في شرعية جمهورية الفساد


الشعب وضع الحكومة تحت الإقامة الجبرية في قصر الحكومة إلى حين النظر في ها! و الوزراء لا يريدون فهم هذا القرار من صاحب القرار الشرعي الوحيد وهو الشعب….لأن الوزراء لم تبلغ مدارسهم العقلية والقانونية هذا المستوى من الفهم للقانون والدستور والشرعية !                                    -هل من القانون والدستور والشرعية أن يعين رئيس مستقبل أعضاء حكومة وهو في حالة استقالة…الشعب فهم لا شرعية هذه الحكومة ولهذا ثار ضدها ومنعها حتى من مغادرة رئاسة الحكومة لأي عمل كان!                                                     -البلديات و الولايات فهمت لا شرعية الحكومة، وحتى القضاة وبقية الأسلاك الأخرى فهموا لا شرعية الحكومة، ولهذا رفضوا تنفيذ تعليماتها بخصوص تنظيم الإنتخابات. مازال فقط الشرطة والكرم اللذين لم يفهموا بعد أن هذه الحكومة غير شرعية ولا يمكنها أبدا أن تسير البلاد،وقد نحتاج إلى حدوث كوارث، لا سمح الله، كي يفهم هؤلاء بأن الشعب صمم على استرجاع حقه في تعيين حكامه بالطريقة التي يراها مناسبة. – رئيس الدولة والوزير الأول اللذان يطرد الشعب وآراءهم..هل بقيت لهما ذرة من الشرعية والكرامة حتى يتمسك بمنصبيهما ؟! لا تكفي حجة أن هؤلاء لا يستقلون خوفا على مصير البلاد من الفراغ… لأن الفراغ حاصل الآن وهم في كراسيهم ؟! بن صالح الذي عين من طرف برلمان السارق والخلافات…هل يجوز له أن يقدم استقالته لأفراد العصابة التي ترتع في البرلمان بالمال الفاسد بحماية بالحصانة البرلمانية ؟! والحال أن الدرك والشرطة والقضاء يتابع هؤلاء في قضايا فساد وهم ممنوعون من مغادرة البلاد…نواب تحت الإقامة الجبرية و يعطون الشرعية لرئيس الدولة ؟! هذه الحالة لا توجد في التاريخ البشري إلا في رواية « الملك الحائر » لتوفيق الحكيم رحمه الله…حيث تمسك الملك الحائر بحرفية الشريعة في إخراج حكمه من حالة اللاشرعية،فوجد نفسه مملوكا من طرف مومسة المملكة..حيث أجبرت العمومية جلالة الملك على الإقامة في ماخورها، لأنها اشترته بحر مالها ورفضت عنقه ليعود إلى الملك..قائلة :من هو المجنون الذي يملك الملك ويتناول عنه لصالح شرعية المملكة ؟! حالنا هذا مع شرعية بن صالح وزمرته تشبه حالة الملك الحائر في مملكة الفساد ؟!  بقلم : سعد بوعقبة جريدة الخبر ، الأربعاء 17 أفريل 2019.

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De l’agent orange étasunien au Roundup européen : Le Vietnam poursuit sa lutte !


Le Vietnam vient d’interdire sur son sol l’usage du célèbre glyphosate, fleuron du géant euro-étasunien Bayer-Monsanto, mieux connu sous son nom commercial Roundup. Cette décision, dans le sillage de la résistance de l’agro-écologie cubaine contre l’agrobusiness depuis les années 2000, s’inscrit aussi dans une politique nationale qui avait déjà infligé à Monsanto une première défaite juridique concernant le funeste « agent orange », puissant désherbant jadis utilisé dans le génocide étasunien des vietnamiens (plus de trois millions de victimes atteintes de cancer jusqu’à aujourd’hui dans le pays). Monsanto a d’ailleurs été condamné à verser des indemnités aux victimes.

Bayer-Monsanto, d’autant plus vorace qu’il est désormais quasiment seul sur le marché mondial, ne se laissera pas faire et s’apprête à déposer des recours contre le Vietnam auprès de l’OMC pour lui infliger des sanctions économiques.

La firme est d’ailleurs engagée dans une véritable guerre médiatique pour cacher les effets néfastes de son produit phare, avec la volonté de « ne rien laisser passer » (« Let nothing go », mot d’ordre d’une véritable contre-offensive planifiée dans les documents internes à Monsanto, dévoilés en 2017 par les “ Monsanto Papers ”). Deux plaignants atteints de lymphomes ont eu récemment gain de cause (aux EU et en France) contre Monsanto, avec des effets médiatiques qui ont déjà bousculé le géant… pendant que 4000 cas sont encore en attente de jugement !

Le centre de cette contre-offensive, dévoilé par les “ Monsanto Papers ”, oppose l’OMS qui avait classifié en 2015 le glyphosate comme « cancérogène probable » (effets avérés sur les mammifères de laboratoire mais pas encore sur l’homme) à l’AEPC (Agence Européenne de réglementation des Produits Chimiques). Cette dernière, qui a déclassifié le désherbant en 2017, s’appuyait en effet sur des résultats d’analyse dont les auteurs ont travaillé dans le privé pour Monsanto ! Un conflit d’intérêt qui en dit long sur les lobbies européens sans scrupules qui, par la voie de pseudo-organismes officiels, piétinent les intérêts de la population pour répondre aux exigences de profit maximum des grands monopoles de l’agrochimie. A plus forte raison quand la firme en question devient « européenne ».

Désormais, on observe en Europe et en France une puissante campagne médiatique pro-roundup tout à fait opportune à l’heure du rachat de Monsanto par Bayer : Les vieux engagements d’interdire le roundup, y compris celui de Hulot et Macron en France, sont successivement abandonnés dans les Parlements, au nom d’une soit disant impossibilité pour les agriculteurs de mettre en place des stratégies alternatives sur le court terme. Il faudrait au minimum un « délai » de plusieurs années… pendant lequel les avocats de Bayer auront largement le temps d’innocenter leur roundup ! Le Sri lanka qui avait par exemple tenté en 2015 une interdiction du produit sur son sol a fini par revenir sur sa décision l’année dernière…

Impossibilité ? Alors pourquoi des pays comme Cuba et maintenant le Vietnam, sont en mesure de l’interdire sur le champ ? N’est-ce pas l’aveu que les tergiversations occidentales et notamment européenne et française sur le glyphosate ne sont pas le fait d’un soucis pour les paysans mais bien d’un travail particulièrement actif des lobbies de l’agrobuziness dans des régions (Europe et EU) toujours leaders de l’agriculture intensive ? D’ailleurs pourquoi son usage est-il désormais interdit pour les particuliers alors qu’il continue d’être le produit « indispensable » pour les agriculteurs (700 000 tonnes utilisées chaque année dans le monde) ? On trouve le produit partout, dans nos assiettes (un produit sur deux selon l’ONG Génération Future) mais aussi dans l’eau, dans l’air…

En réalité les lobbies du glyphosate jouent sur les mots : effectivement la dose de glyphosate que nous ingérons en tant que consommateurs est sans doute peu toxique, mis à part pour les femmes enceintes et les nourrissons. Mais le problème se pose bien plus concrètement pour la santé des paysans eux-mêmes (les cas qui ont eu gain de cause contre Monsanto sont d’ailleurs des producteurs et non des consommateurs) et sur la qualité des sols cultivés.

On sait maintenant quels sont les effets destructeurs historiques de l’agriculture intensive (d’inspiration euro-étasunienne d’après-guerre) sur la fertilité des sols, niant l’aérobiologie au profit d’une mécanique et réductrice « agrochimie » tuant progressivement la vie des sols et des agrosystèmes qui nous nourrissent. Même sur ce plan les mouvements politiques dits « écologiques », quand ils ne remplacent pas purement et simplement les intérêts de classe des producteurs par ceux de nébuleux « consommateurs » (ne sont-ce pas les mêmes ?), accusent simplement le roundup de mettre les abeilles en péril, mais jamais la vie, la fertilité naturelle des sols cultivés eux mêmes, c’est-à-dire de ce qui concrètement nous nourrit tous ! Cette inversion des logiques de lutte, qui table sur des boycotts de consommateurs « décroissants » contre une lutte visant à promouvoir des alternative productives à l’agrochimie (comme c’est le cas à Cuba aujourd’hui avec les succès que l’on connait), nuit concrètement à « l’écologie » en l’opposant à la lutte de classe mondiale pour la souveraineté et la liberté des peuples à choisir leur propre voie (c’est actuellement le cas au Vietnam). Elle ouvre le flan aux « arguments » économiques des Bayer-Monsanto. Le chantage se fait déjà sentir par la voix du ministre américain de l’agriculture Sonny Perdue, notoirement lobbyiste pro-Monsanto, qui vient de déclarer « Nous sommes déçus [de la décision d’Hanoï] qui va avoir des effets dévastateurs sur la production agricole mondiale (…) Si nous voulons nourrir dix milliards de personnes en 2050, les agriculteurs du monde entier doivent avoir accès à tous les outils et technologies à leur disposition ».

Or c’est bien la souveraineté nationale des pays qui ne se soumettent pas à l’impérialisme, y compris sous sa forme agro-industrielle, qui est ici en jeu, et non d’abstraits et nébuleux engagements « mondiaux » jamais suivis des faits et toujours orientés dans l’injonction aux pays du sud à ne jamais se développer. C’est ainsi que Cuba socialiste pose la question. Et c’est visiblement dans ce sillage que s’inscrit le Vietnam actuellement. C’est plus généralement dans un combat résolu contre l’Union Européenne, fourmilière de lobbies en tous genres uniquement destinée au profit maximum de ses grands monopoles impérialistes et contre les intérêts vitaux des populations intra- comme extra-européennes, qu’il faut se placer pour réaliser des avancées concrètes en matière d’écologie, et non « en coopération avec l’UE » comme le clament unanimement les parties « verts », de collaboration de classe, dans les pays capitalistes.

Guillaume SUING

»»https://germinallejournal.jimdo.com/2019/04/12/de-l-agent-orange-us-au…

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LE MILITARISME ET LA SOLITUDE DE LAHOUARI ADDI


N’ayant jamais cessé de vibrer, sa fibre patriotique vient d’entrer en phase d’ébullition, trempée dans le sang des écorchés vifs, sa plume est devenue inconsolable ; il refuse d’abdiquer, il se débat et se démêle comme il peut, mais à l’instar de la plus belle femme du monde, Lahouari Addi ne peut offrir à sa patrie que ce qu’il a (1-3).

Le despotisme et la barre de la solitude

Sans doute appréciés et même admirés, ses écrits passent toutefois carrément, non pas à côte, mais au-dessus de la plaque, sans atteindre les objectifs assignés, ni provoquer les effets escomptés. Incapable d’appréhender un épineux décalage vertical, Mr Lahouari Addi doit s’incliner devant un postulat cinglant : « Quand la barre politico-intellectuelle d’une nation, descend en-deçà d’un certain niveau critique, il devient alors extrêmement difficile, sinon impossible, de la remettre à sa place ! » Devenant alors incontournables, le parasitage et l’imposture ne se contentent plus d’agir comme des entraves, mais détournent les cercles de décision et de réflexion ; et du coup, l’excellence se retrouve éjectée hors du spectre audible pour virer en overdose indésirable.

Le contraste étant un élément essentiel de la perception, l’attribut humain le plus affligé par la solitude, est mieux caractérisé collectivement. Que le groupe de n individus excellents soit réel ou juste fictif, par définition, chaque élément est sereinement convaincu qu’il occupe le nième rang, la qualité de la compagnie étant trop précieuse pour concéder une quelconque chance à la rivalité.

En mode despotique souple, les cris de détresse de Addi ne sont pas fatidiques ou passibles d’emprisonnement, mais juste inaudibles et ses prescriptions irrecevables. Les régimes militaires soft s’auréolent d’une façade civile, avec un personnel et un Président agissant et sévissant en soldats privilégiés. Forts de leurs atouts persuasifs, les militaristes tiers-mondistes taillent une classe politique sur mesure, pour constater ensuite, avec regret, qu’elle est impotente, et qu’ils ne font que répondre à l’appel du devoir en accordant leur tutorat. Le militariste radical se voit alors bien inspiré d’extrapoler que tous les politiciens civils sont médiocres, sinon des traîtres en puissance. Et avec une petite surdose d’orgueil, tout signe de sagesse ne serait qu’un symptôme de faiblesse ou de manque de virilité.

« Il n’y a d’histoire digne d’attention que celle des peuples libres. L’histoire des peuples soumis au despotisme n’est qu’un recueil d’anecdotes. »  (De Chamfort)

Quant à l’intellect militaire, il est souvent le premier à payer les frais du militarisme despotique, tant il peine à décrocher un droit de cité, et dépasser les horizons carriéristes, pour prétendre à un quelconque rôle de proposition. L’anniversaire de la tragédie du crash de Boufarik et ses 257 victimes, arrive tristement, mais à point nommé, pour rappeler que les interrogations et les inquiétudes légitimes autour de la maintenance préventive de nos avions militaires, ne peuvent hélas même pas être sereinement débattues entre Algériens. Le nombre de victimes est atterrant, mais c’est le nombre d’accidents qui interpelle le plus. La confidentialité est compréhensible, mais la retenue systématique de toutes les informations ne rassure pas.

Si les œillères militaires facilitent la marche droite et disciplinée des troupes, elles ont, en revanche, toutes les chances de rater les tempêtes latérales dont elles s’auto-infligent le contrôle qui n’est pas le leur. Et si à ce patriotisme zélé se greffent les sirènes de la corruption et l’bénédiction de la main étrangère, le militarisme finit, à l’Egyptienne, par instaurer un système à deux collèges, d’autant plus abject qu’il s’érige à l’insu d’une partie de ses bâtisseurs, et d’autant plus irréversible qu’il compromet tous ses clients. En se sentant coupable, un tyran se radicalise, et toute idée d’abandon du trône devient plus traumatisante et davantage inenvisageable ! Ah ce maudit postulat de la barre critique de l’irréversibilité !

« Diriger une armée en temps de paix est une tâche délicate qui, si elle n’est pas accomplie avec lucidité et caractère, et loin des démagogies, risque de détruire un pays de l’intérieur aussi sûrement qu’une agression barbare. » (René Victor Pilhes).

Origines et perspectives du militarisme

Wikipédia (3) suffit pour éclairer les novices comme l’auteur. Et sans surprise, la noblesse des thèses fondatrices du militarisme est confirmée. Le principe de base est que l’armée est le meilleur outil au service d’une nation. Les arguments du plus fort étant toujours les mieux accueillis, sinon les plus écoutés, un potentiel militaire conséquent et continuellement amélioré, permet d’entretenir une paix armée avec les voisins, et, au besoin, de ramener à la raison une population indocile.

Tout comme le putschisme, le militarisme zélé est un abus de pouvoir et un manquement aventuriste à la responsabilité. Dans les pays anciennement colonisés, le militarisme s’appuie sur le populisme d’une prétendue légitimité historique ou patriotique, permettant généreusement à l’opportunisme et l’infiltration de réconcilier d’authentiques baroudeurs avec des faux moudjahidine et des courtiers du colonialisme résiduel. Il décrète l’état d’alarmisme permanent pour assujettir la société et adopter une politique d’armement disproportionnée. La force militaire acquise demeure toutefois très relative, car à la merci des vendeurs d’armes, et s’accumule au détriment de la puissance nationale globale, basée sur un développement frontal, incluant les autres secteurs, politique, économique, culturel, touristique, scientifique, diplomatique …

Et ce sont précisément les pays qui se sont débarrassés des régimes féodaux et purement militaristes, qui ont pu réaliser des percées technologiques significatives, pour se doter d’armées modernes et professionnelles, couvertes par une industrie militaire de pointe. La Russie est certes une exception de success-story du totalitarisme en matière d’armement, mais le nombre de mauvaises copies doit dissuader de miser gros. La Russie Européenne a damé le pion au bon moment, et partage avec les autres puissances, les faveurs du statu quo et du commerce juteux de l’armement. La mondialisation et le Conseil de Sécurité ne réservent aucune place pour de nouvelles puissances militaires. Seule une présence économique est timidement tolérée, et le nombre de places est sans doute limité. Il y a donc urgence !

Introspection critique et urgence du rapprochement Algéro-Marocain

Avec le concours du totalitarisme tiers-mondiste et arabo-musulman, la mondialisation se déploie outrageusement comme une arme d’asservissement massif, et les conflits civilisationnels par procuration n’ont jamais été aussi abjects et aussi proches de nous. Une révision critique s’impose ! Et en urgence !

Chers décideurs Algériens et Marocains, je m’adresse à vous ! Vous serez si bien inspirés, de juste ouvrir lucidement les yeux, pour vous rendre compte que la rivalité dans la spirale des concessions faites aux puissances étrangères, est bien plus coûteuse que tout compromis fraternel, définitif ou accommodable. Pas besoin de sortir d’une école de complotisme pour voir que la « fraternité sioniste » est à nos portes, et que le temps joue en faveur de ses pétrodollars, qui ont sans doute déjà fait de grands ravages, qui j’espère n’ont pas atteint le seuil de la fatalité. Pour le nouveau sionisme arabe, vous avez beau être démocrate, nationaliste, rougeâtre, verdâtre, laïc, ou simplement opposé à toute forme d’Islam politique, si vous n’êtes pas un bon « frère sioniste », alors vous êtes forcément un satanique « frère musulman », qui a de fortes chances de s’ignorer, tant il ne connait rien du peuple élu et des races subordonnées.

Chers décideurs, si vous êtes inhibé et manquez d’imagination comme moi, alors, de grâce, laissez juste Mr Lahouari Addi choisir librement un intellectuel Marocain et un autre du Polisario, et je vous promets qu’après deux ou trois jours, ils présenteront d’un compromis politique qui satisfera tous les peuples de la région, et garantira un avenir meilleur, et surtout moins précaire, pour les générations futures. A une seule condition, que la proposition soit soumise à l’appréciation des peuples, et non aux positions intransigeantes connues des dirigeants.

Les saisies de drogues et cocaïne sont quasi-quotidiennes en Algérie, et accuser invariablement le Maroc ne tient plus la route et n’emballe plus personne. La consommation des stupéfiants et le narcotrafic étaient presque inexistants avant la fermeture des frontières. Et si on a toujours su que le meilleur douanier est celui qui a déjà fait de la contrebande, les naïfs comme l’auteur viennent d’apprendre qu’un grand baron de la drogue ou de la prédation, ne peut pas être mieux placé que dans les hautes sphères de l’Etat. Le problème est certes bien posé, mais la solution ne semble évidente qu’aux yeux de ceux qui ne s’y opposent pas. Pourtant, il suffit de ne pas être voleur pour éviter le recours aux services d’un receleur. Et, le cas échéant, il suffit d’un sursaut d’honneur pour redresser la tête et échapper aux griffes du maître-chanteur.

Livrées à un arbitrage externe malséant, les rivalités fraternelles se transforment en d’interminables guerres de capitulations et d’à-plat-ventrisme, et les soutiens fluctuants accordés aux uns et aux autres, donnent des illusions de batailles victorieuses, favorisant la poursuite acharnée de la subordination et ses mirages. Les concessions mutuelles qu’auraient à consentir le Maroc, le Polisario, et l’Algérie, en négociant directement, seraient pourtant plus fructueuses et plus conciliantes, et nettement moins coûteuses et moins préjudiciables.

La légitimité populaire et les devoirs de l’armée

Seule la légitimité populaire, exprimée à travers des urnes propres, peut favoriser l’émergence d’une classe politique capable d’assainir les rouages de l’Etat, et appréhender courageusement les conflits régionaux pour l’intérêt de tous. Les régimes illégitimes et corrompus pensent, quant à eux, qu’il suffit de gagner la course des concessions et compromissions vis-à-vis des maîtres, pour faire pencher la balance du côté de la précieuse continuité. Odieuse continuité dans l’asservissement des peuples, dilapidation assidue des ressources, et souveraineté hypothéquée.

C’est grâce à la légitimité populaire qu’une armée débarrassée des soucis et distractions politiques, retrouve le statut et le respect qui lui sont dus. Etant mieux dirigée et structurée, elle peut effectivement améliorer ses capacités humaines et matérielles, ainsi que son engagement moral et sa vigilance opérationnelle, pour s’acquitter convenablement de ses missions nobles, en temps de paix ou de guerre. Loin de vouloir réduire le budget militaire, les élus du peuple veillent plutôt à en faire un meilleur usage, à travers l’émergence de compétences assurant une gestion rationnelle des ressources et une maintenance vigilante de la logistique. Les régimes militaristes qui oppriment les populations en prétendant les défendre, finissent par miner de l’intérieur les valeurs patriotiques, et compromettre la capacité d’affronter les épreuves difficiles. La redoutable Garde Républicaine de Saddam Hocine, qui s’est désintégrée en quelques heures lors de l’invasion Américaine, est un exemple édifiant. Seuls de braves éléments de cette armée ont rejoint la résistance populaire. Le moral et la résilience des troupes ne sont pas seulement tributaires du rapport des forces en jeu, mais aussi et surtout de la justesse de leur cause, ainsi que la probité et l’exemplarité des chefs.

Le peuple Algérien vient de redécouvrir subitement sa grandeur, et semble lui aussi, absolument résolu à s’accrocher au trône de sa dignité ! Et ce n’est ni pour les yeux de x, ni pour l’orgueil de y, que la société, les militaires retraités en tête, interpelle les devoirs garants de son armée, en s’adressant à ses responsables actifs avec autant de respect et de délicatesse. C’est parce que toutes les ressources militaires du pays sont entre leurs mains, que le peuple sollicite légitimement la protection et l’assistance des officiers et des djounouds dans le recouvrement de sa souveraineté.

Ce sursaut populaire miraculeux, ce pacifisme de Gandhi à grande échelle, ce Jihad al-akbar, qui forcent respect et admiration, peuvent-ils augurer d’un meilleur avenir pour le pays et pour toute la région ? C’est tout le mal que pourraient souhaiter les braves martyrs ! Les glorieux chouhadas qui ont mené un Jihad sans ambiguïté, contre une invasion extérieure, doivent se réjouir de voir leurs descendants, comprendre enfin que c’est la voie du Jihad al-akbar qui doit être suivie pour éviter les conflits fratricides et la guerre civile. Le premier crime sur Terre fournit la preuve sublime. Le fils d’Adam, Caïn, était en plein droit de se défendre contre son frère Abel, mais il a préféré éviter la sale guerre. Pas par lâcheté ou soumission, mais de manière pacifique assumée et revendicative : « Si tu portes ta main sur moi pour me tuer, je ne porterai pas ma main sur toi pour te tuer, je crains Allah, le Seigneur de l’Univers ! Je veux que tu écopes de mes péchés et des tiens, et tu seras alors parmi les gens voués au Feu. Telle est la récompense des injustes ! Son âme l’incita à tuer son frère, et il le tua, et rejoignit ainsi le groupe des perdants ! » Coran 5/(28-30).

Les valeureux chouhadas sont, en outre, confortablement installés là où ils peuvent saisir, mieux que nous, le sens et la portée du hadith suivant du Prophète (PSSL) : « Quand le commandement d’une nation est confié à ceux qui n’en sont pas dignes, alors attends toi à l’échéance de l’heure ! » Mais en dépit de leur profonde déception, ils savent également, sereinement mieux que nous, que le pessimisme véhiculé par ce hadith, et par le postulat de l’irréversibilité de la barre critique, n’est pas absolu, mais localisé et circonscrit dans le domaine spatio-temporel. Au pays des millions de chouhadas, les immenses sacrifices déjà consentis, en quantité et en qualité, devraient suffire pour inspirer et forcer, tôt ou tard, des sorties de crise, tout aussi glorieuses que pacifiques !

Références :

(1) http://lequotidienalgerie.org/2019/03/29/qui-gouverne-en-algerie/

(2) http://lequotidienalgerie.org/2019/04/04/lahouari-addi-repond-a-la-lettre-de-bouteflika/

(3) http://lequotidienalgerie.org/2019/04/10/a-qui-appartient-la-souverainete-nationale-au-peuple-ou-a-letat-major/ 

(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Militarisme

Abdelhamid Charif

Professeur en Génie Civil

http://lequotidienalgerie.org/2019/04/16/%EF%BB%BFle-militarisme-et-la-solitude-de-lahouari-addi/

Parlons (Inter) Net


Le clocher de Notre-Dame est digne de dix dons, dis-donc

ND c’est un peu Paris, un peu la France, un joyau de l’humanité et sonnez trompettes ! Et violons et grandes orgues…

La famille Pinault ayant décidé de débloquer 100 millions d’euros, LVMH et la famille Arnault y vont (dis-donc) d’un digne don de 200 millions d’euros.

En un an, Bernard Arnault s’est enrichi de 8,89 milliards d’€, soit 27 millions d’€ par jour, soit 1,13 millions d’€ par heure, soit 18 816€ par minute, soit 16 SMIC chaque minute.

Si les Français payés au SMIC, les bénéficiaires d’un RSA, les retraités impécunieux, les étudiants, les chômeurs veulent verser autant que lui, proportionnellement à leurs revenus, calculez combien de décimales après la virgule seront nécessaires pour en écrire le montant sur un chèque.
Calculez la réduction d’impôt auxquels donneront droit les dons (ceux de Pinault, Arnault et les vôtres).
Allez-y, allez-y, sortez vos calculettes : on vous lira ci-dessous.

Théophraste R. Théologien dissident (excommunié) auteur du Saint-Livre : « Si Dieu existait, il aurait d’abord fichu le feu à la dégoûtante meringue blanchâtre bâtie à Montmartre contre la Commune de Paris »).

https://www.legrandsoir.info/

De l’actualité du Harak… Au-delà du pacifique!


Une grève ouverte des étudiants, une forte présence de l’action syndicale, une réaction louable de maires et de magistrats contre l’élection et ses tenants… Des ministres interdits de visites de travail…
Autant d’éléments qui permettent de penser que le Mouvement Populaire est loin de se contenter des marches de protestation hebdomadaires, même si celles-ci lui ont apporté ses lettres de noblesse…
Ce Harak a vite évolué ; c’est désormais une révolution intelligente qui prend forme, non installée dans le long terme, elle n’entretient pas pour autant l’illusion du court terme.

Le processus est ainsi enclenché, transgénérationnel, multiforme et ancré dans la solidarité…

Et dans la même logique, C’est le pouvoir qui doit fatalement s’essouffler très vite ; il ne lui reste pour toute légitimation que l’argument bancal de la constitutionnalité de l’acte politique et l’usage de la force répressive qui risque d’imploser les corps de défense et de sécurité….

Le pouvoir est dans la situation d’un manchot total avec une grenade pour toute arme…
Par Az Alloun

Les jeunes engagés interpellent Gaïd Salah


Lettre ouverte à Ahmed Gaid Salah :

“Être à la hauteur des exigences du peuple”

Depuis le 22 février, le peuple algérien s’est soulevé comme un seul homme pour exiger le départ d’un régime autoritaire, corrompu et illégitime, et revendiquer sa volonté d’édifier une nouvelle république, fondée sur l’État de droit et la démocratie.

L’exceptionnelle mobilisation des Algérien(ne)s au pays et à l’étranger s’est transformée en un vaste mouvement populaire, irréprochable par son engagement, sa maturité politique et la clarté de ses revendications. L’Algérie vit sa deuxième grande révolution et nous sommes des millions de citoyen(ne)s résolu(e)s à libérer l’Homme, après que nos ancêtres aient libérés la terre.

L’Armée Nationale Populaire (ANP) se doit d’être à la hauteur de ce moment charnière de notre histoire en se mettant aux diapasons du peuple algérien.

Monsieur Ahmed Gaid Salah,

En tant que chef d’État-Major et porte-parole de l’ANP, nous vous interpellons sur la nécessité et l’urgence d’appuyer d’une manière claire et ouverte les revendications du mouvement populaire.

Après neuf semaines de mobilisation de masse, le peuple a exprimé son refus catégorique de la continuité du régime sous couvert de l’application de l’article 102 de la Constitution.

L’ANP ne peut s’opposer à cette revendication légitime. Elle ne devrait ni soutenir une telle option, ni poser la conformité constitutionnelle comme horizon indépassable. La seule solution qui satisfait les revendications du peuple algérien est politique, et non constitutionnelle.

L’armée ne peut en aucun cas être tuteur du processus de transition, ni imposer sa solution au peuple algérien. Elle a le devoir d’être garante d’un processus de transition libre, mené par des acteurs légitimes aux yeux des millions d’Algériens, qui permet de jeter les bases démocratiques de la nouvelle république.

Une transition politique doit être menée dans les plus brefs délais par des acteurs issus du mouvement populaire, et reconnus pour leur intégrité, leur compétence et leur patriotisme.

Par conséquent, le rôle de l’ANP est d’accompagner le mouvement populaire et les acteurs légitimes, reconnus par le peuple, dans la réalisation de cet objectif.

Monsieur Ahmed Gaid Salah,

En tant que chef d’État-Major et porte-parole de l’Armée nationale populaire (ANP), vous êtes dorénavant face à un choix historique: soit vous accompagnez la décision du peuple en rejetant de manière claire la “non-solution” d’une transition par le régime; soit vous placez l’ANP – notre armée- aux antipodes de la volonté du peuple, et vous risquez de mettre l’intérêt suprême du pays en jeu.

Les violences subies par les manifestants, les arrestations arbitraires et la volonté de museler l’espace public par les corps sécuritaires sont des signes alarmants qui font réfléchir les algériens sur le rôle et la volonté de l’armée, réelle ou non, d’affaiblir le mouvement populaire.

De plus, les rappels d’un danger imminent à nos frontières et l’invocation constante d’une “main étrangère” au sein du mouvement populaire font moins peur aux Algériens qu’ils ne jettent de doute sur la véracité de telles conclusions. Au vu de la situation régionale et sécuritaire à nos frontières, l’armée se doit d’incarner une force rassurante.

À ce moment charnière, l’ANP a besoin que le peuple soit à ses côtés, et le peuple a besoin que l’armée appuie ouvertement son choix souverain et l’accompagne dans l’étape décisive de la transition qui requiert le dialogue, les compromis politiques et le respect de la volonté populaire.

Est-il nécessaire de rappeler que l’armée est une institution tributaire du peuple et à son service? Les rangs de milliers de jounouds, et ceux des millions de citoyens dans la rue défendent, avec la même ardeur, les intérêts du pays. En démocratie, le premier soldat est le citoyen.

L’Algérie vit une révolution citoyenne remplie d’espoir et de rêves, par laquelle les Algérien(ne)s ont subjugué le monde. Soutenir la révolution en cours en appuyant une transition politique réelle est l’acte patriote suprême que l’armée ne peut feindre d’ignorer.

Le Collectif des Jeunes Engagés

Acte d’accusation contre Julian Assange


Ministère de la Justice des Etats Unis

6 MARS 2018

COUR DE DISTRICT DES ÉTATS-UNIS POUR LE DISTRICT ORIENTAL DE L’ETAT DE VIRGINIE

Alexandria Division

(SOUS SCELLÉ)

ETATS UNIS D’AMERIQUE v. JULIAN PAUL ASSANGE / accusé

Criminal No. 1:18cr
Chef d’accusation 1 : Complot en vue de commettre une intrusion informatique (18 )U.S.C. §§ 371, 1030(a)(1), 1030(a)(2), 1030(c)(2)(B)(ii))

Mandat de mars 2018 – à Alexandria, Virginie

ACTE D’ACCUSATION

LE GRAND JURY ACCUSE :

ALLEGATIONS GENERALES

Au moment de l’élaboration de cet acte d’accusation :

1. Chelsea Manning, anciennement connu sous le nom de Bradley Manning, était un analyste du renseignement dans l’armée américaine, déployé sur la Base Opérationnelle Avancée de Hammer en Irak.

2. Manning détenait une habilitation de sécurité  » Top secret  » et a signé un accord de non-divulgation de renseignements classifiés, reconnaissant que la divulgation ou la conservation non autorisée ou le traitement négligent de renseignements classifiés pourrait causer un préjudice irréparable aux États-Unis ou être utilisé à l’avantage d’un pays étranger.

3. Le Décret Exécutif No. 13526 et ses décrets précédents définissent les niveaux de classification attribués aux informations classifiées. En vertu du Décret Exécutif, l’information peut être considérée comme « secrète » si sa divulgation non autorisée risque vraisemblablement d’entraîner de graves dommages à la sécurité nationale. En outre, en vertu du Décret Exécutif, les informations classifiées ne peuvent généralement être divulguées qu’aux personnes qui ont obtenu un niveau approprié d’habilitation de sécurité du gouvernement des États-Unis et qui ont besoin de connaître les informations classifiées dans le cadre de leurs fonctions officielles.

4. Julian Paul Assange est le fondateur et le leader du site WikiLeaks. Le site de WikiLeaks a sollicité publiquement des contributions d’informations classifiées, censurées, ainsi que d’autres informations à diffusion restreinte.

5. Assange, qui n’avait pas d’habilitation de sécurité ou n’avait pas besoin de savoir, n’était pas autorisé à recevoir des renseignements classifiés des États-Unis.

6. Entre janvier 2010 et mai 2010, Manning a téléchargé quatre bases de données presque complètes des ministères et agences des États-Unis. Ces bases de données contenaient environ 90 000 importants rapports d’activités liés à la guerre en Afghanistan, 400 000 importants rapports d’activités liés à la guerre en Irak, 800 fiches d’évaluation des détenus de Guantanamo Bay et 250 000 câbles du Département d’État américain. Bon nombre de ces documents ont été classés en vertu du Décret Exécutif No. 13526 ou des décrets qui l’ont précédé. Manning a fourni les dossiers aux agents de WikiLeaks afin que WikiLeaks puisse les divulguer publiquement sur son site Web. WikiLeaks a publié la grande majorité des documents classifiés sur son site Web en 2010 et 2011.

7. Le ou vers le 8 mars 2010, Assange a accepté d’aider Manning à cracker un mot de passe stocké sur les ordinateurs du ministère de la Défense des États-Unis connectés au Secret Internet Protocol Network, un réseau du gouvernement des États-Unis utilisé pour les documents et communications classifiés, conformément au Décret Exécutif No. 13526 ou à ses décrets précédents.

8. Manning, qui avait accès aux ordinateurs dans le cadre de ses fonctions d’analyste du renseignement, les utilisait également pour télécharger des documents classifiés et les transmettre à WikiLeaks.

Les règlements de l’armée interdisaient à Manning de tenter de contourner ou d’éluder les mécanismes de sécurité des systèmes d’information fournis par le Gouvernement et de partager des comptes personnels et des authentifiants, tels que des mots de passe.

9. La partie du mot de passe que Manning a donné à Assange afin de la cracker était stockée sous la forme d’une « valeur de hachage » dans un fichier informatique accessible uniquement par les utilisateurs ayant des privilèges de niveau administratif. Manning n’avait pas de privilèges de niveau administratif et il a utilisé un logiciel spécial, à savoir un système d’exploitation Linux, pour accéder au fichier informatique et obtenir la partie du mot de passe fournie à Assange.

10. Cracker le mot de passe aurait permis à Manning de se connecter aux ordinateurs sous un nom d’utilisateur ne lui appartenant pas. Une telle mesure aurait rendu plus difficile pour les enquêteurs d’identifier Manning comme la source de divulgation de renseignements classifiés.

11. Avant l’accord au sujet du craquage du mot de passe, Manning avait déjà fourni à WikiLeaks des centaines de milliers de documents classifiés qu’elle avait téléchargés des ministères et agences des États-Unis, y compris les importants rapports d’activités liés à la guerre en Afghanistan et sur la guerre en Irak.

12. Au moment où il a conclu cet accord, Assange savait que Manning fournissait à WikiLeaks des dossiers classifiés contenant des informations de défense nationale des États-Unis. Assange recevait sciemment ces documents classifiés de la part de Manning dans le but de les divulguer publiquement sur le site Web de WikiLeaks.

13. Par exemple, le 7 mars 2010, Manning et Assange ont discuté de la valeur des fiches d’évaluation des détenus de Guantanamo Bay, et le 8 mars 2010, avant de conclure l’accord au sujet du craquage du mot de passe, Manning a dit à Assange qu’elle  » balançait tout [ce qu’elle avait] sur JTF GTMO à [Assange] maintenant « . Manning a aussi dit : « après ce téléchargement, c’est tout ce qu’il me reste. »

Ce à quoi Assange a répondu : « D’après mon expérience, les yeux curieux ne se dessèchent jamais. » Par la suite, entre le 28 mars 2010 et le 9 avril 2010, Manning a utilisé un ordinateur du ministère de la Défense des États-Unis pour télécharger les câbles du département d’Etat des États-Unis que WikiLeaks a rendus publics.

CHEF D’ACCUSATION 1 :

14. L’allégation générale énoncée aux paragraphes 1 à 13 est revendiquée de nouveau et intégrée au présent chef d’accusation comme si elle y était pleinement énoncée.

15. Commençant le ou vers le 2 mars 2010, et se poursuivant par la suite jusqu’au ou vers le 10 mars 2010, la date exacte étant inconnue du Grand Jury, les deux dates étant approximatives et inclusives, dans une infraction commencée et commise hors de la juridiction d’un état ou district particulier des États-Unis, l’accusé, JULIAN PAUL ASSANGE, qui sera d’abord amené dans le District Est de Virginie, a sciemment et intentionnellement combiné, conspiré, confédéré et convenu avec d’autres co-conspirateurs connus et inconnus du Grand Jury pour commettre une infraction contre les Etats-Unis, à savoir :

(A) d’accéder sciemment à un ordinateur, sans autorisation et au-delà de l’accès autorisé, pour obtenir des informations dont le Gouvernement des États-Unis a déterminé, en vertu d’un décret exécutif et d’une loi, qu’elles devaient être protégées contre toute divulgation non autorisée pour des raisons de défense nationale et de relations étrangères, à savoir les documents relatifs à la défense nationale classés jusqu’au niveau « Secret », avec des raisons de croire que les renseignements ainsi obtenus pourraient être utilisés pour porter préjudice aux États-Unis et à l’avantage de toute nation étrangère, et de communiquer, livrer, transmettre et faire en sorte qu’ils soient communiqués, livrés ou transmis à toute personne non autorisée à les recevoir, et de les conserver volontairement et de ne pas les livrer à l’officier ou à l’employé habilité à les recevoir ; et

(B) d’accéder intentionnellement à un ordinateur, sans autorisation et au-delà de l’accès autorisé, pour obtenir des renseignements d’un ministère ou d’une agence des États-Unis dans le but de commettre un acte criminel en violation des lois des États-Unis, c’est-à-dire une violation des articles 641, 793(c) et 793(e) du titre 18 du Code des États-Unis. (En violation des articles 371, 1030(a)(1), 1030(a)(2), 1030(c)(2)(B)(ii) du Titre 18 du Code des États-Unis.)

BUT ET OBJET DU COMPLOT

16. L’objectif principal du complot était de faciliter l’acquisition et la transmission par Manning d’informations classifiées liées à la défense nationale des États-Unis afin que WikiLeaks puisse diffuser publiquement les informations sur son site Web.

MODES D’ACTION ET MOYENS DE LA CONSPIRATION

17. Assange et ses complices ont, entre autres, utilisé les moyens, les manières et les moyens suivants pour atteindre cet objectif :

18. Dans le cadre de cette conspiration, Assange et Manning ont utilisé le service de chat en ligne « jabber » pour collaborer à l’acquisition et à la diffusion des dossiers classifiés, et pour conclure un accord visant à cracker le mot de passe stocké sur les ordinateurs du ministère de la Défense des États-Unis connectés au Secret Internet Protocol Network.

19. Dans le cadre de cette conspiration, Assange et Manning ont pris des mesures pour dissimuler Manning comme étant la source de la divulgation à WikiLeaks de documents classifiés, notamment en retirant les noms d’utilisateur des informations divulguées et en supprimant les historiques de discussion entre Assange et Manning.

20. Dans le cadre de cette conspiration, Assange a encouragé Manning à fournir des renseignements et des dossiers provenant de ministères et d’agences des États-Unis.

21. Dans le cadre de cette conspiration, Assange a encouragé Manning à utiliser un dossier spécial dans un service de stockage cloud de WikiLeaks pour transmettre des documents classifiés contenant des informations relatives à la défense nationale des États-Unis.

AGISSEMENTS DANS LE BUT DE METTRE EN PLACE LE COMPLOT

22. Afin de promouvoir les buts et objectifs du complot, Assange et ses complices se sont rendus coupables des actes, y compris, mais sans s’y limiter, suivants :

23. Le ou vers le 2 mars 2010, Manning a copié un système d’exploitation Linux sur un CD, pour permettre à Manning [sic] d’accéder à un fichier informatique du Ministère de la Défense des États-Unis qui était accessible uniquement aux utilisateurs ayant des privilèges de niveau administratif.

24. Le ou vers le 8 mars 2010, Manning a fourni à Assange une partie d’un mot de passe stocké sur des ordinateurs du Ministère de la Défense des États-Unis connectés au Secret Internet Protocol Network.

25. Le ou vers le 10 mars 2010, Assange a demandé plus d’information à Manning au sujet du mot de passe. Assange a indiqué qu’il avait essayé de cracker le mot de passe en signalant qu’il n’avait « pas eu de chance jusqu’à présent ».

ACTE D’ACCUSATION

Date : 06/03/2018
[signature censurée]
Président du jury

Tracy Doherty-McCormick
Agissant en tant que Procureur des Etats-Unis

Par : [signature]
Kellen S. Dwyer

[signature]
Thomas W. Traxler
Assistant United States Attorney

Traduit par Luis Alberto Reygada pour Le Grand Soir

EN COMPLEMENT


»» https://www.justice.gov/usao-edva/press-release/file/1153481/download
URL de cet article 34803 
https://www.legrandsoir.info/acte-d-accusation-contre-julian-assange.html