♦ L’Etat voyou


Quatrième de couverture

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les États-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18 000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum

L’auteur vu par l’éditeur Ancien fonctionnaire du département d État, Blum nous rappelle que, s’il n’y a pas dé justification au 11 Septembre, il y a certainement des raisons. L’État voyou démontre comment, sous couvert de liberté, de démocratie et de droits de l’homme, les États-Unis commettent des actes criminels barbares, et agissent de la façon la plus belliqueuse qui soit. ISBN-10 : 2841900754 ISBN-13 : 978-2841900756

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https://www.legrandsoir.info/l-etat-voyou.html  

MC Abdul le petit rappeur de Gaza parle au monde entier avec le soutien de musiciens irlandais


« Nous nous sentons tous un peu impuissants en ce moment, et c’est un souci. Ce gamin aime le football et aime Messi, comme n’importe quel enfant irlandais … on penserait que c’est le genre de choses dont il devrait parler, sans avoir peur que des bombes lui tombent dessus».

Mounadil al Djazaïri

Le rap n’est pas ma tasse de thé mais cet article me ferait presque m’y intéresser. Il y est question de musiciens d’une ville irlandaise qui ont pris sous leur aile un gamin qui vit à Gaza et qui chante des textes sur de la musique rap (ou hip-hop, c’est un domaine que je connais mal).

Une vidéo que ces Irlandais ont produit avec Abdalrahman Alshanti, c’est le nom du petit habitant de Gaza, a rencontré un grand succès sur la toile puisqu’elle a fait des millions de vues et a été relayée par des célébrités.

Il s’agit là d’une manifestation parmi d’autres de la solidarité du peuple irlandais avec le peuple palestinien dont, en tant qu’anciens colonisés, ils comprennent bien la cause.

La collaboration de Cork avec le jeune rappeur de Gaza devient virale et attiredes millions de vues

La star du hip-hop DJ Khaled figure parmi les célébrités…

Voir l’article original 591 mots de plus

♦ LES ZARABES ET LES ZEBREUX


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L’état hébreux dépasse les borgnes et rend le monde aveugle : il entaille le droit international et prend des mesures de représailles pour imposer son sens de la démesure. Contrairement à nous autres, il a prouvé à ceux qui en doutaient encore qu’il ne supportait pas le confinement… peut-être parce qu’il est tout compte fait, finement con. Et sa finesse consiste depuis la nuit des temps à prendre les autres pour des cons. Et le pire, c’est que les autres ne font rien pour le contredire.

Je m’en vais décrire les dernières prouesses de son esprit de finesse à travers un jeu d’échecs où l’état hébreu s’évertue à clouer le bec à ceux qu’il met quotidiennement en échec. a- En les enfermant dans une prison à ciel ouvert. b- En les privant du possible, du réel et du nécessaire. c- En les terrorisant sous prétexte qu’ils ne sont que des terroristes. Ce qui est encore plus fin ou plus con, c’est de réduire le conflit israélo-palestinien à une lutte armée entre le Tsahal et le Hamas. Entre nationalisme et terrorisme…bref entre le Bien et le Mal.

La propagande de l’état hébreu, extrêmement adroit ou d’extrême droite, c’est de prétendre que ce n’est pas Israël qui tue des enfants mais le Hamas qui les utilise comme boucliers humains pour émouvoir l’opinion internationale.

Selon Israël, le Hamas sait que ses roquettes n’atteignent que des miettes, il ne les tire que pour attirer sur son peuple, les foudres de guerre de l’armée israélienne et par conséquent les larmes de la ménagère.

L’argument est redoutable. Et ce n’est pas la première fois que l’état hébreu le met sur la table ou sous la table.

Supposons un instant que ce soit le cas : que le Hamas utilise les siens comme appâts… Cela n’autorise pas pour autant le Grand Israël à lui emboiter le pas et à assassiner des innocents, même s’ils lui sont offerts en pâture en guise de nourriture terrestre, en attendant la céleste.

Dans les deux cas de figure : le Hamas en tant que groupe terroriste et l’État hébreu en tant qu’État terroriste deviennent de facto : deux alliés objectifs. La question est plus que d’actualité : Israël a-t-il, en lui, la moindre trace de lucidité pour se croire autorisé à piétiner des fourmis sous prétexte qu’elles rêvent de voir s’éclipser l’éléphant qu’il est devenu ?

« From the river to the sea, Palestine will be free » (« de la rivière à la mer, la Palestine sera libre ») Si et seulement si on la libère de leurs crimes et de leurs châtiments, de leur dialectique de culpabilisation et de victimisation, de leur funeste confusion entre l’éternel et le temporel. Je ne fais preuve d’aucun antisémitisme en sous-entendant que la Palestine n’est plus qu’un jouet entre les mains d’Israël pour amuser ou abuser aussi bien les zarabes que les zébreux.

une info scénario #Palestine #Israël #Hamas #Tsahal #Gaza #Terrorisme #FreePalestine #GazaUnderAttak #SavePalestine Un conflit que l’Occident appuie en catimini ! https://www.lejournaldepersonne.com/2…

♦ BENZEMA : un Français de papier !


Karim Benzema n’est qu’un français de papier nous dit un effronté national qui n’a pas apprécié le retour de l’enfant prodigue au sein de l’équipe de France… Et comme si ce n’était pas assez, il a cru bon de rajouter que notre pays n’a pas besoin de lui. Ah ! Ah ! Ah ! Est-ce qu’on a encore le droit de rire ?

Je vais vous dire, à vous autres ténors de la France profonde : Ravier, qui rime avec gravier, Zemmour qui rime avec basse-cour et Messiah qui rime avec Ah! Ah ! Détrompez-vous pauvres idiots et permettez-moi de vous dire que votre culture éthique n’a d’égale que votre inculture politique. Pour être claire, vous vous trompez d’adversaire, vous ne voulez pas de la paix mais vous êtes incapables de faire la guerre…

Benzema est peut être un français de papier, mais vous vous êtes des français en papier plastifié dégradant et non dégradable pour que nul n’efface la trace de votre nationalité bien ou mal acquise…comme votre terre promise. Sur le plan strictement sportif pourquoi diable Deschamps a-t-il rétropédalé en reprenant Benzema après avoir juré ô grand dieu qu’il ne le ferait jamais ? Je vais vous le dire sous le sceau du secret pour deux raisons : La première est pragmatique, la seconde est pathétique.

La première : nous sommes à quatre semaines de la coupe d’Europe des nations et on va entre autres, devoir se mesurer d’emblée à deux favoris ou presque : l’Allemagne et le Portugal en phase éliminatoire.

Or Deschamps qui sait plus que n’importe qui, que tout ce qui brille n’est pas or, s’est rendu à l’évidence lors des 2 derniers matchs de l’équipe de France que son équipe n’a pas vraiment de fond de jeu, que sa ligne d’attaque n’a pas de véritable avant centre et que son toutou de Giroud est un peu au bout du rouleau, il n’a presque plus de temps de jeu à Chelsea… et que le brillant Griezmann ne peut être à lui seul une plaque tournante pour Mbappé comme l’a été Benzema pour Cristiano Ronaldo.

Ce sont toutes ces carences mises ou remises au goût du jour qui l’ont poussé à faire amende honorable et à cesser de prendre l’algérien pour une quantité négligeable ou exécrable comme l’a laissé entendre la presse de caniveau après l’affaire de sexe-tape.

Il l’a donc rappelé de toute urgence, parce que malin comme il est, il s’est vu écarté de la compétition de l’euro d’une manière précoce. Pour un compétiteur comme lui, c’est atroce pour ne pas dire la pire des atrocités pour quelqu’un qui a flirté avec le sommet au gré de son destin…

Mais ce que vous ne savez pas Messieurs les procureurs c’est que Benzema n’a pas été rappelé pour joindre l’utile à l’agréable, mais pour jouer le rôle d’un capitaine incontournable pour rendre l’équipe plus sortable c’est-à-dire plus combative, plus compétitive et surtout moins ennuyeuse et rébarbative comme elle le fut lors du dernier mondial, notamment contre la Belgique.

Benzema n’est pas le messie du Barça, ni le Mbappé du PSG. Ce n’est pas un coéquipier parmi d’autres, bon joueur parmi d’autres, c’est le plus fidèle serviteur dont une équipe puisse disposer. Il incarne à lui tout seul l’esprit d’équipe… chacun de ses gestes rappelle à ses coéquipiers que le football n’est pas un sport individuel mais fondamentalement un sport d’équipe. Le bon état d’esprit de celui qui sert les autres avant de se servir… au Real Madrid, il est depuis deux ans, combattant suprême… le plus grand et le plus digne serviteur du Real Madrid. Voilà pourquoi la France a plus besoin de lui que lui d’elle…

La deuxième raison est pathétique : Deschamps a senti le soufre à la veille de l’euro. Et il a dû se dire que s’il échoue ; non seulement on lui reprochera de s’être dispensé d’un Benzema… mais il a dû se dire surtout qu’on le remplacera aussitôt par meilleur que lui, par l’autre algérien de service : Zinedine Zidane qui reprendra sur le champ le flambeau avec Benzema comme pivot pour gagner le mondial au Qatar… ce qui éclipsera définitivement la légende de Deschamps.

À Deschamps on ne peut lui en vouloir d’en vouloir toujours davantage quitte à remettre en question cinq longues années d’abstinence et d’obstination. Mais ne me dites pas s’il vous plaît, que c’est parce que Monsieur place l’intérêt de la France au-dessus de ses propres intérêts… parce que je n’en croirais pas un traître mot… Nietzsche vous dira, ce n’est rien que de la volonté de puissance… celle du faible qui est prêt à tout pour redevenir fort et mettre fin à ses souffrances.

En conclusion messieurs, la France a plus que jamais besoin de Benzema… mais en revanche, elle n’a vraiment pas besoin de vous… même si vous passer votre vie à lui courir après… Parce qu’elle est trop belle pour vous !

#Benzema#Ravier#Zemmour#Messiha#France#bleus#Deschamps#listedesbleus#equipedefrance

Pourquoi diable Deschamps a-t-il rétropédalé en reprenant Benzema ?

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♦ La Palestine est vivante et refuse de se draper de linceul.


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On ne peut être amoureux des effluves du Moyen-Orient, fantasmer ou être féru de son Histoire et se moquer en même temps du sort des palestiniens. La richesse de cette terre de Palestine, ses oliviers, ses sources datant des temps bibliques, ses tombeaux ancestraux, sa mémoire et ses mythes sont inséparables du peuple palestinien.
Le vieux peuple palestinien a créé l’Etoile de Ghassul, recopier la Bible, édifié des temples d’El Qods et de jabal jirzim, les palais arihaan (jéricho) et de alsaamira ( Samarie), les églises du Saint-Sépulcre et de la Nativité, les mosquées de Haram Al Cherif, les ports de Césarée et de Akka, les châteaux de Monfort et de Belvoir. Les palestiniens ont marché avec le Prophète Aïssa (AS), combattu et vaincu Napoléon et bataillé vaillamment à Karameh.
Dans le sang des palestiniens se mêle celui des guerriers égéens, de Béni Israël, des héros entourant le Prophète Dawud (AS), des premiers apôtres de Aïssa (AS), des cavaliers arabes, des croisés normands et des chefs turcs. Un peuple dont coule dans ses veines de telles richesses, ne peut mourir. Rothchild devra repasser !
Le feu palestinien n’est pas éteint : la poésie de Mahmoud Darwich, la lucidité d’Edward Said, la ferveur de ceux qui défient la mort pour prier sur le troisième lieu Saint de l’Islam le 27e jour du mois sacré du ramadan, le formidable courage et résistance jour après jours avec un monde pourtant qui tourne le dos, le démontrent !
La solution de deux États est une supercherie. Sans les palestiniens, c’est toute la terre qui disparaîtra. Chose qu’on observe actuellement. On aime louer les kibboutzim ayant transformé le désert du Negev en oasis fleurissant. Sauf que rien n’est plus éloigné du réel. L’eau des rivières est empoisonnée, les sources se tarissent, des champs sont travaillés par des chinois ou des soudanais emportés, et des enfants sont emprisonnés dans des ghettos.
L’utopie sioniste s’est effondrée malgré toute l’aide financière, divers lobbies et complicité implicite de la communauté internationale. Le rêve de rassembler les juifs du monde entier est en train de se briser. Paradoxalement, ceux qui cultivent encore quelques traditions juives sont isolés, et disparaissent peu à peu.
La seule porte de sortie, voir rédemptrice de ce groupe disparate vivant dans un mythe corrigé du dernier Testament, tout en important à la fois des millions de roumains, de russes, d’ukrainien, de thaïlandais et d’africains, qui prétendent avoir des origines lointaines juives, est la fondation d’un seul et même État avec deux communautés vivant côte à côte.
L’unique solution est un pays unifiée après le démantèlement de l’apartheid sioniste, comme nous l’avons observé en Afrique du Sud. Un État qui assure des droits égaux à toutes les communautés. Et pour tous les palestiniens, natifs et adoptifs !

Publié par Karim Bouaziz

♦ Honneur aux résistants


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Le plus révoltant, dans le drame palestinien, c’est, bien sûr, la brutalité de l’occupant, sa morgue coloniale, son mépris pour la vie des autres, son aplomb dans le meurtre, son arrogance de vainqueur à la victoire facile, sa bonne conscience lorsqu’il appuie sur la gâchette, sa lâcheté lorsqu’il assassine des civils, son accoutumance au crime. Mais c’est aussi cette mauvaise foi abyssale, cette hypocrisie de l’agresseur qui joue à l’agressé, ce mensonge qui sort de sa bouche lorsqu’il prétend se défendre, lorsqu’il condamne le terrorisme, lorsqu’il ose invoquer la légitime défense, lorsqu’il parle d’antisémitisme.

Des « terroristes », les combattants palestiniens ? Non, ce sont des résistants, des vrais, de ceux qui se battent pour la patrie, pour la terre de leurs ancêtres, pour vivre en paix, un jour, dans cette Palestine dont l’envahisseur veut les spolier, pour cette Palestine dont l’État-colon se croit dépositaire, alors qu’il n’est qu’un occupant illégitime, un usurpateur. La légitime défense d’Israël ? Soyons sérieux : la seule légitime défense qui vaille, c’est celle du peuple palestinien, pas celle de la soldatesque coloniale ; celle de l’occupé qui résiste, pas celle de l’occupant qui opprime. Des résistants qui ont raison de se battre, et qui savent que si l’honneur est de leur côté, le déshonneur est dans le camp adverse.

On nous raconte que l’affrontement actuel est dû à l’intransigeance des extrémistes des deux camps. Mais ce renvoi dos-à-dos de l’occupant et de l’occupé est grotesque, c’est une supercherie. Depuis quand la résistance est-elle extrémiste ? C’est l’occupation qui est extrémiste, avec sa violence de tous les instants, cette humiliation permanente infligée aux populations, cette domination structurelle, cette insupportable chape de plomb qui pèse sur un peuple meurtri, et dont les sursauts de révolte, heureusement, montrent qu’il n’est pas vaincu. Non, la responsabilité ultime de la violence, en Palestine, n’est pas partagée, ce n’est pas 50/50, car cette violence est le fruit de l’occupation et de la colonisation, et les Palestiniens ne sont pas responsables de l’injustice qu’on leur fait subir.

Il y a des morts des deux côtés, oui, et aucune victime civile n’est justifiée. Mais lorsque le rapport des victimes est de 1 à 30, il est scandaleux de faire comme s’il s’agissait d’une guerre classique opposant deux armées dans une bataille rangée. Car cette guerre n’a pas commencé aujourd’hui, c’est un ethnocide, une tentative d’effacement des Palestiniens que l’on veut parquer dans les bantoustans de l’apartheid sioniste. Cette guerre n’est pas une guerre ordinaire, c’est la lutte entre une puissance occupante et une résistance armée, et il ne suffira pas d’appeler à la cessation des violences pour y mettre fin. Ce qui est à la fois odieux et ridicule, dans les déclamations de la diplomatie occidentale, c’est cet appel implicite au désarmement des Palestiniens. On leur demande de baisser les bras, de se résigner, d’accepter le joug, en feignant d’ignorer les raisons pour lesquelles ils ne le feront pas, ni aujourd’hui ni demain.

Reste, bien sûr, cette accusation d’antisémitisme, indéfiniment reconduite, pavlovienne, pathétique de bêtise et répugnante d’hypocrisie, que l’on jette à la figure de tous ceux qui soutiennent la lutte des Palestiniens. Et pourtant, s’ils savaient, ces imposteurs, à quel point l’antisionisme nous suffit, à quel point il exprime avec assez de clarté ce qu’il s’agit de défendre. L’antisémitisme, lorsqu’il est avéré, est une souillure pour celui qui l’éprouve. Mais lorsqu’il sert à accuser l’antisionisme, c’est une souillure pour celui qui profère cette accusation mensongère. Vous pouvez toujours brandir cette calomnie, mais prenez garde, elle risque de vous revenir un jour sur la figure.

Force incoercible de la propagande, lorsqu’elle provoque le passage insidieux d’un terme à l’autre, qu’elle génère l’inversion maligne par laquelle le bourreau se fait victime, et l’antisionisme est qualifié d’antisémitisme. Cette accusation, on l’a compris, est une arme d’intimidation massive, qui permet à des gouvernements serviles, tout heureux de servir l’impérialisme et le sionisme, de s’acheter une pseudo-bonne conscience. Pitoyable diplomatie, complicité avec le crime qui se pare de toutes les vertus, et qui n’en finit plus de toucher le fond. Les Palestiniens, eux, ont compris depuis longtemps qu’ils n’avaient rien à attendre de ces Européens qu’étouffera un jour leur lâcheté.

Bruno Guigue

Paru le 15 mai 2021 sur la page Facebook de l’auteur ( Publication censurée )

♦ Le syndrome de Yom Kippour revisité


L’un des aspects les plus intéressants de la guerre du Kippour (1973) est qu’elle a marqué un passage soudain de l’ « hubris » maniaque israélien à la mélancolie, l’apathie et la dépression.

Après leur remarquable victoire militaire de 1967, les Israéliens ont développé une attitude arrogante et irrespectueuse envers les Arabes et leurs capacités militaires. Les services de renseignement israéliens ont prédit qu’il faudrait des années aux armées arabes pour se remettre. Les militaires israéliens ne croyaient pas que le soldat arabe avait la capacité de se battre, et encore moins de remporter une victoire.

Mais le 6 octobre 1973, les Israéliens ont eu une surprise dévastatrice. Cette fois, le soldat arabe était très différent. La stratégie militaire israélienne, fondée sur la supériorité aérienne et des manœuvres terrestres rapides soutenues par des chars, s’est avérée inefficace en quelques heures. L’Égypte et la Syrie, aidées par les nouveaux missiles antichars et sol-air soviétiques, ont réussi à démanteler la puissance d’Israël. Dans les premiers jours de la guerre, Israël subit de lourdes pertes. Ses dirigeants et son haut commandement militaire sont dans un état de désespoir. Pourtant, ce type de crise n’était pas vraiment un événement rare dans l’histoire juive.

Le fiasco militaire israélien lors de la première phase de la guerre était la répétition d’un syndrome tragique aussi vieux que les Juifs eux-mêmes. Ces scénarios répétitifs impliquent l’orgueil démesuré de la collectivité juive, poussée par un fort sentiment d’exceptionnalisme (ou élection divine), et donnent lieu à des conséquences horribles. J’appelle cela « le syndrome de Yom Kippour ».

Dans le Berlin des années 1920, l’élite juive se vantait de son pouvoir. Certains juifs riches étaient convaincus que l’Allemagne et sa capitale étaient leur terrain de jeu. À l’époque, quelquesjuifs allemands dominaient le secteur bancaire et influençaient la politique et les médias allemands. En outre, l’école de Francfort (ainsi que d’autres écoles de pensée juives) se consacrait ouvertement au déracinement culturel des Allemands, au nom du « progrès », de la « psychanalyse », de l’ »érotisme », de la « phénoménologie » et du « marxisme culturel ». Puis, presque « de nulle part », un raz-de-marée de ressentiment est apparu, et le reste est connu.

Mais y a-t-il vraiment eu un changement soudain dans la conscience allemande ? L’ »antisémitisme » allemand des années 1930 aurait-il dû être une surprise ? Pas du tout. Tous les signes nécessaires étaient présents depuis un certain temps. En fait, les premiers sionistes tels que Herzl et Nordau avainet correctement prédit la montée inévitable des sentiments antijuifs européens à la fin du XIXe siècle. C’est le syndrome de Yom Kippour, ce même orgueil démesuré qui a empêché l’élite juive de Berlin d’évaluer l’opposition croissante autour d’elle.

Ce que nous voyons en Israël en ce moment est évidemment une manifestation tragique du même syndrome. Une fois de plus, les Israéliens ont été pris au dépourvu. Une fois de plus, la folie maniaque de la toute-puissance est remplacée par la mélancolie dépressive. Une fois de plus, les Israéliens n’ont pas su estimer les capacités militaires du Hamas. Ils n’ont pas su reconnaître la frustration croissante des Arabes israéliens et admettre la possibilité que leurs frustrations puissent dégénérer en combats de rue, voire en guerre civile.

Les Israéliens ont succombé à l’idée délirante que la cause palestinienne s’était évaporée. Ils étaient convaincus que la répression du BDS et la famine des Gazaouis avaient démantelé les aspirations palestiniennes. Pourtant, c’est le Hamas qui a réussi à remporter la victoire la plus cruciale en unissant les Palestiniens en Palestine, dans les camps et dans la diaspora, aux côtés des musulmans du monde entier. Cette unité est d’autant plus importante qu’Israël est politiquement divisé et se dirige vers une cinquième élection.

Une fois de plus, l’arrogance israélienne fait place à une profonde tristesse. Israël pourrait se poser certaines questions nécessaires : Qu’est-ce que nous faisons de mal ? Pourquoi notre histoire se répète-t-elle ? Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour changer notre destin ? Au lieu de cette nécessaire introspection, Israël fait en réalité le contraire. Au lieu de disséquer la crise actuelle à la lumière d’événements similaires dans le passé, Israël répète les mêmes erreurs. Il qualifie la crise actuelle de « nouvelle vague de violence ». Il se penche sur les possibilités stratégiques et tactiques qui permettront « d’imposer un cessez-le-feu au Hamas ». Israël spécule essentiellement sur le niveau de carnage qui mettra une fois de plus les « Arabes à genoux ».

Israël se définit comme l’État juif et ses erreurs tragiques sont naturellement déterminées par ce fait. Si Yom Kippour est un jour juif d’introspection, le syndrome de Yom Kippour est le résultat direct d’une incapacité totale à réfléchir sur soi. Et pourtant, ne peut-on pas se demander si le Juif peut s’émanciper du destin juif et du syndrome de Yom Kippour en particulier ? Comme le sioniste de la première heure Bernard Lazare, je crois qu’il suffit de s’éloigner de l’exceptionnalisme. Mais une fois dépouillé de l’exceptionnalisme, il ne reste plus grand-chose de l’identitarisme juif contemporain.

Je pense que nous touchons là à l’aspect existentiel le plus dévastateur du syndrome de Yom Kippour ; il n’y a pas d’échappatoire idéologique collective pour le Juif. Nous sommes essentiellement confrontés à des limbes culturels et spirituels.

J’ai tendance à croire que la seule issue au syndrome de Yom Kippour est individuelle : l’exil auto-imposé. Quitter le ghetto tard dans la nuit, ramper sous la clôture, creuser un tunnel sous le « mur de séparation ». Une fois sur la terre de la liberté, partez tranquillement et modestement à la recherche de l’humain et de l’universel.

Gilad Atzmon

Traduction: Maria Poumier

Source: https://gilad.online/writings/2021/5/15/the-yom-kippur-syndrome-revisited

♦ CONVIÉ À UNE RENCONTRE STRATÉGIQUE MAKHZANO-SIONISTE A RABAT : Rachad pactise avec l’ennemi contre l’Algérie


Avidor-Zitout

Le processus de normalisation du royaume du Maroc avec Israël ne s’arrête pas « en si bon chemin ». Après l’officialisation des relations et le rétablissement des relations diplomatiques, aux dernières nouvelles, Rabat s’apprête à conclure un partenariat d’ordre stratégique avec Tel-Aviv.

Ce qui n’est pas surprenant pour deux régimes d’essence même colonialiste et expansionniste. Pas plus que l’est, en tout cas, l’invité surprise à cette curieuse rencontre, en préparation en vue entre l’Académie du Maroc et le Centre des études stratégiques en Israël, et qui n’est autre que le mouvement Rachad…
C’est dire, l’association d’un courant traditionnellement hostile à l’Algérie et à ses institutions dans cet axe du mal Makhzen – Mossad pour élaborer une stratégique d’attaque visant à mettre à genou le pays dont la position sur les peuples opprimés, les Sahraouis et Palestiniens à savoir, leur reste en travers de la gorge. Pas que, en tournant de nouveau son viseur contre l’Algérie, le Makhzen tente pas tous les moyens de se détourner de la réalité de la mal-vie dans le Maroc profond, dont la population a fini par rompre le mur de la peur à travers des manifestations que chaque jour que Dieu fait à travers le pays.
En effet, apprend-on de nos sources, un partenariat stratégique est en train de se construire entre les deux organismes marocain et israélien, dont le chef d’orchestre n’est autre qu’un ancien chef du Bureau commercial d’Israël au Qatar, en la personne de Elie Avidor. Celui-ci, et en toute vraisemblance, est attendu à Rabat après le mois de Ramadhan pour y animer une conférence politico-académique au Centre marocain des études stratégiques. Un rendez-vous auquel le mouvement pro-terroriste Rachad, dont les animateurs continuent à verser leur venin contre l’Algérie et ses institutions, ont été conviés. Sur ce, nos sources restent formelles : en l’invitant à cette rencontre stratégique, l’axe makhzano-sioniste veut de nouveau missionner Rachad pour le besoin de sa propagande et son plan de déstabilisation visant directement l’Algérie.
Ainsi, le Royaume du Maroc qui vit des graves crises sans précédent, à tous les niveaux, politique, économique et social entendre, poursuit ses manœuvres pour essayer, encore une fois, de déstabiliser le pays qui résiste contre vents et marées à la hantise vague de normalisation avec l’État sioniste, son peuple et ses institutions.
Au-delà c’est cette même Algérie, à travers sa diplomatie dont la verve et l’influence retrouvées, qui revient sur la scène régionale et internationale, depuis notamment l’élection du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la tête de l’État, qui dérange tant le roi Mohammed VI et son régime. Autrement, le Makhzen fait tout pour saper les efforts de l’Algérie en ce sens qu’ils contribuent au processus de la libération des peuples sahraoui et palestinien.
Farouk Bellili

CONVIÉ À UNE RENCONTRE STRATÉGIQUE MAKHZANO-SIONISTE A RABAT : Rachad pactise avec l’ennemi contre l’Algérie | (lecourrier-dalgerie.com)

♦ Israël, Cour pénale internationale et ONG


Le Dr Christophe Oberlin est l’un des plus éminents spécialistes français de la chirurgie réparatrice. Grand témoin de la souffrance des Palestiniens enfermés à Gaza, où il séjourne trois fois par an depuis 2001 dans le cadre de ses missions humanitaires, il s’attache à faire connaître le point de vue des victimes au travers de ses nombreux  ouvrages, articles et conférences.*


De nombreux médias français relatent l’événement que constituerait la dénonciation d’un apartheid israélien par l’ONG Nord-américaine Human Rights Watch. C’est faire peu de cas de l’ouverture d’une enquête de la Cour Pénale Internationale sur la « Situation dans l’Etat de Palestine » le 3 mars 2021. Et c’est aussi donner aux ONG une importance qu’elles n’ont pas.

Par Christophe Oberlin

7 MAI 2021

A la suite de l’Agence France Presse, de nombreux médias français reprennent l’événement que constituerait la dénonciation d’un apartheid israélien par l’ONG Nord-américaine Human Rights Watch. C’est faire peu de cas d’un autre événement, historique celui-là, qui est l’ouverture d’une enquête de la Cour Pénale Internationale sur la « Situation dans l’Etat de Palestine » le 3 mars 2021. Et c’est aussi donner aux ONG une importance qu’elles n’ont pas.

Les organisations non gouvernementales jouissent dans nos pays d’une aura quasi-institutionnelle.  Elles jouent un rôle indéniable de lanceur d’alerte. Les grands médias leurs sont largement ouverts : n’étant par leur intitulé liées à aucun gouvernement, leur point de vue serait forcément impartial. Les exactions qu’elles dénoncent ne se limitent pas aux pays du sud. Représentées par des personnalités respectées, elles afficheraient toutes les garanties d’honorabilité et de probité. Leur existence même nous rassure. A y regarder de plus près, certaines de ces qualités sont aussi des défauts. La visibilité extrême des ONG tend à faire accroire au public quelles sont les garantes, voire les dépositaires du droit international. Etant jugées indépendantes, elles seules seraient à même de rétablir le droit face aux structures étatiques ou supranationales qui seraient soumises aux contingences politiques et donc corrompues.

Rien n’est moins sûr. Une ONG ayant pignon sur rue déclarant que la Cour Pénale Internationale n’est pas faite pour la Palestine[1]. La plus grande association américaine laissant gravir à des postes de direction sur le Proche-Orient un militant sioniste zélé[2]. Telle autre hésitant longuement pour savoir si la ségrégation dont sont victimes les Palestiniens israéliens peut être qualifiée d’apartheid.

Le principe associatif est de permettre à des individus de bonne volonté de s’associer pour promouvoir une activité, souvent à caractère social. Se trouvent ainsi agrégées des personnes fidèles à la cause, mais sont-elles nécessairement compétentes ? La gratification personnelle qui en découle ne prend-elle pas parfois le pas sur la cause elle-même ? L’ONG grandit, et il faut alors des financements pérennes. Et voilà que l’ONG s’institutionnalise, embauche des communicants, court les plateaux de télévision, lève à grand bruit des fonds pour des causes qui ne sont pas toujours claires. Certains lieux stratégiques, comme le Parlement européen ou la Cour Pénale Internationale, sont véritablement assiégés par leurs représentations. Un lobbying qui coute cher, et pose évidemment la question du financement. A ce niveau ce ne sont plus de petits donateurs retraités.

Que dit le droit ? Un parti politique est représentatif à travers ses électeurs, comme les syndicats dans les entreprises. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, une ONG type « droit de l’homme » ne représente pas les victimes d’atteintes aux droits de l’homme. Elle représente les adhérents à jour de leur cotisation.  Or dans le cas des grosses ONG, la part des cotisations ne représente qu’une infime fraction des revenus. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) à laquelle est affiliée le PCHR (Palestinian Commitee for Human Rights) annonce un budget de 9 millions d’euros, et son rapport annuel 2018 précise :  1,7% de cotisations et 98,3 % de subventions. Dans la rubrique « Qui nous soutient ? », aucun chiffre mais une simple liste : essentiellement des Etats occidentaux et des fondations pour les plus grosses liées à la finance. Où est l’indépendance ? S’agissant des procédures lancées par la Palestine devant la Cour de Justice de l’Union Européenne ou la CPI, un objectif essentiel est de consacrer la souveraineté et la qualité d’État devant une juridiction internationale. Or les ONG les plus puissantes se positionnent souvent en remplacement des structures publiques, accréditant l’idée que l’Etat est défaillant à remplir ses obligations, marginalisant le rôle politique attendu des Etats. Bien sûr les ONG peuvent participer, en marge et à titre informatif, à l’élaboration de l’opinion des juges, mais en aucun cas elles ne peuvent se substituer aux juges et aux avocats des victimes, aux systèmes judiciaires dont se sont dotés les Etats. Sur le plan juridique, il y a un saut qualitatif entre les professionnels et une association non gouvernementale. D’où de grossières erreurs. Comme ces ONG reconnues qui, à l’occasion de crime de guerre commis en Palestine, réussissent à convaincre les victimes de porter plainte auprès de la Cour suprême israélienne : sollicitation qui bloque toute possibilité de plainte en direction de la Cour Pénale Internationale puisqu’une juridiction locale prend en charge l’affaire[3].

Plutôt que de nous intéresser au rapport de telle ou telle ONG, observons la couverture médiatique de l’événement constitué par l’ouverture d’enquête par la Procureure le 3 mars 2021, décision précédée le 5 février d’un jugement de la Cour reconnaissant l’Etat de Palestine et la souveraineté du peuple palestinien sur son territoire. Une lecture fondatrice, qui détruit la légende de Palestiniens condamnés à trouver leur avenir à partir de négociations avec Israël. La relation dans les médias de ces deux décisions judiciaires est singulièrement différente en Israël et en France.

En Israël :

Dans les jours qui suivent l’annonce de l’ouverture d’enquête, le contenu des médias israéliens marque une évolution rapide. Le déni, voire l’insulte, sont progressivement remplacés par une meilleure information juridique avec son corollaire qui est l’inquiétude. Le président israélien fait le tour des supposés amis politiques notamment européens. Il reçoit de cordiaux messages de soutien mais suscite autant de déclarations en faveur de la justice internationale.  Une lettre, envoyée par le Premier ministre britannique Boris Johnson à deux Lords inquiets[4], évoque irrésistiblement la duplicité de la déclaration Balfour de 1917, énonçant sur la même page une chose et son contraire : condamnation de la décision de la Cour et confiance renouvelée dans la justice internationale représentée par la même Cour !  A la veille de la réponse attendue des dirigeants israéliens à la question de savoir s’ils vont faire jouer, ou pas, le principe de subsidiarité, signe d’une certaine agitation, la version numérique du Jérusalem Post ne publie pas moins de trois articles dans la même journée : à 13h le journal annonce que, malgré plusieurs réunions animées, le cabinet du Premier ministre n’a pas réussi à élaborer une réponse à Fatou Bensouda ; à 15h le journal traite Fatou Bensouda de « canard boiteux » et place ses espoirs dans le changement de procureur à venir[5] ; à 18h il annonce qu’Israël refusera toute coopération avec la CPI.   Et on épluche le passé du prochain procureur, sans y trouver quoi que ce soit augurant qu’il pourrait « laisser tomber l’affaire ».

En France :

L’ouverture d’enquête, une fois révélée, est suivie d’un silence assourdissant. On se contente d’insister sur les réactions israélienne et nord-américaine, qui sont du domaine du politique et du diplomatique, alors qu’une phase judiciaire est enclenchée. Les déclarations du département d’Etat et du président américain déclarant que la CPI doit se réformer, et que seule la saisine par le Conseil de sécurité ne devrait subsister, ne sont pas commentées. Alors que le droit de véto des membres permanents reviendrait alors à supprimer la CPI !  Point d’articles de fond concernant les aspects purement juridiques, comme si la séparation des pouvoirs n’existait pas. Or elle existe.  Président des Etats-parti et procureur sont élus par l’Assemblée générale des représentants des 123 Etats membres. Le Conseil de sécurité ne peut, au maximum, que retarder d’un an une ouverture d’enquête[6], mais pas l’empêcher. La machine judiciaire est aujourd’hui en route, nommément sur trois dossiers : la colonisation de la Cisjordanie (colonisation et apartheid constituant les deux faces d’une même pièce), les victimes de la guerre de 2014 et des « Marches du retour » de 2018.  Oublions la recommandation d’une ONG qui, au mépris du bon sens, exige de l’ONU la création d’une « commission d’enquête internationale ». Et observons la réalité en face : pour la première fois depuis le démembrement de l’empire Ottoman les Palestiniens vont pouvoir faire entendre leur voix devant une cour pénale.

Christophe Oberlin

[1] Voir Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale – L’enquête, Christophe Oberlin, Editions Erick Bonnier, p 21

[2] Voir L’Echange – Le soldat Shalit et les Palestiniens, Christophe Oberlin, Editions Erick Bonnier p 60-61

[3] Principe de subsidiarité, article 17 du Statut de Rome.  Déclencher des enquêtes locales, avec pour effet de bloquer les enquêtes correspondantes par la CPI en attendant de pouvoir évaluer si ces procédures ont été menées équitablement.

[4] https://www.theguardian.com/world/2021/apr/15/palestine-condemns-boris-johnson-opposing-icc-israel-investigation

[5] La Gambienne Fatou Bensouda termine son mandat en mai 2021 et sera remplacée par le Britannique Karim Khan

[6] Et après avoir obtenu le vote d’au moins 9 des 15 membres du Conseil.


*On peut commander ses ouvrages en cliquant ici

Source: Le blog de Christophe Oberlin

♦ Comprendre la « goebbelisation » de Libération en 10 épisodes (et au dixième je cafte un secret, sans remords)


Qu’est-ce que Libération qui diffuse des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?

1er épisode. Où je suis moins crédible que Nabilla
Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit sur moi (pas sur mon livre, hein !) : « Deux ouvrages sur Reporters sans frontières lui ont valu, en 2008, un conflit avec Robert Ménard et des mentions dans la presse régionale française et sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, lequel préfacera un de ses livres en 2011. Ce qui ne le rend pas pour autant « célèbre » – son compte Twitter vient juste de dépasser les 2 000 abonnés ».

La célébrité (et donc la crédibilité ?) mesurée au nombre abonnés sur Twitter ! Avec deux ans de moins qu’elle sur Twitter et sans écrire dans un quotidien aussi médiatisé que Libération, j’ai à ce jour le même nombre d’abonnés qu’elle (mais moins que Nabilla, j’admets).

Mon « conflit » avec Robert Ménard ? En fait, quatre menaces de procès !

Des « mentions dans la presse régionale française »  ? (chez les ploucs du « fin fond de la Corrèze ? »). Mon livre sur la face cachée de Reporters Sans Frontières été traduit en espagnol et sélectionné pour le prestigieux prix « Lire la politique » dont les jurés sont les directeurs ou rédacteurs en chef des 17 plus grands médias nationaux. Le président du jury était Régis Debray. J’ai refusé le prix par avance.

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2ème épisode. La « caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage »
Dans son article « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux dit de moi : « Sur le site du Grand Soir, « journal militant d’information alternative d’extrême gauche dont il est administrateur, il rédige de longs éditos au vitriol contre tous ceux qu’il affilie à l’« atlantisme », qualifiant Libération de « caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage »…
« Militant, extrême gauche, vitriol », tremblons. Notons bien qu’elle ne parle toujours pas de mon livre, pourtant objet de l’interview sollicité.

En discussion hors interview, puis par un mail, je lui avais pourtant dit que si j’avais écrit ça quelque part, je le regrettais et que je le retirais. Mais puisqu’elle pense qu’il faut malgré tout le publier, je peux l’améliorer : « Libération est la caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage et que personne jamais ne nettoie. Ça pique aux yeux » . Car (j’ai recherché) ma phrase figurait dans un article pour fustiger une belle déjection de Libération, tronquant une phrase d’Hugo Chavez pour en faire un antisémite.

Confondu par Romain Migus, un journaliste en poste à Caracas et aujourd’hui administrateur du Grand Soir, Libération refusa de débarrasser son plancher de la crotte Goebellienne.

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3 ème épisode. Génocide à tout prix

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit : « Faisant fi des critères établis par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide signée par les Nations unies en 1948, il est persuadé qu’il ne peut y avoir de « génocide » puisqu’il n’y a pas d’« extermination ».

Récuser le terme de « génocide », c’est exactement ce que font aujourd’hui à Washington des avocats du Département d’Etat, une tribune du Washington Post (j’y reviendrai) et deux prestigieux nord-américains de réputation mondiale. L’un est un économiste proche de nombreuses administrations démocrates US. Il est considéré comme l’un des cent intellectuels les plus influents au monde. Il a été le conseiller de plusieurs secrétaires généraux des Nations Unies dont Antonio Gutteres. L’autre est un professeur de droit de réputation mondiale, un spécialiste écouté aux Nations Unies sur les questions de la torture, de la peine de mort et du génocide.

De surcroît, la banalisation du mot « génocide » ne peut que réjouir les nostalgiques du IIIème Reich.

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4ème épisode. Un parfum de CIA

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit que, pour moi, la vague de propagande antichinoise n’est qu’« une imposture au discret parfum de CIA », « manigancée par les Etats-Unis et relayée par les politiciens et les médias français… ».

La CIA à l’origine de cet enfumage mondial sur les Ouïghours ? C’est exactement ce qu’a révélé le colonel Lawrence Wilkerson, ancien chef d’état-major de Colin Powell.

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5ème épisode. Les ouïghours exécutés pour prélèvements d’organes

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux me reproche de contester des mensonges publiés sur des réseaux sociaux (moins fiables que les médias subventionnés) : « Prouver que ces rumeurs, parfois assez relayées, comme le prélèvement d’organes, ne sont pas prouvées, sont imprécises ou sont inventées, lui suffisent (sic) pour délégitimer tout le reste ». Pendant l’interview, elle avait soutenu que Libération n’avait pas relayé l’affreux bobard des prélèvements d’organes. Elle persiste dans son article. Lisons donc la tribune de Libération le 2 octobre 2019. Titre : « La France doit s’engager contre le prélèvement forcé d’organes ». Avec un paragraphe ainsi intitulé : « Exécutés pour leurs organes », où l’on lit : « …la pratique aurait comme cible principale des milliers de prisonniers d’opinion, notamment les pratiquants du Falun Gong – une forme de yoga chinois – ainsi que des détenus ouïghours et tibétains. »

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6ème épisode. La preuve par le best-seller

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux ironise sur le livre qui « n’a pourtant rien du best-seller : moins de 580 exemplaires avaient été vendus le 24 mars, trois mois après sa sortie ».

Ce chiffre est faux. Ce qui est vrai, c’est qu’il est imprimé « à la demande », choix écologique qui évite le « pilonnage » d’invendus et des « retours » des librairies. Ce système ralentit les ventes.

Parenthèse : est-il vrai aussi que Libé ne respire encore que grâce à des subventions énormes (plus 6 millions d’euros par an) et la pub ? Que parmi les journaux malades « Les plus touchés sont : Libération qui a perdu 40 % de son lectorat papier (- 19 000 journaux vendus par jour, que ce soit en kiosque ou par abonnement) entre les mois de décembre 2015 et 2019 et Aujourd’hui en France qui a chuté de 38 % (- 48 000 journaux vendus par jour) pour la même période. ». ?

On se demande pourquoi un livre « confidentiel » provoquerait un tel déchaînement. Libération, Arrêt Sur Images, France Inter, RFI, Quotidien/C8, le Canard enchaîné, le Monde, sont montés au front avec hargne (haine) contre l’auteur.

Par ailleurs, il faudra que Libération apprenne qu’il n’est pas recommandé d’être A LA FOIS antichinois et inculte en matière d’édition. En 1952, Samuel Beckett vend 125 exemplaires de «  En attendant Godot ». Le «  Précis de décomposition » de Cioran paru en 1949 rencontre 20 lecteurs. Il faudra deux ans à André Gide pour parvenir à vendre 215 exemplaires de son livre « Les nourritures terrestres » paru en 1897. En 1899 ; « L’amour absolu » d’Alfred Jarry ne dépasse pas 15 exemplaires. Enfin, l’année où il obtint son prix Nobel de littérature (1960) Saint-John Perse vend 90 exemplaires de « Chroniques ». Par contre, dans les mois qui suivirent sa parution, «  Initiales B.B. : Mémoires » s’est vendu à un million d’exemplaires.

Le livre : « Ouïghours, pour en finir avec les fake news » est vendu à ce jour à 1000 exemplaires (pas grâce aux médias, si ?), il va atteindre et dépasser la moyenne des ventes françaises pour un essai. Des pourparlers avancés vont permettre sa publication en anglais, mandarin, turc, arabe, allemand, espagnol, portugais, Italien, japonais, coréen, russe, esperanto…

Mais il est vrai que l’intelligentzia bobo–à-jean-déchiré-et-à-duffle-coat-pour-les-frimas (et la frime) blottie dans Paris intra-muros exige qu’un best-seller soit estampillé par les médias des 9 milliardaires et par un passage de l’auteur chez François Busnel, Augustin Trapenard et au « 28 minutes » d’Arte, le tout souligné par une interview dans Télérama, autant de guet-apens inévitables quand on conteste la version yankee de la situation au Xinjiang, incongruité qui vous fait passer du statut d’auteur à celui d’ennemi, d’invité policé à énergumène qui pisse dans le vase en cristal de la baronne. Et que les valets vont bastonner.

Maxime VIVAS
Fin de la première partie. Un scoop qui décoiffe attend le lecteur à la fin de la deuxième
.

URL de cet article 37106
https://www.legrandsoir.info/comprendre-la-goebbelisation-de-liberation-en-10-episodes-et-au-dixieme-je-cafte-un-secret-sans-remords-37106.html 

♦ En 2016, quand l’assassin d’un musulman, puisque musulman, par un « Français de souche » a été jugé « irresponsable ». Indignation ? Zéro !


Il y a des morts qui sont plus égales que d’autres. Ainsi l’assassin raciste de Mohamed El Makouli, dans le Vaucluse, a été jugé irresponsable du fait de le consommation de drogue. Dehors, dans l’opinion, dans la presse qui dénonce tant les injustices, pas un mot. La malheureuse Sarah Halimi n’y est pour rien. Mais son martyr a été pris en otage par un clan politique alors que les mêmes indignés se sont tus après les 17 coups de couteau reçus par le « Musulman ».

En janvier 2015, à Beaucet dans le Vaucluse, Thomas Gambet a tué Mohamed El Makouli de 17 coups de couteau sous les yeux de sa femme Nadia. Il a défoncé la porte de ses voisins et s’était jeté sur Mohamed en lui portant des coups et en hurlant « Je suis ton dieu, il n’y a pas d’Islam ! ». Mohamed était déjà en train de mourir quand Nadia a attrapé son bébé pour s’enfuir dans la nuit noire. Lors de l’instruction du procès devant le TGI de Nimes, l’avocate de la veuve de Mohamed El Makouli a demandé de considérer qu’il ne s’agissait pas « d’une abolition du discernement » mais d’une simple « altération aggravée par la prise de stupéfiants au moment des faits ». Mais les experts en psychiatrie ont conclu à « l’abolition du discernement » de Thomas Gambet au moment de son acte.

En Juillet 2016, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Nîmes a déclaré Thomas Gambet « irresponsable pénalement » de l’homicide volontaire qui lui était reproché. Si des gens voient dans ce post une tentative de ma part de faire le parallèle avec l’affaire de la regrettée Sarah Halimi, alors ils n’ont pas tout à fait tort.

Par contre la comparaison s’arrête là. Après le meurtre de Mohamed El Makouli, il n’y a pas eu de grandes manifestations pour cogner sur la justice et insulter les experts et les juges. Il n’y a pas eu non plus de demandes de modifier la loi puisque certains veulent que la France devienne le seul pays à juger les fous. Il n’y a pas eu, non plus, un grand tapage médiatique ni cette incroyable quantité de commentaires irresponsables de la part de responsables politiques. Il n’y a pas eu de plainte déposée dans le pays d’origine de la victime, le Maroc, ni de déclarations de députés français d’origine marocaine suggérant d’extrader Thomas Gambet au Maroc pour le juger ; ou envisageant son enlèvement illégal en France pour l’emmener de force au royaume chérifien.

Que Sarah Halimi et Mohamed El Makouli reposent en paix et que leur mémoire soit respectée et non utilisée à des fins puantes.

La meilleure façon de leur rendre hommage c’est de protéger la justice contre les attaques nauséabondes dont elle est l’objet. Cette justice qui a eu le même traitement dans les deux cas, indépendamment des croyances ou origines des victimes et des meurtriers.

Tahoufiq Tahani

(le titre et les chapô sont issus du Grand Soir)

En 2016, quand l’assassin d’un musulman, puisque musulman, par un « Français de souche » a été jugé « irresponsable ». Indignation ? Zéro ! — Tahoufiq TAHANi (legrandsoir.info)

♦ Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam


Dans la première partie de cette série, j’ai expliqué comment un stock massif d’armes américaines stockées à Okinawa, au Japon, qui devaient à l’origine être utilisées pour l’invasion américaine prévue du Japon, ont été retirées une fois que les deux bombes atomiques ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki.

Fletcher Prouty, chef des opérations spéciales pour les chefs d’état-major interarmées sous Kennedy et ancien colonel de l’armée de l’air américaine, explique dans son livre « The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy » que ces énormes cargaisons d’armes n’ont pas été renvoyées aux États-Unis, mais que la moitié a été transportée en Corée et l’autre au Vietnam.

Les implications de ce fait sont énormes.

Cela signifie que des préparatifs de la guerre froide étaient déjà en cours dès août 1945 et probablement bien avant, et que les deux régions choisies, la Corée et le Vietnam, ont été planifiées respectivement cinq ans et dix ans à l’avance, avant que les guerres réelles n’aient lieu.

Cela signifie que les récits officiels autour de la guerre de Corée et la guerre du Vietnam n’ont été écrits que pour créer une « réalité » à la guerre froide.

Il convient donc de se demander quelle est la véritable raison pour laquelle les Américains se sont engagés dans ces deux guerres brutales ? Pourquoi des figures de proue de l’élite américaine, dont beaucoup avaient refusé catégoriquement de participer à la lutte contre le fascisme pendant la Seconde Guerre mondiale, ont-elles été si rapidement convaincues que tout ce qui avait trait au communisme devait être détruit par leurs soins ?

Nous répondons à ces questions dans cette série intitulée « Les racines fascistes de la CIA ».

La CIA et le Pentagone : L’histoire de deux amants

Comme nous l’avons vu dans la première partie de cette série, la victoire d’Eisenhower-Nixon, en 1952, fut le point culminant d’années de stratégie politique menée par des courtiers républicains de Wall Street, et de nouveaux dirigeants au département d’État et à la CIA, Foster et Allen Dulles respectivement, ont été choisis. Ils allaient diriger les opérations internationales de la nation la plus puissante du monde.

C’est pour cette raison que l’élection présidentielle de 1952 est entrée dans l’histoire comme le triomphe de « l’élite au pouvoir ».

Toute la période allant du 12 avril 1945 à ce jour fatidique de l’élection peut être comprise comme la première étape du coup d’État américain. C’est particulièrement évident entre 1945 et 1949, lorsqu’un certain nombre de nouveaux textes législatifs ont été adoptés, réorganisant avec succès les départements au sein des États-Unis, de sorte que la plupart des décisions gouvernementales et militaires soient soumises à l’autorité de quelques hommes, beaucoup plus puissants que le président lui-même.

La loi sur la sécurité nationale de 1947, un de ces chevaux de Troie, est l’une des premières de ce nouveau type de législation et a conduit à la création de la Central Intelligence Agency, la plaçant sous la direction du Conseil de sécurité nationale.

Bien qu’elle n’autorise pas explicitement la CIA à mener des opérations secrètes, le paragraphe 102 était suffisamment vague pour permettre des abus. En décembre 1947 (moins de quatre mois après la création de la CIA), la nécessité perçue d’« endiguer le flot du communisme » en Europe occidentale – en particulier en Italie – par le biais d’une « guerre psychologique » ouverte et secrète, a mis le feu aux poudres et le NSC 4-A est né.

La NSC 4-A était une nouvelle directive couvrant « les opérations paramilitaires clandestines, ainsi que la guerre politique et économique ». Elle autorisait l’intervention de la CIA dans les élections italiennes d’avril 1948.

Il était entendu que l’armée américaine ne pouvait jouer aucun rôle « direct » dans les opérations secrètes, car cela irait à l’encontre de la possibilité de nier.
On s’attendait à ce que le Parti communiste italien, admiré pour avoir mené la lutte contre Mussolini, remporte les premières élections italiennes de l’après-guerre. Bien entendu, cela a été considéré comme intolérable sous le diktat du rideau de fer et des opérations secrètes américaines ont été déployées pour bloquer la victoire antifasciste. Le journaliste d’investigation Christopher Simpson écrit dans son livre « Blowback » qu’une partie substantielle de ce financement provenait de biens nazis capturés. Cette intervention, selon Simpson, a fait pencher la balance en faveur du parti chrétien-démocrate italien, qui cachait des milliers de fascistes dans ses rangs.

Quelques mois à peine après sa création, la CIA, qui était censée être un organe civil de collecte de renseignements du gouvernement, est devenue responsable d’opérations secrètes, notamment de « guerre psychologique ». On est loin de ce qui avait organisé les États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale, et qui reposait sur une armée civile. Un tel mandat gouvernemental pour des opérations de cape et d’épée en temps de paix aurait été considéré comme impensable.

Mais c’est pourquoi le récit de la guerre froide était si impératif, puisque dans ce cauchemar paranoïaque et schizophrénique, on pensait que le monde ne serait jamais en paix tant qu’une partie importante de celui-ci n’aurait pas été anéantie. La guerre froide définissait un ennemi pixellisé, sous-défini et invisible à l’œil. L’ennemi était ce que vos supérieurs vous disaient être l’ennemi, et comme un métamorphe, il pouvait prendre la forme de n’importe qui, y compris votre voisin, votre collègue, votre partenaire… même le président.

Il y aurait toujours un ennemi, car il y aurait toujours des gens qui résisteraient à la Grande Stratégie.

La NSC 4-A fut remplacée par la NSC 10/2, approuvée par le président Truman le 18 juin 1948, qui crée l’Office of Policy Coordination (OPC). La NSC 10/2 est le premier document présidentiel qui spécifie un mécanisme d’approbation et de gestion des opérations secrètes, et également le premier dans lequel le terme « opérations secrètes » est défini.

De 1948 à 1950, l’OPC n’était pas sous le contrôle de la CIA, mais plutôt une opération renégate dirigée par Allen Dulles. L’OPC passe sous le contrôle de la CIA en octobre 1950, lorsque Walter Bedell Smith devient directeur de la Central Intelligence, et est rebaptisé Directorate of Plans.

Bien que la CIA soit strictement chargée des opérations secrètes, elle a souvent besoin de l’armée pour obtenir du personnel supplémentaire, des moyens de transport, des bases à l’étranger, des armes, des avions, des navires et toutes les autres choses que le ministère de la Défense possède en abondance. En réalité, les militaires, qu’ils le veuillent ou non, se retrouvaient pour toujours dans les bras de leur amante toxique, la CIA.

En 1992 Prouty écrivait :

« L’OPC et d’autres membres de la CIA étaient dissimulés dans des unités militaires et bénéficiaient d’une couverture militaire chaque fois que cela était possible, notamment au sein des bases militaires éloignées dans le monde entier… Les méthodes opérationnelles secrètes ou invisibles mises au point par la CIA et l’armée au cours des années 1950 sont encore utilisées aujourd’hui, malgré la disparition apparente de la guerre froide, dans des activités secrètes telles que celles qui se déroulent en Amérique centrale et en Afrique… Il est difficile de distinguer la CIA de l’armée car elles travaillent toujours ensemble. »

Une déclaration audacieuse

Le 2 septembre 1945, Ho Chi Minh signait la déclaration d’indépendance d’une nouvelle nation, la République démocratique du Vietnam, qui statut que :

« Un peuple s’est courageusement opposé à la domination française pendant plus de quatre-vingts ans, un peuple a combattu aux côtés des Alliés contre les fascistes au cours de ces dernières années – un tel peuple doit être libre et indépendant. »

Ho Chi Minh dirigeait depuis 1941 le mouvement nationaliste d’indépendance du Viet Minh contre la domination coloniale du Japon. Comme la majorité du monde, Ho Chi Minh considérait que la guerre contre les fascistes était alignée sur une guerre contre l’impérialisme. Il pensait que si le monde devait enfin prendre position contre cette tyrannie, le colonialisme n’aurait plus sa place dans le monde de l’après-guerre. Le monde devrait être organisé sur la base de la reconnaissance et du respect des États-nations indépendants, conformément à la vision d’après-guerre de Roosevelt.

Après une longue et horrible bataille contre les impitoyables fascistes japonais, avec le soutien des États-Unis et de la Chine pendant la guerre, Ho Chi Minh espérait que le Vietnam pourrait retrouver sa paix d’antan grâce à sa nouvelle indépendance vis-à-vis du régime colonial.

Les Japonais s’étaient rendus et partaient. Les Français avaient été vaincus par les Japonais et ne reviendraient pas – du moins le pensait-on.

Vo Nguyen Giap, le brillant commandant militaire de Ho Chi Minh, alors qu’il était ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire, a prononcé un discours décrivant les États-Unis comme un bon ami du Viet Minh. Cela aussi, c’était en septembre 1945. Ho Chi Minh avait reçu des États-Unis un énorme stock d’équipement militaire et il s’attendait à pouvoir administrer son nouveau gouvernement au Vietnam sans autre opposition.

Mais le 23 septembre 1945, peu après la publication de la déclaration d’indépendance de la République démocratique du Vietnam, un groupe d’anciennes troupes françaises, agissant avec le consentement des forces britanniques (qui s’étaient vu confier la juridiction de la région à la suite de la conférence de Potsdam) et armé d’armes japonaises volées dans les stocks de capitulation, a organisé un coup d’État local et pris le contrôle de l’administration de Saigon, au Vietnam du Sud, connue aujourd’hui sous le nom de Hô Chi Minh-Ville.

En janvier 1946, les Français avaient atteint tous leurs objectifs militaires au Vietnam et réinstallé le gouvernement français.

Il faut comprendre que la suppression de la présence française en Indochine ne fut pas une mince affaire, car il ne s’agissait pas seulement de leur présence militaire, mais aussi de leurs intérêts commerciaux, notamment les banques françaises, parmi les plus puissantes d’Asie. Les Français imposaient leur présence coloniale en Indochine depuis 1787.

Les négociations entre la France et la République démocratique du Vietnam ont commencé début 1946. Ho Chi Minh se rend à Paris, mais la conférence échoue en raison de l’intransigeance française.

La guerre d’Indochine française éclate en 1946 et dure huit ans, l’effort de guerre de la France étant largement financé et fourni par les États-Unis.

En 1949, Bao Dai, l’ancien empereur qui passait la plupart de son temps dans le luxe à Paris, en France, a été mis en place par des intérêts étrangers pour être le gouvernement fantoche de l’État du Vietnam (Vietnam du Sud).

Le 8 mai 1950, le secrétaire d’État Dean Acheson annonçait que les États-Unis allaient accorder une aide économique et militaire à la France et à l’État du Vietnam. La valeur de cette aide militaire dépassait les 3 milliards de dollars.
Il n’y a jamais eu de raison officielle pour laquelle les États-Unis ont changé leur allégeance de Ho Chi Minh vers les intérêts coloniaux français et à leur gouvernement fantoche. Bien que la croyance de Ho Chi Minh dans le communisme ait été utilisée pour justifier cette trahison, la vérité est qu’il représentait une menace parce qu’il se considérait avant tout comme un nationaliste, qui croyait que le peuple vietnamien ne faisait qu’un et que sa nation méritait d’être indépendante de la domination coloniale.

C’est ce nationalisme qui ne pouvait être toléré dans les régions du monde considérées comme des territoires impériaux et des terres soumises. C’est pour cette même raison que le MI6 et la CIA ont organisé un coup d’État contre le nationaliste bien-aimé Mosaddegh en Iran, un non-communiste titulaire d’un doctorat en droit et qui était en passe de supprimer toutes les revendications impériales britanniques sur le pétrole du pays après avoir gagné son procès contre les Britanniques à La Haye et au Conseil de sécurité des Nations unies en 1951.

C’est pourquoi les intérêts de l’impérialisme et du fascisme étaient souvent liés main dans la main, comme on l’a vu avec Édouard VIII (bien qu’il n’ait pas été le seul de la famille royale britannique à partager ces opinions), le gouvernement de Vichy en France, le roi d’Italie Victor Emmanuel III qui a nommé Benito Mussolini Premier ministre en 1922 (et n’a viré Mussolini qu’en 1943 lorsqu’il était clair qu’ils allaient perdre la guerre) et le Japon impérial sous l’empereur Hirohito.

C’est pour cette raison que nous avons vu, avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, les impérialistes et les fascistes discuter entre eux de ce que serait le monde d’après-guerre. C’est pour cette raison que les pays choisis pour superviser cette Grande Stratégie seraient les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon, plutôt que le choix de Roosevelt, à savoir les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine.

C’est pour cette raison que le rideau de fer, annoncé à l’origine, non pas par Churchill, mais par le ministre allemand des Affaires étrangères, le comte Lutz Schwerin von Krosigk, dans le London Times du 3 mai 1945, devait annoncer les termes d’une guerre indéfinie contre le communisme. En réalité, il s’agissait de tout pays opposé à la domination impériale, opposé à l’idée que certains sont nés pour gouverner et d’autres pour être gouvernés, en d’autres termes, l’impérialisme et les États-nations souverains ne pouvaient coexister.

Ho Chi Minh fut un allié des Américains sous la direction de Roosevelt. Cependant, avec la mort de Roosevelt et le coup d’État mou qui a suivi, Ho Chi Minh est devenu un ennemi.

La mission militaire de Saïgon

Le 8 janvier 1954, lors d’une réunion du Conseil national de sécurité, le président Eisenhower fait clairement savoir que les Américains n’ont pas leur place dans la guerre du Vietnam. Mais cela n’a pas vraiment d’importance.

Eisenhower, qui avait l’habitude que les gens suivent assidûment sa ligne de commandement en tant que général de la Seconde Guerre mondiale, allait bientôt apprendre que cela ne s’appliquait pas en tant que président des États-Unis.

Parmi les participants à la réunion du Conseil national de sécurité du 8 janvier 1954 figurent Allen W. Dulles et son frère John Foster Dulles. Il est impossible que les frères Dulles aient pu mal comprendre les paroles du président Eisenhower.
Pourtant, le 14 janvier 1954, six jours seulement après la déclaration « véhémente » du président contre l’entrée des forces armées américaines en Indochine, le secrétaire d’État John Foster Dulles déclarait :

« Malgré tout ce que nous faisons, il reste une possibilité que la position française en Indochine s’effondre. Si cela se produisait et que les Français étaient jetés dehors, il deviendrait, bien sûr, de la responsabilité du Viet Minh victorieux de mettre en place un gouvernement et de maintenir l’ordre au Vietnam… [Je] ne crois pas que dans cette éventualité, ce pays [les États-Unis] dirait simplement : « Tant pis ; nous sommes battus et c’est la fin de cette histoire.« 

Ainsi, la graine était plantée. Si les Français étaient chassés, ce qui était plutôt prévisible, il était entendu que les États-Unis ne s’engageraient pas dans une guerre ouverte avec le Viet Minh. Cependant, ils pourraient mener des opérations clandestines contre les forces de Ho Chi Minh afin de leur causer des ennuis ou, selon les mots de Foster Dulles, « de provoquer l’enfer ».

C’est ainsi que débuta l’intervention et l’implication directe des Américains dans la guerre du Vietnam, une guerre dans laquelle les Américains armaient les deux camps depuis 1945 et à laquelle il n’y avait pas d’objectif militaire officiel, si ce n’est de « provoquer l’enfer ».

Selon un compte rendu de la réunion du Conseil de sécurité nationale du 14 janvier 1954, il a été :

« Convenu que le directeur de la Central Intelligence [Allen Dulles], en collaboration avec d’autres départements et agences appropriés, devrait développer des plans, comme suggéré par le secrétaire d’État [John Foster Dulles], pour certaines éventualités en Indochine. »

Et, juste de cette manière, la supervision entière de la guerre du Vietnam fut placée entre les mains des frères Dulles.

Deux semaines plus tard, le 29 janvier, Allen Dulles, choisissait le Colonel Lansdale pour diriger l’équipe qui allait « provoquer l’enfer » au Vietnam. Edward G. Lansdale, chef de la mission militaire de Saïgon, est arrivé à Saïgon le 1er juin 1954, moins d’un mois après la défaite de la garnison française à Dien Bien Phu, dans le but de mener une opération secrète de guerre psychologique et d’activités paramilitaires au Sud-Vietnam.

Prouty écrit :

« Ce n’était pas une mission militaire au sens conventionnel du terme, comme l’avait dit le secrétaire d’État. Il s’agissait d’une organisation de la CIA dont la mission clandestine était de « provoquer l’enfer » avec des « opérations de guérilla » partout en Indochine, une organisation terroriste compétente capable de remplir son sinistre rôle conformément à la Grande Stratégie de ces années de guerre froide.
… Avec cette action, la CIA a établi la Mission militaire de Saïgon (SMM) au Vietnam. Elle n’était pas souvent à Saïgon. Elle n’était pas militaire. C’était la CIA. Sa mission était de travailler avec les Indochinois anti-Viet Minh et non de travailler avec les Français. Avec ce contexte et ces stipulations, cette nouvelle unité de la CIA n’allait pas gagner la guerre pour les Français. Comme nous l’avons appris à nos dépens par la suite, elle n’allait pas non plus gagner la guerre pour le Sud-Vietnam, ni pour les États-Unis. Était-elle censée le faire ? »

Il convient de noter ici que, bien que les dossiers de la NSC et du Département d’État montrent que la Mission militaire de Saïgon n’a pas commencé avant janvier 1954, il y avait d’autres activités de la CIA au Vietnam, au Cambodge et au Laos (comme les équipes White Cloud) bien avant 1954, et certains membres de la SMM avaient participé à ces activités antérieures dès 1945. [L. Fletcher Prouty “The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy” pg 61].

Bien que Lansdale soit répertorié comme un colonel de l’armée de l’air américaine en charge du SMM, ce n’était qu’un stratagème. Il continuerait au Vietnam, comme il l’avait fait aux Philippines, à exploiter la couverture d’un officier de l’armée de l’air et à être affecté au Military Assistance Advisory Group (MAAG) à des fins de « mission de couverture ». Il était toujours un agent de la CIA, et ses véritables patrons étaient toujours à la CIA.

Avec la défaite des Français face à Ho Chi Minh en 1954 lors de la bataille de Dien Bien Phu, mettant fin à la première guerre d’Indochine, il était entendu qu’un nouveau leadership de l’opposition serait nécessaire si l’on voulait empêcher Ho Chi Minh de prendre le contrôle du Sud-Vietnam.

Ngo Dinh Diem allait évincer Bao Dai lors d’un référendum truqué en 1955, devenant ainsi le premier président de la République du Vietnam (Vietnam du Sud). Les Sud-Vietnamiens n’étaient intéressés par aucun des deux candidats.

Le lecteur doit noter ici que le Sud-Vietnam (également connu sous le nom de Cochinchine pendant des siècles) n’a jamais eu de véritable forme de gouvernement, car il n’a jamais été une nation de toute son existence, mais était plutôt composé d’anciens villages, ceci depuis plusieurs siècles avec relativement peu de changements. Il n’y avait pas de congrès, pas de police, pas de système fiscal – rien d’essentiel à la fonction d’une nation. Le « gouvernement » de Diem n’était rien d’autre qu’une façade bureaucratique.

Malgré cela, la République du Vietnam de Diem était traitée comme un membre égal de la famille des nations, comme si elle pouvait se tenir sur ses deux pieds et répondre en conséquence à la crise dans laquelle son peuple était plongé. Le gouvernement vietnamien qui, selon Eisenhower, devait combattre le Viet Minh en son propre nom, n’existait pas.

Un nombre prédominant d’Indochinois était en faveur d’Ho Chi Minh. Ils ne ressentaient aucune loyauté envers Bao Dai, qui vivait à Paris, et ils détestaient les Français. Ngo Dinh Diem était un moins que rien, qui n’a jamais rien accompli pour gagner le cœur de son peuple.

La guerre du Vietnam, telle qu’elle est comprise aujourd’hui, est pleine d’oublis. Mais l’oubli le plus grave de tous est peut-être le fait qu’aucune des six administrations américaines qui ont supervisé la guerre du Vietnam n’a jamais établit d’objectif militaire clair pour cette guerre. On a dit aux généraux envoyés à Saïgon de ne pas laisser les « communistes » prendre le contrôle du Vietnam, point final. Comme Prouty l’a déclaré à plusieurs reprises dans son livre, cela ne constitue pas un objectif militaire.

La mission militaire de Saïgon a été envoyée au Vietnam pour présider à la dissolution du pouvoir colonial français. Les frères Dulles savaient, dès janvier 1954 si ce n’est bien avant, qu’ils allaient créer un nouveau gouvernement vietnamien qui ne serait ni français ni Viet Minh et que ce nouveau gouvernement deviendrait alors la base de la poursuite de la guerre décennale en Indochine.

C’était leur principal objectif.

La Conférence de Genève, un exode génocidaire

La défaite des Français a abouti aux accords de Genève en juillet 1954, qui établissait le 17e parallèle comme ligne de démarcation temporaire séparant les forces militaires des Français et du Viet Minh. Dans les 300 jours suivant la signature des accords, une zone démilitarisée, ou DMZ, a été créée, et le transfert de tous les civils qui souhaitaient quitter l’un ou l’autre camp devait être achevé.
Ho Chi Minh et tous les Vietnamiens du Nord croyaient que leur nation était « une ». Ils ne voulaient pas d’une division de leur pays, comme les accords de Genève l’avaient garanti.

L’article final des Accords de Genève, au numéro 14, quelques lignes à peine remarquées, se lit comme suit : « … tout civil résidant dans un district contrôlé par une partie, qui souhaite aller vivre dans la zone assignée à l’autre partie, sera autorisé et aidé à le faire par les autorités de ce district ».

Le sens sinistre de ces propos était dissimulé sous l’apparence de mots humanitaires. La note américano-britannique parlait d’un « transfert pacifique et humain », comme s’ils étaient gentils et sensibles à la situation, prêts à déraciner des gens qui avaient vécu toute leur vie dans un village établi qui existait depuis des dizaines de milliers d’années.

Les gens du monde entier, dont la plupart ne connaissaient pas les Tonkinois, ont été amenés à croire que cette offre était un geste de compassion. Et, ce qui est pire, les planificateurs de ce sinistre complot étaient certains que les peuples du monde n’apprendraient jamais la vérité, c’est-à-dire que ce déplacement d’un million de Nord-Vietnamiens était en réalité destiné à mettre le feu au pays. Il s’agissait d’un coup monté et d’une base essentielle pour l’entrée directe des États Unis dans la guerre.

L’exode massif de Nord-Vietnamiens vers le Sud-Vietnam sera orchestré par la Mission militaire de Saïgon. Ce fut un terrible bouleversement pour ces gens, mais il a été vendu à l’Occident comme s’il s’agissait de réfugiés fuyant Ho Chi Minh. En réalité, ils fuyaient la « guerre psychologique » et les « tactiques paramilitaires » aujourd’hui appelées « terrorisme » que la SMM déchaînait contre ces petits villages du Nord.

Dans leurs propres mots, tels que trouvés dans les documents publiés avec les Pentagon Papers, les dirigeants du SMM ont écrit que la mission avait été envoyée au Nord-Vietnam pour mener une « guerre non conventionnelle », des « opérations paramilitaires », une « guerre politico-psychologique », des campagnes de rumeurs et pour mettre en place un cours de guerre psychologique de combat pour les Vietnamiens. Les membres du SMM étaient des « agents provocateurs » classiques.

Prouty écrit :

« Ce mouvement de catholiques – ou d’indigènes que le SMM appelait « catholiques » – des provinces du nord du Vietnam vers le sud, selon les dispositions de l’accord de Genève, est devenu l’activité la plus importante de la Mission militaire de Saïgon et l’une des causes profondes de la guerre du Vietnam. Le terrible fardeau que ces 1 100 000 déplacés démunis ont imposé aux résidents indigènes tout aussi pauvres du sud a créé une pression sur le pays et l’administration de Diem qui s’est avérée écrasante.

Ces indigènes sans le sou… ont été rassemblés à Haïphong par la mission militaire de Saïgon et mis à bord de navires de transport de la marine américaine. Environ 300 000 ont voyagé sur les avions de transport aérien civil de la CIA, et d’autres sont partis à pied. Ils ont été transportés, comme du bétail, dans la partie la plus méridionale du Vietnam, puis, malgré les promesses d’argent et d’autres aides de base, ont été lâchés au milieu de la population locale. Ces gens du nord sont des Tonkinois, plus chinois que les Cochinchinois du sud. Ils ne se sont jamais mélangés dans des conditions normales. Partout où ces pauvres gens ont été déversés dans le sud, on leur a donné le nom de « révoltés communistes », et une grande partie, la pire et la plus pernicieuse de ces vingt années de guerre qui ont suivi, a été le résultat direct de cette terrible activité qui avait été incitée et menée par la mission militaire terroriste de la CIA.

…Rien de ce qui s’est produit pendant ces trente années de guerre, 1945-75, n’a été plus pernicieux que le déplacement de ces 1 100 000 « catholiques » du nord vers le sud à une époque où le gouvernement du sud existait à peine’. »

Il ne fallut pas longtemps pour que le trouble causé par les intrus nordistes favorisés par Diem sur les indigènes du sud éclate en violence. Très vite, les « amis », selon le gouvernement de Diem et ses soutiens de la CIA, furent le million de catholiques du Nord, et l’« ennemi » – ou du moins le « problème » – était les autochtones cochinchinois du Sud.

Le moment était venu d’attiser les flammes de la guerre et de faire intervenir les Américains.

Cynthia Chung

A suivre

Traduit par Saker Francophone

Paru le 17 mars 2021 sur Strategic Culture

Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam | Arrêt sur Info (arretsurinfo.ch)

♦ Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde


Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde. Personne n’a jamais amassé autant de pouvoir. Hitler en crèverait d’envie si on lui montrait la grandeur de Google. Les protagonistes de Huxley et d’Orwell ne pouvaient qu’en rêver, Bezos et Gates l’ont fait. Ces derniers ont renversé le président américain pour en installer un plus à leur goût, et pour cause. La valeur nette combinée des 100 premiers ultra-riches américains a grimpé en flèche de 195 milliards de dollars depuis l’entrée en fonction de Biden, selon les calculs de Bloomberg. Ces géants contrôlent l’esprit de milliards de personnes. Les nations mettent en gage leurs terres et leurs industries pour acheter leurs médicaments brevetés. Ces géants connaissent nos visages, nos noms, ils savent tout de nous, jusqu’aux cellules dont nous sommes faits, jusqu’à la dernière protéine. Les dieux ont été vaincus, le doux Christ et le puissant Sabaoth, sans oublier Allah en colère. Est-ce là une chose dont on dit : « Voici, c’est nouveau » ? (Eccl 1:10) Non, mon ancêtre à l’esprit blasé avait raison – cela avait déjà été fait dans les âges qui nous ont précédés.

Il était une fois des géants qui avaient presque réussi à chasser les dieux hors de l’Olympe. Apollodore nous raconte que les dieux ne pouvaient pas gagner, jusqu’à ce qu’ils se souviennent de l’oracle selon lequel les géants ne seraient vaincus que si un homme mortel aidait les dieux. Seul l’homme peut faciliter la victoire des dieux sur les géants, devinaient les Grecs dans leur Gigantomachie, tout comme les chrétiens savaient que seul un Fils de l’Homme pouvait vaincre la Mort. Alors que les géants avaient presque vaincu les dieux, un homme mortel, Héraclès, avait franchi le pas, et c’est lui qui avait arraché la victoire des mâchoires de la défaite. Aujourd’hui, nous avons grand besoin d’un mortel courageux pour s’attaquer aux géants. S’il n’y a pas d’Héraclès, n’importe qui fera l’affaire ; mais les géants doivent être vaincus. Et voilà que justement, des tueurs de géants improbables se manifestent.

Le soulèvement a commencé dans la ville rebelle de Moscou, où le tribunal d’arbitrage de la ville a exigé que Google restaure un compte YouTube supprimé, sous peine d’avoir à payer des milliards de dollars d’amendes. Impossible, me direz-vous, Google est libre de faire ce qu’il veut. Google a banni Unz.com ; son géant de frère Twitter a banni Trump ; il n’y a aucun moyen d’annuler leurs décisions, car ces entreprises sont privées, et la propriété privée est sacrée – sinon c’est le communisme et le goulag ; ils peuvent faire ce qu’ils veulent, et leurs avocats très malins ont déjà inclus leur droit de vous débrancher dans chaque « acceptation des termes du contrat », d’un simple clic.

Pourtant, la Russie n’est pas si différente de toute autre nation occidentale. Jusqu’à ce que cela se produise, le système juridique russe avait refusé d’examiner les plaintes contre les géants de la technologie. La loi russe ne le permettait pas. Il suffisait que les géants stipulent que toutes les plaintes devaient être déposées à Londres ou devant un autre tribunal de leur choix pour que les Russes se soumettent docilement. Cependant, les géants sont allés trop loin en bloquant pour de nombreux Russes cette possibilité de les poursuivre devant une juridiction occidentale. Les Russes ont réagi en créant une nouvelle loi établissant la priorité de leur droit national et exigeant des tribunaux qu’ils traitent et jugent de leurs différends s’il n’existe aucun moyen de les poursuivre devant la juridiction occidentale convenue.

Cette nouvelle loi a été appliquée par le tribunal d’arbitrage de Moscou après que Google, en juillet 2020, a supprimé le compte de Tsargrad, une chaîne de télévision et une agence de presse chrétienne conservatrice appartenant à Konstantin Malofeev, un baron russe des médias numériques peu ordinaire. Le magazine Slate a dressé le portrait de cet homme il y a quelques années, alors qu’il en était encore à projeter de créer Tsargrad. Slate exagérait grossièrement la proximité et l’importance de Malofeev par rapport à Poutine, car il s’agit d’un outsider, mais pour le reste il vous en donne bien l’idée générale. Malofeev avait été sanctionné par les autorités américaines et européennes en 2014, puis le compte de la société de médias dont il est le principal propriétaire a été bloqué six ans plus tard, à l’été 2020. Tsargrad comptait plus d’un million d’abonnés lorsque soudainement, et sans avertissement, YouTube a supprimé son compte. Au début, ils ont expliqué leur action en affirmant que Tsargrad « enfreignait les clauses », comme toujours. Plus tard, Google s’est défendu en disant avoir bloqué Tsargrad parce que son propriétaire avait été sanctionné.

Le tribunal de Moscou a rejeté les deux allégations (voir ici l’arrêté et les attendus, la traduction en anglais fait suite au texte en russe). Il a déclaré que Google n’avait nullement prouvé que Tsargrad enfreignait la moindre clause ; même si cela avait été le cas, Google aurait dû donner un préavis de six mois avant de rompre le contrat. En ce qui concerne les sanctions, le Tribunal a statué que les sanctions américaines et européennes relèvent du droit public de ces pays particuliers et ne sauraient être appliquées en Russie ; Google doit rétablir son compte ou subir des conséquences juridiques.

Les conséquences sont financières, et exponentielles. Pour la première semaine de non-conformité, Google devrait payer un peu plus de mille dollars, rien à dire de ce côté-là. Mais par la suite, les amendes doublent chaque semaine, et au bout de six mois, Google devrait payer plus de 70 milliards de dollars ! Les amendes exponentielles peuvent être des menaces très sérieuses. En effet, les Russes peuvent-ils faire payer Google ? Oui ! Car Google (google.ru) a quelques milliards sur ses comptes en Russie, tous éminemment susceptibles d’être saisis. En revanche, si Google rétablit le compte bloqué, ils n’auront pas à payer un centime. Les articles liés à cette décision historique sont classés ici (en russe).

Quoi qu’il en soit, M. Malofeev avait été sanctionné par les États-Unis et l’Union européenne il y a plus de six ans, sous prétexte qu’il soutenait prétendument les rebelles russes dans le Donbass (il dit avoir dirigé une mission humanitaire). Pourquoi, tout d’un coup, Google a-t-il gelé son compte en 2020 ?

Il existe une réponse honnête à cette question, mais les avocats méfiants de Google ne l’admettront jamais. En 2020, encouragés par leur ascension fulgurante au sommet d’un monde en proie à une pandémie, Google et les autres géants ont déchaîné leur puissance pour rayer de la carte les médias idéologiquement inacceptables (pour eux). Ils ont procédé à un nettoyage idéologique à grande échelle des sites et comptes pro-famille, favorables à Trump, conservateurs, chrétiens, et des sites qui ne soutenaient pas le paradigme de la propagande woke gay et trans, anti-mâles et anti-blancs. Les sites qui doutaient du récit covidique officiel ont également été bannis ou privés de visibilité. Ils interdisent à leurs clients de confier en Dieu, comme l’a résumé un observateur russe. Le calendrier du nettoyage était ajusté aux élections présidentielles américaines de novembre 2020. Les géants prévoyaient de destituer Trump et d’installer Biden à sa place, de gré ou de force. Les comptes qui étaient susceptibles d’être en désaccord avec cette fraude massive planifiée par les géants ont été supprimés. Ne s’agissait-il pas d’une ingérence dans des élections importantes ? Certes, mais ce sont les géants, et non les Russes, qui s’y employaient, et ils avaient même le FBI dans leurs rangs.

Les comptes américains n’ont pas été les seuls à souffrir de cette purge ; les géants ont également nettoyé les comptes russes. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’électeurs qui lisent le russe aux États-Unis, les géants n’ont pas voulu prendre de risques. Ils ont planifié et exécuté probablement la première prise de contrôle mondiale complète du discours dans l’histoire de l’humanité. Tsargrad était l’une des voix médiatiquesà étouffer.

Konstantin Malofeev, le propriétaire de Tsargrad, correspond parfaitement au profil à proscrire. Il est conservateur, voire radicalement conservateur, c’est un père de famille, qui va à l’église, et père de trois enfants, et il refuse de soutenir les LGBTQ+. Il a la quarantaine ; c’est un fervent admirateur de Donald Trump ; il a marché dans les pas de ce dernier jusqu’à marier sa fille au fils d’un oligarque juif (lui aussi est un magnat, de plein droit.) Malofeev a modelé ses médias sur Fox News, le média préféré de Trump, et a même engagé Jack Hanick, un producteur fondateur de Fox News. Son média de Tsargrad a été décrit comme le « Fox News russe » ; c’est donc un Donald Trump russe en puissance. Malofeev n’est pas une personnalité extrêmement populaire, mais Navalny ne l’est pas non plus. Il est politiquement radical-conservateur, mais il est en même temps partisan d’un État-providence social et d’une aide aux familles. Il pense que le Covid est une création de Fort Detrick, tout comme le dit notre ami Ron Unz. (Cette opinion est largement partagée en Russie ; la semaine dernière, elle a été exprimée par M. Volodine, le président du Parlement, qui a déclaré que le nouveau coronavirus pourrait être le produit d’une fuite d’un laboratoire américain). Malofeev soutient Vladimir Poutine, bien que ce dernier soit trop libéral et modéré à son goût. Il travaille avec Alexandre Douguine, l’éminent philosophe russe qui pense également que Poutine ne fait pas assez …du Poutine. Douguine était présent à la conférence de presse concernant la victoire de Tsargrad sur Google, et il a prononcé un bref discours fervent appelant l’humanité à se débarrasser du géant usurpateur et à retrouver la liberté. Je pouvais entendre les pas de l’Histoire résonner lors de cet événement ; la Russie se rebellait à nouveau contre l’ordre établi, comme elle l’avait fait en 1917, il y a plus de cent ans !

Malofeev a offert à M. Trump son soutien pour retrouver l’accès au discours qui lui a été brutalement arraché par les Géants. Dans sa lettre émouvante à Trump (lisez-la icidans son intégralité, la version anglaise vient après le russe), il écrit :  » Monsieur le Président, il est clair pour moi que les élections américaines vous ont été volées à vous et à vos électeurs, et que les efforts de Big Tech pour étouffer ces informations sont à la fois un outrage moral et un crime passible de poursuites. La mort de la démocratie en Amérique fait mal à tous les pays du monde, y compris la Russie. Moi, et beaucoup d’autres Russes avec moi, sommes prêts à vous aider dans votre combat pour la liberté d’expression de toutes les manières possibles. Servez-vous de notre système judiciaire, et considérez sérieusement mon offre de partenariat pour la construction de futures plateformes. Joignons nos forces et passons résolument à l’offensive contre les ennemis de la liberté d’expression de Big Tech. Construisons des plateformes de liberté d’expression de qualité supérieure pour les gens de tous les pays ».

Lors de la conférence de presse, il a demandé à Trump d’accepter son aide dans sa lutte contre les géants. M. Malofeev est un marginal, selon les critères russes et les autres, mais Trump l’était aussi. De toute façon, qui d’autre qu’un franc-tireur excentrique se lancerait dans une mêlée contre les redoutables géants? Seuls les vrais hommes en sont capables. Bien que mes opinions soient très éloignées de celles de M. Malofeev, je dirais que Dieu bénisse quiconque sauve la liberté d’expression d’un étouffement par les géants.

Israël Shamir

Source: https://www.unz.com/ishamir/giant-killers-tackle-google/

Traduction: Maria Poumier.

Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde | Arrêt sur Info (arretsurinfo.ch)

♦ Les cinq principes de la propagande de guerre appliqués au discours de Rachad


De nombreuses années d’observation des conflits à travers le monde et une étude minutieuse des « médiamensonges » ont permis à mon ami Michel Collon de dresser une liste de cinq principes de propagande de guerre. Ces derniers sont applicables à toutes les guerres et servent à conditionner l’opinion publique à l’acception d’une confrontation ou d’un conflit armé. M. Collon rappelle qu’il a été fortement inspiré par l’ouvrage de l’historienne Anne Morelli intitulé : « Principes élémentaires de propagande de guerre ».

Voici un exercice intéressant dans la conjoncture actuelle: analyser le discours du mouvement islamiste Rachad qui regroupe des anciens du FIS (Front Islamique du Salut), à l’aune de ces cinq principes.

1- Cacher les intérêts

« Nous ne cherchons pas le pouvoir », « nous voulons libérer le peuple de l’emprise des généraux », « Dawla madaniya, machi aaskaria » (Un état civil et non militaire), « nous voulons sauver notre pays de la mafia », « nous ne sommes pas des islamistes », « nous sommes ouverts à toutes les idéologies », etc.

Autant d’affirmations qui sont en complète contradiction avec le passé politico-religieux des principales figures de ce mouvement, de leurs relations douteuses avec la nébuleuse islamiste internationale, de leurs sympathies avec les djihadistes libyens et syriens et de leur appartenance à l’organisation islamiste internationaliste « Motamar El Oumma » et son projet de califat « rachidiste ».

Et pour ceux qui en doutent encore, on leur recommande fortement de visionner quelques-unes des nombreuses vidéos de notre ami Rafaa.

2- Cacher l’histoire

Le mouvement Rachad s’est forgé une réputation dans la falsification de l’histoire de la décennie noire. Experts dans le « qui-tu-quisme », les militants de Rachad s’évertuent à blanchir les terroristes et à noircir les militaires, à innocenter les djihadistes et incriminer l’armée algérienne. Pour eux, les djihadistes qui ont pris les armes ne sont que des gentils touristes qui aiment la randonnée pédestre dans les maquis algériens, alors que les militaires sont des méchants qui n’aiment pas les randonneurs.

Pitoyable inversion des rôles qui ne fait que remuer le couteau dans la plaie de milliers de familles qui ont perdu des êtres chers.

Occulter l’histoire et la métamorphoser: une spécialité de Rachad!

3- Diaboliser l’adversaire

Le troisième principe de propagande de guerre est très commun dans le discours de Rachad : le gouvernement, les militaires, les responsables, tous sentent le soufre de l’enfer. Rien de bon n’a été accompli et ne sera jamais accompli par eux. Ils sont le mal personnifié. Toute petite historiette est montée en épingle, saupoudrée de quelques « fake news » présentées comme des vérités vraies, alimentant des heures interminables de diarrhées verbales hululées dans le cyberespace et sur Al Magharibia, leur chaine de propagande.

On accuse de crimes, on invente des histoires, on exagère des évènements, on sort du contexte, on utilise fallacieusement des vidéos ou des images émouvantes tout en abusant du pathos : Rachad fait feu de tout bois pour diaboliser toute personne qui s’oppose à son projet.

4- Se faire passer pour les défenseurs des victimes

Évidemment, Rachad se place toujours comme le défenseur de la veuve et de l’orphelin, du faible et du « zawali », de l’opprimé et du pauvre. Il les défend avec véhémence contre « l’ogre étatique », ne ménageant aucun effort sonore pour ce faire. Son rôle est facile, car il ne donne rien de concret, ni de tangible ou de substantiel. Il n’utilise que sa parole, que des mots, que des palabres. Bref, que du vent.

Il insinue ainsi que, de l’autre côté, les adversaires sont des tyrans qui n’ont aucun respect envers leurs concitoyens, des despotes dénués de compassion et d’empathie.

Mais en réalité, Rachad n’est qu’un vulgaire phénomène acoustique qui force un peu trop sur les décibels. C’est le chant des sirènes qui chantent si harmonieusement, entourées par les cadavres de ceux qu’elles ont réussi à attirer par leurs mélodies.

5- Monopoliser et empêcher le débat

On ne peut pas nier que le mouvement Rachad est omniprésent sur le cyberespace, que ce soit sur les médias sociaux ou sur la chaine qui leur sert d’organe de presse. Plusieurs intervenants, plusieurs fois par jour, pour raconter les mêmes balivernes, mais à des sauces différentes. L’important c’est d’occuper l’espace médiatique et de monopoliser la parole afin de ne laisser aucune chance à l’éclosion d’idées contradictoires.

Et dès qu’elles apparaissent, il faut les combattre. Non pas par le débat d’idées et l’argumentation, mais par le dénigrement et les attaques ad personam. Ce fut le cas, par exemple, lors de la sortie de mon dernier livre « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak algérien? ». J’ai été traité par les « ténors » de Rachad de mercenaire à la solde de la « houkouma » (gouvernement), d’employé du DRS, que mon livre n’était qu’un « koutayeb » (petit livre) et j’en passe. Sir Zitout, le chef de la bande, a même solennellement déclaré :

« Ahmed Bensaada est avec la “issaba” [bande mafieuse] dans la diabolisation des “ahrar” [hommes libres] ».

Car, il faut se le dire : eux sont libres, les autres non.

Tout cela sans que ce beau monde n’ait lu une seule page de mon livre!

Après lecture (je suppose), Rachad a recruté huit auteurs dont nul autre que l’inénarrable Moncef Marzouki, l’ancien président de la Tunisie, surnommé « Tartour » (pantin) par son peuple bien-aimé.

Des centaines de pages sans qu’une seule de mes thèses ne soit discutée ou invalidée. Que des attaques insignifiantes sur ma personne ou ma supposée appartenance aux services secrets français ou émiratis. À les écouter, James Bond ne serait qu’un amateur devant mes aventures rocambolesques.

Mais si mon livre était aussi insignifiant, pourquoi avoir dépensé autant d’efforts, d’énergie et de salive?

Dans un conflit, il existe deux camps au minimum. Il faut donc créer une dichotomie manichéenne. D’un côté, il y a les « gentils » qu’il faut écouter: c’est Rachad. De l’autre, il y a les méchants qu’on doit faire taire: ce sont tous les adversaires de Rachad.

Cette analyse montre bien que le Mouvement Rachad possède une expertise dans la propagande de guerre selon les cinq principes énoncés par Michel Collon.

J’ai bien dit « de guerre ». À bon entendeur, salut.

Ahmed Bensaada

Les cinq principes de la propagande de guerre appliqués au discours de Rachad (ahmedbensaada.com)

♦ Washington – Rabat : le deal des scélérats


Le cancer de la normalisation avec l’État hébreu a de nouveau métastasé. Il a allégrement traversé le monde arabe, du golfe à l’océan, s’incrustant pour la première fois au Maghreb. Il a fallu deux ou trois tweets et quelques salamalecs entre un Commandant des armées et un Commandeur des croyants et le tour fut joué.

D’un côté, un homme orange, barricadé dans le bureau ovale (car menacé d’expulsion) qui scande : « Make America great again! ». Et à quel prix? Celui de deux peuples simultanément bradés dans la même transaction, pardi! N’est-ce pas la doctrine du « big stick » qui fait la grandeur de l’Oncle Sam?

De l’autre, un monarque, président du comité Al Qods, censé « soutenir les populations et institutions palestiniennes de la ville sainte ». Après 21 ans de palabres, de petits-fours et de « bous-bous », la ville sainte, ses populations et toute la Palestine sont sacrifiés sur l’autel de la politique des scélérats.

Et le Bibi fricoteur, toujours à l’affût d’une occasion pour se sortir d’un de ses nombreux bourbiers, glane un nouvel alibi: un immense tajine aux poissons de Dakhla. Délicieux ces poissons et, surtout, gratuits. Pas un shekel, pas un dirham : il suffit de les ramasser, sur le bord de l’océan puisque les propriétaires sont confinés derrière le mur.

Tout en haut, le « machin » gigote et toussote « résolution, résolution, résol… ». Pauvre vieux « machin »! Des décennies de résolutions et des kilomètres de rapports n’ont arrêté ni la colonisation ni les bombes au phosphore blanc.

Mais tant que l’amour de la terre restera vivace dans le cœur des opprimés, des oliviers finiront par pousser dans le sable et des palmiers sur le béton des colonies.

Ce n’est qu’une question de temps. Rappelez-vous, l’Algérie.

Ahmed Bensaada

Washington – Rabat : le deal des scélérats (ahmedbensaada.com)

♦ L’édito de Chlomo : de Pont-Aven à Jérusalem, la « breton » connexion des Juifs


L’édito de Chlomo : de Pont-Aven à Jérusalem, la « breton » connexion des Juifs

« Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne, ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons! » 

Si vous ne connaissez pas cette chanson, évoquant les chapeaux noirs des Bretons, vous pourrez sans doute la recycler pour d’autres chapeaux noirs, ceux des Juifs orthodoxes. Entre le pays breton et le mont Sion, entre Pont-Aven et Jérusalem, de Ploërmel au Mont Carmel, de la pointe du Raz à Netanya, et de Deauville… ah non, pas Deauville, ça c’est en Normandie.

Et pourtant entre le peuple de la terre (promise), et celui de la mer, des jonctions naturelles s’établissent. Déjà ce sentiment partagé d’appartenir à un peuple pas tout à fait comme les autres.

Juif et Bretagne, Je t’aime moi non plus

Cependant, il semble en effet que les liens entre les Juifs et les Bretons ne soient pas aussi évidents.

Lorsqu’un Juif arrive en Bretagne, l’atmosphère peut lui sembler quelque peu hostile. On est ici dans le pays de l’élevage du porc, avec la Cooperl, premier producteur de France. Mais aussi avec les fruits de mer : crevettes, homards et surtout les huîtres à Cancale. Trouver une synagogue entre un charcutier et une bourriche risque d’être difficile, et explique peut-être la discrète histoire du judaïsme breton. Si vous souhaitez trouver un Juif en Bretagne, le plus simple est d’entrer dans une église et d’y chercher une image de Jésus. La catholique Bretagne bouderait-elle son ascendance hébraïque?

Quelques légendes voudraient attester des origines juives de quelques familles bretonnes, comme les Macé ou les Lucas. Rien de probant en réalité.

La présence des Juifs en Bretagne est historiquement attestée dans de nombreux documents. Sans surprise, à l’instar du reste de la France, la vie juive en Bretagne ne fut pas une sinécure, et le 13ème siècle marquera l’exclusion des Juifs, dans un contexte de concurrence entre marchands… eh oui, déjà.

Détail amusant, il existe en Bretagne des noms de familles hébraïques comme des David. Non, aucune origine juive, mais dans certains cas, une spécificité locale à puiser son nom de famille dans ce que les chrétiens nomment l’Ancien Testament.

Les autres mentions concernant la présence juive restent anecdotiques.

Fast forward quelques siècles, et la Seconde Guerre Mondiale et l’on observe dans certains milieux nationalistes bretons, une résurgence d’un antisémitisme doublé d’une forme d’opportunisme. Pour le PNB (Parti National Breton), l’Allemagne nazie, en envahissant la France, permettra l’émergence d’un état breton. Il n’en sera finalement rien. Face à ce mouvement, d’autres indépendantistes, à l’instar de Sao Breizh, prendront le chemin de la Résistance.

Clap de fin pour Judéïté et Bretonnité?

Pas certain… loin de là.

La connexion est plus subtile, complexe, et font de ce lien un espace inédit.

Mais parler de cette double identité sans parler de Max Jacob serait un impardonnable oubli. Le peintre et poète résume à lui seul toute la complexité des liens entre la Bretagne et l’identité juive. La famille de l’artiste fait partie de ces Juifs ashkénazes de l’Est de la France émancipée par la Révolution. A la suite de la période napoléonienne, ses aïeux finiront par s’installer à Quimper,, ville de naissance de Max. Ils feront ensuite fortune dans… la confection, ça ne s’invente pas.

C’est donc dans la très catholique Bretagne que le jeune Max Jacob grandit, et cette influence religieuse sera déterminante pour lui. N’étant pas baptisé, il vivra les processions chrétiennes comme un instant d’exclusion, qu’il tentera de réparer par un sincère baptême quelques années plus tard. Pendant la Guerre, afin de publier les « Poèmes Bretons », il choisira un pseudonyme qui ne doit rien au hasard : Morvan le Gaëlique. Ce n’est pourtant pas ce qui le sauvera, car, né juif, il le demeurera aux yeux des nazis qui le feront arrêtés par la gendarmerie française en 1944. Il est déporté à Drancy où il décède le 5 mars de la même année.

Du Kenavo breton et Ken Avo (כן אבוא) hébreu

Savez-vous dire « Salut » en breton? Si vous pensez qu’il s’agit de Kenavo, c’est perdu. Le seul mot que la plupart des gens connaissent de la langue bretonne signifie… au revoir. Sans doute car il s’agissait du mot le plus souvent répété avant le départ de Bretons à bord d’un bateau… ou d’un train en direction de Paris.

En hébreu, il existe aussi un « Ken avo » (כן אבוא), comme une réponse à cet « Au revoir », et qui se traduit par « Oui, je viendrai ».

Les liens entre Juifs et Bretons ne sont plus anecdotiques, et il y a dorénavant une communauté juive à Rennes, oui, la même ville qui fut le théâtre du second procès condamnant Dreyfus. Si la communauté existe depuis la fin des années 50, elle a trouvé son essor à partir des années 80/90, et fut suivi par une autre communauté à Brest.

Combien de Juifs en tout? Quelques centaines… peut-être mille ou plus en étant large. Autant qui tentent de fuir Deauville pour Dinard ou St-Malo.

Le sionisme, un exemple pour certains indépendantistes bretons

Si un peuple se forme par sa langue, alors le renaissance de l’hébreu sert d’exemple pour les locuteurs du breton et du gallo (l’autre langue de la Bretagne, d’origine latine).

A quel point cette influence existe?

Si elle semble marginal, elle n’en est pas moins réelle, et souvent surprenante. Ainsi pour l’apprentissage de la langue bretonne, une méthode est utilisée : l’Oulpan. Oui, la même méthode que pour l’hébreu. Le breton n’est pas la première langue à s’inspirer de la technique d’apprentissage de l’hébreu. Si les Juifs ont réussi à faire renaître une langue moribonde, alors les Bretons le peuvent aussi. C’est en tout cas l’espoir de nombreux sympathisants de la cause bretonne.

Du côté du breton gallo, même tendance. L’hebdomadaire Runje, entièrement en langue gallo, présente sur sa couverture deux portraits. Le premier est celui d’Eliezer Ben Yehuda, le précurseur de la renaissance d’un hébreu vivant et du quotidien.

C’est aussi du côté de la High tech que les deux peuples se ressemblent. Un esprit d’entreprise, la volonté (ou l’obligation) d’aller au-delà des frontières de son pays, explorer, sont autant de points communs entre les deux. La Bretagne, comme Israël, est un berceau de nombreuses technologies. Le minitel, précurseur d’internet, y a été développé, et si vous vouliez profiter de la fibre optique, certains immeubles de Rennes en étaient déjà équipés dans… les années 80.

Bolloré pour tout résumé

Comment appréhender une telle complexité? Entre des mouvements et des sites s’affichant clairement breton et antisémite comme « Breizh Atao », et d’autres prônant un rapprochement entre Juifs et Bretons?

Peut-être, l’exemple de Vincent Bolloré, le capitaine d’industrie breton peut aider à y voir plus clair. Le « tycoon » du groupe portant son nom est un breton, fier de ses origines, catho tradi assumé, et pourtant, par sa grand-mère maternelle, Nicole Goldschmidt, il est ashkénaze pur porc. Celle dont il était très proche, était une agent des services secrets français, et travailla avec le Mossad.

D’ailleurs comment s’appelait le meilleur ami de Max Jacob?

Raoul Bolloré…

L’édito de Chlomo : de Pont-Aven à Jérusalem, la « breton » connexion des Juifs – Chlomo Hebdo

♦ Sarah Halimi-Mohamed el Makouli : il y a des morts qui sont plus égaux que d’autres.


Le 14 janvier 2015, près d’Avignon, Mohamed el Makouli est victime d’un crime raciste. Tué de 17 coups de couteau. Un an plus tard la justice se déclare incapable de juger l’assassin « irresponsable au moment des faits » , (sous l’emprise de la drogue). Chaque français, et c’est tant mieux, a été informé du crime raciste dont est morte Sarah Halimi, martyrisée, elle aussi, par un drogué. Ce drame a été à l’origine de multiples protestations et prise de parole, de projets olitiques. Parfait. Ce qui me tracasse, c’ est de comprendre pourquoi ceux qui, à juste titre, défendent la mémoire de Sarah Halimi ont oublié de célébrer celle de Mohamed el Makouli ? Les hommes sont étranges.

Le mieux étant l’ami du mieux, je vais reprendre l’entretien accordé au site Internet « al Kanz ». Celle qui parle-là, Nadia el Makouli, a vu son mari être poignardé de dix-sept coups, donnés par deux couteaux. Le crime a eu lieu au Beaucet, village de l’est du Vaucluse qui connait les vraies valeurs puisqu’aux élections régionales de 2015, ses électeurs ont voté à 49,71 % en faveur de Marion Maréchal. Bien sûr qu’en cette période où la chasse à l’islamo-gauchiste ne nécessite pas de permis, je vois les traqueurs de fake news avancer derrière leur masque de sachants. Comme l’incroyable Haoues Seniguer, prêt à tout pour trouver un lambeau de gloire médiatique et qui qualifie « al Kanz » de site faisant partie d’une sphère Internet « islamistes néo-salafiste ». Mais lui, collaborer au sein de « Conspiracy Watch » avec un ancien préposé aux écritures de la ville de Paris, Rudy Reichstadt, pour louer de consert la si douce et juste politique d’Israël, ne le gêne nullement. Donc si jamais des avis du triste sieur Haoues vous viennent jusqu’aux oreilles, jetez-les.

L’important est d’écouter, trois semaines après ce crime commis le 14 janvier 2015, d’écouter donc Nadia el Makouli. Elle rapporte ce dont elle a été témoin :

« Après être rentré de chez le médecin chez qui il emmena notre fils malade, Mohamed, comme il avait l’habitude de le faire, passa à peu près une heure au téléphone avec sa sœur qui vit en Vendée. Puis il s’est rendu à la mosquée pour la dernière prière, la prière de l’ichaa. En rentrant, c’est une soirée banale qui s’annonçait, jusqu’à ce que le voisin commence à hurler. Intrigué, Mohamed s’est levé pour ouvrir la porte d’entrée. Lorsqu’il a reconnu le voisin, il ne s’est pas inquiété outre mesure et a refermé la porte à clé. »

« Quelques minutes plus tard, le voisin défonce la porte de notre appartement, qui donne sur le séjour et l’espace cuisine. Mohamed était debout face à l’évier. Thomas Gambet s’est précipité sur lui en criant : « Je suis ton Dieu, je suis l’islam » en lui donnant un premier coup de couteau dans le cou, qui l’affaiblit immédiatement. Malgré tout, Mohamed a continué à se défendre comme il le put. »

« Tout est allé très vite. Thomas Gambet lui a immédiatement asséné trois autres coups de couteau. C’est à ce moment-là que je suis intervenue pour tenter d’éloigner l’assassin de mon mari. J’ai pu le pousser contre le canapé et lui retirer le couteau, non sans éviter de me blesser. Mais notre voisin est reparti chez lui en prendre un autre, puis est revenu avec la même détermination. Mohamed, très affaibli, me demanda alors de prendre notre fils et de fuir. Personne ne pouvait nous aider, notre appartement comme je vous l’ai dit est isolé, sans voisins à proximité. »

« J’ai quitté mon mari complètement affolée, pieds nus, dans un pyjama maculé de sang. Je me suis rendue au poste de police le plus proche, celui de la police municipale de Carpentras. Sur place, plutôt que de réagir immédiatement, les agents m’ont demandé ma pièce d’identité. Je ne comprenais plus rien. J’ai crié ma détresse et je leur ai dit de garder mon fils afin que j’aille moi-même porter secours à mon mari. C’est là qu’ils ont pris conscience de la gravité de la situation et ont alerté les gendarmes.

Malheureusement, une fois sur place, ces derniers ont retrouvé Mohamed mort. Son assassin se trouvait toujours sur les lieux du crime. Il hurlait : « Je suis ton dieu, je suis l’islam », comme le rapportera plus tard un gendarme dans le cadre de l’enquête. »

« Quant à l’assassin, il n’a jamais été diagnostiqué fragile psychologiquement. On ne lui connaît aucun antécédent ; encore moins schizophrène, comme on tente de le faire croire pour expliquer cet acte barbare. Pour nous, il est clair que c’est la haine de l’islam qui a motivé l’assassinat de Mohamed. » (Entretien réalisé par Nadia E.)

Plus tard, pas vraiment contrit, Eric Gambet le père de l’assassin a assigné la veuve, Nadia el Makouli, devant le tribunal d’instance de Carpentras pour des « loyers impayés ». Face à l’indignation il a fini par retirer sa plainte. Alors que lui-même, en tant qu’employeur du défunt, n’a jamais déclaré Mohamed el Makouli aux services administratifs et fiscaux.

Quant à son fils Thomas, diagnostiqué schizophrène, il a été déclaré pénalement irresponsable et ne sera donc jamais jugé. Placé en garde à vue à l’hôpital psychiatrique de Montfavet, une schizophrénie a été diagnostiquée. La première expertise, effectuée par un collège de deux psychiatres, a conclu à une « abolition du discernement au moment des faits », diagnostic confirmé par une deuxième expertise.

En dehors d’une cohorte d’une quarantaine d’amis, et de quelques indignés, qui ont défilé dans les rues d’Avignon, pour protester contre ce non-lieu, rien, pas d’émotion, de protestation massive. Ce qui reste de la presse -dite abusivement « nationale » -, n’a pas débattue sur le thème d’un crime raciste, puisque commis par un « fou » ? La douleur est restée partagée pas quelques intimes. Protester eut été un acte typiquement « islamo-gauchiste ».

Je n’ai aucune volonté d’établir une répugnante compétition entre les victimes… Mais je souhaite quand même comprendre pourquoi, sur un même cas de figure, Sarah Halimi-Mohamed el Makouli, une fois l’indignation explose. Alors que confronté à une autre, c’est l’indifférence ou le mépris ? Existe-t-il des morts martyrisés qui sont plus égaux que d’autres ?

En 2016, quand Thomas Gambet a été déclaré inaccessible au jugement, par exemple, nous n’avons pas vu Jack Broda, juge du Pôle Social du Tribunal de Grande Instance de Nancy, démissionner pour le non-lieu de Kobili Troaré, l’assassin de Sarah Halimi.

Pas vu non plus Sarah Brugère, patronne des magistrats FO, en appeler à une modification de la loi.

Nous attendons aussi, la justice française étant trop injuste, que, telle la sœur de Sarah Halimi en Israël, celle de Mohamed Makouli s’en aller porter plainte au Maroc, pays d’origine d’un torturé. Avec un équivalent Goldnadel comme avocat. Si cela existe.

Maître Patrick Klugman, qui veut juger les drogués, lui non plus n’a pas bougé un pli de sa robe pour Makouli.

Charlie Hebdo, que Val a fait entrer dans la sacristie de Netanyahou, verse des lignes de sang sur Sarah Halimi. C’est tant mieux : mais rien pour Mohamed.

Meyer Habib, humanisme hors norme, chevalier de la juste mesure envisage, lui, que le Mossad s’en vienne enlever ou tuer Traoré. Un député français qui prône l’enlèvement ou l’assassinat en France ? C’est bien aussi.

Madame Hidalgo a-t-elle envisagé de donner le nom d’une petite impasse à Mohamed Makouli ? Sûrement.

Afin d’être utile, je vais terminer cette digression en rapportant mon expérience, celle vécue à Ramallah en octobre 2000. Victime d’une « tentative d’assassinat », de la part d’un « sniper » israélien armé d’un M16, j’ai alors déposé une plainte très documentée. Et vingt ans plus tard, j’attends que la « justice », celle de la « seule démocratie du Moyen Orient », veuille bien trouver une minute pour instruire mon énigme.

Jacques-Marie BOURGET

URL de cet article 37092
https://www.legrandsoir.info/sarah-halimi-mohamed-el-makouli-il-y-a-des-morts-qui-sont-plus-egaux-que-d-autres.html

♦ La normalisation d’humiliation


la normalisation d'humiliation

Depuis quelques années, c’est devenu une coutume que le roi des pauvres et le plus riche des rois à la fois, procède personnellement à la cérémonie de la distribution du  » panier royal de ramadan « . Un misérable colis alimentaire d’une valeur de 10 euros, attribué comme une aide chérifienne à quelques nécessiteux soigneusement sélectionnés par les sbires de sa majesté, après avoir passé par le  » détecteur de mensonges « , pour profiter de ce fabuleux privilège.  

Toutefois, la triste propagande coûte une fortune colossale en termes de déplacement et de sécurité du descendant du prophète, une armée de gardes du corps, gendarmes, pompiers, préfets, des dizaines de véhicules et des hélicoptères sont indispensables au cirque, pour humilier royalement une vieille devant  toutes les chaînes TV . 

Cette année, l’humiliation prend une autre tournure, elle fait désormais partie de la normalisation, par conséquent les synagogues rentrent en jeu pour venir au secours des marocains appauvris dans leur propre pays.  

N’est-ce pas un beau message de paix et de fraternité en terre d’Islam ?

Bulles :  » Dieu vous le rendra Mr Shimon « ,  » Dieu le rendra à Israël chérifienne  »  

PAR ABDELLATIF ZERAÏDIBLOG : LE BLOG DE ABDELLATIF ZERAÏDI

La normalisation d’humiliation | Le Club de Mediapart

♦ SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE : Levée de boucliers internationale


PH. P MONDE(2)

Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, annonçait le 22 février l’adoption de sanctions contre la Russie, la Birmanie et le Venezuela, accusant ces trois pays de violation des droits de l’homme. Pour l’universitaire Édouard Husson, ces mesures reflètent surtout l’impéritie européenne à se doter d’une politique étrangère.

«Sur les plans diplomatique et militaire, l’Union européenne ne peut absolument pas être prise au sérieux. Contrairement au discours dont se gargarise un certain nombre de dirigeants, il n’y a pas de puissance européenne.» Édouard Husson, professeur à l’Institut franco-allemand d’études européennes à l’université de Cergy-Pontoise, ne mâche pas ses mots devant les caméras de Sputnik au sujet des mesures prises le 22 février par Bruxelles contre la Russie, la Birmanie et le Venezuela.
Lignes rouges –Jean-Baptiste Mendes reçoit Édouard Husson, spécialiste de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, professeur à l’université de Cergy-Pontoise et auteur de «Paris-Berlin, la survie de l’Europe» (Éd. Gallimard).
Affaire Navalny, putsch de la junte militaire et maintien au pouvoir de Nicolas Maduro, l’Union européenne s’est emparée de ces trois thématiques pour dénoncer des violations de l’État de droit et de la démocratie, en adoptant de nouvelles sanctions.

Un « droit-de-l’hommisme assez vague »
Au menu, interdictions de voyager et le gel d’avoirs sur le territoire européen pour dix-neuf responsables vénézuéliens et quatre hauts fonctionnaires russes. La nature exacte des mesures à l’encontre des généraux birmans devrait quant à elle être prochainement précisée par Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
«Il s’agit largement d’une posture sans qu’il y ait derrière tout ça une stratégie véritablement dessinée. Pour faire bonne presse et bonne image, les Européens ont aussi esquissé le début d’une politique de sanctions vis-à-vis de la Chine sur la question de Hong-kong. Mais tout ça n’est pas de mesure à dissuader quelque régime que ce soit de changer de politique», tacle Édouard Husson. Depuis la visite de Borrell à Moscou le 5 février, le ton adopté par Bruxelles laissait néanmoins présager un durcissement des relations avec la Russie. L’Union européenne considère qu’il faut «être très radical en paroles» au nom d’un «droit-de-l’hommisme assez vague». Peut-on alors concevoir ces mesures comme une façon d’imposer les valeurs occidentales au reste du monde?
Pour Édouard Husson, «ces valeurs d’une certaine élite bien-pensante qui se fourvoie dans l’idéologie du genre, dans la pensée décoloniale et autres choses, ne feront qu’agacer le reste du monde. Ce n’est pas parce que le Parlement européen vote des textes où il y a toujours plus de surenchère en termes de valeurs progressistes que pour le coup, l’Union européenne gagne en influence dans le reste du monde.» Par la voix de Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, la France avait même appelé l’Allemagne à «abandonner le projet de gazoduc Nord Stream 2». De son côté, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré être «prêt» à la rupture des liens diplomatiques avec Bruxelles: «qui veut la paix prépare la guerre.»
Pourtant, les sanctions ne se sont «pas extrêmement étendues». La faute –ou grâce– à un «un très laborieux compromis» entre les différents membres de l’Union européenne, remarque l’universitaire.
​Il évoque ainsi «d’énormes tensions», notamment entre l’Italie, qui souhaiterait que «les sanctions contre la Russie soient toutes ou en partie levées», et l’Allemagne, qui maintient des «positions très antirusses», tout en ne voulant pas remettre en cause Nord Stream 2. Même paradoxe pour la France, Emmanuel Macron ayant maintes fois plaidé en faveur d’un rapprochement stratégique avec la Russie.
«On s’entend sur un plus petit dénominateur commun. Si l’on voulait pousser plus loin les sanctions, ça ferait éclater le consensus apparent.»
Les déclarations péremptoires ont donc accouché d’une souris. Des sanctions très symboliques, destinées à «la galerie» conclut-il, estimant que ce comportement est «totalement contre-productif» et que la «politique antirusse ne rapportera rien» aux Européens.

L’Europe, combien de divisions?
Le seul résultat tangible est donc le renforcement des tensions avec Moscou, Vladimir Poutine déplorant ainsi la mise en œuvre d’une «politique dite d’endiguement de la Russie». Le chef de la diplomatie européenne a également constaté que «l’Europe et la Russie s’éloignaient petit à petit l’une de l’autre». Pour quelles conséquences? «Il y a une erreur stratégique majeure commise par l’Union européenne, qui ne voit pas que dans le nouveau monde multipolaire […], il est absurde de ne pas laisser d’autre choix à la Russie que de se rapprocher de la Chine pour résister à des sanctions européennes ou américaines», déplore le professeur à l’Institut franco-allemand.
Confrontée à la faiblesse chronique de son hard power, Bruxelles souhaiterait pourtant démontrer qu’il existerait «une politique étrangère et de sécurité commune». Deuxième puissance économique au monde, le géant commercial européen est une organisation internationale, où les vingt-Sept mettent en commun une grande partie de politiques nationales et une monnaie commune. Mais «tout cela ne crée pas une politique étrangère», juge Édouard Husson, pragmatique.
La souveraineté européenne dont «M. Macron nous rebat les oreilles» est une «large illusion», en évoquant les trop rares sujets d’unité entre Européens, mais aussi parce que l’appartenance à l’Otan est «explicitement désignée dans les traités européens». Difficile dès lors d’affirmer une quelconque autonomie stratégique pour l’Europe, qui est «forcément dépendante de ce qui est décidé à Washington». Anthony Blinken, le nouveau Secrétaire d’État américain, assistait d’ailleurs en visioconférence aux débats du Conseil des affaires étrangères du 22 février, celui-là même qui a décidé la mise en place de ces sanctions. Il y a mieux pour faire taire les critiques sur la faiblesse de Bruxelles.

SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE : Levée de boucliers internationale | (lecourrier-dalgerie.com)

♦ France : la population sous couvre-feu (ou comment écrire un article à la manière de…)


Lorsque les médias écrivent sur Cuba sans mentionner le blocus, je me suis demandé à quoi ressemblerait un article « à la manière de » sur la France, sans citer le mot « C-o-v-i-d ». A quelque chose comme ça :

de notre envoyé spécial à Paris

« Paris sera toujours Paris » chantait Maurice Chevalier. Mais aujourd’hui, sur les Champs Elysées, la foule qui se bousculait jadis sur les larges trottoirs a cédé la place à quelques rares passants – généralement masqués. Magasins aux rideaux baissés, théâtres clos, restaurants fermés… La Ville des Lumières offre un spectacle d’abandon. Comment en est-on arrivé là ? Enquête.

« On n’en peut plus », nous confie S., un étudiant croisé dans une file d’attente devant un bureau de tabac. Il exprime une frustration qui semble être largement partagée par la population. « On ne peut plus sortir, on ne peut plus se distraire. On n’a plus de vie. » A ses côtés, un monsieur plus âgé acquiesce. « On est en train de gâcher leur jeunesse. Moi, personnellement, je m’en fiche. A mon âge, je suis vacciné ». Quelques murmures parcourent la file, qui avance lentement.

Dans la rue, une voiture de police roule au pas. C’est la troisième que nous croisons en une demi-heure. Devenues omniprésentes depuis la vague de mécontentement qui a secoué le pays en 2019 et 2020, les forces de l’ordre semblent déterminées à faire respecter les nouvelles mesures imposées par le régime. Et gare aux contrevenants.

« S’ils t’attrapent après le couvre-feu ou à plus de 10 bornes sans une attestation, c’est une amende salée, directe. En cas de récidive, ça fait boule de neige » nous dit Jonathan, qui se présente comme un « artiste de rue ». « Ils ont même verbalisé des SDF ! Tu te rends compte ? Des SDF, bordel ! »

Autre lieu, autre cadre. Dans l’ambiance feutrée d’une librairie de banlieue, la propriétaire nous montre les rayons chargés de livres recouverts de poussière. « Ca fait deux ans qu’ils m’ont obligé à fermer boutique » nous explique-t-elle. « Déjà en temps normal, c’était difficile, mais là… Comment peut-on vivre sans culture ? Ils ont tout fermé. Librairies, théâtres, cinémas, salles de concert… Tout ».

Et même les écoles. Ancienne fierté de la République, l’Education Nationale n’a pas été épargnée. Au milieu de la cour du lycée Jean Moulin, le silence des bâtiments abandonnés n’est interrompu que par les pas du Directeur de l’établissement qui vient à notre rencontre. « Nous traversons une période très difficile, mais je pense surtout aux élèves » lâche-t-il avec un soupir. « Beaucoup souffrent de dépression. On parle même de suicides, même si aucun chiffre officiel n’est disponible. Alors on improvise, on bricole, on essaie de faire au mieux. Mais ce n’est pas facile. »

Comment en est-on arrivé là ? Nous posons la question à Jean Rémond, professeur d’université, chercheur dans un institut privé et conseiller auprès des médias. « Lorsque la crise a frappé, le gouvernement a réagi comme à son habitude : en improvisant. Les nouvelles mesures furent annoncées un soir à la télévision, par le Président lui-même, sans aucune consultation. C’est du bricolage. Ce régime n’en a plus pour longtemps. »

En attendant, toute contestation est étouffée. « L’information est contrôlée de près » nous affirme VD, responsable d’un site militant d’information alternative. Il nous montre une photo. « Voici un camarade journaliste enfermé depuis deux ans dans une prison de haute sécurité à Londres. Son tort ? Avoir révélé des crimes. Alors ils l’ont accusé d’espionnage. Il risque 175 ans de prison. » VD ne cache pas sa colère. « Pendant que le peuple souffre, la nomenklatura s’envoie en l’air avec du foie gras et du champagne. Les slogans creux du régime, genre « Liberté, Egalité, Fraternité » sont rabâchés. C’est insupportable. »

etc, etc, etc…

Viktor Dedaj
imitateur de clowns

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