre moment de la guerre de près de trois mois », comme l’a rapporté le Times.

Les récentes déclarations belliqueuses de Washington – l’affirmation du président Biden selon laquelle M. Poutine « ne peut pas rester au pouvoir », le commentaire du secrétaire à la Défense Lloyd Austin selon lequel la Russie doit être « affaiblie » et l’engagement de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, selon laquelle les États-Unis soutiendraient l’Ukraine « jusqu’à ce que la victoire soit remportée » – peuvent susciter des proclamations de soutien, mais elles ne rapprochent pas les négociations.

En fin de compte, ce sont les Ukrainiens qui doivent prendre les décisions difficiles: ce sont eux qui se battent, meurent et perdent leurs maisons à cause de l’agression russe, et ce sont eux qui doivent décider à quoi pourrait ressembler la fin de la guerre. Si le conflit aboutit à de véritables négociations, ce seront les dirigeants ukrainiens qui devront prendre les décisions territoriales douloureuses que tout compromis exigera.

Les États-Unis et l’OTAN ont démontré qu’ils soutiendraient le combat ukrainien avec une puissance de feu suffisante et d’autres moyens. Et quelle que soit la fin des combats, les États-Unis et leurs alliés doivent être prêts à aider l’Ukraine à se reconstruire.

Mais alors que la guerre se poursuit, M. Biden devrait également indiquer clairement au président Volodymyr Zelensky et à son peuple qu’il y a une limite à la mesure dans laquelle les États-Unis et l’OTAN iront pour affronter la Russie, et des limites aux armes, à l’argent et au soutien politique qu’ils peuvent rassembler. Il est impératif que les décisions du gouvernement ukrainien soient basées sur une évaluation réaliste de ses moyens et de l’ampleur de la destruction que l’Ukraine peut subir.

Affronter cette réalité peut être douloureux, mais ce n’est pas de l’apaisement. C’est ce que les gouvernements ont le devoir de faire, et non de courir après une « victoire » illusoire. La Russie ressentira la douleur de l’isolement et des sanctions économiques débilitantes pour les années à venir, et M. Poutine restera dans l’histoire comme un boucher. Le défi maintenant est de se débarrasser de l’euphorie, d’arrêter les railleries et de se concentrer sur la définition et l’achèvement de la mission. Le soutien de l’Amérique à l’Ukraine est un test de sa place dans le monde au 21ème siècle, et M. Biden a l’occasion et l’obligation d’aider à définir ce que ce sera.

Par Le comité de rédaction

Article traduit de l’Anglais

♦ Expulsion de l’ancien chef du Mossad de la RDC : des révélations de « The Marker »


Yossi Cohen, ex-directeur du Mossad, aurait effectué trois mystérieux voyages en République démocratique du Congo (RDC), en compagnie de Dan Gertler, avant d’en être expulsé, indique le site israélien The Marker.com appartenant à Haaretz, l’un des plus grands quotidiens d’Israël.

D’anciens hauts responsables du Mossad ont qualifié la conduite de Yossi Cohen de « folie » après trois voyages au Congo au nom d’Israël à des fins problématiques dont la publication est interdite, indique le site d’informations « The Marker », précisant que les visites n’ont pas été coordonnées avec le gouvernement congolais et se sont terminées par son expulsion.

Selon Bloomberg News, rappelle « The Marker », Yossi Cohen, patron du Mossad de 2016 à 2021, s’est rendu trois fois en RDC, accompagné du milliardaire Dan Gertler, un homme d’affaires « soupçonné par les autorités britanniques d’avoir versé un énorme pot de vin de 360 millions de dollars en échange de droits miniers au Congo ».

Au cours de chacune de ses visites, indique The Marker, Yossi Cohen a rencontré le président congolais, Félix Tshisekedi. « Ses visites au Congo ont été une surprise pour Tshisekedi, qui a été choqué de découvrir que le chef d’une agence de renseignement étrangère était dans son pays sans invitation officielle ou avertissement préalable », explique haaretz.com.

Lors de sa première rencontre avec le chef de l’État, en présence de plusieurs de ses assistants ainsi que Gertler, indique-t-on, Yossi Cohen aurait proposé son aide sur diverses questions, comme l’obtention de technologies de défense.

Le 10 octobre 2019, selonn Haaretz, Yossi Cohen a effectué sa deuxième visite en RDC. « Ce jour-là, Tshisekedi s’envole dans son avion présidentiel de la ville de Goma, dans l’est du pays, vers la capitale, Kinshasa. Peu après son décollage, un autre avion de son entourage a également décollé mais s’est écrasé peu après. Selon divers rapports, le chauffeur du président, plusieurs employés du bureau du président et quelques soldats se trouvaient à bord de cet avion. Personne n’a survécu au crash, selon ces rapports », rapporte le site israélien.

Crainte d’un coup d’État

Après la deuxième rencontre de Cohen avec le président de la République, et en raison de ses liens avec l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, note « The Marker », l’entourage de Félix Tshisekedi est devenu suspicieux quant aux motivations du chef du Mossad de l’époque. « Certains des assistants de Tshisekedi ont même exprimé la crainte que Cohen aide Kabila à acquérir des armes pour une tentative de coup d’État », fait savoir le site israélien.

Quelques semaines plus tard, poursuit Haaretz, Yossi Cohen a effectué son troisième voyage au Congo, cette fois à la tête d’une plus grande délégation. Une fois de plus, il a tenu une réunion imprévue avec Félix Tshisekedi et certains membres de son cabinet dans le bureau de ce dernier à Kinshasa. « Cohen a une fois de plus parlé en slogans vagues de la coopération entre les pays. Mais Tshisekedi était à bout de patience. À un moment donné, il a demandé à son personnel de quitter la pièce pour qu’il puisse être seul avec Cohen. À la fin de leur brève conversation, Cohen a reçu l’ordre de se rendre directement à l’aéroport, escorté par les forces de sécurité locales, de quitter le pays et de ne pas revenir. Le chef du Mossad a donc été effectivement expulsé – une mesure sans précédent et humiliante – après une série de rencontres non programmées », indique haaretz.com.

Pour le site israélien, le but des voyages de Yossi Cohen et de Dan Gertler en RDC reste un mystère à ce jour. Mais ce qui a été rapporté précédemment, poursuit le site, c’est qu’après ces événements, Yossi Cohen et l’ambassadeur d’Israël à Washington à l’époque, Ron Dermer, ont fait pression sur l’administration Trump – et en particulier sur le secrétaire au Trésor de l’époque, Steven Mnuchin – pour suspendre les sanctions imposées à Gertler et à ses entreprises. « Cinq jours avant la fin du mandat du président Donald Trump en janvier 2021, les sanctions ont effectivement été suspendues ». Mais, la suspension de ces sanctions a été révoquée par l’actuelle secrétaire au Trésor, Janet Yellen, quelques semaines seulement après son entrée en fonction.

source : ADIAC (Agence d’information d’Afrique centrale)

illustration : L’ancien président congolais, Joseph Kabila (Gauche), Yossi Cohen et Félix Thsisekedi, président de la RDC

♦ Le Canada et les bandéristes


Dans des articles précédents, Thierry Meyssan a montré comment les bandéristes, collaborateurs des pires exactions nazies en Ukraine et en Pologne, sont arrivés au pouvoir à Kiev, dans la jeune Ukraine indépendante. Il montre ici que, durant quatre-vingt ans, des immigrés bandéristes se sont incrustés dans le Parti libéral canadien au point d’occuper le poste du numéro 2 du gouvernement actuel de Justin Trudeau.

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Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, est venu au Parlement pour introduire le discours du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Sur 39 millions de citoyens canadiens, 1,4 serait d’origine ukrainienne, soit 3 à 4 % du corps électoral. Cette communauté est très encadrée par les organisations bandéristes qui lui infusent leur idéologie raciale.

Cet article fait suite à :
 1. « La Russie veut contraindre les USA à respecter la Charte des Nations unies », 4 janvier 2022.
 2. « Washington poursuit le plan de la RAND au Kazakhstan, puis en Transnistrie », 11 janvier 2022.
 3. « Washington refuse d’entendre la Russie et la Chine », 18 janvier 2022.
 4. « Washington et Londres, atteints de surdité », 1er février 2022.
 5. « Washington et Londres tentent de préserver leur domination sur l’Europe », 8 février 2022.
 6. « Deux interprétations de l’affaire ukrainienne », 15 février 2022.
 7. « Washington sonne l’hallali, tandis que ses alliés se retirent », 22 février 2022.
 8. « Vladimir Poutine déclare la guerre aux Straussiens », 5 mars 2022.
 9. « Une bande de drogués et de néo-nazis », 5 mars 2022.
 10 « Israël abasourdi par les néo-nazis ukrainiens », 8 mars 2022.
 11. « Ukraine : la grande manipulation », 22 mars 2022.
 12. « Le Nouvel Ordre Mondial que l’on prépare sous prétexte de guerre en Ukraine », 29 mars 2022.
 13 « La propagande de guerre change de forme », 5 avril 2022.
 14. « L’alliance du MI6, de la CIA et des bandéristes », 12 avril 2022.
 15. « La fin de la domination occidentale »,19 avril 2022.
 16. « Ukraine : la Seconde Guerre mondiale ne s’est jamais terminée », 26 avril 2022.
 17. « Washington espère rétablir son hyper-puissance grâce à la guerre en Ukraine », 3 mai 2022.

Les premiers combattants étrangers arrivés en Ukraine, au début de la guerre, en février 2022, étaient des Canadiens. Le premier officier étranger arrêté par les forces russes, le 3 mai, était un général canadien. À l’évidence, le Canada, bien qu’éloigné de plus de 6 000 kilomètres de l’Ukraine, a une implication cachée dans ce conflit.

Dans cet article, je vais montrer que tous les gouvernements libéraux canadiens ont soutenu les bandéristes ukrainiens depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont joué sur les deux tableaux durant cette guerre, luttant contre les nazis, mais soutenant les bandéristes. Pis encore, l’actuel gouvernement canadien est composé d’un Premier ministre libéral Justin Trudeau, flanqué d’une adjointe bandériste, Chrystia Freeland.

Si les connections entre la CIA et les nazis ont marqué la Guerre froide et n’ont été révélées qu’en 1975 avec les commissions du Congrès états-unien Pike, Church et Rockfeller, et n’ont pris fin qu’avec le président Jimmy Carter, les liens du Parti libéral canadien avec les bandéristes se poursuivent toujours. Le Canada est le seul pays au monde, hors de l’Ukraine, a avoir une ministre bandériste et qui plus est, elle est le numéro 2 de son gouvernement.

Le Premier ministre canadien William King à la sortie de son entretien avec le führer Adolf Hitler à Berlin (29 juin 1937).

En 1940, c’est-à-dire alors que le Royaume-Uni était en guerre, mais pas les États-Unis, le gouvernement libéral canadien de William King créa l’Ukrainian Canadian Congress (UCC) afin d’aider les immigrés anti-bolchéviques contre les pro-soviétiques (Association of United Ukrainian Canadians – AUUC) et les juifs (Canadian Jewish Congress – CJC). Des bibliothèques pro-soviétiques et des synagogues furent interdites.

Le Parti libéral du royaume du Canada n’a pas été créé pour promouvoir l’individualisme contre les idées conservatrices, mais contre l’idée républicaine [1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Premier ministre William King, était très apprécié de ses concitoyens, mais il fut hué par ses soldats lorsqu’il vint les voir en Europe. Le Parti libéral a toujours défendu des positions anti-Russes, les présentant jusqu’en 1991 comme anti-soviétiques, et a toujours interprété le christianisme comme opposé au judaïsme.

Aussi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada fut le principal refuge des bandéristes (35 000 immigrés) et des nazis baltes. Parmi eux, Volodymyr Kubijovyč et « Michael Chomiak » de son vrai nom Mykhailo Khomiak, les éditeurs du principal journal nazi en Europe centrale, Krakivs’ki Visti.

Michael Chomiak avec des dignitaires nazis.

Chomiak, qui travaillait sous le contrôle direct du ministre de la Propagande nazi, Joseph Goebbels, n’a jamais renié son passé collaborationniste. Au contraire, il a toujours milité pour l’OUN(B). C’est dans cet esprit qu’il a éduqué sa petite-fille, Chrystia Freeland, actuelle Premier ministre adjoint du Canada. Loin de condamner les crimes des bandéristes, celle-ci a débuté sa carrière de journaliste, à 18 ans, en travaillant pour l’Encyclopedia of Ukraine de Kubijovyč (disponible aujourd’hui sur Internet). Puis pour The Ukrainian News, le journal des bandéristes canadiens, et The Ukrainian Weekly, celui des bandéristes états-uniens liés à l’ABN et à la CIA. Elle voyagea en Union soviétique à la fin de ce pays. Les autorités soviétiques interrogèrent le gouvernement canadien pour son soutien aux bandéristes et lui interdirent de revenir. Cependant, après la dissolution de l’URSS, elle devint la cheffe du bureau du The Financial Times à Moscou. Puis rédactrice en chef adjointe du Globe and Mail et rédactrice en chef de Thomson Reuters Digital.

Dans ses articles et ses livres, Vente du siècle : la chevauchée sauvage de la Russie du communisme au capitalisme [2] et Plutocrates : La montée des nouveaux super-riches mondiaux et la chute de tous les autres [3], Chrystia Freeland développe deux thèses chères à son grand-père.
 Elle critique les ultra-riches en choisissant presque exclusivement des exemples juifs.
 Elle dénonce à tout bout de champ l’URSS, puis la Russie.

Il faut se souvenir que le fascisme était une réponse à la crise économique de 1929 proposant une alliance nationaliste de classe par corporation. Les nazis et les bandéristes y ont ajouté une terrible dimension raciale. En ciblant les super-riches, Chrystia Freeland traite à juste titre du principal problème actuel. Aujourd’hui seule la Finance rapporte, tandis que la production est en crise. Cependant elle dérive insidieusement vers une lecture raciale en constatant que les juifs sont plus nombreux parmi les super-riches que dans la population et en laissant penser que cette corrélation est signifiante.

En 1991, le député libéral d’origine polono-ukrainienne Borys Wrzesnewskyj intervint pour que le Canada soit le premier pays au monde a reconnaître l’indépendance de l’Ukraine. Avec sa fortune familiale (les boulangeries Future Bakery), il créa un service pour diffuser auprès de chaque membre du parlement des nouvelles de l’Ukraine. Il finança l’archivage par Volodymyr Kubijovyč et « Michael Chomiak » de documents sur les nationalistes ukrainiens durant la Seconde Guerre mondiale. Il faut admettre que l’l’Encyclopedia of Ukraine n’est pas une œuvre scientifique, mais une réhabilitation des bandéristes et une falsification de l’histoire. Compte tenu de ses liens familiaux, Borys Wrzesnewskyj introduisit le futur président ukrainien Viktor Iouchtchenko au Canada.

En 1994, le Premier ministre libéral Jean Chrétien négocia un Traité d’amitié et de coopération avec l’Ukraine, dont il demanda, dès 1996, l’adhésion à l’Otan.

En janvier 2004, le Canada, sous l’autorité du Premier ministre libéral Paul Martin, participa à la préparation par Washington de la « Révolution orange ». L’ambassadeur canadien à Kiev, Andrew Robinson, organisa des réunions de ses collègues de 28 pays pour porter au pouvoir Viktor Iouchtchenko. Il s’agissait de casser la politique du président Kouchma qui avait accepté du gaz russe au lieu de favoriser les recherches US de pétrole dans la Caspienne [4].

L’ambassadeur du Canada finança le sondage du Centre ukrainien d’études économiques et politiques Oleksandr Razumkov selon lequel l’élection présidentielle avait été truquée, il subventionna également à hauteur de 30 000 dollars l’association Pora ! (C’est l’heure !) du stratège de l’Otan Gene Sharp [5].

Sur l’unique base du sondage Razumkov, Pora ! organisa des manifestations, le scrutin fut annulé et un autre convoqué. Le Canada dépensa 3 millions de dollars pour dépêcher 500 observateurs électoraux. Le second scrutin porta Viktor Iouchtchenko au pouvoir. Celui-ci constitua alors son équipe, choisissant Vladislav Kaskiv (employé de George Soros et leader de Pora !) comme conseiller spécial et Anatoliy Gritsenko (militaire formé aux États-Unis et président du Centre Razumko) comme ministre de la Défense.

Le député libéral Borys Wrzesnewskyj, fut particulièrement actif durant la Révolution orange ; sa sœur, Ruslana, étant très proche de Madame Iouchtchenko, Katerina Chumachenko. Il investit 250 000 dollars canadiens pour soutenir le mouvement et utilisa son appartement au centre de Kiev pour coordonner les manifestations entre les deux scrutins. Les cortèges de Pora ! scandaient « Ca-na-da ! » et arboraient le drapeau à la feuille d’érable.

Chrystia Freeland débuta sa carrière politique en 2013, au Parti libéral. Elle fut élue députée de Toronto. En 2014, elle soutint la « Révolution de la dignité » à Kiev (c’est-à-dire le coup d’État bandériste), dont elle rencontra les principaux acteurs. Elle dénonça l’indépendance de la Crimée et rencontra Mustafa Dzhemilev, le célèbre espion US durant la Guerre froide et leader des Tatars. En définitive, le président Vladimir Poutine lui interdit d’entrer en Russie.

Elle fut nommée ministre du Commerce extérieure par le Premier ministre libéral Justin Trudeau, en 2015, puis ministre des Affaires étrangères, en 2017, et ministre des Affaires intergouvernementales en 2019 avec la dignité de Premier ministre adjointe. Elle est devenue ministre des Finances depuis 2020.

John Baird est venu apporter le soutien du Canada au leader du parti néo-nazi Slovoda.

En 2014, le ministre conservateur des Affaires étrangères, John Baird, se rendit sur la place Maidan et rencontra les principaux leaders de la contestation. La Télévision canadienne considéra qu’il donnait ainsi un argument à la version du président Poutine selon laquelle cette révolution n’est qu’une manipulation occidentale.

La porte parole de l’ambassade, Inna Tsarkova, était une des responsables du mouvement AutoMaïdan. L’ambassade, située à côté de la place Maïdan était un refuge pour les protestataires qui campent dans son hall durant une semaine. Le groupe néo-nazi C14 [6] s’y réfugia le 18 février pendant le massacre.

Lorsque le 17 juillet 2014, le vol Malaysia Airlines 17 fut abattu au-dessus de l’Ukraine, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), basée à Montréal, envoya quatre inspecteurs sur les lieux du crash. Avant même le début de l’enquête, Chrystia Freeland débuta une campagne internationale pour dénoncer la Russie. Elle utilisera par la suite son statut ministériel pour jeter autant que possible de l’huile sur le feu.

Après le renversement du président Viktor Ianoukovytch et l’irruption au pouvoir des bandéristes, le Canada créa l’opération UNIFIER (Canadian Armed Forces Joint Task Force-Ukraine). Il s’agissait d’instruire les militaires ukrainiens et de développer leur police militaire. L’opération était conduite sous les ordres de Londres et de Washington. Elle comportait l’envoi de 200 instructeurs et de matériel non-létal. Elle a pris fin, le 13 février 2022, juste avant l’opération russe, afin de ne pas placer le Canada en situation de guerre.

En 8 ans, le Canada a versé près de 900 millions de dollars d’aide à l’Ukraine.

De gauche à droite : l’ambassadeur ukrainien au Canada Andriy Shevchenko, le Premier ministre Justin Trudeau, le député ukraino-canadien Borys Wrzesnewskyj. En premier plan : l’espion mythique de la CIA durant la Guerre froide et leader des tatars anti-russes, Mustafa Dzhemilev (juin 2016).

En 2016, le Premier ministre libéral Justin Trudeau reçut avec les honneurs Mustafa Dzhemilev, que son adjointe Chrystia Freeland avait déjà rencontré. Il était devenu, en août 2015, l’émir d’une Brigade musulmane internationale, co-financée par l’Ukraine et la Turquie pour reprendre la Crimée [7].

Chrystia Freeland et Stepan Kubiv signent l’Accord de libre-échange Canada-Ukraine, en présence de Premier ministre Justin Trudeau et du président Petro Poroshenko.

Dans la même période,Chrystia Freeland négocie l’accord de libre-échange Canada-Ukraine.

Chrystia Freeland manifeste avec les bandéristes d’OUN(B) contre l’agression russe en Ukraine. La petite banderole est aux couleurs noir et rouge des bandéristes. Elle porte le slogan des bandéristes « Gloire à l’Ukraine ! ».

Lorsqu’en 2017, le site Russia Insider révéla le passé criminel de son grand-père et ses liens toujours étroits avec les bandériste, elle nia les faits et dénonça la « propagande » russe. Cependant, le 27 février dernier, elle s’afficha avec un groupe de bandéristes de l’OUN(B) lors d’une manifestation contre l’agression russe. La photo, qu’elle avait elle-même publiée, fut rapidement retirée de son compte Twitter.

Le Premier ministre Justin Trudeau, Paul Grod président des Ukrainiens bandéristes du Canada, et Chrystia Freeland.

Réagissant avec ses partenaires de l’Otan à l’opération militaire russe, le Canada a modifié son budget pour réserver 500 millions de dollars pour l’armée ukrainienne, bandéristes inclus. Il a déjà envoyé des mitrailleuses, des pistolets, des carabines, 1,5 million de balles, des fusils de tireur d’élite et divers équipements connexes (14 février), des lunettes de vision nocturne, des casques et des gilets pare-balles (27 février), 100 canons sans recul Carl Gustav M2, et 2000 munitions de 84 mm (28 février), 390 000 rations individuelles de campagne et d’environ 1600 vestes pare-éclats (1er mars), 4 500 lance-roquettes M72 et de 7 500 grenades à main, ainsi qu’un abonnement à des images satellitaires commerciales pour 1 million de dollars (3 mars), des caméras pour les drones de surveillance (9 mars), des obusiers M777 et des munitions connexes, ainsi que des munitions supplémentaires pour l’arme anti-blindés Carl Gustav M2 (22 avril), 8 véhicules blindés de modèle commercial et un contrat de service pour l’entretien et la réparation de caméras spécialisées transportées par drone (26 avril), et a commencé à former les soldats ukrainiens au maniement des obusiers M777.

Le 2 mars, Justin Trudeau, qui croit en les États-Unis, a fait signer à une vingtaine de pays une déclaration dénonçant la désinformation russe [8]. Il s’agit d’empêcher la diffusion d’informations sur les bandéristes ukrainiens et canadiens.

Le 10 mars, le Canada est parvenu à faire signer, cette fois à une trentaine de pays, une seconde déclaration, très orwellienne, pour se réjouir —au nom de la liberté de la presse— de la censure en Occident de Russia Today et de l’agence Sputnik, deux organes de presse publics russes.

Depuis l’irruption au pouvoir des bandéristes à Kiev, le Canada a sanctionné plus de 900 personnalités et sociétés russes ou de l’opposition ukrainienne. Il a ajouté à cette liste des proches du président russe et des membres de leurs familles.

Malgré ses déclarations de principe en faveur de l’égalité en droit de tous les hommes, le Canada soutient sans réserve les bandéristes, hérauts de la supériorité raciale des Ukrainiens sur les Russes.

Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article216720.html

[1Canada’s Origins : Liberal, Tory, or Republican ?, Janet Ajzenstat & Peter J. Smith, Mcgill Queens University Press (1995).

[2Sale of the Century : Russia’s Wild Ride from Communism to Capitalism, ‎ Crown Business (2000).

[3Plutocrats : The Rise of the New Global Super-Rich and the Fall of Everyone Else, Penguin Pres (2012).

[4] « Agent orange : Our secret role in Ukraine », Mark Mackinnon, Globe and Mail, April 14, 2007.

[5] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[6] « La loi raciale ukrainienne », Réseau Voltaire, 9 mars 2022.

[7] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Télévision nationale syrienne , Réseau Voltaire, 12 août 2015.

[8] « Un appel à l’action sur la désinformation parrainée par l’État en Ukraine », Affaires mondiales Canada, 2 mars 2022.

♦ Interview avec Christina Kisling et Dimitri de Kochko


Une entreview, faite à Paris avec des personnes qui travaillent contre la russophobie.

par Daniela Asaro Romanoff.

Daniela Asaro Romanoff : 8 ans de guerre des Ukrainiens contre les Russes dans le Donbass, les bases OTAN sont partout en Europe, toujours plus proches de la frontière russe, comme si la Russie allait placer des bases militaires sur les fronrières canadiennes et mexicaines des États-Unis… c’est la même chose… mais personne n’en parle… qu’en pensez-vous ?

Dimitri de Kochko : Ça c’est déjà passé en 1962, lorsque les Américains ont mis des missiles en Turquie contre l’URSS, Khrouchtchev a répondu en allant mettere des missiles à Cuba, ce que les Américains n’ont pas du tout supporté… évidemment dans notre historiographie et notre propagande on oublie de parler de la Turquie mais on ne parle que de Cuba, comme si les Soviétiques ont voulu mettre des missiles à Cuba tout d’un coup, sans aucune raison… en fait c’était en réponse aux missiles mis par les Américains en Turquie.

Kennedy et Khrouchtchev se sont mis en relation, et à l’époque Kennedy a voulu éviter la guerre mondiale et il a demandé à ses militaires s’ils pouvaient garantir, au cas où ils envoyaient une bombe atomique aux Soviétiques, même plusieurs, que ces derniers ne pourront pas renvoyer une bombe aux Américains, mais aucun des militaires présents n’a pu dire qu’il pouvait le garantir, donc Kennedy a estimé qu’il fallait trouver un arrangement… ils étaient des gens plus sages, des gens qui avaient connu la guerre.

Zelensky fait un jeu très particulier, il a été embauché pour faire ce jeu là car il est acteur…

Christina Kisling : La Russie n’a pas attaqué juste pour attaquer, la Russie a terminé Nord Stream 2 début séptembre, les Americains et les Européens ont vu que le gaz destiné à l’Europe allait passer de la Russie directement à l’Allemagne et pour eux c’était un grand problème, car les Américains ne peuvent plus vendre leur gaz de schiste.

La Russie n’a jamais attaqué l’Europe et n’a pas l’intention d’envahir l’Ukraine, mais elle fait tout simplement « un petit nettoyage », ce qui est nécessaire étant donné tous les laboratoires, les expériences scientifiques sur les humains, même les bébés et les fœtus etc … ainsi que la pédopornographie, alors c’est le moment de dire « ça suffit ».

Je pense que de temps en temps il faut « remettre l’église au milieu du village ».

Les gens ne peuvent pas réfléchir sur ce qui est en train de se passer en Ukraine, car les journaux et les chaînes de télévision mainstream, qu’ils suivent, adoptent tous la même ligne directrice et le même discours en suivant des ordres bien précis, et en dehors de ça ils ne s’interéssent ni à la politique ni à suivre d’autres sources d’informations, qui raccontent ce qui se passe réellement.

Dimitri de Kochko : Nous allons être les plus grandes victimes de cette polique, que nous faisons uniquement pour les intérêts des États Unis, qui ont toujours eu le but de démembrer la Russie, il suffit de relire « Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzeziński ou bien de reprendre la situation de Condoleezza Rice, conseillère à la Sécurité nationale, qui a dit : La Russie occupe 15 pour cent des terres émergées, représente environ 2 pour cent de la population mondiale et a 30% des richesses mondiales en matière première, il va falloir régler ce problème ».

Quand on sait comment ils ont réglé le problème avec les Amérindiens on a tout compris, et pour le régler il fallait prendre l’Ukraine, étant l’État le plus faible, le talon d’Achille en quelque sorte.

C’est depuis les années quatre-vingt-dix que les États Unis utilisent l’Ukraine et cela s’est intensifié depuis 2014, après le coup d’État en Ukraine, avec des aremements en énormes quantités, certes l’Ukraine n’est pas entrée dans l’OTAN, mais de facto elle a été armée et entrainée comme si elle était dans l’OTAN.

Au mois de novembre, après la lettre que les Russes ont écrit à l’OTAN et aux Américains en tant que chefs, pour négocier une nouvelle sécurité en Europe, en demandant de ne pas faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN et d’enlever les missiles en Roumanie et en Pologne, encore une fois ils veulent mettre des missiles contre la Russie.

Nous, Français, Italiens et Européens en général, ça ne doit pas être dans notre intérêt d’aller mettre des missiles en Ukraine pour détruire Moscou, c’est ridicule… cependant, on est en train de partir en guerre à cause de ça, c’est contre nos intérêts, nous allons payer les prix des sanctions, comme par exemple les pays de l’Union européenne, qui ont fait la bêtise de fermer leur espace aérien aux compagnies aériennes russes et par conséquent la Russie a fermé son espace aérien aux compagnies européennes, donc maintenant pour aller en Chine il faut voyager avec une compagnie américaine, car les Américains n’ont pas fermé leur espace aérien aux compagnies russes, ils ne sont pas idiots, puisqu’ils ont besoin de recevoir des engrais et encaisser l’argent pour les bons du trésor russes, alors ils lèvent les sanctions, donc nous sommes les dindons de la farce.

L’intervention de la Russie en Ukraine est évidemment une tragédie, les Russes ne sont pas intervenus de gaieté de coeur, mais ils sont intervenus car les Américains, l’OTAN et l’Ukraine préparaient une attaque contre le Donbass, peut-être même contre la Crimée en voulant faire la même opération que faisaient les Croates à Krajina en 1995, c’est à dire un nettoyage ethnique énorme, les Croates ont dégagé 250 000 personnes à Krajina, c’étaient les Serbes qui habitaient là depuis le dix-septiéme siècle et personne n’a rien dit.

Aujourd’hui il y a 3 ou 4 millions de personnes qu’il fallait déplacer, donc les Ukraniens avaient un projet, un plan qui a été trouvé sur un officier de l’OTAN par l’armée de Lougansk et qui explquait le lancement du plan qui était prévu à partir du 28 février, mais depuis le 13 février il y avait déjà des bombardements intensifs contre le Donbass, beaucoup plus forts que d’habitude, c’était la préparation d’artillerie, donc Poutine savait que c’était très risqué, que ça serait une tragédie en cas de guerre contre l’Ukraine, et sachant qu’il allait y avoir forcement des effets secondaires, bien que par rapport aux bavures qu’ont pu pratiquées les Américains ou les Anglais en Irak, en Syrie, et les Français en Libye, et même dans d’autres régions où ils sont intervenus, ont les a pas traités de bandits, c’est assez étonnant tout-de-même.

Poutine est parti du principe qu’il a acquis dans les Cours de Saint-Pétersbourg où un jour il a été attaqué par une bande de voyoux qui l’ont entouré et ils allaient lui casser la figure en essayant de lui voler ce qu’il avait, mais il a attaqué le premier, il a foutu un coup de poing dans la figure de plus agressif, qui s’est mis à saigner du nez, et depuis ils ne l’ont plus jamais embêté, donc il part du principe que si la bagare est inévitable, il faut frapper  le premier.

On peut dire que, d’un point de vue de comunication, il valait, peut être, mieux laisser les Ukrainiens attaquer le Donbass et puis intervenir après, mais ce n’est pas aussi simple, parce que  l’opération était à grande échelle et c’était des missiles et des avions qui allaient bombarder, d’où le fait que quand les Russes ont commencé leur intervention, ils ont d’abord détruit les lancements de missiles à l’ouest de l’Ukraine et les aéroports d’où allaient partir les attaques.

Il y a un autre aspect, lorsqu’on se demande et on dit « oui mais les Américains avaient prévenu que les Russes allaient attaquer et personne n’y croyait », même pas les Ukrainiens ; en tout cas ils disaient qu’ils ne croyaient pas, et c’est là que la perversité anglo-saxonne est quand même très avancée, parce que en vérité ils savaient qu’ils mentaient mais ils le cachaient parce qu’ils savaient que la Russie allait réagir à leur attaque, et c’est là qu’ils se seraient servis de leur fameuse annonce, et en fait, d’un certain point de vue, Poutine est tombé dans le piège, mais il ne pouvait pas faire autrement, il était acculé dans un coin et il ne pouvait plus rien faire, donc il a fallu que se soit lui qui prenne l’initiative, parce que c’est plus facile d’un point de vue militaire de répondre à une offensive très bien préparée et on le voit bien que c’était très bien préparé, car aujourd’hui les combats les plus difficles se déroulent à l’est où il y avait quand même 120 000 hommes ukrainiens, donc il y a des soldats mais aussi évidemment le détachement Azov, qu’on peut appeler néonazi, et d’autres détachements néonazis qui, idéologiquement, sont évidemment « Zombisés » depuis un certain temps je dirais, et qui de ce fait massacrent énormement les Ukrainiens, puisque leurs victimes sont des Ukrainiens russophones que eux considèrent comme de la biomasse, comme il y a eu à Odessa en 2014, précisément le 2 Mai 2014, ils volent sur le Donbass, ça fait 8 ans qu’ils les considèrent comme de la biomasse et donc ils tirent sur la population… Je vous signale que pour Gheddafi c’est ce qu’on lui a reproché, qu’il aurait tiré sur sa population, alors qu’il a tiré beaucoup moins que ce qu’a fait le régime de Kiev contre le Donbass. Evidemment comme cette intervention a été rapide, il est évident qu’ils ont repris des vieux plans d’état-major, qui sont prêts toujours dans les états-majors, mais il y avait des choses qui n’étaient pas forcement actualisées, d’autre part ils avaient acheté des bons du trésor americains, ils n’avaient pas remis l’argent qu’ils avaient en Europe, 300 milliards de dollars, c’est bien la preuve qu’il n’était pas du tout prévu d’intervenir et que ce qui a décidé les Russes à intervenir c’est le fait qu’ils ont trouvé le plan dont j’ai parlé précédemment.

Daniela Asaro Romanoff : Que pensez-vous du rôle que joue la Chine dans cette guerre ?

Christina Kisling : Je pense que les Chinois sont assez intélligents pour ne jamais rentrer dans la bagarre, ils sont suffissament subtils de façon qu’ils prennent Taïwan sans que personne ne trouve  quelque chose à dire ou à faire.

Je suis sûre et certaine que la guerre en Ukraine va s’arrêter et que Poutine aura les honneurs et qu’il va gagner, ce qui évitera à l’Europe une grande catastrophe.

Je pense que si Poutine gagne cette guerre rapidement, nous serons sauvés, en cas contraire nous allons avoir de graves soucis pour l’avenir.

Géopolitiquement parlant Poutine a des plan bien précis, il sait ce qu’il fait et ce qu’il ne faut pas faire, ce que les Européens ne comprennent pas, par ce qu’ils sont toujours les vasseaux des Américains.

Daniela Asaro Romanoff : Comment est-ce possible que le peuple ukrainien soit guidé par un tel gouvernement ?

Christina Kisling : Les Ukrainiens avaient un gouvernement qui les a exploités, qui a fait pleins d’expériences sur des pauvres gens, des pauvres femmes, et qui a utilisé les enfants.

***

À la fin de l’entretien, Christina dit : « Jésus est devant nous ! C’est bien d’avoir fait l’interview devant la statue de Jésus ».

L’exclamation joyeuse de Christina a pris par surprise Dimitri et moi, nous ne l’avions pas remarqué.

Merci à Dimitri et Christina,

Merci, Christina, d’avoir indiqué avec joie la Statue.

Nous pouvons vraiment dire : « Jésus, nous avons confiance en Vous ».

Merci au Professeur Saber Othmani pour la traduction.

__________

Christina Kisling :

• Entretien avec S.E. Vadim Loukov, ambassadeur itinérant de la Fédération de Russie, sous-sherpa russe au sein des BRICS
• Entretien avec Son Excellence, Monsieur Rajko Ristić, ambassadeur de Serbie
• Entretien avec Monsieur Oleh Kobzysty, chargé d’Affaires, ambassade d’Ukraine en France
• Entretien avec Son Excellence, Monsieur Alexandre Orlov, ambassadeur de la Fédération de Russie

Dimitri de Kochko, journaliste-réalisateur, président de France-Oural et co-fondateur de l’Union des russophones de France.

♦ Suicide économique pour l’Occident, mise à mort pour les émergents


EPA-EFE/Bo

EPA-EFE/Bo

CHRONIQUE — Suicide économique pour les uns, mise à mort pour les autres…

Les niveaux de récupération antérieurs à la phase covidiste n’ont pas encore été atteints, que déjà la création de l’entéléchie de crise russo-ukrainienne, liée au sort des russophones du Donbass, plonge l’Europe dans une crise anthologique. L’Europe de l’Ouest. Non pas l’Europe orientale. L’Allemagne affronte une croissance de 0,2 %. La France et les Pays-Bas stagnent. L’Italie enregistre une chute à 0,2 %. Et les projections seraient bien plus alarmantes si les analystes n’étaient pas eux-mêmes en grande partie empêché de penser en dehors de la doxa « c’est pour leur bien ».

Le Soviet européen et les États membres qui le composent sont pleinement informés de l’ampleur des dégâts causés par leurs décisions, mais ils semblent considérer que si les faits ne s’accordent pas à la théorie, c’est exclusivement la faute des faits, en paraphrasant Werner Heisenberg. La classe politique semble vivre sur un autre plan quantique.  Les nations d’Europe de l’Est, pour leur part, outre le fait d’être récompensées pour leur zèle atlantiste, conservent intacte leur relation à la réalité physique et se voient moins affectées. La croissance de Roumanie est insolente, 5,2 %. Mais le reste des pays de l’ex-Pacte de Varsovie, Pologne, Lettonie, Hongrie et Bulgarie ne s’en tirent pas mal non plus. Le hiatus entre Est et Ouest s’est inversé.

Le choc énergétique lié aux sanctions à l’égard de la Russie est aggravé par la dépréciation de l’euro face au dollar. Facteur qui à son tour multiplie par trois le coût du transport des matières fossiles. Ce, sans mentionner les investissements liés à la création de nouvelles infrastructures : méthaniers, gazoducs, terminaux. À cela, il faut ajouter cette forme d’impôt qu’est l’inflation, laquelle affecte la consommation des ménages, en plus de détruire les marges de bénéfice des entreprises. La crise énergétique a aussi un impact sur la pénurie d’intrants et de matières premières. La demande que promettait le retour à la normale après les phases de confinement, a pris la forme d’un vol d’hirondelles abattu en plein vol. Dans ce contexte actuel, songer à investir est de l’ordre de l’impensable.   

Mais aucun sacrifice ne semble excessif au regard de cette nouvelle Athènes qu’est l’Ukraine. Ursula von der Leyen a décidé de débourser une nouvelle enveloppe de neuf milliards d’euros pour le pays des granges de bébés. Don qualifié « d’exceptionnel », malgré la récurrence des aides. Cette « assistance » vient s’ajouter à une enveloppe précédente de 1,2 milliard d’euros, ainsi que les milliards accordés à son effort de guerre.

Cette générosité tranche avec la situation dramatique des nations émergentes. Pour les mêmes raisons, ces économies seront dans l’incapacité de payer les importations nécessaires à leur chaîne de production. Ceci s’ajoute à la pénurie de grains, céréales et engrais provenant des pays producteurs. L’Inflation aux États-Unis (10 % depuis le début de l’année) aurait pu apparaitre comme une opportunité pour ces pays, mais les récentes mesures prises par la FED pour juguler la dépréciation de sa monnaie, exposent ces pays et par voie de ricochet l’économie mondiale à une cascade de défauts.

Le scénario de famine en Afrique n’est pas un scénario futuriste. C’est du très court terme. Avec les conséquences sociales, politiques et globales imaginables. L’enjeu, ce sont des centaines de millions de personnes, de « vrai gens » en situation de détresse alimentaire. Cela est su par la caste politique. Tant est si bien que ce risque de famine était déjà en bouche d’Emmanuel Macron, au mois de mars, lorsque les premières sanctions à l’égard de la Russie furent prononcées. Les conditions de la tempête parfaite ont été sciemment élaborées, avec leur cohorte de risque systémique, en toute connaissance de cause et hors tout plan de contingence.

En décembre 2020, un rapport de la Banque Mondiale (BM) informait que, dû aux confinements, 72 millions d’enfants, dans les pays à revenu faible, avaient été déscolarisés. D’entre eux, l’écrasante majorité ne reverrait plus jamais une salle de classe. Selon la BM, ce gâchis en ressources humaines représentait, en projection à génération réelle, une perte de 10 % du PIB mondial. À la pandémie vient maintenant s’ajouter dans les nations à plus faibles revenus, la famine. Mais encore fois, rien n’est trop beau pour le bataillon Azov et assimilés. Et qui dit pauvreté, dit conflit. Qui dit conflit, dit trafiquants d’armes ukrainiens et, ça tombe bien, parce qu’ils ont refait leur stock. 

Les fonctionnaires européens et la caste politique, ont des expressions à la Prévert pour évacuer ces données émanant de pisse-vinaigres. La crise énergétique est à interpréter comme une opportunité. « Le Futur c’est maintenant » aura été le leitmotiv du dernier Forum de Bruxelles. La crise ukrainienne sera un accélérateur pour atteindre l’objectif de la transition écologique. La fameuse économie libre de CO₂, la neutralité climatique. Le bonheur quoi !  « Quelle économie pour la prochaine génération ? », se demandent candidement les eurocrates. Avant le covidisme, se débattait déjà une génération condamnée à vivre chez ses parents jusqu’à 30 ans, sans accès au crédit, sans possibilité de former une famille et sans accès à un travail digne. À cette génération sacrifiée, il leur est dit maintenant que la solution passe par « un changement de comportement ». Moins se chauffer, moins consommer, moins produire, moins vivre, en bref.   

L’Union européenne a créé un oxymoron pour ce type d’impuissance structurelle : RePower. Un autre projet cher à Ursula. Il vise la transition de l’énergie fossile vers l’hydrogène renouvelable, voire (car ça peut ne pas marcher) l’installation de panneaux solaires dans toutes maisons. Si rien ne marche, reste l’imposition d’un contrôle social dystopique, d’une société condamnée à moins produire, moins consommer, via des formes d’enfermement séquentiel. Encore que cette dernière partie ne fasse pas partie du feuillet officiel. Le plan RePower UE, présenté ce mercredi par l’omnisciente Ursula, demande aux Européens de consommer 5 % de gaz et de pétrole en moins. Ça passe très bien dit comme cela, sachant que, du fait de la carence énergétique, ce que les Européens consommeront en moins, ce ne sera pas 5, mais 50 % d’ici à la fin de l’année.

Toujours selon RePower, l’objectif serait de réduire de 66 % les achats en gaz russe cette année et de s’en passer d’ici à 2030. Ursula déteste les Russes et adore les Ukrainiens, et ça semble venir de loin. Les citoyens d’Europe occidentale continueront donc d’être punis et de partager en quelque sorte avec les nations émergentes le coût d’une politique atlantiste, qui pour l’instant favorise une nation considérée comme exceptionnelle, l’Ukraine.

Auteur(s): Teresita Dussart, pour FranceSoir

https://www.francesoir.fr/politique-monde/suicide-economique-pour-loccident-mise-mort-pour-les-emergents

♦ La famille du grand-père palestinien américain tué par Israël veut une enquête américaine


Homme et femme assis sur des chaises sur une zone pavée entourée d’arbres le soir
Une photo de famille montre Omar Assad, à gauche, et sa femme Nazmieh partageant un repas sur le patio de leur maison dans le village de Jiljilya en Cisjordanie occupée en 2019.

La famille d’un grand-père américain palestinien qui a été mortellement attaqué par des soldats israéliens en janvier demande à l’administration Biden de lancer une enquête.

« Un citoyen américain exige justice de sa tombe », a écrit Stanley Cohen, l’avocat de la famille d’Omar Assad, au procureur général américain Merrick Garland le mois dernier.

Une copie du document de 11 pages a été obtenue par The Electronic Intifada. Il fournit des détails émouvants sur la vie d’Assad et sa mort déchirante tôt le matin du 12 janvier dans une rue de Jiljilya, le paisible village de Cisjordanie au nord de Ramallah où il est né.

Il expose l’impact dévastateur du crime sur l’épouse d’Assad, Nazmieh, leurs sept enfants adultes nés aux États-Unis, 17 petits-enfants, trois arrière-petits-enfants et leurs communautés en Palestine et aux États-Unis.

Il y a environ 10 ans, Assad et sa femme ont décidé de construire une nouvelle maison à Jiljilya. Ce fut leur récompense après quatre décennies de travail acharné aux États-Unis, où ils ont élevé une famille et exploité plusieurs petites épiceries à Milwaukee et dans les environs, dans le Wisconsin.

Ce serait le moyen idéal pour eux de profiter de leurs années de vieillesse proches de leur famille et de la communauté dans leur pays d’origine.

Mais plutôt que la retraite tranquille qu’ils espéraient, leur voyage s’est terminé dans l’horreur.

« Nos vies sont sombres maintenant », dit Hala, l’une des cinq filles du couple, elle-même veuve et mère de deux enfants. « Mon père m’appelait plus que ma mère, juste pour discuter et parler de la vie, vérifier si j’avais besoin de quelque chose », a-t-elle déclaré dans la lettre.

« Entendre sa voix, ses blagues, ses opinions ou tout ce qu’il avait à dire ou à ne pas dire, c’était gratifiant. Je n’ai pas ça maintenant.

« Ma vie a beaucoup changé, chaque jour je me réveille en pensant que je ne reverrai plus mon père », explique Hani, le fils du couple qui vit en Virginie. « Je n’aurais jamais pensé que mon père se ferait tuer par tout un tas de soldats israéliens. »

Une soirée typique

Cette nuit fatidique, Assad était chez un cousin, profitant d’une réunion typique avec sa famille élargie, mangeant, buvant du café, regardant la télévision, jouant aux cartes et parlant.

Il a quitté la maison de son parent après minuit pour conduire la courte distance à la maison. Sur son chemin, il a été arrêté par des soldats israéliens. Nazmieh pense que son mari n’aurait porté que son permis de conduire américain, ayant laissé son passeport américain chez eux.

Même après une décennie en Cisjordanie, le couple n’avait toujours pas de carte d’identité, qui doit être approuvée par les autorités d’occupation israéliennes.

Ce qui s’est passé ensuite a été reconstitué à partir de témoignages oculaires et de preuves physiques. Tout n’est pas connu, mais « plusieurs choses sont claires », selon la lettre de Cohen.

« Omar a été traîné hors de la voiture par Tsahal [l’armée israélienne] avec une telle force qu’une de ses chaussures a été arrachée de son pied et est restée dans la voiture », écrit Cohen. « Il était menotté avec des attaches zippées, les mains derrière le dos, la bouche couverte de ruban adhésif et les yeux bandés ou recouverts d’un sac. »

« Par la position de son corps, on sait qu’il a été traîné de sa voiture sur de nombreuses distances et forcé de marcher ou de marcher, les mains attachées et la bouche couverte, ce qui rend la respiration difficile », a déclaré l’avocat.

Sur la base de témoignages oculaires, le Washington Post a rapporté qu’Assad avait été emmené sur un chantier de construction où d’autres Palestiniens étaient également détenus.

Ils ont vu un soldat israélien aller voir Assad qui « était allongé immobile sur les pavés d’une maison inachevée » puis, selon le Post, les soldats sont partis « presque immédiatement ».

« Lorsque les soldats de Tsahal ont réalisé qu’Omar Assad était mort sous leur garde », écrit Cohen, ils « se sont précipités dans la nuit ».

L’un des autres villageois qui avaient été détenus sur le site s’est rendu à Assad et « a enlevé un manteau qui avait été drapé sur sa tête et une écharpe rouge nouée autour de ses yeux, et a vérifié s’il y avait un pouls dans son cou », a rapporté le Post.

Mais il n’en sentait aucun. Les efforts d’un médecin local pour réanimer Assad ont été infructueux.

« Ils l’ont torturé »

Assad, qui avait 78 ans, était en surpoids et n’était pas en excellente santé, selon sa famille. En 2014, il a eu besoin d’un quadruple pontage cardiaque, mais il est néanmoins retourné à la vie sociale active qu’il aimait.

Comme l’a rapporté le Washington Post, une autopsie a révélé qu’Assad était mort après « une crise cardiaque induite par le stress probablement provoquée par le fait d’être ligoté et bâillonné et détenu sur un chantier de construction froid ».

L’examen a également « trouvé des preuves qu’Assad avait été étroitement lié et les yeux bandés, avec des écorchures sur les poignets et des saignements à l’intérieur de ses paupières ».

Maintenant, la famille dévastée d’Omar Assad doit essayer de vivre avec les conséquences.

« Il est très difficile de penser à ce qui lui est arrivé dans ses derniers instants », dit Noha, la plus jeune fille d’Assad. « Ils l’ont torturé, ce qu’ils lui ont fait me hante tout le temps quand je suis éveillé et quand je dors. »

« J’ai du mal à penser à ses derniers moments, il était tout seul », ajoute-t-elle.

Pas d’échappatoire à l’apartheid

L’intention initiale de Nazmieh et Omar Assad n’était pas de déménager définitivement à Jiljilya.

Ils avaient espéré faire des allers-retours entre la Palestine, où ils éviteraient les hivers rigoureux du Midwest, et Milwaukee, où ils pourraient passer du temps avec leurs enfants et petits-enfants.

Mais parce qu’ils étaient Palestiniens, le système d’apartheid d’Israël ne leur accordait aucun droit de vivre librement dans leur patrie.

Contrairement aux Juifs de n’importe où dans le monde qui peuvent simplement s’installer en Israël ou en Cisjordanie occupée, les Palestiniens doivent attendre que les autorités d’occupation israéliennes approuvent une carte d’identité, même pour vivre dans leur village natal.

Et ce privilège n’est disponible que pour ceux qui, comme les Assad, ont un passeport américain ou autre. Des millions de réfugiés palestiniens apatrides ne peuvent même pas rêver de visiter leur patrie.

Le couple était libre de quitter la Cisjordanie à tout moment, mais sans les pièces d’identité délivrées par Israël, il n’y avait jamais de garantie qu’Israël leur permettrait de rentrer. Ils ont donc fini par vendre leur maison et deux épiceries dans le Wisconsin et rester à Jiljilya.

Au fil des ans, les visites de leurs enfants ont été rares : la lettre de Cohen détaille le harcèlement auquel les membres de la famille ont été confrontés lors de leurs visites en Cisjordanie – le type de violence raciste et de mauvais traitements auquel Israël soumet régulièrement les Américains d’origine palestinienne.

Rien de tout cela n’a changé après la mort d’Omar Assad.

« Nazmieh ne peut même pas quitter ce lieu de chagrin et d’agonie, et retourner à son Milwaukee bien-aimé », écrit Cohen.

L’absence de carte d’identité signifie que si Nazmieh retourne aux États-Unis pour être proche de ses enfants, « elle pourrait ne plus jamais revoir la maison qu’elle a construite avec Omar, la dernière maison qu’ils partageaient ensemble en tant que mari et femme ».

Enquête fictive

Israël a d’abord menti sur les circonstances de la mort d’Assad : l’armée a affirmé qu’« un Palestinien a été appréhendé après avoir résisté à un contrôle, et il a été libéré plus tard dans la nuit ».

Ensuite, il a tenu une enquête « interne » d’une semaine qui a rapidement abouti à la décision de « discipliner » trois agents.

Le commandant du bataillon a reçu une réprimande et le commandant du peloton et le commandant de compagnie ont été démis de leurs fonctions et exclus de leurs rôles de commandement pendant deux ans.

Dans le même temps, la police militaire israélienne a lancé une enquête distincte, dont « les conclusions seront renvoyées au tribunal militaire pour examen et éventuellement d’autres mesures », selon le Washington Post.

En théorie, cela pourrait entraîner des accusations criminelles, mais c’est peu probable.

Le système d’auto-enquête militaire d’Israël a longtemps fonctionné comme un « mécanisme de blanchiment », selon B’Tselem.

En 2016, le célèbre groupe israélien de défense des droits de l’homme a annoncé qu’il cesserait de coopérer avec le système.

B’Tselem a déclaré que 25 ans de dépôt infructueux de plaintes au nom des Palestiniens « nous ont amenés à réaliser qu’il ne sert plus à rien de demander justice et de défendre les droits de l’homme en travaillant avec un système dont la fonction réelle se mesure à sa capacité à continuer à dissimuler avec succès des actes illégaux et à protéger les auteurs ».

Dans ces rares cas très médiatisés où un soldat est accusé d’avoir tué ou blessé un Palestinien, puis condamné, les peines sont d’une indulgence choquante.

B’Tselem a déclaré que le système d’enquête israélien de la « feuille de vigne » est conçu, tout au plus, pour blâmer les personnes de bas rang – ce qu’il parvient également à éviter de faire la grande majorité du temps.

Étant donné que les enquêteurs militaires n’ont pas le mandat d’enquêter sur les ordres donnés aux soldats, aux supérieurs qui les émettent ou aux responsables des politiques, « les hauts responsables militaires et gouvernementaux, y compris l’avocat général militaire (MAG), sont exonérés à l’avance de toute responsabilité ».

Et blâmer les officiers subalternes est exactement ce qu’Israël a fait dans ce cas aussi.

« La façon dont cette personne a été laissée sur le terrain était grave et contraire à l’éthique », a déclaré le chef de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, lors de l’annonce des mesures disciplinaires.

« Je m’attends à ce que chaque soldat et officier sache se battre tout en préservant la dignité humaine et l’éthique de Tsahal. »

Kohavi « a accepté les conclusions » de l’enquête interne, selon un communiqué officiel, « et a déterminé que l’incident montrait une erreur claire de jugement moral ».

Washington veut une « enquête criminelle »

Ces commentaires et les « punitions » visaient clairement à écarter toute pression possible de Washington.

Comme b’Tselem l’a dit en 2016, « l’apparence d’un système judiciaire fonctionnel permet aux responsables israéliens de nier les affirmations faites à la fois en Israël et à l’étranger selon lesquelles Israël n’applique pas la loi sur les soldats qui nuisent aux Palestiniens ».

Pourtant, remarquablement, dans ce cas, la ruse était insuffisante pour faire taire entièrement le gouvernement américain.

Après la déclaration de Kohavi, le département d’État a déclaré que l’administration restait « profondément préoccupée par les circonstances de la mort » d’Omar Assad.

« Les États-Unis s’attendent à une enquête criminelle approfondie et à une pleine responsabilité dans cette affaire », a ajouté le porte-parole du département d’État, Ned Price. « Nous continuons à discuter de cet incident troublant avec le gouvernement israélien. »

Mais la fille d’Omar Assad, Hala, a rappelé au gouvernement américain dans un éditorial publié en février dans le Washington Post qu’on ne peut tout simplement pas faire confiance à Israël pour enquêter sur lui-même.

« Lorsque la militante américaine Rachel Corrie a été écrasée à mort par un soldat conduisant un bulldozer militaire à Gaza en 2003, le gouvernement israélien a promis une enquête ‘approfondie, crédible et transparente’ et a ensuite absous l’armée et les soldats impliqués », a écrit Hala.

Et elle a noté qu’après que des commandos israéliens ont tué Furkan Dogan, un Turco-Américain de 18 ans à bord du Mavi Marmara en 2010, les États-Unis n’ont mené aucune enquête et, une fois de plus, « Israël a disculpé ses soldats ».

Au-delà des détails de ces cas, Hala a posé la question fondamentale de savoir pourquoi les États-Unis continuent de « soutenir un régime qui maintient les Palestiniens derrière un réseau de murs et de points de contrôle » et « les brutalise et les tue » dans un système qui est de plus en plus reconnu comme étant l’apartheid.

La semaine dernière, le département d’État a appelé à une enquête « immédiate et approfondie » sur le meurtre choquant de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, une citoyenne américaine.

Mais il y a peu de raisons de croire que cela aussi est autre chose que des paroles en l’air – même si les preuves indiquent massivement qu’Israël est responsable.

Aucune excuse pour ne pas agir

La lettre de Cohen reconnaît que le meurtre d’Assad « pourrait en fin de compte soulever des questions de compétence », mais il soutient que cela ne devrait pas empêcher le ministère de la Justice de prendre des mesures « pour déterminer ce qui s’est passé et pourquoi à ce citoyen américain digne et pacifique ».

L’avocat note également que le procureur général Merrick Garland déploie « des équipes d’enquêteurs et d’experts médico-légaux » pour recueillir des preuves sur des crimes de guerre présumés en Ukraine contre des personnes qui ne sont même pas des citoyens des États-Unis.

Cohen observe, en outre, que les États-Unis, « que ce soit par extradition ou restitution, ont été prompts à poursuivre les terroristes qui ont attaqué ou assassiné ou conspiré pour nuire aux Américains à l’étranger ».

Les soldats qui ont attaqué Assad et l’ont laissé mort appartenaient au bataillon Netzah Yehuda, une unité spéciale composée de Juifs ultra-orthodoxes qui est connue même en Israël pour sa violence contre les Palestiniens.

B’Tselem a averti que le fait de désigner cette unité particulière comme bouc émissaire peut servir à blanchir la brutalité systématique de toute l’occupation israélienne. Il existe néanmoins des outils en vertu de la loi américaine qui pourraient être utilisés pour apporter une certaine responsabilité.

L’administration Biden pourrait, par exemple, invoquer les soi-disant lois Leahy, qui interdisent à toute assistance à la sécurité américaine d’aller à toute unité des forces d’un pays étranger qui a commis une « violation flagrante des droits de l’homme ».

Cela semble être ce que deux membres de la délégation du Congrès du Wisconsin exigent.

En janvier, la sénatrice Tammy Baldwin et la représentante Gwen Moore ont écrit au secrétaire d’État Antony Blinken pour lui demander d’ouvrir une enquête pour déterminer si les soldats impliqués dans le meurtre d’Assad utilisaient du matériel acheté avec un financement américain.

Outre tout financement du gouvernement américain, le bataillon Netzah Yehuda « reçoit un soutien financier important » des Amis de Nahal Haredi, une organisation caritative exonérée d’impôt basée aux États-Unis, selon The Forward.

« En tant qu’Américain d’origine palestinienne, M. Assad mérite toutes les protections accordées aux citoyens américains vivant à l’étranger et sa famille mérite des réponses », ont écrit les législateurs.

Dans son éditorial du Washington Post, Hala, la fille d’Omar Assad, a salué « l’effusion de soutien de notre communauté du Wisconsin », y compris des deux législateurs.

Cependant, elle a accusé que « la réponse du département d’État jusqu’à présent a été grossièrement inadéquate ».

« Ses expressions de condoléances sonnent creux, et ses demandes qu’Israël enquête sur lui-même sont futiles », a-t-elle ajouté, « comme en témoignent les gifles au poignet données aux trois soldats et la longue histoire d’Israël de ne pas enquêter sérieusement ou punir les crimes que ses soldats commettent contre les Palestiniens ».

La famille espère clairement maintenir la pression en demandant au procureur général des États-Unis d’ordonner une enquête sur la mort d’Omar Assad.

Comme l’écrit leur avocat Stanley Cohen, « sa famille, des générations de citoyens respectueux des lois et travailleurs de ce pays, de fiers Américains palestiniens, ne demandent rien d’autre au ministère de la Justice que la justice ».

Le ministère de la Justice n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Ali Abunimah L’Intifada électronique 16 mai 2022

Ali Abunimah est directeur exécutif de The Electronic Intifada.

♦ Israël est un État voyou, à la sauvagerie sans limite


Mais malheureusement pour Israël, l’identité palestinienne ne peut pas être éradiquée sous la menace des armes à feu.

Le vendredi 13 mai, le site Internet du New York Times a publié le titre « La police israélienne attaque les funérailles d’une journaliste palestinienne tuée », qui a ensuite été mis à jour en « La police israélienne attaque les personnes en deuil aux funérailles d’une journaliste palestinienne ». La journaliste en question, bien sûr, était Shireen Abu Akleh, âgée de 51 ans, la journaliste de premier plan d’Al Jazeera qui a reçu une balle dans la tête et a été tuée par les forces israéliennes mercredi en Cisjordanie occupée.

Comme l’a rapporté le Times, des policiers israéliens avaient commencé à « battre et frapper à coups de pied les personnes en deuil » lors du cortège funèbre à Jérusalem, « forçant ainsi les porteurs à presque laisser tomber le cercueil ». C’était, au moins, une information heureusement simple provenant du même média qui avait choisi quelques jours auparavant d’utiliser l’expression non engageante « […] meurt à 51 ans » dans son annonce du meurtre d’Abu Akleh.

Le journal américain de référence est également connu pour ses perversions journalistiques telles que la’édulcoration du massacre par l’armée israélienne en 2014 de quatre enfants palestiniens jouant au football dans la bande de Gaza sous le titre suivant : « Des garçons attirés par la plage de Gaza et au centre des conflits au Moyen-Orient ». On aurait pu s’attendre à un résumé du Times le 13 mai du type : « Un cercueil tombe presque aux funérailles d’une journaliste, dans une incarnation regrettable du conflit israélo-palestinien ».

Au cours de sa carrière dévouée, Abu Akleh elle-même a incarné l’humanité palestinienne en disant la vérité face au pouvoir. Maintenant, la puissance occupante a répondu en lui tirant une balle dans la tête et en attaquant ses personnes en deuil – une réponse qui ne peut être qualifiée que de sauvagerie d’État aiguë et à plusieurs niveaux, conformément au modus operandi d’Israël consistant à refuser de laisser les Palestiniens vivre, mourir ou être enterré en paix.

Il y a aussi la question de ne pas permettre aux Palestiniens morts et enterrés de rester morts et enterrés en paix, ce qui se produit lorsque, par exemple, l’armée israélienne décide de bombarder des cimetières à Gaza – comme s’il était en quelque sorte possible d’effacer rétroactivement l’existence palestinienne en faisant exploser des ossements.

Certes, les attaques israéliennes contre les funérailles n’ont rien de nouveau – ce que personne ne devrait vraiment trouver surprenant étant donné les antécédents d’Israël en matière d’attaques contre des ambulances, des hôpitaux, du personnel médical, des écoles, des complexes des Nations unies, des immeubles d’habitation, des animaux, des arbres, des bébés et à peu près tout ce qui peut être attaqué.

Rappelons l’assaut du 29 juillet 2021 par les forces israéliennes contre les funérailles de Mohammed al-Alami, 12 ans, qui avait reçu une balle dans la poitrine tirée par des soldats israéliens la veille alors qu’il voyageait en voiture avec son père en Cisjordanie dans la ville de Beit Omar.

Les funérailles d’Al-Alami, à leur tour, en ont entraîné une autre : celle de Shawkat Awad, 20 ans, de la même ville, qui a été tué par des tirs israéliens alors qu’il pleurait al-Alami.

Dans un autre cas illustrant le fétichisme d’Israël pour les attaques funéraires, les forces d’occupation israéliennes se sont déchaînées contre les funérailles du 2 mars 2022 d’un étudiant palestinien de 19 ans, Ammar Abu Afifa, tué par une balle israélienne dans le camp de réfugiés d’Al-Aroub au nord d’Hébron.

Même le Times of Israel, une institution farouchement sioniste, s’est senti obligé de publier le gros titre : « Les troupes israéliennes ont abattu un adolescent palestinien. L’armée n’a pas dit ce qu’il a fait de mal ».

Avance rapide de deux mois jusqu’aux funérailles d’Abou Akleh, et les images violentes de la police israélienne brandissant des matraques ont valu une rare dénonciation de la secrétaire de presse sortante de la Maison Blanche, Jen Psaki, qui a qualifié les scènes de « profondément troublantes ».

Non pas que les États-Unis ne se livrent pas régulièrement à des comportements profondément inquiétants, y compris vis-à-vis des funérailles.

Quoi qu’il en soit, Israël et les États-Unis ont longtemps été deux petits pois dans une cosse sadique. La malveillance israélienne a simplement une concentration géographique plus intense.

Incidemment, le 15 mai – à peine deux jours après l’enterrement d’Abu Akleh à Jérusalem – marque le soixante-quatorzième anniversaire de la Nakba, lorsque les Palestiniens pleurent la fondation de l’État d’Israël sur la terre palestinienne en 1948.

Cela a entraîné la destruction de plus de 500 villages palestiniens, le meurtre de plus de 10 000 Palestiniens et l’expulsion d’au moins trois quarts de million de plus – le début d’une trajectoire sanglante qui se poursuit à ce jour.

Malheureusement pour Israël, cependant, l’identité palestinienne ne peut pas être éradiquée sous la menace et les tirs des armes à feu ; les Palestiniens ne risquent pas d’oublier que les forces d’occupation israéliennes ont arrêté des personnes en deuil pour avoir porté le drapeau palestinien lors des funérailles d’Abu Akleh.

Et alors qu’Israël enfonce les derniers clous dans le cercueil de l’image qu’il revendique, la vérité est que toute prétention à l’humanité d’Israël aurait dû être enterrée depuis longtemps.

par Belen Fernandez.

source : Chronique de Palestine

♦ Au Maroc, des pèlerins juifs font leur retour à Meknès


Des dizaines de fidèles juifs ont participé cette semaine au pèlerinage traditionnel de la hilloula à Meknès, au Maroc, qui a repris pour la première fois depuis les années 1960 après la restauration du cimetière historique juif de la ville.

© FADEL SENNA. Un fidèle juif prie lors du pèlerinage de la hilloula à Meknès, au Maroc, le 18 mai 2022

C’est la première fois que des pèlerins juifs revenaient dans cette ville emblématique de la présence juive multiséculaire au Maroc depuis que le royaume a normalisé ses relations avec Israël en décembre 2020, sous l’impulsion de l’ex-président américain Donald Trump.

© FADEL SENNA. Une fidèle juive lors du pèlerinage de la hilloula à Meknès, au Maroc, le 18 mai 2022

Les fidèles, très majoritairement d’origine marocaine, sont venus mercredi et jeudi honorer leurs « tsadikims » (les saints et les rabbins célèbres) dans le cimetière délaissé pendant des décennies et  fraîchement réhabilité de l’ancien « mellah » (quartier juif) de la ville impériale. Un pèlerinage encadré par un important dispositif policier.

© FADEL SENNA. Un fidèle juif lors du pèlerinage de la hilloula à Meknès, au Maroc, le 18 mai 2022

« Les mots me manquent pour décrire ce que je ressens. Mon retour tant attendu dans ma ville natale après des années d’absence est merveilleux », confie à l’AFP André Derhy, un Franco-Marocain de 86 ans, en arpentant les allées de Beth Haim (« Maison de la vie » en hébreu) de Meknès.

« C’est une grande fierté de venir à Meknès sur les traces de mes ancêtres qui reposent ici », lance le rabbin Niddam, un Israélien d’origine marocaine de 31 ans qui visite le royaume pour la première fois.

– « Perpétuer la mémoire » –

La restauration du cimetière, érigé en 1682 mais tombé en décrépitude, s’inscrit dans le cadre d’un programme de réhabilitation de plus de 160 cimetières juifs du Maroc initié par le roi Mohammed VI en 2010.

© FADEL SENNA. Des fidèles juifs lors du pèlerinage de la hilloula à Meknès, au Maroc, le 18 mai 2022

La communauté juive marocaine, estimée aujourd’hui à 3.000 personnes, reste la plus importante d’Afrique du Nord, malgré un départ massif vers Israël après la création de l’Etat hébreu en 1948.

Les quelque 700.000 Israéliens d’ascendance marocaine ont souvent gardé des liens très forts avec leur pays d’origine.

Présente depuis l’Antiquité, renforcée au 15e siècle par l’expulsion des juifs d’Espagne, cette communauté a atteint 250.000 âmes à la fin des années 1940.

© FADEL SENNA. Un pèlerin juif lors du pèlerinage de la hilloula à Meknès, au Maroc, le 18 mai 2022

A Meknès, une centaine de pèlerins, bougies à la main,  parcourent les tombeaux recouverts de chaux blanche. 

Une poignée prie avec ferveur devant la stèle du rabbin Raphaël Berdugo, « maître de la Torah » décédé en 1821. 

« Ce rassemblement est la preuve qu’on peut faire d’un champ de ruines un lieu pour perpétuer la mémoire des juifs marocains », explique à l’AFP Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du Maroc. 

– « Cohabitation » – 

Si la cause palestinienne continue à recueillir la sympathie de la population marocaine, la normalisation des relations avec Israël n’a guère soulevé de contestation massive.

Pour Yousseph Israël, originaire de Tétouan (nord) et juge à la chambre hébraïque de Casablanca, « le Maroc a toujours été un exemple de cohabitation religieuse ».

Bien avant la normalisation, « le Maroc et Israël ont toujours entretenu des relations de paix. Beaucoup d’Israéliens visitaient le royaume sans le moindre problème », abonde le rabbin Niddam. 

Avant le rétablissement des liens, le royaume chérifien recevait chaque année entre 50.000 et 70.000 touristes juifs, pour la plupart en provenance d’Israël.

Avec le lancement de liaisons aériennes directes, il s’attend à en accueillir jusqu’à 200.000.

Gilles Berdugo, un Israélien d’origine marocaine né à Meknès, a profité du pèlerinage pour retourner pour la première fois au Maroc qu’il a quitté en 1970 à l’âge de 11 ans.

« Je suis retourné dans mon quartier les yeux fermés. Tous mes souvenirs ont ressurgi, c’est comme si je n’avais jamais quitté ce pays », témoigne cet inspecteur de l’Education nationale israélienne, attablé avec sa femme et leur six enfants sous une tente caïdale où ont été dites des prières en l’honneur du roi Mohammed VI.

Pour ses enfants, qui visitent pour la première fois le Maroc, l’expérience est « intense ».

« On a grandi avec les histoires de notre père et c’est comme si on a enfin retrouvé ici une pièce manquante d’un puzzle (familial) », sourit son fils Avishaï, âgé de 30 ans. 

Très ému, Gilles Berdugo salue de la part du Maroc « un travail exceptionnel de préservation de sa mémoire plurielle ». 

« Ce voyage revêt une symbolique énorme pour mes enfants et le vivre avec eux ça n’a pas d’égal », dit-il, la larme à l’oeil.

ko-agr/ezz/bk

♦ La nouvelle guerre de l’information ou « La vérité si je mens »


Beaucoup ont du certainement le remarquer, le système d’information occidental, lorsqu’il s’agit de la guerre en Ukraine, devient atypique ; il n’obéit plus à aucune norme traditionnelle de l’information.

Avant une information était sourcée, datée, infirmée ou confirmée, validée ou démentie , certifiée, documentée. L’émetteur de l’information engageait sa crédibilité voire, dans certains cas, son honneur professionnel. C’était même là, la différence revendiquée par l’information professionnelle vis-à-vis des réseaux sociaux

La CIA, une agence de presse

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La CIA et le Pentagone, la direction du renseignement américain sont devenus de véritables agences de presse. Elles en exercent les fonctions. Elles produisent à longueur de journée des informations, des analyses, des prévisions, des anticipations, des communiqués qui sont repris et amplifiés par tous les médias occidentaux sans l’ombre d’une évaluation critique. Lorsque l’information se révèle fausse et quand l’évènement annoncé à grand matraquage informatif, n’arrive pas, on ne s’en émeut même pas, on ne dément rien, on ne s’excuse de rien, on ne met pas en doute la source, et même, spectacle stupéfiant, aberrant, on fait même comme si l’évènement aurait dû se produire. La vérité et le mensonge n’existent plus. La vérité et la réalité sont dissociées. Et, chose extraordinaire, ce n’est pas l’information qui est réinterprétée en fonction des faits, ce sont les faits eux-mêmes qui sont réinterprétés en fonction d’une information dont on ne doute pas un instant de la véracité. Du jamais vu dans l’histoire de l’information.

Prenons quelques exemples. Un énorme battage est fait plusieurs jours avant sur la célébration du 9 mai en Russie. On annonce que Vladimir Poutine va déclarer la guerre, décréter la loi martiale. On dit qu’il va augmenter la tension autour d’une guerre nucléaire, et, preuve en est, « l’avion de l’apocalypse » ,le QG présidentiel en cas de guerre nucléaire, va apparaitre dans le ciel, lors du défilé. Et en « nouvelle de dernière minute  » la CIA, vient annoncer, partout, que « le défilé des immortels », grand défilé traditionnel de la population, , n’aura pas lieu cette année, « signe d’une crise du pouvoir et d’une hostilité de la population ». Quelle est la source de ces informations, sont-elles documentées ? Rien de tout cela. C’est la CIA qui comme d’habitude, dit « Nous avons des indications que »« nous savons que ». Ils ne savent rien puisque tout cela va se révéler faux. Le discours de Vladimir Poutine va insister sur la paix. Aucune annonce particulière n’est faite. Et même, cerise sur le gâteau, Vladimir Poutine, défile , mêlé au peuple russe, en tête de la marche des immortels, lui aussi brandissant le portrait de son père combattant de « la Grande guerre patriotique » ; Il y a probablement peu de présidents, même dans les pays les plus démocratiques, qui défilent ainsi mêlés à la foule populaire. Il aurait été peut être intéressant pour les commentateurs d’analyser cet aspect de la réalité russe, mais pas du tout. Dans une ambiance surréaliste, les commentateurs reprocheraient presque à Vladimir Poutine de n’avoir pas fait… ce qu’il était prévu qu’il fasse selon la CIA et le Pentagone. Ils le trouvent trop calme, trop faible, mou ! Ils sont…déçus.

« Nous avons des indications », « nous savons que « 

Autre exemple, tout récent : le 10 mai , la CIA annonce, c’est la nouvelle ou plus exactement le thème médiatique du jour, et toujours dans ces fameux communiqués de presse, que « des éléments lui font soupçonner la déportation de 1,2 million d’ukrainiens en Russie ». Elle précise en même temps, sans se soucier de l’absurdité d’une telle précision, qu’elle « n’a pas de données concrètes pour affirmer cela ni pour indiquer les lieux de déportation ». Malgré cela, « l’information » est donnée sur le ton affirmatif. Immédiatement tous les médias en Occident reprennent l’annonce, La supposition de départ se transforment peu à peu, sur des plateaux excités, en un fait. On peut même dire qu’elle se développe. On y parle d’abord de « déplacés » et puis très vite de « déportés ». Il n’est évidemment pas question de penser que des réfugiés ( 600 000 selon le Russie) aient pu choisir la Russie comme d’autres la Pologne. Pourquoi « déportés », quel intérêt aurait la Russie à les déporter, la question n’est même pas posée. De toute façon la Russie est un monstre qui n’obéit à aucune valeur humaine et, puis « on sait bien que la déportation est une habitude stalinienne » ? Sur un plateau, celui de LCI, le mot de « camp de concentration « des réfugiés » est même lâché.

Les exemples de la même teneur et avec les mêmes procédés sont légion : Le mardi 10 mai, la directrice du renseignement américain, Avril Haines, annonce que Vladimir Poutine se prépare à un long conflit, qu’il ne compte pas s’arrêter au Donbass, et qu’il instaurera la loi martiale. Tout cela est dit, devant le Sénat américain, et comme chaque fois, en toute « transparence » comme s’il n’ y avait plus de « secrets défense « . On se trouve là, devant un type de procédés où l’analyse, la prévision, l’anticipation, sont transformées en informations concrètes ( l’argument est que cela « pourrait bien avoir lieu » ! ), bien qu’elle ne repose apparemment sur aucun fait documenté, à part le « nous avons des indications », « nous « savons que »
Autre exemple encore, mercredi 11 mai : la CIA « a des indications » sur la « démoralisation » de l’armée russe, qui se traduirait par l’alcoolisme, le sabotage par les soldats de leurs propres armes, chars et autres ; Ce sera le thème médiatique du jour. Cette information est -elle documentée, validée. Peu importe, elle se suffit à elle-même. Elle deviendra au fur et à mesure un fait, amplifié par les plateaux de télévision.

La transparence

On se trouve devant des pratiques nouvelles, inédites de la communication et de l’information développées par les États Unis à la faveur de cette guerre de l’information contre la Russie.. On a l’explication, le secret de ce nouveau mode d’information, dans un article remarquable de Caitline JOHNSTON , publié sur « Le Grand soir »( 1). Cet article, d’où est tiré l’essentiel de nos citations, se base sur un rapport surprenant de NBC News. On y apprend que « l’administration Biden a rapidement diffusé sur les plans de la Russie en Ukraine des renseignements peu fiables fondés davantage sur l’analyse que sur des preuves tangibles », voire tout simplement faux ». Le rapport indique qu’à cette fin  » le gouvernement américain a délibérément fait circuler des allégations fausses ou mal étayées sur l’imminence d’attaques à l’arme chimique, sur les conseillers de Poutine qui le désinforment et sur la Russie qui cherche à s’approvisionner en armes auprès de la Chine » ; Toutes « informations » qu’on a pu effectivement suivre sur les chaines occidentales.

Autre exemple, le président Biden a parlé publiquement d’armes chimiques mais des responsables américains ont déclaré alors à NBC news qu’il n’y avait aucune preuve de cela mais que le but  » avait été de dissuader la Russie » d’utiliser ces armes. On en arrive ainsi à une catégorie nouvelle celle du mensonge justifié par une bonne intention, pour la bonne cause. On en reparlera. Un autre procédé est de « déclassifier « des renseignements prétendument « classifiés « et de jouer la « transparence ». Le jeu devient alors complexe. On peut même pousser la comédie jusqu’à faire mine de s’emporter sur des informations supposées secrètes et dévoilées au public. C’est exactement ce qu’a fait dernièrement le président Biden lui-même. Il s’est indigné qu’on ait rendu publique, dans le New York Times, le fait que les services étatsuniens donnaient aux ukrainiens des renseignements sur la localisation de généraux russes en Ukraine, ce qui aurait été la cause de la mort d’une dizaine d’entre eux. Or la fuite a été publiée dans le New York Times. On est dans un jeu compliqué où le vrai et le faux se mêlent pour manipuler l’opinion, mais aussi, on l’espère, les dirigeants russes.

Le New York Times, le plus grand et le plus prestigieux journal anglo-saxon présente, fait remarquer Caitlin Johnstone, les communiqués de presse de la CIA comme « des nouvelles de dernière minute » et ils sont ensuite amplifiés par les plus grands medias occidentaux. Et lorsqu’il publie des fuites, cela n’a rien à voir avec le courage professionnel de journalistes, mais avec le fait qu’on veut rendre public ces » fuites ». Ainsi l’un des journalistes « courageux » du New York Times , auteur de ces « fuites » est Ken Dilation, dont il a été révélé en 2014, selon Caitlin JOHNSTONE, qu’il était un agent actif de la CIA travaillant au New York Times.

Mensonges pour la bonne cause

Toutes ces informations et bien d’autres sont des mensonges, mais des mensonges assumés, « pour la bonne cause ». C’est ceci qui est terrible. .John Savers, ancien chef du M16, cité par C. Johnston, remarque, en février 2022, dans un groupe de réflexion « The Atlantique Council » que « les communiqués de renseignement de l’administration Biden reposent davantage sur une impression générale que sur des renseignements réels et étaient conçus pour manipuler plutôt que pour informer ».

Depuis l’Irak, la Libye, l’Afghanistan, les États Unis avaient acquis la réputation d’être des menteurs. Pour leur redonner de la crédibilité, dernièrement, le système médiatique occidental a insisté lourdement sur le fait « qu’ils étaient les seuls à avoir prévu l’attaque contre l’Ukraine », alors qu’en réalité ils avaient multiplié les fausses dates et que la dernière donnée s’est révélée forcément exacte et que la concentration des forces russes rendaient évidentes l’entrée en guerre.
En admettant qu’il ment, en utilisant les procédés qu’on vient de décrire, en jouant la transparence totale des informations classés « secret défense », le gouvernement américain ne craint-il pas de perdre la confiance de ses citoyens ? Ce qui est stupéfiant dans ces nouvelles techniques de la guerre de l’information, c’est que cette crainte n’existe pas. Il se peut même qu’on se trouve à un stade où le système cherche psychologiquement l’assentiment admiratif de l’opinion américaine devant l’efficacité de ces nouvelles techniques de l’information, et la manière brillante dont s’en servent les dirigeants étasuniens. Comme le fait remarquer Caitltin JOHSTONE, on commence à fabriquer ouvertement le consentement du public à ce qu’on lui mente « pour son propre bien « . Le système perd son âme, remet en question ces mêmes valeurs dont il dit qu’il se bat pour elles. Dans la culture des États Unis, le mensonge a toujours été la faute la plus grave. Aujourd’hui il est légitimé. Quel retournement et comme la crise du système est profonde…
En résumé, on est là dans une évolution effrayante des procédés de l’information et de la communication dont la théorie et les méthodes sont en train d’être développés aux États unis et pourrait se répandre dans le monde.

Goebbels disait « plus le mensonge est gros, plus il passe ». Cette théorie semble désormais périmée et remplacée par une autre où le mensonge a toute sa place et où il est même légitimé.

Djamel LABIDI


(1) Caitlin JOHNSTONE , « des responsables américains admettent qu’ils sont littéralement en train de mentir au public à propos de la Russie ».
https://www.legrandsoir.info/des-responsables-americains-admettent-qu-…

URL de cet article 38020
https://www.legrandsoir.info/la-nouvelle-guerre-de-l-information-ou-la-verite-si-je-mens.html

♦ Le bataillon Azov crucifie les prisonniers russes ! (âmes sensibles s’abstenir)


Dans ces quelques minutes, vous découvrirez le bataillon Azov torturant et crucifiant un soldat russe chrétien. La symbolique est puissante et nous aide à comprendre pourquoi l’Occident sataniste et pédophile déteste autant la Russie, ses valeurs chrétiennes, son président et son peuple.

Eric Montana

Le bon sens populaire devrait nous aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ne dit-on pas : « Dis-moi qui sont tes amis et je te dirai qui tu es… » ?

J’ai hésité à publier ces images choc mais il est important que l’opinion publique occidentale comprenne que nos gouvernements qui se prétendent « démocratiques« , soutiennent un régime judéo-nazi de la pire espèce. Cet Occident hypocrite qui s’indigne davantage d’une simple déclaration du Ministre des Affaires Etrangères Lavrov sur les origines juives supposées d’Hitler, que par les actes ignobles et inhumains commis par le pays qu’il a décidé de soutenir, quitte à nous entrainer dans un conflit nucléaire suicidaire avec la Russie.

Il n’y a aucune logique dans l’attitude des gouvernements occidentaux. Il n’y a aucune logique à soutenir en armes, en mercenaires et argent, un régime fantoche dirigé par les anglo-américains. Il n’y a aucune logique à vouloir faire de la Russie un ennemi absolu alors que nous avons tous les torts.

L’Occident criminel n’a absolument aucune excuse. Aucune ! Nous avons trahi tous nos engagements concernant l’extension de l’OTAN. Cinq élargissements ont eu lieu en dépit des garanties données à la Russie. Progressivement, l’organisation militaire occidentale a fini par s’installer aux portes de Moscou, menaçant jusqu’à sa sécurité et sa survie. La Russie a été traitée avec tellement de mépris qu’il est même étonnant qu’elle ait fait preuve d’autant de patience.

Nous avons imposé des humiliations, des sanctions illégales et illégitimes à ce grand peuple qui a encaissé les coups sans jamais les rendre. Nous avons prouvé que non seulement nos promesses ne valaient rien mais qu’en plus notre parole, est une parole de pute. Nous avons voulu imposer à la Russie chrétienne nos valeurs LGBTistes dépravées, la banalisation de la pédophilie, la tolérance à tous les excès qui sont le poison destructeur des sociétés occidentales. Nous avons calomnié le régime de Poutine en le traitant d’autocratique, de liberticide, de dictatorial alors que l’Occident est le champion du monde de la censure, de l’étouffement de la liberté d’expression, de la répression policière, du mensonge, de la propagande, de la manipulation de l’opinion publique et du trucage d’élections.

Le monde qui se prétend « libre » est pire que la Chine et la Corée du Nord réuniesInfiniment pire. Mais nos gouvernements ne voient que la paille dans l’oeil de l’ours russe. Pas la poutre qui obstrue sa vue. Pathétique occident…

C’est dans le monde libre qu’on fabrique des virus en laboratoire pour rendre malades les peuples. C’est dans le monde libre qu’on utilise l’enfermement pour faire pression sur les citoyens et les obliger à accepter l’inacceptable. C’est dans le monde libre qu’on inflige une vaccination criminelle pour transformer les êtres humains en émetteurs/récepteurs activables et désactivables à merci. C’est dans le monde libre que l’on met au chômage des dizaines de milliers de médecins en pleine pandémie. C’est dans le monde libre qu’on applique le chantage à l’emploi pour imposer un vaccin qui tue. C’est dans le monde libre qu’on euthanasie les anciens et que l’on rend stériles les enfants.

C’est le « monde libre » qui a détruit l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, le Soudan, la Syrie sous prétexte d’y apporter la « démocratie ».

Et je préfère m’arrêter là tant ma colère est grande. Je vomis cet Occident gouverné par des criminels, des voleurs et des corrompus. J’ai honte d’y être né et d’y avoir vécu car nous sommes nombreux à porter sur nos épaules le fardeau de tous les péchés commis par ces prédateurs sans foi ni loi, sans compassion, sans valeurs morales, sans principes… sans Dieu.

Dans ces images nous voyons quelles sont les valeurs que nous exportons en Ukraine. Toute l’horreur du monde « libre » figure dans ces 4 minutes d’images insoutenables.

Si vous êtes sensibles, ce que je peux comprendre et admettre, s’il vous plaît ne regardez pas ces images.

Dans ces quelques minutes, vous découvrirez le bataillon Azov torturant et crucifiant un soldat russe chrétien. La symbolique est puissante et nous aide à comprendre pourquoi l’Occident sataniste et pédophile déteste autant la Russie, ses valeurs chrétiennes, son président et son peuple.

Je sais qu’un journaliste doit pouvoir rester neutre mais il y a des circonstances où la conscience hurle.

Et pour la première fois j’en viens à souhaiter la défaite de l’Ukraine et l’anéantissement de l’Occident criminel.

Source

♦ Les médias ‘occidentaux’ ne sont que des porte-voix du régime Zelenski


Une capture d’écran tirée d’une vidéo publiée par le ministère russe de la Défense montre des soldats ukrainiens sortant de l’aciérie Azovstal à Mariupol, le 17 mai 2022. © Ministère russe de la Défense

Liveuamap @Liveuamap – 21:30 UTC – 16 mai 2022

Zelenski confirme l’évacuation des troupes d’Azovstal : « L’Ukraine a besoin de héros ukrainiens en vie. Cela a toujours été notre principe »

https://liveuamap.com/en/2022/16-may… via @myroslavapetsa

***

The New York Times @nytimes – 22:59 UTC – 16 mai 2022

Breaking News : L’Ukraine a mis fin à sa « mission de combat » à Marioupol et a déclaré que les combattants étaient évacués, signalant que la bataille dans l’aciérie était terminée.

lien

***

CNN International @cnni – 23:39 UTC – 16 mai 2022

Les forces ukrainiennes déclarent avoir mis fin à leur « mission de combat » dans la ville assiégée de Marioupol, alors que des centaines de personnes sont évacuées de l’aciérie Azovstal. https://cnn.it/3FQALcV

Reuters @Reuters – 3:35 AM – 17 mai 2022

L’armée ukrainienne a déclaré qu’elle s’efforçait d’évacuer toutes les troupes restantes de leur dernier bastion dans le port assiégé de Marioupol, cédant le contrôle de la ville à la Russie après des mois de bombardements. https://reut.rs/3wlYbUG

Du titre mensonger jusqu’à la fin, l’article du Washington Post sur ce sujet est un chef-d’œuvre de propagande :

L’Ukraine met fin à la bataille sanglante pour Mariupol et évacue les combattants d’Azovstal.

Les combattants ukrainiens ont mis fin à la défense qu’ils menaient depuis plusieurs semaines dans une usine sidérurgique assiégée de la ville portuaire stratégique de Marioupol. Lundi, des centaines de combattants, dont des dizaines de blessés graves, ont été évacués du complexe.

Il faut aller au-delà des 323 premiers mots de mensonges pour découvrir, au 7eme paragraphe, ce qui s’est réellement passé.

Moscou n’a pas encore réagi publiquement aux événements de Marioupol, qui ont été décrits par les médias d’État russes comme un ordre du commandement militaire ukrainien à ses troupes de se « rendre ».

La vice-ministre ukrainienne de la défense, Anna Malyar, a déclaré que 53 soldats gravement blessés ont été transportés dans un hôpital de Novoazovsk, une ville voisine contrôlée par les séparatistes soutenus par la Russie. Deux cent onze autres ont été transportés dans un autre village contrôlé par les Russes, Olenivka, a-t-elle précisé. Moscou et Kiev négocient actuellement un échange de prisonniers pour obtenir leur libération.

Mme Malyar a indiqué que les autorités s’efforçaient toujours de secourir les soldats restants, sans que l’on sache combien d’entre eux se trouvent encore à l’intérieur. Les autorités ukrainiennes ont déclaré la semaine dernière qu’il y avait près de 1 000 combattants retenus dans l’usine.

Les assiégés ont finalement abandonné et se sont rendus sans condition aux forces russes, leur seule alternative étant de mourir dans les heures ou les jours à venir.

Je suis sûr que les autorités russes appliqueront un filtre fin pour déterminer qui, parmi ces prisonniers de guerre, est susceptible de faire l’objet de poursuites pour crimes de guerre, d’une dénazification et d’un long séjour dans un camp de construction de routes en Sibérie du Nord.

Des rumeurs font également état de la présence de personnel de l’OTAN dans les catacombes d’Azovstal. Ils feront probablement connaissance avec les caves du célèbre bâtiment de la Lubyanka à Moscou avant d’être échangés dans le cadre de tel ou tel accord avec leur pays d’origine.

Le reste sera finalement échangé contre les soldats russes qui sont malheureusement détenus par l’armée ukrainienne.

Source: Moon of Alabama

Traduction Arretsurinfo.ch

♦ Il est scientifiquement prouvé qu’une balle dans la tête fait taire une journaliste


J’ai jadis croisé ma consoeur Shireen Abu Akleh à Ramallah, à Gaza, à Jérusalem…

Shireen Abu Akleh

Cinquante six journalistes assassinés en Palestine depuis 20 ans . Pas très grave puisque l’important demeure : les balles qui tuent ces femmes et ces hommes sont tirées par des démocrates. L’état sioniste est bien sûr coupable puisqu’ un feu vert éclatant et permanent est donné à toutes les exactions et atteintes au droit de l’homme. La mort de Shireen, la journaliste Palestinienne, est « un crime de guerre » ! Et alors, la traduction de Tsahal n’est elle pas « Armée de Défense ». Tout crime israélien est légitime.

Aujourd’hui ces vidéos implacables qui nous déroulent à volonté la bobine de la vie nous permettent aussi, quand le drame tend sa toile, de voir la mort en face. En regardant les images de ma magnifique consœur Shireen Abu Akleh, prise dans une rafale de tirs, j’ai revécu ma propre mort, ou presque mort. En effet puisque le 21 octobre 2000 à Ramallah, j’ai été ainsi pris, comme elle, dans la mire d’un tireur « d’élite » israélien. Qui m’a visé au cœur. Hasard de l’histoire, le criminel de guerre -puisqu’il s’agit de cela selon la Convention de Genève- n’a pas touché ce qu’il voulait détruire ; tirant juste quelque centimètres trop haut. Grâce à cette association du hasard et du formidable talent des chirurgiens Palestiniens j’ai survécu.

Soyons clairs, la victime est bien Shireen et non moi qui suis encore là. Ecrire ces lignes ce n’est qu’une façon d’être solidaire par le témoignage. D’expérience, je peux décrire les secondes horrifiantes qui furent, pour Shireen, les dernières de sa vie. Vous êtes journaliste, vous êtes là sans armes, non pour faire la guerre mais pour rendre compte, permettre au monde de voir l’invisible. Puis c’est l’ahurissement, l’incompréhensible de la blessure, le passage dans un autre monde. Une reporter de la qualité de Shireen avait assez d’expérience pour ne pas se mettre volontairement sous le feu. Si elle est tombée ce n’est pas le hasard d’une malchance, c’est qu’un barbare a décidé, en lui ôtant la vie, de commettre un crime de guerre. Selon la loi un attentat terroriste dont il se moque puisqu’il sait en appuyant sur la détente qu’il sera impuni.

J’ai jadis croisé la jeune femme à Ramallah, à Gaza, à Jérusalem, dans le patio de l’hôtel « American Colony » qui fût le palais de Lawrence d’Arabie. Elle était intimement journaliste et Palestinienne, mais aussi Palestinienne et journaliste. Comme Paul Nizan (mort lui aussi sous des balles) était marxiste et Français. Ceux qui oseront aujourd’hui nous dire que ses écrits étaient militants sont des lâches, ils étaient simplement justes. Courageuse dans ses récits, courageuse sur le terrain, elle gardait toujours le sens de l’accueil, toujours prête à aider l’autre. Plus qu’une femme, c’est un exemple qui a été assassiné.

J’en reviens à l’expérience de la mort. Et je tiens aussi à demander pardon à ces Palestiniens « anonymes » qui, chaque jour ou presque, tombent sous des tirs israéliens. De ceux-là, la presse occidentale parle peu et ils apparaissent rarement sur les écrans. Ils ne sont rien qu’un nombre qui vient s’ajouter au chiffre des morts comptabilisés tous les mois, tous les ans… Et le monde, les yeux clos, se moque de ce cortège. Par sa mort Shireen ressuscite aussi la mémoire de toutes ces victimes tombées sans faire de bruit.

Très gravement blessé, laissé sur le pavé par les démocrates israéliens indifférents qui ont refusé de me porter secours, je connais le refrain repris aujourd’hui par les « autorités » israéliennes : « ce sont les palestiniens qui ont tiré ». Les mensonges du « story telling » sont tenus en réserve, prêts à être servis à chaud. Ce déni permet à tous les aveugles de la planète, si épris de vérité, mais qui là ne veulent rien savoir, d’être les relayeurs d’une insupportable prudence « ne nous emballons pas, attendons les preuves ». Des preuves qui ne viendront jamais, ou trop tard, le drame étant effacé des mémoires occidentales.

Vient ensuite le bobard, celui de « l’enquête impartiale ». Qui bien sûr, ne peut être crédible qu’exécutée par les « experts » israéliens. Personnellement après ma blessure, on m’a servi ce mensonge, celui d’une « armée qui se livrait à une investigation ». C’est faux et cette illusion, ce leurre sont ignobles : des pelles qui jettent la terre de l’enterrement. A force de me battre, avec l’aide de l’avocat William Bourdon et de quelques juges français, j’ai fini par apprendre officiellement d’Israël : « que mon cas avait été étudié, mais que le rapport militaire était secret. Comble du mépris, mes assassins osaient ajouter que ce compte rendu officiel avait été « perdu » mais, que de toutes façons, le tir qui m’a traversé le corps était le fait « des palestiniens » !

Après 20 années de combat la justice française a reconnu que j’avais bien été « victime d’une tentative d’assassinat de la part d’Israël » (un crime de guerre). Mais d’où les magistrats français tiennent-ils cette certitude ? A une mince ogive de métal retirée de mon omoplate. Analysée par des experts la munition est bien une balle de M16 fabriquée par IMI, l’industrie d’armement israélienne. Faute d’être puni, le coupable est connu.

Même si les amateurs du port de parapluie par beau temps affirment les lèvres serrées que « comparaison ne vaut pas raison », intimement je sais tout de la mort de Shireen et que seul le hasard a voulu que je respire encore. Mon témoignage entend aller, en bouclier, au devant des mensonges officiels et donner un peu d’espoir à ceux qui aimaient Shireen. L’étude balistique, dans la zone où notre consœur a été tuée, et celle d’un projectile -s’il est retrouvé- peuvent encore dénoncer un coupable. Un jour il sera puni, lui et ceux qui lui sont solidaires, ses enfants peut-être, punis par trop de honte et d’injustice accumulées. Ainsi, je recommande à ceux qui ne sont pas indignés, de visionner les images tournées au moment où le corps de Shireen est retiré de la morgue de l’hôpital de Jérusalem.

On voit alors un peloton de policiers israéliens lancer l’assaut contre un cercueil, comme si ces non-humains souhaitaient la deuxième mort d’une journaliste trop indomptable. L’Accumulation d’une barbarie à visage humain, suicidaire pour Israël, feront un jour sauter le manteau de plomb qui veut étouffer la Palestine.

Jacques-Marie BOURGET
Pour Le Grand Soir.

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https://www.legrandsoir.info/il-est-scientifiquement-prouve-qu-une-balle-dans-la-tete-fait-taire-une-journaliste.html

♦ Le NYT change son discours pro-guerre et décrit l’échec des États-Unis en Ukraine


NYT. Crédit Shutterstock

Le NYT suggère que les États-Unis mettent fin à leur guerre par procuration contre la Russie.

Le New York Times a un travail à faire – et il l’a fait de manière spectaculaire au cours des derniers mois. Le Times est un précurseur, de l’avis de cet auteur, le précurseur dans l’élaboration du récit américain de la guerre en Ukraine, un récit conçu pour maintenir le moral, donner à la guerre un objectif moral élevé et justifier les milliards incalculables déversés par les contribuables dans la guerre par procuration de Joe Biden contre la Russie. Jour après jour, page après page, avec des mots et des images, le Times explique à tous, y compris aux politiciens et aux leaders d’opinion de bas niveau, ce qu’il faut penser de la guerre en Ukraine

Ainsi, lorsque le Times affirme que les choses ne vont pas bien pour les États-Unis et leur homme à Kiev, Volodymyr Zelensky, il s’agit d’une histoire du type « l’homme mord le chien ». Il nous dit que certaines vérités sont passées d’inconfortables à indéniables. Telle était la nature de l’article publié en première page le 11 mai, intitulé « Les Russes tiennent une grande partie de l’Est, malgré les revers ».

Même ce titre anti-narratif adoucit l’amère vérité. Le premier paragraphe de l’article avoue plus complètement : « Obscurcie dans les combats quotidiens, la réalité géographique est que la Russie a gagné du terrain. » Pas « tenir » le terrain mais « gagner » du terrain. Pas vraiment de quoi remonter le moral des troupes.

Le Times poursuit : « Le ministère russe de la Défense a déclaré mardi que ses forces dans l’est de l’Ukraine avaient progressé jusqu’à la frontière entre Donetsk et Louhansk, les deux provinces russophones où les séparatistes soutenus par Moscou combattent l’armée ukrainienne depuis huit ans ». Il nous rappelle ici que les premiers coups de feu de cette guerre n’ont pas été tirés le 24 février, comme le veut la narration, mais il y a huit longues années dans le Donbas. C’est un rappel cinglant pour ceux qui basent leur soutien à la guerre sur « qui a tiré le premier coup de feu », que leur vision « morale » a un angle mort considérable.

Le Times poursuit : « …. la prise du Donbas, combinée au succès précoce de l’invasion russe dans la prise de parties du sud de l’Ukraine jouxtant la péninsule de Crimée …. donne au Kremlin un énorme levier dans toute négociation future pour mettre fin au conflit. »

Il poursuit : « Et les Russes jouissent de l’avantage supplémentaire de la domination navale en mer Noire, la seule route maritime pour le commerce ukrainien, qu’ils ont paralysée par un embargo qui pourrait finir par affamer l’Ukraine économiquement et qui contribue déjà à une pénurie mondiale de céréales. Encore des mauvaises nouvelles.

Plus encore, « La Russie a pratiquement atteint l’un de ses principaux objectifs : s’emparer d’un pont terrestre reliant le territoire russe à la péninsule de Crimée. » Et, « Le dernier bastion de la résistance ukrainienne dans cette zone, à l’usine sidérurgique Azovstal de Mariupol, a été réduit à quelques centaines de soldats affamés, désormais confinés pour la plupart dans des bunkers. » Aïe !

Enfin, tournant son attention vers l’économie, le Times déclare : « La guerre a « soumis l’économie ukrainienne à un stress énorme, avec la lourde dévastation des infrastructures et des capacités de production », a déclaré la banque dans une mise à jour économique. Elle estime que 30 à 50 % des entreprises ukrainiennes ont fermé leurs portes, que 10 % de la population a fui le pays et que 15 % supplémentaires sont déplacés à l’intérieur du pays. » Soit un grand total de 25% de la population déplacée de chez elle.

Cette triste histoire d’échec, de misère et de mort est entrecoupée par un verbiage considérable, quelques anecdotes du front et le témoignage d’Avril Haines, directrice du renseignement national, dont le témoignage est prudent mais sombre. Mais, lu avec réflexion, c’est un grand échec qui plane sur l’entreprise.

Ainsi, dans la panique, les États-Unis continuent de jeter des montagnes d’argent sur le problème, environ 63 milliards de dollars si l’on inclut la récente infusion d’environ 40 milliards de dollars sur le point d’être sifflée par le Sénat et déjà adoptée par la Chambre avec seulement 57 Nays, tous républicains. (Et c’est là que se trouve une autre histoire, celle de la disparition du sentiment anti-guerre au sein du parti démocrate et de sa renaissance parmi les républicains populistes de Tucker Carlson qui ont rejoint les libertaires du GOP sur cette question).

Mais pourquoi ce brusque changement de ton de la part du Times. Une surveillance éditoriale laxiste ? Cela ne semble pas être le cas, car le même jour, nous avons droit à un article d’opinion intitulé : « L’Amérique et ses alliés veulent saigner la Russie. Ils ne devraient vraiment pas ». Cet article suggère qu’il est temps pour les États-Unis d’agiter le drapeau blanc.

L’article se conclut ainsi :

« Mais plus la guerre est longue, plus les dommages causés à l’Ukraine sont importants et plus le risque d’escalade est grand. Un résultat militaire décisif dans l’est de l’Ukraine pourrait s’avérer insaisissable. Pourtant, l’issue moins dramatique d’une impasse persistante n’est guère mieux. La prolongation indéfinie de la guerre, comme en Syrie, est trop dangereuse avec des participants dotés de l’arme nucléaire.

« Les efforts diplomatiques devraient être la pièce maîtresse d’une nouvelle stratégie pour l’Ukraine. Au lieu de cela, les frontières de la guerre sont étendues et la guerre elle-même est présentée comme une lutte entre la démocratie et l’autocratie, dans laquelle le Donbass est la frontière de la liberté. Ce n’est pas seulement une extravagance déclamatoire. C’est de l’inconscience. Les risques n’ont guère besoin d’être énoncés. »

Il semble que certains membres de l’élite de la politique étrangère et d’autres enceintes de l’État profond aient vu le désastre imminent de la guerre par procuration contre la Russie menée par Biden, Nuland, Blinken et le reste de la cabale néocon. La perspective d’un holocauste nucléaire au bout de cette route pourrait suffire à les tirer de leur torpeur. Ils semblent vouloir arrêter le train qu’ils ont mis en marche avant qu’il ne se jette dans le précipice. Il n’est pas certain qu’ils y parviennent. Mais il est clair que nous devons chasser du pouvoir les responsables de cette dangereuse débâcle – avant qu’il ne soit trop tard.

John V. Walsh

John V. Walsh, jusqu’à récemment professeur de physiologie et de neuroscience à la faculté de médecine de l’Université du Massachusetts Chan, écrit sur les questions de guerre, de paix, d’empire et de santé pour Antiwar.com, Consortium News, DissidentVoice.org, The Unz Review et d’autres publications.

Source: Antiwar.com

Traduction Arretsurinfo.ch

♦ UN OFFICIER UKRAINIEN CAPTURÉ QUALIFIE LES JAVELINS AMÉRICAINS D’« INUTILES »


Les troupes de Kiev défendant Marioupol ne pouvaient pas tirer un seul missile de fabrication américaine, affirme l’officier capturé.

Les systèmes antichars Javelin fabriqués aux États-Unis ont été loués pour leur efficacité par les responsables de Washington et ont été transformés par les médias occidentaux en un symbole de la résistance de l’Ukraine dans le conflit avec la Russie. Mais un commandant des marines ukrainiens, qui a fini par être capturé pendant les combats pour Marioupol, a révélé à RT que le matériel n’était pas vraiment à la hauteur des revendications.

« Les Javelins ne se sont pas révélés utiles, en particulier dans la guerre urbaine », a déclaré le colonel Vladimir Baranyuk, commandant de la 36e brigade d’infanterie de marine ukrainienne.

« Nous ne pouvions même pas en lancer un. Je pense que c’est complètement inutile dans un environnement urbain, car quelque chose se met toujours en travers du chemin », a-t-il expliqué.

L’unité de Baranyuk était également armée d’armes antichars légères de nouvelle génération (NAW), fournies par la Grande-Bretagne, mais celles-ci avaient également leurs défauts, selon l’officier.

« En ce qui concerne les lanceurs de missiles NLAW, eh bien, nous les avons utilisés plus souvent que les Javelins, mais cela a son propre problème avec la batterie qui se décharge par temps froid, ce qui rend impossible le lancement », a-t-il déclaré.

Les missiles Javelin tirés à l’épaule sont équipés d’un guidage infrarouge et adopteraient une trajectoire d’attaque par le haut pour frapper le toit d’un char, qui est sa partie la plus vulnérable. Tout comme les NAW, ils sont une arme « tir et oubli », ce qui signifie que le missile se guide vers sa cible.

Plus de 5 000 Javelins ont été fournis à Kiev par Washington. Le sénateur républicain Roy Blunt du Missouri a déclaré la semaine dernière qu’il représentait un tiers du stock américain de ces systèmes. Londres, pour sa part, a déjà armé l’armée ukrainienne de plus de 4 000 NAW et autres missiles antichars.

« Le javelot… se sont révélés très, très efficaces dans ce combat », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, en avril, faisant référence au conflit en Ukraine.

Une image de la Vierge Marie du christianisme avec un javelot est devenue un mème Internet pendant le conflit, le président américain Joe Biden se vantant plus tôt cette semaine de parents ukrainiens appelant leurs nouveau-nés « Javelin ou Javelina » en l’honneur du système américain.

Baranyuk et ses marines avaient été chargés de protéger la périphérie nord de Marioupol, une ville portuaire stratégique du sud-est de l’Ukraine, contre l’avancée des forces russes.

Le commandant a été capturé lors d’une tentative ratée de fuir la ville, qu’il affirme avoir tentée avec plusieurs hommes loyaux après avoir réalisé que les promesses de Kiev d’envoyer de l’aide à ses troupes encerclées étaient des mensonges.

Marioupol a connu les combats les plus violents pendant le conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine, et a subi d’immenses destructions. La ville est maintenant presque entièrement contrôlée par les forces russes, avec l’aciérie d’Azovstal – où les militaires de Kiev et les combattants nationalistes du tristement célèbre bataillon Azov sont retranchés, étant maintenant la dernière poche de la résistance ukrainienne.

La Russie a attaqué son État voisin à la suite de l’échec de l’Ukraine à mettre en œuvre les termes des accords de Minsk, signés en 2014, et de la reconnaissance éventuelle par Moscou des républiques du Donbass de Donetsk et de Lougansk. Le Protocole de Minsk négocié par l’Allemagne et Français a été conçu pour donner aux régions séparatistes un statut spécial au sein de l’État ukrainien.

Le Kremlin a depuis exigé que l’Ukraine se déclare officiellement un pays neutre qui ne rejoindra jamais l’OTAN. Kiev insiste sur le fait que l’offensive russe n’a absolument pas été provoquée et a nié les allégations selon lesquelles il envisageait de reprendre les deux républiques par la force.

Crédit d’image : Stuart A Hill AMS

ParDaily Telegraph NZ

♦ LE TIREUR D’ÉLITE CANADIEN « TERRIBLEMENT DÉÇU » DE LA RÉALITÉ MILITAIRE EN UKRAINE


Un ex-soldat canadien connu sous le nom de « Wali » a allégué le chaos, le pillage et l’incompétence dans l’armée ukrainienne.

Autrefois salué par les médias internationaux, un tireur d’élite canadien connu sous le nom de « Wali » est revenu d’Ukraine au Québec, déclarant aux médias locaux que son expérience là-bas avait été une « terrible déception ». Il a affirmé qu’il y avait des armes inadéquates, un mauvais entraînement et de lourdes pertes, ainsi que des profits et des désertions dans les rangs.

Nouvelles du tireur d’élite canadien Wali
‘Wali’ pose avec un fusil, sur une photo de sa page Facebook datée du 1er avril 2022 © Facebook / TorcheEtEpee.

Lorsque « Wali » a répondu à l’appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky en mars et s’est porté volontaire pour se battre pour l’Ukraine, il a reçu une couverture somptueuse des médias occidentaux. Ancien soldat canadien qui s’était également porté volontaire pour combattre avec des militants kurdes en Irak, Wali a été décrit par les médias espagnols comme « le meilleur tireur d’élite au monde », célébré par les blogueurs militaires américains pour avoir « trollé de manière hilarante » la Russie et loué par le New York Post pour « saisir des missiles antichars dans un entrepôt pour tuer de vraies personnes ».

Cependant, il a dit que la réalité l’avait laissé désillusionné. De retour au Québec, Wali a déclaré vendredi à La Presse que ses commandants ukrainiens « ne savaient pas quoi faire » avec des combattants étrangers comme lui. Fatigué d’attendre une occasion de se battre, Wali se joint à la « Brigade Norman », une unité privée dirigée par un autre ancien soldat du Québec.

Cependant, plusieurs membres de cette brigade ont déclaré à La Presse que les armes et les armures promises par le chef de la brigade ne se sont jamais présentées, et certains de ses membres se sont retrouvés près des lignes de front sans équipement de protection. Environ 60 membres de la brigade ont depuis déserté, a déclaré son commandant à La Presse, et certains soldats ont « comploté » pour voler une cargaison de 500 000 dollars d’armes fournies par les Américains et former leur propre unité.

Wali a finalement rejoint une unité ukrainienne combattant près de Kiev et a décrit avoir dû chercher des armes, de la nourriture et de l’essence.

« Vous deviez connaître quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui vous disait que dans un vieux salon de coiffure, ils vous donneraient un AK-47 », a-t-il raconté. « Même pour les repas, ce sont souvent les civils qui les fournissent. »

En fin de compte, Wali a déclaré qu’il avait fini par tirer deux balles dans les fenêtres « pour effrayer les gens » et avait décidé de rentrer chez lui peu de temps après que deux conscrits ukrainiens avec lesquels il était en poste dans la région du Donbass se soient exposés à un char russe et aient reçu des tirs d’obus « très précis » en retour.

« Je leur ai dit de ne pas s’exposer comme ça, mais ils ne m’écoutaient pas », a-t-il dit. « J’ai vu les éclats d’obus passer comme des lasers. Mon corps s’est tendu. Je n’entendais rien, j’ai tout de suite eu mal à la tête. C’était vraiment violent.

Wali is not the only volunteer to have left Ukraine shortly after arriving to fight. On Reddit’s ‘VolunteersForUkraine’ forum, potential recruits and those already in Ukraine swap advice, encouragement, and sometimes horror stories.

Une affiche qui aurait survécu à une frappe de missile russe sur un centre de formation pour recrues étrangères en mars décrivait comment ses commandants « envoyaient des gars non entraînés au front avec peu de munitions et des AK s**t et ils se faisaient tuer ». L’utilisateur de Reddit a déclaré qu’il avait fui en Pologne après l’attaque avec un certain nombre de vétérans étrangers, car « la légion est totalement dépassée, tout comme quelques dirigeants ukrainiens fous. Après l’attaque, un officier voulait faire marcher tout le monde vers Kiev et se battre. Folie absolue. Restez à la maison. D’autres affiches ont raconté des histoires similaires, impliquant des recrues non préparées recevant plusieurs jours de formation avant d’être envoyées au front avec un équipement inadéquat.

Les commandants ukrainiens ont également eu du mal à gérer l’afflux d’étrangers non formés, selon certains de leurs assistants au Canada, et en avril, la « Légion internationale » de Kiev a mis un frein au recrutement.

Selon La Presse, cependant, certains étrangers ayant une expérience militaire pertinente sont actuellement utilisés pour des opérations « spéciales » derrière les lignes russes.

Moscou a rappelé à ces étrangers qu’en tant que mercenaires, ils n’ont pas le statut de combattants en vertu du droit international. « Ils sont venus en Ukraine pour gagner de l’argent en tuant des Slaves. Par conséquent, le mieux qui les attend est la responsabilité pénale et les longues peines de prison », a déclaré le mois dernier le porte-parole de l’armée russe, le général igor Konashenkov. Notamment, en vertu du droit international, les volontaires étrangers qui, à titre personnel et de leur propre initiative, rejoignent les forces armées de l’une des parties à un conflit armé sont considérés comme des combattants.

♦ HOLD-ON le film [ Primum Non Nocere ].


« Hold-On » : Un an plus tard, les réponses aux questions du film « Hold-Up » ? « Hold On », le documentaire qui prend la suite de « Hold Up », sorti l’année dernière, a été diffusé en libre accès hier sur toutes les plateformes ne le censurant pas. Hold Up avait connu un grand succès médiatique car il était le premier documentaire, en novembre 2020, à revenir sur six mois de controverse autour de la crise liée au Covid-19. L’équipe de « Hold On », Citizen Light, qui a produit et réalisé ce deuxième volet a annoncé le partager gratuitement, pour s’opposer à « la vaccination des enfants de 5 ans qui a déjà commencé ». Ce collectif de journalistes ayant travaillé dans les « grands médias », entend lutter contre cette politique, grâce à l’information : « le but de cette décision est d’alerter le plus grand nombre sur les dangers de ces injections expérimentales », nous confie Pierre Barnérias, membre de l’équipe, joint par téléphone. S’attaquer aux plus jeunes a été le déclencheur pour ce journaliste : « la vaccination des enfants a toujours été pour moi la ligne rouge à ne surtout pas franchir », explique-t-il. Ce film avait déjà été financé par le public. Dans leur lettre disponible sur leur site Citizen-light.fr, ils remercient dans le même temps leurs contributeurs et ouvre déjà la porte à un prochain numéro, « Hold Out » – ils avaient annoncé une trilogie. Ceux qui avaient acheté ou loué « Hold On » avant sa gratuité recevront le film Thanatos, un courriel leur sera envoyé. Ce film-documentaire est centrée sur les EMI (Expériences de mort imminente).