Cette Afrique qui va si mal…


Résultat de recherche d'images pour "mama africa"                                                                   Photo  S.Sellami                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   A ce rythme, les Africains ne se remettront, peut-être, plus jamais de leur sous-développement structurel. Ce n’est pas une affaire de temps semble-t-il, mais une erreur de l’histoire qui se répercute fatalement sur tout le continent. Une histoire qui revient  chaque fois avec force pour vomir le mal ainsi que les traumatismes subis durant de longs siècles de colonisation, de souffrance, d’exploitation et parfois d’esclavagisme, par ces Africains-là, jadis réduits au statut de simples indigènes et, de nos jours, en proie à l’impérialisme économique, politique et culturel des grandes puissances occidentales avec leur armada de multinationales, de pôles de finance oligarchiques (le F.M.I, la banque mondiale, l’organisation mondiale de commerce, etc.,) et d’alibis «humanitaires» en faveur de guerres interventionnistes. Loin de cultiver ou, du moins, réactiver ce cliché maladif des adorateurs de cet «afro-pessimisme conquérant», lequel abîme le peu de chances qu’il y a déjà de voir les peuples africains compter sur eux-mêmes et prendre en main leur destin afin de sortir du cercle vicieux dont ils sont prisonniers, il serait question ici de montrer combien il est difficile de mettre en marche un processus de démocratisation en bonne et due forme quand l’ombre d’un passé mal-éclairé, sinon ambigu plane encore sur une actualité qui laisse à désirer. Et que, justement, si faillite il y a, elle incombe totalement à ces Etats autoritaires. Lesquels, contrairement à ces peuples d’Afrique, jeunes, dynamiques, optimistes et bouillonnants d’énergie dans leur majorité, semblent être, à l’heure présente, lents, déficitaires, très paralysés et gagnés par des crises aiguës et cycliques de confiance ; la corruption ; la mauvaise gouvernance ; la bureaucratie ; le militarisme, etc. Ce qui a mené nombre d’analystes à parler dès l’entame de la période des indépendance nationales de «l’afro-fascisme».

Sans doute, cette colonisation-là aurait cassé mama Africa, ligoté ses pieds, bâillonné sa bouche et fait plier ses bras! Une malédiction, s’il en est une, pour ce vaste continent, le nôtre, qui quoique regorgeant de plein de richesses, en est spolié ; appauvri ; pillé ; livré à lui-même sur tous les plans. C’est pourquoi, il est désolant d’entendre un certain Nicolas Sarkozy jongler hypocritement et avec une véhémente rhétorique mensongère du haut de son piédestal du président de cette «France démocratique» à la mémoire apparemment très courte pour renier le 26 juillet 2007 dans son fameux discours de Dakar les énormes dégâts  humains commis en Afrique par ces anciennes puissances colonisatrices, mettant le tout sur le dos de l’Africain. Lequel vit, selon lui, en dehors du cycle de l’histoire, terrible! Cela est intervenu d’ailleurs, pour rappel, après qu’une loi aussi scélérate qu’ingrate glorifiant les bienfaits de cette «œuvre civilisatrice» ait été votée le 23 février 2005 par le parlement français! Or, qui ne songe pas, à titre d’exemple, au moment de lire ces lignes à ce qui arrive maintenant à ces pays du Sahel presque tous gouvernés par de vieux potentats ; déstabilisés ; en régression constante et accusant un retard à tous les niveaux en raison justement de l’héritage de cette «colonisation» ayant accouché de la fameuse «Françafrique»? Qui ne songe pas au cas du Rwanda, le Mali, la Centrafrique, le Gabon qui sont toujours marqués par les stigmates des guerres intestines, toutes provoquées par une étincelle souvent partie de l’extérieur? Il est à signaler aussi que l’Afrique lusophone (Angola, Guinée-Bissau, Mozambique ) en a eu sa part du lot. D’autant qu’elle aurait sombré jusqu’à la fin des années 1970 dans l’autoritarisme à cause justement des intrusions du Portugal de António Salazar (1889-1970). De même l’autre Afrique anglophone qui bénéficie, elle, de moins d’attachement post-impérial vis-à-vis de l’ex-puissance tutrice (la Grande Bretagne)  n’aurait-elle jamais échappé à l’horreur d’une multitude de tyranneaux aussi hystériques que mégalomanes, comme en Ouganda avec Idi Amin Dada! Un constat pareil peut être dressé quand on pense au colosse nigérian (plus de 170 millions d’habitants aujourd’hui), doté d’un grand potentiel en hydrocarbures mais, n’ayant pas liquidé le fardeau d’une colonisation anglaise destructrice, reste miné de l’intérieur par des tendances séparatistes, la corruption, l’insécurité, la pauvreté, la menace des intégristes de la secte des Boko Haram. Sachant bien, au passage, que la régularité et la transparence des élections présidentielles tenues dans ce pays en mars 2015 ont été reconnues par toute la communauté internationale. N’empêche de relever, c’est au reste triste de le constater ici, que l’observance des règles démocratiques en Afrique n’est pas forcément la recette efficace pour la consécration des libertés, la démocratie, les droits de l’homme, etc., vu le fossé creusé par l’analphabétisme, l’inconscience politique et l’arriération culturelle parmi les masses citoyennes.

Prenons maintenant l’exemple du problème des frontières qui fut, lui également, l’un des héritages de cette colonisation et examinons-le à la lumière du retard actuel de certains pays de l’Afrique. En effet, l’organisation de l’unité africaine (O.U.A)  créée à Addis-Abeba en 1963, devenue union africaine (U.A) en 2001 aurait énoncé comme principe fondamental le respect des frontières existant au moment de l’accession de la plupart des pays à l’indépendance. Or, on remarque qu’en 1993, l’Érythrée a obtenu, contre toute attente, sa séparation effective de l’Éthiopie avec la bénédiction occidentale! Et le conflit perdure pour toujours dans cette ancienne colonie italienne (1885-1941), rattachée à l’Éthiopie en 1952, en récompense, ironie du sort, du régime éthiopien ayant combattu l’agression du fascisme de Mussolini en 1935. De même en 1967-1970, l’atroce «guerre de Biafra», cette province ayant fait sécession du Niger n’a été rétablie que sous la pression des occidentaux, lesquels ont fait fi des recommandations de l’O.U.A. En juillet 2011, le sud du Soudan dont la population étant consultée par référendum a entériné, lui aussi, sa séparation du Soudan après des décennies de luttes contre Khartoum. Et, comme par hasard, les frontières du pays se retrouvent modifiées (une première dans l’histoire de la région), prenant en considération les revendications identitaires de ces chrétiens catholiques du sud-ouest. Derrière tout cela : les occidentaux qui agissent contre la volonté de l’U.A et son ancêtre l’O.U.A. Enfin, quel crève-cœur de voir cette géante Afrique rabougrie à ce point et «tristement» téléguidée par les grandes puissances. Une Afrique rongée par ses propres démons, où une partie de ses enfants s’entredéchirent à longueur des années quand une autre la saccagent, la détroussent et la pillent. S’il est une chose à retenir, c’est que les Etats africains ont rapidement révélé leur friabilité, sinon leur incapacité chronique à tenir dans le temps. Les signes de fracture se dessinent sous nos yeux. D’une part, un continent jeune qui bouge, avec un immense potentiel et une démographie galopante. D’autre part, des élites «cognitivisées» aux anciennes métropoles, des guerres qui se propagent telle une peste endémique, des dictatures qui se renforcent, etc. L’Afrique subsaharienne s’est, pour n’en citer que cet exemple, installée dans une dépendance informelle vis-à-vis de la métropole : soutien accordé à ses gérontocrates par l’Élysée, aides budgétaires et  réunions quasi familiales autour du président français! Ce qui donne l’impression d’une «hypocrite complaisance» de Paris à l’endroit de ces régimes militaristes ; autocratiques ; corrompus ; pourris, etc. Bref, les tragédies africains s’organisent comme un grand puzzle dramatique dont chaque pièce est accolée à une autre comme pour en tester les corrélations. Et pourtant, au début des années 1990, suite à l’effondrement de l’U.R.S.S  et des régimes communistes de l’Europe de l’est, l’Afrique noir aurait subi une onde de choc ayant eu des retombées pour le moins bénéfiques : l’organisation d’élections libres ; la naissance d’un  multipartisme prometteur ; des démocraties balbutiantes. Bien entendu, le ratage de cette entreprise de démocratisation ne peut s’expliquer, en premier lieu, que par l’étroite collusion de la France avec ses ex-colonies et son attachement quasi obsessionnel à la Françafrique.  En gros, que ce soit aujourd’hui ou hier, l’Afrique n’a jamais été maîtresse d’elle-même. Aussi, il y a une autre chose à retenir,  lors des déchirements sanglants de la Côte d’Ivoire en 2011 où Laurent Gbagbo, président depuis 2000, aurait refusé de céder sa place après sa défaite électorale ou lorsque Robert Mugabe aurait montré une véritable capacité à s’accrocher au pouvoir (patron inamovible de Zimbabwe depuis l’indépendance de ce pays-là en 1980), une constante revient souvent : l’Etat africain est une machine qui se fait toujours dans la violence et la contrainte. Sachant bien que, si lors de la décolonisation, le pouvoir est parfois tombé aux mains des politiques même si de façon informelle (le cas de la côte d’ivoire avec Félix Houphouët-Boigny,  la Guinée avec Sékou Touré, l’Algérie avec Ben Bella, la Tunisie avec Bourguiba), la plupart sont accaparés par des militaires, souvent des caporaux, des sergents ou des capitaines formés dans les écoles militaires françaises (Mobuto au Zaïre, Idir Amin Dada en Ouganda et Bokassa en Centre Afrique).

Kamal Guerroua
7 octobre 2016                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   http://www.hoggar.org

 

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Déstabilisation de l’armée par Saïd Bouteflika : objectif 5e mandat


Algérie Résistance

Saïd-Bouteflika-et-l'armée-1

L’hypothèse d’un 5e mandat se concrétise de jour en jour pour le président sénile et impotent Abdelaziz Bouteflika. 5e mandat qui, bien sûr, continuera à servir les intérêts des gangsters qui ont usurpé la fonction de président, à leur tête Saïd Bouteflika et son allié du moment, Ahmed Ouyahia. Tout le monde s’est mis d’accord pour cette option et afin de dégager la route du 5e mandat de tout obstacle, Saïd Bouteflika continue sa purge contre l’armée, cette même purge qu’il a entamée depuis bien longtemps et qui a conduit à la mise à la retraite de centaines d’officiers supérieurs des services de renseignement du DRS.

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De la société colonisée


                                                      photo  S.SellamiSOCIETE COLONISEE

C’est d’une curieuse manière que Bennabi a préfacé ses mémoires en les attribuant à un inconnu qui les lui aurait confiées lors d’étranges circonstances.

A première vue nous pourrions croire qu’il ne s’agit que d’un artifice littéraire pour que l’auteur introduise son autobiographie mais nous pensons qu’il n’en est rien.

Bennabi a réellement voulu prendre ses distances avec un ouvrage qui livre plus le climat psychologique d’une société dans une des phases les plus douloureuses de son histoire, sinon la plus tragique, que la vie d’un Algérien dans la tourmente de la décadence de sa civilisation.

Même si le prénom usuel de Bennabi est Seddik, c’est avec son prénom d’état civil Malek qu’il s’est forgé un nom au panthéon des hommes célèbres. En attribuant le manuscrit à Seddik, Bennabi a voulu le concevoir comme son double mais pas identique à lui-même.

C’est par cette rhétorique littéraire que Bennabi nous avertit que les véritables mémoires d’un témoin du siècle qu’il fut sont à attendre…

C’est ainsi que nous avons publié Pourritures.

Ce dernier livre, écrit dans des conditions très difficiles, n’en occulte pas moins tout l’intérêt de ce premier tome des mémoires de Bennabi qui non seulement nous brosse un saisissant tableau des transformations sociales et psychologiques des Algériens mais nous offre de méditer sur notre condition actuelle.

La société colonisée qu’il nous décrit est-elle réellement derrière nous ?

Si la colonisation fut une période sombre, l’indépendance qui y mit fin et permit l’espoir de la reprise en main du destin du pays n’est plus qu’un lointain souvenir dans une société assaillie par le doute sur son avenir.

Comparaison n’est pas raison nous dit l’adage mais elle permet de situer les états psychologiques qui mènent à la dérive.

Un chef d’Etat algérien n’ambitionnait pour son pays qu’à lui trouver une modeste place dans le nouvel ordre mondial voulu alors par le puissant du moment.

Comment éviter la comparaison avec cette fine réflexion de Bennabi où « les jeunes d’avant la Première Guerre mondiale n’avaient plus que le souci de s’installer le mieux possible dans l’ordre colonial » ?

Le premier tome des mémoires de Bennabi est une mine de tableaux d’états mentaux qui ont pour certains consolidé la colonisation en Algérie et pour d’autres permis sa libération.

Ces constatations lui sautaient tellement aux yeux qu’il nous confie que « c’était curieux, chaque Algérien de ma génération et capable de se servir d’une plume pouvait l’écrire. »

Les traits les plus saillants du livre se rapportent à sa ville natale Constantine –l’antique ville carthaginoise Cirta dont le nom dérive de la capitale Carthage et qui a la même signification de ville qu’on retrouve dans le mot arabe Qarya- qu’il croque dans un regard très attendri et mélancolique face à la disparition de ses traditions de vieille urbanité. Sa prime enfance fut bercée par les douloureux souvenirs de la prise de sa ville en octobre 1837 par les troupes d’agression françaises. Après un premier échec cuisant en novembre 1836, l’armée française après avoir stabilisé le front de l’Ouest par le traité de la Tafna le 30 mai 1837, mit toutes ses forces contre la capitale du beylik de l’Est défendue vaillamment par son dernier bey, el Hadj Ahmed Bey, son lieutenant Ali ben Aïssa et toute la population constantinoise. Son arrière grand-mère maternelle, jeune adolescente alors, dut fuir, à travers le chaos d’une ville que son armée et sa population défendait rue par rue, avec ses parents par la falaise qui domine le Rhumel pour éviter le suprême déshonneur. Les familles ayant des jeunes filles préféraient cette voie périlleuse et souvent mortelle que de les laisser tomber entre les mains de la soldatesque ennemie.

La famille maternelle de Bennabi refusant de cohabiter avec l’occupant a préféré quitter Constantine vers les années 1850 pour s’établir à Tébessa où la population européenne fut toujours négligeable et ne comprenait que le personnel nécessaire à la mainmise sur la ville.

D’une manière générale et à quelques exceptions prés la colonisation de peuplement fut négligeable dans l’ancien beylicat de Constantine à l’inverse de ce qui se passa dans le Centre et l’Ouest du pays.

L’Administration coloniale détruisit une partie de la ville de Constantine pour édifier la ville européenne qui vit aussi arriver à partir du début du siècle les premiers éléments francisés de la communauté juive autochtone. Ce désastre urbanistique va toucher toutes les villes historiques algériennes comme Alger ou Tlemcen.

La résistance des élites de ces villes se manifesta par l’exode de 1908 et surtout de 1912 pour refuser la circonscription militaire obligatoire, préparation par la France au sacrifice de dizaine de milliers d’Algériens sur les champs de bataille de la Première guerre mondiale.

Le grand-père, le grand-oncle et l’oncle de Bennabi émigrent vers la Libye en 1908. Son père ne les a pas suivis après le refus de son épouse de quitter sa mère malade. L’agression par l’Italie du dernier beylicat ottoman en terre africaine en 1911 les ramène manu militari à Constantine après avoir participé à la résistance libyenne.

A travers son histoire familiale, Bennabi note la lente agonie des catégories aisées qui en voulant sauvegarder leur statut entraînaient un appauvrissement plus rapide. Ce déclassement social s’accompagnait de la perte de tout l’environnement traditionnel, de ses traditions et de son artisanat qui était si vivant. Ce saccage par la colonisation de cet environnement est d’autant plus visible qu’il fut sauvegardé dans les deux autres pays maghrébins et surtout au Maroc où la colonisation fut infiniment moins féroce. Non par bonté d’âme bien sûr mais les circonstances de son installation furent différentes et elle ne put « produire toute la dégradation morale et sociale qu’elle portait en elle ».

Cette dégradation s’accentue à la fin de la Première guerre mondiale sous l’effet conjugué du passage d’une bourgeoisie héréditaire à une bourgeoisie de négoce et par l’accaparement des propriétés algériennes entre les mains de la communauté juive et des Européens alliés pour la circonstance.

A la différence des grandes mutations subies par des pays lors d’évènements économiques ou politiques importants –comme la fine description par l’écrivain di Lampedusa dans son livre le Guépard de la mutation qu’a connue par exemple la Sicile au milieu du XIXème siècle- qui fut endogène, celle de l’Algérie fut exogène et pilotée par l’occupant.

Mais malgré sa déchéance, « la vieille génération (…) a conservé le capital historique essentiel, ces traditions et cette âme sans lesquelles le pays ne pouvait plus refaire son histoire. »

Or que constatons-nous actuellement ?

Que notre capital historique essentiel est à la merci d’intellectomanes qui puisent leur inspiration dans l’historiographie coloniale et que notre âme est assaillie par la guerre sans merci livrée à la langue arabe par des officines officielles et officieuses et que ceux qui affichent leur islamité sans la langue arabe qu’ils résident dans l’axe Tanger-Djakarta ou en Occident ne se doutent pas qu’ils ouvrent des brèches béantes dans cet islamité.

Ils sont les descendants de ceux que le directeur de la médersa de Constantine Dournon favorisait.

« Dournon était indulgent à ceux d’entre eux qui avaient la réputation de faire leur prière et qui portaient gandoura et turban. Au fond de sa pensée, nous le savions déjà, il préférait leur apathie à la turbulence des « jeunes turcs ».

Bennabi nous donne de précieuses informations sur la genèse de l’idée nationale avec Abbas ben Hamana de Sétif qui sera assassiné à la veille de la Première Guerre mondiale et M’hamed ben Rahal de Nedroma. L’idée nationale est consubstantielle avec l’arabisation ou plutôt le retour naturel de la langue arabe dans l’enseignement voulue par tout le peuple algérien sans aucune exception. Abbas Ben Hamana fut à l’origine de la fondation de la première école arabe ou médersa.

Bennabi a connu la terre française pour la première fois pendant l’été 1925. Ses réflexions sur la perception du maghrébin en général et de l’algérien en particulier par la mentalité française est d’une brûlante actualité. Après leurs sacrifices pendant la guerre, ils furent honorés tous du titre de Sidi mais très vite ce dernier fut utilisé par dérision et devint un titre péjoratif. Ceux qui tempêtent aujourd’hui contre les musulmans au nom de cette plaisanterie appelée « terrorisme » et d’une manière plus hypocrite contre l’immigration au nom d’une autre plaisanterie appelée modèle social sont les descendants de ceux qui fulminaient contre l’invasion des Sidis et appelaient à cor et à cri leur interdiction de quitter l’Algérie pour se préserver de la plaisanterie alors qui avait pour nom « fanatisme ».

Rien de nouveau sous le ciel de la Méditerranée sauf qu’à l’époque les immigrants mourraient cachés dans les cales et qu’aujourd’hui ils se noient dans de frêles embarcations.

Ou plutôt si : à l’époque les braillards étaient plein d’arrogance et que maintenant, ils sont inquiets pour leur identité. C’est la déchéance des conquérants du monde qui se recroquevillent sur leur pauvre identité incapable de se défendre comme l’avaient fait auparavant tous les indigènes du monde devant la force de ceux qui les dominaient.

Seuls les naïfs ont la sensation que les raisons invoquées actuellement sont les véritables raisons de la stigmatisation des musulmans et ils s’échinent à prouver le contraire.

Quant aux autres, les modernistes et autres faussaires idéologiques, leur trahison est patente.

« Les intellectomanes que le colonialisme a lâchés dans le Souk idéologique algérien et qui monopolisent grâce à lui les moyens d’expression ont faussé les idées les plus élémentaires. »

Rajoutons à algérien, français et nous avons le champ complet de la lutte idéologique actuelle.

« Les attributs qui qualifient une société c’est la conscience collective et l’autonomie de ses décisions. »

Les avons-nous aujourd’hui ?

Abderrahman Benamara
5 juillet 2017                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           http://www.hoggar.org/ 

Alger, magnifique port de l’angoisse


Alger-belcourt-front-de-merÀ un ami français, écrivain à ses heures perdues, qui devait se rendre pour la première fois dans la capitale algérienne, sa majesté le roi du Maroc, Mohamed 6,  a eu cette définition d’Alger: «C’est la Brigitte Bardot des villes méditerranéennes ». Bien balancé! A travers la fielleuse pique du roi, chacun comprend à quoi ressemble la ville blanche d’Albert Camus, dé-francisée en 1962 et actuellement sous la Régence des Bouteflika brothers. Non, sire, Alger n’est pas Marrakech, ni même Tanger, elle a sa petite fierté voyez-vous. Alger est belle et rebelle quand Casablanca est moche et remoche. Na!Ah Alger, comment elle était belle et comme elle est devenue… On connaît la rengaine, elle se transmet de génération en génération, de guerre en guerre: Alger n’est plus ce qu’elle était, Ya Hasrah comme disent ses habitants qui cultivent l’art presque inné de la nostalgie, car c’est bien connu les Algérois ne sont pas les derniers à déplorer l’état de délabrement de leur ville et à pleurer son âge d’or sans cesse réinventé…

  • Une ville qui se mérite
  • Aux étrangers égarés ou aux hommes d’affaires appâtés par l’odeur des hydrocarbures, Alger souhaite la bienvenue à sa manière. La plus modeste chambre du dernier des ses hôtels miteux coute au moins le prix d’une suite trois Etoiles à Agadir. C’est comme ça! Les Garçons de café font la gueule, partout le service, c’est un peu à la tête du client et beaucoup selon l’humeur du moment. Pour les taxis, l’administration, les hôpitaux c’est kif kif bourricot. «Normal» rétorquent les autochtones quand un étranger s’avise à faire des remarques déplacées. Oui, tout le monde trouve sa place dans ce grand souk de fous, et tout est normal. Ne dit-on pas qu’Alger est une ville qui se mérite?
  • Je m’appelle donc Mezghana en berbère; Al-Jazaïr, les îlots en arabe; Alger en français et c’est vrai que je me laisse aller comme dans la chanson de Charles Aznavour le crooner bien aimé des algérois qui continuent à penser, à rêver et à parler en français.
  • Une ville de corsaires de déchets
  • De l’époque des Frères corsaires Barberousse à celle des Frères Dark-Vador Bouteflika, au fond je suis resté la même: un beau repère des flibustiers et des brigands de tous poils, une ville qui se prend facilement mais qui n’abdique jamais. Je suis la demi-clocharde mi-rêve mi-cauchemar, épicentre des séismes en tous genres, terre tremblante de tous les impossibles, les nuits les plus glauques du monde se confondant avec les plus beaux levers du jour de l’univers.D’après ce qu’on dit ici et là, j’ai une bonne réputation. Je suis  la ville punk par excellence, un rêve pour les Mad Max du 21ème siècle. Personne ne me conteste le record absolu du désordre urbain par exemple.
  • (www. tsa-algerie.com/2014/08/20/les-raisons-du-desordre-urbain-en-algerie/)
  • Selon le célèbre magazine «The Economist», je suis classée parmi les 5 villes les moins vivables de la planète… Moi je demande à voir, quelles sont ces villes qui prétendent être plus infernales que moi? Lagos (Nigeria), Karachi (Pakistan) ou Dhaka (Bangladesh)? Je parie que dans quelques années je vais les surpasser…  Je peux faire mieux, avec mes tonnes de déchets qui jonchent les trottoirs, les marchés informels qu’aucune police n’arrive à  contrôler,  et l’enfer des transports publics dans des routes cabossées où les feux ne servent qu’à faire joli quand ils fonctionnent … Pour l’incivisme, je crois que ça va, personne ne peut prétendre arriver à ma cheville.
  • Un port sans accès à la mer
  • Aussi décatie que la Havane, je la joue austère comme dans une banlieue de Djeddah. Je suis la bâtarde de l’Occident arrogant et de l’Orient décadent. Je fais la misère aux réalisateurs de cinéma attirés par mes décors improbables et je ne leur facilite jamais la vie.L’enfant de Notre Dame d’Afrique, Merzak Allouache qui ne cesse de me filmer, de «Omar Gatlato» (1977) à son dernier opus «Les Terrasses», dit que je ne suis pas une ville mais «une fournaise». Si ce n’est pas un compliment, je ne sais pas ce que c’est.
  • Je suis la seule ville côtière où l’accès à la mer est quasi impossible, «Dans ma ville la mer n’est qu’un poster, on la voit de partout, mais elle nous tourne le dos» comme le résume si bien la plasticienne de Bologhine Amina Ménia. Comme dans un film, le bonheur n’est qu’un leurre.
  • J’attire à leurs risques et périls les poètes maudits, les dandy pervers et les aventuriers de mauvaise foi. À cet effet on a beaucoup écrit sur moi, le livre d’Alger comporte que des signatures prestigieuses: Camus, Gide, Montherland, Fromentin, Daudet, Maupassant… Je ne compte pas les peintres, de Dinet à Delacroix, qui venaient chercher les éclats étincelants de mes lumières particulières, à ceux-là aussi je leur au réservé les plus mauvais tours du Mektoub, le destin d’Alger.
  • Dans le dernier livre qui m’est consacré, «Alger, le cri» aux éditions Barzach, l’auteur Samir Toumi, un des descendants du prince fondateur de la ville Salim El-Toumi- celui qui au 16ème siècle fit appel aux frères corsaires Barberousse pour libérer Alger des Espagnols- me traite comme j’aime et je me retrouve dans son soliloque désespéré  « Le coeur se serre encore, je la sens en moi, elle est là, je la respire, j’allume une cigarette. Les voitures roulent à toute vitesse, les immeubles et les paraboles défilent, la ville ne se dévoile pas, elle fait sa timide, cachée dans la brume polluée. Je sens son odeur, je la sens respirer, je la déteste, elle me déteste, je l’aime, je la déteste encore plus, je me déteste, le coeur se serre. Sur la Route Moutonnière, des solitudes en silhouettes errent sur la promenade des sabelettes, un véhicule comme accablé, est échoué sur la bande d’arrêt d’urgence. La brume se dissipe peu à peu et dévoile la colline, face à moi. Salope de ville, je t’aime! Chienne de ville, Khamdja!»
  • Une ville sale et salope
  • Khamdja, qui veut dire tout à la fois sale et salope. Khamdja, mon titre de noblesse. Oser me comparer à Brigitte Bardot, quel mauvais goût, encore quelqu’un qui est resté scotché à mon passé français, je suis mieux que ça voyons! Quitte à être réduite à une star de cinéma, je préfère Bette Davis dans «L’Argent de la vieille», car je suis misérable mais riche, une des villes les plus riches de la rive sud. Ou alors à Gloria Swanson dans «Sunset Boulevard», car dans ma belle déchéance on ne peut ne pas voir ma beauté intérieure -ou refoulée, comme vous voulez.
  • Un de mes lieux porte un nom qui me va à ravir: le Ravin de la Femme Sauvage. Qui veut venir défier chez elle la Femme Sauvage? Oh, ne ricanez pas, il y a encore quelques bonnes raisons de venir tel un Ulysse des temps modernes visiter Alger la noire, la ville la plus inhospitalière du monde, mais aussi la plus étrange, la plus envoûtante des cités de la Méditerranée.
  • Voici dix raisons d’être déraisonnable, de céder au le plus beau chant des sirènes et de s’échouer dans la ville qui ne ressemble à aucune autre…
  • 1- Flâner au Jardin D’Essai. Créé dès le début de la colonisation française,  ce grand parc botanique est un des plus beau du monde. Il s’étend sur une superficie de 32 hectares, et tous les amoureux d’Alger peuvent y trouver un peu de quiétude si rare dans cette ville.
  • 2- Se perdre à l’Aéro-Habitat. Un des plus beau immeuble français d’Alger, construit  dans l’esprit corbusien par Louis Miquel et José Ferrer-Laloë entre 1952 et 1955,  composé de quatre immeubles liant le quartier Télemly du centre-ville .La position en éperon des deux plus grands bâtiments permet une double exposition des logements en duplex, ce qui leur offre une vue sur l’étendue du paysage algérois et sur la baie d’Alger. Une rue intérieure dévolue au commerce est savamment aménagée en fonction de la déclivité du terrain.
  • 3- Chercher la spiritualité au Mausolée de Sidi-Abderahmane. En pleine ville «arabe», entre la Casbah et Bab El Oued, le petit mausolée du Saint patron d’Alger, Sidi Abderhamane, un havre de paix dans le vacarme de la ville.
  • 4- Comprendre le chant du Meknine à Bab-el-Oued. Ni chat, ni chien, les Algérois n’aiment que les oiseaux chanteurs, et le plus vénéré d’entre eux est le chardonneret. Au coeur du Marché de Bab-el-Oued, le marché des «Meknines» est une place stratégique où se racontent mille et une légendes sur ce petit oiseau chanteur.
  • 5- Voir changer les couleurs du ciel à partir du balcon Saint Raphaël. Un petit parc avec vue sur la baie d’Alger, on peut s’y faire dépouiller les jours de pas de chance, certes, mais il y a des jours où l’on peut juste contempler les couleurs magnifiques du ciel d’Alger (d’octobre à avril, c’est la bonne saison)
  • 6- Rejouer Pépé le Moko à la Casbah d’Alger. Vous avez aimé Jean Gabin dans le film de Julien Duvivier, voyou au grand coeur recherché par la police, planqué dans la vieille médina? Vous pouvez rejouer le film dans ce repère de tous les interlopes de la ville cosmopolite. Ne craignez pas d’être déçus, la Casbah tombe en ruine, mais ses bandits sont toujours à l’affut…
  • 7- Découvrir les trésors cachés du Musée National des Beaux- Arts. Avec ses 8 000 œuvres, c’est le plus grand musée d’art du Maghreb et du continent africain. Inauguré en 1932 pour le centenaire de la colonisation française, il s’ouvre avant la fin de la colonisation aux peintres algériens.
  • 8- Déguster les petites sardines à Chéraga. C’était jadis le premier village à la sortie d’Alger, aujourd’hui c’est un quartier de la grande ville qui ne cesse de s’étendre. Dans la place de l’ancien village, «Le Roi de la sardine» mérite amplement son titre. Pas d’alcool, mais que du bon poisson frais et des sardines cuisinées de différentes manières, à la pied-noir, à la kabyle, à l’algéroise… Quel régal! Ne faites pas circuler trop cette adresse, c’est tellement dur de trouver une bonne gargote à Alger…
  • 9- Faire la petite ballade de Télémly. Un chemin ombragé, long et sinueux qui permet de quitter le centre ville pour aller sur les hauteurs de la ville. Quand les automobilistes se calment un peu, on peut flâner dans ce chemin serpentant et pittoresque et admirer entre deux beaux immeubles la magnifique baie. Anciennement appelé le chemin des Aqueducs car il suivait en partie le tracé des conduites turques restaurées et améliorées, et qui servaient à l’adduction des eaux pour la Casbah. Télemly viendrait du berbère  thala oumlil signifiant la source blanche
  • 10- Tomber amoureux comme les amants de Notre Dame D’Afrique. La basilique  d’Alger surplombe la ville car est a été construite sur un promontoire dominant la mer de 124 m. Accessible par un taxi ou téléphérique depuis le quartier de Bologhine (ex-Saint Eugène), elle offre aux algérois une des plus belles esplanades de la ville. Les enfants viennent y jouer au foot, les vieux tuent le temps pour qu’il ne les tue pas et les amoureux qui se retrouvent ici n’ont jamais été si proches du ciel.                                                                                                                                                                                                                   

     par YASMIN BARAKAT

    Publié par The Algerian Speaker sur 6 Octobre 2017, 08:09am

    Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)                                                                                                                                                                                                                                            http://www-bledmakach-.over-blog.com/

 

Fotbel : Le Burkiflika Fiasco humilie l’Algéré


one two                                                      Photo. S.Sellami

L’Algéré n’était pas favorite face à l’équipe du Burkiflika Fiasco, loin s’en faut. En effet, après quinze années de compétition contre des fauves voraces et sanguinaires, l’Algéré était totalement exsangue et extenuée. Les rencontres s’enchainaient à un rythme endiablé, avec leur lot de  blessures saignantes et irrémédiables. Ce fut d’abord le match supposé « amical » contre « nos » frères du Middle East, Shorafa et Sawiris. Cinq millions « investis », huit milliards récupérés… pas amical du tout…

Puis ce fut la rencontre d’échauffement contre Team Khalifa qui vit une bonne partie des économies de l’Algéré « éliminée » du jour au lendemain, comme par enchantement. C’était donc un match d’éliminatoires, ce que l’on ne sut qu’après coup, car encore une fois, on nous a fait croire qu’il s’agissait d’un « match amical »… Enfin, et surtout, l’Algéré devait jouer les matchs de coupes nettes Sonatrach-I, II, et III, dans lesquels les buts de l’Algéré étaient de dimensions réglementaires, c’est-à-dire aussi étroits que notre Sahara…

Autant de matchs, autant de défaites cuisantes pour l’Algéré. L’équipe du Burkiflika Fiasco, en revanche, était bien reposée, bien bronzée. Son capitaine Tab Djnanou n’a pas prononcé une seule parole depuis deux ans, car il tient à préserver sa salive pour Avril 2014, lorsqu’il annoncera à ses fans survoltés : « Je vous ai fhemtkoum, et puisque vous insistez, je vais continuer à jouer ».

L’avant-centre du Burkiflika, Chakib, a marqué plusieurs buts assassins à l’Algéré, certains avec la tête, mais la plupart avec les mains. Ceci est permis dans notre règlement sur la bonne gouvernance, qui stipule dans son article premier : « Si tu peux mettre la main dessus, c’est à toi ». Chakib a pris la balle, driblé tous les services de sécurité de Tewfik, puis s’est faufilé dans l’avion qui le mena droit vers Washington où il devait absolument valider son but.

L’ailier gauche du Burkiflika, Saïd Boutef, est tout sauf gauche avec ses mains. Il distribue les passes décisives, et fait des merveilles avec ses une-deux légendaires, connues sous le vocable liya-lik, fifty-fifty.

Quant au milieu de terrain, il  est occupé par un certain Sellal, dit « trouhnannek », l’homme de ménage du Burkiflika. Son intelligenceovine et sa locution bovine l’auraient normalement conduit à d’autres occupations où il se serait senti beaucoup plus dans son élément, mais voilà, nous sommes au pays des merveilles, où même des créatures borderline zoologiques peuvent rêver de devenir premiers ministres…

Normalement donc, tous les Algériens devraient se mettre d’accord pour offrir un quatrième mandat à Si Tab Djnanou. A condition d’accomplir les trois premiers, à savoir un mandat d’arrêt, un mandat d’amener, et un mandat de dépôt…

C’est seulement alors que l’on pourra chanter : « oine tou tré, viva l’Algéré »…

Mounir Sahraoui
25 novembre 2013                                                                                                                                                       http://www.hoggar.org

 

Quand le drabki danse de trouille…


saadani                                                      photo S.Sellami

TSA : Le FLN a décidé de saisir Bouteflika sur ce qui se passe dans le sud. Pourquoi ?

Saadani : Certains veulent le saisir par son fauteuil et le balancer dans la poubelle de l’histoire, mais ce n’est pas mon avis, car il n’y a presque plus de place dans cette poubelle. En tant que parti majoritaire, nous avons estimé essentiel d’attirer l’attention du président sur la tension qui règne dans plusieurs wilayas du Sud. Mais il faut y aller mollo avec lui : d’abord le convaincre qu’il est président, ensuite que nous sommes en Algérie, qu’en Algérie les voleurs du pouvoir vivent de pétrole, et qu’enfin le pétrole se trouve au Sud…

Nous avons envoyé nos cadres dans la région, avec tout le matériel nécessaire à la persuasion : derbouka, bendir, mais aussi qabqabou, zdeg zdeg ya loulou ! Ils ont été chassés sans pitié… on ne savait pas que la chasse était ouverte là-bas…

Vous avez déclaré que le Sud a été abandonné. Qui en est le responsable ?

Le peuple en premier lieu, mais aussi les gouvernements successifs avant Bouteflika, les partis politiques, les associations, la société civile, Khalti Traki, Didi Baratchou, Boubagra, Omar Guetlatou, tout le monde. Il est triste de constater qu’à ce jour nous n’avons pas de stratégie clairement définie pour développer le Sud, zdeg zdeg…

Vraiment ?

Il y a kamême une stratégie, mais elle n’est pas écrite noir sur blanc. Elle consiste à sucer le maximum de gaz et de pétrole sous les pieds des gens du Sud, le vendre pour notre compte, et leur importer une bonne quantité de misiriyya pour qu’ils ne puissent jamais sortir la tête de l’eau, j’veux dire du sable, y a même pas d’eau là-bas. Ça c’est la vision stratégique globale, mais c’est top secret, j’ai rien dit…

Donc vous voulez changer de stratégie ?

Au moins donner cette impression. Il y a plein de potentialités au Sud. Il y a beaucoup de scorpions, des vipères de toutes sortes, etc. Les revendications de la population n’ont pas été prises en charge. En particulier, il faut lui donner assez de sérum anti-venin pour que les gens de Tam ou Ain Salah n’aient pas à se déplacer à Ghardaïa pour sauver leur peau. Le FLN tire la sonnette d’alarme grâce à ma derbouka, zdeg zdeg…

Quelles sont, concrètement, les propositions du FLN ?

Dans notre lettre au Président, nous allons parler de la qualité des gestionnaires envoyés dans le Sud. Il faut envoyer au Sud des gens « compétents » comme Chakib ou Khalifa. Donnez-leur 10 ans, et il n’y aura plus de sable. La méditerranée coulera par miracle jusqu’à Tam…

Que pensez-vous de la protestation contre le gaz de schiste ?

Le merguez de schiste n’est pas bon pour l’estomac. Nous allons convaincre les gens du Sud qu’il faut nous laisser extraire cette pourriture de leur sol et l’envoyer pour incinération dans les pays du Nord…

Vous avez comparé la colère dans le Sud aux printemps arabes. Pourquoi ?

Le printemps arabe a commencé en Tunisie avant de toucher la Lybie, la Syrie et l’Egypte. En Algérie, les troubles ont débuté à Ouargla, puis Touggourt, Tamanrasset et In Salah. Ça monte, ça monte, ça bouge ya bouguelb…

Quelle est donc l’atmosphère au sein du pouvoir assassin, avec ces troubles qui s’étendent et le pétrole à 45 dollars ?

El-bouligua intégrale khou, celle qui fait danser un twist endiablé… comme si nous avions le feu au derrière et que nous étions en même temps pourchassés par une meute de rottweilers en furie…

Mounir Sahraoui
14 janvier 2015                                                                                                                                                                                              http://www.hoggar.org

 

Chakib r‘djaâ, Chakib r‘djaâ, Chakib r‘djaâ !


Chakib Khelil                                                          Photo S.Sellami.

Cela fait trois ans que Chakib attendait le moment propice pour revenir en Algérie pour la libérer de ses colonisateurs. Profitant du déploiement total de l’ANP sur le flan est pour faire barrage aux Dawaâech extérieurs, Chakib se précipita du côté ouest, et après une bataille  héroïque contre on ne sait plus quel ennemi, il fonça vers l’aéroport d’Oran. Là, sous couvert de la nuit, il emprunta un salon d’horreur où vint le saluer un ramassis de tout ce qu’Oran compte d’abrutigencia. Un Wali pas-très-salah l’attendait qui se jeta à ses pieds pour les embrasser tout en implorant sa baraka.

Passés les torrents de salamalecs, une horde de journalistes assiégea Chakib de questions :

Question : Pourquoi êtes-vous retourné ?

Chakib : Je veux combattre Daech qui a des visées sur notre gaz et notre pétrole.

Question: Ils sont combien les Dawaâech dans ce pays ?

Chakib : 40 millions. C’est facile à compter : tu prends l’Algérie, tu soustrais la Bouteflicaille, et le reste, c’est des Dawaâech…

Question: Et comment comptez-vous les combattre ?

Chakib : Il faut d’abord assécher leurs sources de financement, en particulier la Sonatrach…

Question : Et dans une deuxième étape ?

Chakib : Il faut rembourser notre dette au FMI, ce qui servira à affamer les Dawaâech…

Question : Mais on n’a pas de dette envers le FMI…

Chakib : Je me projette un peu dans le futur proche…

Question : Et ensuite ?

Chakib : Une fois réduits à l’indigence la plus extrême, les Dawaâech devront être expulsés vers où ils sont venus. Les Arabes vers leur Roubaâ el-khali, les Kabyles vers leurs montagnes, les Chaoui vers les Aurès. Quant au Sahara, personne parmi les Dawaâech ne peut le revendiquer, car ça appartient naturellement à ceux qui savent quoi en faire, c.-à-d. le clan Bouteflika, Haliburton, Total et Shell…

La conférence de presse impromptue allait bon train quand un homme hurla : « On m’a volé mon portefeuille ! ». Les présents se mirent instinctivement à palper leurs poches, et chacun d’eux lança le même cri: « Au voleur, on m’a volé mon portefeuille ! ».

Chakib poussa un sourire narquois, palpa sa poche comme tout le monde et dit calmement : « Moi aussi on m’a volé mon portefeuille, celui de l’Energie et des Mines, mais je sais qui l’a volé. C’est Toufik. Je suis donc venu récupérer mon bien… »

Puis, profitant de la stupeur générale, Chakib s’essaya à l’humour noir : « Savez-vous ce que fait Toufik quand il n’a plus la possibilité de tuer ? Eh bien il tue le temps… »

Mounir Sahraoui
19 mars 2016                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 http://www.hoggar.org