Du fauteuil de Premier ministre à la cellule d’El-Harrach : Terminus !


Ahmed Ouyahia
Kech teturbadh I chwal  «Toi tu es éduqué pour la violence »/Thebdledh lassel-ik s thejal «Tu as troqué tes origines contre les privilèges »/Amek it tenwidh thagara ? «Comment as-tu imaginé la fin ? (Extrait de la chanson  Lettre ouverte de Matoub Lounès concernant Ahmed Ouyahia)

La fin c’est finalement El-Harrach ! La sentence est tombée  mercredi soir, la scène était déjà préparée et la cellule fut déjà prête depuis un moment. Les Tagarins ont finalement opté pour le sacrifice de ce sinistre et abominable personnage symbole de tous les maux algériens pour sauver le système ébranlé par la Révolution du 22 février. La fin tragique de cet homme est célébrée partout dans la joie et la liesse populaire en Algérie. Un acquis non négligeable de la Révolution et de son Excellence le peuple.

Qui aurait cru qu’un jour cet homme imbu de sa personne et narguant, cet homme qui n’a aucun respect pour les Algériens, serait écroué et envoyé en prison ? Personne ! Gonflé d’arrogance et de mépris, forgé aux sales besognes et aux coups sordides, cet énarque est devenu depuis les années 90  années où il a occupé des responsabilités dans les gouvernements successifs le symbole du trafic en tous genres et de l’injustice : ponction de salaires et des retraites, interdiction de certains titres de presse, poursuite contre les journalistes osant le critiquer, chantage sur les imprimeries, fermeture des journaux, destruction des usines et des emplois, fraudes électorales massives, détournement de fonds publics etc. Il symbolise vraiment dans l’imaginaire algérien un homme au cœur de fer n’ayant aucun respect pour les gens qu’il gouverne. S’il est maudit partout en Algérie, pour la Kabylie d’où il est originaire et pour laquelle il n’a donné que des coups bas et réservé une austérité économique asphyxiante, il symbolise l’homme qui a vendu son âme au diable, un traître que la région n’a jamais enfanté. Il est un renégat et inspire la haine, la nausée et la poubelle chez nombre de personnes.

Il a tout fait pour casser la région et enterrer l’identité amazighe de l’Algérie en allant même jusqu’à faire voter en 1998 à l’Assemblée nationale en tant que chef du gouvernement la loi sur la généralisation de l’arabe, la loi qu’il faut rappeler qu’elle est toujours en vigueur. : «Theghlidh tsar ak-id yughal imm-is thenidh ne3arbuha ! (Tu croyais que tu serais récompensé en disant que nous allons l’arabiser !) lui répondait frontalement et poétiquement Lounès Matoub dans sa chanson lettre ouverte en le déshabillant dans sa critique très affutée. C’était quelques jours seulement après l’assassinat du poète.

Même si personne ne croit vraiment à ces mises en scène militaro-judiciaires offrant au peuple le spectacle des arrestations des plus hauts responsables de l’Etat les uns pour corruption les autres pour complot contre l’armée, les un à la prison militaire de Blida les autres à la prison d’El Harrach, néanmoins sur le plan symbolique c’est acté dans l’esprit des Algériens. L’épisode de thriller Ouyahia ayant terrorisé toute la société algérienne est terminée.

Jamais une arrestation ne fut-ce celle du redoutable général Mohamed Médiene (Toufik) ne fut célébrée dans la joie par les Algériens que celle d’Ahmed Ouyahia, il est l’ennemi numéro 1 de tout un peuple. Autant lui il concentre toute sa haine pour le peuple algérien, autant le peuple algérien le voue aux gémonies. Il est d’ailleurs surnommé l’homme des sales besognes.

Ce soir la Kabylie dormira tranquillement, celui qui ne cessait de l’humilier, celui qui ne l’a jamais épargnée par aucune de ses ruées et ses coups tordus, celui qui fut le grand traître que la Kabylie n’ait jamais enfanté, dormira ce soir en prison et apprendra le principe de la ration. Il saura ce que c’est une ration, qu’il a de tout temps  imposée aux algériens.

Ce soir la Kabylie fêtera démesurément celui qui fut son enfant ingrat et incandescent envers elle. Ce soir les 126 martyrs de la Kabylie peuvent se reposer en paix et se dire celui qui a cassé notre dynamique citoyenne porteuse d’un espoir de changement et des aspirations démocratiques est embraqué dans un fourgon direction la cellule. Ministre de la Justice en 2001 dans le gouvernement d’Ali Benflis sous le premier mandat de Bouteflika et bien placé dans les rouages de l’Etat pour intervenir et arrêter l’effusion du sang en 2001, mais il a préféré le laisser faire.

Ayant mangé sa langue et haineux vers la région qu’il a vu naître et grandir regardait bassement et chichement et sans scrupules les enfants de sa région natale se faire déboiter le crâne et se faire transpercer par les balles assassines des gendarmes sans oser dire ni faire quoique ce soit. Oui, c’est ça la réalité de cette homme, qui au-delà de sa doctrine d’austérité qu’il a infligée de tout temps à son peuple tant dis que lui s’autorisait le luxe et la dilapidation des deniers publics, n’a aucun respect pour la région qu’il a vu naître.

Ce soir le grand chantre kabyle Matoub Lounès qui a décrit on ne peut plus clair ce sinistre personnage abhorré des quatre coins du pays, sans morale et maléfique « a3ryen » (le nu) ne se retournera plus dans sa tombe, car ce nu après avoir été déshabillé par le peuple dans la rue, il vient d’être jeté comme un chien dans un cachot  par les maîtres qu’il servait avec zèle jusque-là. Ce soir, les 3600 cadres jetés en prison par ce braqueur en détruisant leurs familles à jamais peuvent esquisser un sourire. Ce démolisseur de familles est finalement rattrapé par l’Histoire.

Ce soir les Algériennes et Algériens peuvent se régaler en mangeant à volonté des yaourts et régaler aussi leur chien, car celui qui veut les en priver de ce petit dessert ne pourra plus les insulter et leur dire  » affame ton chien, il te suit en parlant du peuple! » Merci fakhamat Echaab (Merci ,Excellence le peuple). C’est terminé et tu n’aboieras plus !  

Auteur Omar Tarmelit

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17ème vendredi de manifestation: «Le peuple veut l’application de l’article 07»


Ce 17ème vendredi de mobilisation populaire consécutif semble avoir un cachet particulier. L’arrestation d’une partie du « gang », dont deux ex-Premiers ministres, semble avoir suscité de « l’appétit ». Les manifestants ont réclamé plus, l’arrestation d’Abdelaziz Bouteflika et d’autres de Khaled Nezzar et l’application pure et simple de l’article 07 de la Constitution qui stipule que « le peuple est la source de tout pouvoir ». Mais, aussi la restitution de biens publics et des fonds volés. Sur des pancartes, on pouvait lire « nous appelons le pouvoir judiciaire à nationaliser les biens volés, à juger toutes les bandes et à protéger les hydrocarbures ». En dépit de l’important dispositif sécuritaire à Alger et ses alentours, les acteurs du Hirak ont investi les rues d’Alger pour exprimer à la fois leur euphorie quant aux dernières arrestations des « symboles de la corruption », mais surtout pour donner et débattre des propositions pour une sortie pacifique de cette crise politique. 

Ce qu’il faut retenir est le fait que les manifestants réclament aujourd’hui encore le départ de ce qu’ils appellent « l’architecte de la fraude, Noureddine Bedoui ». Des manifestants à Alger ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Arrestations bienvenues, départ de Bedoui et Bensalah prioritaire », en exigeant la dissolution des deux partis FLN et RND. 

Un groupe de manifestants a appelé à travers des banderoles la création d’un comité populaire en sélectionnant 2 personnes par daïra, pour les 48 wilayas plus 8 personnes issues de la diaspora. Une vraie assemblée populaire qui soumettra des proposions à travers quatre représentants de l’assemblée à ceux qui tiennent les commandes du pays. D’autres ont plaidé pour la mise en place d’une assemblée constituante, un réseau de lutte contre la répression, pour la libération des détenus d’opinion, et pour les libertés démocratiques. Tout en exigeant l’ouverture d’une enquête sur la détention préventive et les conditions carcérales ainsi que le décès de Kamel Eddine Fekhar. Ils ont aussi plaidé pour la libération de Hadj Ghermoul, les cinq détenus de Ghardiaia, Mohammed Baba Nedjar, Laasaker Bahmed, Khayat Idris, Tichabet Noureddine et Bassim Brahim. Ainsi que le blogueur Abdellah Bennaoum et Louisa Hanoun, dirigeante politique incarcérée à Blida. 

A Constantine aussi l’incarcération, ces derniers jours, de nombreux hauts responsables, dont deux ex-Premiers ministres et autres hommes d’affaires, était en haut des affiches dans les slogans des manifestants en ce 17e vendredi consécutif du Hirak. 

Par une chaleur suffocante, les Constantinois étaient au rendez-vous, hier, en nombre toujours imposant, pour souhaiter la bienvenue à la « Issaba » dans la prison d’El Harrach, et espérer à ce que d’autres responsables, notamment Bedoui, aillent les rejoindre dans leurs cellules. « El Issaba gaël fel Harrach », (tout le gang dans la prison d’El Harrach), « Bensalah et Bedoui le spécialiste de la fraude doivent les rejoindre », « Dégager les 3B », « Bouchareb ya djabane (poltron), le FLN dans la poubelle », criaient d’autres manifestants. Egalement, les manifestants ont scandé d’autres slogans réguliers au Hirak, dont « Algérie libre et démocratique », « Djazaïr Chouhada », « Etat civil et non militaire », ainsi que d’autres chants patriotiques qui ont toujours animé la scène du Hirak, recouverte de l’emblème national, de différentes proportions, porté sur les épaules ou porté haut et fouetté par le vent. Les manifestants continuaient encore à faire le tour de la ville au moment où nous mettons sous presse. « La manifestation va continuer encore et se prolonger jusqu’à la fin de l’après-midi », assurent des manifestants qui rappellent que de nombreux citoyens, dans l’impossibilité de marcher en milieu de journée à cause de la chaleur très forte, ont rejoint le mouvement populaire à 16 heures, et c’est à ce moment que les rangs des manifestants vont commencer à grossir. En tout cas, relevons que la manifestation a été «silmiya» (pacifique) jusqu’au bout. Des marches similaires ont été enregistrées dans différentes wilayas du pays. 

par M. A.

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Sellal, Ouyahia, Amara Benyounès en prison: Le clan Bouteflika décapité


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C’est une première dans les annales de la justice algérienne. Deux ex-Premiers ministres ont passé leur première nuit à la prison d’El Harrach. 

L’inamovible Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal ont tous les deux été placés sous mandat dépôt par le juge instructeur près la cour suprême. Le premier a été mis en prison mercredi dans la nuit alors que le second a été placé en détention jeudi. Les deux anciens chefs du gouvernement sont incarcérés pour des présumés faits d’octroi d’indus avantages dans les marchés et contrats publics, de dilapidation de deniers publics, d’abus de fonction et de conflit d’intérêt. 

Ouyahia et Sellal étaient depuis une vingtaine d’années les soutiens indéfectibles du président déchu, Abdelaziz Bouteflika. 

Ces deux hommes ainsi que tous les secrétaires généraux qui se sont succédé à la tête du FLN depuis 2004, étaient le noyau politique du régime de Bouteflika qui a réussi, grâce à l’argent sale, à instaurer un système de rapine jamais égalé. 

Avec l’incarcération de ces hommes c’est le clan Bouteflika qui vient d’être décapité après avoir été ébranlé par le mouvement du 22 février grâce à une mobilisation citoyenne historique. 

Qui aurait cru que les hommes du président qui faisaient le beau et surtout le mauvais temps allaient un jour répondre de leurs actes devant la justice de notre pays comme de simples justiciables. 

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à l’Algérie. Désormais plus personne ne sera au-dessus de la loi, peu importe sa position. 

En sus du mouvement populaire qui a changé la donne grâce à la mobilisation pacifique, il faut rendre également hommage aux enquêteurs et à l’état-major de l’armée qui ont veillé au grain et qui ont fermé toutes les portes aux « interventions » ou autres « coups de fil » pour influer sur les enquêtes ou faire pression sur les magistrats. Ces derniers, avons-nous appris, ont travaillé en leur âme et conscience sur la base de documents et de preuves et se sont référés à la loi pour mettre sous mandat de dépôt ou sous contrôle judicaire les hauts responsables qui ont défilé devant la cour suprême. 

En effet, les journées de mercredi et jeudi n’ont pas été de tout repos pour le représentant du ministère public ou pour les juges instruction. 

Amara Benyounès, l’ancien ministre du Commerce a été également incarcéré à la prison d’El Harrach, à l’issue de son audition par le juge d’instruction. 

Selon un communiqué de la justice, Abdelmalek Sellal et Amara Benyounès sont poursuivis pour «attribution d’indus avantages dans le cadre de l’octroi de marchés publics et de contrats», «conformément à l’article 26, alinéa 1 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, dilapidation de deniers publics, conformément à l’article 29 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, abus de pouvoir, conformément à l’article 33 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, et abus de fonction et conflit d’intérêts, conformément à l’article 34 de la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption». 

L’ex-ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane a été lui placé sous contrôle judiciaire après avoir été auditionné dans des affaires liées à la corruption. 

Il faut savoir qu’en application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale, le parquet général près la Cour d’Alger avait transmis au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire instruite par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger pour des faits à caractère pénal. 

Ahmed Ouyahia et Abdelghani Zaâlane, selon un communiqué du procureur général, «sont poursuivis en application de l’article 26, alinéa 1 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, pour attribution d’avantages injustifiés à autrui dans le cadre de marchés publics et de contrats», «en application de l’article 29 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, pour dilapidation de deniers publics», «en application de l’article 33 de la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, pour abus de fonction, et en application de l’article 34 de la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, pour conflit d’intérêts». 

Arrestation d’un fils de Djamel Ould Abbès et mandat d’arrêt international contre un autre 

De nombreux ex-ministres et hauts responsables vont défiler également devant le juge la semaine prochaine. Il s’agit, selon un communiqué du parquet général de Amar Tou, Talaï Boudjemaa, Amar Ghoul, Bouazgui Abdelkader, Djoudi Karim, Bouchouareb Abdesslam, et des ex-walis Zoukh Abdelkader et Khanfar Mohamed Djamel. 

Pour les autres qui bénéficient de l’immunité parlementaire, une demande a été déposée par des magistrats, conformément aux dispositions de la loi, afin de sauter ce verrou et juger toutes ces « personnalités » qui jouissent de ce statut depuis des années et qui leur a permis d’échapper à la justice. 

Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat ont renoncé volontairement jeudi à leur immunité parlementaire au terme de déclarations écrites déposées auprès du bureau du Conseil de la nation, a indiqué à cet effet un communiqué de la chambre haute du Parlement. 

«En vertu des dispositions de l’article 127 de la Constitution et l’article 124 (alinéa 2) du Règlement intérieur du Conseil de la nation, MM. Barkat et Ould Abbès ont déposé une déclaration écrite par laquelle ils renoncent volontairement à leur immunité parlementaire afin de permettre la justice d’exercer ses missions constitutionnelles», a précisé la même source. 

L’ex-secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbès n’ira pas seul devant le juge. Deux de ses enfants sont également cités dans une grave affaire liée à l’octroi de marchés alors que leur père était ministre de la Solidarité nationale. 

Le juge d’instruction près le tribunal de Chéraga a ordonné jeudi soir la mise en détention provisoire de l’un des fils de Djamal Ould Abbès, Djamal Omar Iskander Ould Abbès avec deux autres personnes, poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation notamment pour abus de fonction et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle organisée, un mandat d’arrêt international a été requis à l’encontre d’un autre fils de Djamel Ould Abbès, El Ouafi Fouad El Bachir Ould Abbès qui est en fuite, a annoncé le procureur général auprès de la cour de Tipasa, dans un communiqué. 

Djamal Omar Iskander Ould Abbès a comparu jeudi devant le juge, en compagnie de deux autres personnes, Bouchnaq Khelladi Abdallah et Habchi Mohamed poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’abus de fonction, blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle organisée et pour avoir bénéficié d’indus privilèges. 

Une quatrième personne, est toujours en fuite, il s’agit d’un autre fils de Djamel Ould Abbès, El Ouafi Fouad El Bachir Ould Abbès et un mandat d’arrêt international a été requis à son encontre. 

Après avoir auditionné les trois accusés présents, Djamal Omar Iskander Ould Abbès, Bouchnaq Khelladi Abdallah et Habchi Mohamed, le juge d’instruction a ordonné leur mise en détention provisoire au centre de rééducation et de réadaptation de Koléa. 

C’est le grand déballage. L’opinion publique risque d’être choquée les jours qui viennent par l’ampleur de la corruption qui a élu domicile au plus haut sommet de l’Etat. 

par Z. Mehdaoui

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L’attente


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Elections ? Transition ? Constituante ? Rien n’est encore tranché unanimement. Les options sont multiples mais contradictoires. Les campements aussi. La démocratie tend ainsi à prendre une tournure nouvelle recommandant presque son imposition par la force. Des urnes, serait mieux. 

Gouvernement de Bedoui, j’y suis, j’y reste 

C’est ce qui semble se lire en filigrane à travers les différentes assertions dans les discours tant du chef de l’Etat que du chef d’état-major. Certains analystes font état que ce gouvernement va perdurer et aura la tâche de gérer cette période qui ne ressemble ni à une phase transitoire, tant les acteurs sont les mêmes ni à un nouveau staff neutre, neuf et impartial tant ses membres sont décriés. Tout un chacun s’interroge sur ce pourquoi mystérieux et incompréhensible compte-t-on faire des élections avec un tel gouvernement ? Si le spectre de la fraude continue depuis longtemps à habiter les esprits les plus douteux, voire de tous ; les garde-fous et les mécanismes les plus neutralisants peuvent être un moyen de vigilance. Un jour viendra où la fraude, ne pouvant disparaitre à jamais pourra changer de camp. Que l’on y aille et l’on verra. 

Ce gouvernement demeure détesté car il est la dernière signature d’un président absent supplié par une puissance extraconstitutionnelle. Il symbolise le démarrage manqué et raté d’un cinquième mandat. Seulement il ne comporte pas uniquement des adeptes déclarés résolument pour une cinquième magistrature. Il y a, dedans des cadres neutres qui n’ont de tord que d’avoir été des fonctionnaires, secrétaires généraux de ministère, ambassadeurs… les autres qui ont eu à brandir et honorer le cadre sont connus. Ils doivent par humilité, «loyauté» morale et sens de l’honneur tribal ou familial se retirer discrètement et aller vers une autre idolâtrie. La repentance. 

L’histoire de ce peuple retiendra dans ses obscures annexes que la pauvre Bedoui a été le dernier et malchanceux premier ministre, le second conspué et abominé durant le règne de Bouteflika. 

Tout semble rentrer dans l’ordre 

Les cortèges officiels de ministres ont repris le son de leurs sirènes dans les rues d’Alger. Les télévisons qui paraissaient boycotter au début du hirak leurs activités se sont réinvestis en couvrant favorablement ces activités. La vie publique continue à se faire comme à l’accoutumée. Rien n’est paralysé, tout semble baigner dans l’ordinaire, si ce n’était cette répétition de sit-in ou de marches s’exécutant chaque vendredi pendant quelques petites heures et qui s’avèrent fructueux et tenaces au vu des résultats à ce jour obtenus. 

Si les élections resteraient à bon escient l’unique voie de garantir le maintien de l’Etat et s’érigeraient comme l’unique et idoine issue à l’impasse actuelle ; le fait que le pouvoir réel, présidence d’Etat, conseil constitutionnel ou autre force agissante aient eu à les reporter c’est que les conditions de leur déroulement n’étaient pas alors réunies ni accomplies. C’est à peu près come le Bac et les autres examens qui se poursuivent le plus simplement du monde car il y va de l’intérêt des élèves, des parents et de tout le monde. Donc le pouvoir réel en place est déterminé à aller jusqu’au bout de sa feuille de route. Organiser des élections par l’intermédiaire d’une instance déjà toute prête et disponible à mettre juste dans une logique de conformité juridique. 

Une voix qui s’éteint 

Bedoui ne communique plus. Son porte parole qui depuis sa première intervention ne s’est plus montré. Un gouvernement sans voix, sans son. Bavard public à l’accoutumée, il aurait perdu à ce poste tout son verbiage d’hier tout taillé «d’enjeu et de défi» et sur mesure des micros aveuglement tendus. On ne l’a plus revu depuis sa «fameuse» conférence de presse. Les fréquents conseils interministériels qui se consument et s’attardaient dans le panier de ramadhan ou dans la saison d’ouverture des plages sont d’une valeur moindre du niveau dans lequel ils se débattent. Il s’agit de la primauté ministérielle et non pas d’une usuelle commission nationale chargée des affaires sociales. Si l’on continue à présider de telles réunions en ayant toujours le goût nostalgique d’un conseil de wilaya ; les choses se pourriront davantage. Le premier souci de cette équipe refusée d’emblée aurait été de creuser toutes les méninges du comment se rendre un tout p’tit peu légitime et s’inscrire dans l’âme de chaque vendredi. Une communication directe aurait à être catégorique si elle découvrait chez son orateur tout le courage dû aux hommes politiques responsables se mettant au service d’un peuple et non imposé à lui. C’est son effet qui déterminera sans tergiverser, sans se mentir, sans se museler les oreilles s’il faut partir ou non. 

Etre premier ministre n’est pas se contenter et jouir d’être le directeur général du palais du gouvernement. Là, on ne fait pas que nommer et dégommer. Il y a plus consistant. Ecouter le souffle profond qui se dégage de la poitrine d’un peuple resté longtemps étouffé est la mission primordiale quand celle vitale est de penser et d’actionner les leviers à même de desserrer l’étau et d’en trouver la bonne thérapie. 

Ainsi, voir une voix principale s’éteindre c’est que le pays serait vide. Plus d’auditeurs. Plus d’écho. Malgré cela, il signe et persiste sans le vouloir, il aurait certainement voulu jeter l’éponge, il demeure néanmoins silencieux mâchant et remâchant la vie et ses aléas, le destin et ses tournures, le hasard et ses infortunes. 

Le verdict du peuple 

Ce verdict est également divers et diversifié. Chacun y va de son idéologie, de sa position, de son soutien ou de sa réprobation. Les ministres s’habituent peu à peu avec le rejet populaire quant à leur visite dans certaines localités. Il aurait été du devoir du premier ministre de sortir en premier et d’ouvrir ainsi le bal public auquel il s’est longuement acclimaté et dont le mécanisme – au gré du Hirak- ne fonctionne plus comme cette machine bien huilée instaurée depuis des années. Et ces ministres qui prennent, les pauvres la peau de clandestins pour une visite éclair en dehors de leurs bureaux ? Les walis, véritables mécaniciens d’entretien de tous les engrenages fonctionnels ne semblent pas, du moins pour certains, enthousiasmés d’aller plus loin que ne leur recommande leur vision de la chose locale. Le peuple, les populations locales ne tiennent plus à se rendre citoyens dociles, ovationneurs et simples spectateurs. 

Chacun veut recouvrer l’amplitude de sa souveraineté, veut avoir un droit de cité dans sa localité pour dire sa «bienvenue» ou hurler son «dégage». 

Si ses ministres pensent agir au nom de l’Etat , ils ne doivent pas mettre de coté que c’est cet Etat qui les emploie et qui reste au service du peuple, que c’est ce peuple qui fait et défait le dit-Etat. Alors Messieurs, la qualité intrinsèque d’un grand commis de la république demeure infiniment gravée dans l’humilité et la décence, le baroud et le nif. L’on n’a pas à faire dans la violation des cœurs, la conquête des villes ou le rapt des amours. Commencez d’abord par extraire de vos qualificatifs interpellatifs cette formule vomie et maudite de «ma3ali el wazir» ! 

Les ennemis du peuple 

La justice a rendu justice au peuple. Le travail est long et ardu, il doit se poursuivre au bonheur d’une vérité et d’une équité longtemps absentes. Les oligarques, ces «capitalistes» de mauvais goût, ces nouveaux riches d’Algérie, ces parvenus qui d’un rien soit d’un coup de fil du «pouvoir parallèle» ont envahi la terre et dévalisé les banques n’ont plus pignon sur rue. Il ne suffit pas de les mettre à l’ombre, il faudrait mettre à l’abri les fortunes prises, squattées tout en punissant ceux qui ont été leurs relais au niveau central ou local. Ils n’ont pas pour autant baissé les bras et persévèrent à créer un climat de résistance, de tension par une contre-révolution à même de saper non seulement le moral du peuple mais aussi casser de la volonté de ceux qui ont pris la charge de salubrité publique de nettoyer le pays. Ils sont nombreux à se rallier sournoisement à des forces occultes, étrangères, anti-hirak. Certains, qui se vantaient hier d’avoir «said» au bout du fil, se font tous discrets et ne s’affichent plus, la peur du juge au ventre ; ils tentent de donner raison au peuple et vilipender l’ancien régime qu’ils ont eux-mêmes fabriqué, aidé, mis en orbite. Ils sont ceux-là mêmes qui ont presque nommé tous les walis en poste. Ainsi derrière chaque nomination se cache un gros bonnet. Les preuves populaires, la rumeur, les ragots sont pertinents. 

Les ennemis du peuple sont les mêmes ennemis de la patrie. Ils agissent dans la foule, dans les officines, dans les réseaux, dans l’intelligence et manipulent l’histoire, l’actualité et travestissent le vrai et l’authentique. Leur dessein est tout connu, avoir une domination totale des richesses du pays et le mettre à la solde d’autres puissances pourvu qu’ils en tirent de consistantes dividendes. Les chiffres détournés que l’on avance ici et là font étourdir les adeptes du centime et donnent du tournis a ceux qui n’ont de calcul que leur minables soldes. 

Les vendredis ne vont pas ainsi s’éterniser, le peuple ne peut s’en résoudre au silence tant que les cautions préliminaires d’une Algérie nouvelle ne puisent s’éclore et se rassembler. Il fait confiance et ne baisse pas le cri. Il suit et poursuit mais ne bouscule pas. D’une démocratie réelle, sans barbouillage où seule l’expression de la voix aura une haute sacralité, où la violation de toute urne ne sera qu’une profanation. Il s’attache à l’attente.

par El Yazid Dib

Pouvoir cherche peuple à sa mesure


La rupture entre le peuple et le système semble irréfragable. Le divorce et bel et bien consommé. L’antagonisme est à son paroxysme. Les perceptions et approches politiques sont aux antipodes les unes des autres. On ne parle pas le même langage. On communique, chacun à sa manière, sans s’écouter. Pourtant la voix de la raison dit : pour bien comprendre ton prochain accorde toi à son rythme. 

Soliloque la plus part du temps, réfractaire à toute forme d’existence démocratique, le pouvoir est dans une logique antinomique aux aspirations du peuple. Il entend, indubitablement, les stridents cris de colère de ce dernier mais s’obstine à botter en touche, à faire la sourde oreille. Pour sa part, le peuple tend attentivement l’oreille aux discours et propositions des représentants du pouvoir mais, au regard de leur indisposant asynchronisme, de leur dissonance, il les rejette catégoriquement. C’est à peine s’il ne les classe pas dans le domaine de la jactance. Loin d’être à la même longueur d’onde, les deux parties entretiennent un vrai dialogue de sourds. Caricaturalement parlant, nous sommes en situation, inédite, de belligérants irréconciliables. L’un, sans le nommer, se complait à monologuer, à hue et dia, du haut de sa tour d’ivoire pour témoigner à l’autre tout le bien qu’il lui veut, toute l’affection qu’il lui voue, tout en lui signifiant un avis de non recevoir pour l’essentiel de ses revendications : doléances rejetées pour non conformité à l’ordre établi. Attitude on ne peut plus équivoque. 

En résumé, le pouvoir, faisant une lecture de la constitution adaptée à ses desseins, prolonge le mandat du président par intérim, reporte les élections présidentielles et invite au dialogue pour leur organisation dans les plus brefs délais. En claire, il propose une voie de sortie de crise en demandant au peuple de formuler ses revendications en conséquence. Autrement dit, adapter la question à la réponse. C’est comme si quelqu’un vient vous suggérer une solution et vous demande de poser, ou de trouver, le problème qu’elle peut résoudre. Vu sous un autre aspect, cela revient à chercher des solutions à une problématique, au demeurant clairement posée, là où elles ne peuvent résider. Inconséquence qui rappelle l’histoire de l’ivrogne et le lampadaire. Je me fais plaisir de la raconter, histoire de détendre l’atmosphère. Un homme, bien enivré, titubant, semble chercher quelque chose sur un trottoir éclairé par un lampadaire. Remarquant le manège, un passant s’approcha de lui et lui demande : vous avez un problème monsieur ? Non, mais je cherche la clé de chez moi, répond ce dernier. Le gentilhomme se mit alors à chercher avec lui. Ils fouillèrent tous les coins et recoins du trottoir sans résultat. Désespéré, l’homme demanda à l’ivrogne s’il était sûr d’avoir perdu sa clé à cet endroit. Pas du tout monsieur, je l’ai perdue sur l’autre trottoir, répliqua l’éméché. Interloqué, l’aimable sieur lui dit : mais alors, pourquoi vous ne la cherchez pas là où vous l’avez égarée ? Et l’autre qui répond : parce qu’il n’y’a pas de lumière en face, pardi ! Question rhétorique : est-ce la faute de l’ivrogne ou des autorités publiques qui ont laissé un trottoir, de surcroit le bon, sans éclairage ????? 

Le pouvoir ayant cultivé, depuis des lustres, la culture de ‘’ la soumission naturelle » du peuple au souverain, au Zaim, il ne lui vient même pas à l’esprit d’intégrer dans ses mœurs l’idée de souveraineté populaire. Encore moins la notion de pratique démocratique. Les démocrates ne sont pas en odeur de sainteté, sentent forcément mauvais, pour les systèmes totalitaires. Hormis quelques concessions, consenties sous la pression de la mobilisation citoyenne, le régime, en état de fébrilité, répond par une hallucinante fuite en avant. Il s’est sciemment enfermé dans une sorte de ‘’circumambulation » autour d’une constitution triturée à volonté, dénaturée par ses propres promoteurs, devenue obsolète. Dans ce cadre, il invite au dialogue, sous ses auspices bien entendu. Sur le principe, on ne peut qu’applaudir toute prédisposition à la concertation. Honni soit qui mal y pense ! Foncièrement, nul n’est opposé au dialogue en tant que moyen civilisé à même de régler les différends et de résorber les crises. Cependant, on juge du sérieux d’une démarche à l’aune de sa pertinence, de son réalisme, de son objectivité ainsi que du sérieux et de l’efficacité des outils et mécanismes mis, ou à mettre, en branle pour son aboutissement. Au premier chef, il s’agit de savoir avec qui dialoguer, autour de quels sujets, sous quels préalables et qui sera de la partie. Tant que des réponses claires et convaincantes ne sont pas apportées à ces questions, la table des négociations demeurera déserte. L’idée même de dialogue restera utopique. Est-t-il besoin de rappeler qu’une politique non éclairée par la raison et le bon sens conduit de facto au désastre. Son inadaptation aux exigences de la circonstance est généralement patente. En substance, les combats à retardement pour maintenir, ou imposer, une situation contestée, voire exécrée, par la grande majorité sont sans espoir, sans issue. A l’évidence, toute proposition de sortie de crise ne répondant pas aux revendications du Hirak est vouée à l’échec. Si tant est que l’on doit insister, nous répèterons que tous les efforts déployés par les tenants du pouvoir sont vains dès lors qu’ils ne sont pas de nature à gagner le consentement des citoyens. 

Complus dans les cénacles clos du sérail, les caciques du pouvoir et leurs appendices sont dans une logique de déni des réalités du quotidien des citoyens. Leur égoïsme, voire égocentrisme, et leur appétence pour les préséances et privilèges ont fait d’eux des dénégateurs de la misère du peuple, chargés d’arrondir les angles saillants du désastreux bilan du pouvoir, de le rendre positivement lisse et de l’enjoliver pour les besoins de la pérennité du système. Prosaïquement parlant, ce dernier peut être résumé à cette triste trilogie : décadence morale, décadence politique et incompétence. Quoi de mieux pour engendrer la foultitude de maux qui gangrènent la société. Détricoter un tel système, dont l’écheveau est si complexe, conçu dans l’intrigue des cabinets noirs et autres coteries, est une tâche laborieuse. De toute évidence, la plupart des privilégiés du régime, sinon tous, ont des choses graves à se reprocher. Raison, entre autres, pour laquelle ils ne veulent pas lâcher prise, céder le pouvoir, rendre au peuple sa souveraineté. Ils ne sauraient survivre au système. Ils sont en fait pris dans les serres de l’ogre dont ils ont accouché, dans l’insouciance, sans douleur. Pour beaucoup moins grave, l’ancien président Français Charles de Gaulle, très critique envers le régime de la IVème république (1946-1958), dans un courrier adressé à Georges Bidault, homme d’Etat Français, disait à propos des responsables politiques : ‘’ Je les considère, dans le système, comme des prisonniers volontaires, à la façon de ces oiseaux captifs qui refusent de s’envoler quand on leur ouvre la cage ». Le hic avec nos gugusses de responsables, c’est qu’ils ne veulent même pas sortir la cage. 

Les tenants du pouvoir semblent avoir pris définitivement fait et cause pour l’organisation des élections présidentielles dans les meilleurs délais, en faisant fi des exigences du peuple. Est-ce raisonnable ? Outre le ressentiment et la défiance des Algériens envers le système et ses symboles, une élection libre et transparente exige avant tout un climat apaisé et serein. Ce qui n’est pas aisé de garantir sans prendre le temps qu’il faut. L’ampleur et la qualité du soulèvement populaire, l’énorme énergie qu’il a libérée, l’enthousiasme et les espoirs qu’il a suscités, le niveau élevé des revendications qu’il a inspirées, auxquels s’ajoute la complexité sociopolitique, plaident raisonnablement pour une période de transition d’au moins une année. Période durant laquelle un dispositif complet, murement réfléchi, devrait être installé en amont des présidentielles pour en assurer le succès escompté. Les mécanismes y afférant doivent garantir, entre autres, l’accès libre et équitable aux médias et moyens de communication, la neutralité de l’administration, la mise en place d’une instance d’organisation des élections et de proclamation des résultats, indépendante et souveraine, la révision de certaines lois, en particulier la loi électorale, etc. Pour toutes ces raisons, à mon humble avis, vouloir organiser des élections présidentielles dans six mois ou moins n’est point sage, est loin d’être constructif. Il est fort à parier qu’une telle précipitation ne peut que mener au bâclage d’une opération sur laquelle tout un peuple a édifié ses espoirs. Nous déchanterons alors dans la douleur extrême. A ce propos, méditons la citation du philosophe chinois Confucius : ‘’ une petite impatience peut ruiner un grand projet ». 

Le peuple Algérien oppose chaque vendredi son paraphe au bas d’un symbolique parchemin, procès verbal d’assemblée à ciel ouvert, préparé durant les autres jours de la semaine par les étudiants, les syndicats, les associations, les avocats… Le verdict, sans appel, est prononcé, dans une parfaite communion, par plus de quarante millions de citoyens : pas de dialogue avec les résidus du système Bouteflika ! De fait et de jure, le peuple impose petit à petit, mais assurément, sa souveraineté. Il compte bien s’affranchir définitivement, à jamais, d’un système dont il a enduré les affres des décennies durant. Il veut une guérison de cette terrible tumeur, sans rémission possible. Les manœuvres dilatoires des décideurs du moment, et autres fidèles du Bouteflikisme nauséabond, visant à saborder le Hirak, font bien blême figure face à la détermination, inébranlable, du peuple. Elles servent plutôt, à coup sûr, à exacerber la colère des citoyens, à susciter d’avantage de dégoût à l’égard de tout ce qui évoque le système et ceux qui le représentent, à radicaliser les revendications, etc. A ce train, lorsque la crise aura atteint son acmé, son niveau critique, la rupture risque d’être brutale. Les résidus du pouvoir, en déliquescence avancée, n’auront même plus la possibilité de négocier leur départ. Aller à l’encontre de la volonté des citoyens, exprimée par référendums populaires, organisés hebdomadairement depuis plus de trois mois, constitue, incontestablement, un déni de réalité et une violation de la légitimité citoyenne. Face à l’entêtement du pouvoir à vouloir contourner les revendications du vaillant peuple, celui-ci campe sur ses positions et les durcit de semaine en semaine. Il est résolu à parachever son œuvre révolutionnaire et à l’inscrire, en lettres d’or, au registre des fantastiques épopées des nations à travers l’histoire. Quoi qu’il puisse advenir, il est décidé à réorganiser sa vie comme il l’entend et avec qui lui plait. Il en fait un leitmotiv cardinal, une nécessité impérieuse, vitale. Quant au pouvoir, il lui appartient de se plier à la volonté populaire ou de se trouver une populace à sa mesure, ou sur mesure….A bon entendeur salut ! 

par Benabid Tahar *

* Professeur. Ecole Nationale Supérieure de Technologie. 

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5277770

La françalgérie des mallettes: Comment les réseaux français ont pourri l’économie algérienne…


Quand on pointe un doigt accusateur sur les réseaux d’affaires de la « françalgérie », les « sarko-trafiquants », réseaux de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, allié à la pire pègre politique de l’Hexagone, reviennent immédiatement à l’esprit ; encore aujourd’hui largement pointés du doigt pour diverses affaires impliquant des sources occultes de financement, ces réseaux, toutefois, n’ont que très peu de relation avec Alger de 2019. Avec Macron, ces réseaux sont passés à la vitesse supérieure.

En fait, l’expression « françalgérie » renvoie à une autre, son ainée, la « françafrique » et qui désignait, et désigne toujours, de manière fort péjorative, la relation spéciale entre l’Elysée et les dirigeants africains, ou les réseaux d’affaires des Etats africains lorsque certains président ne sont pas disposés à privilégier Paris. Cette relation spéciale s’opère toujours, on s’en doute, au détriment des Etats et des peuples africains. On qualifie aussi ces réseaux de néo-colonialistes, puisqu’ils font en sorte de laisser la France agir dans leur pays comme au « bon vieux temps de la colonisation ». Cette tradition d’entrisme et de manipulation des réseaux d’affaires et des dirigeants africains remontent au général de Gaulle, à la période de décolonisation (1954-1962) et à son homme-lige Jacques Foccart, appelé « Monsieur Afrique », et qui fut pendant de très longues années secrétaire général de l’Élysée aux affaires africaines et l’un des fondateurs de la «françafrique ».

Donc, lorsqu’on use du terme « françalgérie », les revois historiques, politiques et économiques ne changent pas beaucoup, et on demeure toujours dans la conception de la « françafrique ».

Cette « soft » entrée en matière nous permet de revenir à l’essentiel : où en est-on aujourd’hui, à un moment où l’Algérie découvre, lucide et stupéfaite à la fois, comment fonctionnait la « planète Boutef », comment se gavaient ses oligarques et de quels manières et par quels biais les réseaux français prenaient les meilleurs parts ?

Face à cette « françalgérie » insaisissable, restait à débusquer ses réseaux inconnus, les plus récents, les moins connus, ceux qui ont actionné les Bouchouareb, Haddad et notre clique locale. Dans les profondeurs de cette « françalgérie » évanescente existe un univers indescriptible, celui des transferts de fonds et des mallettes d’argent entre Paris et Alger, celui des contrats juteux et des intercessions intéressées.

Avec une remontée spectaculaire des prix du baril sur les marchés pétroliers à partir de l’année 2000, l’Algérie devait engranger sous Bouteflika un pactole de plus de 1000 milliards de dollars ; ce trésor, hélas, devait aussi mettre en chasse toute la meute des prédateurs occidentaux, spécialement français, toujours les premiers à savoir au centime près ce qu’il y a dans notre cagnotte nationale. Avec des projets colossaux lancés, des chantiers ouverts tous azimuts, la chasse aux contrats était lancée et les réseaux d’affaires français allaient carburer à plein régime.

Il n’y a pas très longtemps, nous avions mené une enquête sur l’ascension fulgurante de Renault en Algérie. Parallèlement, nous terminions une autre, de moindre importance, sur la société d’assurance Axa Algérie. Nous n’avions pas abouti, il est vrai, à des résultats décisifs, mais certains points ressortaient et forçaient l’attention, dont principalement, la présence à la tête de ces entreprises de chefs affiliés à des sociétés initiatiques. Presque en faillite à l’époque, Axa a vite fait de renflouer ses caisses en Algérie, dans le même temps où la marque au losange enregistrait des sommets de bénéfices qui dépassaient toutes les prévisions. A la tête de ces deux entités Laurence Boone et Daniel Keller.

L’énigme Axa

La première, économiste spécialisée en macro-économie, était conseillère économique de François Hollande de 2014 à 2016, et avait tissé de solides réseaux en Algérie au profit de Axa, alors défaillante, avant d’aller prendre le poste de Chef économiste, un poste de haut grade à l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE, un organisme international qui observe les échanges commerciaux entre pays. Boone a été désignée au poste stratégique de Chef économiste AXA et sa filiale AXA Investment Managers, alors qu’AXA Algérie était au plus mal et mentionnait dans son bilan 2016, publié par Atlas Magazine, la revue d’information d’Atlas Conseil international (ACI), un déficit de 701,4 millions de dinars (plus de 6 millions de dollars), à fin décembre 2016. Détail à saisir au vol : Boone était membre participant de Bilderberg, comme témoigne sa présence dans ce club hyper-fermée de la haute finance en 2015, aux côtés de l’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso, l’ancien diplomate américain Henry Kissinger (Secrétaire d’Etat sous Nixon), l’ex-patron de la CIA David Petraeus et l’ancien chef de la Banque Mondiale, Robert Zoellick. Sous son aile, Axa Algérie allait retrouver sa brillance et remplir ses caisses, affreusement vides en Algérie.

Le second, Daniel Keller, Grand maitre du Grand Orient de France et PD-G de Renault, pouvait s’adosser à l’entregent et les appuis hyperpuissants des loges. En fait, tous ceux qui font des passages à l’Elysée se retrouvent à la tête de grandes sociétés économiques et partent continuer la même mission d’Etat avec toujours l’appui de l’Elysée. Le même topo est reproduit par exemple avec Julien Pouget, membre du cabinet du chef de François Hollande, partit plus tard rejoindre l’entreprise Total pour de hautes responsabilités. Renault Algérie a enregistré des pics de ventes et des bénéfices jamais égalés sous Daniel Keller, directeur commercial, puis DG de l’entreprise jusqu’à 2016.

La françalgérie carburait sous Sarkozy et Hollande, mais présentait des aspérités et cumulait les scandales. Sous Macron, elle allait prendre des tournures plus insaisissables, moins ostentatoires, mais plus enracinées. Avec Emmanuel Macron, lui-même issu de la banque d’affaires Rothschild, le système des réseaux va se renforcer, s’approfondir et se dilater dans tous les sens, comme expliqué dans « L’ambigu Monsieur Macron » du journaliste d’investigation Marc Endeweld, puis dans son autre livre « Le grand manipulateur. Les réseaux secrets de Macron». Avec « la République des mallettes », de Pierre Péan, cette trilogie livresque pouvait cerner la françalgérie dans certains de ses plans, mais pas dans son ensemble.

Au terme d’une enquête minutieuse, le journaliste Marc Endeweld revient sur les liens que le Président français aurait établis en Algérie et dévoilait le nom de deux oligarques, les hommes d’affaires influents Ali Haddad et Issad Rebrab, qui auraient contribué à renforcer cette françalgérie jamais percée à jour.

Lobbys et agents d’influence

Macron est certainement le président français qui a su utiliser le mieux l’opinion. Utilisée sous forme d’information, entre Paris et Alger pour le seul bénéfice de la France. Pour un homme qui a passé sa vie dans une banque, le souci du gain rapide est naturel. Ainsi, pour affermir son influence sur l’économie algérienne, il a usé d’autres réseaux que la seule finance : les médias. Et pour arracher des contrats juteux, il n’est pas parti se les « arracher avec les dents », pour reprendre une formule chère à Sarkozy, mais il a usé de méthodes plus douces : armes intelligentes pour guerre économique tranquille, serions-nous tentés de dire. Des réseaux non avouables faits de lobbys, agents d’influence, communicants, intermédiaires, intercesseurs, mais surtout de soutiens locaux « sans tablier » et des loges maçonnes. Sa proximité avec Jacques Attali, Drahi et Alain Minc est avérée et assumée.

En Algérie, c’est par le biais d’une certaine presse, qui existe aussi bien en format papier qu’en version électronique et audiovisuel, que les réseaux français ont fait florès. François-Aïssa Touazi est l’un de ces agents français qui aurait agi puissamment pour influencer le cours de l’opinion pro-française en Algérie. François-Aissa Touazi est franco-algérien et fils de harki, assure-t-on en France ; il est aussi cofondateur du think tank CapMena, basé à Paris, et se présente comme un expert du monde arabe. Il a souvent accompagné Emmanuel Macron lors de ses voyages à Alger. Cet ancien «conseiller pour le Maghreb» de Douste-Blazy est aujourd’hui un des pivots centraux de la « Macronie », cette planète autour de laquelle gravitent agents d’influence et membres de l’équipe Macron.

De Touazi à TSA

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Toulouse et de l’École des hautes études en sciences sociales, Marc Endeweld n’est pas psychiatre, et de ce fait, il ne fouille pas dans les consciences, mais dans les documents accessibles. Ainsi, en fouillant attentivement dans le passé de Touazi, il lui trouve un lien de parenté… avec qui ? Avec le patron de TSA, Lounès Guemache. Cela peut laisser interdit mais les faits sont là : si les paroles s’en vont, les écrits restent, dit l’adage. En faisant en sorte de ne pas croire en ce que dit Endeweld dans « Le Grand Manipulateur : Les réseaux secrets de Macron », on fouille à notre tour dans les propres écrits des Guemache depuis une dizaine d’année pour essayer de trouver des pistes ; et des pistes, il y en a plein. Même quand l’un des Guemache était un journaliste anonyme au « Quotidien d’Oran », on lui trouve des affinités avec Touazi. Les Guemache ont été pratiquement les premiers et rares journalistes à avoir fait la promotion de Touazi en Algérie. Déjà, en 2007, sous le titre pompeux « Les grandes écoles françaises bientôt en Algérie » (Le Quotidien d’Oran du 27/01/2007), Hamid Guemache, le frère de Lounès, écrivait d’un ton péremptoire : « L’Algérie se tourne vers la France pour la formation de ses élites. Après la création réussie de l’Ecole supérieure des affaires d’Alger (ESAA) en 2004, les deux pays discutent sur de nouveaux projets. Alors que l’école franco-algérienne de médecine et un Institut supérieur des technologies devraient bientôt voir le jour, ce sont les grandes écoles françaises qui commencent à s’impliquer ». Puis : « Conduite par Aïssa-Alexandre Touazi, conseiller du ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, la délégation a, durant trois jours, discuté avec des écoles algériennes sur de nombreux projets destinés à la formation des élites de notre pays ». Puis enfin de faire parler Touazi himself : « Il y a un véritable engouement de la part des écoles françaises pour établir des partenariats avec les écoles algérienne

C’était il y a douze ans, avant la création de Tout sur l’Algérie (TSA), qui devait vite s’imposer dans le paysage médiatique algérien comme un média incontournable. Avec la création de TSA, Touazi bénéficiera d’une tribune permanente et d’une promotion dont ne se départiront pas les Guemache. Les Guemache étaient aussi les premiers à avoir transcrit de manière correcte son nom : Aïssa-Alexandre Touazi, et non Alexandre-Aïssa Touazi, se conformant à ses pièces d’identité. De ce fait, quand Marc Endeweld affirme que Touazi est cousin des Guemache de TSA, on peut lui trouver des arguments solides.

Ce qui explique dès lors, un peu, mais pas totalement pourquoi le président Macon avait choisi de donner un entretien à TSA, le 6 décembre 2017, alors que ce dernier pliait sous le bras-de-fer qui l’opposait aux autorités algériennes ; en lui donnant un entretien en exclusivité, Macon délivrait au clan Bouteflika un message clair : « Ne touchez pas à nos amis !». En visite de travail et d’amitié à Alger, Emmanuel Macron avait accordé un entretien vidéo à TSA, dans lequel il a abordé la mémoire commune, les visas, l’immigration, et, pour faire simple, il a encensé le rôle de l’Algérie dans la région et a évoqué la lutte contre le terrorisme.

L’entretien n’a pas été uniquement un coup de pub pour Tsa, mais il a permis à Macron de délivrer des messages « dans la rue », à deux mètres de l’historique Milk-bar d’Alger.

Le rôle des télécoms

Chasse gardée par excellence de la « macronie », les médias et les télécoms. On retrouve tout un monde interconnecté entre Alger et Paris, mais qui ne travaille pas, hélas, pour le seul bénéfice de l’Algérie. Au cœur de ce dispositif, figure l’inquiétant Drahi.

Proche des élites économiques et politiques françaises, Patrick Drahi, franco-israélien né au Maroc, magnat des affaires, « phagocyte » directement ou indirectement, par le biais de ses alliés, les télécommunications des pays voisins. Président-fondateur de la multinationale spécialisée dans les télécommunications et les réseaux câblés, principal actionnaire de l’opérateur français Altice France, de Virgin Mobile, de l’opérateur israélien Hot, mais aussi à Portugal Telecom, « Altice Dominicana » et l’américaine « Altice USA ». Drahi est aussi, par le biais de « Altice France », propriétaire de plusieurs médias dont Libération, L’Express, BFM TV et RMC, soit un empire médiatique gigantesque et agressif à la fois, et qui lui permet de faire pression sur n’importe quel Etat.

C’est dans ce sillage que Vivendi envisageait le rachat d’Orascom Telecom Algérie dans le cadre d’une alliance avec le groupe algérien Cevital, avant que la transaction ne soit abandonnée. On avait parlé à l’époque d’une rencontre discrète qui aurait réuni un important membre du conseil d’administration du premier groupe européen de médias et de divertissement, Mehdi Dazi, d’origine algérienne, à Alger, avec Issad Rebrab. Mehdi Dazi a été pendant un certain temps la face visible et agissante de ces réseaux d’affaires affiliés à des entités isréliennes, puisqu’il était aussi connu pour sa proximité avec Naguib Sawiris et… l’israélien Phillipe Hababou Salomon.

Réseaux maghrébins

Dans cette même planète, la « Macronie », aux côtés de Touazi, on retrouve deux autres « cautions » : Nicole Guedj, avocate et présidente de la Fondation France-Israël, et Laurence Haim, ancienne correspondante d’iTélé à Washington, proche de Netanyahou. On se serait édifié si l’on pouvait avoir des informations supplémentaires sur un homme comme Bennalla, qui a été admis pour des missions spéciales dans la Planète Macron. Bennalla a fait plusieurs missions en Afrique et a été cité dans des affaires plus obscures les unes que les autres. Ce Marocain d’origine possédait un entregent assez conséquent dans les pays maghrébins et il a été dans la proximité de plusieurs oligarques algériens en 2017 et 2018. Mais les informations sur sa véritable fonction auprès de l’Elysée fait partie des secrets de l’Etat français, et tout ce que l’on sait sur lui n’est que la partie insignifiante de l’affaire. Benalla a été aussi très proche de Rebrab, par le biais de sa société de sécurité, Velours. Après son éviction de l’Elysée, dans le sillage de l’affaire qui porte son nom, Benalla a été récupéré par le franco-israélien Philippe Hababou Solomon. Comme l’a révélé le journal Le Monde, c’était en compagnie de cet ancien conseiller spécial de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma qu’Alexandre Benalla s’est rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun puis au Tchad. En France, la polémique sur son déplacement avec un passeport diplomatique a éclaboussé l’Elysée, mais les enjeux étaient ailleurs.

En réalité, Benalla travaillait en sous-main pour Solomon. Celui-ci, né en Tunisie de parents juifs, était proche des milieux d’affaires et lui-même était devenu un intermédiaire dans les dossiers politiques et économiques délicats. Ami de Bernard Tapie lorsque celui-ci était au sommet de sa gloire, mais aussi de plusieurs présidents africains, dont l’ancien président centrafricain, François Bozizé, et était même devenu le conseiller spécial du président sud-africain Jacob Zuma. La véritable fonction de Solomon était de défricher le terrain politique et économique pour le Mossad. On le retrouve un certain temps consul de la République Centrafricaine en Israël. Un article de « Jeune Afrique » expliquait avant tout le monde la face sulfureuse de Solomon et comment et dans quelles conditions il avait connu Benalla. Solomon travaille aussi pour le compte du Qatar, en lui ouvrant les portes économiques et politiques en Afriques, au Tchad, et de manière plus générale au Sahel, c’est-à-dire aux portes sud de l’Algérie.

Répertorié dans le fichier des hommes les plus influents entre Paris et Alger, Farid Belkacemi, un franco-algérien qui a fait fortune dans la Bourse, a été un proche de certains patrons d’entreprises algériennes.

Nostalgie de l’ENTV

Arrivés à ce seuil de l’information, on comprend dès lors un petit peu le pourquoi de la frénésie des patrons algériens « adoptés » par les réseaux de la « françalgérie », à monter un média, dans sa version papier, sous le format électronique ou en support audiovisuel. Pratiquement tous les gros bonnets de la place d’Alger ont eu recours à des chaînes de télévision pour se mettre en relief ou former une opinion favorable à leurs idées, ou même à leur propre personnage. La privatisation de l’information par le biais du rachat par les oligarques des grands titres devaient mettre l’information sous le boisseau et maintenir dans le même temps les Algériens en sous-information. Entre 2015 et 2018, des tonnes d’informations, sans aucune utilité, ont dès lors noyé l’Algérien pour opérer un formatage « à la demande ». On comprend aussi depuis lors l’abrutissement quasi-généralisé programmé qui a caractérisé les médias lourds durant ces dernières années, au point de faire renaitre la nostalgie de l’ENTV.

Autre « Monsieur » de la sphère Macron, Maurice Gourdault-Montagne, un diplomate français de carrière et secrétaire-général du ministère français des Affaires étrangères et proche de Driencourt. Ses entrées à Alger auprès des diplomates et des « réseaux utiles » pour la France sont remarquables. Souvenez-vous en, c’était ce Gourdault-Montagne, alertait déjà le « Canard Enchaîné », qui a été accusé d’avoir permis la présence du très controversé Alexandre Djouhri à un diner donné en l’honneur de Macron, lors de sa visite en Algérie. Plus tard, on dira faussement que Macron n’a pas aimé la présence suspecte de Djouhri, homme-lige et champion des intercessions secrètes au profit de la France en Algérie. Mais l’ambassadeur français, Xavier Driencourt dira quand même : « Je reconnais que je n’ai pas fait preuve de discernement dans cette affaire dont je ne suis pas très fier. J’ai juste accepté la proposition de mon ami M. Gourdault-Montagne. ». L’affaire sera bouclée rapidement, car l’Elysée a toujours reconnu en aparté que Djouhri a rendu d’inestimables services à la France, pour reprendre Dominique de Villepin. Pourtant, l’office anticorruption chargé de l’affaire des financements libyens avait transmis dès le mois de décembre 2016 à la Direction de coopération internationale (DCI) du ministère de l’intérieur « une demande aux fins de confirmer les éléments de localisation d’Alexandre Djouhri en Algérie, en vue de solliciter son interpellation par les autorités algériennes ». Mediapart en donnait l’alerte dans le sillage du « Canard Enchaîné ».

Du Medef au FCE

Seules les investigations contenues dans les ouvrages cités, « L’ambigu Monsieur Macron », ou «Le grand manipulateur. Les réseaux secrets de Macron» de Marc Endeweld, «Un Etat dans l’Etat» de Sophie Coignard, ou encore « la République des mallettes », de Pierre Péan, ainsi que certains articles de presse de journalistes qui ont fait un travail sérieux, ont pu laisser entrevoir ce monde opaque : univers glauque, acteurs insaisissables et plans secrets. La partie qui demeure sous l’eau est plus inquiétante encore, bien que les frémissements de surface renseignent sur les vibrations menaçantes des profondeurs.

Proche de la « macronie », le Mouvement des entreprises de France (Medef) agit en véritable catalyseur des réseaux d’affaires algéro-français. Ayant totalement infiltré le FCE algérien, à qui il a soufflé l’idée d’en faire un syndicat patronal, le Medef, qui se réclame de 750 000 entreprises adhérentes, possède une influence considérable dans le débat social français, en se posant comme le porte-parole des entrepreneurs français auprès de l’État et des organisations syndicales.

Les multiples visites de ses principaux représentants en Algérie témoignent d’une influence significative auprès des ministres algériens successifs, notamment ceux de l’Industrie et du Commerce extérieur

Le côté inquiétant de ce Medef est que ces chefs sont dans leur majorité affiliés des loges maçonniques, et par ce biais, leur puissance agissante, aussi bien dans les affaires que sur le débat social algérien est en même temps très forte et quasiment invisible.

Sous le titre de « Paris : 40 000 frères y infiltrent les grands groupes, les syndicats et la haute administration », Capital, dans son édition du 9 février 2010, dévoilait des chiffres ébouriffants su la capacité d’agir « de 40 000 maçons », dont « les plus puissants sont installés au cœur des institutions de la République, de la haute administration et des grandes entreprises ». Et de citer les pontifes des loges parisienne, dont certains, comme nous allons le constater, sont connus pour leurs affinités avec des patrons algériens ; nous citerons Bertrand Delanoë, le maire de Paris, affilié au Grand Orient de France (GODF), Jacques Dermagne, président du Conseil économique et social depuis dix ans, plusieurs membres du gouvernement, comme Brice Hortefeux et Patrick Devedjian, etc. « Les frères n’ont pas hésité non plus à investir les organismes patronaux, affirme Capital. Le Medef et la CGPME en sont de véritables réserves. A titre d’exemple, 20% environ des membres de la GLNF seraient chefs d’entreprise ».

Au temps de Sarkozy, le Medef était plus présent en Algérie par le biais de ses chefs, alors que Macron préfère la discrétion absolue de ses seuls collaborateurs, qui, eux, font tourner la machine économique par le biais des réseaux d’affaires.

Ce même réseau Medef, qui joue très souvent le rôle d’interface entre Alger et Paris, encourage les officiels algériens, ainsi que les chefs d’entreprise à s’installer en France. Les facilitations auxquelles accèdent ces patrons algériens dans leur souhait d’acquérir un bien immobilier, renseignent sur leur « prise en charge » par la France officielle. Rien ne leur est interdit, tout leur est toléré. On n’est plus alors regardant sur la provenance des millions d’euros entre les mains de ces Algériens, alors qu’ils ne possèdent aucun commerce dans l’Hexagone, ni en Europe pour justifier les sommes faramineuses entre leurs mains et qui servent à ficeler vite la transaction. De ce fait, et donnant-donnant, les facilitations d’accès au logement VIP à Paris impliquent des concessions en Algérie, sur le dos du Trésor public, il va sans dire, par le biais de connivence et de complaisance dans l’octroi de contrats et de concessions…

L’investissement du culte

Comme nous l’avions à peine effleuré au début de l’article, sans y prêter attention, le sujet des patrons « initiés à la lumière » est un sujet aussi inquiétant que tabou. Il serait judicieux, puisque nous y sommes, d’aller faire un tour de ce côté précis. A Marseille, la loge « Bélisaire », qui a fonctionné en Algérie pendant très longtemps, et qui n’a été mise en sommeil qu’en…1984, retrouve ses marques et séduits les Algériens dont beaucoup de chefs d’entreprises sont soit des membres à part entière, soit des membres « sans tablier », c’est-à-dire qu’ils servent la cause sans qu’ils y soient admis. A Alger, les diners des élites économiques et des médias avec la fine fleur des salons parisiens font florès. Et ça magouille « en toute convivialité ». Le Rotary Club d’Alger en est un. Présent en France à travers 950 clubs réunissant 34 000 membres dont des dizaines d’Algériens, ses avatars algériens font le jeu économique des Français à leur insu très souvent, et s’insèrent dans ce monde de la haute classe sans en connaitre les objectifs. Plus souvent engouffrés dans ce type de clubs fermés par souci de frimer ou de faire des rencontres d’affaires, ils ne jugent pas utiles de remonter plus haut dans les grades des loges pour en savoir plus. Ce type de réseaux avait infiltré les élites jusqu’à atteindre pratiquement la proximité de la présidence de la République.

Mais, on n’ira pas jusqu’à citer tous les noms des rotariens algériens. Pour le moment, ils disent (et il faut avoir la faiblesse de croire qu’ils disent vrai) professer la convivialité et l’élitisme ; et ce n’est pas une transgression de le faire. Mais ces femmes et hommes rotariens seraient plus édifiés de connaitre leurs pontifes occultes, ceux qu’on qualifie de Maitres Supérieurs, et leurs objectifs avoués et occultes. Nous sommes bel et bien face à un monde glauque et inquiétant dont nous allons vite fermer la porte. Ceux qui préfèrent rester en dehors de la matrice et apprendre plus, il y a des choses à connaitre, des squelettes dans les placards à retrouver et de l’argent du Trésor public algérien à récupérer. Pour ceux qui pensent qu’il y a du rose dans le noir des réseaux français, alors autant leur dire tout de suite que cet article ne leur était pas destiné. Qu’ils retournent dans la matrice, allument la télé et regardent un match de football, puis un film d’action, puis qu’ils se gavent de sucreries et d’infos people. Le monde sera tellement tranquille avec eux…

Le fonctionnement des réseaux d’affaires entre Alger et Paris mérite bien plus d’attention que ces bribes d’informations glanées au prix d’efforts assidus. Chaque empan de vérité gagné sur la conspiration du silence permet à l’Algérie, sinon de récupérer ses milliards de dollars, au moins de faire en sorte que la prédation contre les Algériens cesse…

Par Zoutale F.

http://bourse-dz.com/la-francalgerie-des-mallettes-comment-les-reseaux-francais-ont-pourri-leconomie-algerienne/

Le Kremlin désavoue sa police corrompue et libère un journaliste


Le Ministère de l’intérieur a reconnu des bavures grossières dans l’arrestation d’un journaliste d’investigation. La mobilisation massive de la société civile a fait plier l’appareil répressif

La société civile et la communauté des journalistes russes ont remporté hier une rare victoire contre l’appareil répressif russe. A la surprise générale, le Ministère de l’intérieur a décidé d’abandonner toutes les poursuites contre un journaliste d’investigation accusé de trafic de drogue. A la suite d’une vague de protestations, Ivan Golounov, 38 ans, a été libéré de sa résidence surveillée.

Dans un message vidéo, le ministre de l’Intérieur Vladimir Kolokoltsev a annoncé la fin des poursuites pénales «en l’absence de preuve de son implication dans un crime». Plus surprenant encore, il a suspendu les policiers ayant mené l’enquête et limogé deux hauts responsables de la police à Moscou, le général de brigade Andreï Poutchkov et le chef de la lutte contre la drogue Iouri Deviatkine. Une sanction rarissime à l’encontre de haut gradés depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000.

Corruption dans les services funéraires de Moscou

La police avait arrêté Ivan Golounov le 6 juin sous l’accusation de «trafic de drogue à grande échelle», pour laquelle il risquait jusqu’à 20 ans de prison. Le journaliste et son entourage ont immédiatement nié avec virulence les accusations, accusant la police d’avoir illégalement glissé de la drogue dans ses affaires et son appartement. Juste après son arrestation, le détenu a suggéré qu’il était la cible d’une vengeance provoquée par son enquête sur la corruption dans les services funéraires de la capitale russe. Son rédacteur en chef Ivan Kolpakov a confirmé qu’il recevait des menaces depuis plus d’un an à cause de son activité professionnelle.

Le lendemain, son avocat a déclaré qu’Ivan Golounov avait été frappé lors d’un interrogatoire. Un médecin a constaté qu’il avait plusieurs côtes cassées et souffrait probablement d’une commotion cérébrale. Des irrégularités dans l’enquête ont rapidement émergé. Les photos publiées par la police pour prouver la présence de drogue chez le journaliste ont été prises ailleurs. Les empreintes digitales trouvées sur le paquet de drogue n’appartiennent pas à l’accusé mais à plusieurs personnes non identifiées. Ce qui n’a pas empêché Rossiya24, une chaîne d’information en continu, d’accuser dans un «reportage» Ivan Golounov d’aller se fournir en drogue dans les pays baltes, pour revendre sa marchandise dans «les clubs gays de Moscou». Destinée à diffamer, la séquence a ensuite été supprimée du site internet, mais Rossiya24 n’a pas présenté ses excuses.

Des enquêtes minutieuses

Respecté pour ses enquêtes minutieuses, publiées par le site indépendant Meduza.io, sur la corruption autour du maire de Moscou, Ivan Golounov a tout de suite reçu un très large soutien de la communauté journalistique. Des centaines de confrères russes ont manifesté sans relâche pendant cinq jours devant les commissariats de police du pays et jusque devant le tribunal de Moscou où leur collègue a été inculpé samedi. Des vedettes du rock et du cinéma russe ont pris sa défense, rejoints durant le week-end par une poignée de journalistes pro-Kremlin. Lundi, trois grands quotidiens ont publié une même une, portant les mots «Je suis/Nous sommes Ivan Golunov».

Emmanuel Grynszpan, Moscou

https://www.letemps.ch/monde/kremlin-desavoue-police-corrompue-libere-un-journaliste