♦ « Niet » signifie « Niet » : Les lignes rouges de la Russie concernant l’élargissement de l’OTAN (Wikileaks)


NYET SIGNIFIE NYET : RUSSIA’S NATO ENLARGEMENT REDLINES :

Fuite d’un câble diplomatique de 2008 détaillant comment la Russie verrait l’expansion de l’OTAN en Ukraine comme une ligne rouge ; prédit avec précision les événements actuels.

Câble diplomatique rédigé en 2008 par le directeur de la CIA William J. Burns, alors ambassadeur des États-Unis à Moscou

CONFIDENTIEL – 1er février 2008

1. (C) Résumé. Après une première réaction mitigée à l’intention de l’Ukraine de demander un plan d’action pour l’adhésion (PAA) à l’OTAN au sommet de Bucarest (réf. A), le ministre des Affaires étrangères, M. Lavrov, et d’autres hauts responsables ont réitéré leur forte opposition, soulignant que la Russie considérerait une nouvelle expansion vers l’Est comme une menace militaire potentielle. L’élargissement de l’OTAN, en particulier à l’Ukraine, reste une question « émotionnelle et névralgique » pour la Russie, mais des considérations de politique stratégique sous-tendent également une forte opposition à l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN. En Ukraine, il s’agit notamment de la crainte que la question ne divise le pays en deux, entraînant des violences ou même, selon certains, une guerre civile, ce qui obligerait la Russie à décider d’intervenir. En outre, le gouvernement de Russie [GDR] et les experts continuent d’affirmer que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN aurait un impact majeur sur l’industrie de la défense russe, les liens familiaux russo-ukrainiens et les relations bilatérales en général. En Géorgie, le GDR craint une instabilité persistante et des « actes de provocation » dans les régions séparatistes. Résumé final.

MAE [Ministre Affaires Etrangères] : l’élargissement de l’OTAN « menace militaire potentielle pour la Russie ».

2. (U) Lors de son examen annuel de la politique étrangère de la Russie les 22 et 23 janvier (réf. B), le ministre des Affaires étrangères, M. Lavrov, a souligné que la Russie devait considérer l’expansion continue de l’OTAN vers l’est, en particulier vers l’Ukraine et la Géorgie, comme une menace militaire potentielle. La Russie pourrait croire les déclarations de l’Occident selon lesquelles l’OTAN n’est pas dirigée contre elle, mais lorsqu’on examine les récentes activités militaires dans les pays de l’OTAN (établissement de sites d’opérations avancées des États-Unis, etc.), il faut les évaluer non pas en fonction des intentions déclarées, mais en fonction du potentiel. M. Lavrov a souligné que le maintien de la « sphère d’influence » de la Russie dans le voisinage était anachronique et a reconnu que les États-Unis et l’Europe avaient des « intérêts légitimes » dans la région. Mais, a-t-il ajouté, si les pays sont libres de prendre leurs propres décisions concernant leur sécurité et les structures politico-militaires auxquelles ils souhaitent adhérer, ils doivent garder à l’esprit l’impact sur leurs voisins.

3. (U) M. Lavrov a souligné que la Russie était convaincue que l’élargissement n’était pas fondé sur des raisons de sécurité, mais constituait un héritage de la guerre froide. Il a contesté les arguments selon lesquels l’OTAN était un mécanisme approprié pour aider à renforcer les gouvernements démocratiques. Il a déclaré que la Russie comprenait que l’OTAN était à la recherche d’une nouvelle mission, mais que les nouveaux membres avaient de plus en plus tendance à faire et à dire ce qu’ils voulaient simplement parce qu’ils étaient sous le parapluie de l’OTAN (par exemple, les tentatives de certains nouveaux pays membres de « réécrire l’histoire et de glorifier les fascistes »).

4. (U) Lors d’un point de presse le 22 janvier, en réponse à une question sur la demande de PAA de l’Ukraine, le MAE a déclaré qu’ »une nouvelle expansion radicale de l’OTAN pourrait entraîner un sérieux changement politico-militaire qui affecterait inévitablement les intérêts de sécurité de la Russie. » Le porte-parole a poursuivi en soulignant que la Russie était liée à l’Ukraine par des obligations bilatérales énoncées dans le traité d’amitié, de coopération et de partenariat de 1997, dans lequel les deux parties se sont engagées à « s’abstenir de participer ou de soutenir toute action susceptible de porter atteinte à la sécurité de l’autre partie ». Le porte-parole a noté que « l’intégration probable de l’Ukraine dans l’OTAN compliquerait sérieusement les multiples facettes des relations russo-ukrainiennes » et que la Russie « devrait prendre les mesures appropriées. » Le porte-parole a ajouté que « l’on a l’impression que les dirigeants ukrainiens actuels considèrent le rapprochement avec l’OTAN essentiellement comme une alternative aux liens de bon voisinage avec la Fédération de Russie. »

L’opposition russe : névralgique et concrète

5. (C) Les aspirations de l’Ukraine et de la Géorgie à l’égard de l’OTAN ne touchent pas seulement une corde sensible en Russie, elles suscitent de graves inquiétudes quant aux conséquences pour la stabilité de la région. Non seulement la Russie perçoit un encerclement et des efforts visant à saper l’influence de la Russie dans la région, mais elle craint également des conséquences imprévisibles et incontrôlées qui affecteraient gravement les intérêts sécuritaires russes. Les experts nous disent que la Russie craint particulièrement que les fortes divisions en Ukraine sur l’adhésion à l’OTAN, avec une grande partie de la communauté ethnique russe contre l’adhésion, ne conduisent à une scission majeure, impliquant des violences ou, au pire, une guerre civile. Dans cette éventualité, la Russie devrait décider d’intervenir, une décision qu’elle ne veut pas avoir à prendre.

6. (C) Dmitriy Trenin, directeur adjoint du Carnegie Moscow Center, s’est inquiété du fait que l’Ukraine était, à long terme, le facteur potentiellement le plus déstabilisant dans les relations américano-russes, étant donné le niveau d’émotion et de névralgie déclenché par sa quête d’adhésion à l’OTAN. La lettre demandant l’examen du PAA avait été une « mauvaise surprise » pour les responsables russes, qui avaient calculé que les aspirations de l’Ukraine à l’égard de l’OTAN avaient été mises en veilleuse. Avec sa lettre publique, la question a été « aiguisée ». L’adhésion demeurant un sujet de discorde dans la politique intérieure ukrainienne, elle ouvre la voie à une intervention russe. M. Trenin s’est dit préoccupé par le fait que des éléments de l’establishment russe seraient encouragés à s’ingérer, ce qui stimulerait les États-Unis à encourager ouvertement les forces politiques opposées, et laisserait les États-Unis et la Russie dans une position classique de confrontation.
L’ironie, professait Trenin, était que l’adhésion de l’Ukraine défigurerait l’OTAN, mais ni l’opinion publique russe ni l’élite n’étaient prêtes à accepter cet argument. Le glissement progressif de l’Ukraine vers l’Ouest est une chose, son statut préventif d’allié militaire de jure des États-Unis en est une autre. M. Trenin a fortement mis en garde contre le fait de laisser une lutte ukrainienne interne pour le pouvoir, où le PAA n’était qu’un levier dans la politique intérieure, compliquer davantage les relations américano-russes actuelles.

7) (C) Une autre question qui motive l’opposition russe à l’adhésion de l’Ukraine est l’importante coopération dans le domaine de l’industrie de la défense que les deux pays partagent, y compris un certain nombre d’usines où sont fabriquées des armes russes. Bien que des efforts soient en cours pour fermer ou transférer la plupart de ces usines en Russie, et pour déplacer la flotte de la mer Noire de Sébastopol à Novorossiisk avant l’échéance de 2017, le GDR a clairement indiqué que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN obligerait la Russie à apporter des changements majeurs (et coûteux) à sa coopération industrielle en matière de défense.

8. (C) De même, le GDR et les experts notent qu’il y aurait également un impact significatif sur les relations économiques et de travail russo-ukrainiennes, y compris l’effet sur des milliers d’Ukrainiens vivant et travaillant en Russie et vice versa, en raison de la nécessité d’imposer un nouveau régime de visa. Selon Aleksandr Konovalov, directeur de l’Institut d’évaluation stratégique, cela deviendrait un chaudron bouillant de colère et de ressentiment au sein de la population locale.

9. (C) En ce qui concerne la Géorgie, la plupart des experts ont déclaré que, bien qu’elle ne soit pas aussi névralgique pour la Russie que l’Ukraine, le GOR considère que la situation dans ce pays est trop instable pour résister aux divisions que l’adhésion à l’OTAN pourrait provoquer. Aleksey Arbatov, directeur adjoint du Carnegie Moscow Center, a fait valoir que les aspirations de la Géorgie à l’OTAN n’étaient qu’un moyen de résoudre ses problèmes en Abkhazie et en Ossétie du Sud, et a averti que la Russie se trouverait dans une situation difficile si cela se produisait.

La réponse de la Russie

10. (C) Le GOR a clairement indiqué qu’il devrait « revoir sérieusement » l’ensemble de ses relations avec l’Ukraine et la Géorgie au cas où l’OTAN les inviterait à adhérer. Cela pourrait avoir des répercussions majeures sur l’énergie, l’économie et l’engagement politico-militaire, avec de possibles répercussions dans toute la région et en Europe centrale et occidentale.

La Russie réexaminerait probablement aussi ses propres relations avec l’Alliance et ses activités au sein du Conseil OTAN-Russie, et envisagerait de nouvelles actions dans le domaine de la maîtrise des armements, y compris la possibilité d’un retrait complet des traités FCE et FNI, et des menaces plus directes contre les plans de défense antimissile des États-Unis.

11. (C) Isabelle Francois, directrice du Bureau d’information de l’OTAN à Moscou (protéger), a déclaré qu’elle pensait que la Russie avait accepté que l’Ukraine et la Géorgie finissent par adhérer à l’OTAN et qu’elle était engagée dans une planification à long terme pour reconfigurer ses relations avec ces deux pays, et avec l’Alliance. Toutefois, la Russie n’est pas encore prête à faire face aux conséquences d’un nouvel élargissement de l’OTAN à son sud. Elle a ajouté que si la Russie appréciait la coopération avec l’OTAN au sein du Conseil OTAN-Russie, elle estimerait nécessaire d’insister sur la refonte des relations OTAN-Russie, voire de se retirer complètement du COR, au cas où l’Ukraine et la Géorgie adhéreraient à l’OTAN.

Commentaire

12. (C) L’opposition de la Russie à l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN est à la fois émotionnelle et fondée sur des préoccupations stratégiques perçues quant à l’impact sur les intérêts de la Russie dans la région. Il est également politiquement populaire de dépeindre les États-Unis et l’OTAN comme les adversaires de la Russie et d’utiliser l’ouverture de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie comme un moyen de susciter le soutien des nationalistes russes. Alors que l’opposition russe à la première vague d’élargissement de l’OTAN au milieu des années 1990 était forte, la Russie se sent aujourd’hui capable de répondre plus fermement à ce qu’elle perçoit comme des actions contraires à ses intérêts nationaux.

BURNS

Source : https://wikileaks.org/plusd/cables/08MOSCOW265_a.html

Voir aussi: https://www.businessinsider.com/wikileaks-russia-cable-2014-5?r=US&IR=T

Traduction

♦ Un voluptueux bourrage de crâne


Le président Volodymyr Zelensky est-il aussi rédacteur en chef des médias occidentaux ? Ses vidéos quotidiennes donnent le ton, ses thèmes et anathèmes sont déclinés dans les heures qui suivent du New York Times au Monde en passant par Arte, Paris Match, les chaînes d’information continue et les radios publiques. Des livraisons d’armes occidentales traînent ? Libération relaie les doléances de Kiev auprès de l’Élysée : « L’aide militaire, notamment celle de la France, est bien en deçà de ses besoins » (20 juillet). L’intérêt des populations occidentales pour le conflit faiblit ? Une parlementaire ukrainienne s’en désole dans L’Opinion, ce qui permet à la revue de presse de France Inter d’amplifier son appel : « Elle supplie les médias occidentaux de ne pas oublier la guerre. Ils ont autant de pouvoir que les grands dirigeants, et si l’information se tarit Moscou va en profiter. (…) Oui, soupire le journaliste, il y a risque de lassitude, oui, la routine s’installe déjà. » La routine assurément : celle d’une chambre d’écho médiatique qui amplifie les informations favorables au gouvernement ukrainien avec autant de détermination qu’elle disqualifie tout ce qui pourrait le contredire.

Le 4 août dernier, un rapport d’Amnesty International fournit l’un des exemples les plus frappants de ce filtre : « Les forces ukrainiennes mettent en danger la population civile, signale alors Amnesty, en établissant des bases et en utilisant des systèmes d’armement dans des zones résidentielles habitées, notamment des écoles et des hôpitaux, lors des opérations visant à repousser l’invasion russe qui a débuté en février. » Bien entendu, précise le document, cela « ne justifie en aucun cas les attaques menées sans discernement par les forces russes » (1). Lors de sa présentation, Mme Agnès Callamard, secrétaire générale de l’association, relève : « Le fait de se trouver dans une position défensive n’exempte pas l’armée ukrainienne de l’obligation de respecter le droit international humanitaire » — un argument classique qui a justifié les nombreux communiqués d’Amnesty condamnant les violations des droits humains par le Hamas dans la bande de Gaza malgré les attaques israéliennes.

Mais M. Zelensky ne l’entend pas de cette oreille. Le soir même, il dénonce une enquête qui place « la victime et l’agresseur d’une certaine manière sur un pied d’égalité » et constitue une « tentative d’amnistier un pays terroriste ». À nouveau, les médias font chorus. Sur LCI (5 août 2022), Aline Le Bail-Kremer fustige l’association humanitaire en citant Elie Wiesel : « La neutralité soutient les bourreaux, jamais les victimes » — un précepte que Wiesel oublia souvent dans les cas de la Palestine ou de l’Irak. « C’est l’erreur de ce rapport, reprend sur France Culture le journaliste Jean-Sébastien Soldaïni. En mettant en cause l’Ukraine, il a mis involontairement les deux adversaires sur un pied d’égalité » (8 août 2022). Pour éviter tout risque de ce genre, Le Monde cite longuement un « colonel de réserve et expert militaire ukrainien ». Quand il qualifie les enquêteurs d’Amnesty d’« idiots utiles » qui « offrent des cadeaux à la propagande de Poutine », le quotidien de référence valide son accusation en soulignant que « le document a été bien accueilli en Russie » (7-8 août 2022). Mais il omet de rappeler que le bureau russe d’Amnesty a été fermé le 8 avril 2022 en raison de ses critiques trop acerbes de Moscou.

Avant ce rapport fatidique, l’association avait en effet publié sur son site plus de 90 « nouvelles », communiqués de presse ou campagnes spécifiquement consacrés à la Russie, rien que depuis le début de l’année 2021. Tous critiquent le Kremlin, dénoncent l’enfermement de contestataires, les entraves à la liberté de la presse et de manifestation, le sort réservé au dissident Alexeï Navalny, la répression de militantes féministes, la persécution des adversaires de la guerre, etc. Concernant plus précisément l’Ukraine, Amnesty a publié une quarantaine de textes depuis le début de cette année. Tous condamnent l’invasion russe, les crimes de guerre, les atteintes aux droits humains commis par l’occupant, à l’exception d’un seul qui appelle les deux camps à respecter le droit des prisonniers (2).

En somme, bien que l’association n’ait observé aucune « neutralité » entre l’agresseur et l’agressé, elle a fauté. Car toute information susceptible de freiner la mobilisation en faveur d’un pays qui, comme le répètent les officiels français, « se bat pour des valeurs que nous partageons » se trouve aussitôt suspectée au motif qu’elle ferait « le jeu de Poutine ». Les médias qui ont érigé le combat contre les « fausses nouvelles » en impératif démocratique pilonnent à présent une nouvelle cible : les informations vraies mais inopportunes. M. Donald Trump, dont chaque mensonge était disséqué, peut déclarer le 9 août dernier que la Russie « tue des centaines de milliers de personnes » en Ukraine sans encourir de démenti. En revanche les brigades de répression du vice et de promotion de la vertu éditoriales jugent inapproprié qu’on puisse regretter l’élargissement continu de l’Alliance atlantique, rappeler le non-respect par l’Ukraine des accords de Minsk II, suggérer que la désinformation de Moscou trouve parfois son répondant à Kiev. Symbole de la démocratie libérale, l’Ukraine se confond à leurs yeux avec son président télégénique et courageux. Sa cause devient une religion civile ; sa mise en cause, un blasphème.

Nul ne reprochera à M. Zelensky de déployer au service de son pays envahi un talent incomparablement supérieur à celui de ses ennemis russes. Le plus souvent, leur propagande est en effet exécrable, presque risible. Le 9 mai dernier sur France Info, par exemple, un porte-parole de Moscou à Paris n’hésitait pas à prétendre que toutes les victimes civiles des bombardements russes avaient été assassinées par des nazis ukrainiens, ou qu’il s’agissait de mises en scène…

Déjà très facile, la chasse à la désinformation russe s’avère d’autant plus fructueuse que la définition de ce terme ne cesse de s’élargir. Une spécialiste américaine citée par le New York Times estime qu’elle englobe « à la fois des informations falsifiées et d’autres qui sont vraies mais sans rapport profond (tangential) avec les événements en cours, afin d’en tordre le récit ou de dissimuler de vraies intentions (3 ». Mais ces « vraies intentions », qui les connaît à coup sûr, en dehors de celles que l’Occident a dûment répertoriées : la haine de la démocratie, la volonté de reconstituer l’empire des tsars, la fascination pour Ivan le Terrible, Staline et Hitler (l’hebdomadaire The Economist a prétendu le 30 juillet que le « Z » arboré par les partisans de l’armée russe représentait « une demi-svastika »…) ?

En relayant les éléments de langage de Kiev, les médias affichent leur parti pris comme un gage de supériorité morale. Sur France Culture, le journaliste Thomas Cluzel évoque la « violence despotique du maître du Kremlin » et annonce la prise imminente d’une ville par l’« ennemi » (24 août 2022). Ailleurs, on exclut a priori l’hypothèse que l’artillerie de Kiev ait pu viser en août la centrale nucléaire de Zaporijia occupée par les Russes. Et Libération récuse un reportage de la chaine américaine CBS sur la contrebande d’armes occidentales livrées à l’Ukraine, prétendant que le phénomène serait à la fois « sans preuve » mais surévalué, « évident » mais suspect puisque « de nombreux canaux Telegram russes ont rapidement repris et traduit cette séquence, tout comme la presse russe qui s’en est fait l’écho » (10 août 2022).

La pédagogie antivice se déploie sans pudeur. Le 4 juillet 2022, sur France Inter, après une défaite ukrainienne dans le Donbass, Nicolas Demorand et Léa Salamé ont bichonné un panel de néoconservateurs bien décidés à remonter le moral des auditeurs : l’analyste François Heisbourg, célèbre pour avoir propagé le bobard américain des « armes de destruction massive » en Irak, la journaliste Laure Mandeville, qui, avec sa consœur Isabelle Lasserre, donne le ton atlantiste dans Le Figaro, enfin l’omniprésent Pierre Servent (chouchou de Léa Salamé, « consultant » au Parisien, « journaliste spécialisé défense nationale » sur TFI et LCI). Pour Heisbourg, le choix est simple : « Plus de canons, plus d’obus, plus de renseignement, ou bien on va assister à la victoire russe. » Ce que confirme Mandeville : « L’adversaire avancera si on ne l’arrête pas. » Salamé aide alors ses auditeurs à bien comprendre : « Soit on aide davantage l’Ukraine, soit ce sera la victoire de Poutine. » Et Servent complète : « Il ne faut pas faiblir, il faut qu’on monte en pression. » La radio est en guerre : « L’arrière, c’est nous. Ce sont à la fois les dirigeants et les opinions publiques occidentales » (24 août 2022), résumera un mois et demi plus tard le matinalier de la même station en écho à l’un de ses invités.

Les médias français sortent rarement grandis de leur couverture des conflits. Le 1er avril 2003, le présentateur du journal de France 2 David Pujadas commentait en ces termes la mort de quarante civils irakiens tués par les troupes américaines : « Un coup dur pour la coalition, qui cherche à s’attirer les faveurs de la population. » À l’écran un bandeau ironisait : « Irak : fautes de frappes ». On imagine la vague d’indignation que soulèverait ces propos après un bombardement russe… Presque vingt ans plus tard, les journalistes occidentaux restent aussi soucieux de dire quoi penser plutôt que donner matière à réfléchir. Faits emballés d’une gangue sermonneuse, conviction qu’expliquer (un conflit) c’est justifier (l’agresseur) — le « théorème de Manuel Valls » —, effacement des nouvelles « tangentielles » à l’objectif poursuivi : aux médias asservis des régimes autoritaires, l’Occident oppose une presse « illibérale » pour défendre le libéralisme. Le climat idéal pour Bernard-Henri Lévy, qui n’a pas hésité à infliger à Arte, chaîne dont il dirige le conseil de surveillance, son documentaire infatué titré Pourquoi l’Ukraine.

Par quel mystère le public instruit d’Arte ou de France Culture se laisse-t-il ainsi infantiliser ? Majoritairement composée de classes moyennes diplômées, cette population claironne son refus des censures, du bourrage de crâne, et sa volonté de « ne pas s’en laisser compter » — par opposition aux classes populaires qu’elle suppose plus crédules. Elle savoure néanmoins le prêchi-prêcha médiatique avec d’autant plus de tranquillité que ces sermons la confortent dans le camp du bien sur tous les sujets qui tiennent lieu de marqueurs politique, culturel, écologique ou social. Journalisme de la vertu et « diplomatie des valeurs » prospèrent de concert sur son aveuglement volontaire.

Serge Halimi & Pierre Rimbert

(1) Amnesty International, « Les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile », 4 août 2022.

(2) Comptage réalisé sur le site www.amnesty.org (en anglais).

(3The New York Times, 26 janvier 2022.

Source: Le Monde Diplomatique,

 

♦ Sarkozy-Kadhafi : la bombe des archives Gauber


L’ARGENT LIBYEN DE SARKOZY ENQUÊTE

Homme de l’ombre de Nicolas Sarkozy depuis les années 1980, l’affairiste Thierry Gaubert avait laissé des traces explosives sur la Libye dans ses ordinateurs. Les preuves dormaient depuis onze ans dans les armoires de la police. Elles viennent de parler.

Deux lettres, des annotations et un secret : « NS », « dîner NS », « cadeau NS », « rdv NS », « NS hier », « NS-campagne », « note NS »… Les enquêteurs chargés de l’affaire des financements libyens ont mis la main, au printemps dernier, sur un trésor qui dormait depuis plus d’une décennie dans l’armoire des scellés de la police anticorruption.

Il s’agit d’un disque dur et d’une clé USB qui avaient été saisis en 2011 dans le cadre de l’affaire Karachi. Ils contiennent toutes les archives numériques de l’affairiste Thierry Gaubert, un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy (« NS » dans les notes), condamné dans de multiples affaires financières et devenu, il y a deux ans, un chaînon manquant inattendu du scandale libyen.

Thierry Gaubert entouré de Brice Hortefeux, Ziad Takieddine, Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi. © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart avec AFP

À la suite de révélations de Mediapart, la justice avait confirmé, début 2020, que Thierry Gaubert avait perçu sur un compte non déclaré aux Bahamas, un an avant l’élection présidentielle de 2007, 440 000 euros d’argent libyen, envoyés par un dignitaire du régime de Kadhafi condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour terrorisme. Une partie des sommes avaient ensuite été retirées en espèces en France.

Nicolas Sarkozy ne cesse d’affirmer depuis, que ce soit devant les juges ou dans les médias, que les faits mis au jour ne le concernent en rien, n’ayant « pas vu » (BFMTV) Thierry Gaubert et n’ayant plus eu le « moindre contact » (Le Journal du dimanche ) avec lui « depuis 1996 »

Les scellés ouverts et analysés par les enquêteurs de l’Office anticorruption (OCLCIFF) de la police judiciaire le prouvent désormais : l’ancien chef de l’État a menti. Les mails et « notes de calendrier » repêchés dans le disque dur de Thierry Gaubert ont parlé et ils sont accablants pour Nicolas Sarkozy, comme le détaille froidement un « procès-verbal d’exploitation des scellés » daté du 9 mai. Avec, sous la plume policière, ce constat : « Découvrons de nombreux éléments confirmant la poursuite des relations entre Thierry Gaubert et Nicolas Sarkozy postérieurement à 1995. »

De Karachi à Kadhafi…

La lecture de ces archives exhumées montre en effet que Thierry Gaubert a maintenu une relation permanente avec Nicolas Sarkozy avant et après la présidentielle de 2007, soit directement, soit par l’entremise du plus proche lieutenant et ami de l’ancien président, Brice Hortefeux (« BH » ou « B » dans les notes).

Les documents recueillis par les policiers révèlent également le rôle discret de point de contact, de 2002 à au moins 2009, joué par Gaubert entre le cabinet Sarkozy et l’intermédiaire Ziad Takieddine, considéré par les juges comme l’un des principaux agents de la corruption franco-libyenne. Un mail suggère même des remises d’espèces par Takieddine, qui, de fait, n’en manquait pas.

Le disque dur démontre aussi combien Thierry Gaubert, contrairement à ce qu’il a lui-même assuré en procédure, a été personnellement impliqué dans les affaires libyennes de l’équipe Sarkozy. « Gaubert s’intéressait à la Libye, pour des questions politiques, pour des questions de financement de la campagne [de Nicolas Sarkozy – ndlr] »,a d’ailleurs affirmé devant les enquêteurs l’ex-femme de Ziad Takieddine, Nicola Johnson, qui dit avoir été témoin de discussions et destinataire de confidences sur le sujet.

Révélations sur une relation explosive que Nicolas Sarkozy aurait voulu garder secrète.

En vain.

I. Les années Neuilly

Dans la longue histoire du sarkozysme, Thierry Gaubert est un personnage clé des premiers jours. Début des années 1980 : Nicolas Sarkozy, le chien fou des jeunesses RPR, s’est mué en loup aux dents longues. Biberonné à la méthode Pasqua, il s’empare de la mairie de Neuilly-sur-Seine en 1983. Il a 28 ans et son ambition est déjà immense.

Dans son entourage, deux hommes sont omniprésents dans les couloirs de la mairie : Brice Hortefeux et Thierry Gaubert. La trajectoire politique de Nicolas Sarkozy devient indissociable de l’amitié qui soude ce trio d’inséparables. Nicolas Sarkozy et Thierry Gaubert étaient « très liés », a confirmé, en janvier 2021, aux policiers de l’affaire libyenne, Hélène Karageorgevitch, l’ex-femme de Thierry Gaubert, avec qui elle a été mariée de 1988 à 2014. Leur union avait été célébrée sous les ors de la mairie de Neuilly par un Nicolas Sarkozy tout sourire, comme le montrent des photos de l’époque.

Il était toujours autour de Nicolas. Cécilia Attias (ex-Sarkozy) au sujet de Thierry Gaubert

Également entendue par les enquêteurs, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, Cécilia Attias, s’est souvenue que « Gaubert s’arrangeait toujours pour nous inviter à des week-ends, en Normandie, ici ou là ». « Il était toujours autour de Nicolas. À l’époque, on n’était pas divorcés [Cécilia Attias de Jacques Martin, Nicolas Sarkozy de sa première épouse – ndlr], il s’arrangeait toujours pour nous aider », a ajouté Cécilia Attias, concédant n’avoir « jamais été très fan » de Thierry Gaubert.

À cette époque, les couples Sarkozy-Gaubert enchaînent néanmoins les week-ends et voyages entre « copains ». Dans la chaumière de Thierry Gaubert, en Normandie. En Floride, chez les parents d’Hélène Gaubert. En Italie. En Chine. Au Maroc. C’est la période des chemises à rayures, des « années fric » et des gros cigares pour Nicolas Sarkozy. « On commençait le repas et il allumait le cigare… C’était énervant », s’est rappelée devant les policiers Hélène Karageorgevitch, princesse de Yougoslavie et petite-fille du dernier roi d’Italie.

Également entendue par les enquêteurs, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, Cécilia Attias, s’est souvenue que « Gaubert s’arrangeait toujours pour nous inviter à des week-ends, en Normandie, ici ou là ». « Il était toujours autour de Nicolas. À l’époque, on n’était pas divorcés [Cécilia Attias de Jacques Martin, Nicolas Sarkozy de sa première épouse – ndlr], il s’arrangeait toujours pour nous aider », a ajouté Cécilia Attias, concédant n’avoir « jamais été très fan » de Thierry Gaubert.

À cette époque, les couples Sarkozy-Gaubert enchaînent néanmoins les week-ends et voyages entre « copains ». Dans la chaumière de Thierry Gaubert, en Normandie. En Floride, chez les parents d’Hélène Gaubert. En Italie. En Chine. Au Maroc. C’est la période des chemises à rayures, des « années fric » et des gros cigares pour Nicolas Sarkozy. « On commençait le repas et il allumait le cigare… C’était énervant », s’est rappelée devant les policiers Hélène Karageorgevitch, princesse de Yougoslavie et petite-fille du dernier roi d’Italie.

L’année 1993 va marquer une nouvelle étape cruciale dans l’ascension de Nicolas Sarkozy avec sa nomination comme ministre du budget et porte-parole du gouvernement Balladur. C’est aussi, dans les coulisses de la République, le coup d’envoi pour de juteuses affaires. Demeuré collaborateur de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert fait à cette même période la connaissance d’un homme d’affaires franco-libanais alors inconnu : Ziad Takieddine, un ancien directeur de la station de ski Isola 2000 (Alpes-Maritimes) reconverti dans le commerce des armes. Son ancienne proximité avec le nouveau ministre de la défense, François Léotard, est une aubaine.

Ce cocktail explosif va donner naissance à un immense scandale, qui ne sera mis au jour que bien des années plus tard : le volet financier de l’affaire Karachi. Ou comment le gouvernement français a imposé le réseau Takieddine dans des ventes d’armes étatiques avec le Pakistan et l’Arabie saoudite pour mettre en place un système de commissions occultes, dont une partie reviendra illégalement en France. Depuis le ministère du budget, Nicolas Sarkozy, qui ne sera jamais inquiété pénalement dans le dossier, autorise le versement anticipé de certaines commissions liées aux contrats pakistanais et saoudiens

Thierry Gaubert, lui, multiplie dans le même temps les ouvertures de comptes non déclarés en Suisse, où l’argent afflue par millions (de francs). Mais à cette époque-là, la police n’enquête ni sur les ventes d’armes du gouvernement ni sur les comptes suisses du collaborateur du ministre du budget. La presse n’en sait rien non plus. Les rôles précis de Takieddine puis de Gaubert ne seront révélés par Mediapart qu’à partir de 2008.

Nicolas Sarkozy et Thierry Gaubert. © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart avec AFP

En revanche, un autre scandale éclate publiquement dans la même période : le 1 % logement. Le soupçon porte sur des détournements par des responsables publics de fonds issus d’un réseau d’organismes qui recueillent de l’argent auprès des entreprises pour financer des HLM et des habitations privées. Au cœur de l’histoire : un certain Thierry Gaubert ; il sera condamné en 2012.  

Alors que tout avait si bien commencé, le ciel s’assombrit subitement pour Nicolas Sarkozy. Dans la guerre fratricide de la droite française entre Jacques Chirac et Édouard Balladur pendant la campagne présidentielle de 1995, il s’affiche comme le plus fervent soutien du second. Pari perdu : Jacques Chirac gagne l’élection présidentielle. La condamnation (politique) est sans appel. Nicolas Sarkozy doit entamer une longue traversée du désert.  

Officiellement, il ne fréquente plus Thierry Gaubert, parti travailler dans la banque, au cabinet de la présidence du groupe Caisses d’épargne.

II. Les années Beauvau

Resté maire de Neuilly-sur-Seine, d’où il ronge son frein, épaissit son réseau et fourbit les armes d’un retour espéré sur le devant de la scène, Nicolas Sarkozy sort enfin du purgatoire en 2002, après la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République. La Chiraquie lui offre un poste aussi puissant qu’exposé et risqué : ministre de l’intérieur.

Le grand retour d’une figure du clan des balladuriens au sommet de l’État est célébré en grande pompe par Ziad Takieddine lors d’une fastueuse soirée qu’il donne en juin 2002, avec orchestre de chambre et petits fours, dans son hôtel particulier parisien situé près du Trocadéro. L’ancien directeur de station de ski est devenu multimillionnaire grâce aux ventes d’armes du gouvernement Balladur sept ans plus tôt. Il sent que de nouvelles affaires sont possibles et il n’a pas envie de se faire oublier. Chez Takieddine, Thierry Gaubert, en smoking, s’affiche fièrement parmi les convives, où se mêlent aussi bien l’un des fils de l’industriel Serge Dassault que le journaliste Étienne Mougeotte.

Mais que fait vraiment Gaubert comme travail ?

Ce sont ses archives numériques récemment récupérées par les policiers de l’affaire libyenne qui permettent aujourd’hui de mieux cerner quel fut, derrière le rideau, son rôle exact au profit de la Sarkozie.

En apparence, Nicolas Sarkozy n’a donc plus « le moindre contact » avec lui. La raison en est simple : rien ne doit pouvoir freiner l’ascension vers l’Élysée du « patron », comme il est surnommé par Takieddine dans des notes. Et surtout pas le boulet judiciaire d’un proche, car Thierry Gaubert est toujours sous enquête dans cette très embarrassante affaire du 1 % logement.

Mais les traces laissées dans ses mails et son disque dur racontent une tout autre histoire.

Les deux lettres « NS » reviennent ainsi sans cesse dans les archives exhumées. Il y a les jours où Thierry Gaubert évoque un déjeuner ou un dîner avec « NS ». Celui où il doit récupérer auprès de « NS » des dédicaces de livres. Les fois où il fournit le cabinet d’avocats du ministre en dossiers juridiques venus des Caisses d’épargne ; « NS est très satisfait », fait savoir par mail Gaubert à son patron. Parfois, il s’occupe de cadeaux à offrir à « NS », par exemple un beau vélo Pinarello – Sarkozy est féru de cyclisme.

À certains moments, Thierry Gaubert apparaît même, à la grande surprise des policiers, comme gérant des prises de contact officielles pour le compte du cabinet de « NS » au ministère de l’intérieur, ainsi que le ferait une sorte de collaborateur de l’ombre.

Mais il y a beaucoup plus gênant à la lumière du grand soupçon libyen. Les archives Gaubert regorgent en effet de références, de noms et de dates qui peuvent être aujourd’hui rattachés par les enquêteurs à toute la diplomatie parallèle et les affaires occultes du cabinet Sarkozy au cœur des investigations. Comme les pièces manquantes d’un immense puzzle.

D’abord avec l’Arabie saoudite. Dès 2004, dans une « note de calendrier » rédigée par Gaubert, on peut lire à la suite « rdv NS »« voyage Tak », puis « note NS », un document vraisemblablement rédigé par Ziad Takieddine, selon les enquêteurs, sur un gigantesque contrat d’armement avec le royaume wahhabite sous le nom de code « Miksa ». Mais, craignant que le marché serve à mettre en place des circuits financiers occultes pour Sarkozy dans la perspective de la présidentielle de 2007, Jacques Chirac met un terme d’autorité aux négociations.

Je sais qu’au moins une fois Brice est venu à la maison pour récupérer des espèces que Ziad lui donnait.

Nicola Johnson, l’ex-femme de Ziad Takieddine

Et c’est justement dans les cendres du contrat Miksa que va naître l’histoire libyenne de Sarkozy. À la manœuvre, toujours le même homme : Ziad Takieddine. Il a le contact avec l’un des plus sulfureux caciques du régime libyen, Abdallah Senoussi, condamné en France en 1999 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir été l’organisateur, dix ans plus tôt, de l’attentat contre l’avion de ligne DC-10 d’UTA (170 morts, dont 54 Français). Beau-frère de Kadhafi et chef des services secrets militaires de la Libye, Abdallah Senoussi est visé par un mandat d’arrêt international émis par la France. Sa situation pénale devient une obsession du régime.   

En coulisses, Takieddine s’active de toutes parts pour ouvrir les portes de la Libye de Kadhafi au cabinet Sarkozy. Il voit sans cesse Brice Hortefeux, nommé ministre des collectivités locales, Claude Guéant, le directeur de cabinet, et Thierry Gaubert, l’homme caché.

Brice Hortefeux et Ziad Takieddine en 2006. © Document Mediapart

Lors de son audition par la police en octobre 2021, l’ex-femme de Takieddine, Nicola Johnson, s’est souvenue d’une scène qu’elle date de cette même période, en 2005, selon elle : « Je sais qu’au moins une fois Brice est venu à la maison pour récupérer des espèces que Ziad lui donnait. Il parlait qu’il devait donner des espèces à Brice, qu’il n’en avait pas. Il a cherché partout. J’ai vu Ziad préparer l’enveloppe, mais je n’ai pas assisté à la remise. Ziad est descendu tout seul quand Brice est arrivé. Donc oui, Brice avait des espèces »,a-t-elle témoigné, expliquant que son ex-mari se déplaçait essentiellement avec de grosses coupures.

« Nicola m’en a tout de suite parlé », a confirmé de son côté l’ex-épouse de Thierry Gaubert, qui ne cache pas son amitié avec Nicola Johnson.  

En 2005, Ziad Takieddine est sur tous les fronts du dossier libyen, en lien constant avec le cabinet Sarkozy. Il vend d’une main du matériel d’espionnage français au régime Kadhafi et, de l’autre, organise dans leurs moindres détails tous les déplacements à Tripoli de Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy.

À deux reprises, en septembre et en décembre 2005, Ziad Takieddine ira jusqu’à superviser en Libye des rencontres secrètes, dans le dos de la diplomatie française et des services de renseignement, sans traducteur, ni agent de sécurité, autrement dit sans témoin extérieur, entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, puis Brice Hortefeux et le même Senoussi. C’est-à-dire entre deux responsables du ministère de l’intérieur et un terroriste recherché par la justice, condamné pour avoir du sang français sur les mains.

Cet épisode des rencontres secrètes des deux plus proches lieutenants de Sarkozy, vigoureusement dénoncées en procédure par des diplomates et des anciens responsables du renseignement, est devenu central dans le dossier judiciaire des financements libyens, pour deux raisons : 

  • Primo, l’enquête a établi que l’équipe Sarkozy, que ce soit par l’intermédiaire de l’avocat personnel du ministre, MThierry Herzog, ou par celui de Claude Guéant, a multiplié entre 2005 et 2009 les diligences juridiques pour tenter de faire tomber le mandat d’arrêt visant Senoussi.
  • Secundo, c’est le même Senoussi qui va envoyer début 2006 deux millions d’euros d’argent libyen sur le compte d’une société offshore de Takieddine, lequel va immédiatement en reverser 440 000 euros sur le compte aux Bahamas de Gaubert.

Les juges de l’affaire libyenne soupçonnent depuis des années maintenant que l’un des mandats de Ziad Takieddine auprès des sarkozystes consistait à financer la campagne présidentielle. Un document de Thierry Gaubert ne peut aujourd’hui que renforcer cette hypothèse.

À la date du 23 janvier 2006, une note de Gaubert portant la mention « NS-campagne ».

En effet, les policiers ont retrouvé, à la date du 23 janvier 2006, une note de calendrier portant la mention « NS-campagne ». Et dans un mail à Takieddine envoyé six jours plus tard, le 29 janvier, Gaubert écrit à l’intermédiaire : « Fais un bon voyage et j’attends ton appel. » Or le voyage en question est un trajet Tripoli-Paris, la veille du virement de Senoussi pour le duo Takieddine-Gaubert.

Mais ce n’est pas tout. De nouveaux documents issus d’une coopération judiciaire des juges français avec la Suisse montrent que Ziad Takieddine a par ailleurs retiré sur la même période, entre fin 2005 et début 2007, au total plus de 1,1 million d’euros en espèces à Genève, depuis un compte au Crédit suisse alimenté par le même circuit d’argent libyen, avant d’en rapatrier l’essentiel en France.

L’enquête judiciaire a déjà montré que la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy avait été abondée en espèces non déclarées aux autorités de contrôle.

Interrogée par les enquêteurs sur sa connaissance de possibles financements libyens, l’ex-femme de Takieddine, Nicola Johnson, a répondu : « Je savais que mon mari était en relation avec Claude Guéant, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert. J’étais témoin de conversations téléphoniques ou de dîners, de rendez-vous à la maison. Il parlait de la Libye avec ces gens-là. »

Et d’ajouter : « Gaubert s’intéressait à la Libye, pour des questions politiques, pour des questions de financement de la campagne, et c’était pour avoir le financement de la campagne qu’il fallait aider Senoussi. Ce sont des choses qui étaient évoquées par Ziad avec Brice quand il était tout seul, avec Gaubert quand il était tout seul, et des fois quand ils étaient tous les trois. »

Un document retrouvé par les policiers dans les archives Gaubert prouve matériellement aujourd’hui ces interactions secrètes. Il s’agit d’un mail du 27 mars 2006 dans lequel Thierry Gaubert évoque un rendez-vous avec Takieddine et une note rédigée par l’intermédiaire que « CG doit donner à BH ».

Au même moment, loin des sous-sols de la République, la conquête du pouvoir paraît inéluctable pour Nicolas Sarkozy. Elle adviendra. Thierry Gaubert, lui, tient son rôle caché jusqu’au bout. Ce qui ne l’empêche pas de communiquer par mail à un ami le jour du second tour de la présidentielle, le 6 mai 2007, les estimations du ministère de l’intérieur de 15 h 50 pour l’élection. Et, en fin de journée, de préciser au même ami : « Je suis à l’intérieur. »

Gaubert est, certes, caché, mais il est au cœur de la machine.

III. Les années Élysée  

Nicolas Sarkozy est président de la République. Dans les archives numériques de Thierry Gaubert, les policiers ont retrouvé la facturation d’un vol en jet privé d’une petite société d’aviation, Cavok, datée du 10 mai 2007, quatre jours après l’élection. Dans la colonne client figure la mention « UMP ? ». Et dans la colonne itinéraire, un vol Paris-Le Bourget/Clermont-Ferrand, avec cette précision : « Avec M. Ziad Takieddine. » Les agendas de Brice Hortefeux récupérés par les juges de l’affaire libyenne montrent que ce jour-là le ministre avait justement un vol prévu pour Clermont-Ferrand. 

L’intensité des relations du clan Sarkozy avec l’intermédiaire (aujourd’hui voué aux gémonies) n’a donc pas diminué. C’est même une épiphanie. Le 12 juin 2007, une note de calendrier de Thierry Gaubert évoque de nouveau un « doc ZT » – de fait, la veille, l’intermédiaire avait créé depuis son ordinateur, selon l’enquête, un document Word sur la Libye qui commence par ces mots : « Le colonel Kadhafi souhaite voir s’ouvrir une page nouvelle de relations avec le nouveau président de la République française. »

Plus intrigant, une mention est inscrite par Gaubert sur cette même note de calendrier : « N° de tel CG pour Sanous ». « Sanous » serait-il une référence à Abdallah Senoussi, que Takieddine écrit « Sanoussi » dans ses notes ? 

Une chose est certaine, les sarkozystes sont au sommet de leur puissance et, paraissent-ils penser alors, de leur impunité. Au point, par exemple, qu’en août 2007 Gaubert écrit un mail à Takieddine dans lequel « une partie des instructions semblent porter sur des opérations en espèces »,écrivent les policiers.

Dans un autre mail de Gaubert, on découvre que Ziad Takieddine, fort de ses bonnes relations avec l’Élysée et le régime Kadhafi, a proposé en octobre 2007 des placements financiers en Libye au groupe Caisses d’épargne.

En décembre 2007 aura lieu à Paris la preuve la plus éclatante de la lune de miel entre Nicolas Sarzkoy, président, et Mouammar Kadhafi, dictateur : une visite d’État de six jours où rien ne sera refusé par la République française à l’autocrate, qui justifiait pourtant encore quelques jours plus tôt à Lisbonne l’usage de terrorisme.

L’enquête judiciaire a depuis fait apparaître que, trois mois après la venue du dictateur à Paris, Claude Guéant, devenu secrétaire général de la présidence de la République, a perçu 500 000 euros pour l’achat d’un appartement, grâce à un autre intermédiaire très impliqué dans les affaires libyennes, Alexandre Djouhri, et le directeur de cabinet de Kadhafi, Béchir Saleh, comme l’a récemment confirmé la cour d’appel de Paris.

Quand Sarkozy appelle Takieddine en 2008 pour la mort de sa mère.

Ennemi juré de Djouhri – les deux hommes doivent se partager un même gâteau –, Ziad Takieddine essaie de conserver à cette époque son influence auprès du « patron ». Et semble y parvenir, à en croire un « souvenir très fort » rapporté par son ex-femme aux policiers. Nicola Johnson a ainsi raconté avoir été la témoin directe, en juin 2008, à Paris, d’un coup de fil de condoléances de Nicolas Sarkozy pour la mort de la mère de l’intermédiaire.

« Ziad était très triste et il a reçu un appel. C’était Sarkozy. Il l’a salué, il l’a appelé “monsieur le président”. Ça a duré quelques minutes. Et mon mari était très ému de cet appel, il trouvait ça touchant que le président de la République l’appelle », a raconté Nicola Johnson. Son témoignage a été confirmé à Mediapart par Ziad Takieddine, en fuite au Liban depuis sa condamnation dans l’affaire Karachi, par l’intermédiaire de son avocate en France.

Là aussi, l’anecdote est embarrassante : durant tous ses interrogatoires devant la police puis les juges, Nicolas Sarkozy a juré n’avoir plus eu la moindre relation avec Takieddine après 2004. En garde à vue devant les policiers, l’ancien président a certifié : « Les rapports entre M. Takieddine et moi n’ont jamais existé à aucun moment et sur aucun plan : politique, financier et amical. »

Interrogée par les policiers pour savoir si Nicolas Sarkozy n’avait pas mieux à faire en 2008 que d’appeler Ziad Takieddine, que l’ancien président traite aujourd’hui de fou, d’escroc et de menteur, son ex-femme, Cécilia Attias, a répondu sans concession aux enquêteurs : « Je pense que oui. »

Et une fois de plus, les archives Gaubert viennent prouver que, contrairement à la distance que la Sarkozie veut désormais mettre avec Takieddine, l’intermédiaire était bien au cœur de la machine élyséenne sur la Libye. En décembre 2009, Gaubert est ainsi destinataire d’un message de Takieddine lui indiquant qu’il a abrité chez lui une rencontre « officieuse » entre Claude Guéant et Saïf al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi. Il est aussi question dans ce même message de rendez-vous confidentiels avec « B », qui pourrait être Brice Hortefeux, selon les enquêteurs.

Deux ans plus tard, lors d’une perquisition menée dans le cadre de l’affaire Karachi, des policiers retrouveront dans les ordinateurs et répertoires de Thierry Gaubert des documents libyens, des numéros de téléphones de dignitaires kadhafistes et même une notice Interpol visant un chef du protocole du régime. Les enquêteurs surprennent alors dans des écoutes téléphoniques une intrigante conversation entre Thierry Gaubert et Brice Hortefeux. Les deux hommes craignent les conséquences de l’enquête, au-delà du seul dossier Karachi : « Je pense que c’est étendu à d’autres sujets ; à mon avis c’est étendu au reste », s’inquiète Gaubert.

Ouverte en 2013, deux ans après les premières révélations de Mediapart sur des soupçons de financements libyens du clan Sarkozy, l’enquête judiciaire menée par les juges Serge Tournaire puis Aude Buresi a, entre autres protagonistes du scandale, abouti aux mises en examen de : 

  • Nicolas Sarkozy, pour « corruption », « association de malfaiteurs », « financement illicite de campagne électorale » et « recel de détournements de fonds publics » ;
  • Claude Guéant, pour une dizaine de délits présumés, dont « association de malfaiteurs », « corruption », « recel de détournements de fonds publics », « financement illicite de campagne électorale » et « blanchiment de fraude fiscale » ;
  • Brice Hortefeux, pour « association de malfaiteurs » et « financement illicite de campagne » ;
  • Thierry Gaubert, pour « association de malfaiteurs » ;
  • Éric Woerth, pour « financement illicite de campagne » ;
  • Ziad Takieddine, notamment pour « corruption » et « association de malfaiteurs » ;
  • Alexandre Djouhri, notamment pour « corruption » et « association de malfaiteurs ».

En droit, toute personne mise en cause est présumée innocente.

Sollicités par Mediapart pour réagir à cette enquête, ni Nicolas Sarkozy ni Thierry Gaubert n’ont donné suite.

De son côté, Brice Hortefeux a dit ne pas vouloir faire de commentaires particuliers si ce n’est qu’il dénonce « formellement depuis des années des contre-vérités et des erreurs factuelles » dans cette affaire, sans autre forme de précision.

Claude Guéant a pour sa part assuré qu’il n’a « jamais eu connaissance que Thierry Gaubert se soit occupé de quoi que ce soit dans les relations avec la Libye » et qu’il n’a « jamais vu ni entendu parler d’un financement libyen ».

Fabrice Arfi et Karl Laske

https://www.mediapart.fr/journal/france/200922/sarkozy-kadhafi-la-bombe-des-archives-gaubert

♦ La « guerre financière » de la Russie et de la Chine contre l’Occident


Aujourd’hui, la Russie et la Chine proposent au Sud collectif, à l’Afrique et à l’Asie de se libérer des « règles » occidentales.

Dans le magazine américain National Interest (une revue à tendance conservatrice), et dans un élan de candeur inhabituel, Ramon Marks publie un article intitulé :

 « Peu importe qui gagne l’Ukraine, l’Amérique a déjà perdu » .

Dans cet article, Marks observe que « quel que soit le vainqueur de la guerre en Ukraine, les États-Unis seront le perdant stratégique. La Russie établira des relations plus étroites avec la Chine et d’autres pays du continent eurasien, notamment l’Inde, l’Iran, l’Arabie saoudite et les États du Golfe. Elle se détournera irrévocablement des démocraties européennes et de Washington. Tout comme le président Richard Nixon et Henry Kissinger ont joué la « carte de la Chine » pour isoler l’Union soviétique pendant la guerre froide, les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping joueront leurs cartes pour tenter de contenir le leadership mondial des États-Unis » .

Mis à part le clin d’œil au récit occidental obligatoire suggérant que la question reste ouverte (« peu importe qui gagne »), l’essentiel de l’article du National Interest est « juste » , bien qu’il déforme complètement le contexte.

La Russie et la Chine sont certainement engagées dans une tentative de changement de l’« ordre fondé sur des règles » des États-Unis. Non pas pour remplacer une hégémonie par une autre, mais plutôt pour créer une pression – sans guerre – qui force une transformation existentielle de l’esprit occidental. Une pression qui ne laisse guère d’autre choix à l’Occident que de mettre un terme à son expansionnisme, en l’obligeant à se conformer à ses « règles » (autrement connues sous le nom de néocolonialisme).

Oui, la Russie et la Chine jouent maintenant leurs « cartes » géostratégiques. Et dans un sens, ce sont des « cartes » très familières. Il s’agit des principes d’autodétermination et de respect de la souveraineté qui ont émergé de la réunion de Bandung en 1955 et qui ont servi de base au mouvement des non-alignés de l’époque. Ils reflétaient le mécontentement des organisateurs de la conférence face à la réticence de l’Occident à écouter et, au contraire, à sa tendance à imposer son point de vue singulier aux États asiatiques.

Ainsi, tout comme les États-Unis ont joué à fond la carte de la domination du dollar soutenue par l’armée dans les années qui ont suivi l’implosion de l’Union soviétique pour faire entrer une grande partie du monde dans leur sphère réglementée, la Russie et la Chine proposent aujourd’hui au Sud collectif, à l’Afrique et à l’Asie de se libérer des « règles » occidentales. Elles encouragent le « reste du monde » à affirmer son autonomie et son indépendance, à la manière de Bandung.

La Russie, en partenariat avec la Chine, construit ces relations politiques étendues sur le contrôle de l’approvisionnement mondial en combustibles fossiles et en une grande partie de la nourriture et des matières premières du monde. Pour accroître encore son influence sur les sources d’énergie dont dépendent les belligérants occidentaux, la Russie est en train de mettre sur pied une « OPEP » du gaz avec l’Iran et le Qatar, et a également fait des ouvertures accueillantes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour qu’ils s’associent afin de renforcer le contrôle de tous les produits énergétiques essentiels.

En outre, ces grands producteurs se joignent aux grands acheteurs pour arracher les marchés des métaux précieux et des matières premières des mains de Londres et des États-Unis, afin de mettre un terme à la manipulation occidentale des prix des matières premières par le biais des marchés dérivés.

L’argument avancé par les responsables russes aux autres États est à la fois extrêmement séduisant et simple : l’Occident a tourné le dos aux combustibles fossiles et prévoit de les éliminer complètement, d’ici une dizaine d’années.

Ils ont choisi cette voie sous la pression intense des États-Unis ; une voie qui, dans le cas de l’Europe, imposera la misère à leurs peuples pour les années à venir.

Cependant, aussi désagréable que cela puisse être pour certains, le fait est que la croissance économique mondiale nécessite toujours la production de combustibles fossiles. Sans davantage d’investissements et d’exploration, il est peu probable que l’offre soit suffisante à moyen terme pour répondre à la demande probable. Il n’existe pas de moyen rapide d’augmenter l’apport physique d’énergie.

Le message de la Russie à ses partenaires est le suivant : vous n’êtes pas obligés de participer à cette « politique du sacrifice » masochiste. Vous pouvez avoir du pétrole et du gaz naturel à un prix inférieur à celui que l’Europe doit payer. Le « Golden Billion » a profité des avantages de la modernité, et maintenant il veut que vous renonciez à tout cela, et que vous exposiez vos électeurs à des difficultés extrêmes.

La Russie dit simplement : « Cela ne doit pas être comme ça » . Oui, le climat est un facteur à prendre en considération, mais les combustibles fossiles font l’objet d’un manque aigu d’investissements pour des raisons idéologiques, plutôt que pour des raisons d’épuisement en soi.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le point de départ initial de Bandung était que l’Occident refuse tout simplement « d’écouter » ; il dirige et impose. L’idéologie verte occidentale, cependant, ne peut pas simplement être imposée au reste du monde, contre sa volonté. Cet argument représente la voie à suivre par la Russie et la Chine pour faire basculer une grande partie du monde dans leur camp.

En resserrant la vis énergétique pour donner du mordant à son argument, la Russie avertit sans détour l’UE que la classe politique ouest-européenne peut soit sauver sa peau en revenant au gaz russe bon marché, soit rester alignée sur Washington au sujet de l’Ukraine. Dans ce dernier cas, cependant, elle devra plonger son électorat dans la misère. Avec le risque que ses dirigeants soient confrontés au « désagrément » d’une révolte à la lanterne. Mais l’UE ne peut pas faire les deux.

Ce qui importe avant tout, c’est la nature de la métamorphose européenne. Est-elle tactique ou s’agit-il d’un véritable « chemin de Damas » ? Trouverons-nous, dans le sillage de la crise énergétique russe, une UE suffisamment réfléchie pour s’engager dans une négociation non idéologique sur la sécurité et les aspirations civilisationnelles des autres, ainsi que dans un échange fondé sur les moyens de protéger la planète contre de nouvelles déprédations ?

Alastair Crooke

Alastair Crooke est un ex-diplomate britannique, à présent retraité, fondateur du Conflict Forum à Beyrouth où il réside.

Source: Al Mayadeen

(Traduction Saker Francophone)

♦ Ukraine – Disséquer quelques articles de propagande de guerre


Un titre de Reuters affirme :

Une fosse commune contenant plus de 440 corps a été découverte à Izium, en Ukraine, selon la police.

De nombreux médias, qui republient le flux de Reutersont repris ce titre :

Kiev : Les autorités ukrainiennes ont découvert une fosse commune contenant plus de 440 corps dans la ville d’Izium, dans l’est du pays, qui a été reprise aux forces russes, a déclaré jeudi un responsable de la police régionale, ajoutant que certaines des personnes avaient été tuées par des bombardements et des frappes aériennes.
Serhiy Bolvinov, enquêteur en chef de la police pour la région de Kharkiv, a déclaré à Sky News que des enquêtes médico-légales seraient menées sur chaque corps.

« Je peux dire qu’il s’agit de l’un des plus grands sites d’inhumation dans une grande ville des (zones) libérées…. 440 corps ont été enterrés au même endroit », a déclaré Bolvinov.

« Certains sont morts à cause des tirs d’artillerie … d’autres sont morts à cause des frappes aériennes », a-t-il ajouté. Des milliers de soldats russes ont fui Izium ce week-end.

Remarquez la formulation. Il s’agit d’un « grand site d’inhumation » avec « 440 corps en un seul endroit ». Cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’une fosse commune avec 440 corps, mais pourrait également décrire un cimetière avec un total de 440 personnes enterrées.

En effet, une équipe vidéo de l’AP s’est rendue sur le site et sa vidéo montre un scénario tout à fait différent. Dans une zone boisée, il y a un grand nombre, peut-être une ou deux centaines de tombes individuelles avec des croix orthodoxes et autres. Il y a aussi une tombe avec une croix qui dit que 17 soldats y ont été enterrés.

Dans la vidéo de l’AP, plusieurs soldats et enquêteurs se déplacent. Un soldat ukrainien dit avoir vu une vidéo réalisée par les Russes lorsque les soldats ont été enterrés dans cette fosse commune. D’après cette vidéo, il estime que plus de 17 soldats, peut-être 25 ou 30, ont été enterrés dans cette fosse.

La vidéo à laquelle il fait référence est probablement celle-ci (h/t Elena Evdokimova) qui a été publiée le 8 mai. Elle semble montrer le même cimetière avec cette seule fosse commune. On y voit des civils portant des brassards à croix rouge ramasser et enterrer les corps des soldats morts. Je compte un total de 17 cadavres mais il y en a peut-être un ou deux de plus. Un soldat russe est présent et explique ce qui se passe. Le titre en russe se traduit par :

L’Ukraine refuse d’emmener les corps des soldats morts. Les militaires russes les enterrent dans des fosses communes

Il y a également un lien vers un site d’information russe appelé Giport qui dit (traduction automatique) :

L’Ukraine refuse de prendre les corps des soldats morts des forces armées ukrainiennes, et les militaires russes sont obligés de les enterrer dans des fosses communes.

L’Ukraine refuse à nouveau d’emporter les corps de ses soldats morts, qui doivent être enterrés dans des fosses communes. La partie russe a proposé à plusieurs reprises à l’ennemi de prendre les corps pour les enterrer en organisant un couloir pour les travailleurs médicaux, mais n’a pas reçu de réponse du commandement ukrainien.

Il y a quelque temps, les corps des soldats morts des forces armées ukrainiennes ont été récupérés par les soldats russes de leur propre chef et transportés à la morgue sous les tirs de mortier de l’Ukraine. En conséquence, l’Ukraine ne les a pas non plus rassemblés à la morgue. Aujourd’hui, les militaires russes ont dû enterrer les soldats morts dans des fosses communes.

Selon l’un des soldats participant à l’inhumation, les corps des soldats tués des forces armées ukrainiennes ont été retirés de la ligne de front il y a une semaine. Il a déclaré que les négociations avec le gouvernement actuel de l’Ukraine n’ont pas abouti. La partie ukrainienne a tout simplement refusé de prendre les corps, de sorte que les Forces armées russes ont enterré les morts par leurs propres moyens dans l’un des cimetières de la ville.

Si les autorités ukrainiennes actuelles prenaient les corps de leurs combattants, leurs proches pourraient leur dire adieu de manière humaine. Et maintenant, ils ont été enterrés à l’intérieur de sacs en plastique dans des fosses communes. Mais c’est mieux que de nourrir les bêtes sauvages, comme cela arriverait si l’armée russe ne se chargeait pas de les enterrer. Au moins, les proches auront une chance de retrouver les morts en passant par la procédure de prélèvement d’ADN.

Ce n’est pas la première histoire de ce genre. En mars dernier, nous écrivions que l’Ukraine refusait d’entrer en contact avec les familles des militaires décédés dans les territoires de la LPR et de la DPR et de prendre leurs corps. En conséquence, tous ces soldats ont été enterrés dans des fosses communes. Certains avaient des plaques de nom, d’autres soldats sont restés non identifiés.

Le titre de Reuters était 100% faux. Cela peut être dû au fait que le rédacteur a mal interprété les propos de l’enquêteur de la police ukrainienne. Ou bien il a intentionnellement exagéré l’affaire pour augmenter la valeur de propagande de cette information. Je soupçonne que c’est la dernière hypothèse.

Par ailleurs, ce cimetière n’a rien d’inhabituel. Pendant une guerre, des gens des deux côtés meurent. Les civils souffrent autant que les soldats alors que les combats se déroulent autour d’eux. La ville avait été lourdement défendue par les Ukrainiens et il a fallu à l’armée russe tout le mois de mars pour la prendre. Un grand nombre des victimes enterrées ont probablement été tuées par des tirs d’artillerie. Il n’y a aucun moyen de savoir de quel côté venait ce tir.

Le fait que le cimetière soit dans les bois et non dans un endroit ouvert est également logique. Avec les drones qui tournent autour et l’artillerie hostile à portée de main, on ne voudrait pas être pris en train de remuer les tombes en plein champ. Les arbres offrent au moins une certaine protection contre la vue du ciel.

Un autre fake de propagande évident a été publié dans le Washington Post d’aujourd’hui :

Les lettres laissées derrière par des soldats russes démoralisés lors de leur fuite

Les dix lettres manuscrites, datées du 30 août, ont été laissées dans une maison résidentielle de deux étages où des Russes squattaient. Elles ont ensuite été trouvées par des soldats ukrainiens qui les ont fournies au Washington Post pour examen. Elles dressent le portrait de troupes découragées qui cherchent désespérément à se reposer et s’inquiètent de leur santé et de leur moral après des mois de combat.

Le style similaire dans lequel les 10 lettres ont été écrites suggère que les troupes, fatiguées et découragées, se sont regroupées pour les rédiger. Les lettres ont attiré l’attention des soldats ukrainiens dès leur arrivée à Izyum, que les Russes ont abandonné précipitamment lors de leur retraite, et certaines ont été partagées sur les réseaux sociaux.

L’authenticité des lettres n’a pas été confirmée par des experts indépendants de la police scientifique …

On peut dire d’emblée que cette histoire n’a guère de sens. Les forces de sécurité russes qui se sont trouvées à Izium après les premiers combats appartenaient à la Rosguardia (Rosgvardiya), la Garde nationale russe, qui s’apparente davantage à une force de police des frontières dotée de quelques missions supplémentaires. Il y a eu peu de combats à Izium après la fin du mois de mars. Les gardes qui y étaient stationnés étaient régulièrement approvisionnés. Dans ce contexte, ils n’avaient aucune raison de se sentir comme « des troupes découragées, ayant désespérément besoin de repos et préoccupées par leur santé et leur moral ».

La Rosguardia a été évacuée sans pertes par les forces militaires russes avant que les Ukrainiens n’encerclent et ne reprennent la ville.

Le fait que les dix lettres aient été rédigées dans un « style similaire » laisse penser qu’elles ont été écrites par la même équipe des services de renseignement ukrainiens qui utilise le Washington Post et d’autres médias pour diffuser leurs mensonges au public. Ils ont l’intention de dépeindre l’armée russe comme une force épuisée et moralement brisée. Il semble que ce ne soit pas le cas.

Pendant que j’écrivais ce qui précède, Reuters a publié un nouvel article qui modifie son rapport précédent mais ne le corrige pas :

Environ 200 croix en bois vues sur un site près d’Izium en Ukraine

Il répète en fait les fausses affirmations précédentes que le rapport de l’AP avait démenties :

IZIUM, Ukraine (Reuters) – Environ 200 croix en bois ont été découvertes vendredi sur un site près d’Izium, dans le nord-est de l’Ukraine, ont déclaré des témoins de Reuters, marquant peut-être un deuxième charnier dans une zone reconquise ces derniers jours par les forces ukrainiennes.

Des hommes en combinaison blanche ont commencé à exhumer des corps sur le site, situé en bordure d’un cimetière au nord-ouest d’Izium, ont indiqué les témoins. Une vingtaine de sacs mortuaires blancs étaient visibles.

Les autorités ukrainiennes avaient précédemment signalé la découverte d’une fosse commune contenant environ 440 corps dans la ville d’Izium, un bastion russe de première ligne jusqu’à la contre-offensive de l’Ukraine dans la région de Kharkiv au cours de la semaine dernière.

Ce n’est pas le “ brouillard de la guerre ” qui obscurcit ces nouvelles informations. C’est la propagande qui a été mise en place pour inciter la population “ occidentale ” à s’opposer à la Russie, à ses citoyens et à ses soldats.

Sans plus d’éléments et de preuves, on ne peut pas et on ne doit pas croire les nouvelles provenant de la guerre d’Ukraine et d’autres guerres.

Ukraine – Disséquer quelques nouvelles de propagande de guerre – Addendum

Ceci est un suivi de l’article d’hier sur les affirmations et la distribution de propagande non fondée de Reuters :

Ukraine – Disséquer quelques articles de propagande de guerre

Reuters via Yahoo :

Plusieurs corps retrouvés sur un site d’enterrement collectif à Izium, en Ukraine, avec une corde autour du cou

Quelques heures plus tard :

Alerte – L’histoire a été retirée – Plusieurs corps trouvés dans un site d’enterrement collectif à Izium en Ukraine avec une corde autour du cou

Alors que Yahoo et d’autres ont supprimé le corps de l’histoire, son faux titre est toujours là.

Je répète les dernières phrases du billet d’hier :

Ce n’est pas le “ brouillard de la guerre ” qui obscurcit ces nouvelles informations. C’est la propagande qui a été commandée pour inciter la population « occidentale » à s’opposer à la Russie, à ses citoyens et à ses soldats.

Sans plus d’éléments et de preuves, on ne peut et on ne doit croire aucune nouvelle provenant de la guerre d’Ukraine et d’autres guerres.

Ajouté (6:10 UTC) :

Il est intéressant de noter que le Telegraph est plus sceptique que l’agence de presse Reuters :

L’intérieur d’Izyum – et le centre de commandement russe détruit par les missiles Himars

Anton Herashenko, conseiller du ministère ukrainien de l’Intérieur, a déclaré jeudi à la BBC qu’un millier de corps avaient été retrouvés à Izyum et que davantage de civils y avaient péri qu’à Bucha.

Le Telegraph n’a pas vu de preuves de cette ampleur lors d’une visite jeudi. Hrigory, [un ingénieur civil de 63 ans,] a nié avoir connaissance de crimes de guerre.

« Nous n’avons pas interagi avec eux, et ils n’ont pas interagi avec nous », a-t-il dit à propos des Russes. « De ce que je sais, il n’y a pas eu de détentions, d’exécutions, de tortures ».

« Il y avait beaucoup de jeunes hommes qui disaient “ nous ne tirerons pas de balles ” », a-t-il ajouté.

Et un autre du Telegraph :

Des corps « torturés » sont découverts dans les fosses communes de la ville libérée d’Izyum.

Oleksandr Filchakov, chef du bureau du procureur de Kharkiv, a déclaré que certains corps présentaient des signes de torture. Les journalistes présents sur les lieux n’en ont pas vu la preuve.

* * * * * * * * *

Les informations ci-dessus concernant les pratiques de l’armée ukrainienne sont plutôt raccord avec ce qu’en a dit Amnesty International.

De là à conclure que plus une information est prévisible moins elle est crédible, il n’y a qu’un pas.

XP

Moon Of Alabama

URL de cet article 38237
https://www.legrandsoir.info/ukraine-dissequer-quelques-articles-de-propagande-de-guerre.html

LE COMING OUT DE PATRICE EVRA


Evra, Patrice Evra, l’ancien capitaine de l’Equipe de France de football… celui qui a été choisi pour la défendre ou prendre sa défense… a récemment exprimé son désaveu de la France ou plutôt des Français en disant : Que tant qu’il gagnait, on le prenait pour un français mais qu’il redevenait sénégalais dès qu’il perdait… qu’il regrettait par conséquent d’avoir servi ce pays qui n’est pas le sien, et qui le lui rend si bien en l’ignorant depuis qu’il ne tient plus son rang… il a même rajouté que s’il avait à le refaire il ne le referait pas… et préférerait prendre une balle en servant plutôt le Sénégal.
On va dire qu’Evra nous fait là : un coming-out parfait : en disant qu’il n’est pas celui qu’on a cru qu’il était.
Evra que plus personne ne salue comme l’ancien champion qu’il est ou qu’il n’a jamais été…Un salaud, qui pour un bon mot, n’a pas hésité à porter atteinte aux joyaux de la France et des français, à des valeurs comme l’égalité ou la fraternité. Pour lui, ce ne sont que des devises de pacotille. Il a préféré la vérité vraie à la vérité affichée…
Pour prendre son pied, il a glissé un petit caillou dans la chaussure de la France des 3 D : Domenech, Darmanin et Dupont pour les faire trébucher… Ils vont crier au scandale avant de rappeler qu’il fut un voyou avant tout, même s’il a longtemps évolué dans le plus prestigieux club anglais Man-U… Manchester United, le berceau de Beckham et le tombeau de Cantona.
La question que l’on peut se poser légitimement et sans langue de bois : jusqu’à quel point il a tort ? Ou jusqu’à quel point il a raison ?
La réponse coule de source pour ceux qui ont, comme disent les espagnols : trois C sur leur compte courant : « Cabeza, Corazon y Cojones » : un cerveau, un cœur et des couilles pour oser dire ce qui ne se dit pas. C’est-à-dire : du COURAGE, voyons !
Encore plus grave que d’être raciste, prétendre qu’on ne l’est pas.
Encore plus grave que d’être lâche, prétendre qu’on ne l’est pas.
Encore plus grave que de ne pas aimer les autres, prétendre qu’ils ne vous aiment pas.
Oui Evra! tu es d’ici lorsque tu gagnes, d’ailleurs lorsque tu perds. Il n’est pas interdit d’être sincère.

lejournaldepersonne

♦ Cisjordanie déstabilise Israël


Le Hamas a publié une vidéo de ses combattants s’entraînant à Jénine qui a été prise comme un message qu’ils vont bientôt reprendre leurs opérations en Cisjordanie.

Une photo d’une vidéo publiée par les Brigades Izz ad-Din al-Qassam du Hamas le 3 septembre montre des combattants s’entraînant à Jénine, en Cisjordanie. – Hamas

RAMALLAH, Cisjordanie – Les Brigades Izz ad-Din al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, ont publié une vidéo le 3 septembre montrant ses combattants effectuant des exercices militaires à Jénine.

La vidéo, qui a été largement diffusée sur les médias locaux et les sites de réseaux sociaux, montre un groupe de combattants d’al-Qassam menant des exercices militaires avec des armes légères. La rare vue de l’écharpe et de la bannière des Brigades al-Qassam en Cisjordanie a mis l’Autorité palestinienne et ses services de sécurité en état d’alerte et a conduit à une campagne d’arrestations à Jénine.

Le journaliste israélien Ehud Hamo a déclaré sur la chaîne israélienne Channel 12 le 5 septembre que la vidéo, réalisée non loin de la ville israélienne d’Afula, avait suscité l’inquiétude des autorités de sécurité israéliennes. Il a évoqué la possibilité que ces hommes armés mènent des opérations armées à l’intérieur d’Afula, qui a subi de telles attaques pendant la deuxième Intifada.

« Cette vidéo semble être une exception, car elle présente des scènes et des images que nous n’avons pas vues depuis des années en Cisjordanie. Il reflète toutefois la situation récente de jeunes Palestiniens plus armés qui commettent des fusillades à un rythme sans précédent. L’establishment de la sécurité craint que l’escalade dans ces zones ne conduise à une explosion », a ajouté Hamo.

« L’armée israélienne et l’AP augmentent la pression dans le camp [de Jénine] pour trouver des membres du Hamas », a-t-il déclaré, ajoutant : « L’AP est embarrassée par cette vidéo. »

Mustafa al-Sawaf, un écrivain politique basé à Gaza qui est proche du Hamas, a déclaré à Al-Monitor : « L’émergence de cette vidéo à ce moment et en ce lieu montre que les Brigades al-Qassam ont presque terminé leurs préparatifs et lanceront bientôt des activités militaires armées dans les zones environnantes. »

Il a ajouté : « La vidéo envoie également aux Palestiniens que la résistance armée est toujours active. »

Il y a eu une augmentation des fusillades visant les soldats et les colons israéliens en Cisjordanie, les affrontements armés devenant presque quotidiens dans les villes palestiniennes. Plus récemment, un groupe de Palestiniens a tiré sur un bus transportant des soldats israéliens dans la région de la vallée du Jourdain le 4 septembre, blessant sept d’entre eux. Le même jour, un poste de contrôle militaire israélien près de Ramallah a fait l’objet d’une attaque au volant qui a blessé quatre soldats israéliens. Israël a accusé le Hamas et le Jihad islamique d’être derrière l’escalade.

Le site d’information hébreu Walla a rapporté le 1er septembre que le Hamas coopère étroitement avec le mouvement du Jihad islamique en Cisjordanie pour mener des opérations contre des cibles israéliennes.

Walla a cité les services de sécurité israéliens disant que les dirigeants du Hamas aident à transférer des fonds et à recruter des combattants de la résistance en Cisjordanie. Mais à la lumière de la campagne d’arrestation israélienne contre les membres du Hamas en Cisjordanie, le mouvement cherche à coopérer avec le Jihad islamique à Jénine, Naplouse et dans les villages voisins.

Pendant ce temps, le Hamas appelle à l’escalade de la résistance armée contre l’armée israélienne et les colons en Cisjordanie et fait l’éloge des incidents dans lesquels des soldats ou des colons israéliens sont ciblés. Selon les services de renseignement israéliens, le Hamas contribue en finançant et en fournissant des capacités militaires à diverses factions de résistance.

La vidéo a soulevé des inquiétudes en Israël et dans l’AP au sujet de la réactivation publique par le Hamas des cellules de militants en Cisjordanie.

En novembre 2021, des dizaines de membres d’al-Qassam portant des armes ont assisté aux funérailles du chef du Hamas Wasfi Qabha à Jénine, provoquant la colère de l’AP. Le gouverneur Akram Rajoub a décrit la scène comme un « développement grave » et l’AP a réagi à l’incident funéraire en modifiant sa direction de la sécurité à Jénine.

L’establishment sécuritaire israélien estime que le Hamas cherche à enflammer la Cisjordanie alors même qu’il s’efforce de maintenir le calme dans la bande de Gaza et que de nombreux dirigeants des Brigades al-Qassam du groupe sont d’anciens prisonniers qui ont été expulsés vers Gaza après leur libération et qui utilisent maintenant leurs relations pour mener des opérations en Cisjordanie. Israël estime également que le Hamas profite d’une nouvelle génération de jeunes désireux de combattre l’occupation israélienne.

L’auteur et analyste politique palestinien Nihad Abu Ghosh a déclaré à Al-Monitor qu’Israël avait intensifié ses activités de sécurité à Jénine de peur que la violence ne s’étende à d’autres régions de Cisjordanie, car les militants armés à Jénine inspirent les jeunes ailleurs.

Il a ajouté : « Je pense que ce qui distingue Jénine, son camp et les villages environnants, c’est l’unité nationale entre les factions et les groupes armés. Cependant, toutes les opérations sont menées individuellement et ne sont pas dirigées par une organisation, même si certains des auteurs appartiennent à certaines factions.

« C’est ce qui préoccupe Israël et le rend incapable d’anticiper de telles actions », a-t-il noté.

Ahmad Melhem

@ahmadme44502893

https://www.al-monitor.com/originals/2022/09/video-hamas-fighters-training-west-bank-unsettles-israel

♦ PLUS DE COUPE DU MONDE !


♦ PLUS DE COUPE DU MONDE !

Canto n’a que l’amour du ballon rond. Il a la nette, très nette conviction que c’est la planète qui ne tourne pas rond depuis que le Qatar a été désigné comme pays organisateur de la plus convoitée des compétitions : la coupe du monde de Football. Canto n’a que du mépris pour les puissances d’argent qui ne savent même ce que c’est qu’un ballon mais qui s’emparent de l’occasion pour se faire un nom. Canto dit non et va boycotter télé-visuellement l’évènement. Et comme d’habitude il insiste, persiste et signe une pétition pour que l’on ne ternisse pas sa passion pour de mauvaises raisons. Je voudrais bien lui emboiter le pas, non pour défier comme lui les passe-droits mais pour faire feu de tout bois, quitte à remettre en cause y compris sa bonne foi.

ONE : Si c’est pour des raisons écologiques ou de réchauffement climatique qu’il faudrait absolument boycotter le Qatar, c’est une histoire drôle qui fera encore rire Galtier et Mbappé…

TWO : Si c‘est parce que ce sont des riches qui se sont nourris de la sueur et du sang des plus pauvres, c’est leur faire grand honneur que de croire qu’ils ont réinventé l’exploitation de l’homme par l’homme.

THREE : Si c’est parce qu’ils ne sont pas irréprochables, c’est un serpent qui se mord la queue : parce que nous ne disons pas vraiment ce que nous leur reprochons : d’être pas comme nous c’est à dire arabes ou d’être comme nous c’est-à-dire vaniteux ?

FOUR : Enfin si c’est pour une question de justice ou d’équité, dans ce cas il ne faudrait pas se rendre en Israël pour jouer au ballon tant que ce pays joue sur des terres occupées sans se soucier des Palestiniens qu’il a chassé.

lejournaldepersonne                                                                                                                  #Cantona #Qatar2022 #Football #CoupeduMonde #Palestine #Israël #MHAPSG #BoycottQatar2022 #Qatar #Mondial  .

♦ UKRAINE : LA GUERRE DES BOUTONS



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#Ukraine#Poutine#Zelensky#Macron#Biden#abandon#Descartes#enfant#jeu#guerre#Kharkiv#GuerreEnUkraine#KharkivOffensive

♦ RAHIM ET LA FRANCE


France Rance, je sens ton odeur un peu forte. Es-tu encore vivante ? Es-tu déjà morte? Je n’ai jamais réussi à distinguer en toi, l’offense de la défense. Tu offenses et t’en défends, tu défonces puis tu t’enfonces. C’est bien toi, la France… le pays de mon enfance A la jointure de l’erreur et de l’errance…Je t’ai aimé de la première à la dernière danse. Je t’ai longtemps supportée, mais tu ne m’as pas porté chance. O France… le pays de l’intolérable tolérance. Je ne te supporte plus depuis que tu es sous influence Rivée et privée de transcendance. Ça y est, j’ai trouvé le mot clé : tu es transfigurée Au propre comme au figuré. Je ne dis pas comme les racistes que tu es défigurée Mais je dis bien : transfigurée… Sous tes nouveaux aspects radieux et glorieux. Dis-moi : As-tu mal vieilli ou faussement rajeuni ?Je te connais mais ne te reconnais plus. Ta beauté crève les yeux mais ne crève plus les cieux. Pourquoi as-tu renoncé à ton corps mystique ?Pour encenser ton corps physique, tu as effacé toute métaphysique. Tu t’es modernisé jusqu’à devenir pour les vieux de la vieille un objet de risée. Tu n’es plus qu’un spectre qui se déréalise pour se réaliser. Trans… quelque chose, Trans-race, trans-genre…Tu es en transe… tu transpires sous le soleil artificiel de tes nouvelles carences. Tu es désormais peuplée de fouines et de gouines qui font tout pour changer la nature de nature…Je songe en tremblant à ma meilleure ennemie : Christine and the Queens…Elle est née Héloïse puis elle a changé de devise et s’est remise au goût de la nuit jour en s’appelant Chris comme le Christ souffrant sur sa croix. Et maintenant Rahim…L’un des 99 noms que le Coran n’accorde qu’à Dieu… le miséricordieux qui lui pardonnera certainement son genre irrévérencieux. Christine est probablement la plus belle figure du wokisme à la française. Elle voudrait que je l’appelle Monsieur parce que Madame ne veut plus jouer aux dames, mais aux échecs… rien que pour s’entendre dire à la vérité vraie : échec et mat…Christine c’est la France qui m’épate… épathologiquement parlant. À l’image de la France… c’est le condensé de toute souffrance


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#genre#France#LGBT#tolérance#homophobie#wokisme#progressisme#Transidentité#christineandthequeens#Rahim#redcarpet

♦ Selon un nouveau rapport, des robots pro-occidentaux sont à l’origine de la grande majorité des tweets Russie-Ukraine


Un rapport retentissant a révélé que l’une des plus grandes armées de robots jamais découvertes travaillait secrètement à la promotion des intérêts occidentaux dans la guerre par procuration que l’OTAN mène actuellement contre la Russie en Ukraine.

Des chercheurs de l’université d’Adélaïde qui ont étudié 5,2 millions de tweets publiés dans les semaines qui ont suivi l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine ont publié une nouvelle étude alarmante selon laquelle 60 à 80 % de ces messages étaient partagés par de faux comptes – et 90 % d’entre eux étaient en faveur du régime ukrainien.

D’après leurs recherches révolutionnaires, de faux comptes utilisant des hashtags tels que #IStandWithUkraine#IStandWithZelenskyy et #ISupportUkraine ont été utilisés en masse pour perpétuer des mythes tels que le « fantôme de Kiev », un pilote inexistant que les influenceurs pro-Ukraine ont présenté pendant des mois comme un exemple de bravoure anti-russe avant que l’armée du régime de Kiev ne reconnaisse discrètement qu’il n’a jamais existé.

Les chercheurs ont constaté que de tels robots ont été déployés à des moments clés du conflit, notamment lorsque les combats ont commencé à Marioupol et lorsque la Russie a pris pied dans sa première grande ville ukrainienne.

Selon les informations compilées par le Stanford Internet Observatory et Graphika, une page pro-américaine ciblant les utilisateurs de médias sociaux d’Asie centrale est allée jusqu’à retoucher une photo de l’actrice portoricaine Valeria Menendez afin de convaincre le public qu’il y avait de vrais êtres humains derrière la campagne d’influence.

Un graphique compare la photo d’une actrice portoricaine avant et après qu’elle ait été modifiée par les opérateurs d’un botnet pro-américain..

L’impact que les réseaux de ces comptes robots ont pu avoir sur la perception du public concernant la guerre par procuration en Ukraine reste à déterminer.

Mais les audiences occidentales étant de plus en plus préoccupées par des problèmes plus immédiats, tels que la crise énergétique engendrée par les sanctions anti-russes ou le manque d’eau potable dans des villes américaines comme Jackson, dans le Mississippi, les sondages montrent que l’intérêt pour le conflit ukrainien a été divisé par vingt au moins depuis la fin février – et il est probable que les opérateurs des bots ont connu un sérieux déclin de leur engagement.

Wyatt Reed

Traduit de l’anglais par Arrêt sur info
Source: Sputniknews.com

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Article original

A bombshell report has revealed that one of the largest bot armies ever discovered was secretly working to advance Western interests in NATO’s ongoing proxy war on Russia in Ukraine.

Par Wyatt Reed

Researchers at the University of Adelaide who studied 5.2 million tweets published in the weeks after Russia’s special military operation in Ukraine have published an alarming new study which found that 60% to 80% of those posts were shared by fake accounts – and 90% of them were in favor of Kiev.

According to their groundbreaking research, fake accounts using hashtags like #IStandWithUkraine#IStandWithZelenskyy and #ISupportUkraine o were utilized en masse to perpetuate myths like the “Ghost of Kiev” – a non-existent pilot that pro-Ukraine influencers held up for months as an example of supposed anti-Russian gallantry before the Kiev regime’s military quietly acknowledged he never existed.

Such bots were deployed at key moments in the conflict, like when fighting began in Mariupol and when Russia gained a foothold in its first major Ukrainian city, researchers found.

According to information compiled by the Stanford Internet Observatory and Graphika, one pro-US page targeting Central Asian social media users went as far as doctoring a photograph of Puerto Rican actress Valeria Menendez in an effort to convince audiences that there were real human beings behind the influence campaign.

A graphic compares the photo of a Puerto Rican actress before and after it was altered by the operators of a pro-US botnet.
© Courtesy of Stanford Internet Observatory/Graphika

The impact that networks of such bot accounts may have had on public perceptions surrounding the Ukraine proxy war has yet to be determined.

But with Western audiences increasingly preoccupied by more immediate issues like the energy crisis spawned by anti-Russia sanctions or the lack of drinkable water in US cities such as Jackson, Mississippi, polls show that interest in the Ukraine conflict has fallen at least twenty-fold since late February – and it’s likely that the bots’ operators have experienced a serious decline in engagement.


Source: Sputniknews.com

♦ PERFIDE ALBION. Briser la Russie; détruire le Liban


En 2018, nous écrivions à propos de la Russie :

L’‘Integrity Initiative’ – une opération de renseignement militaire, déguisée en œuvre de bienfaisance, pour créer une « menace russe ».

Le reportage était basé sur les dossiers internes de l’Integrity Initiative britannique qu’une organisation « anonyme » avait pu se procurer et publier.
Les données acquises par le même groupe auprès du Foreign and Commonwealth Office britannique révélaient d’importants programmes de propagande britannique en faveur des djihadistes en Syrie ainsi que des opérations d’influence britannique destinées à saper les institutions de sécurité libanaises et à secrètement influencer sa population.

Aujourd’hui, un autre gros paquet de fichiers a été publié par la même source. Ils décrivent un vaste programme du gouvernement britannique destiné à saper la Russie en organisant et en finançant des médias « indépendants » en langue russe, en « formant » des journalistes russes et en payant secrètement des personnes d’influence russes. Ce n’est certainement pas le seul programme britannique russophobe, mais il est probablement celui qui a, secrètement, le plus d’influence auprès du public.

L’auteur anonyme a présenté l’ensemble du programme « Undermining Russia » en quatre grandes parties : Undeuxtroisquatre.

Les informations discutées proviennent de dossiers gouvernementaux qui financent divers projets, ainsi que d’entreprises et – ce qui est intéressant – d’organisations caritatives qui font des offres pour gérer les projets du FCO. Tous les fichiers sous-jacents peuvent être téléchargés sous la forme d’un seul fichier d’archive (~80 Mo).

Les fichiers les plus intéressants sont les offres que les entreprises font pour les projets. Ils révèlent des projets, des méthodes et des personnes antérieurs et permettent ainsi d’avoir une vue d’ensemble.

Le budget de ces différents projets anti-russes s’élève à plusieurs dizaines de millions de livres sterling par an. Les premiers programmes ont été lancés en 2016 et certains se poursuivent encore cette année.

L’idée générale a été exposée lors d’un « appel d’offre » organisé pour l’un des projets :
Caractéristiques du programme :
ENGAGER – travailler par l’intermédiaire du British Council pour mettre en œuvre des activités de personne à personne entre des individus d’origine ethnique russe et les communautés locales afin de développer des liens sur le modèle des compétences du XXIe siècle – incluant les compétences en langue anglaise et l’éducation aux médias, les entreprises sociales et les activités culturelles ;
DÉVELOPPER – soutenir les médias indépendants dans l’étranger proche de la Russie pour apporter équilibre et pluralité aux médias de langue russe, dans les États baltes et les pays du partenariat oriental ;
EXPOSER – en démystifiant et en exposant la désinformation russe en temps réel, qui peut être rapportée dans les médias grand public dans le but d’exposer la désinformation malveillante de l’État dans les pays qui en sont la cible. Si vous exposez la désinformation, elle a moins de chances d’avoir un impact ; par conséquent, l’État russe devient moins crédible.
RENDRE CAPABLE – travailler avec les gouvernements alliés par le biais du service de communication du gouvernement afin d’améliorer la communication stratégique avec leurs populations.

Notez que la « désinformation russe » inclue tout ce que la Grande-Bretagne n’aime pas à propos de la Russie. La meilleure façon d’« exposer » cette « désinformation » est de diffuser la sienne. Il ne s’agit pas de programmes défensifs mais d’attaques contre la Russie.

Les projets visant à atteindre les objectifs susmentionnés sont mis en œuvre dans presque tous les pays limitrophes de la Russie et ayant une minorité russophone ainsi qu’en Russie même.

Le gouvernement britannique ne veut pas que vous soyez au courant de ces projets. La fiche « Appel d’offre » dit encore ceci :
Sécurité
Aucune divulgation non autorisée de l’activité sur ce travail. Le contrat devra tenir compte des personnes avec lesquelles nous travaillons. Sécurité informatique de base. Des mesures raisonnables devraient couvrir nos besoins, mais le FCO peut demander une explication sur les mesures prises pour assurer la sécurité et le devoir de diligence.
Il convient de noter que pour des raisons de sécurité, certains bénéficiaires ne souhaiteront pas être liés à l’OCPSF. Il convient de noter que l’équipe du programme préférerait que les documents du programme ne finissent pas entre les mains de médias russes. Nous savons qu’ils nous observent, et nous nous attendons à de prochaines révélations.

Quel est l’objectif général de ces programmes secrets ? L’auteur de la série « Undermining Russia » explique cela en rapport avec l’«empoisonnement » d’Alexei Navalny :
De nombreuses années de travail minutieux du Gouvernement de Sa Majesté, en utilisant ses ambassades et ses services de renseignements, précèdent une attaque chimique. Ils créent des médias, des organisations de la société civile et des pseudo-organisations humanitaires qui se trouvent être au bon endroit et au bon moment, avec leurs caméras prêtes à l’emploi, lorsque « soudainement » un terrible accident « pousse tout le monde à l’action ».
Pensez-vous que le Gouvernement de Sa Majesté [GSM] a mis en scène l’« accident de Navalny » dans le cadre d’une opération secrète ? GSM a-t-il créé des médias, encouragé des blogueurs et des pigistes qu’il contrôlait ? A-t-il engagé des relations avec la jeunesse russe et les organisations de la société civile ? A-t-il tenté de diaboliser Poutine, comme il l’a fait avec Assad, en les qualifiant de dictateurs maléfiques qui empoisonnent leur peuple avec des armes chimiques interdites ? Savez-vous à quoi tout cela sert ? Ils en ont besoin pour délégitimer le leader d’un pays et convaincre les gens du monde entier qu’« aucune méthode ne doit être interdite pour combattre un dictateur fou ». Pouvez-vous saisir la gravité de ce qui se passe ? Eh bien, vous devriez. Car ils nous préparent à la guerre contre les Russes et les Chinois. Ils cherchent des casus belli, et seule la vérité peut les arrêter, car « si les guerres peuvent être déclenchées par le mensonge, elles peuvent être arrêtées par la vérité ». (Julian Assange)

Ce point de vue n’est même pas exagéré. L’« Occident » a sorti les couteaux contre la Russie. Nous avons déjà mentionné un rapport du groupe de réflexion RAND Corporation travaillant pour le Pentagone qui évalue comment mieux « déséquilibrer » la Russie. En fin de compte, il vise clairement un changement de régime en Russie ou, si ce n’est pas possible, une guerre. Vendredi, Gabriel Felbermayr, le président de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, a été interrogé par une station de radio allemande sur les nouvelles sanctions que l’UE pourrait imposer à la Russie. Il est sceptique quant à l’efficacité de ces sanctions car (ma traduction) :
Les objectifs que nous avons à l’égard de la Russie sont très importants. Nous ne voulons rien de moins qu’un changement de régime en Russie, ce qui est difficile à réaliser par la pression économique.

Les nouveaux documents révèlent également quelques nouveaux points intéressants sur Navalny qui semble être à la solde du gouvernement britannique :

Ces documents montrent d’eux-mêmes que le FCO a mis en place un réseau de YouTubers populaires en Russie qui enquêtent sur la corruption au sein du gouvernement, et les YouTubers reçoivent l’aide de certains journalistes des États baltes. De plus, le FCO a l’expérience de l’organisation de manifestations en Russie.
Vous devez maintenant avoir deviné l’identité de l’un de ces populaires YouTubers qui enquêtent sur la corruption. Après avoir obtenu les fichiers du réseau EXPOSE et examiné les cas il y a deux ans, nous n’avons pas trouvé quel YouTuber le FCO soutenait par le biais de ZINC. Nous nous sommes abstenus de toute conclusion préliminaire, même lorsque les journalistes ont découvert que Vladimir Ashurkov, un proche allié d’Alexei Navalny, faisait partie du groupe de l’Integrity.
Mais lorsque nous avons vu Navalny et Bellingcat ensemble, les choses ont commencé à prendre un sens. En creusant un peu plus, nous avons découvert un autre partisan de Navalny qui vit à Londres – une certaine Maria Pevchikh, une femme de l’ombre qui fait la promotion d’un système de « vote intelligent » en Russie. Les travaillistes ont utilisé un système de vote similaire pour voler les votes des conservateurs. Il est donc très probable que le Royaume-Uni ait recommandé ce système à Navalny.
Il s’est également avéré que Navalny a entamé une campagne de diffamation contre RT – l’un des rares médias en occident qui permet à ceux qui ne sont pas d’accord avec la position officielle d’un gouvernement occidental de s’exprimer. Il est à noter que la campagne de Navalny se déroulait parallèlement à celle d’Integrity Initiative. Une question raisonnable apparaît alors : pourquoi Navalny, qui est surtout engagé dans des batailles politiques à l’intérieur de la Russie, passe-t-il du temps à combattre une chaîne de télévision opérant à l’extérieur du pays ? RT est-elle vraiment un tel problème pour lui ? Non, ce n’est pas le cas. C’est un problème pour les impérialistes occidentaux et apparemment, ils ont ordonné à Navalny de se joindre à leurs efforts.

De toute façon, voici à nouveau des liens vers les quatre chapitres de « Saper la Russie » : Undeuxtroisquatre.

Ils donnent un aperçu détaillé des méthodes utilisées par l’« Occident » pour détruire les pays étrangers. Il faut les connaitre si l’on veut vraiment comprendre ce qui se passe dans ce monde.

Par Moon of Alabama – Le 15 février 2021

Via le Saker Francophone

LIBAN : la Perfide Albion dans ses œuvres…

L’ambassade britannique au Liban infiltre les renseignements militaires, fournit du matériel de surveillance et endoctrine les jeunes Palestiniens

L’ambassadeur britannique au Liban est « très excité » par l’idée de remettre à l’armée libanaise d’inutiles véhicules de patrouille à moitié blindés :

Martin Longden @MlongdenUK – 12h25 UTC · 1 février 2021

Très heureux d’assister à l’arrivée à Beyrouth de 100 véhicules blindés de patrouille, un don du Royaume-Uni à @LebarmyOfficial. C’est un excellent exemple pratique du partenariat britannique et de notre soutien de longue date au rôle vital des Force Armées Libanaises dans le maintien de la sécurité de la frontière syrienne.

Garder la frontière syrienne sûre et sécurisée n’est certainement pas une priorité britannique. N’oublions pas que c’est la Grande-Bretagne qui a embauché diverses sociétés, dirigées par des «anciens» officiers du renseignement britannique, qui ont ensuite organisé et mené les campagnes de propagande pour l’attaque djihadiste contre la Syrie.

Les mêmes entreprises ont été engagées pour créer secrètement des groupes de «sociétés civiles» au Liban qui ont ensuite été utilisés pour manifester en faveur d’un «changement de régime» et pour faire pression sur le gouvernement libanais. C’est également le gouvernement de Sa Majesté qui a embauché de telles entreprises du renseignement pour intégrer et saper les services de justice et de sécurité du Liban.

L’armée libanaise était une autre cible des efforts du renseignement britannique pour prendre le contrôle de la politique libanaise.

Des hackers «anonymes» ont récupéré et publié un troisième lot de documents qui montrent comment la Grande-Bretagne a infiltré le département du renseignement militaire des forces armées libanaises. D’autres documents montrent que la Grande-Bretagne a fourni du matériel d’espionnage aux services de renseignement qu’elle avait infiltrés. Un autre programme secret a été conçu pour infiltrer les camps de réfugiés palestiniens au Liban et pour manipuler les jeunes palestiniens.

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Pour tout cela, le gouvernement britannique utilise des entreprises d’espionnage.

Un document du gouvernement, le Manuel de référence  pour la pénétration des renseignements militaires libanais, décrit comment ces entreprises sont censés procéder.

L’« excuse » est d’apporter une formation et un soutien à la lutte contre le terrorisme (italiques ajoutés) :

L’objectif de [l’ambassade britannique à Beyrouth] est d’accroître la capacité, les moyens et le respect des droits de l’homme des FAL et du tribunal militaire dans le cadre du processus d’arrestation en justice contre-terroriste. Une voie conforme au système de lutte contre-terroriste au Liban est à trouver, qui pourrait être utilisée par les forces de l’ordre britanniques dans le cas d’affaires de terrorisme avec des liens britanniques au Liban.

Compétence exigée

Le fournisseur externe est tenu de garantir un programme de deux ans au nom de l’ambassade britannique à Beyrouth, travaillant principalement avec le Département du renseignement militaire de l’armée libanaise, mais avec la possibilité de s’engager avec une gamme plus large de services de sécurité, pour développer leurs processus d’enquête et leurs normes de preuve.

Travaillant principalement via un conseiller en contre-terrorisme sur place, le fournisseur retenu devra également démontrer un large éventail de domaines d’expertise disponibles, sur appel si nécessaire, pour gérer efficacement le projet du programme tout en faisant rapport à l’ambassade britannique à Beyrouth, et pour démontrer qu’il a construit des processus de M&E [Management et Évaluation] rigoureux et indépendants tout au long du calendrier de programmation.

Le gouvernement britannique a offert 600.000 £ pour le projet de deux ans qui s’est déroulé de juillet 2018 à mars 2020, mais a été prolongé jusqu’en 2022. Il est important de noter que le «fournisseur» avait été invité à garder le projet secret .

CONFIDENTIALITÉ ET PUBLICITÉ

L’exécutant n’est pas autorisé à parler publiquement (aux médias, aux entreprises sans rapport avec des audits HMG ou lors de conférences) de son travail sans l’autorisation explicite de HMG.

Torchlight, une société britannique impliquée dans de précédents projets d’espionnage au Liban et ailleurs, a fait une offre pour le contrat. Elle a livré un certain nombre de documents décrivant ses plans, ses employés et sa méthodologie pour le projet. Voici comment elle prévoit d’accéder au Département du renseignement militaire des forces armées libanaises (LAF DMI), souligné par nous :

Accès aux locaux / organisations. Les affiliations et loyautés politiques, sectaires et complexes des principales agences de sécurité en font des hôtes «courtois mais prudents» et réservés, à la fois avec les agences et les partenaires extérieurs. Chaque organisation existe au sein d’un silo, avec peu de preuves de coordination inter ou intra-agence. Au sein du GSD, par exemple, les processus d’enquête semblent fonctionner selon un strict besoin de savoir qui, d’après nos observations, semble étouffer le travail de partenariat interne et le partage d’informations. Nous naviguerons astucieusement et avec sensibilité dans ces complexités lors du premier déploiement pour renforcer davantage la confiance et les assurances autour de notre présence continue et persistante dans leurs installations tout en respectant la sensibilité du travail impliqué.

Puisqu’aucun processus formel n’existe pour garantir l’accès aux installations du LAF DMI, notre mentor a travaillé dur pendant la phase initiale de ce programme pour développer et exploiter des relations personnelles de confiance afin d’obtenir avec succès l’autorisation et l’admission grâce à des contrôles de sécurité rigoureux. Sur la base de cette expérience et de la nature robuste et durable de la relation que nous avons mise en place, nous sommes entièrement confiants de pouvoir sécuriser un accès continu et un espace de bureau au sein du complexe du LAF DMI pendant la durée du programme.

Cela sera encore rendu possible en engageant les hauts dirigeants du LAF DMI dès le début du projet, en s’assurant de leur adhésion au programme, en soulignant comment l’approche et les objectifs stratégiques sont pleinement alignés avec leur propre vision du changement telle qu’il nous a été articulé lors d’une réunion en mars.

Un peu d’ingénierie sociale – et peut-être un pot-de-vin occasionnel – et oups, un agent du gouvernement britannique a une habilitation de sécurité et un accès suffisant pour se déplacer librement à l’intérieur du service de renseignement militaire libanais.

En tant que projet de suivi de l’infiltration ci-dessus, un programme d’enquêtes et d’assistance aux preuves numériques (IDEA) pour le Liban, les Maldives et le Maroc devait être mis en œuvre. Cela donnerait à la Grande-Bretagne un accès aux données «antiterroristes»acquises et détenues par les services de renseignement de ces pays. C’est encore Torchlightqui a fait une offre. Dans ce cadre, il a soumis sa méthodologie pour le projet. De cela, nous pouvons glaner que Torchlight fournira du matériel et des logiciels que les agences de renseignement qu’il a infiltrées utiliseront ensuite pour pouvoir espionner les téléphones et les données Internet :

Torchlight est neutre pour l’équipement – nous ne recommanderons que les options d’équipement qui correspondent à la solution. Tous les fournisseurs potentiels sont soumis à des contrôles rigoureux de diligence raisonnable pour garantir que nous atténuons les risques susceptibles d’affecter la livraison des équipements et les résultats. Nous entretenons des relations solides avec une grande variété de fournisseurs d’équipements légaux afin de pouvoir sélectionner la bonne solution pour l’exigence, et ces relations établies nous permettent également de négocier des remises, que nous transmettrons à l’Autorité afin qu’elle en ait pour son argent [VfM-Value for Money].

Par exemple, nos relations sur le marché et notre pouvoir d’achat nous ont récemment permis d’inclure une réduction de 10% pour l’achat de logiciels légaux numériques à l’ambassade britannique d’Amman. Nous prendrons minutieusement en considération les niveaux de capacité technique de l’utilisateur final, les exigences de maintenance et les besoins de soutien financier (par exemple, les coûts permanents des licences, de la maintenance, des mises à jour logicielles, des correctifs, etc.) pour garantir que l’équipement continuera à être utilisé de manière autonome, indépendamment du projet et être soutenu dans le futur. Cela est particulièrement critique car la technologie des appareils numériques progresse continuellement et les acteurs criminels adoptent rapidement de nouvelles solutions technologiques – les forces de l’ordre doivent donc être équipées d’une solution capable de suivre le rythme de ces progrès.

Lorsque Torchlight, travaillant pour le gouvernement britannique, fournit des équipements à d’autres services de renseignement, il faut supposer qu’il y aura des portes dérobées intégrées qui permettront au GCHQ britannique et aux autres services d’espionnage des Five-Eyes d’y accéder directement.

Jusqu’à présent, nous avons vu que le gouvernement britannique a infiltré la société civile libanaise, ses services de sécurité et ses tribunaux ainsi que ses services de renseignement militaire.

Les camps de réfugiés palestiniens constituent un environnement encore plus sensible au Liban. Comme prétexte pour s’infiltrer, ce HMG [Her Majesty Government] a demandé des offres pour une campagne de propagande secrète contre EI (Daesh).

Ce programme avait des exigences de secret extraordinaires :

Vous ne pouvez parler de l’exigence qu’en termes généraux lorsque vous recherchez des partenaires locaux pour répondre à l’exigence – vous ne pouvez pas mentionner que le client est HMG.

On se demande pourquoi un programme de lutte contre Daech exigerait un tel secret. Mais le besoin devient évident quand on regarde qui est sa cible.

La soumission de Torchlight pour le projet comprend une déclaration de devoir de diligence :

Environ 53% des réfugiés palestiniens au Liban (450 000) vivent dans les 12 camps de réfugiés reconnus. Le conflit en cours en Syrie a contraint de nombreux réfugiés palestiniens de ce pays à fuir vers le Liban en quête de sécurité. La plupart des militants palestiniens au Liban se limitent à ces camps. …

Torchlight maintient des liens solides avec LAF Intelligence – qui sont officiellement mandatés pour administrer et surveiller les camps – par le biais de nos propres programmes de sécurité en cours au Liban, ainsi que par le biais des ONG locales avec lesquelles nous travaillons en partenariat sur ce projet, qui opèrent dans les 12 pays. RPC entretient d’excellentes relations avec les FAL et les diverses milices présentes dans les camps et dispose de permis d’accès. Nous entretenons également des réseaux solides au sein de la communauté internationale des ONG, y compris avec les agents de sécurité sur le terrain à l’UNRWA. Pendant que nous serons dans les camps, nous veillerons à ce que notre équipe de projet soit accompagnée par le personnel des ONG locales qui connaissent à tout moment le camp, ses habitants et ses protocoles. Nous sommes parfaitement conscients des menaces potentielles de réaction violente envers les bénéficiaires en raison des perceptions autour de ce programme, et les avons atténuées de manière appropriée dans la conception, comme décrit dans les sections 1.2.1 et 1.5.1.

La section 1.2.1 nomme sept ONG locales comme partenaires du projet. La méthode conçue pour le projet est d’influencer les jeunes dans les camps à travers divers ateliers et cours sans leur faire savoir que le programme fait partie d’une campagne britannique anti-ISIS. La section 1.5.1 est l’évaluation des risques. Elle note :

Ce programme ne sera pas ouvertement qualifié de programme CVE / C-Daesh et à aucun moment nous ne divulguerons l’implication de HMG dans ce programme.

Le projet secret, doté d’un budget de 1,5 million de livres sterling, devait être dirigé par Alicia Kearns, une personnalité des relations publiques qui travaillait auparavant pour le ministère britannique de la Défense et le ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth. Là, elle était la meilleure pom-pom girl des djihadistes « modérés » qui ont attaqué la Syrie, son CV note :

2014 – 2016

Responsable intergouvernemental des communications pour la Syrie et l’Irak, et conseiller principal pour les communications contre Daech au Bureau des affaires étrangères et du Commonwealth

Élaboration d’une stratégie de communication approuvée par le Premier ministre pour vaincre Daech et soutenir la Syrie. A dirigé les communications lors des pourparlers de paix en Syrie dirigés par l’ONU et soutenu l’opposition modérée. A dirigé les communications stratégiques / relations publiques du gouvernement britannique face à l’activité militaire russe en Syrie. A représenté le gouvernement britannique lors de réunions individuelles avec les ministres des Affaires étrangères, les plus hauts chefs religieux, les ONG et les armées étrangères de 15 pays. Membre de l’Unité de déploiement rapide, assistante dans la réponse à la crise à Sousse et en Grèce. Géré une équipe de conception et de livraison de campagnes de communication ouvertes et discrètes au Royaume-Uni et au Moyen-Orient. A également supervisé la chaîne Twitter @UKAgainstDaesh, la faisant passer de 104e à 2e compte Twitter le plus influent du FCO. Trois bonus pour livraison «exceptionnelle» et nominé pour un prix exceptionnel de livraison de police. Sensibilisation à la sécurité dans les environnements fragiles plus une formation (SAFE +), y compris un cours supplémentaire à la Journée de sensibilisation aux environnements hostiles. Également formé au déploiement rapide pour gérer les crises, y compris les évacuations.

Tous les programmes britanniques décrits dans cette série sont conçus pour aider le gouvernement britannique à atteindre les objectifs britanniques. La Grande-Bretagne ne crée pas de groupes de jeunes bruyants exigeant un «changement de régime» dans les rues de Beyrouth au profit du Liban. Il n’infiltre pas les services de justice, de sécurité et de renseignement militaire du Liban par pure générosité. Lorsqu’il abuse secrètement des ONG pour endoctriner la jeunesse palestinienne, il n’a pas à l’esprit le bien-être des Palestiniens.

L’argent dépensé pour tous ces programmes d’infiltration secrets est un multiple de l’argent dépensé pour livrer ces 100 voitures de patrouille inutiles.

Les projets décrits sont dangereux pour le Liban et tous ses habitants. Ils ouvrent le pays à un vaste espionnage britannique et à des manipulations de l’intérieur.

Le peuple libanais devrait exiger que son gouvernement mette fin à tous ces programmes.

Par Moon of Alabama ; 1er février 2021

Via  le Saker Francophone

Perfide Albion

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« Perfide Albion » est une expression ancienne, encore utilisée dans le contexte des relations internationales pour désigner l’Angleterre et, par extension, la Grande-Bretagne et le Royaume-Uni, en faisant référence à Albion, son ancien nom. Elle fait référence à des  manœuvres diplomatiques, de duplicité, de traîtrise et donc d’infidélité (vis-à-vis de promesses ou d’alliances apparentes formées avec d’autres États-nations) par des monarques ou des gouvernements du Royaume-Uni (ou de l’Angleterre avant 1707) dans leur quête de leur intérêt égoïste. 

Quelques citations

  • « De tous les peuples ennemie,
    Verra-t-on toujours Albion
    Outrager par sa perfidie
    La gloire de ta Nation? » (Ode au Premier Consul, sur l’armement de la France contre l’Angleterre, en l’an XI de Belin de Ballu, 1802-1803)
  •  « Et la guerre ? Et les forfanteries de la perfide Albion tournant en eau de boudin ? Farce ! Farce ! » (Gustave FlaubertCorrespondances, 1878)
  • « La perfide Albion qui a brûlé Jeanne d’Arc sur le rocher de Sainte-Hélène. » (ChristopheLa Famille Fenouillard 1889-1893)
  • « Quand la perfide Albion
    Commande Pénélope
    À toutes les deux elles font
    Une belle paire de salopes
    Elles partirent aux Malouines
    En culotte de satin
    Pour refiler la chtouille
    Aux braves Argentins » (Pierre Perret 1986)
  • « La perfide Albion devient la chère et loyale Angleterre » (François Crouzet 2006)

Hannibal GENSERIC

https://numidia-liberum.blogspot.com/2021/02/perfide-albion-biser-la-russie-detruire.html

♦Un livre de 1889: Les Juifs dirigent l’Empire britannique


En 1864, le cartel bancaire central juif maçonnique avait déjà concentré la richesse du monde entre ses mains. L’impérialisme occidental (opérant comme en l’Ukraine) est un masque pour le plan du cartel des banques centrales visant à contrôler toutes les richesses du monde.
« Ce Money Power du Money Quarter de Londres est le seul grand impérialisme prééminent existant sur la terre. »

L’impérialisme du capital juif

Selon « The Red Dragon », un livre publié en 1889 par L.B. Woolfolk, l’impérialisme britannique (et américain) est né du besoin des banquiers juifs et de leurs larbins maçonniques de transformer l’argent créé à partir de rien (grâce à leur contrôle du crédit), en véritable richesse, c’est-à-dire en propriété mondiale.

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Lorsque ces banquiers ont mis fin à un monopole de crédit en Angleterre en 1694, ils se sont transformés en un monstre qui a maintenant détourné l’humanité.

Le cartel bancaire basé à Londres a littéralement englouti la planète et ne sera satisfait que lorsqu’il possédera tout et asservira l’humanité, mentalement et spirituellement, sinon physiquement. Ceci, en un mot, est le Nouvel Ordre Mondial. Cette attaque contre la Russie est la toile de fond de la guerre contre l’Ukraine.

Le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe, M. Medvedev, a déclaré hier que c’était les « sales rêves des pervers anglo-saxons » d’utiliser la guerre en Ukraine pour « paralyser » la nation envahissante (la Russie) [1]. Bien sûr, il est trop discret pour appeler ces pervers par leur vrai nom : les juifs satanistes.

Aujourd’hui, l’impérialisme sioniste manifeste le programme des banquiers pour un « gouvernement mondial » par la destruction de la religion, de la nation, de la race, du genre et de la famille. Cet impérialisme n’exprime pas les intérêts ou les souhaits des gens ordinaires anglais, américains ou même juifs qui ont eux-mêmes été colonisés.

LE DRAGON ROUGE

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L.B.  Woolfolk était un prédicateur baptiste américain qui a retracé les machinations du cartel bancaire dans les décennies qui ont suivi la guerre civile. Il a eu des contacts avec des membres de ce cartel lors de visites à Londres. Il a écrit, « le Grand Dragon Rouge » qui est le symbole du « Jew London Money Power ».
Dans son livre, qui est en ligne, il décrit comment ce cartel a racheté l’économie américaine par le biais d’intermédiaires et l’a contrôlée bien avant l’adoption de la Federal Reserve Act en 1913.

En 1864, il y a 150 ans, Woolfolk affirme que la richesse du monde était déjà concentrée entre leurs mains.
« L’impérialisme du capital auquel je fais allusion est un groupe de capitalistes – juifs presque jusqu’à un homme – qui ont établi leur quartier général dans le Money Quarter de Londres, à Threadneedle Street, Lombard, et dans d’autres rues du voisinage, où les banquiers ont leur habitat.

Ces capitalistes juifs ont réussi à centraliser entre leurs mains l’industrie et le commerce de la terre. –Ils possèdent presque toutes les dettes du monde, –les dettes des nations, des États, des comtés, des municipalités, des sociétés et des particuliers, –s’élevant au total, selon les estimations, à soixante-quinze milliards de dollars, sur lesquels ils reçoivent annuellement environ quatre milliards de dollars d’intérêts. –Ils possèdent les manufactures, la navigation et le commerce de la Grande-Bretagne, et la plupart des manufactures, de la navigation et du commerce du monde entier. –Ils ont atteint le contrôle de l’industrie et du commerce de toute la terre; et centralisent rapidement toutes les affaires entre leurs mains.

Ils possèdent toutes les grandes lignes de commerce et d’affaires de toutes sortes, et ils règlent tous les prix par leurs propres méthodes arbitraires. Ce pouvoir monétaire du Money Quarter de Londres est le seul grand impérialisme prééminent existant sur la terre. »
Woolfolk retrace la propagation de l’impérialisme jusqu’à la Compagnie britannique des Indes orientales au début du XVIIIe siècle.
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« En 1764, la Compagnie britannique des Indes orientales était la plus grande et la plus riche corporation du monde. C’était la seule corporation qui gouvernait un empire territorial. Elle s’est enrichie par le trafic, par l’extension de son commerce à travers la conquête des comptoirs commerciaux de ses rivaux continentaux et par le pillage en gros de l’Inde … il arriva que la plus grande partie des actions de la Compagnie des Indes orientales et des autres sociétés organisées par la suite à partir des dividendes de cette grande société tomba dans mains des juifs. Les juifs devinrent les grands rois de l’argent du monde… L’histoire ne présente aucune carrière de conquête, dans laquelle fraude, tromperie et rapine se mêlent autant que lors de la conquête de l’Inde par la Compagnie des Indes orientales. le premier exemple dans l’histoire du monde d’une société commerciale devenant une puissance impériale ; et sa domination impériale a été marquée par la rapacité, la chicane et la fraude qui caractérisent une grande société dans la poursuite sans âme et sans conscience du gain. »
Avec l’invention de la machine à vapeur en 1775, seuls les capitalistes de la Compagnie britannique des Indes orientales avaient les moyens de profiter de la révolution industrielle. Ils ont créé des centaines de sociétés par actions— des usines de fabrication des biens de toutes sortes, des mines de charbon et de fer, des chemins de fer et des navires, des biens immobiliers – qui cachaient leurs propriétaires.
« Dans les crises commerciales, souvent déclenchées et toujours manipulées par eux, ils ont réussi à démanteler systématiquement les entreprises rivales, à les racheter, à voler et à piller les actionnaires minoritaires ; jusqu’à ce que, à la fin, ces capitalistes organisés se retrouvent seuls. mains et à très bon marché, la totalité ou la plus grande partie du capital des diverses compagnies, manufacturières, marchandes et maritimes, issues des manufactures à vapeur, réduisaient ainsi à un système et à une science l’art d’écraser les compagnies rivales et de geler les minorités. actionnaires. »
Woolfolk spécule que les Rothschild n’ont pas agi seuls mais représentaient un syndicat de banquiers truands juifs.

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 Les couronnes d’Europe
s’agenouillent devant
Lionel Rothschild

« La montée de la maison de Rothschild est mémorable comme la première grande association des Juifs dans un syndicat, pour la création d’une vaste entreprise dans laquelle tout leur capital pourrait être combiné. Les Rothschild sont devenus le chef les Rois de l’Argent juif, et depuis lors, ont été les chefs des Juifs, agissant en tant que syndicat. Cette maison est probablement à la tête du Pouvoir Juif de l’Argent du monde. La richesse du Pouvoir de l’Argent est tout simplement incalculable. Elle ne peut pas s’élever à moins de 160 milliards $. C’est probablement plus près de deux cents milliards… Le Money Power (Pouvoir de l’Argent) a tellement d’argent, maintenant, qu’il ne peut pas lui trouver d’investissement. Bientôt, en doublant cela, il aura à peu près tous les biens de la terre. Au début de sa carrière , un double de son capital signifiait 100 millions $. Maintenant, un double de son capital signifie 400 milliards $. Et tous les biens du monde sont inférieurs à 600 milliards $.
Selon Woolfolk, les Rockefeller et la plupart des grands industriels-financiers américains n’étaient que des agents du Money Power de Londres. Standard Oil est un exemple classique de la façon dont elle a établi un monopole dans chaque entreprise. Possédant les chemins de fer nécessaires au transport du pétrole, le Money Power a mis ses concurrents en faillite en réduisant leurs prix.
Ce cartel des cartels a maintenu la classe des affaires en ligne en créant le spectre du communisme :

« C’est leur politique de maintenir une vive agitation avec le communisme et le socialisme dans les grandes villes, de sorte que les hommes d’affaires, dans leur antagonisme à ces idées, resteront du côté du pouvoir de l’argent. C’est un fait significatif que la plupart des agitateurs du Socialisme sont des Juifs, qui sont très probablement les agents du Pouvoir de l’Argent pour maintenir cette agitation à leurs propres fins… C’est une partie du métier consommé de ces Rois de l’Argent. »

CONCLUSION

« Le Dragon Rouge » est un rappel important qu’il y a encore 150 ans, la richesse et le pouvoir étaient concentrés entre relativement peu de mains. L’histoire moderne reflète les machinations cachées de ce Pouvoir de l’Argent pour faire progresser leur « gouvernement mondial ». Le monde entier est colonisé.

Nous voyons aujourd’hui la preuve qu’une main dirige toutes les grandes multinationales. Par exemple, ils chantent tous le même recueil de chansons sur la diversité, l’homosexualité et le féminisme. Tous les présidents américains sont des hommes de paille pour ce cartel bancaire. Leurs Cabinets sont choisis parmi les rangs du CFR contrôlé par les Rockefeller. Les présidents qui défient ce Money Power sont éliminés. (exemples récents JFK et Nixon.) Tous les candidats à la présidence soutiennent Israël, qui a été créé par le cartel bancaire pour être leur capitale gouvernementale mondiale.
Ce problème mortel est survenu parce que les nations du monde étaient trop timorés ou stupides pour faire quelque chose d’aussi simple que de créer leur propre monnaie. Ils se sont appuyés sur un réseau de banquiers juifs pour créer leur moyen d’échange sous forme de dette envers eux-mêmes. Aucune nation n’avait le pouvoir ou l’esprit de rompre avec ce système impérialiste mondial qui resserre son emprise et doit inévitablement asservir l’humanité. Malheureusement, ces banquiers ne sont pas seulement intéressés par le pouvoir ou l’argent. Ce sont des satanistes qui souhaitent saboter la civilisation et redonner l’humanité à Lucifer.

Nous devons rejeter ce mastodonte dans toutes ses manifestations. Le bon sens finira par prévaloir non pas parce que c’est du bon sens, mais parce que la violation continue du bon sens produit l’effondrement.

Lien Connexe —– Makow — « La conspiration juive est l’impérialisme britannique. »

Par Henry Makow PhD

https://numidia-liberum.blogspot.com/2022/09/un-livre-de-1889-les-juifs-dirigent.html

La Reine est morte, vive le Roi !


C’est la grande débâcle et il n‘y aura pas de miracle.
Tous ceux qui se soucient un tant soit peu du climat reprendront en chœur le refrain de Serge Lama « Je suis malade » pour relater, relayer et non pour enrayer le mal. Complètement malade. On nous signifie la fin de la promenade, chacun regagne sa cellule… pour méditer en aparté sur le paradis perdu. C’en est assez ! C’est devenu tellement tordu que je ne vois plus rien à redresser.

C’est la grande débâcle et il n’y aura pas de miracle.
Dieu ne répond plus. Nous l’avons cruellement déçu. Pas d’autre prophète en vue… pas de quoi tomber des nues, il nous avait prévenu en nous désignant son dernier prophète.
Et cette grande défaite que nous traversons en marchant sur la tête, il l’a peut-être prévue… Le glissement vers le néant. L’extinction de la lumière. Le soleil qui s’éteint après que l’on soit mort de chaud et qui ne se rallume point pour que les survivants meurent de froid.
Et plus d’ange Gabriel pour murmurer à l’oreille de qui que ce soit… depuis que l’homme s‘est mis à faire n‘importe quoi.

C’est la grande débâcle et il n’y aura pas de miracle.
Et ils ont beau me dire que c’est un dérèglement physique, je persisterai à croire qu’il s’agit plutôt d’un dérèglement métaphysique. Pour le décliner pour les simples d’esprit, je dirai que les forces du mal l’ont emporté sur les forces du bien. Dans toute politique, il n’y a plus une once d’éthique : tout le monde court mais court à sa perte. Parce qu’il n’y a plus d’autre recours que le cours de la bourse.
Pour se réaliser il faut cesser d’idéaliser. Il suffit de comptabiliser les gains et les pertes pour se rendre à l’évidence que la planète a été dévalisée…
Aux voleurs ! Aux voleurs !
Silence !
Je suis en deuil… j’assiste aux obsèques du bonheur.
Et je pleure ! Parce que je n’avais pas envie qu’il meure. Peut-être parce que j’ai peur. Peut-être parce que ça ne me fait ni chaud, ni froid… Peut-être parce que je n’ai plus la Foi…
Et vous avez-vous encore la Foi ?
Pour dire que la Reine est morte, que vive le Roi ?

♦ Mais d’où parle donc Raphaël Glucksmann ?


Proche du pouvoir ukrainien, et des positions néo-conservatrices américaines, Raphaël Glucksmann réclame les sanctions les plus dures pour la Russie et l’adhésion de l’Ukraine à l’UE lors du conflit russo-ukrainien de février 2022, jetant de l’huile sur le feu. Mais qui est vraiment Raphaël Glucksmann ?

Source: Ojim.fr

♦ Corruption en Afrique : Macron expert de haut vol


Emmanuel Macron, dans la grande tradition de la Françafrique, est allé donner des leçons aux dirigeants africains. Bardé de son arrogance, il les a traités d’hypocrites parce qu’ils n’ont pas jugé bon de soutenir ses positions atlantistes concernant la guerre en Ukraine. Il est vrai que la façon dont était reçu Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes, en tournée dans le même continent, avait de quoi agacer. Mais là où Emmanuel Macron a vraiment fait une nouvelle démonstration de son merveilleux culot, c’est lorsqu’il a proposé « d’aider à réguler les sujets de corruption qui sont un fléau pour le continent africain. »

D’abord parce qu’on va rappeler que le système de l’influence française sur son ancien empire colonial a reposé de tout temps sur une corruption massive. Certains dirigeants installés par les Français sont là depuis des décennies, et disposent de fortunes immenses qui ont souvent permis des financements politiques en France et l’arrosage de quelques amis. Depuis les indépendances, gare à ceux qui ont voulu comme Thomas Sankara assurer leur souveraineté et lutter contre la corruption.

Ensuite parce que le donneur de leçons bénéficie effectivement d’une très belle expérience dans le domaine de la corruption d’État. Et c’est malheureusement ce qui caractérise aussi aujourd’hui son pouvoir, que ce soit dans la façon dont il l’a pris ou dans sa façon de l’exercer.

Livrons-nous à un petit passage en revue de quelques exemples, la liste n’étant bien sûr pas exhaustive mais spectaculaire concernant les montants en cause.

Les affaires Alstom et McKinsey encalminées

L’affaire Alstom bien sûr, celle pour laquelle Jean-Pierre Chevènement, rallié énamouré à Macron, a considéré « que l’on avait été bien injuste » avec celui-ci. Ce n’est pas l’avis du président de la commission parlementaire d’enquête Olivier Marleix qui a pointé les sommes faramineuses et inutiles versées par Alstom à des intervenants privés, dès lors qu’Emmanuel Macron est devenu ministre de l’Économie de François Hollande. Et qui a révélé que l’on avait retrouvé tous ces bénéficiaires parmi les gros contributeurs de la campagne présidentielle de 2017, et les organisateurs des collectes de fonds. En droit français, le Code pénal qualifie la fourniture de ces avantages (les sommes versées par Alstom) assortie de contreparties pour le décideur public (le financement de la campagne) de corruption. Celle visée par l’article 433–1 dudit code. Devant l’évidence de l’infraction le parlementaire a saisi le parquet de Paris. Celui-ci s’est paisiblement assoupi sur ce dossier et refuse obstinément de lui donner la suite judiciaire qu’il mérite. Les sommes en jeu dépassent la centaine de millions d’euros.

Il y a aussi l’affaire McKinsey, dont le scandale a éclaté pendant la campagne présidentielle 2022. Le problème n’est pas tant l’aspect fiscal qui voit le cabinet de conseil préféré du système Macron être dispensé activement et passivement de payer ses impôts en France. Le Parquet National Financier (PNF), qui n’est pas à un déshonneur près, avait obstinément refusé de bouger. Contraint de faire quelque chose par une bronca médiatique, il s’est contenté de se raccrocher à une procédure fiscale parfaitement secondaire. Alors que le problème de fond est celui du recours systématique et massif aux cabinets de conseil externe pour des sommes de plusieurs milliards d’euros. Qui pose la question d’abord de la corruption et ensuite du délit de favoritisme.

De nombreux cabinets de conseil sont concernés, mais avec une mention spéciale quand même pour McKinsey. Voilà des gens qui ont participé au financement de la campagne 2017 – ce qui pose déjà un problème –, mais ont mis bénévolement des collaborateurs à la disposition de l’équipe du candidat Macron ! Alors à l’évidence, il faudrait ouvrir une information judiciaire qui permette de savoir si les marchés de McKinsey étaient la contrepartie de cet apport gratuit, ce que l’on appelle le pacte de corruption.

Les travaux de la commission sénatoriale d’enquête sur l’intervention des cabinets de conseil ont permis de pointer l’inutilité de nombre de commandes, voire que certaines avaient été réglées sans que la prestation ait été fournie ! Pour établir la corruption, il faut prouver le pacte, c’est-à-dire le lien entre l’avantage fourni par l’acheteur public, soit en l’occurrence un marché, et le versement sous quelque forme que ce soit d’une contrepartie. Ce n’est pas toujours facile, alors le législateur a prévu le fameux « délit de favoritisme » prévu et réprimé par l’article 432-14 Code pénal. L’infraction est constituée par la violation délibérée des règles destinées à garantir la liberté et l’égalité d’accès à la commande publique. Il n’est pas besoin de prouver l’existence d’une contrepartie, le simple constat de la violation des règles ayant permis l’attribution est suffisant. Il ne devrait pas être bien compliqué de passer à la moulinette les différents marchés accordés aux cabinets amis, et de vérifier ainsi ceux qui étaient de complaisance.

L’auteur de ces lignes dispose dans ce domaine d’une certaine expérience professionnelle qui nourrit la conviction que la plupart des mises en concurrence devaient relever de la plaisanterie. Et bien sûr, malgré tous ces lourds soupçons, malgré le travail de la commission parlementaire, le Parquet national financier et ses magistrats restent obstinément muets. On peut également être surpris du silence de l’association Anticor – agréée par Jean Castex – qui, dotée de la capacité de saisir la justice, évite jusqu’à présent de s’en servir.

Uber, Macron influenceur

Il y a désormais l’affaire Uber, où l’on a appris qu’Emmanuel Macron alors ministre de l’Économie se serait livré à un intense et occulte travail de lobbying au profit de la multinationale américaine, et ce afin de contrer les orientations politiques du gouvernement auquel il appartenait ! Court-circuitant la hiérarchie, bénéficiant des informations liées à sa fonction, il aurait travaillé clandestinement à la défense d’intérêts privés. Cette information pose déjà un problème moral et politique considérable. Mais que dire lorsque l’on apprend que comme pour Alstom et McKinsey, le bénéficiaire de ces interventions clandestines a contribué sous plusieurs formes à la campagne électorale de Macron ! Nouvelle infraction du « Chapitre des atteintes à la probité » du Code pénal qui réprime le trafic d’influence dans son article 433-2, c’est-à-dire le fait d’user de son influence pour faire prendre à la personne publique une décision favorable et bénéficier pour cela d’une contrepartie, quelle que soit sa forme. Emmanuel Macron, c’est avéré, a usé (et abusé) d’une influence liée à ses responsabilités publiques, et a bénéficié d’une contrepartie avec le financement de sa campagne. Même s’il appartient au juge de le dire, il devient difficile de prétendre que l’infraction n’est pas constituée.

Interrogé sur ce problème, Emmanuel Macron a fait comme d’habitude. D’abord en se moquant du monde et ensuite en usant de sa désinvolture arrogante. « Je n’ai pas du tout aidé Uber, aucun élément n’a montré que j’étais sous influence » nous dit-il. Monsieur le président, le problème posé par le trafic d’influence, et vous le savez bien, n’est pas que vous ayez été sous influence ! C’est que vous ayez usé (et abusé) de façon occulte de la vôtre. En un mot que vous en ayez fait commerce, comme permet de le soupçonner les soutiens d’Uber à votre campagne électorale. On ne s’étendra pas sur la grossièreté arrogante des références à vos parties génitales lorsque vous réagissez à une question , pourtant majeure, de morale publique. Et naturellement, ni le PNF ni le parquet de Paris, soutiens obstinés d’Emmanuel Macron et de son système, ne vont bouger. La canicule, probablement…

Il ne faut cependant pas être trop sévère avec la justice, puisque la veille du départ du président en Afrique pour y disserter sur « la régulation des sujets de corruption qui sont un fléau pour l’Afrique » un juge d’instruction a opportunément et spectaculairement mis en examen quatre enfants d’Omar Bongo dans une affaire de « Biens mal acquis ». Hasard du calendrier, sans doute…

Il n’empêche qu’effectivement Emmanuel Macron est particulièrement bien placé pour donner des leçons de morale publique. Parce qu’il y a les affaires le concernant directement, mais aussi celles de son entourage et de ses amis. Force est de constater que jusqu’à présent, pas une égratignure judiciaire n’est à déplorer.

Chapeau l’expert.

Régis de Castelnau

Source: VU DU DROIT

♦ QUI A TUE LA REINE ?



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♦ Les Windsor : Comment la famille royale a renié ses origines allemandes


En 1836, le roi de Belgique, Léopold Ier, souhaita marier sa nièce Victoria avec son neveu Albert de Saxe-Cobourg- Gotha. Ils unirent leur destin le 10 février 1840. Et eurent neuf enfants qui régnèrent sur une grande partie de l’Europe. © SZ Photo / Bridgeman Images

Elle s’appelait Saxe-Cobourg-Gotha. Depuis le XVIIIe siècle, par le biais de mariages d’intérêt, la monarchie britannique avait du sang allemand dans les veines. Cette alliance anglo-saxonne vola en éclats lors de la grande guerre. En 1917, le roi George V prit la décision de renoncer au nom germanique de sa famille pour le remplacer par celui de Windsor. Ce fut l’acte fondateur de cette nouvelle dynastie.

C’est la panique à Londres. Le 13 juin 1917, l’est de la capitale anglaise est victime d’une attaque venue du ciel. Une escadrille de bombardiers allemands largue en plein jour ses bombes sur des quartiers de civils, éventrant des immeubles, faisant plus de 160 morts, dont 18 enfants dans une école. Certes, ce n’est pas encore le Blitz, cette campagne de bombardements menée par le IIIe Reich sur la capitale anglaise, de septembre 1940 à mai 1941, et qui fit 50 000 victimes. Et les pertes humaines sont infimes comparées aux nombres de soldats tués sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Mais ce raid choque l’opinion. Par son côté inédit, d’abord : l’aviation militaire n’en est qu’à ses débuts, et c’est la première fois que les Allemands utilisent des biplans pour une offensive d’ampleur contre une grande ville. Ils utilisaient auparavant des dirigeables, des Zeppelin, qui n’opéraient que de nuit et étaient peu efficaces. Mais la population est surtout abasourdie à cause du nom de ces avions mortifères : les Gotha IV, nommés ainsi car fabriqués par une entreprise de construction métallique implantée à Gotha, dans le centre de l’Empire germanique. Or, pour les Britanniques, à cette époque, le nom de Gotha n’évoque pas qu’une ville d’outre-Rhin : c’est aussi celui du roi qui trône à Buckingham…

Le roi Georges V, le petit-fils de la reine Victoria, est issu de la maison Saxe-Cobourg-Gotha

Shocking, non ? George V (1865-1936), cet homme pondéré au teint cireux, qui règne depuis 1910 sur le Royaume-Uni et censé incarner l’unité du pays dans l’épreuve de la guerre, est d’origine allemande ! Le souverain est issu de la maison Saxe-Cobourg-Gotha, une dynastie née au XIXe siècle en Haute Franconie, au nord de la Bavière. De petite noblesse à l’origine, elle sut étendre ses branches à force d’habiles mariages jusqu’à régner sur le Portugal, la Bulgarie et la Belgique. Et l’Angleterre. En 1840, l’un de ses membres, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), a épousé la jeune reine Victoria (1819-1901), propulsant sa lignée sur le trône britannique. Le roi George V est leur petit-fils. A priori, l’homme, qui servit longtemps dans la Royal Navy avant d’accéder au trône, est on ne peut plus british. Mais en pleine guerre contre l’Allemagne, ses racines germaniques deviennent embarrassantes, et l’affaire des bombardiers Gotha ne fait qu’amplifier le trouble. Jusqu’à pousser le roi à un choix radical en cette année 1917 : jeter son nom aux oubliettes, et renommer sa famille en « l’anglicisant ». Un acte fondateur qui donna naissance à une nouvelle dynastie : les Windsor.

Deux siècles de souverains issus de la maison de Hanovre

Le geste n’est pas anodin, et vient clore un chapitre de plus de deux siècles dans l’histoire de la monarchie britannique. En réalité, le pedigree allemand de la famille royale remonte plus loin que les épousailles d’Albert et de Victoria… En 1714, à la mort sans héritier d’Anne de Grande-Bretagne (1665-1714), la dernière de la maison Stuart, sa succession incombe à son plus proche parent protestant, en vertu de l’Acte d’établissement de 1701, censé empêcher l’avènement d’un souverain catholique.

 La reine Elizabeth II fête en 2022 ses 96 ans et les 70 ans de règne. Connaissez-vous vraiment son histoire ? Testez vos connaissances avec notre quiz et déterminez si vous feriez un bon sujet de Sa Majesté.

Ce parent est en réalité très éloigné : il s’agit de George Ier (1660-1727), prince-électeur de Hanovre, dont le lien avec Anne remonte à trois générations ! Problème, le nouveau roi est certes protestant, mais il n’est pas né en terre britannique, et ne parle même pas l’anglais. Pendant son règne, il s’absente autant que possible des îles britanniques. Tous ses successeurs sont issus de cette même maison de Hanovre : George II (1683-1760), George III (1738-1820)… jusqu’à la reine Victoria, qui règne pendant soixante-quatre ans au XIXe siècle. « Victoria et son fils aîné, le futur roi Edouard VII, sont au moins aussi allemands que britanniques », écrit l’historien David Cannadine dans sa biographie George V : the unexpected king (éd. Penguin, 2014, non traduit). La mère et son héritier sont à l’aise dans les cours et capitales d’Europe. Les deux parlent couramment le français et l’allemand mais aussi l’anglais… avec un accent guttural très prononcé. Des purs produits de ce monde cosmopolite des têtes couronnées d’Europe au XIXe siècle, où l’on s’unit allègrement par-delà les frontières, où les liens tissés entre grandes maisons servent aussi à réguler les relations internationales. Sauf que l’heure, désormais, est au nationalisme…

Au XIXe siècle, les armoiries de la famille royale étaient ornées de la devise allemande « Treu und fest » (« Fidèle et fort »). Elle fut remplacée en 1917 par « Dieu et mon droit » (en français dans le texte) qui avait cours sous les Plantagenets (XIIe-XVe siècle).
 © Wikimedia commons

Bien sûr, au fil du temps, l’intérêt de ces souverains « allemands » pour les affaires britanniques, de même que leur « âme anglaise », s’est largement affirmé. Dès George III, couronné en 1760, tous sont nés à Londres. Et qui plus que la reine Victoria incarne la stabilité et le prestige de la Couronne ? Il n’empêche : au moment où éclate la Première Guerre mondiale, George V, monté sur le trône en 1910, reste dans l’esprit de bon nombre de ses sujets associé à ses origines teutonnes. Et ses liens familiaux n’aident pas. Le roi du Royaume-Uni est non seulement le cousin du tsar de Russie Nicolas II (1868-1918) – leurs mères étant sœurs –, mais aussi de Guillaume II (1859-1941), le Kaiser allemand, lui aussi petit-fils de la reine Victoria !

En 1911, George V recevait en grandes pompes son cousin, l’empereur allemand Guillaume II, afin de se recueillir sur la tombe de leur aïeule, la reine Victoria.
 © akg-images / Interfoto

Les trois souverains se retrouvent d’ailleurs à Berlin, en 1913, pour le mariage de la fille de Guillaume. Un an plus tard, alors qu’éclate le premier conflit mondial, l’heure n’est plus à la « cousinade ». Et dans l’opinion, la parentèle du roi alimente les soupçons : est-il un patriote ? Peut-on lui faire confiance pour mener le pays dans la guerre ? Et s’il était secrètement pro-allemand ?

Une vague anti-germanique grandit au sein de la population britannique

Plus les bruits de bottes augmentent, en ce début du XXe siècle, plus le militarisme allemand inquiète, créant une vague anti-germanique au sein de la population britannique. Elle franchit un cap au début de la guerre, attisée par la presse et la propagande, et exacerbée par des événements comme le torpillage du paquebot Lusitania par un sous-marin allemand en 1915. La haine du « Hun » débouche même sur des émeutes et des attaques contre des commerces germaniques. A cette époque, la capitale abrite une communauté de 68 000 Allemands, tous parfaitement intégrés. Devant la pression populaire, des noms de rues rappelant l’outre-Rhin, comme Berlin Road à Londres, sont débaptisés.

Ce climat de germanophobie gagne aussi les hautes sphères. Le cas le plus marquant est celui de l’amiral Louis de Battenberg (1854-1921), commandant de la Royal Navy. Ce natif de Graz, en Autriche, naturalisé anglais et s’exprimant avec un fort accent germanique, est poussé à la démission en octobre 1914. Le roi George V, lui, vit mal les allusions à ses racines. Quand le romancier H. G. Wells dénonce, en la famille royale, une « cour étrangère et médiocre », il réplique : « Je suis peut-être médiocre, mais que je sois damné si je suis étranger ! » Il n’empêche, la présence à Buckingham d’un prince de Saxe-Cobourg-Gotha devient « une anomalie de plus en plus indécente, alors que des centaines de milliers de morts et de blessés, défigurés, gazés, mutilés sont victimes de l’Empire allemand », écrit Jean des Cars dans La Saga des Windsor. De l’Empire britannique au Commonwealth (éd. Perrin, 2011). Et d’ajouter : « Des millions de Britanniques, militaires et civils, en sont plus qu’embarrassés, jugeant cette situation malsaine. »

En 1917, Georges V se rend sur le front franco-britannique à Abbeville (Somme).
 © Universal Images Group via Getty

Naissance d’une nouvelle dynastie : les Windsor

Pour y mettre fin, George V ne peut certes pas changer de famille. Il peut, par contre, en modifier le nom, et se débarrasser de ses titres encombrants. Le 17 juillet 1917, un mois après le bombardement de Londres, qui sert de déclencheur, le souverain annonce une décision très forte devant le Private Council, un organe chargé de le conseiller. Le Court Circular, le journal officiel de la cour, la rapporte ainsi : « Pour nous-mêmes et pour nos descendants, l’usage des grades, titres, dignités et honneurs de ducs et duchesses de Saxe, de princes et de princesses de Saxe-Cobourg-Gotha et autres dénominations allemandes ne nous appartiennent plus. » D’un royal claquement de doigts, des générations d’ancêtres sont effacées de l’arbre généalogique. Et immédiatement, le nouveau nom de la dynastie est proclamé : Windsor. C’est Lord Stamfordham, le secrétaire privé du roi, qui en aurait eu l’idée, en référence à l’immense château de l’ouest de Londres, bastion de la monarchie, où ont régné presque tous les rois et reines depuis Guillaume le Conquérant (1027-1087). Le nom fait sensation. Et par sa seule magie, cette famille royale, aux origines suspectes, devient tout à coup inscrite dans une continuité millénaire.

Le grand ménage ne s’arrête pas là

En 1917, tous les proches de la famille royale aux patronymes un peu trop germaniques sont « anglicisés ». Louis de Battenberg devient Louis Mountbatten, marquis de Milford Haven. Les ducs et princes de Teck, issus de la maison allemande de Wurtemberg et frères de la « Queen Mary » (1867-1953), l’épouse de George V, sont rebaptisés Cambridge. Le roi décide aussi que les membres de la royal family n’ont plus l’obligation de s’unir à des têtes couronnées européennes, mais peuvent épouser de « simples » nobles britanniques. Et pour afficher ses distances avec ses attaches familiales continentales, il refuse l’asile à son cousin le tsar Nicolas II, renversé par la Révolution russe en 1917 puis exécuté dans une cave en Sibérie, un an plus tard. « Le résultat est un repositionnement fondamental de la monarchie britannique, s’éloignant du cousinage royal transnational traditionnel, et des amitiés personnelles qui vont avec, pour se tourner vers la nation et l’Empire britannique », écrit David Cannadine.

Sur cette illustration du journal britannique Punch, en 1917, George V fait le ménage au sein de la Couronne britannique en donnant un coup de balai sur ses titres de noblesse germaniques.
 © akg-images / UIG / Universal History Archive

Comment fut accueilli ce reniement familial en Allemagne ? Avec ironie. Le Kaiser Guillaume II parla des « joyeuses commères de Saxe-Cobourg-Gotha », en faisant allusion à la célèbre pièce de théâtre de William ShakespeareLes Joyeuses Commères de Windsor (1602). Après la victoire de la Triple Entente sur l’Allemagne, en 1918, George V, nouveau roi Windsor, deviendra populaire et respecté. « Il incarne l’Etat viscéralement britannique », conclut Jean des Cars. Son génie est d’être intervenu au bon moment, à une époque où le patriotisme interdisait le moindre doute et où l’Allemagne semblait aussi se diriger vers la défaite… Avec ce changement de patronyme, le souverain sauva probablement la Couronne d’Angleterre et fit preuve d’un esprit moderne. Un journaliste du Times écrivit à ce propos : « Cette époque est propice à l’innovation ». Un mot qui sera le leitmotiv des Windsor.

📸 L’album photo des Windsor : une dynastie royale dans les tempêtes du XXe siècle.

➤ Article paru dans le magazine GEO Histoire de décembre 2020 – janvier 2021 sur les Windsor (n°54).

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VOLKER SAUX

https://www.geo.fr/histoire/les-windsor-comment-la-famille-royale-a-renie-ses-origines-allemandes-203924

♦ P.S. JE T’AIME


Non… non… je ne suis pas contente… pas du tout contente… je ne sais même si tu t’en rends compte ? Oui tu me l’as déjà dit… pas besoin de me le redire : Je ne suis pas marrante et pourquoi veux-tu que je sois marrante ?Ça m’énerve et ça me rend nerveuse… c’est pas que ça me tente d’être navrante, c’est que là je suis obligée d’être désobligeante… Non… il n’y a pas de bémol possible quand on s’adresse à quelqu’un qui vit hors sol… qui ne se voit même pas vivre. C’est à se demander s’il est vraiment en vie.Parfois je me demande si tu es déjà passé par la case pensée… parce que je t’avoue que j’en ai plus qu’assez de vivre avec un homme… j’ai pas de mot pour te qualifier. Ce matin j’ai trouvé tes chaussettes dans le lave-vaisselle… c’est ton portrait ! Tu fais couler l’eau pour remplir la baignoire mais tu oublies non seulement de prendre ton bain mais surtout de fermer le robinet… avec toi c’est toute la maison qui prend l’eau !Tu n’as même plus le temps de manger, de te mettre à table, de partager un repas… tu ne sais même pas distinguer entre ce qui est convivial et ce qui est trivial. Tu t’isoles avec ton assiette les yeux sont toujours rivés sur ta tablette. Tu es connecté H25 avec toutes les tapettes du PS. Vaille que vaille… jamais perturbé mais toujours absorbé par le télétravail. Tu n’as plus que la peau sur les os et une humeur à couper au couteau.Tu sais ce que m’a dit la voisine ? Elle m’a dit qu’elle t’a vu sur le balcon les fesses à l’air, jouer avec ton sifflet… je ne savais plus où me mettre. Tu sais comment ça s’appelle ça ? Non, ce n’est pas un trouble de l’ordre public, c’est beaucoup moins chic, c’est une sérieuse atteinte à la pudeur ! Ça y est, à toi tout seul tu as réussi à faire rougir tout le quartier. De honte, bien sûr de honte ! Et la dernière, celle dont je suis-je crois la plus fière… c’est que tu prétends comme l’a prétendu jadis Claudel que t’as eu une révélation… l’ange Gabriel t’a soit disant rendu une petite visite à l’improviste et t’a murmuré à l’oreille : ACHHADOU ACHHADOU Moi à ta place, je me serais enfuie… mais pas toi… parce que depuis tu n’es plus le même que toi-même, tu t’es converti… du jour au lendemain… sans te poser la moindre question et sans attendre la moindre confirmation… tu t’allonges sur ton lit… et tu pries allongé comme si on n’avait pas d’autres soucis. Je ne sais pas si c’est à Dieu ou à toi que je dois dire merci… parce qu’avant je savais qui tu étais : un moins que rien… mais aujourd’hui je ne sais plus ou plutôt si ! Je sais que tu as fait un bond en avant pour tomber dans un puits sans fond… ça s’appelle le néant !A qui veux-tu faire croire que tu es encore socialiste ? Tu n’es qu’un individualiste comme tous les socialistes… qui finissent tous par se jeter dans le vide… peut-être pour remplir leur tâche avec plus de force. Ils deviennent quasiment : islamo-gauchistes… toujours sous le même prétexte selon lequel c’est l’union qui fait la force PS : je t’aime… c’est ça le nouveau slogan des socialistes ? Est-ce que tu sais au moins le risque que tu nous fais courir à moi et à tes enfants ? Parce qu’avec des paumés comme toi, on ne sait jamais quand ni comment ça commence mais on sait quand et comment ça finit : droit dans le mur… je me vois déjà menottes aux poignets pour ne pas t’avoir dénoncé, accusée de complicité avec un terroriste en devenir… va-t-en ou j’appelle Darmanin ! Pour lui dire quoi ? Pour lui dire de voler au secours de son cousin… germain !

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♦ L’effondrement historique du journalisme (Consortium News)


Je ne me suis jamais remis d’un article que le New York Times a publiée dans son magazine du dimanche en mai 2016. Peut-être vous en souviendrez-vous. Il s’agissait d’un long portrait de Ben Rhodes, le conseiller principal de l’administration Obama pour les « communications stratégiques ». Il était écrit par un journaliste nommé David Samuels.

Ces deux-là formaient une paire étonnante – appropriée, dirais-je. Rhodes était un écrivain de fiction en herbe vivant à Brooklyn lorsque, par le plus grand des hasards, il s’est retrouvé dans le cercle restreint de la Maison Blanche d’Obama. Samuels, un pigiste qui couvrait habituellement les célébrités de la culture populaire, avait depuis longtemps succombé à ce style malheureusement intelligent dont souffrent généralement ceux qui écrivent sur les rock stars et autres personnes plus ou moins frivoles.

Le travail de Rhodes consistait à présenter « une restructuration plus large du récit américain », comme le disait Samuels. « Rhodes est un conteur qui utilise les outils d’un écrivain pour faire avancer un programme présenté comme de la politique ». Un professionnel du marketing tout droit sorti d’Edward Bernays, en clair. Un conteur d’histoires qui trafique avec des faits manipulables et des fins heureuses. « Présenté comme de la politique » : une jolie touche qui traduit la marchandisation de notre discours public.

Rhodes et Ned Price, son adjoint, étaient des acrobates des médias sociaux. Price, ancien analyste de la C.I.A. et aujourd’hui porte-parole du département d’État, a raconté sans inhibition comment ils nourrissaient les correspondants de la Maison Blanche, les chroniqueurs et autres personnes en mesure d’influencer l’opinion publique, comme un producteur de foie gras nourrit ses oies.

Voici ce que disait Price sur cet exercice :

« Il y a en quelque sorte leviers d’appui. Nous avons nos compadres. Je contacte quelques personnes, et, vous savez, je ne voudrais pas les nommer….. Et je leur donne un peu de matière, leur montre la direction, et peu après j’en vois beaucoup en train de publier sur Internet, qui sont suivis par beaucoup de personnes, en train de diffuser le message de leur propre initiative. »

Rhodes a donné à Samuels une analyse plus élaborée de cet arrangement :

« Tous les journaux avaient autrefois des bureaux à l’étranger. Maintenant, ils n’en ont plus. Ils nous appellent pour leur expliquer ce qui se passe à Moscou ou au Caire. La plupart des médias rendent compte des événements mondiaux depuis Washington. Le journaliste moyen auquel nous parlons a 27 ans, et sa seule expérience du journalisme consiste à suivre des campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. »

J’ai longuement écrit sur l’article du Times dans Salon, où j’étais chroniqueur des affaires étrangères à l’époque. Il y avait tellement de choses à décortiquer dans le reportage de Samuels que je ne savais pas par où commencer. Dans Price, nous avions une incapacité totale à comprendre le rôle de médias fonctionnant correctement et la nature de l’espace public dans son ensemble.

Rhodes a décrit un corps de presse de la Maison Blanche composé de post-adolescents complètement dépendants de l’opération de gavage, en particulier lorsqu’ils rapportent des questions de sécurité nationale : « Ils ne savent littéralement rien. »

Rhodes et Price décrivaient un changement qualitatif dans les relations des médias avec le pouvoir. Je ne veux pas dire par là que ces relations n’ont jamais été très bonnes de mémoire d’homme, mais à un moment donné, il y a eu une baisse de régime, un passage du mauvais au pire. « Lorsque vous lisez des articles de presse de routine dans le Times ou l’un des autres grands quotidiens », ai-je écrit à propos du profil de Rhodes, « vous êtes en train de regarder ce que les commis que nous appelons encore reporters affichent sur les panneaux d’affichage du gouvernement, que nous appelons encore journaux. »

Quand cela s’est-il produit ? Pourquoi cela s’est-il produit ? Y avait-il encore pire à venir ? Comment en sommes-nous arrivés là, en d’autres termes, et où allons-nous ? Telles étaient mes questions. Elles le sont toujours. Je suis poussé à y réfléchir à nouveau par la couverture des correspondants des médias traditionnels travaillant en Ukraine. Parmi les nombreux noms que nous pouvons leur donner, ils sont des oies.

Il était une fois le New Yorker

La première fois que j’ai eu l’impression que quelque chose était en train de changer dans la façon dont la presse américaine voyait le monde et rapportait ce que ses correspondants voyaient, c’était près de chez moi, une affaire mineure – mineure, mais important dans la façon qu’elle fut racontée. Je vivais au Japon à l’époque, de la fin des années 1980 au milieu des années 1990. Outre mes fonctions pour l’International Herald Tribune, j’écrivais « Letter from Tokyo » pour le New Yorker.

Il existait à l’époque une longue et honorable tradition de « Lettres de » : Janet Flanner de Paris, Jane Kramer de toute l’Europe, Mollie Panter-Downes de Londres. Bob Shaplen, qui a consacré sa carrière à l’Asie, a longtemps été le « correspondant en Extrême-Orient » du New Yorker et a écrit des Lettres depuis plus ou moins toutes les capitales asiatiques. C’est Shaplen, à la fin de sa carrière et de sa vie, qui m’a passé le relais.

Ce qui différenciait la couverture étrangère du New Yorker, y compris toutes les Lettres de, était la manière dont elle était produite. Ceux qui les écrivaient n’étaient pas seulement sur place : Ils y étaient depuis longtemps, en général, et connaissaient parfaitement, voire intimement, les différents endroits où ils se trouvaient. Ils n’écrivaient pas de l’extérieur, le nez collé à la vitre, mais de l’intérieur, parmi les gens et les lieux qu’ils couvraient. En lisant leurs articles, vous obteniez des informations de l’intérieur, comme ils disaient, les chuchotements dans le palais, le bavardage dans la rue. C’était bien plus profond que tout ce qu’on pouvait lire dans les quotidiens.

Mon New Yorker était celui de Bob Gottlieb, ce dernier ayant succédé au célèbre William Shawn à la tête de la rédaction. Bob voulait moderniser le magazine tout en préservant son caractère particulier. Puis Bob a été évincé au profit de Tina Brown, obsédée par le clinquant et le « buzz ». Tout devait avoir du buzz. David Samuels aurait pu faire le portrait de Tina : elle était de ce genre-là. Elle a ruiné le magazine. Elle est partie depuis longtemps maintenant, mais le New Yorker ne s’est jamais remis de Tina.

Les rédacteurs en chef de Tina ont accepté les lettres de Tokyo que j’ai déposées après sa prise de fonction, mais aucune n’a jamais été publiée. Dans ma prochaine et dernière collaboration avec le New Yorker, quelques années plus tard, j’ai proposé un profil de Shintaro Ishihara, le gouverneur de la préfecture de Tokyo, un marin accompli, et un nationaliste cracheur de feu plein de bile anti-américaine. J’aimais Ishihara précisément pour sa fureur, même si, lorsqu’on l’interviewait, il manquait de peu de vous assommer à coups de pistolet.

Le New Yorker ne s’est pas intéressé à l’article proposé. Quelques mois plus tard, il publiait un profil de nul autre que Shintaro Ishihara, écrit par un journaliste envoyé de New York qui, comme le montrait clairement son rapport, n’avait qu’une connaissance superficielle de son sujet ou de tout ce qui avait trait au Japon.

Mon expérience a rapidement été mise en évidence dans l’ensemble de la couverture étrangère du New Yorker. Il ne se tournait plus vers des correspondants bien implantés à l’étranger, mais vers des personnes envoyées pour un reportage et ramenées ensuite. Je décris un virage subtil, mais qui a eu de profondes implications. Un magazine réputé pour sa couverture de l’étranger « de l’intérieur vers l’extérieur » – c’est mon expression – a décidé de faire des reportages qui mettent la sensibilité américaine au premier plan. L’extérieur vers l’intérieur ferait amplement l’affaire. J’y vois maintenant l’indication précoce d’un changement dans la façon dont l’Amérique voit les autres – ou pas.

Vu de Washington

En 1995, alors que mes derniers dossiers pour le New Yorker n’étaient pas encore publiés, Tom Friedman a pris en charge la rubrique « Affaires étrangères », qui avait une longue histoire, je ne dirai pas sacrée, au New York Times. L’arrivée de Friedman, avec sa fanfaronnade, sa prose grassement joviale et son chauvinisme libéral, était un autre signe des temps. Le fait que Big Tom écrive dans cet espace deux fois par semaine montrait très clairement que les pratiques des correspondants et des commentateurs étaient en train de changer – ce qui, je le vois maintenant comme je ne le pouvais pas à l’époque, marquait un changement dans la conscience américaine.

Je n’ai jamais beaucoup aimé la rubrique des affaires étrangères. Son rapport au pouvoir m’a toujours semblé éthiquement discutable. Elle a débuté à la fin des années 1930 sous le titre « En Europe » et a toujours figuré parmi les missions les plus sensibles du journal. C.L. Sulzberger, descendant des propriétaires et collaborateur de la C.I.A. pendant la guerre froide, incarnait cette certitude patricienne que possédaient les États-Unis pendant les premières décennies de l’après-guerre.

Lorsqu’elle a repris la rubrique dans les années 1980, Flora Lewis a décrit un continent agité dans les limites de l’OTAN et de l’étreinte américaine. Ici et là dans les archives, vous pouvez trouver des chroniques qui testent les limites de la franchise. Mais vous n’en trouverez jamais une dans laquelle les limites sont rendues visibles.

En relisant ces auteurs, je suis néanmoins frappé par certaines choses. Ils appréciaient la complexité et la diversité – pas seulement dans l’obscurité sauvage au-delà de l’alliance occidentale, mais aussi en son sein. Aussi mauvais que soit le travail – et les colonnes de Cy Sulzberger ont accumulé les clichés comme des bernacles sur la proue d’un voilier – il découlait de la vie et du travail à l’étranger pendant de nombreuses années. Ils affichent la confiance que les Américains ressentaient à l’époque du Siècle américain. Mais rarement, voire jamais, ils étaient triomphants ou vertueux. Ils n’avaient rien à prouver.

La première chose que Friedman a faite lorsqu’il a hérité de la rubrique Affaires étrangères dans la page d’opinion a été de déplacer la rubrique à Washington – fini de vivre parmi les autres. La deuxième chose qu’il a faite est de ne plus écouter les autres, à part quelques amis et connaissances. Dans The Lexus and the Olive Tree, son exécrable hymne à la mondialisation néolibérale menée par les États-Unis, il se décrivait comme un « touriste avec une attitude ». Tom en était l’incarnation. Comme il l’expliquait dans ce livre de 1999, ses sources préférées étaient les traders en obligations et les gestionnaires de fonds spéculatifs.

« Dans le village global d’aujourd’hui, les gens savent qu’il y a une autre façon de vivre, ils connaissent le style de vie américain, et beaucoup d’entre eux en veulent une tranche aussi grande que possible – avec toutes les garnitures. Certains vont à Disney World pour l’obtenir, et d’autres vont au Kentucky Fried dans le nord de la Malaisie ». C’était Big Tom dans le fauteuil des Affaires étrangères. C’est la dégénérescence des commentaires américains sur le monde au-delà de nos rivages – en « temps réel », pour ainsi dire.

J’ajouterai que la rubrique des affaires étrangères n’existe plus du tout. Le Times l’a supprimée il y a des années. Pourquoi quelqu’un voudrait-il lire une rubrique portant un tel nom, après tout ?

Si mon sujet est une déchéance progressive des pratiques professionnelles des journalistes américains, une indifférence progressive à « l’être », nous ne pouvons pas y réfléchir comme un phénomène isolé. Leurs manquements doivent être compris comme des symptômes d’une indifférence plus large à l’égard du monde qui s’est installée depuis, je dirai, que les Allemands ont démantelé le mur de Berlin et que les États-Unis sont entrés dans leurs mémorables décennies de triomphalisme. Peu à peu, depuis lors, ce que les autres pensent ou font ou leurs aspirations ont de moins en moins d’importance. La seule façon de voir les choses est la façon américaine.

Les cas que j’ai décrits sont des signes précurseurs de ce retournement de situation. Mais s’ils sont des symptômes, ils sont aussi des causes. Il est possible d’être les deux, après tout. C’est le pouvoir des médias lorsqu’ils sont utilisés à des fins perverses. Beaucoup d’entre nous sont devenus progressivement indifférents aux autres depuis les années 1990, et c’est en grande partie parce que nos médias écrits et audiovisuels nous ont montré comment faire.

L’impact du 11 septembre sur le journalisme

Les événements du 11 septembre 2001 ont à nouveau changé la donne – dans les pratiques de nos médias, dans le Zeitgeist tout court. Quinze ans après ces tragédies, Ben Rhodes et Ned Price gavaient leurs oies. Six ans plus tard, les correspondants envoyés en Ukraine nous offrent la pire couverture médiatique dont je me souvienne sur les événements d’outre-mer.

Quelques jours après les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone le 11 septembre 2001, le secrétaire de presse de George W. Bush a organisé une conférence téléphonique avec les principaux rédacteurs en chef américains à Washington. L’intention d’Ari Fleischer était de s’assurer la coopération des journaux et des diffuseurs alors que l’administration définissait et poursuivait sa nouvelle « guerre contre le terrorisme ». Il a demandé à ses interlocuteurs d’occulter toute couverture révélant comment l’Amérique allait mener cette guerre. Fleischer était particulièrement désireux de soustraire à la vue du public les opérations de la C.I.A. et le reste de l’appareil de sécurité nationale. Toutes les personnes présentes ce jour-là ont volontiers obéi à l’administration Bush sur ces questions.

Quelques années plus tard, Jill Abramson, chef du bureau du New York Times à Washington au moment de l’appel de Fleischer, nous a donné ce qui semble être le seul compte rendu existant de cet échange. « Le but de l’appel était de passer un accord avec la presse – c’était quelques jours après le 11 septembre – pour que nous ne publiions aucune histoire qui entrerait dans les détails des sources et des méthodes de nos programmes de renseignement », a expliqué Jill Abramson lors d’une longue conférence en 2014 à la Chautauqua Institution, une congrégation d’auto-satisfaits bien pensants dans l’ouest de l’État de New York. « Ce n’était pas compliqué de dissimuler de telles informations. Et pendant quelques années, en réalité pas mal d’années, je ne pense pas que la presse, en général, ait publié des articles qui aient contrarié la Maison Blanche de Bush ou qui aient semblé violer cet accord. »

Je m’émerveille quand je considère ce que nous savons maintenant de « ces informations ». Il s’agissait notamment des enlèvements de la CIA, que le gouvernement a ensuite appelés « restitutions extraordinaires » afin de masquer la vérité sur ce qu’il faisait, ainsi que de l’utilisation de « sites noirs » où des détenus non inculpés étaient soumis au simulacre de noyade et à d’autres formes de torture sadique. « Il s’est avéré par la suite que ces informations comprenaient également la surveillance aveugle des Américains et de tous les non-Américains de son choix par la National Security Agency.

Je m’émerveille parce que si les rédacteurs les plus influents de la presse avaient décidé de dire à Ari Fleischer d’aller se faire voir, comme ils auraient dû le faire et en ces termes, ces choses ne se seraient peut-être pas produites, et le gouvernement et les médias américains seraient peut-être sortis des événements du 11 septembre comme des institutions plus honorables.

Lorsqu’un secrétaire de presse de la Maison-Blanche juge bon de convoquer une telle réunion et de demander aux personnes présentes de participer à la censure de leurs propres publications, il est clair que la relation des médias avec le pouvoir – en l’occurrence le pouvoir politique et administratif – était déjà compromise. Les rédacteurs en chef auxquels Fleischer a fait appel ont peu après accepté l’expression « guerre contre le terrorisme » sans aucune hésitation ou objection enregistrée. Il s’agissait là d’une autre violation de l’éthique professionnelle aux conséquences considérables, étant donné qu’un état de guerre modifie inévitablement les relations des médias avec le pouvoir.

Je considère ces réponses à l’unisson comme un moment décisif dans le déclin des médias américains et de leur couverture des affaires étrangères au cours des années post-2001. Pour comprendre cela, il est nécessaire d’examiner brièvement ce qui est arrivé à l’Amérique et aux Américains en général en cette matinée de fin d’été à Manhattan et à Washington.

Le 11 septembre a marqué la fin étrangement abrupte du « siècle américain » et – il ne faut pas l’oublier – la conscience qu’il a engendrée chez les Américains. J’ai déjà fait cette remarque dans cet espace et ailleurs à plusieurs reprises. En bref, il y a eu un effondrement psychologique bien plus important que l’effondrement des tours, aussi tristes que soient les 3 000 morts.

Les élites politiques américaines ont adopté une position défensive ce jour-là. Elles se sont détournées du monde et se sont retournées contre lui en même temps. L’administration Bush était ouvertement xénophobe avec tous ses discours sur l’ »islamofascisme » et d’autres notions aussi ridicules. La plupart des Américains se sont retournés dans le même sens. Lorsque Jacques Chirac a refusé d’enrôler la France dans la « coalition des volontaires » de Bush contre l’Irak, les Français sont devenus des « singes capitulards mangeurs de fromage », une expression que j’ai toujours appréciée pour son chauvinisme américain. Vous vous souvenez des « frites de la liberté » ?

Du monde au contre-monde

Cette hostilité à l’égard des autres est tapie dans l’esprit des Américains depuis le XVIIe siècle, et ne fait que trop souvent surface. Au XIXe siècle, les Irlandais étaient ignorants, les Italiens gras, et les Chinois jaunes et dangereux. Le 11 septembre a plongé l’Amérique dans cet égout une fois de plus. Pendant un temps, il était tout à fait normal de qualifier les musulmans de « têtes de chiffons ».

Ce glissement, de l’extérieur vers l’intérieur du monde, est assez regrettable du point de vue de la position nationale. Mais il a été particulièrement funeste dans la mesure où il a conduit la couverture des événements d’outre-mer dans nos principaux quotidiens et radiodiffuseurs droit dans le mur. En l’état actuel des choses, cette couverture est devenue la pire que j’ai vue de toute ma vie, mais une mise en garde s’impose sur ce point : j’ai qualifié la couverture des affaires étrangères par les médias américains de pire de toute ma vie à de nombreuses reprises dans le passé, pour constater que sa détérioration s’accentue inexorablement et parfois de jour en jour.

Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi est-ce que je choisis le 11 septembre 2001 comme point de départ ?

Jill Abramson a ensuite occupé le poste de rédactrice en chef du Times. Bien que cet intérim ait pris fin lorsqu’elle a été licenciée après deux ans et demi, elle était une journaliste de très haute stature, sinon de haut calibre. Voici ce qu’elle a dit lorsqu’elle a expliqué à son auditoire de Chautauqua les raisons pour lesquelles la presse américaine a cédé si lâchement aux exigences inadmissibles d’Ari Fleischer. « Les journalistes sont aussi des Américains. Je me considère, comme beaucoup d’entre vous j’en suis sûre, comme une patriote. »

Ces deux phrases me sidèrent chaque fois que j’y pense. D’une part, elles reprennent presque mot pour mot ce que des dizaines d’éditeurs, de rédacteurs, de chroniqueurs, de correspondants et de reporters ont dit après que Carl Bernstein, dans l’édition du 20 octobre 1977 de Rolling Stone, ait révélé que plus de 400 d’entre eux étaient des collaborateurs de la CIA. Joe Alsop, chroniqueur au New York Herald Tribune et plus tard au Washington Post et guerrier froid par excellence : « J’ai fait des choses pour eux quand je pensais que c’était la bonne chose à faire. J’appelle cela faire mon devoir de citoyen. »

Est-ce que rien ne change jamais ? Les gens comme Abramson n’apprennent-ils jamais rien ?

D’autre part, de l’époque d’Alsop à celle d’Abramson et à la nôtre, il ne semble pas venir à l’esprit de ces gens que pour qu’un rédacteur ou un journaliste soit un bon Américain, il suffit qu’il soit un bon rédacteur ou un bon journaliste. Au lieu de cela, ils pensent qu’en temps de crise, il est en quelque sorte nécessaire que les médias trahissent leurs principes fondamentaux – comme si ceux-ci étaient au fond sacrifiables.

Dernier point : L’erreur la plus grave des médias américains pendant la guerre froide, l’ancêtre de toutes les autres, a été leur engagement volontaire dans la cause du nouvel État de sécurité nationale. C’est ce dont Alsop parlait. Cela a été accompli, je dirais, en 1948 ou 1949 au plus tard : En d’autres termes, la presse et les diffuseurs sont engagés plus ou moins immédiatement dans la croisade nouvellement déclarée par l’administration Truman.

Et c’est aussi ce dont parlait Jill Abramson dans les contrées sauvages de Chautauqua 65 ans plus tard. Et c’est ce que les médias américains ont fait immédiatement après le 11 septembre : ils se sont de nouveau engagés dans la nouvelle cause de l’État de sécurité nationale.

À l’époque d’Abramson, l’Amérique avait consolidé un empire mondial qui n’était que naissant lorsque Joe Alsop et son frère, Stewart, écrivaient. La distinction est importante. Bien avant tout cela, Rudolf Rocker, l’un de ces véritables anarchistes de la fin du XIXe siècle, a publié Nationalism and Culture. Ce livre – difficile à trouver aujourd’hui et coûteux lorsqu’on le trouve – nous le rappelle : Lorsqu’un empire rassemble et protège son pouvoir, toutes les institutions culturelles sont tenues, d’une manière ou d’une autre, de le servir. Aucune de celles qui ne le font pas ne peut survivre. Rocker a utilisé le terme « culture » de manière très large. Dans son acception du terme, les médias d’une nation donnée sont des institutions culturelles, et la vérité amère qu’il a énoncée s’applique.

Après le 11 septembre, d’abord de manière subtile, puis de manière moins évidente, une administration après l’autre a insisté sur le fait qu’il n’y avait qu’une seule façon de comprendre le monde – la façon américaine – et qu’il n’était pas nécessaire de comprendre ou de consulter celle des autres. Je suis tenté d’inviter les lecteurs à compléter ce dernier paragraphe, mais cela me semble inconvenant. Donc : Cette façon de penser, ou de refuser de penser plus longtemps, est essentiellement défensive, le refuge des anxieux et des incertains. Et si elle n’a pas défini la spirale descendante de la qualité de la couverture étrangère des médias grand public après 2001, il s’en faut de peu.

John Pilger, le correspondant et cinéaste australo-britannique, a fait remarquer après que les États-Unis ont cultivé le coup d’État de 2014 à Kiev : « La suppression de la vérité sur l’Ukraine est l’un des blackouts d’information les plus complets dont je me souvienne. » Bravo, bravo, même si j’imagine que John peut penser à d’autres blackouts « les plus complets » maintenant, huit ans plus tard.

Les lecteurs et les téléspectateurs qui ont limité leurs sources d’information au courant dominant ont obtenu une version incroyablement noire et blanche des événements en Ukraine après le coup d’État de février 2104 – qui n’était pas un coup d’État mais une « révolution démocratique ». C’était exactement ce que les cliques politiques de Washington voulaient.

Le rôle des États-Unis dans le putsch, la présence de néonazis parmi les putschistes, le caractère antidémocratique du renversement d’un président dûment élu, le bombardement ultérieur par le nouveau régime des civils dans les provinces de l’Est – une campagne de huit ans – la discrimination généralisée depuis lors à l’encontre des russophones et des médias critiques, les assassinats de personnalités politiques de l’opposition, l’utilisation par Washington de l’Ukraine dans sa campagne de longue date visant à subvertir la Russie – tout cela a été laissé de côté.

Au moment où la crise ukrainienne a éclaté, la guerre en Syrie durait déjà depuis plus de deux ans. Je n’appelle pas cela une guerre civile car ce n’en était pas une. Les États-Unis ont fait basculer ce qui a commencé comme des manifestations légitimes contre le gouvernement de Damas fin 2011 en un conflit armé au plus tard début 2012. C’est à peu près à ce moment-là que Jake Sullivan, conseiller d’Hillary Clinton à l’époque, a envoyé un mémo à la secrétaire dans lequel il disait : « Bonne nouvelle, Al-Qaïda est de notre côté en Syrie.

Imaginez être là

De l’opération de coup d’État à peine dissimulée, de l’armement des fanatiques djihadistes contre le gouvernement laïc d’Assad, des meurtres sauvages, des enlèvements et de la torture que la C.I.A. a effectivement financés : Non, de la véritable nature de cette guerre, nous n’avons rien lu, à moins d’avoir recours aux quelques journalistes indépendants qui ont suffisamment de principes pour faire des reportages sur le sol syrien. Imaginez cela : Être là.

La façon dont la presse écrite et les réseaux occidentaux ont rendu compte de la crise syrienne m’a semblé – je ne cesse d’y revenir – parmi les pires cas de déréliction de mon vivant. Les correspondants occidentaux restaient à Beyrouth ou à Istanbul et obtenaient leurs informations par le biais de sources sur le terrain en Syrie, par téléphone, Skype ou les médias sociaux.

Et qui étaient ces sources ? Des figures de l’opposition ou le personnel syrien d’organisations non gouvernementales occidentales, dans l’ensemble des sources anti-Assad. Mais peu importe : Ces informations ont été intégrées au reportage comme étant objectives. L’admirable Patrick Cockburn a exposé tout cela il y a des années dans un excellent article paru dans The London Review of Books, à l’époque où le LRB publiait de tels articles.

Et vers qui ces correspondants se tournaient-ils lorsqu’ils avaient besoin d’une citation analytique percutante ? Vers les universitaires américains, les habitués des think tanks et les responsables gouvernementaux à Washington. Cette pratique, dois-je ajouter, n’est en aucun cas limitée à la couverture de la Syrie. Avec une ligne de temps à Beyrouth ou à Pékin, les correspondants américains n’hésitent plus à citer des Américains et à leur lire ce qu’ils pensent de telle ou telle question d’affaires étrangères.

Ces pratiques inexcusables étaient généralisées en Syrie. Je vais citer deux noms car je pense qu’il est important de citer des noms dans ce genre d’affaires. Ben Hubbard et Ann Barnard, tous deux du New York Times, ont été parmi les pires contrevenants. Ils ont pris la tête du peloton en désignant sans cesse des djihadistes meurtriers comme des « rebelles modérés », cette expression désormais tristement célèbre. C’est en grande partie parce que ces rebelles modérés les décapiteraient s’ils faisaient un reportage en Syrie que Hubbard, Barnard et consorts ont rarement mis les pieds dans le pays, s’ils l’ont jamais fait, pour couvrir la guerre qu’ils prétendaient couvrir.

À ce moment-là, c’était très clair : ce qui avait commencé par la conférence téléphonique d’Ari Flesicher était désormais un processus global. Aucun correspondant étranger dont le récit des événements ne correspondait pas exactement à l’orthodoxie de Washington ne pouvait faire de reportage pour les médias grand public. Ce qui s’est passé n’avat plus d’importance. L’équilibre des sources d’information n’avait plus d’importance. La rigueur n’avait plus d’importance. Le travail de témoignage n’avait plus d’importance. C’est la conformité qui compte. Ceux qui font un travail de principe dans la presse indépendante, le travail de témoignage, aujourd’hui comme hier, sont régulièrement vilipendés.

Entre parenthèses, je constate que j’ai une fois de plus affirmé l’importance des médias indépendants à notre époque. On ne saurait trop insister sur ce point. Il se trouve que je pense que les médias américains ont un bel avenir, aussi misérables que puissent paraître leurs perspectives actuelles. Il ne sera pas gagné facilement ou rapidement, mais cet avenir repose sur des publications indépendantes telles que celle-ci (Consortium News).

Quelle était la distance entre les bureaux de Beyrouth et le bureau de Ben Rhodes à la Maison Blanche d’Obama ? Un saut de puce, je dirais. Avec Rhodes comme « stratège de la communication » d’Obama, et Ned Price comme « spinner in chief » adjoint, les correspondants couvrant la Syrie auraient pu faire exactement le même travail s’ils avaient fait partie des « compadres » dont Price a parlé en 2016 – des journalistes de Washington qui ont rendu compte des événements étrangers après avoir été gavés comme des oies. Il en va de même pour les correspondants qui couvrent actuellement la crise ukrainienne.

À une différence près : Il ne reste plus qu’à maintenir l’apparence que l’on travaille en tant que correspondant étranger – la pose héroïque. La reconstitution semble être le seul but recherché. A part cela et à quelques exceptions près, ils sont tous rentrés chez eux – incurie, léthargie, on a l’impression qu’ils n’ont ni l’inspiration ni le courage, résignés à la nouvelle routine.

Patrick Lawrence

Traduction « le journalisme est devenue une profession sinistrée » par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» https://consortiumnews.com/2022/09/06/the-historic-collapse-of-journalism/

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