Affaire Sider : La tache indélébile


Des interpellations et mises en détention provisoire de personnalités politiques de premier plan, dont deux ex-Premiers ministres de l’ère Bouteflika, font remonter à l’opinion publique la campagne de «moralisation de la vie publique» des années 1990, menée par un certain Ahmed Ouyahia, qui passe du coup du statut de bourreau à celui de victime.

La République de la fraude, ce best-seller de Jacques Bacelon, qui ébranla, à sa sortie en 1986, les plus hautes sphères politique et économique françaises pourrait, plus de trois décennies après être merveilleusement adapté à l’Algérie.

En effet, c’est un véritable banditisme d’Etat qui a fini par se mettre en place, voire s’y ancrer, nos dirigeants ayant fait du triptyque ‘’prédation-répression-corruption’’ leur clé de voûte.

Avec les interpellations-auditions-incarcérations en cascade ces dernières semaines, de ministres, Premiers ministres, walis ainsi que de personnalités du monde de la politique et des affaires, il a été donné aux Algériens de constater que dans les domaines de la corruption, plus que nulle part ailleurs, plus on est puissant, plus nos excès sont tolérés et que la lutte contre ce fléau ravageur a toujours été orientée vers le plus grand nombre et non vers ceux qui réalisent illicitement les plus gros profits.

Dit autrement, «le système en place permet de faire rendre gorge au petit fraudeur et de transiger avec doigté lorsqu’il s’agit des grands». L’exemple de Ahmed Ouyahia est des plus édifiants.

N’est-ce pas lui qui, faisant sienne la campagne de «moralisation de la vie publique», avait jeté en prison, au milieu des années 1990, près de 6500 cadres gestionnaires dont environ 85 % ont pu, par la suite, bénéficier d’une relaxe ou d’un acquittement définitif.

D’autres décéderont pendant leur détention provisoire, sans jamais avoir obtenu d’audience d’inculpation ni de jugement. Un des cas emblématiques: Les cadres de Sider, qui ont subi une détention provisoire ayant duré quatre années, pour aboutir à un acquittement général.

Parmi ces cadres, feue MmeLaouar, alors atteinte d’un cancer, décédera en détention. «Elle fut doublement et injustement sanctionnée : privée de sa liberté pendant des années et privée de son acquittement-réhabilitation étant décédée avant la tenue du dernier procès après cassation, qui a prononcé l’acquittement de tous les accusés», se souvient encore son avocat Me Abderrahmane Boutamine.

C’est justement aussitôt annoncée par les médias l’incarcération de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia qu’il fera répéter, en boucle, dans la rue comme sur les réseaux sociaux, par leur entourage et l’opinion publique que «justice est ainsi faite aussi bien pour Mme Laouar que pour les coaccusés comme MM Benhamadouche, Fellahi, Benmihoub, tous partis avec un profond mal qui les rongeait dans l’affaire Sider qui collera à la peau d’Ouyahia jusqu’à la fin de ses jours».

Genèse de l’affaire

Comment cette affaire a été initialement confectionnée au plus haut sommet de l’Etat puis mise en route par ses appareils et son administration ?

En 1991, la SACE, organisme italien de couverture des exportations, l’équivalent de la Coface en France, l’ECGD britannique ou encore la Cagex en Algérie, mit à la disposition de l’Algérie une ligne de crédit de 300 millions de dollars pour l’exportation de rond à béton italien vers l’Algérie et que le gouvernement, dirigé à l’époque par Mouloud Hamrouche, répartira sur cinq banques.

Deux quotas pour 100 millions de dollars confiés à Metal Sider, société privée spécialisée dans la sidérurgie, les trois autres quotas ayant bénéficié aux entreprises publiques ex-Sider (60 millions) et Cosider ainsi que des privés, dont un certain Kouninef !

La stratégie gouvernementale reposant donc sur l’appel excessif et incontrôlé aux importations pour combler le déficit en rond à béton, ce qui a eu pour effet mécanique d’exacerber les appétits et d’éroder les capacités d’El Hadjar.

Une vive polémique éclata à l’époque lorsque les responsables de Sider eurent pointé du doigt les importateurs privés, leur reprochant de se fournir, à vil prix, auprès d’un trader algérien basé en Italie, qui importait de l’acier ukrainien irradié transitant par la péninsule.

Parallèlement, une partie de ce même rond à béton italien était réexportée vers le Maroc et la Tunisie. Quant aux cadres de Sider, ils avaient, semble-t-il, eu le tort d’exécuter à la lettre les orientations gouvernementales. C’est-à-dire ?

Le témoignage, poignant, que livrera à El Watan Economie un des ex-cadres dirigeants de feue Sider, qui n’est pas près d’oublier ce qu’Ouyahia et ses protégés avaient fait subir à ses ex-collègues : Dans le bâtiment, ces orientations avaient un double objectif : à l’arrêt, du fait de la longue pénurie sévère de rond à béton, les chantiers relatifs au programme de réalisation de milliers de logements sociaux devaient être relancés.

C’est dans ce cadre que l’Etat s’était appuyé sur Sider, qui avait ses réseaux commerciaux sur le marché international à l’effet de satisfaire les besoins dudit programme gouvernemental, à lui seul, le complexe El Hadjar était incapable de couvrir ces besoins.

C’est ce que fera Sider avec les premiers achats d’importantes quantités de rond à béton auprès de différents fournisseurs connus sur le marché international. Un autre contrat devait être signé fin 1995 début 1996.

Cela coïncidait avec la nomination de Mohamed Betchine au poste de conseiller à la présidence de la République et d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement. Et tout bascula pour les cadres dirigeants de Sider lorsqu’ils s’apprêtaient à signer le gros contrat en question, à Alger et en présence de Saci Aziza, alors ministre du Commerce.

Mafia du rond à béton

Outre Messaoud Chettih, le PDG, étaient également présents ses proches collaborateurs, notamment Mostefa Achaïbou, DG du groupe commercial (Alger). Et à quelques minutes de la signature du contrat, le ministre Aziza avait été invité à quitter la réunion pour un urgent appel téléphonique d’en haut lieu.

Il reviendra peu de temps après pour souffler à l’oreille de M. Chettih les instructions qu’il venait de recevoir sans en préciser l’auteur.

Le ministre avait été «prié» de reporter la signature du contrat à une date ultérieure. Cette «déconvenue» était donc intervenue quelques semaines après l’arrivée de MM Betchine et Ouyahia au pouvoir. Le PDG de Sider, persuadé qu’il était dans un Etat de droit, répliquera médiatiquement et c’était en décembre 1995.

Il avait laissé entendre que la filière sidérurgique algérienne était en mesure de surmonter la crise. Mieux, au niveau du ministère de l’Industrie lourde, le holding dont le directoire venait d’être installé avait mis au point une stratégie destinée à insuffler une nouvelle dynamique à la filière, autrement dit à la relance de Sider. M. Chettih et son équipe devaient mettre sur rail cette stratégie. Il ne restait que la conclusion des projets retenus.

En parallèle, les opérateurs privés, qui avaient la mainmise sur le marché à l’import du rond à béton, ripostaient en multipliant les sorties médiatiques et publicitaires aux fins de vanter la qualité et les prix de leur produit, manière de ravir à Sider des parts de marché pour ne pas dire l’évincer carrément de l’arène.

Ces importateurs privés étaient censés recourir à des circuits commerciaux habituellement empruntés par Sider. Ce qui ne sera pas le cas. Ils feront appel à des fournisseurs russes, yougoslaves et ukrainiens, notamment. Ces derniers (ukrainiens) accapareront la plus grosse part, environ 60% de l’enveloppe financière destinée à l’importation de ce matériau, conformément au programme gouvernemental.

Le pouvoir en place laisse faire, car de nombreux responsables politiques proches de Ouyahia avaient un pied dans le secteur. A l’est du pays, le port de Skikda fut pratiquement inondé de rond à béton ukrainien. Dans cette région, comme dans l’Oranie et le centre, le paysage ayant pris la couleur de la rouille.

S’ensuivit une circulaire où le ministère de l’Habitat alerta l’ensemble de ses structures sur la présence sur le marché national de rond à béton cassant, pouvant être irradié suite à la catastrophe de Tchernobyl. Cette alerte interviendra, malheureusement, en retard.

Ce matériau de qualité douteuse et non conforme aux normes requises avait envahi le marché et se vendait très bien car cédé à des prix inférieurs à ceux pratiqués par Sider.

Ce qui la poussa à revoir à la baisse les prix de son rond à béton, bien que celui-ci soit de haute qualité. Une erreur qu il ne fallait pas commettre, car c’était en réalité un piège tendu aux dirigeants de Sider pour pouvoir s’en débarrasser. En réduisant les prix à la tonne du rond à béton d’El Hadjar, Chettih et ses collaborateurs devenaient de plus en plus gênants. Il fallait les écarter quelle qu’en soit la manière.

Chettih échappera par trois fois et miraculeusement à des tentatives de kidnapping, pour être assimilé à un acte terroriste, et il le confirmera lui-même le 4 décembre 1999 devant le tribunal criminel de Annaba où il comparaissait.

Trois années plus tôt, le 22 février 1996 précisément, soit 24 heures à peine après l’Aïd El Fitr, la nouvelle de l’arrestation de M. Chettih et de cinq de ses proches collaborateurs fit le tour de Annaba. La mafia du rond à béton a fini par avoir leur peau.

Pis, une fois le staff dirigeant définitivement «laminé», le complexe sera offert en 2001 au géant mondial de l’acier Lakshmi Mittal, qui le restituera aux Algériens après en avoir fait un amas de ferraille.

Avec cette privatisation, la braderie industrielle lancée sous la houlette d’Ahmed Ouyahia se poursuivra et la lutte sourde que se livrent sans merci les différents groupes en vue de la contrôler s’enflammera, amplifiant de fait les pratiques de spoliation et de prédation sous leurs formes les plus dévastatrices.

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Un reporter qui n’est pas payé par Niel ou Drahi n’est pas un journaliste.


Pour « Le Monde », et la presse qui va avec, un journaliste ne peut être qu’un membre du groupe du sérail de la fratrie de la convenance. Dés qu’un mal élevé, inconnu des réseaux de pouvoir, mais profondément JOURNALISTE met son nez sans carte de presse dans un dossier qui bouscule l’ordre établi, il est soulevé avec des pincettes car il sent mauvais, comme tous ces êtres qui ne sont pas du bon monde.

Mes derniers amis, avec lesquels je viens de me réunir dans une cabine de karaoké, le savent, je ne suis pas du genre à critiquer la police. Quand ils coupent des mains, éborgnent des regards, provoquent la mort d’une vieille dame à Marseille je trouve ça vraiment juste et bien. D’ailleurs la vieille dame on ne va pas la compter puisqu’elle est algérienne. L’action policière est conforme à la comptine des Droits de l’homme, telle que récitée par Castaner : nous sommes une grande démocratie où la répression ne saurait être injuste. Les borgnes et les sans main, qui ont remplacé les « sans dents », doivent s’affirmer heureux. Le coup de matraque, le pétard du flash-ball sont comme le goupillon qui bénit le pécheur, ou le coup de règle de l’instit vintage. Va en paix mon fils.

Mais ce qui m’a choqué, et là je vais être franc avec les amis de la police, c’est l’arrestation et la garde à vue d’un journaliste. Donc d’un confrère. Comme c’est une espèce en voie d’extinction, j’aime les hommes de presse, tout autant que le regretté volatile, le dodo. Mon premier mouvement a été de sauter sur une trottinette d’Hidalgo, qui n’est pas lente, pour foncer vers le commissariat d’Alfortville où le reporter était détenu par d’exquis policiers. Mon second mouvement fut de lire à la volée, sur téléphone, ce que disait la presse des malheurs du confrère : « Le journaliste militant Taha Bouhafs poursuivi pour « outrage », son téléphone mis sous scellé », lis-je dans « Le Monde » qui dit toujours vrai, même à 8h54 quand le croissant vient de quitter la lune pour rejoindre la sous-tasse du café. A l’OBS, autre succursale de Niel, on affiche la même chose : « Le journaliste et militant Taha Bouhafs… ». Je m’en vais alors voir au vrai chic « Parisien », chez Arnaud qui, lui, n’est que le beau-père de Niel, mais c’est rebelote : « Le journaliste et militant Taha Bouhafs… ».

Je délaisse la trottinette pour la réflexion : si d’aussi merveilleux confrères qualifient ce journaliste de militant c’est pour nous dire, entre les dents, qu’il n’est pas journaliste, ou pas vraiment. Donc pas nécessaire de rouler jusqu’à Maison Alfort, ville que mes chats détestent car pleine de vétérinaires. Je n’ai donc pas milité en faveur du militant.

C’est vrai, un vrai journaliste ne milite pas, prenez Bernard Guetta, mon modèle à imiter, l’avez-vous jamais lu ou entendu militer ? Avez-vous, déjà, entendu un mot doux sur Macron sorti de la bouche de Delahousse ? Non puisque « Le Monde » les présente comme « journalistes », sans le mot semi-remorque, « militant ». Faut croire « Le Monde ». Tant qu’un mensonge n’est pas accrédité par ce journal, ce n’est pas une vérité.

Et puis aussi, quel drôle de nom pour un reporter, « Taha Bouhafs ». Les journalistes, les vrais, se nomment Christophe Barbier, Eric Brunet, Ruth Elkrief, André Bercoff, Roseline Bachelot, François Lenglet, Léa Salamé, Nicolas Demorand. Comme les appareils dans les gares, qui vous dépannent en boissons, eux sont des distributeurs de certitudes. Ils ne militent pas, ils nous déforment. Personnellement si un milliardaire camé me demandait de le conseiller sur la rédaction de son journal, je lui dirais d’entrée « Surtout pas de Taha, pas de Bouhafs ». Ça c’est un nom de menteur. La preuve : il a vu et filmé, le premier, Alexandre Benalla en train de tabasser des citoyens lors des manifs du 1 mai 2018. Mesurez l’imposteur.

Mon très bon fond m’a toujours poussé à défendre les journalistes. C’est peut être ça qui les a fait disparaitre… Ainsi j’ai déjà été piégé dans un scénario à la Taha Bouhafs. C’est quand un matin d’il y a peu, Internet un jour Internet toujours, je me jette sur les nouvelles. Pour entendre des mots horribles, « Gaza : un journaliste tué, deux blessés »…Apeuré je demeure, en me disant : « pourvu, surtout, qu’ils n’aient pas tué Christophe Barbier ». Hagard, je poursuis mon écoute : « Le journaliste mort et les deux confrères blessés sont des palestiniens de Gaza… ». Et là c’est la colère : comment peut-on ainsi jouer avec nos nerfs. Avec la réserve de notre si précieuse émotion… Tout est dans la précision de fin de phrase : « Palestiniens ». On nous laisse d’abord nous faire un sang d’encre, et craindre le pire. Par exemple, qu’outre Barbier on nous ait aussi fauché Pascal Praud et pourquoi pas F.O.G. Et voilà que la queue de phrase vient me rassurer « Trois journalistes palestiniens » : aucun vrai journaliste parmi les victimes.

On nous avait déjà fait le coup en 2006 quand, dans leur juste combat pour leur sécurité, les militaires israéliens avaient tué un confrère libanais présenté, lui aussi comme « journaliste ». Heureusement, nos médias de vérité étaient vigilants pour nous préciser que ce reporter travaillait pour un journal « proche du Hezbollah », ce qui relâchait la soupape. Ce n’était donc pas un reporter qui était mort mais « un proche du Hezbollah ». Comme Léa Salamé est proche de « Place Publique ».

Simple exercice, sorte de jeu, de saut dans le temps pour ceux qui aiment les séries filmées au gazogène. Imaginez que nous soyons lecteurs des journaux imprimés sous Vichy, avec pétillante à volonté, le 15 décembre 1941 nous aurions appris avec flegme l’exécution du « journaliste militant » (communiste) Gabriel Péri, puis le 21 février 1944 l’assassinat au Mont Valérien de Missak Manouchian, « journaliste militant » et enfin, pour en rester à ces reporters-militants qui inquiètent tant « Le Monde », le 22 mars 1944 apprendre impassibles la mort après torture du « journaliste militant » Pierre Brossolette. Trois journalistes relevant d’un passage au Décodex.

Jacques-Marie BOURGET

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https://www.legrandsoir.info/un-reporter-qui-n-est-pas-paye-par-niel-ou-drahi-n-est-pas-un-journaliste.html

Parlons (Inter) Net


Les « Suivez-moi et passez devant ! »

« Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire, et surtout la grande armée des gens d’autant plus sévères qu’ils ne font rien du tout. » 
J’ajouterai personnellement : « Et ceux qui n’ont jamais rien fait et ne feront jamais rien  ».

Je pensais à cette phrase de l’académicien Jules Claretie (1840/1913) en lisant le court article de Pierre Chaillan dans l’Humanité sur la méprisable polémique a-historique quant à la date d’entrée des communistes dans la Résistance.

Théophraste R. Auteur d’un polar historique (inachevé, et c’est dommage) : « Comment les Américains ont débarqué juste à temps pour empêcher Staline d’arriver en Espagne et de fusiller Franco ».

Photo  : Un des premiers actes de résistance dans Paris occupé : le 11 novembre 1940, les lycéens et étudiants bravent l’interdit et manifestent pour commémorer la victoire de la France contre l’Allemagne en 1918. Parmi eux, beaucoup sont venus à l’appel de l’UEC (Union des Etudiants Communistes).

https://www.legrandsoir.info/

Les manipulateurs ont été mis en échec


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Les citoyens ont été tout aussi nombreux à prendre part aux marches de vendredi passé qu’ils l’ont été dans les précédentes. Ils n’ont pas failli à ce rituel auquel ils ont habitué les observateurs sachant que ces derniers scruteraient le niveau de leur participation afin de vérifier si l’opération «mains propres» initiée par la justice ayant conduit à l’incarcération de hauts responsables du régime moribond et de prévaricateurs qu’ils ont protégés et couverts aurait de nature, comme l’ont avancé certains d’entre eux, instillé dans les rangs du mouvement populaire le doute sur la pertinence de la continuité de ses actions hebdomadaires. 

En descendant en masse dans les rues après cette opération, les marcheurs du vendredi ont clairement fait savoir que tout en applaudissant l’action de la justice à l’encontre de symboles du régime honni, ils ne dévieront pas de l’objectif que s’est fixé leur mouvement : en finir radicalement avec ce régime et tous les piliers qui ont contribué à le faire perdurer pendant vingt ans. Et c’est bien le message qu’ils ont délivré ce vendredi d’après les incarcérations de ces symboles sulfureux du régime déchu à travers les slogans qu’ils ont scandés, n’en déplaise à la télévision publique qui s’est évertuée à ne faire entendre que ceux louangeant l’opération «mains propres» et délivrant un satisfecit à ses promoteurs. 

Cette dérisoire manipulation démontre que les instigateurs de la purge ne l’ont pas ordonnée exclusivement pour satisfaire l’une des revendications populaires mais pour en faire sujet à controverse et à divergence au sein du mouvement populaire sur les suites à donner à son action. En faisant tomber les plus décriés symboles du régime moribond ses tenants qui détiennent encore le pouvoir tentent de convaincre que leur ralliement au mouvement populaire est dénué de calcul politique et que les Algériens doivent accorder confiance à leurs faits et actes visant à l’émergence d’un régime de substitution à celui contre lequel ils se sont soulevés. Ce en quoi ils font preuve de persistance dans la logique du régime dont ils sont le produit ayant consisté à considérer que le peuple n’est apte à avoir qu’une souveraineté limitée dont le respect ne s’impose pas à ceux qui s’arrogent le droit d’être ses conducteurs. C’est avec cette logique que les Algériens veulent rompre maintenant qu’ils ont brisé le mur de la peur qui les a fait s’y soumettre fatidiquement depuis le recouvrement de l’indépendance du pays. Ils ne cesseront pas tant qu’ils n’auront pas pleine et totale satisfaction. C’est ce qu’ils ont clamé et avec encore plus de détermination affichée ce vendredi. A bon entendeur salut. Debout, les Algériens sont décidés à le rester. 

par Kharroubi Habib

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5277860

La transition en Algérie n’a rien à voir avec les autres pays


1-Position du problème 

Les Algériens comparés à leurs voisins en Afrique et ceux des pays de l’Amérique latine font, si l’on se réfère aux statistiques, trop de protestations sous forme d’avertissement qui réussit à chaque fois de monnayer un compromis avec le pouvoir en place, mais ils n’ont fait que deux révolutions : une le premier novembre 1954 et une autre le 22 février 2019. Dans les deux cas ils ont dit aux colons et au système «assez d’humiliation, dégagez !». Cette revendication est irréversible quelles qu’en soient les conséquences, ce qui fait dire au sociologue Nacer Djabi qui a travaillé longtemps sur ces mouvements «les Algériens cette fois-ci ne quitterons pas la rue avant le départ du système». Comparer donc le processus transitionnel dans le monde pour en tirer un modèle serait un peu prétentieux pour ne pas dire carrément caricatural. Les raisons sont simples : Les Algériens n’auront pas à inventer la démocratie car la Constitution de 1996, venue dans des circonstances particulières, fortement débattue par le bas, accordait déjà des libertés mais triturée par la suite au gré des circonstances et des hommes pour concentrer leur «pouvoir» au détriment de cette première fenêtre vers le processus démocratique. La seconde raison, est pas des moindres, est que l’expérience montre que chaque transition vise un objectif qui doit être adapté aux moyens choisis et surtout le contexte propre à la situation en présence. En fait, les nombreux spécialistes qui ont tenté de théoriser le processus transitionnel se sont heurtés à une absence de «stratégie de transition démocratique applicable universellement». Chaque société se distingue par ses attentes qui ne peuvent faire l’objet d’une corrélation inter-sociétés pour en tirer un modèle universel à suivre. 

L’Algérien par exemple a montré qu’il jouit de la primeur de ses contestations, depuis la révolution pour son indépendance, octobre 1988, janvier 2011 à celle du 22 février 2019. Une seule constante spécifie, la motivation du protestataire algérien, il n’aime pas la hogra et sait incontestablement fixer les objectifs de ces revendications qu’il finira par obtenir quel qu’en soit le prix à payer tout en sachant faire des concessions lorsqu’elles s’avérèrent nécessaires. 

2-La première révolution des Algériens 

Le déclenchement de la révolution en novembre 1954 constitue en fait une forme de contestation ou de protestation, aux effets de cette contradiction qui a rendu l’Algérien frustré par une compétitivité déloyale. En effet, la société algérienne fut l’une des plus dépossédées du monde : la colonisation de peuplement avait expulsé une partie de la paysannerie de sa terre et condamnait, par son existence même, les chômeurs ruraux à ne pas trouver d’emploi dans le secteur agricole. La majorité des postes de cadres moyens ainsi que des fonctions administratives subalternes étaient dévolus aux Européens. Enfin l’identité algérienne elle-même était niée, le pays ayant un statut départemental tandis que sa langue n’était même pas enseignée dans les écoles. Le succès de l’insurrection du 1er novembre 1954 trouve là ses sources. Tous les mouvements nationalistes, fussent-ils petits-bourgeois, n’avaient d’autre programme que l’indépendance, d’autre idéologie que l’anticolonialisme. En dépit de certaines divergences d’avant le déclenchement de la lutte armée, divergences qui portaient plutôt sur la marche à suivre que sur les objectifs communs, d’ailleurs très connues et qu’il est inutile de rappeler, ici, on peut dire que ces conditions étaient favorables pour trouver un «premier consensus» qui rassemble toutes les fractions autour d’un seul objectif prioritaire : la conquête de l’indépendance politique.»(01). En dépit des orientations qui ont été projetées quant au développement économique et social à entreprendre plus tard et consignées dan une charte dite de Tripoli qui retient deux volets «l’industrialisation» et «la révolution agraire». Mais à l’indépendance le pouvoir en place ne pouvait asseoir un modèle solide.(02) Il s’agit de l’incapacité des dirigeants qui sont venus après, de comprendre ce qu’ils feraient de cette indépendance, et donc ont tous échoué. Ils ont réussi en conséquence, entre autres à confisquer la souveraineté du peuple au nom de la légitimité révolutionnaire pour asseoir un «pouvoir» en monnayant une paix sociale qui est un espèce d’un ordre établi où chacun trouve son compte en définitive. 

Ces vingt dernières années, la corruption s’est généralisée et a métastasé le système de gouvernance. Pourquoi ? Abdelaziz Bouteflika, bien que coopté par le système, a voulu se démarquer des partis politiques, notamment du FLN, pour se présenter en candidat libre pour ne pas, dit-il, gouverner en ¼ de président. Pour financer sa campagne, son entourage s’est tourné vers des hommes d’affaires qui ne sont ni des oligarques et encore moins des industriels. Pour la première fois en Algérie, l’argent s’est mélangé avec la politique pour que l’informel règne en maître dans le circuit économique. Le premier mandat de Bouteflika a débuté avec plusieurs catastrophes naturelles de l’Est à l’Ouest en passant par le centre du pays dont les plus meurtriers sont le séisme de Boumerdès et les inondations de Bab El-Oued. A partir de son deuxième mandat, les prix du baril se sont redressés jusqu’en 2013 pour atteindre une moyenne de 89,52 dollars le baril avec un point haut qui a atteint 147,50 dollars le baril et un point bas de 36,20 dollars le baril. Cette période faste a permis la création d’un fonds de régulation des recettes pour absorber le choc des déficits budgétaires et surtout économiser un matelas de réserves de change qui ont frôlé 200 milliards de dollars. Malheureusement, cette période a nourri aussi les circuits informels pour enfanter de vrais barons de la maffia politico-financière qui dirigent le pays. 

3-Le régime Bouteflika a poussé le bouchon trop loin 

Bouteflika, quant à lui, a trompé tout le monde. Pourquoi ? Pour beaucoup d’analystes, il pouvait concilier les deux tendances, dirigiste et ultralibéraliste. Il a «bâti» avec Boumediene le modèle de développement par l’industrie industrialisante. N’était-il pas membre du Conseil de la révolution qui a cautionné cette politique depuis plus d’une décennie ? Nombreux sont les citoyens qui ont été trompés par son mimétisme et sa comédie pour imiter Boumediene lors de sa première campagne électorale. Ils n’espéraient aucunement revenir au dirigisme boumediéniste, mais se disaient enfin un homme politique qui a hérité de son aura sans gant ferré. Il nous fera l’économie d’un débat d’école stérile entre les deux tendances technocrates. Malheureusement, personne ne doutait ni pouvait remarquer le moindre signe suspect chez l’habile roitelet. «On ne naît pas roi, on le devient par hallucination collective». Son mode de gouvernance basé sur la cooptation, le régionalisme, le règlement de compte, auxquels s’ajoutent ses traits de caractère particuliers comme le narcissisme, la vanité et la paranoïa, ont favorisé la création d’un système qui fait de lui un atome social autour duquel gravitent les opportunistes de tout bord. Ils s’accommodent dans cette espèce de modus vivendi pour la simple raison que chacun y trouve son compte. Même les partis de la coalition dont l’existence est censée noyer le poisson à défaut de le pêcher, ânonnent, en pâmoison, à longueur de journée : «Le seul responsable, c’est lui ; nous, nous obéissons puisque nous n’avons aucun programme, aucune idée et encore moins des propositions.» Ceci explique son comportement public, voire insultant, envers certains de ses ministres. Ils encaissent, baissent la tête, mais c’est les règles du clan qui l’emportent. Cette situation pouvait durer indéfiniment tant que le noyau central tient et supporte ce sociogramme, mais la maladie sérieuse de Bouteflika a changé les donnes en affolant les membres du clan. Catastrophe pire que pour celle de Boumediene où les aberrations de l’acharnement thérapeutique sous perfusion politique n’auraient pas hésité un seul instant à sacrifier toute la populace si le miracle en dépendait. Le résultat est que au quatrième mandat le chef a perdu son «immortalité» et sa bonne santé, le cannibalisme de son entourage veut maintenir le statu quo quelle qu’en soit l’issue. Ce mode de gouvernance, en vigueur depuis plus de cinq ans explique la bipolarité dans les décisions que relèvent certains partis politiques et surtout ce suspense autour de sa candidature pour un cinquième mandat que les médias spéculent sur son annonce officielle depuis février-août 2018. Ces forces extra-constitutionnelles ont voulu par impunité humilier le peuple et le toucher dans sa dignité, exactement comme a fait le colon. Ils étalent leur richesses indûment acquises jusqu’au jour où ils tentaient carrément de leur présenter un candidat malade, absent du pays pour en faire une responsabilité de la nation, et plus grave par procuration. C’est la goûte qui a fait déborder le vase et créer le déclic pour que les revendications d’aujourd’hui soient le départ de tout le système et sa clientèle. Ce sont là les hypothèses qui détermineront les objectifs de la transition revendiquée. 

4-Pourquoi les générations d’avant ont raté la fondation d’un Etat de droit 

Ce serait aussi un leurre de croire ou de tenter de faire croire que la première Constitution algérienne, validée par plus de 300 délégués proposés pare Ahmed Ben Bella du Front de Libération Nationale au cinéma Majestic de l’époque et qui a été fortement contestée par ce qu’on a identifié en ces temps le courant révolutionnaire de ce parti représenté par Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed et Krim Belkacem, avait touché les fondamentaux qui ont servi à bâtir la nation algérienne après tant de sacrifices pour une indépendance méritée. La Constitution algérienne a été toujours un enjeu de «pouvoir». La démission de Ferhat Abbas à l’époque était logique, puisque le clan d’Oujda à confisqué le «pouvoir» de l’assemblée constituante qu’il préside pour la voter au lieu de la confier à un bureau politique. 

5- L’équilibre de pouvoir et le verrouillage de la Constitution devront être la priorité 

C’est donc un équilibre de «pouvoir» et un verrouillage de la Constitution qui permettront d’enclencher le processus transitionnel vers un Etat de droit réel. En termes simples, les changements vers une deuxième république ne devraient pas toucher les constantes nationales, mais revoir les mécanismes de l’équilibre du pouvoir et surtout le verrouillage de la Constitution pour la protéger contre la violation aux grés des circonstances et des hommes. Revenir à une nouvelle constituante, c’est rejeter ce qu’il y a de positif dans l’existant et ouvrir la boite de Pandore qui permettra aux virus de s’incruster dans cette cohésion populaire formidable. Il ne s’agit pas de revoir la nation dans son histoire, sa langue, sa culture et ses frontières mais les règles de son administration et de sa gestion qui sont actuellement en cause. Les conditions favorables pour refonder un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise au droit. L’environnement de gouvernance contiendrait des normes juridiques hiérarchisées de telle sorte que cette puissance publique s’en trouve balisée. Un tel système assurera une justice «juste et équitable» avec une juridiction indépendante. La souveraineté appartient au peuple, lequel peuple exerce le pouvoir public directement ou par l’intermédiaire de ses représentants qu’il aura à choisir lui-même en toute liberté et transparence. Dans cette nouvelle configuration politique, la jeunesse d’aujourd’hui longtemps marginalisée, on favorise l’initiative citoyenne pour en faire des citoyens socialement présents, intéressés au corps social. 

6- C’est un processus long mais ses résultats sont assurés 

Il s’agit là de tout un processus qui prendra du temps et reste unique dans son modèle de manière à n’attendre de l’aide d’aucun pays limitrophe, africain ou arabe. La Tunisie par exemple qui a débattu sa nouvelle Constitution pendant plus deux ans pour obtenir un semblant de consensus le 27 janvier 2017 sans pour autant étoffer entièrement les différents aspects des libertés individuelles et l’égalité qui ont fait l’objet d’une commission ad hoc dite «des libertés individuelles et de l’égalité (COLIBE)», installée par un président «très peu consensuel» le 13 août 2017 qui a pris plus d’une année de discussion. Il est donc urgent que les feuilles de route soient revues pour oublier Bouteflika, les 3 B et s’inscrire dans une option durable pour au moins un mandat présidentiel afin, entre autres, de ne pas entraver la démarche économique dont les réformes ne pourront en aucun cas attendre jusqu’à la mise en œuvre de ces changements revendiqués par tous les Algériens. Les glissements vers un retour en arrière se situent justement à ce niveau et l’Algérie n’en est pas à sa première expérience. 

par Reghis Rabah*

*Consultant, économiste pétrolier 

Renvois : 

(01) M. Harbi FLN « mirages et réalités » Edition Jeunes Afrique 1980 

(02)-P. Balta, C. Rousseau « Travail et travailleurs en Algérie » Edition Mouton Paris 

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5277772

Abdelkader Bensalah ou le syndrome de l’article 102 !


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C’est désormais une certitude : malgré le rejet populaire, Abdelkader Bensalah compte rester à la tête de l’Etat jusqu’à l’élection du président de la République. 

La «situation» m’oblige, a-t-il déclaré dans son dernier discours, à continuer à assumer cette charge. En fait, le report de l’élection présidentielle du 4 juillet était l’une des principales revendications des manifestants, qui refusaient un scrutin organisé par des piliers de l’ancien régime d’Abdelaziz Bouteflika. 

En attendant un prochain scrutin, le pays se retrouve dans une situation inédite que Slimane Zeghidour qualifie d’«apesanteur constitutionnelle» ! 

Cela veut dire que ce qui tiendra lieu de gouvernement ne sera habilité ni à parapher des traités internationaux, ni à accréditer des ambassadeurs, ni avoir une quelconque activité diplomatique avec toutes les prérogatives et les capacités d’un Etat ordinaire, fut-il par intérim. 

Par conséquent, c’est un état de paralysie institutionnelle et constitutionnelle dans un pays qui occupe une grande partie du bassin méditerranéen et qui se trouve en face de l’Union européenne, poursuit le politologue. 

A cela, il faut relever que Abdelkader Bensalah, le chef de l’Etat n’est pas apparu au mieux de sa forme lors de sa dernière intervention télévisée. On le disait malade depuis quelque temps déjà. 

Son état de santé semble s’être manifestement dégradé depuis quelques jours, au vu des images de sa dernière apparition publique qui tranchent avec la relative «forme» physique qu’il affichait les premières semaines de son installation au palais d’El Mouradia. 

Cet événement, a fait remarquer un éditorialiste, a mis au jour un autre vide constitutionnel que la nouvelle Loi fondamentale devra combler : 

L’exigence du bilan de santé du chef de l’Etat par intérim dans le dossier de candidature à ce poste ! 

Jusqu’à la mise en branle de l’article 102, hirak oblige, qui l’a poussé à démissionner ! 

L’actuel chef de l’Etat sur la tête duquel plane «le syndrome» de l’article 102, risque-t-il de subir le même sort, si d’aventure son état de santé venait à l’empêcher d’exercer ses fonctions ? 

Et le peuple dans tout ça, sera-t-il d’accord pour que les choses restent en l’état ? 

Peut-on pour autant parler de malédiction sachant que les pays du tiers monde en général ont été gouvernés, longtemps, par des présidents soit en mauvaise santé, soit contestés par leur population. 

Ce qui est rapporté ci-dessous, n’est qu’un résumé très succinct des présidents, de quelques uns parmi eux, qui ont connu des fortunes diverses lorsqu’ils étaient à la tête de leur pays respectif. 

D’abord, il y a ceux, dont le mandat a été entaché de scandales et terni par des poursuites et des condamnations judiciaires: 

– Félix Faure, président de la République Française est mort, victime d’une crise d’apoplexie dans les bras de sa maitresse qu’il recevait dans un salon à l’Elysée. 

– Philipe Pétain avait été jugé en tant qu’ex chef d’Etat français et condamné à mort pour haute trahison, une peine commuée à un emprisonnement à perpétuité. 

– Carlos Menem, au pouvoir en Argentine de 199-1999, a été condamné pour trafic d’armes à destination de l’Equateur et de la Croatie ; sénateur, il reste cependant protégé jusqu’à la fin de son mandat en 2017. 

– Moshé Katsav, président Israélien a été condamné pour viol, harcèlement sexuel, obstruction à la justice et menace contre témoins. 

– Ezer Weizman, son successeur, a été contraint lui aussi de démissionner en 2000, trois ans avant l’expiration de son second mandat, à la suite d’un scandale de corruption. 

– Richard Nixon, président des U.S.A, sera victime d’une procédure «d’impeachment» qui le forcera à démissionner en août 1974, suite à l’affaire du «Watergate». 

– Charles Taylor, président de la Seria Leone a été condamné à 50 ans de prison, le TPI l’estimant responsable de la guerre civile qui a fait près de 150 000 morts. 

– Bill Clinton, président des U.S.A dont le mandat a été terni par le scandale du « Monicagate » relatif à l’affaire Lewinsky (1999). 

– Hosni Moubarak, 84 ans, emporté par le printemps arabe, a été condamné par la justice de son pays pour le meurtre de manifestants. 

-Mohamed Morsy, président des frères musulmans, renvoyé par l’armée égyptienne et mis en prison depuis. 

– Zine El Abidine Ben Ali, président déchu, «dégagé» par la rue tunisienne ; il a fuit son pays en emportant les bijoux de la République ; il vit, depuis, dans un harem en Arabie Saoudite. 

– Christian Wulff, président Allemand, démissionné de son poste le 17 décembre 2012 car soupçonné de «prévarication». 

Tous ces dictateurs et autres présidents déchus, démissionnés, ou condamnés ont décrédibilisé la fonction de président de la République et ont contribué à creuser davantage le fossé avec les peuples qui n’ont plus maintenant qu’un seul mot à la bouche : «tous pourris» ! 

Ensuite, il y a ceux qui n’ont pas su mettre un terme à leur carrière de dictateurs et qui y ont laissé leur vie ! 

– Mussolini, l’Italien, mort suspendu comme une bête à l’équarrissage. 

– Najibullah, le président afghan, a été pendu et son cadavre souillé. 

– Ali Bhutto, quatrième président de la République Islamique du Pakistan, victime d’un coup d’Etat, condamné à mort «pour conspiration de meurtre» ; il est pendu le 4 avril 1979. 

– Ceausescu, président de la Roumanie, condamné par un tribunal populaire puis fusillé en compagnie de son épouse. Dictateur, il a abusé de son mandat.

– Saddam Hussein, l’irakien arrêté dans une cave, jugé un an plus tard par un tribunal spécial Irakien qui l’a déclaré coupable de génocide, crime contre l’humanité et crime de guerre. Il est exécuté par pendaison, le 30 décembre 2006, lors de la célébration de l’aïd-el-kébir, jour sacré pour les musulmans. 

– Kadhafi, président de la Libye, ensanglanté, bouffi, dénudé, brutalisé par des mains vengeresses, achevé et enterré, anonymement à jamais, dans un coin perdu dans le désert libyen. 

La chute des dictateurs est souvent pénible et la mémoire populaire ne retient d’eux, en définitive, que les images de leur agonie ou de leur exécution. Exit tout ce qui a été accompli comme avancée ou progrès par certains d’entre eux, qui étaient peut-être, à l’entame de leur mandat, animés d’une volonté de servir le peuple et le pays. 

On peut conclure aussi, que la violence qui est appliquée à tous ces dictateurs, n’est que le choc en retour, de leur incroyable brutalité quand ils dominaient leur pays et asservissaient leur peuple ! 

Enfin, il y a ceux qui, malades, n’ont pas pu terminer leur mandat : 

– George Pompidou, président de la République Française est décédé en avril 1974 pendant son premier mandat, de ce qu’on appelle pudiquement, une longue maladie. 

– Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte-D’ivoire est décédé le 7 décembre 1993. Il était à la tête du pays depuis de nombreuses années déjà. 

– Le roi Hassan II du Maroc, décédé le 23 juillet 1999, en plein règne. 

– Le général Gnassingbé Eyadema du Togo, mort le 5 février 2005, alors qu’il était au pouvoir. 

– Lansana Conté de la Guinée. Il ne terminera pas son mandat et décède le 22 décembre 2008. 

– Levy Mwanawassa qui présidait aux destinées de la Zambie, décède le 19 août 2008, à 59 ans. Il était au pouvoir depuis 2002. 

– Omar Bongo Ondimba du Gabon meurt le 8 juin 2009 alors qu’il présidait encore aux destinées de son pays. 

– Umaru Musa Yar Adua du Nigeria, meurt le 5 mai 2010 en plein mandat de président de la République. Il avait 59 ans lui aussi. 

– Malam Bacai Samhà de Guinée-Bissau décède d’une maladie en 2009 en plein mandat. 

– Yasser Arafat et Houari Boumediene eux aussi morts prématurément, en pleine force de l’âge. Le mystère de la mort du premier nommé demeure encore à ce jour : empoisonné ou pas ? 

– Hugo Chavez, président vénézuélien, fraîchement élu pour un nouveau mandat, mort sans avoir prêté serment après avoir affronté, en vain, la maladie. 

-Houari Boumediene président algérien, décédé en exercice et dont on a caché la mort aux algériens. 

-Abdelaziz Bouteflika, président algérien, postulant pour un 5éme mandat qui à dû renoncer, le hirak ayant réduit à néant son ambition ! 

De ce qui précède et en guise de commentaire, il conviendrait de préciser que la mort faisant partie de la vie, n’est pas, bien évidemment, exclusive aux présidents, dès lors que tout être sur cette terre y succombera un jour ou l’autre 

En revanche, on rechigne à parler de la santé ou de la maladie de ceux qui président aux destinées des nations. 

A fortiori quand cette maladie est grave handicapante ou qui peut aboutir, en cas de décès, à un imbroglio constitutionnel ou une crise de succession, ou plus grave encore que le pouvoir soit exercé par des «forces extraconstitutionnelles», comme en Algérie ! 

A ce jour, la maladie est rarement prise en compte comme un facteur déterminant pour confier des responsabilités à tout homme politique, a fortiori candidat à l’élection présidentielle. 

Aujourd’hui, il apparaît impérieux, au regard de l’expérience de la gestion opaque du dossier médical de Bouteflika, de prévoir également les mécanismes constitutionnels appropriés dans les réformes constitutionnelles à venir afin de prémunir le pays contre la réédition du scénario de l’ex-Président, maintenu à son poste pendant un mandat plein malgré sa maladie et son incapacité manifeste à diriger le pays. 

C’est, le débat de l’heure ! 

Beaucoup plus de personnes souhaitent, non seulement que les mandats des chefs d’Etat soient désormais limités à deux mais aussi que les candidats à la magistrature suprême prouvent, certificat à l’appui, qu’ils sont en parfaite santé 

L’Algérie n’a pas eu le bonheur de disposer de guides désintéressés de la chose matérielle et dépouillés de l’arrogance de la petitesse humaine pour rassembler et faire fleurir ce que le peuple a de plus riche et de plus noble, rappelait avec regret, Abdou Benabbou dans un remarquable éditorial 

Hélas, le pouvoir d’ici-bas fascine, autant les aspirants que ceux qui y ont goûté et qui n’ont de cesse de vouloir s’y maintenir, revenir ou mourir sur le «trône» ! 

Pour l’heure, avec l’extrapolation illégale de l’intérim présidentiel, la classe politique, les partis de l’opposition surtout, les organisations de la société civile et les personnalités nationales auront incontestablement une raison de ne pas «dialoguer» avec Abdelkader Bensalah qui a décidé de manière régalienne de poursuivre l’exercice du pouvoir en violation de la Constitution. 

A moins qu’il ne soit lui-même «invité» à démissionner en vertu de l’article 102, ce qui ouvrirait «tout grand» la voie à la solution politique pour résoudre la crise en Algérie ! 

par Cherif Ali

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5277771

Crise politique: Opération «déminage» et concessions ?


Pendant qu’il leur déblaie le terrain politique, les opposants aux Bouteflika concèdent au chef d’état-major de l’ANP le maintien de Abdelkader Bensalah à son poste de chef de l’Etat contre un départ immédiat de Bedoui et de son gouvernement. 

L’ordre du général de corps d’armée à l’autorité judiciaire de faire vite en matière de lutte contre la corruption est exécuté à la lettre et d’une manière rapide. Les dernières 72 heures ont été fortement marquées par des comparutions et des incarcérations assez particulières. Ce sont deux ex-Premiers ministres, un ministre et des hommes d’affaires, un général à la retraite qui ont comparu devant des juges d’instruction pour être incarcérés à la prison d’El Harrach. Les choses sont allées très vite. Ceux qui étaient ses alliés de taille dans un passé très récent, à l’exemple de Abdelmalek Sellal, sont devenus ses prisonniers en quelques heures d’interrogatoire. Ils sont bien détenus à la prison d’El Harrach depuis mercredi pour Ouyahia et depuis jeudi pour Sellal et Benyounès. L’on n’oublie pas que le chef d’état-major a mis sous sa main de fer les généraux Toufik et Tartag ainsi que Saïd Bouteflika depuis leur incarcération à la prison militaire de Blida. Ahmed Gaïd Salah dirige depuis quelque temps tambour battant une opération dénommée « déminage » pour se débarrasser des «bombes» que l’Etat profond a, selon ses propos, semé au niveau de toutes les hautes institutions. 

Le Haut Commandement de l’armée s’est intronisé pouvoir absolu en l’espace «d’une heure» et a décidé depuis de mettre hors état de nuire tous ceux qui pourraient le déstabiliser un tant soit peu. «L’heure» est ce temps compté entre la divulgation du fameux vrai faux communiqué qui faisait état en mars dernier du limogeage du général de corps d’armée et la décision de ce dernier d’abattre la carte de l’éviction immédiate du président Bouteflika. « Ça s’est joué en l’espace d’une heure», disaient des responsables intrigués par la rapidité avec laquelle a agi Gaïd Salah. 

Le goût amer de la trahison à la nation 

Une fois l’ordre militaire intimé, l’autorité judiciaire a agi avec une célérité qui contredit malheureusement le traitement qu’elle a l’habitude de faire traîner en longueur de milliers d’affaires de justiciables qui réclament juste leurs droits les plus basiques. 

En quelques jours, et en plein Ramadhan, les comparutions de hauts responsables devant répondre d’ignobles faits de corruption ont défié la chronique. Faits qui ont besoin d’un temps assez long pour être cernés. Mais l’on sait cependant que les pouvoirs se sont toujours «tenus» les uns les autres par des «dossiers» les impliquant tous d’une manière ou d’une autre dans une gouvernance de prédation et de dilapidation des biens et ressources de la collectivité nationale. Gaïd Salah en sait beaucoup pour avoir été l’un des symboles de l’ère Bouteflika dans ses forts moments de gloire. 

A ceux qui ont mis ces derniers temps sa tête dans la balance, il a vite fait de démontrer que ses ennemis sont les leurs. « Et ce n’est pas encore fini », soutiennent des sources qui lui sont proches à propos des opérations de « déminage » qu’il veut mener. Des observateurs parlent d’une liste de 1.000 responsables qu’il doit faire déférer devant les tribunaux. Le général à la retraite Ghediri n’en a pas échappé. 

Au-delà de la présomption d’innocence qui est d’abord un préalable moral pour tout accusé, l’arrivée à la prison d’El Harrach de Ouyahia, Sellal, Benyounès et autres dans des paniers à salade laisse un goût amer de trahison à la nation. Ces responsables se sont adressés pendant longtemps à l’opinion publique qui avec le mot pour rire, qui avec une arrogance et une suffisance défiant le diable, pour affirmer qu’ils prenaient soin du pays et de son peuple. Bien que de grands doutes en leur bonne foi ont toujours plané, leur participation « présumée » dans la descente aux enfers du pays provoque un sentiment de honte, de rancœur, de rancune, de désespoir et de regrets. Cette roublardise qu’ils ont érigée en mode de gouvernance brise les esprits les plus téméraires de ceux qui veulent croire en un avenir national sain. D’autant que l’on sent que le plus dur est à venir en l’absence d’hommes politiques racés capables de construire réellement un Etat de droit. Il est clair surtout que le mal n’a pas été produit par les Bouteflika seuls mais c’est un label algérien qui a marqué toutes les gouvernances qui se sont succédé depuis l’indépendance. L’ancien chef de cabinet de Ouyahia, Chaabane Zerouk en a rappelé une des périodes pourries. « La corruption n’a pas commencé avec Bouteflika, elle était déjà au temps de Zeroual où Mohamed Betchine faisait la pluie et le beau temps» disait-il à l’écran d’un média privé. Il n’est pas le seul à évoquer le sale temps où Betchine avait, Chaabane Zerouk le confirme, obligé Ouyahia alors chef du gouvernement à faire incarcérer des centaines de cadres dont la majorité a été reconnue innocente après plusieurs années de détention. Mohamed Betchine était le bras droit de Liamine Zeroual alors président de la République. 

L’histoire d’une gouvernance corrompue et corruptible 

Des responsables à l’époque de cette chasse aux sorcières témoignent que «Me Miloud Brahimi en avait pleuré parce qu’il s’était trouvé dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit». Ils affirment que pour tenter de convaincre le président Zeroual de mettre un terme à cette mascarade, il a demandé à son frère Lakhdar Brahimi qui était en poste aux Nations Unies de venir le voir. « La justice est indépendante», a répondu, selon eux, Zeroual à Lakhdar Brahimi dans une audience qu’il lui avait accordée. A cette même époque, de lourds crédits avaient été octroyés à des hauts responsables civils et militaires contre aucune garantie. Le changement des responsables des banques publiques opéré par Ouyahia en février 96 sur injonction de Betchine, un mois et demi après qu’il a remplacé Mokdad Sifi à la chefferie du gouvernement, a servi à vider les caisses de l’Etat alors que le pays était en plein ajustement structurel imposé par le FMI. 

L’histoire retient que les parcours des gouvernants sont en général jonchés de faits exécrables dont les conséquences sont quasiment indélébiles. De l’oligarchie militaire ou le règne et l’impunité des hauts gradés (police militaire en particulier) dans les années 80, à la mafia politico-financière ou l’Algérie des généraux, leurs relais ou prête-noms et leurs containers dans les années 90, à la issaba (bande) aujourd’hui, le pouvoir n’en finit pas d’exceller en matière de truanderie. 

Tout en faisant actionner la justice pour décapiter les voyous qui ont gouverné le pays, Gaïd Salah déblaie en même temps le terrain politique. Désormais, Ouyahia, Sellal, Benyounès et autres acteurs et/ou financiers de la classe politique sont finis. Ceci, même si la défense de Sellal et Ouyahia peut défier les juges et demander leur libération dès la fin de la période de détention préventive légale en raison de l’inexistence d’une juridiction spécialisée pour les juger. 

Des voix s’élèvent pour que le chef d’état-major débarrasse le FLN de Mohamed Djemai qui tient actuellement l’APN en laisse parce que Bouchareb refuse de quitter le perchoir parlementaire. En attendant de trancher ce bras de fer, la demande de concession que le chef d’état-major de l’ANP a fait il y a une quinzaine de jours, vient d’être cautionnée par les politiques. Les opposants aux Bouteflika ont accepté le maintien de Bensalah à la présidence de la République mais lui impose le départ de Bedoui et de son gouvernement. La réponse du général de corps d’armée est attendue ces jours-ci. Jusque-là, il aura gagné toutes les batailles politiques sous couvert du respect du cadre constitutionnel et des missions de protection du pays par l’armée. Peu importe pour lui de faire remplacer un 1er ministre sans aucune prérogative. L’essentiel est que la présidence de la République soit gardée par un homme qui lui est fidèle. Aujourd’hui, la société civile va débattre d’une sortie de crise «consensuelle» en examinant deux dynamiques contradictoires. Même si les modérateurs seront issus du milieu des personnalités politiques, au nom de l’opposition, Abdallah Djaballah a déjà tranché en acceptant le principe de dialoguer sous la présidence de Abdelkader Bensalah. 

par Ghania Oukazi

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