La transition


Oui, elle est là. Elle ne dit pas seulement son nom. Chaque chose se crée à partir de quelques autres choses. Si Bedoui est chargé pour une année de la pré-transition ; qui aura la charge de la propre transition ? 

Il n’existe pas de grande différence entre Ouyahia et Bedoui. Les deux sont sortis de l’administration. L’un est un technocrate qui a évolué largement dans la dimension politique, l’autre est un homme toujours administratif qui peine à s’inscrire dans ce registre malgré le sur-effort déployé. Cependant une grosse frontière sépare l’un de l’autre et crée béatement la distinction. Bedoui censé être un politique en manque de quelques atouts et va prendre la peau d’un haut administrateur de gouvernement transitoire, voire provisoire. Ouyahia provenant du haut fonctionnariat, arrive à faire de l’action ministérielle une approche politique. En somme, le premier est un fonctionnaire politique qui se préserve et ne s’aventure pas, le second est un politicien fonctionnaire qui provoque, affronte et assume. 

Le quatrième mandat de Bouteflika s’annonçait déjà à son entame pénible ; tant l’oisiveté et l’immobilisme caractérisaient amèrement l’équipe gouvernementale. L’inertie politique gagnait la sphère dirigeante nationale et tous ses auxiliaires. Pas de visibilité. Situation de panne pour une nouvelle option de développement ; l’on faisait dans le surplace et le surchauffé, se contentant de se tenir à défaut d’initiatives, aux restes à réaliser et aux quelques reliquats aux longs relents de l’ex-plan de relance économique. L’activité nationale se réduisait dans sa globalité aux multiples controverses économiques induites par la chute du prix des hydrocarbures. Que ce soit du coté du partenariat étranger que celui de l’entreprise algérienne. Les cris pour risques de fermeture à connotation protectionniste fusent de partout. L’idée du « patriotisme économique » prenait un chemin qui n’était pas le sien. Les chiffres évaluant, depuis ces dispositions en termes de gains et de flux transfrontaliers ont été différemment appréciés et inversement commentés. 

A cette situation ardue, ce climat politique morose, cette ineptie, d’autres griefs plus sérieux, plus denses et consistants sont venus se greffer à la tourmente nationale. Le peuple est sorti demander la disparition du régime. C’est trop beau dérisoirement de le situer juste dans le refus du cinquième mandat. Mais c’était juste le prélude à une révolution qui se murit tacitement pour avoir quand bien même pu faire décider le pouvoir à parler, se repositionner. De la candidature pour un cinquième mandat, le recul s’est fait une première fois par l’annonce d’un chapelet de mesures allant à des reformes radicales et profondes avec en prime la non candidature à un sixième à convoquer par anticipation. La suite depuis le 22 février est connue. 

Voilà qu’arrive une autre décision à prendre pour un autre recul. Le président ne sera pas candidat pour les élections qu’il annule ou reporte. Avec également ce même chapelet de mesures à faire prendre cette fois-ci par une conférence qui aura la prérogative de fixer la date des prochaines élections auxquelles il ne participera pas. Ubuesque. Il nomme Bedoui comme premier ministre le duplique par un Lamamra , met en sourdine Ouyahia et l’on attend d’autres décisions. Tout semble se précipiter. Maintenant c’est chaque vendredi qui provoque une décision. Celui de demain va certainement moduler la liste des nouveaux ministres. Il suffit que le nom ne soit pas scandé. Façon de faire valider le listing par un vote populaire consensuel. Alors que la rue crie haut et fort le départ de tous les minois démoniaques qui ont enténébré le paysage politique depuis plus de vingt ans. 

Le commentaire le plus strident demeure, cette affectation de Lamamra à un poste en nette inadéquation avec son profil. Vice premier ministre. L’on y sent un rapprochement organique de l’homme par rapport à l’instance présidentielle. Lamamra étant ainsi au sein de la chefferie, à un niveau supérieur à tous les ministres ; est appelé a devenir le véritable vis-à-vis du clan présidentiel créant une dualité avec son chef direct, présumé l’être en principe. Rien ne rassemble les deux hommes, ni le cursus, ni les préoccupations, ni encore l’avenir. En fait, les avis divergent, comme les supputations s’accroissent. Cependant plusieurs observateurs s’accordent à dire que le vice premier ministre aurait à assumer par gestion particularisée, la responsabilité du volet des affaires étrangères à un niveau magistral a celui du même ministère, puisqu’il est aussi ministre des affaires étrangères. Là aussi, son aura, sa prestance et son poids semblent dire les auteurs du remaniement seront des garanties dans l’équilibre des relations internationales et la « sérénité » de la coopération notamment avec la France. Un veilleur d’intérêts réciproques. Donc cette juxtaposition pratique va sans doute enraciner davantage l’existence de l’esprit présidentiel dans le cercle interministériel. Déjà que le poste de premier ministre ne donne qu’un apparat d’une fonction en charge d’un simple formalisme rendu impératif par la sacralisation constitutionnelle, qu’en sera-t-il demain de son adjoint ? Certains parlent d’un poste de surveillance loyal et dévoué installé tout prés de l’activité globale du chef du gouvernement. Cette hypothèse est fragilisée par nature, autant que Bedoui serait dans l’impératif de créer une collégialité au sein de « son » équipe. En fait, elle ne serait pas la sienne. 

Ainsi la nomination de Bedoui aurait un sens de le présenter comme un élément neuf n’ayant aucun lien à la patte à part « l’amitié » qui le lie à l’un de ses anciens secrétaires généraux, frère du président. On croit avoir réussi à le faire passer telle une pilule sans eau, sans marée et sans ressac. La rue, si elle n’a pas trop scandé son nom ; c’est qu’il était prudent à vouloir les derniers temps notamment se mettre en porte-à-faux avec l’ardeur fiévreuse des manifestations. Bien au contraire, il était le premier et seul responsable à saluer « le caractère pacifique » de celles-ci. 

En sa qualité d’ancien ministre de l’intérieur, l’homme n’avait qu’un méfiant regard sur la collectivité locale et tout ce qui réglementairement se greffait autour d’elle comme gestion électorale, état civil, voirie, couffin de ramadhan. L’autre aspect inclusif était assigné à l’assise de soi. Il était directement loin du monde économique, industriel, sanitaire, universitaire, agricole, éducatif et d’autres segments professionnels précis, quoique s’essayant le plus souvent à fouler certaines attributions qui n’étaient pas de son ressort et que la faiblesse de certains ministres, pas tous a favorisé l’avenant chevauchement. Là, en cette forte ancienne posture, son regard, joint à celui d’un premier ministre en titre ira s’étendre avec force sur toute l’activité des membres du gouvernement. Sa résistance et son instinct de manouvrier qui vient de se découvrir feront le reste. Il est dit aussi, que derrière cette « promotion » si le cas en est, car le risque d’effondrement du régime est au seuil de toute rue ; se hisse au grand jour un projet de substance politique que lui seul serait capable de porter. Le maintien du régime sous un nouvel habit entièrement remodelé et l’amorce d’une succession pacifique du pouvoir. 

Bedoui prend les commandes d’une Algérie en pleine effervescence. Le vendredi n’est plus un jour de méditation plus qu’il est un cauchemar. Ce n’est plus un jour de repos plus qu’il est le jour le plus long pour les uns et le plus expressif pour tous les autres. Le rituel est de prier et marcher, crier et revendiquer, patienter et insister. Ainsi, dans des conditions pareilles Bedoui ou un autre n’aura pas toute la latitude de mener à bien le programme qu’il aura à concocter. Une seule mission des plus difficiles lui est assignée : calmer la rue. Chose impossible. L’implacable persistance de la seule clameur qui fuse est la conversion foncière de ce système qui s’impose, voire le voir disparaitre totalement et en urgence. Chose également impossible. Si personne n’a d’emprise sur ces jeunes qui ont pris l’habitude de se rencontrer sur l’asphalte chaque vendredi ; le pouvoir reste sommé à l’écoute de droit ou de fait. Seulement l’on ne peut passer d’un système à un autre sans emprunter un long temps et des chemins parfois sinueux. Croire pouvoir déconstruire une mentalité de traitement de la chose publique en quelques semaines ce n’est que de l’illusion. Nous ne sommes pas à un simple match, l’on siffle la fin et on recommence. L’enjeu se rattache à tout un Etat, une nation. 

Le délai d’une année serait-il suffisant pour mettre en œuvre cette « conférence constituante » ? Il faudrait d’emblée s’assurer de sa composante et viser le grand consensus qui constitue fondamentalement son objectif. Là aussi se devinent déjà les grandes incompréhensions. Qui appellera qui ? 

Le propre d’une transition c’est cette évidence imposée d’accepter de bâtir du nouveau sans toutefois nier l’existant. C’est une résolution certes ardue mais qui doit se mettre en quête de l’harmonie nécessaire recommandée en la circonstance. Ouvrir ses bras à tous, interdire toute exclusion, éclipser ses haines, oublier ses passions et ses positions, cultiver le partage et nourrir de l’espoir sont en cette phase cruciale les grands défis qui guettent Bedoui. Une transition douloureuse. Tout ceci est transcrit sous réserve de ce que cachent la rue et son opiniâtreté. De ce qui va venir. 

par El Yazid Dib

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274273

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Qui sont ces «ministres» de Bedoui ?


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Je ne sais si l’annonce de la constitution de ce «gouvernement mort-né» devancera ou non le moment de l’accouchement de cette chronique. La tâche de sa cogitation ne semble pas facile. L’on parle de scepticisme, de refus et de rejet direct de l’offre ministrante. Le climat agitant l’air des rumeurs chuchote que quelle que soit sa couleur, sa contenance ou sa morphologie, cette équipe composée «après concertations» saura son verdict populaire le prochain vendredi. Niet ! 

Le temps s’est ainsi arrêté pour permettre à la réflexion de faire ses affres et au peuple de pousser le pouvoir à agir. Un gouvernement étant nécessaire, il doit y avoir du nouveau. En face de la radicalité des cris réclamant la rupture totale, Bedoui a été adressé comme un messager de dernier quart d’heure apocalyptique devant assurer l’amorce de la rupture. Seulement, il est lui-même contesté. On ne lui reconnait nulle neutralité, ni sacralité, ni virginité prophétique. Que va-t-il proposer de mieux quand son individualité se prenait pour la souveraineté nationale et pensait en être le catalyseur principal ? Ses ministres, il le dit, seront de toutes les «tendances partisanes ou non», des technocrates. 

Si l’on s’inscrit dans une tendance partisane, c’est que l’on est avant tout un militant pour une cause et pas un fonctionnaire pour une profession. L’on a sa propre idéologie, ses propres moyens à même de conquérir le pouvoir et d’atteindre les cimes de la décision. Pour le technocrate, il est exigé en plus d’une certaine maitrise de domaine es-qualité, un brio et une forte habileté à pouvoir piloter les compétences et savoir réguler les forces et les faiblesses. L’art managérial, lui seul dessine la distinction entre un technicien et un autre pourvu d’une vision managériale. Un wali est-il technicien ou technocrate ? Un directeur général d’entreprise nationale ? Un ambassadeur ? Un professeur d’université ? Et pourtant l’on a bien vu ces profils défiler le long des bancs ministériels successifs. Personne n’en était au niveau des exigences de la mission confiée. L’Université dit ne pas vouloir d’un prix Nobel, la Santé cajole les animaux et fête le choléra, l’Agriculture sème la parole du vent, l’Industrie se fait en compte offshore, le Tourisme privilégie les frontières et l’humiliation des visas, les Finances se tirent à la planche, la Communication se coud les lèvres et menace par publicité. L’on ne va se rappeler d’eux qu’en termes de quelques frasques et déboires, beaucoup d’hilarité et d’ironie. Sommes-nous satisfaits de nos cités, de nos administrations, de nos guichets d’état civil ? Sommes-nous heureux de revenir du marché, prenant en guise de panier, un sac poubelle à moitié vide ? 

Ceux d’antan faisaient parler d’eux. Ils prenaient des décisions en servant debout un Etat. Les récents sont des quêteurs d’autorisations et se mettent couchés au service d’un régime. Des actuels également on en parle. À la seule différence que c’est dans la charge sémantique que se situe l’appréciation des uns par rapport aux autres. Il fut un temps où nos ministres étaient connus de tous. L’on retenait aisément leurs noms. L’on savait à quel patronyme était dévolu tel département ministériel. Ce nom-là, remplissait vastement le secteur en question. Ils provenaient d’une pépinière un peu exceptionnelle. Ou de la maison révolutionnaire ou du sentiment national. Mais guère de la coopération technique ou de la vassalité à l’oligarchie. Ils étaient bien de chez nous. Nous n’avions point connu de binationaux, de douteux d’origine ou de fossoyeurs de mémoire. 

Alors Bedoui, d’où va-t-il puiser ses «ministres» ? Certainement du corps des walis, notamment ceux dociles et flexibles qu’il a mis en orbite. Il aurait aussi la latitude de faire enticher des secrétaires généraux de ministères, des présidents de directoires, de fédérations, d’ordre ou de groupements économiques. Il aurait à enrégimenter d’autres parmi le fonctionnariat international ou des représentations diplomatiques à l’étranger que va lui murmurer Lamamra. Sauf qu’il va, à l’évidence, à peine de se couper avant le vendredi ; éviter d’aller tournoyer autour des partis de l’alliance présidentielle ou de leurs députés et sénateurs dont il connait bien le processus de leur naissance. Il en était un peu le procréateur. 

Si c’était dans des conditions idéales, de pleine cohésion sociale et d’écoute politique anticipée, la chose lui aurait été doucereuse. Car la bonne sève nationaliste, jeune, intègre et émérite existe et continue hélas à garnir les étages poussiéreux et invisibles de la République. Cependant l’heure est à la refondation totale de l’Etat. Du sommet aux procédures, des lois aux habitudes. Tout se doit d’être revu, par des Algériens et uniquement des Algériens sans autres nationalités, ni autres résidences. Y compris pour la gestion de l’hypothétique phase transitoire. Avec ou sans gouvernement. 

par El Yazid Dib

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274523

AUCUN ALGÉRIEN N’EST DUPE : HALTE AUX MANŒUVRES DE DIVERSION !


Une irrésistible force me pousse à réagir devant les récents développements en Algérie.

Que ce soit la position de l’ANP annoncée dans El Djeich du 10 mars, ou le lancement d’une pétition pour un appel au retour de Liamine Zéroual, ou encore la psychédélique proclamation écrite (El Watan du 11 mars) attribuée au président Bouteflika… à peine revenu d’un séjour de soins pour des problèmes lourds, il rédige – ou dicte –, dans l’état qu’on lui connaît, une si longue proclamation ! Décidément, les faiseurs de miracles algériens n’ont pas de limites.

En premier lieu, j’aimerais saluer l’annonce par notre armée dans son communiqué d’El Djeich (10 mars), affirmant le positionnement clair de l’ANP «aux côtés du peuple». Il était temps. Personnellement, je ne vois pas de chemin vers une sortie de cette «crise», puis vers la mise en place de conditions d’un futur sain pour l’Algérie, sans l’implication de l’ANP et de ses officiers les plus intègres et patriotes, dans le cadre strict dévolu à toute armée soucieuse de démocratie et de bien du peuple.

C’est l’institution qui a le devoir et le pouvoir de veiller au respect des demandes du peuple, à la mise en place, dans l’ordre et la paix et sans «magouilles», des jalons de la mise sur les rails d’une nouvelle République. Sans être elle-même partie prenante, ni partisane, bien entendu. Condition sine qua non pour la légitimité du rôle qu’elle est appelée à jouer : celui de «garant neutre et désintéressé» du maintien de l’état de paix et de «bon et honnête» déroulement du processus de renaissance politique – et économique – du pays.

En second lieu, je me permets, au sujet des pétitions et annonces du Président évoquées plus haut, de mettre énergiquement notre peuple et notre jeunesse en garde contre les aspects «récupération passéiste» grossiers de telles démarches, contre lesquelles je m’inscris totalement en faux ! Tout le terrain qui a été gagné jusque-là (et de manière si miraculeusement mature et sage) risque d’être perdu, ainsi que tout ce qu’il portait comme espoirs de vrai renouveau pour le pays. Nul ne doit être dupe.

Comment espérer d’un ancien membre (que ce soit L. Brahimi, L. Zéroual ou autre) à part entière de ce «système», que le peuple veut voir dégager, un quelconque espoir de changement un tant soit peu radical, quelles que soient les valeurs intrinsèques de la personne ? Cette personne ira, au mieux, pêcher des «ressources» dans quelques recoins jusque-là non – ou peu – utilisés des étangs qu’elle connaît déjà : ceux du «système» honni ! Est-ce là le changement que veut le peuple ?

Ensuite, que dire de cette hallucinante déclaration dite du Président et qui reprend, en formes et mots différents, la même tentative criminellement attentiste et de gain de temps ? C’est ce qui a été proposé auparavant (maintien de Bouteflika en place pour un an) et devenu à présent sine die – en plus d’être inconstitutionnel ! On nous propose de mettre en place un processus de changement… confié à des gens qui font partie de ce qui doit changer ! Quel cynisme…

On nous parle de «commissions» et de «gouvernement de compétences» ; mais, où étaient-elles donc cachées jusque-là toutes ces personnes et ces ressources/commissions soudainement si propres et compétentes ? On nous propose de gérer entre soi une «transition» qui, miraculeusement (en dépit de cet «entre-soi») accouchera d’une «nouvelle République» s’appuyant sur une «tête de pont» avec des éléments aussi proches, sinon parties du système que les Algériens veulent voir disparaître ! Tels que M. Brahimi ou les personnes nommées Premier ministre et Premier ministre en second !

Personnellement, je reçois cela comme une insulte (une de plus) à l’intelligence de notre peuple. Je crains si terriblement que l’Algérie ne passe à côté de ce providentiel rendez-vous avec l’histoire ! Je crains que ce ne soit l’ultime chance. L’ultime chance de mettre, enfin, entre les mains de son peuple l’Algérie et son destin.

De grâce, ne la ratons pas. La seule instance légitime pour la désignation des «compétences», institutions, «ressources» (provisoires, transitoires…), préparatrice d’un changement aussi radical que celui que réclame le peuple – encadré, garanti et protégé par une armée strictement non partisane ­– c’est le peuple algérien et nul autre ! Par plébiscite, par référendum ou suffrages à travers les réseaux sociaux, etc. Personnellement, j’oppose un fort et catégorique «non» à ces méprisantes mesures dilatoires ! Fini le temps des manœuvres et des manipulations ! Dehors à tout ce qui a peu ou prou gravité, de quelque façon que ce soit, avec et autour de ce «système» dont nul Algérien ne veut. Ni pour un an, ni pour un mois, ni pour une fraction de mandat.

Ce que je vois de plus faisable, concrètement et dans l’immédiat (avant d’entrer dans un processus tel que celui de la «feuille de route» que j’ai proposé dans mon dernier texte paru dans El Watan du 10 mars) : notre ANP pourrait s’entendre sur (1)la désignation d’un groupe d’officiers à intégrité et compétences indiscutables, groupe qui (2) avec l’appui de la vox populi (réseaux sociaux, «leaders» de manifestations), de représentants des vraies forces de l’opposition (partis irréprochables, syndicats autonomes…) et (3) d’un «comité de sages» parmi les personnalités «historiques» ou «publiques», «intellectuels»… indemnes de toutes connivence avec le «système» pour aboutir au plus vite à (4) la constitution d’un gouvernement d’urgence nationale (dont aucun membre ne devrait être soupçonné de la moindre accointance passée ou présente avec le «système»), lequel gouvernement (5) mettrait sur les rails le processus de la feuille de route sur laquelle il semble y avoir large consensus : le chemin vers une seconde République !

En toute fraternité, vive l’Algérie libre et démocratique, vive le peuple algérien !

Par Omar Aktouf , PhD.

Professeur titulaire – HEC Montréal

http://lequotidienalgerie.org/2019/03/19/aucun-algerien-nest-dupe-halte-aux-manoeuvres-de-diversion/

DU BUTIN AU REPORT DU SCRUTIN, POUR QUEL DESTIN ?


«Les bons mûrissent, les mauvais pourrissent.» (Michel Audiard)

Hassen

Premier martyr des manifestations pacifiques du Printemps algérien, neveu de Belhaffaf Ghezali, également premier martyr des manifestations pacifiques du 1er Mai 1945, assassiné par les forces coloniales à Alger, et fils du défunt Benyoucef Benkhedda, président du GPRA, victime d’un coup d’Etat du clan d’Oujda, qui continue à régenter la nation algérienne depuis 1962.

Je suis l’Algérie toute entière. Je suis l’incarnation du peuple algérien», déclarait le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, à la télévision suisse TSR, lors du forum de Crans Montana, en 1999, d’où il annoncera le plan de la «concorde civile» sans vérité et justice, destiné aux… Algériennes et aux Algériens à partir de la Suisse ! Le message était clair : l’Etat, censé être le pouvoir dans sa diversité à travers des institutions qui résistent au temps et aux pouvoirs successifs, c’est un «Homme-Dieu» qui l’incarne.

Le ton de la nouvelle gouvernance qui nous attendait était donné : détruire l’ordre politique et institutionnel en lui substituant une «mythocratie». C’est plus qu’une dictature, parce qu’une dictature, elle, peut être combattue, car elle emploie des méthodes et des procédés grossiers et faciles à détecter.

Par contre, contester un clan ou un pouvoir non institutionnel, qui utilise la «mythocratie» pour atteindre des objectifs inavoués afin de fructifier son butin mal acquis, relève de l’utopie, car il utilise une réalité sociale qu’il scénarise en manipulant les flux de désirs et les croyances comme substance propre du pouvoir.

Pour cette «camarilla»(1), il n’y a plus de peuple, mais des histoires et des mythes, semant le trouble entre sacré et profane, en passant par la main étrangère, confondant stabilité et immobilisme, complaisamment véhiculés par des médias aux ordres, des ministres sinistres et des oligarques nourris à la manne pétrolière, qui organisaient notre devenir collectif, non pas par la lutte des classes, mais par la lutte pour… des places ! Cet état de fait est sournoisement distillé au sein de la société : pas besoin d’intelligence ni de compétence, l’allégeance ou l’extrait de naissance suffirait pour être aux commandes d’un ministère, d’une entreprise, d’une institution, quelle que soit son importance, ou bénéficier d’un marché juteux. Ainsi, les grands projets structurants piétinent, gangrenés par la corruption, d’où l’indigence et l’indélicatesse de certains responsables à tous les niveaux de l’Etat, avec en prime l’impunité garantie. Comment sommes-nous arrivés à cette catastrophe ?

Le butin

Le 2 mars 1956, c’est la fin du protectorat au Maroc. Le roi Mohammed V rentre au pays après son exil forcé à Madagascar. Les autorités françaises lui imposent un certain Oufkir comme aide de camp dès son intronisation. Oufkir, capitaine sous le drapeau français, devient colonel. Il avait pour mission de réduire l’influence de l’Armée de libération nationale marocaine, d’atténuer le plébiscite autour de la légitimité des partis nationalistes, notamment l’Istiqlal et l’UNFP, et de créer les structures policières et de surveillance officielles. Cette ascension spéculaire ne laisse pas indifférents «des lycéens et étudiants d’origine algérienne qui vivaient au Maroc dans des conditions de vie parfaitement pacifiques et heureuses. Des conditions qui étaient tout à fait déséquilibrées, cependant, par rapport à celles de leur peuple et de leurs frères étudiants qui mourraient en Algérie»(2). Ces jeunes lycéens et étudiants constitueront la promotion Larbi Ben M’hidi, ossature du Malg. Leur directeur de stage, Khelifa Laroussi, adjoint de Boussouf, ami du désormais colonel Oufkir , leur avait décrété: «Vous êtes les futurs ministres de l’Algérie indépendante !»(3) La messe est dite. Attendre l’indépendance du pays pour conquérir le pouvoir par tous les moyens.

Dès la proclamation de l’indépendance, le 5 juillet 1962, le clan d’Oujda fomente son premier coup d’Etat en démettant violemment le GPRA basé à Tunis et impose à la tête de l’Etat Ahmed Ben Mahjoub Ben Embarek dit Ben Bella, porté par Djamel Abdel Nasser après avoir été travaillé au corps à corps par Fethi Dib, le chef des services de renseignement égyptiens. N’était la sagesse du président Benkhedda, l’indépendance aurait été arrosée d’un bain de sang. Le un million et demi de chouhada aurait été multiplié par deux, avec autant de veuves et de blessures à panser. Une nouvelle série noire commence pour la jeune nation, avec son lot de complots, d’assassinats politiques et d’exils forcés. Le 19 juin 1965, Ben Bella est à son tour déposé par un coup d’Etat militaire, fomenté par son ministre de la Défense, le colonel Boumediène, et son ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, entre autres. Comble de l’ironie, le nouveau maître de l’Algérie, dans son allocution télévisée au lendemain du coup de force, annonçait «le redressement révolutionnaire» (ettas-hih ethawri). Rien que ça ! En d’autres termes, nos vaillants révolutionnaires et chouhada du devoir, source de notre indépendance, s’étaient trompés. 1954/1962 a été une sinécure, comme celle passée aux frontières attendant le moment propice pour s’approprier l’Algérie : son sol avec les Algériens que nous sommes et son sous-sol avec ses richesses.

Confortablement installés aux commandes du pays, les nouveaux «maîtres» de l’Algérie prennent toutes les commandes de la direction de la Sécurité militaire en la structurant à la mode Oufkir : la société toute entière est étroitement surveillée, dédain envers les vrais moudjahidine et réécriture de l’histoire à leur convenance. Toute voix discordante est vouée aux gémonies. Il fallait attendre Octobre 1988 pour respirer un semblant d’accalmie et d’ouverture. Malheureusement, la «décennie noire» et ses douloureux événements plongeront encore une fois l’Algérie dans la douleur.

1999, nouvelle ère avec des responsables recyclés du défunt MALG en costumes- cravates, bien introduits dans les affaires. C’est le début de la gouvernance par l’offense, par la destruction du collectif et la substitution du citoyen par le croyant. La mythocratie s’installe en profondeur avec un credo : dépenser sans penser en bradant les richesses du pays, idolâtrant le conteneur, se frottant les mains pour le gré à gré et assaisonnant le tout de «tchipa»(4). Juste à titre d’exemple, pourquoi le code des marchés publics a-t-il été amendé au moins sept fois depuis 1999 ? La loi anticorruption n’a-t-elle pas interdit la dénonciation des délits de corruption par le citoyen ? Pour pouvoir le faire, il faut être membre du… conseil d’administration de l’entité dénoncée.

Ainsi, l’impunité est garantie : «Hommes du sérail, enrichissez-vous !», semble clamer ce pouvoir de la prédation. Au lieu d’encourager le libéralisme politique, le régime s’empressa d’aller vers le libéralisme économique sauvage, avec son lot d’oligarques qui «organisent» même la vie politique à travers la «chkara».

Le scrutin et son report

«Si les élections devaient changer les choses, il y a longtemps qu’elles auraient été interdites», me disait Ali Yahia Abdennour du haut de ses 98 ans. En effet, la fraude électorale n’est pas une nécessité, mais un principe. Le chef du moment sait qu’il passera, son unique souci réside dans le taux de suffrages amassés à son avantage, toujours au-delà des 90%, sinon «il rentre chez lui». Le nouveau vice-Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, chargé de mener leur transition, dans une récente déclaration, rassurait les Algériens en leur promettant que cette fois-ci «les élections seront transparentes» ! Une façon explicite de reconnaître l’illégitimité de toutes les institutions. Pour ce qui est du report des élections à une date non arrêtée, cela relève, au-delà de son inconstitutionnalité, de la ruse et de la manigance politicienne. Gagner du temps et se refaire une virginité.

Le destin

Après vingt années d’anesthésie générale, distillée par doses homéopathiques, la jeunesse, qui, quand elle se lève se soulève, sort de son fatalisme imposé et réclame sa «liberté». C’est l’échec de la banalisation de la maladie du Président qui accéléra le processus du recouvrement de la liberté et de la dignité qu’elle procure. Le régime de la prédation et de la faillite, tapi derrière la ligne Morice et qui a remporté la mise en 1962 avec sa communauté d’obligés, a été surpris par cet élan de la jeunesse qui n’a pas connu l’Aqmi ni le FMI, entouré de tout le peuple comme un seul homme.

Le régime, en terrain conquis, n’avait pas prévu le torrent humain qui risque de l’emporter. En ayant détruit tous les mécanismes de la société, empêché l’émergence d’un leadership, il s’est fait piéger. Car les Algériens n’ont pas eu l’occasion d’exprimer leurs angoisses et leurs espérances, ils n’ont en aucune manière pu fixer l’agenda et les priorités, trop longtemps restés en dehors du jeu politique livré aux seuls appareils des partis qui ont leur propre agenda et qui affichent une rupture inquiétante avec la population. L’Algérienne et l’Algérien, toutes catégories confondues, pensent, qu’à une ou deux exceptions près, en Algérie, il n’y a que des partis uniques ! Le pouvoir l’a ainsi voulu.

Et pour cause, l’homme du consensus est devenu l’homme du refus général. Aucun interlocuteur avec qui discuter ou négocier son départ. Et pour notre bonheur, ce mouvement populaire, pacifique et civique n’a pas de tête. Le régime l’aurait décapité. Les hommes de «devoir et non de pouvoir» émergeront, et j’en suis convaincu. Ils mettront fin à cette dictature d’adhésion qui a hypothéqué l’avenir de tout un peuple.

Par Hanafi Si Larbi , 

hanafisilarbi@gmail.com

Post-scriptum :

1- Monsieur le président Macron, soyez rassuré, vous n’aurez pas à vous soucier des boat-people, les jeunes Algériens resteront dans leur pays. Par contre, attendez-vous à des yacht-people à qui vous demanderez, au nom de l’humanité, l’origine, sinon la traçabilité de leur fortune.
2- BHL : chuuuutttt, c’est une affaire de famille.
Notes :
1- Camarilla désigne, avec une connotation péjorative, un groupe de conseillers du prince. Habituellement, ceux-ci n’ont pas de fonctions ministérielles et ne sont pas détenteurs d’une autorité officielle : ils conseillent le souverain de façon informelle.
2- Colonel Hamlet, ancien responsable du MALG et ensuite des services techniques de la SM – interview in Le Soir d’Algérie 23 et 24 juin 2008.
3- Idem
4- Tchipa : terme voulu sympathique pour désigner la désastreuse corruption.
Bibliographie :
1- Fethi Al Db Abdel Nasser et la Révolution algérienne Edition L’Harmattan
2- Hocine Aït Ahmed Mémoires d’un combattant, Edition Sylvie Messinger
3- Leila Benammar Benmansour La crise de l’été 1962 Collection Etudes et documents

http://lequotidienalgerie.org/2019/03/19/du-butin-au-report-du-scrutin-pour-quel-destin/

بن فليس مُتورط في صفقة الغاز السرية لفرنسا


فجّر رئيس الحكومة الأسبق و رئيس حزب طلائع الحريات،علي بن فليس،مساء أمس الثلاثاء فضيحة من العيار الثقيل عندما كشف تفاصيل الخلاف بينه و بين بوتفليقة و الذي انتهى إلى إعلان استقالته من على رأس الحكومة.

بن فليس أوضح أنه في عام 2002 طلب منه الرئيس بوتفليقة تمديد صفقة الغاز لفرنسا بالمجان سرًا دون علم الشعب الجزائري و هو الأمر الذي- على حد قوله- لم يتقبله لأنه خيانة للشعب و أعلن استقالته و بعدها بعام تم تزويد فرنسا بالغاز بالمجان إلى يومنا هذا.

التصريح الخطير لبن فليس و بالرغم من أنه يُريد به توريط الرئيس بوتفليقة،إلا أنه هو الأخر يتحمل وزر ذلك و جزء من المسؤولية،خاصة و أنه كان رئيس الجهاز التنفيذي في البلاد،و بعد إقالته من الحكومة و ليس إستقالته مثلما زعم في ماي 2003، كان أمينًا عامًا لجبهة التحرير الوطني منذ سبتمبر 2003 خلفًا لبوعلام بن حمودة.و مع ذلك لم يكشف المستور و هو ما يعني أنه كان متورطًا من مقدمة رأسه إلى أخمص قدميه و هي خيانة للوطن و للشهداء،و والده الشهيد.

فلماذا سكت بن فليس دهرًا و نطق كفرًا؟ لماذا التزم الصمت لمدة 16 سنة منذ فضيحة صفقة الغاز السرية لفرنسا و تكلم في هذا الوقت تحديدًا؟ ألا يعلم بن فليس بأن الساكت عن الحق شيطان أخرس،و أن تصريحه الآن يُعتبر لا حدث و إذا كان حدث فهو أحد المتورطين في استنزاف خيرات الجزائر بغير وجه حق.

التاريخ لا يرحم , وكل من ساهم أو كان على علم بصفقة الغاز السرية لفرنسا مآله مزبلة التاريخ،و قبل ذلك لا بد أن تتم محاكمته بتهمة هدر خيرات الجزائر و التلاعب بثرواتها و إستنزافها،و الأكيد بن فليس يعلم معنى ذلك و هو المحامي و وزير العدل الأسبق،و بالتالي كان من المفروض علىه تقديم كافة المعلومات و الوثائق للعدالة لتأخذ الأمور مجراها الطبيعي .

عمّــــار قـــردود

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كلاب “الموالاة” تنقلبّ على بوتفليقة


كلاب “الموالاة” التي كانت تنبح دفاعًا عن الرئيس بوتفليقة طيلة 20 سنة،انقلبت عليه و باتت تنبح هجومًا عليه فجأة في محاولة بائسة و يائسة منها لركوب موجة الحراك الشعبي و الالتفاف عليه.

فهناك سياسيين،رجال أعمال و نقابيين و وزراء و رؤساء حكومات سابقين أكلوا من غلة بوتفليقة و نظامه حتى التخمة و في أول منعرج حادوا عن الطريق و تركوا الرئيس وحيدًا في تنكر و جحد واضحين له،و التحقوا بصفّ الشعب الجزائري لكن ليس حبًا في الوطن و الجزائريين و ليس لنزاهتهم أو بفضل صحوة ضمير مفاجئة أو تكفيرًا عن ذنب أو بمعنى أصحّ ذنوب و لكن لــ”نفاقهم” و حفاظًا على مصالحهم الخاصة و محاولة منهم للنجاة من مقصلة التاريخ التي تتربص برؤوسهم.

و لأن التاريخ لا يرحم و الشعب الجزائري لا ينسى، فخلال المسيرات الشعبية السلمية التي جابت كامل ربوع الجزائر منذ 22 فيفري الماضي، حاول هؤلاء “الرخويات السياسية و المالية و النقابية و المدنية” مشاركة الجزائريين في حراكهم الشعبي و التظاهر معهم،لكن تم طردهم شرّ طردة بعد أن فهم أهدافهم و مبتغاهم،من أمثال لويزة حنون، علي غديري،يسعد ربراب و غيرهم.

ومن بين هؤلاء الذين انقلبوا على الرئيس بوتفليقة،نذكر كذلك رئيس الحكومة الأسبق علي بن فليس الذي اتهم بوتفليقة بتورطه بتزويد فرنسا بالغاز الجزائري بالمجان في صفقة سرية و هو الأمر الذي جعله يستقيل من الحكومة،و كان يُمكن إعطاء لكلام بن فليس بعض الاهتمام لو صرح بذلك في آنه و ليس الصمت لمدة 16 سنة و يكشف عن ذلك في هذا الوقت الحساس جدًا و هو ما يُستشف منه أنه محاولة منه لركوب موجة الحراك الشعبي.

و لعلى أكثر الرجال الذين تنكروا للرئيس بوتفليقة و انقلبوا من أشد المدافعين عنه عمار غول الذي كان “شيات” من الطراز الرفيع و قال أنه “مع بوتفليقة حيًا و ميتًا” و هاهو الرئيس لا يزال حيًا و في الوقت الذي هو في أمسّ الحاجة إلى دعم و مساندة رجالاته،تبخّر غول و توارى عن الأنظار و كأنه لم يكن.و نفس الشيء ينطبق على عمارة بن يونس و معاذ بوشارب و بلقاسم ساحلي و عمار سعيداني و جمال ولد عباس و باقي أفراد أوركسترا “التطبيل و التزمير” للرئيس بوتفليقة.

جميع هؤلاء و آخرون كانوا في يومًا من الأيام يعتقدون أن بوتفليقة نبي الله المرسل للجزائريين،لكنهم فجأة كانوا أول من كفروا به و خذلوه في آخر أيامه.

و هناك أيضًا الوزير الأول السابق أحمد أويحي الذي و بعد أسبوع من إقالته من الحكومة طالب السلطة بضرورة الاستجابة لمطالب الشعب الجزائري و هو الذي كان أشد الرافضين لتلبيتها عندما كان رئيسًا للجهاز التنفيذي.

كذلك الناطق باسم حزب التجمع الوطني الديمقراطي، صديق شهاب، الذي كشف أن حزبه كان ضد ترشيح الرئيس عبد العزيز بوتفليقة، لعهدة خامسة.وقال شهاب أن “الأرندي” لم يكن مقتنعًا بترشيح بوتفليقة لولاية خامسة لوضعه الصحي، حيث وصف ترشيح حزبه لبوتفليقة بـ:”فقدان البصيرة”.

و قال شهاب “لم تكن لدينا الشجاعة الكافية للإدلاء بقوة بكل ما كان يخالجنا، لم نكن مقتنعين بترشيح الرئيس وهو في هذه الحالة الصحية”. و أضاف إن “هناك قوى غير دستورية سيرت الجزائر خلال السنوات الأخيرة”.

من جهته قال الناطق الرسمي الجديد لحزب جبهة التحرير، حسين خلدون، “نحن مع التغيير الذي نادى به الشعب و لا نريد أن نكون واجهة لنظام ارتكب أخطأ جسيمة”، و أوضح خلدون بأن الآفلان لا يبحث عن الريادة بل يريد استرجاع حجمه في المشهد السياسي. مؤكدًا على إرادة القيادة الجديدة للحزب في احترام إرادة الشعب في اختيار رئيسه القادم. ” إذا أعطانا الشعب الأغلبية نأخذ الحكم و إذا لم يعطينا القيادة مستعدون للعب دور المعارضة “.

و لا ننسى أيضا،رجال الأعمال الذين حققوا ثراءهم الفاحش في عهد بوتفليقة الذي لم يبخل عليهم بذلك من خلال استحواذهم على كبرى الصفقات و المشاريع العملاقة،لكنهم في الأخير تنكروا له و تناسوا أفضاله الكثيرة عليه.

أما الأمين العام للإتحاد العام للعمال الجزائريين عبد المجيد سيدي السعيد و الذي كان النقابي الوحيد في العالم و طيلة أزيد من ربع قرن الذي يدافع عن مصالح الحكومة ضد العمال فاستحق بامتياز لقب “نقابي الحكومة أو السلطة”،فقد باع الرئيس بوتفليقة بكل نذالة و انقلب عليه و التحق بالحراك الشعبي ليس حبًا في الجزائريين و لكن حبًا في نفسه و في مصالحه الضيقة و الخاصة.

عمّــــار قـــردود

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رجال تسببوا في سقوط بوتفليقة


هل كان الرئيس عبد العزيز بوتفليقة، يتوقع أن الذين تربوا في « حجره » وتمرغوا في « خيره » لسنوات عديدة، سيكونون المعاول التي تهدم حكمه، لبنة لبنة، وتشوّه صورته وهو على قيد الحياة بعد مسيرة « مفعمة » بإنجازات لطالما رافعت لأجلها « الموالاة ».

بعد فوز بوتفليقة بالعهدة الرابعة في 2014، زاد عدد المتهافتين على مساندته والدفاع عنه في السراء والضراء، بل وشتم الجزائريين من أجله، بل وهناك من أخرج نفسه من الملة الجزائرية التي عرفت بالعنفوان والأنفة والشموخ. كانت البداية مع الحليف الاستراتيجي، أحمد أويحيى، الذي بذل النفس والنفيس من أجل الإيقاع بالمعارضة بخرجاته المدوية الإعلامية، والتي كثيرا ما نجح في زرع الشقاق بها في صفوفها، بالعزف على وتر الثقة « المتهلهلة » بين مكونات دعاة الانتقال الديمقراطي.

وكان أويحيى يتحدث في ندواته الصحفية باسم الأرندي أو باسم الوزير الأول، بنبرة الواثقة من أن ما حدث في دول الجوار لن يكون له أي تكرار في الجزائر، وأن الجزائريين جربوا الفوضى والدمار والعنف والعنف المضاد خلال التسعينيات، في حال تجرأ أي طيف من الأطياف الحزبية والسياسية على المطالبة بالتغيير. ولم يكن واردا في ذهن أي جزائري (والسلطة أيضا)، أن 22 فبراير الماضي سيكون بمثابة الشرارة الأولى نحو تغيير طال انتظاره، ومع ذلك ظل الذين يوصفون بـ »صناع القرار » مترددين في تصديق مشاهد المسيرات المليونية.

كما لم يكن « الموالون » للرئيس، يتوقعون بأنهم بـ « ولائهم المغشوش » سيسّرعون السقوط « المذل » لرمز من رموز الحكم، جاء لقيادة السفينة في 1999، ليجسد في الميدان ما رفضه الرئيس السابق ليامين زروال، وإعادة إطلاق مشاريع ظلت حبيسة الأدراج بسبب أزمة التسعينات، مثل المطار الدولي والطريق السيار شرق غرب (الذي خطط له في حقبة حكم الراحل الشاذلي بن جديد)!

كان الرئيس بمثابة المنقذ الذي طال انتظاره، من أجل استعادة الأمن والاستقرار وإنعاش الاقتصاد الجزائري المنهار بسبب كثرة « الحلابة والمصاصين »، واستعادة المكانة في المحافل الدولية، مستغلا في ذلك مفاتيح كان يمسك بها، أهمها مفتاح بوابة قصر الإليزي بباريس، التي ما تزال تعتبر الجزائر امتدادا جغرافيا واقتصاديا لها إلى غاية اليوم!

وفجأة انقلب الرمز إلى عامل للفوضى في البلاد؟ كيف يحدث ذلك، وهو (مثلما تفيد حصيلة أويحيى أمام البرلمان) الذي أعاد الأمن وأحيا الاقتصاد، وأرجع الجزائر إلى مفكرة العواصم الكبرى في الشرق والغرب؟

الجواب: إنهم أفراد الزمرة التي تحيط بالرئيس الذي كان على دراية بذلك، فقد دأبوا على مدار العشرين سنة الماضية، على تشجيعه ومباركة كل قرار يبعد به كل من تسوّل له نفسه مناقشته في أبسط القرارات، ويعاقب بالإقصاء مدى الحياة من المسؤولية الحكومية بسبب تصريح لم يرق للمحيط الرئاسي وجرى تحريفه بتقارير مغلوطة، ليكون القرار في مصلحة فلان وضد علان، وهو ما تم، بدون الاسترسال في الشرح، مع رفيق دربه وزير الداخلية الأسبق يزيد زرهوني الذي كان الوحيد من رفض علانية قانون شكيب خليل المتعلق بالمحروقات.

ومن هؤلاء، عبد العزيز بلخادم، الذي لفّق له رفقاؤه في الحزب، تهمة التآمر على الرئيس بوتفليقة بالإعراب عن طموحه في الترشح للرئاسة إذا ما زهد فيها، فكان مصيره « الإقامة الجبرية » ببرقية بثتها وكالة الأنباء الجزائرية، نقلا عن « مصدر مسؤول برئاسة الجمهورية ». وعلى نفس المنوال، كان مصير وزير الداخلية الأسبق دحو ولد قابلية الذي يقال إنه عارض العهدة الرابعة.

مدح بنكهة انتهازية مقيتة

واستمرت القافلة في السير، ومعها فيلق من المساندين باسم « الموالاة ». فهذا عمار غول رئيس تجمع أمل الجزائر، خرج عن القافلة من دون الاعتبار لشعور الجزائريين بالقول: « أنا مع الرئيس بوتفليقة حيا وميتا » !

وكان هذا « أقوى مدح » سمعه الجزائريون من رجل سياسي، إلى غاية إطلالة وزير الثقافة السابق حمراوي حبيب شوقي وعضو مداومة حملة الرئيس بوتفليقة، أنه « يتمنى على الله أن يقبض روحه في نفس اليوم الذي يموت فيه بوتفليقة ». ولكن ما فعله جمال ولد عباس المطرود من أمانة الأفالان بشهادة طبية شككت في سلامته البدنية (وربما العقلية)، محطما الرقم القياسي في « الشيتة » (الكلمة التي استعملها الرئيس الراحل أحمد بن بلة مطلع التسعينيات)، عندما أعلن ولد عباس « مساندة العهدة الخامسة لبوتفليقة بل وإلى الأبد »، وهي عبارة تعني أن الرئيس سيبقى في الحكم إلى الممات، ناهيك عن خرجات كثيرا ما أساءت إلى الرئيس والدولة والشعب الجزائري، وكانت كفيلة بإشعال نيران السخرية وطنيا ودوليا.

ولعل ما زاد في تعجيل سقوط الرئيس من « عيون الجزائريين » ما كان يثيره ولد عباس وبعض المحسوبين عليه من « الموالاة »، أمثال عمارة بن يونس الذي التحق بالعهدة الخامسة متأخرا، وشكك في استمراريته بعد أن طلب من سلال إعفاءه من تجمع بولاية الشلف (حسب التسجيل الصوتي المسرب للحديث بين سلال وعلي حداد)، إذ كتب التاريخ ما قاله من أن « الجزائر تحتاج إلى عقل الرئيس بوتفليقة وليس إلى رجليه »، وهو كلام يشبه لحد كبير ما قاله الأخضر الابراهيمي مؤخرا، من أن « عقل الرئيس سليم مائة بالمائة لكنه لا يستطيع الكلام »، وهو ما يؤكد كذب ولد عباس على الجزائريين عندما قال بمناسبة زيارة المستشارة الألمانية أنجيلا ميركل للبلاد قبل أشهر: « هل رأيتم كيف كانت ميركل تهز رأسها وهي تستمع إلى الرئيس بوتفليقة، الجميع ينصت له، لدينا رئيس عملاق »، متجاهلا الصور التي بثت في التلفزيون الحكومي وظهر فيها الرئيس بوتفليقة في حالة إعياء وتحدّثه إلى مترجمه بصعوبة. ومع ذلك، ابتلع الجزائريون « بغصّة كبيرة » المؤشرات التي تدل على « هوان الدولة » عند الذين يقتاتون من خيراتها « باسم انتهازية بشعة »، إلى غاية خروج رئيس المجلس الشعبي الوطني منسق هيئة تسيير الأفالان، معاذ بوشارب، معلنا من وهران، أن « الرئيس بوتفليقة مرسول من الله » إلى الجزائريين، مستشهدا بالحديث النبوي الذي يقول إن « الله يرسل على رأس قرن رجلا يصلح للأمة أحوالها ».

وجميع من سبق ذكره، تسابقوا في تكريم الرئيس بوتفليقة بطريقة مشينة، بواسطة « الكادر » إلى أن وصلت بهم « الشيتة » إلى حد تكريم « الكادر » بـ »كادر آخر » في القاعة البيضاوية بالعاصمة بمناسبة « موقعة الكاشير » التي دخلت التاريخ الجزائري من أبوابه الضيقة، والتي أكدها عبد المالك سلال بقوله متأخرا (في التسريب المشهور) « حبسوا علينا التهليل والتبهديل https://www.elkhabar.com/press/article/151884