♦ Algérie : les tribulations tartarinesques de Marie-George Buffet


Le rôle des syndicats dans les « regime change »

Voici donc la « Tartarine » du palais Bourbon, alias Marie-George Buffet, qui organise, le 15 octobre 2021, un colloque sur l’Algérie, au sein même de l’Assemblée nationale française (sic!).

Était-ce pour commémorer le 17 octobre 1961, date du massacre et de la noyade de centaines de manifestants algériens pacifiques?

Était-ce à l’occasion du 67e anniversaire de la révolution algérienne qui a été déclenchée un certain 1er novembre 1954?

Mais non, pas du tout.

Pourtant ces dates étaient si proches et la grande majorité des invités au colloque étaient Algériens.

Que nenni! Bien au contraire!

La « Tartarine » a réuni un aréopage de droitdelhommistes douteux, de sécessionnistes véreux, de syndicalistes fantoches et autres adeptes d’un Hirak frelaté pour… « renverser un pouvoir autoritaire » en Algérie!

Post de Marie-George Buffet

Rien que ça! Même pas peur, la « Tartarine » va-t-en-guerre, en mal de conquêtes coloniales et encadrée par ses sbires!

Par souci d’honnêteté intellectuelle, il a fallu – hélas – me soumettre au supplice de l’écoute de ces deux heures et quelques de parlotte insipide ponctuée de lieux communs, de poncifs et d’accusations puériles. Et tout ça dans une langue française si torturée qu’elle aurait fait pâlir d’envie Chalghoumi en personne.

Et si on se demandait pourquoi le Parti communiste n’en finit pas de péricliter, on a maintenant la réponse. Au lieu de s’occuper des vrais problèmes des Français, madame la députée discutaille avec des estafiers – dont elle ne connait certainement pas les accointances et qu’elle présente comme le « peuple algérien » – pour s’ingérer dans les affaires d’autres pays que le sien. D’ailleurs, n’est-ce pas elle qui a battu le record du plus mauvais score du parti communiste dans une élection présidentielle?

Évolution des résultats du PCF aux élections présidentielles de 1969 à 2007

S’est-elle au moins rendu compte que l’évènement a été filmé en direct par la chaine de télévision islamawiste « Al Magharibia » qui appartient au fils du fondateur du Front islamique du Salut (FIS), ce parti qui a été à l’origine de la décennie noire et qui a causé la mort de plus de 200 000 personnes? Sait-elle au moins que ce média collabore directement avec les trois composantes majeures du Hirak frelaté qui militent pour le « regime change » en Algérie, à savoir les « ONGistes droitdelhommistes », les « makistes séparatistes » et les « islamawistes offshore »? Ou veut-elle les utiliser pour mener à bien son projet de renversement de pouvoir?

Le colloque de Marie-George Buffet a été filmé et retransmis en direct par la chaine islamawiste Al Maghribia

Dans ce qui suit, nous allons tenter d’aider la « Tartarine » à faire connaissance avec quelques-uns de ses convives.

A- Les ONGistes droitdelhommistes

Commençons par le maitre de cérémonie, M. Ali Ait Djoudi, président de l’ONG « Riposte Internationale » qui distribuait la parole à tout le monde, même à la députée communiste qui les avait invités (!).

Comme on peut le constater dans l’image qui suit, le logo de cette « ONG » présente des similitudes de couleur qui ne font aucun doute sur son affiliation identitaire.

Comparaison entre le drapeau de Bessaoud-Bénet et le logo de « Riposte internationale »

On remarque donc que les quatre couleurs (en comptant celle des lettres du milieu) présentes dans le drapeau identitaire (kabyle et/ou amazigh) de Bessaoud-Bénet ont été reprises dans le logo de l’ONG, pour affirmer le supposé séparatisme ethnique et politique avec le reste de la population algérienne.

Une question évidente se pose : est-ce que cette « ONG » accepte en son sein des militants autres que des Kabyles/Amazighs « pure laine »?

Si oui, pourquoi ces couleurs. Si non pourquoi ce racisme.

Mais cela n’est pas étonnant si on tient compte du fait que Ali Ait Djoudi est un militant vétéran du Mouvement culturel berbère (MCB) tout comme son ami Ferhat Mehenni, le chef des sécessionnistes kabyles, président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK).

Ferhat Mehenni et Ait Ali Djoudi

D’autre part, lorsque « Riposte Internationale » a déposé un « rapport sur les violations des libertés en Algérie » auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à Genève, le 15 septembre 2020, les militants n’arboraient ni le drapeau algérien, ni la banderole de l’ONG, mais bel et bien le drapeau de Bessaoud-Bénet.

Seul le drapeau de Bessaoud-Bénet est brandi par « Riposte Internationale »

Les noms de « Riposte internationale » et de « Ait Ali Djoudi » se retrouvent dans une multitude de pétitions droitdelhommistes internationales ou contre l’État algérien. Ils ont appuyé (et probablement initié) la résolution du Parlement européen contre l’Algérie du 25 novembre 2020 (lire mon article sur le sujet).  On les retrouve aussi dans cette déclaration hostile à l’Algérie parrainée par « Project on Middle East Democracy » (POMED) qui date du 28 juin 2021.

Il est intéressant de savoir que POMED fait partie de l’arsenal d’organisations américaines dédiées à l’« exportation » de la démocratie comme la National Endowment for Democracy (NED), l’International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), Freedom House (FH), la United States for International Development (USAID) ou l’Open Society Foundations (OSF) du milliardaire américain, George Soros. Il a été montré que ces organisations ont été impliquées dans les révolutions colorées et le mal nommé « printemps » arabe (pour plus de détails, lire mon livre « Arabesque$ »).

Il est aisé de vérifier que le POMED travaille de concert avec Freedom House et est financièrement soutenu par l’OSF. En 2016, par exemple, POMED a reçu une subvention de 550 000$ de la Fondation Open Society. POMED est également financé par la NED. (Pour plus d’informations sur POMED, le lecteur est invité à lire mon article sur le sujet).

Rappelons toutefois que POMED s’intéresse fortement à la « démocratisation » de l’Algérie. Elle a déjà organisé deux évènements spécialement dédiés au Hirak algérien les 15 avril et 19 juin 2019.

Sur les deux documents cités précédemment (Parlement européen et POMED), on retrouve « Riposte internationale » parmi les signataires, de concert avec divers organismes algériens dont la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP) et la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA). Les deux premiers sont financés par la NED et il sera plus longuement question du SNAPAP et de la CGATA dans la prochaine section de cet article.

On retrouve aussi parmi les signataires des ONG internationales comme « Article 19 », CIVICUS, Human Right Watch (HRW), Reporters sans Frontières (RSF), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ou Amnesty International.

Ces ONG sont toutes financés par l’OSF de Soros. En plus, RSF et Article 19 sont aussi financés par la NED; Article 19 reçoit également des subventions de Freedom House, de l’USAID et du Département d’État américain.

Lorsque le directeur d’une ONG égyptienne (financée par la NED) fut condamné par contumace en août 2020 par un tribunal égyptien dédié aux « affaires terroristes », un appel à la solidarité a été émis par la FIDH. Il a été signé par toutes les ONG citées précédemment. Les noms de Ali Ait Djoudi (Riposte Internationale), Nacera Dutour (CFDA) et Rachid Malaoui (SNAPAP et CGATA) figuraient dans la même liste que d’« illustres » personnalités du monde de la « démocratisation made in USA » : Issandr Amrani, directeur régional du programme MENA de l’OSF, Carl Gershman, président de la NED, Jeffrey Feltman, ancien sous-secrétaire d’État américain pour les affaires du Proche-Orient ou Tamara Cofman Wittes, ancienne sous-secrétaire d’État adjointe au Département d’État, récemment nommée par le Président Joe Biden au poste d’administrateur adjoint pour le Moyen-Orient de l’USAID.

On pouvait aussi lire les noms de quelques sinistres rescapés du Conseil National Syrien (CNS) comme Bassma Kodmani, Burhan Ghalioun ou Radwan Ziadeh, bien connus de la NED et du Département d’État.

À propos de ces ONG, notons la présence, parmi les invités au palais Bourbon, de M. Madjid Bencheikh, professeur de droit et, accessoirement, ancien président d’Amnesty International Algérie.

Ali Ait Djoudi n’a pas raté l’occasion d’inviter son ami Hacène Hirèche, un de ses anciens collègues du MCB, militant berbériste de la première heure et formateur des makistes.

Un autre convive « de marque », l’avocat Salah Debouz, était présent à ce consistoire de boutefeux. Ce trublion en robe noire, qui s’est illustré par la défense des militants sécessionistes de la région du M’zab, a été président la LADDH (une de ses trois ailes).

Salah Debouz (à gauche) et Ferhat Mehenni (au centre) : le bras du second serrant l’épaule du premier!

La solidarité sécessionniste kabylo-mozabite n’est pas qu’une vue de l’esprit : Debouz-Mehenni, khawa-khawa (frères, frères)!

Nacera Dutour a aussi été invitée par la Tartarine. Comme expliqué dans un précédent article, la présidente du CFDA est probablement la personne qui a reçu le plus de financement de la NED.

Janvier 2015 : Nacera Dutour reçoit le prix Matoub Lounes (avec, en prime, le drapeau Bessaoud-Bénet!)

N’oublions pas de préciser que la plupart des personnes citées auparavant est abonnée aux plateaux de la chaine islamawiste Al Magharibia, celle qui a filmé ce colloque.

B- Les syndicalistes fantoches

En plus de ces ONGistes droitdelhommistes, enrubannés dans des étendards tricolores mêlant les couleurs de Marianne et de Bessaoud-Bénet, on remarque la curieuse présence de syndicalistes français appartenant à l’union syndicale « Solidaires ».

Stéphane Enjalran (« Solidaires ») et Rachid Malaoui

Mais que diable viennent-ils faire dans cette réunion qui n’a de colloque que le nom? Certes, ils accompagnaient le « syndicaliste en chef » Rachid Malaoui question de lui donner un peu plus d’assurance, mais quand même. Délaisser les graves problèmes des « Gilets jaunes » et de toute la classe ouvrière française pour venir palabrer sur le « renversement du pouvoir autoritaire » en Algérie a quelque chose d’insolite. Mais comme le hasard n’existe pas en politique, c’est en grattant un peu qu’on arrive à démêler l’écheveau de la conspiration.

Le financement du SNAPAP

Commençons par le commencement.

Rachid Malaoui, président du SNAPAP et de la CGATA, a d’étroites relations avec l’« American Federation of Labor and Congress of Industrial Organizations » (AFL–CIO) , la plus grande fédération de syndicats des États-Unis et tout particulièrement avec sa branche internationale, le « Solidarity Center ». Pour illustrer cette connexion, citons une anecdote qui est loin d’être anodine.

En 2011, le SNAPAP a été membre la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) qui a orchestré l’embryon de « printemps » algérien. Certainement briefée par le SNAPAP, la directrice du Département international du l’AFL-CIO, Cathy Feingold, écrivit deux lettres au Président Abdelaziz Bouteflika dans le but d’épauler Malaoui. Dans celle du 4 mars 2011, elle lui a fait part de son inquiétude concernant la violence policière contre les « manifestants pacifiques » en Algérie en précisant que « nous notons avec une vive préoccupation que, parmi les personnes blessées récemment, figurait le dirigeant syndical M. Rachid Malaoui président du secteur public de l’union syndicale nationale autonome du personnel d’administration publique (SNAPAP) ». Dans la seconde, datée du 14 octobre 2011, le nom de M. Malaoui « militant CNCD de premier plan », y est cité trois fois. Et madame Feingold semblait connaitre moult détails sur l’activisme politique algérien (Cliquez sur ce lien pour lire ces deux lettres).

Cathy Feingold, directrice du Département international du l’AFL-CIO

De nombreuses publications ont dévoilé la collaboration active de l’AFL-CIO avec la CIA et le Département d’État américain. Selon Kim Scipes, professeur d’histoire à Purdue University Northwest :

« Tout au long de son histoire, l’AFL-CIO a mené un programme de travail réactionnaire dans le monde entier. Il a été établi sans équivoque que l’AFL-CIO a travaillé pour renverser des gouvernements démocratiquement élus, collaboré avec des dictateurs contre les mouvements ouvriers progressistes et soutenu les mouvements ouvriers réactionnaires contre les gouvernements progressistes ».

Viscéralement anticommuniste, l’AFL-CIO s’est tellement acoquinée avec la CIA que cela lui a valu le surnom on ne peut explicite de « AFL-CIA ».

Comme expliqué dans de nombreux articles, le Solidarity Center est un des quatre satellites de la NED avec le NDI, l’IRI et le « Center for International Private Enterprise (CIPE) ».

Les quatre satellites de la NED

Malaoui a toujours nié recevoir (ou avoir reçu) une quelconque aide financière du Solidarity Center.  Dans sa remarquable thèse de doctorat intitulée « Les syndicats autonomes en Algérie », Karim Maïche rapporte les propos de Malaoui: « Nous sommes autofinancés, nos membres contribuent chacun à hauteur de 80 DA par an ».

Maïche mena son enquête sur le financement du SNAPAP en interviewant Selim Mecheri, un de ses activistes de longue date. Sa réponse était explicite :

« Ah, les pays étrangers. Pour nous, il était nécessaire d’obtenir de l’aide du Solidarity Center parce que sinon nous n’aurions pas eu la chance de sortir [d’Algérie]. Par exemple, je n’ai pas les moyens de sortir sans invitation de ces organisations internationales. Je ne veux pas cacher le fait que mon salaire ne suffit pas, ni non plus les ressources financières de mon organisation […] ».

La collaboration du SNAPAP avec le Solidarity Center n’est pas uniquement financière, comme on peut le constater, par exemple, dans le rapport annuel 2013 de l’organisme américain :

« L’année dernière en Algérie, le Solidarity Center et le Syndicat national autonome des travailleurs du secteur public (SNAPAP) ont entrainé un réseau de 32 militantes et formé le Réseau régional algérien d’autonomisation juridique des femmes (RAWLEN). Les femmes ont mené des cercles d’étude sur la peur, l’exploitation et les droits juridiques et humains des femmes dans 12 provinces, touchant plus de 600 femmes marginalisées et vulnérables ».

Par ailleurs, le nom de Rachid Malaoui est cité dans plusieurs câbles Wikileaks. Dans celui intitulé « Algeria and MEPI – Moving forward » daté du 26 avril 2009 et portant la référence 09Algiers415_a, on peut lire :

« En outre, nous avons demandé un financement au MEPI [The U.S. –Middle East Partnership Initiative] pour un projet du Solidarity Center travaillant avec les syndicats algériens, ainsi qu’une petite subvention pour le SNAPAP, le plus grand syndicat algérien autonome (c’est-à-dire non affilié au gouvernement). Le Solidarity Center est actuellement le meilleur véhicule pour un engagement soutenu avec les syndicats autonomes, mais l’exercice de petites subventions SNAPAP est un effort pour renforcer la capacité organisationnelle et de collecte de fonds d’un syndicat avec peu ou pas d’expérience dans l’un ou l’autre domaine. En cas de succès, la subvention SNAPAP pourrait conduire à un engagement direct plus important, bien que dans un avenir lointain, sans un responsable de la mise en œuvre de MEPI comme intermédiaire ».

Le câble 08ALGIERS661_a du 5 juin 2008, montre que Malaoui avait (a toujours?) ses entrées à l’ambassade des États-Unis à Alger. En effet, le document mentionne des discussions directes avec les diplomates américains sur la situation sociale et politique en Algérie :

« Le leader syndicaliste Rachid Malaoui du syndicat autonome SNAPAP nous a dit le 28 mai que le mécontentement vis-à-vis des performances des équipes de football n’était qu’une excuse pour déclencher une émeute. Les bases sous-jacentes des émeutes, a-t-il dit, étaient les frustrations refoulées de la société algérienne […]. Alors que les émeutes semblent avoir été déclenchées spontanément, il pense que les individus attendaient une occasion d’exprimer leur frustration élevée face à la vie en Algérie ».

Un troisième câble daté du 20 mars 2008 et portant la référence 08ALGIERS332_a est exclusivement consacré aux « syndicats libres ». Le nom de Malaoui y est cité sept fois et SNAPAP 6 fois. On peut y lire :

« Lors d’une réunion le 19 février, Rachid Malaoui, président de l’une des deux versions du Syndicat national autonome des employés de l’administration publique (SNAPAP), nous a dit que le gouvernement algérien prônait un « faux nationalisme » afin de détourner l’attention de ses échecs ».

Le reste est très instructif mais serait top long à discuter dans le cadre de cet article. Il montre cependant, de manière non équivoque, que Malaoui et son syndicat – tout comme les ONGistes algériens – discutaient allégrement, entre autres, des affaires politiques et sociales de l’Algérie avec les diplomates étasuniens au sein même de l’ambassade des États-Unis à Alger.

Outre le Solidarity Center, l’ouvrage de Karim Maïche mentionne les relations du SNAPAP avec différentes organisations internationales dont l’union syndicale « Solidaires », ce qui explique donc leur présence à un colloque organisé en France par une élue française. D’ailleurs, est-ce par pur hasard si les deux représentants de « Solidaires », Boualem Hamadache et Stephane Enjalran, étaient assis à côté de Rachid Malaoui lors de cet évènement?

Les syndicalistes invités par M.G. Buffet : Boualem Hamadache, Stéphane Enjalran et Rachid Malaoui

« Solidaires » et « quituquistes »

Il faut reconnaitre que « Solidaires » a été très actif contre l’Algérie non seulement pendant le Hirak, mais aussi bien avant comme nous allons le démontrer.

Ainsi, on peut lire dans une de leurs déclarations « pro-Hirak » publiée le 22 février 2021 (2e anniversaire du soulèvement populaire) :

« Il y a deux ans, la population manifestait contre la cinquième candidature à la présidence du très vieillissant Bouteflika, homme de paille des généraux qui ont pris le pouvoir dans les années 90. Les clans qui se partagent le pouvoir avaient été contraints de renoncer à cette candidature, mais les précédentes élections ont été une mascarade en termes de participation et de candidats (des clans militaires) ».

Le style et la terminologie utilisés dans ce communiqué officiel n’est pas sans nous rappeler l’empreinte des « islamawistes offshore » et des « ONGistes droitdelhommistes », adeptes de la « phase de transition » et du « Yetnahaw gaâ » (ils doivent tous partir). Cela est à des années-lumière du langage syndical coutumier, celui qui défend les intérêts des ouvriers et qui se bat pour ses acquis sociaux.

Mais ce qui attire le plus l’attention c’est cette allusion aux années 90, c’est-à-dire la décennie noire, le « quituquisme » et son corollaire l’absolution des djihadistes de leurs crimes terroristes.

Mais cela n’est pas nouveau pour « Solidaires », bien au contraire. Cette union syndicale a des relations très étroites avec les théoriciens du « quituquisme » et ses adeptes les plus teigneux.

En effet, dans le supplément à sa revue « Expression Solidaire » d’octobre 2015 de 128 pages exclusivement consacrées à l’Algérie (sic!), la parole est donnée à une dizaine de personnes dont François Gèze, Omar Benderra, Salima Mellah et Stéphane Enjalran.

Les trois premiers, François Gèze, Omar Benderra, et Salima Mellah sont membres de l’association « Algeria-Watch » fondée dans les années 90 par des journalistes algériens exilés en Allemagne.

Sur le site de l’association, on obtient un peu plus d’information :

« Algeria-Watch est une association de défense des droits humains en Algérie. Créée en 1997 en Allemagne, elle a rapidement dépassé le cadre germanophone et développé des activités en langue française. Depuis janvier 2002, elle existe également en France, où elle a constitué une association (loi de 1901) du même nom ».

Le recensement d’Algeria-Watch par le « Courrier international » précise qu’il s’agit d’un « webzine » qui « rassemble d’une manière générale des tendances hostiles au pouvoir en place à Alger, des islamistes modérés aux démocrates convaincus ».

Courrier International : description d’Algeria-Watch

Ainsi, pour figurer sur le site de cette association, il suffit juste d’être hostile au pouvoir algérien. Et cela dure depuis les années 90!

Aucune place à tous ceux qui défendent l’État-Nation, même pendant les moments difficiles que vit l’Algérie. Non, il faut juste être hostile, comme ceux qui vocifèrent « madaniya, machi aaskaria » (civil et non militaire) et surtout pas ceux qui scandent « djeich chaab, khawa khawa » (armée peuple, frères frères)!

C’est pour cette raison que mes écrits et mes livres ne sont jamais repris par ce site, malgré mes dizaines d’articles sur le sujet, lus et traduits en plusieurs langues. Par contre, tous ceux qui me tombent dessus à bras raccourcis sont les bienvenus et y ont bien entendu une place de choix.

Algeria-Watch, qui se targue d’être « une association de défense des droits humains », oublie que la liberté d’expression et d’opinion fait partie intégrante des droits humains.

« Algeria Watch », « Al Karama », « Rachad » et le djihadisme international

La description du « Courrier international » parle d’ouverture vers « des islamistes modérés ». La réalité est toute autre.

Regardons cela de près. Sur le site du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, on peut encore trouver un document qui a pour titre « Observations d’Al Karama for Human Rights et Algeria-Watch sur le troisième Rapport périodique de l’Algérie au Comité des droits de l’homme de l’ONU – Audience du 23 juillet 2007 ».

Ce document montre un travail synergique entre la Fondation « Al Karama » et « Algeria-Watch» qui a pour but le dénigrement systématique de l’Algérie auprès des instances internationales ou des pays étrangers. Une recherche rapide sur le site d’Al Karama révèle des dizaines d’occurrences sur cette collaboration dont plusieurs d’entre elles traitent de la défense d’anciens dirigeants du FIS (Front Islamique du Salut).

Selon les documents publiés sur son site (en 2016), les membres fondateurs de la Fondation « Al Karama » sont Abderrahman Al Nuaimi, Rachid Mesli et Abbas Aroua. Mourad Dhina, son directeur exécutif, à rejoint la fondation en 2007.

Discuter de la fondation « Al Karama » nécessiterait certainement plusieurs articles. Ce qu’il faut retenir c’est que cet organisme fraye avec la nébuleuse djihadiste internationale. Son fondateur, Abderrahman Al Nuaimi, a été accusé en 2013 « de financer Al Qaida » et tous ses avoirs ont été gelés par les États-Unis.

Le communiqué de presse du Département du Trésor américain mentionne que :

« Nuaimi est un financier et facilitateur terroriste basé au Qatar qui a fourni de l’argent et un soutien matériel et a transmis des communications à al-Qaida et à ses affiliés en Syrie, en Irak, en Somalie et au Yémen pendant plus d’une décennie. Il était considéré comme l’un des partisans qatariens les plus en vue des extrémistes sunnites irakiens ».

Dans un article de 2018 du journal suisse « Le Temps » consacré aux islamistes pro-Qatar dont fait partie Al Nuaimi, on peut aussi lire :

« On ne parle pas ici de djihadistes de bas étage ou de jeunes fanatisés devant leur ordinateur. Mais d’intellectuels de l’islamisme radical, bien connectés à l’international, y compris en direction de groupes armés ».

C’est d’ailleurs cette même année que la fondation « Al Karama » et son président-fondateur Al Nuaimi ont été placé sur la liste qatarie du terrorisme.

Pour revenir au Hirak frelaté et une de ses composantes majeures, les « islamawistes offshore », il est facile d’établir la relation entre la fondation « Al Karama » et le mouvement « Rachad ». En effet, les membres fondateurs d’Al Karama (excepté Abderrahman Al Nuaimi) sont aussi membres fondateurs de « Rachad ».

Pour compléter la liste, on peut se fier au document publié sur le site officiel de « Rachad » :

Liste des membres fondateurs de « Rachad »

On remarque donc que ces deux entités possèdent des portes tournantes entre elles et, donc, travaillent de concert.

Il existe aussi des relations directes entre « Algeria Watch » et « Rachad » comme on peut le constater lors des rencontres conjointes, comme, par exemple, dans ces vidéos de Omar Benderra avec Mourad Dhina (sur Rachad TV) ou avec un autre membre de « Rachad », Yahia Mekhiouba (vidéo publiée sur « Algeria Watch »).

Accusé par l’Algérie « d’enrôlement dans un groupe terroriste armé actif à l’étranger », Mourad Dhina fut arrêté à Paris en 2012 en vue d’une éventuelle extradition vers l’Algérie. Un « comité de soutien pour la libération de Dr. Mourad Dhina » composé de 20 membres fut constitué. Parmi les noms de ces personnes, on retrouve ceux de Abderrahman Al Nuaimi, François Gèze, Habid Souaidia (dont il sera question ultérieurement) et Hakim Mutairi (aussi orthographié Hakem Al Mutairi) qui est un activiste salafiste, membre fondateur et chef du parti koweitien « hizb al-umma » (Parti de la communauté des croyants).

Selon l’opposant turc Abdallah Bozkurt, Al Mutairi « est un prédicateur salafiste et radical dont les opinions sont similaires à celles d’Al Qaïda et de l’État islamique en Irak et en Syrie (ISIS). Il a été accusé d’avoir canalisé des ressources financières vers des djihadistes en Syrie, d’abord vers Ahrar Al Cham et plus tard vers le Jabhat Al Nosra ».

C’est d’ailleurs pour ses activités délictueuses qu’Al Mutairi a été surnommé le « parrain de l’extrémisme dans le Golfe arabe »

Pour la gouverne de la « Tartarine », c’est ce même prédicateur qui a applaudi et justifié l’horrible décapitation de feu Samuel Paty. Intéressant, non?

En avril dernier, le tribunal pénal du Koweït a condamné Al Mutairi à une peine de prison à vie pour un complot visant à déstabiliser la sécurité dans la région du Golfe.

À la parution de mon livre « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak? », les premiers à avoir réagi de manière violente et sordide ce sont les « adeptes » de Rachad. Non satisfaits de leurs sempiternelles logorrhées fétides, ils ont décidé de répondre à mon ouvrage en réunissant un groupe de piètres « experts » avec, à leur tête, Moncef Marzouki, le « tartour (pantin) de Carthage » en personne. Cette réponse, qui s’est plus attaquée à ma personne qu’au contenu de mon livre, s’est avérée d’une navrante médiocrité. Néanmoins, à force d’écrire pour ne rien dire et de griffonner des inepties, on finit toujours par faire des révélations intéressantes pour autrui. Ainsi, on apprend dans ce livre collectif (p. 308) que « Rachad » avait eu des contacts directs avec Rachid Maloui – tout comme avec « Algeria Watch » – et ce, bien avant le Hirak.

Mensonges, manipulations et diffamations

Né à Casablanca (Maroc) et militant d’extrême gauche, le nom de François Gèze est surtout relié aux Éditions La Découverte dont il a été directeur et qu’il a utilisé comme « machine à laver » pour « blanchir » les crimes des djihadistes algériens et les mettre sur le dos de l’institution militaire algérienne.

Cela a commencé en 2000 avec la publication de « Qui a tué à Bentalha » par Nesroulah Yous, avec la collaboration de Salima Mellah (tiens, tiens…).

(Petite remarque : Nesroulah Yous était invité à la grand-messe de la Tartarine au palais Bourbon).

Nesroulah Yous invité au colloque de M.G. Buffet organisé à l’Assemblée nationale française

En 2001, c’est au tour de « La sale guerre » de Habib Souaïdia, un ex-miliaire algérien, de se prêter à l’entreprise de blanchissage – salissage orchestrée par François Gèze. Un vrai succès de librairie : 72 000 exemplaires vendus et plusieurs éditions en d’autres langues.

Sauf que ce brûlot a révélé les dessous d’une entreprise professionnelle de désinformation nommée le « quituquisme ».

Vu les compétences d’écriture limitées de l’ex-militaire, un coauteur a été recruté. Il s’agit du journaliste Mohamed Sifaoui qui, malheureusement pour eux, n’a pas voulu marcher dans les combines de la « machine à laver ».

Après avoir remis sa copie, Sifaoui s’est rendu compte que Gèze avait par la suite manipulé son texte. Il déclara alors :

« On a tordu mon texte en occultant certains passages, en en rajoutant d’autres. En mettant toujours au conditionnel certains faits exacts – toujours des exactions commises par les islamistes – et en faisant passer pour des affirmations ce qui ne constitue que des hypothèses (la responsabilité de l’armée dans des massacres de civils) ».

Il a aussi accusé l’éditeur d’avoir systématiquement supprimé les passages du manuscrit qui allaient incriminer les islamistes au nom d’un « parti-pris idéologique », tout en qualifiant Habib Saouaïdia, de « mythomane venu en France pour régler des comptes avec sa hiérarchie ».

Ébranlé par toutes ces accusations qui remettaient en cause sa stratégie, Gèze portant plainte contre Sifaoui pour « diffamation ».

Il fut platement débouté par le tribunal qui jugea que « les éléments produits aux débats permettent de démontrer que Habib Souaïdia, au printemps 2000, a livré à ses interlocuteurs des versions différentes, que de nombreuses modifications ont affecté le manuscrit livré par Mohamed Sifaoui à l’éditeur, et surtout que ces modifications ont eu pour résultat d’atténuer la responsabilité des groupes islamistes pour aggraver celle des militaires »

Et en ce qui concerne les responsabilités, le tribunal a été très clair :

« François Gèze et les Éditions La Découverte sont accusés d’avoir manipulé Habib Souaïdia et Mohammed Sifaoui, en intervenant sur le témoignage du premier et le manuscrit du second, pour réaliser un ouvrage partisan, volontairement défavorable pour l’armée et exonérant les islamistes ».

Malgré la mise en évidence de ces manipulations et de ces mensonges, le livre de Souaïdia est encore régulièrement cité par les adeptes de « Rachad » qui ne se lassent pas de le brandir comme la preuve par 9 du « quituquisme ».

Dans le volet « mensonges, manipulations et diffamations », François Gèze n’est pas le seul à y exceller. Stéphane Enjalran, le quatrième contributeur de la revue « Expression Solidaire » de 2015, n’a rien à lui envier.

Stéphane Enjalran, syndicaliste « Solidaires »

Tout d’abord, ce syndicaliste est lui aussi un « quituquiste » comme on peut s’en rendre compte en parcourant un de ses deux articles figurants dans la revue.

« On se rappelle aussi de l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996 et du fait que les médias français commencent seulement à prendre au sérieux l’hypothèse de la responsabilité de l’armée algérienne dans ce drame, responsabilité pourtant hautement probable mais jusque-là étouffée ou évoquée à demi-mot, l’événement étant au mieux présenté comme un « accident » ».

Et à propos de l’Algérie, notre syndicaliste n’y va pas de main morte :

« Ce qu’il faut appeler par son nom, une dictature. « Dictature » : le mot peut sembler exagéré, voire dévoyé, tant l’ignorance est grande dans nos pays de la situation réelle en Algérie, encore présentée comme le modèle de « résistance au terrorisme » et donc comme un rempart contre ce fléau, qu’il soit réel ou fantasmé ».

Un vrai clone de François Gèze!

Mais ce n’est pas tout. Ce syndicaliste fantoche, qui prétend défendre la veuve et l’orphelin, montre son vrai visage digne de la Stasi.

En citant mon livre « Arabesque américaine », édité à Montréal en 2011, il se permet de dire :

Supplément à Expression Solidaires, journal édité par l’Union syndicale Solidaires, octobre 2015, page 48 (Extrait)

Soit Enjalran fait preuve d’une ignorance crasse, soit il est malhonnête. En ce qui me concerne, je pense que les deux qualificatifs s’appliquent admirablement bien à cet individu. Voilà pourquoi :

1-     La NED et le Solidarity Center n’appartiennent pas « à l’oligarque israélo-américain d’origine hongroise, George Soros », mais au gouvernement américain.

2-    La relation entre le SNAPAP et le Solidarity Center a été clairement établie au début de cette section.

3-    Les mots « juif », « hébreu », « sémite » et « antisémite » n’ont jamais été écrit dans mon livre « Arabesque américaine ».

4-   Le mot « Israël » a été écrit 2 fois dans le cadre de ses relations avec l’Égypte.

5-    George Soros y est présenté comme « milliardaire américain » et non comme « israélo-américain ».

Cela prouve juste que, comme la majorité de ceux qui me critiquent, Enjalran n’a jamais lu mon livre. Pour défendre Rachid Malaoui, il aurait dû critiquer le contenu de mon ouvrage et faire un effort intellectuel. Mais non! Il est plus facile de me coller une étiquette « antisémite ». La « Reductio ad Hitlerum » dans sa plus simple expression : c’est plus facile et ça peut rapporter gros.

En fait, on se rend compte que cet article est, à une phrase près, le copié-collé d’un autre publié en 2013 :

« Algérie 2013 : la poursuite des violations des libertés syndicales par le pouvoir » (Extrait du Rapport CISA 2013)

En comparant les deux versions, on remarque en effet un petit ajout dans celle de 2015 : l’allusion à l’antisémitisme. La Stasi dans ses œuvres!

En ce qui concerne l’ingérence étrangère, il ne faut pas aller très loin pour la prouver. Enjalran lui-même étant un étranger, que vient-il faire dans les affaires de l’Algérie? N’a-t-il pas assez d’ouvrage avec les problèmes abyssaux de la classe ouvrière française? Ou rêve-t-il encore du « temps béni des colonies »? D’autre part, s’est-il posé la question pourquoi avoir organiser un colloque sur l’Algérie en France, au sein même de l’Assemblée nationale française? Ça s’appelle comment ce truc, M. Enjalran?

Un syndicaliste qui ne connait pas le rôle néfaste du Solidarity Center et de l’AFL-CIO dans plusieurs régions du monde, en particulier en Amérique du Sud, en Pologne, à Hong Kong et même en France ne mérite pas d’appartenir à un quelconque syndicat.

Une petite suggestion, monsieur le syndicaliste fantoche : pourquoi ne pas vous informer auprès de votre ami Dan Gallin (voir plus bas dans ce texte), lui qui a eu maille à partir avec l’AFL-CIO et qui connait si bien George Soros?

SNAPAP, CGATA et les confédérations syndicales internationales

Selon Karim Maïche, « le SNAPAP travaille en étroite collaboration avec d’autres syndicats autonomes et organisations de la société civile telles que la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) et SOS Disparus (SOS Disparus) ».

Comme expliqué auparavant, ces organismes « autochtones » algériens sont tous financés par la NED. Cela explique aussi la présence de certaines personnes comme Nacera Dutour ou Salah Debouz à ce colloque

Concernant les organisations syndicales étrangères, Malaoui a déclaré qu’il n’avait aucune difficulté à s’en rapprocher :

« […] Les étrangers ne sont pas dupes. […] Ils savent reconnaître les vrais syndicats de faux. Quand tu es crédible, tu adhères facilement »

En fait, Malaoui fait semblant de ne pas comprendre que certains organismes internationaux ont des agendas précis pour l’Algérie et qu’en politique, la philanthropie n’existe pas. Chaque dollar investi doit rapporter gros et, comme le dit le dicton, c’est celui qui paie l’orchestre qui choisit la musique.

En ce qui concerne leurs relations avec les confédérations internationales, le SNAPAP est affilié à l’UITA (Union Internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie, de la restauration, du tabac et des branches connexes) et le CGATA avec la CSI (Confédération syndicale internationale) .

Il faut savoir qu’il s’agit de mastodontes : l’UITA revendique 10 millions de membres provenant de 130 pays, alors que la CSI en compte quelques 168 millions répartis dans 155 pays. Il faut aussi préciser que l’UITA ainsi que l’AFL-CIO sont membres de la CSI.

Le « Courrier fédéral » de la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC) de la CGT (n°580 du 30 novembre 2018) donne des informations très intéressantes au sujet du CSI.

Le CSI est né en 2006 de la fusion de la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) et de la CMT (Confédération Mondiale du Travail). Dès son origine la CISL était par principe anticommuniste et antisoviétique.

« Les grandes sociétés multinationales, les gouvernements des pays occidentaux américains et européens, les services d’intelligence comme la CIA ou le MI5 britannique, contribuèrent matériellement et financièrement au développement de la CISL ».

On y apprend aussi que la CSI/CISL a soutenu l’écrasement et la destruction de la Libye ainsi que l’intervention étrangère en Syrie et qu’elle reste dirigée par les syndicats des pays riches tout en entretenant des relations étroites avec les entreprises et les institutions financières.

« Outre la continuité qu’elle incarne avec la CISL, la CSI défend des positions identiques sur le plan syndical et les piliers de son organisation sont rigoureusement les mêmes ».

Pour abonder dans le même sens que cette revue syndicale, sachez que Cathy Feingold, la directrice du Département international du l’AFL-CIO, (celle qui avait pris la défense de Rachid Malaoui en écrivant deux lettres au Président Bouteflika en 2011) a été nommée Présidente adjointe du CSI (ITUC en anglais), en décembre 2018.

Cathy Feingold, présidente adjointe du CSI

Rachid Malaoui est décidément entre de bonnes mains, que ce soit à l’AFL-CIO ou au CSI.

« Solidaires », Dan Gallin et George Soros

Dan Gallin est un militant trotskyste dont la vie est un vrai roman d’aventure. Fils d’un diplomate roumain en poste à Berlin durant la 2e guerre mondiale, il obtint une bourse en 1949 pour étudier aux États-Unis. Contraint de quitter le pays à cause de ses activités politiques, il s’installa en Suisse où il y termina ses études universitaires. Après de nombreuses expériences politiques, il décida de s’impliquer dans le syndicalisme qu’il décrit comme « la première et peut-être la dernière ligne de résistance ouvrière ».

Gallin a été secrétaire général de l’UITA de 1968 à 1997, soit près de trois décennies, battant tous les records de longévité à ce poste.

Après cette longue carrière, il créa le « Global Labour Institute (GLI) », une fondation qui a pour objectif « de promouvoir la solidarité internationale entre les organisations syndicales et entre celles-ci et d’autres organisations et mouvements de la société civile dans le but de parvenir à une société mondiale démocratique et durable, fondée sur les principes de justice sociale, de liberté et d’État de droit ».

D’après le « Courrier fédéral » cité précédemment, cette fondation « est liée, entre autres, à l’Open Society du milliardaire George Soros ».

Peut-être doit-on conseiller à Stéphane Enjalran, ce syndicaliste qui se fait passer pour un bisounours, de consulter ses « collègues » de la CGT pour lui expliquer ce que veut dire être financé par Soros?

On peut se rendre compte de la proximité entre Gallin et Soros en lisant l’article que le premier a écrit pour défendre le second.  Intitulé « La sale guerre contre George Soros », il a été publié en 2018 sur le site du GLI.

Le texte est une vraie déclaration d’amour pour George Soros, son concept de « société ouverte » (Open Society), sa générosité démesurée et son combat contre « les ennemis de la démocratie ».

Il en profita pour écorcher tous ceux qui osent tenir tête au milliardaire américain, tout en évoquant le sempiternel argument d’antisémitisme. (Tiens, ça nous rappelle Stéphane Enjalran).

Gallin a tenté de faire passer Soros pour mère Thérèsa, tout en excellant dans le Russia-bashing et le China-bashing. Il a justifié le coup d’état de l’Euromaïdan (Ukraine 2013-2014) et a reproché au président Vladimir Poutine d’avoir sauvé « une autocratie meurtrière en Syrie en prolongeant une guerre civile qui jette des millions de réfugiés sur la route de l’exil […] ».

Mais aucun mot sur les néo-nazis qui ont fait la sale besogne en Ukraine, ni sur ces pays occidentaux qui ont financé le djihadisme et la destruction systématique de la Syrie.

On aurait cru entendre un des pires faucons « neocons » américains!

Et dire que ce type prétend avoir défendu, pendant 29 ans, les intérêts de millions d’ouvriers à travers le monde contre des patrons capitalistes de la trempe de Soros! On aura tout vu.

Cette histoire me fait penser à certains de nos trotskystes algériens tels que Hocine (Patrick) Belalloufi ou Ihsane El Kadi. On jurerait qu’ils ont été formés par le trotskyste en chef, Dan Gallin en personne.

Mais, vous allez me dire, que vient faire Dan Gallin dans notre sujet?

D’après certains observateurs avertis de la scène syndicale française, l’union syndicale « Solidaires » collabore fortement avec le GLI de Dan Gallin. On peut s’en rendre compte lors d’évènement organisés conjointement comme, par exemple, cette « Université d’automne francophone » (2017) ou cette « International Labour University » (2019).

Comme on peut le constater, Dan Gallin et Stéphane Enjalran ont participé à ces deux rencontres.

Si le GLI s’occupe de la formation des syndicalistes de « Solidaires », on doit s’attendre à ce que ces derniers partagent les idées développées par Dan Gallin dans sa lettre « d’amour » à Soros. On comprend alors l’acharnement maladif de Stéphane Enjalran et de ses « collègues » contre l’Algérie, tantôt en soutenant Rachid Malaoui, tantôt en recyclant la clique des « quituquistes ».

La photo ci-dessous montre Dan Gallin et Annick Coupé lors de l’Université d’automne francophone de 2017.

Dan Gallin et Annick Coupé, Université d’automne francophone (2017)

Annick Coupé est une militante syndicale qui a été porte-parole de « Solidaires » de 2001 à 2014.

Dans le supplément de la revue « Expression Solidaire » évoquée précédemment, Rachid Malaoui exprime ses remerciements à « Solidaires » et à Annick Coupé:

« Solidaires est à nos côtés depuis longtemps et j’espère bien pouvoir un jour exprimer de vive voix à Annick Coupé nos remerciements pour son soutien inconditionnel ».

Et la boucle vient d’être bouclée.

Avant de clore cette investigation, il est important de mentionner un détail révélateur concernant Dan Gallin. Dans une longue interview, il reconnait sa préférence durant la guerre d’indépendance de l’Algérie :

« En 1954, la guerre d’Algérie éclate et la plupart de mes reportages portent sur cette guerre. Maposition, qui est devenue la position de l’ISL (Ligue socialiste indépendante), était bien sûr pour le mouvementindépendantiste, mais pas pour le camp des vainqueurs. J’ai soutenu le Mouvement nationalalgérien (MNA) dirigé par Messali Hadj. J’avais rencontré Messali, et j’avais été impressionnépar la dignité modeste du fondateur du mouvement indépendantiste algérien, mais mesprincipaux contacts étaient les syndicalistes de l’Union messaliste des travailleurs algériens(USTA), fondée en février 1956, et j’ai reconnu en eux la détermination révolutionnaire,l’internationalisme et l’esprit d’indépendance qui est toujours ce qu’il y a de mieux dans lemouvement ouvrier. Ce sont les qualités qui ont assuré leur destruction ».

Dan Gallin était donc « messaliste » et ne portait pas le FLN dans son cœur si on en croit la virulence des termes utilisés pour le qualifier dans le reste de l’entrevue.

Il est quand même décevant d’être, une vie durant, immanquablement dans tous les mauvais camps!

Organigramme des groupes présents au colloque de M.G. Buffet et de leurs accointances politico-financières
(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

C- Conclusion

Le colloque organisé par Marie-George Buffet, députée et ancienne ministre, au sein même de l’Assemblée nationale française n’est pas un évènement banal, bien au contraire.

1-     Tout d’abord, le lieu choisi marque l’implication d’une institution politique majeure du Parlement français. Et, vu les récentes sorties médiatiques belliqueuses du président Macron et de quelques-uns de ses ministres, il ne serait pas étonnant que cette réunion ait reçu l’aval du gouvernement français.

2-    Le timing choisi (2 jours avant la commémoration des évènements sanglants du 17 octobre 1961) reflète la volonté de passer sous silence un des crimes d’états français les plus abjects contre des manifestants pacifiques algériens.

3-    Les personnes invitées à ce « colloque » ne sont pas les « acteurs et les actrices du mouvement du peuple algérien pour la démocratie » tel que mentionné dans le post de la députée communiste. Ce sont les représentants de groupes spécifiques qui dirigent le Hirak frelaté, à savoir des « makistes séparatistes », des « ONGistes droitdelhommistes » et des « syndicalistes fantoches » ayant des liens solides avec les « islamawistes offshore ». Ces groupes travaillent de concert pour la division et la « printanisation » de l’Algérie.

Qu’aurait pensé Mme Buffet (et le gouvernement français) si un député algérien avait réuni à l’Assemblée populaire nationale algérienne (APN) des représentants du mouvement séparatiste corse ou des membres de l’ « Opération Azur » qui ont fomenté un coup d’État en France?

4-   Certains invités sont des militants ou sympathisants « makistes séparatistes » qui œuvre à la partition de l’Algérie, sur le modèle du projet du « Grand Moyen-Orient ».

5-    La plupart des invités et les organismes auxquels ils appartiennent ont applaudi la destruction de la Libye et de la Syrie et travaillent d’arrache-pied pour la destruction de l’Algérie.

6-   Les syndicalistes invités travaillent de concert avec des confédérations de travailleurs ouvertement et historiquement anticommunistes. Qu’en pense la militante communiste, celle qui a représenté le PCF à l’élection présidentielle?

7-    Ces syndicalistes font la promotion du « quituquisme » et collaborent avec des groupes qui en ont fait un fonds de commerce lucratif.

8-   Ces syndicalistes et les « ONGistes droitdelhommistes » sont financés et/ou ont des liens étroits avec des organismes américains spécialisés dans la déstabilisation et la destruction de pays ciblés. Cela n’a absolument rien à voir avec la démocratie.

9-   Ces « quituquistes » coopèrent activement avec des prédicateurs ou des entités directement et notoirement impliquées dans le djihadisme international.

Le colloque a eu au moins un côté positif. Il a, en effet, permis de révéler la collusion entre des personnes et des organisations qui se sont liguées contre l’Algérie lors des différents moments difficiles de sa jeune histoire. Elles ont œuvré à la destruction de l’idée de l’État-Nation lors de la guerre de libération et l’ont combattu jusqu’au Hirak, en passant par la décennie noire.

Pour éviter d’en faire partie, Marie-George Buffet réussira-t-elle à se débarrasser de son ridicule costume de la « Tartarine » du palais Bourbon pour celui de la députée française? Elle pourra ainsi s’occuper de ce pourquoi elle a été élue, c’est-à-dire des problèmes du peuple français et non de ceux des autres peuples.

Ahmed Bensaada

♦ Résister face à l’univers médiatique saturé par l’extrême droite


« Joie après joie Victoire après victoire Gens de couleur de l’Afrique à Cuba C’est dans la victoire que l’homme n’a pas de couleur C’est dans la joie que l’unique couleur est la couleur de l’homme » Pier Paulo Pasolini (Rage)

Je devais emmener mon fils au basket hier car il y avait une grève des bus. Oui il y a toujours des syndicalistes, pas la CFDT qui elle est raisonnable, mais des cégétistes qui nous cassent les burnes avec leurs revendications salariales.

 He mec, tu ne peux pas déjà être content d’avoir un boulot…

Bref, je n’avais pas calculé la grève des bus et j’étais en pleine concentration éditoriale quand mon fils s’est pointé énervé, papa on va être en retard, dépêche-toi…

Putain tu fais chier, je suis en plein édito

Dans la voiture, après quelques minutes d’un silence pesant, mon fils 1m90, 17 ans me jette un regard de mâle, hétérosexuel, blanc et pubère :

C’est quoi ton truc d’édito là ? Ça sert à quoi ?

Il y a des moments de vérité dans la vie d’un éditorialiste blanc, hétérosexuel et d’un certain âge. C’en était un. La facilité eut été de dire, que mes éditos ne servaient à rien. Mais alors à rien du tout.

Et vous jouez contre Strasbourg dimanche ?

Mais je n’ai rien dit, j’ai allumé la radio. Thomas VDB m’a bien aidé sur France Inter.

Plus on approchait du gymnase plus je cherchais la parade. Et plus elle s’éloignait.

J’ai regardé mon fils et je lui ai demandé s’il connaissait Métropolis

Le manga ?

Non le film de Fritz Lang

De qui ?

Laisse tomber.

Le scénario de Métropolis a été écrit par la nana de Fritz Lang en 1924. Ça raconte l’histoire d’une ville du XXI siècle où les prolos usinent en sous-sol pour le bonheur d’une classe d’hyper riches qui se paient du bon temps à l’air libre. Elle s’appelait Théa von Harbou. C’était une vraie nazi. Quand elle est morte en 1955, on a retrouvé dans son salon un portrait d’Hitler.

Je sais, je pourrais revenir sur des tas d’évènements qui ont jalonné ces derniers jours.

Les Pandora papers ou comment on se faire blouser par une flopée d’arnaqueurs… des présidents, d’anciens ministres, des dictateurs, des sportifs, des milliardaires… Les paradis fiscaux… Le travail des hommes en sous-sol qui se fait siphonner par les banquiers et leurs clients déjà riches.

J’ai pas mal donné dans ce secteur et ça me fait toujours sourire de voir les journaux qui m’ont volé dans les plumes lors des premières leaks se refaire une virginité à bon compte.

Je note aussi qu’Emmanuel Macron et son ingénieur en chef Jean Castex, si prompt à commenter quand il s’agit de l’émigration, l’Algérie, le virus ou le prix du gaz ne pipent pas un mot quand leurs copains et leurs sponsors se font prendre, la mallette dans le coffre. C’est pesant ce silence.

Passons

Les manifs peau de chagrin des antipass qui finissent en guenille, usés par les stats des médias et les gaz policiers.

Les militants RN toujours aussi accueillants y compris avec les Afghans…

Benalla toujours aussi arrogant…

On a sorti une dizaine d’articles sur le Qatar. On est un petit consortium à 3 ou 4. Mais nous on n’a pas de réseaux, pas de gros journal en soutien. On n’a que vous… On va continuer à en sortir des documents inédits et accablants… Soyez attentif à notre site, on va revenir sur le financement de la guerre en Libye et sur la corruption active mise en place par Nasser El Khelaifi et ses amis qataris.

Fritz Lang avait quitté Théa von Harbou dix ans après la sortie de Métropolis en raison justement de sa furie nazi. Quand elle écrit ce film génial qui inspire encore aujourd’hui des tas de réalisateurs – Regardez Matrix ou Blade Runner – Théa est une sorte de communiste qui veut libérer le peuple du joug des aristocrates et des banquiers…

Juifs les banquiers ? Oui, ça on le comprendra plus tard.

Dans Métropolis, il y a déjà une odeur bizarre qu’on ne décèle pas au premier abord… le libérateur, le médiateur est aryen… mais bon…

Où j’en étais ?

Tapie est mort. Passons. Non ne passons pas… C’est dur de dire qu’un mort aussi sympa n’a pas été si parfait que le décrivent les travailleurs médiatique, mais j’ai le souvenir précis, j’étais alors reporter à Libération, de tous ces ouvriers dont les usines ont été reprises par Tapie et sa bande de prédateurs. Ces prolétaires, sans doute morts avant lui, qui pleuraient leurs emplois perdus, leurs fins de vies… Terraillon, Testut, Manufrance, La vie claire… etc…

Bon sinon ?

Sinon, une image m’a hanté et elle continue à occuper mon esprit. J’écris cet édito en pensant à elle…

Et à Zemmour et sa nana… Sarah Knafo… C’est français comme prénom Sarah ? c’est limite. Et le patronyme, c’est grec non ? La photo qui me hante n’est pas celle qui a fait la une de Paris Match, mais je voudrai y revenir quand même…

Je n’arrive pas à croire à la fiction du paparazzi. Je connais trop Zemmour et Gattégno, le patron de Match, pour imaginer le coup bas. Ils sont copains dans la vie, jouent au tennis ensemble, ont le même parrain. Bolloré. Ils se sont forcément appelés avant publication.

Je prends le pari qu’il n’y aura jamais de procès. Et que l’avocat de Zemmour qui était aussi celui de mon vieux copain Imad Lahoud, avec qui lui aussi il jouait au tennis, a autre chose à faire en ce moment pour son client que de mitonner une plainte en violation de vie privée sur une plage publique. Il y a d’autres violations chez Zemmour. Mais on s’en fout.

Zemmour et son meeting avec Onfray… Michel, tu m’échappes de plus en plus là… Ça me fait suer de te voir partir si loin moi qui t’ai tant aimé. Là, tu es devenu indéfendable… J’ai failli t’appeler… Et puis non, je préfère t’écrire… Michel, ouvre les yeux bordel, pense à ton ouvrier de père, à votre voyage au Pôle… Imagine qu’il se réveille et te voit à ce bal de faux culs et de fachos…

Zemmour, je sais. Plus on en parle, plus il grimpe dans les sondages et torpille la droite et le RN. Ce qui, en soi, n’est pas une mauvaise nouvelle. Dois-je en ajouter une couche ?

Allons-y

Zemmour n’a jamais dirigé que lui-même : c’est un peu court pour diriger un État, non ?

Surtout quand, visiblement, on se préoccupe surtout de peloter les filles. Je sais, je suis mauvais, mais je n’invente rien. Zemmour c’est un petit mec qui n’a jamais vendu que des mots sur du papier, c’est léger pour se cogner un État, non ?

Macron avait quand même été banquier, il avait aidé au rachat du Monde, à celui d’Adrexo. Il avait vendu un bout de Nestlé à Pfizer et fait un an de préfectorale au Niger.

Avez-vous déjà ouvert un livre d’Eric Zemmour ? C’est franchement de la merde en barre. Je ne parle même pas du fond mais de la forme : trivial, banal, sans grâce, plein de citations et de name droping, vulgaire. Zemmour, avant d’écrire ses bouquins, il va sur le site d’Alain Soral et il ajoute de la flotte. Autant lire l’original. Vraiment. Zemmour en livres, quelle découverte ou idée nouvelle ? Aucune. Le grand remplacement piqué à Renaud Camus. La France qui disparait, se noircit, s’islamise. Ses stats bidonnées. Son obsession d’une chrétienté révolue. Blablabla.

Tu lis Zemmour et t’as envie de te suicider. Le gars est un conteur, un vulgarisateur du fachisme ambiant. Le retour des bottes. Réfléchissez deux secondes à ce qu’il adviendrait s’il gravissait les échelons médiatiques au point d’arriver aux portes de l’Elysée. Ce pays en est là… De Mitterrand à Zemmour. Du RPR au RPZ. Non, c’est une blague.

Zemmour pose de mauvaises questions pour inventer de bonnes réponses. Tout est vicié à la base. A commencer par cette folie de grand remplacement. Du grand basculement. Du grand n’importe quoi.

On est chez Fritz Lang là ou chez Orwell. La manipulation des esprits faibles. La fabrication d’un passé glorieux et simpliste. L’invention d’un ennemi de l’intérieur.

Au XXIe siècle, soit de nos jours, une métropole à l’architecture fantastique vit sous la domination d’oligarques. Ils se prélassent dans des villas luxueuses, tandis qu’en bas la plèbe survit en faisant tourner les machines. La copine de Lang précise que son scénario « ne sert aucune tendance, aucune classe, aucun parti. Il est une aventure qui s’organise autour d’une idée : le médiateur entre le cerveau et la main doit être le cœur ».

Le fils du Maître de la ville découvre l’existence de ce monde souterrain, où se rencontrent en secret les ouvriers révolutionnaires. Pendant ce temps, un savant invente une femme-robot qui doit détourner les ouvriers de leur révolte. C’est incroyablement moderne et prémonitoire. C’est post marxiste, puisque les robots sont de la partie. Et compliqué car le médiateur est amoureux d’une ouvrière. C’est elle la plus forte. Un peu comme Sarah Knafo.

Zemmour fait son beurre grâce à la vache à lait médiatique. Ruquier, Naulleau, Onfray, Bolloré et toutes les (bip) de Cnews.

J’emprunte son style. Laurence Ferrari, Sonia Malbrouk, Christine Kelly. Passeuses de plats. Vous êtes comme la déesse robotisée de Métropolis. Réveillez-vous les filles… Zemmour c’est le produit de nos lâchetés. C’est un écrivain très moyen qui papillonne et se couvre avant chaque entrée en scène d’un vernis historique frelaté. Il peut impressionner par sa singularité et son bagout. Mais bon…

L’époque a atteint son niveau le plus bas de la connaissance historique. Je veux dire de l’histoire. Et de la vie politique de ce pays. On est chez Big Brother. L’ignorance est la règle. La vérité, il faut prendre le temps d’aller la dénicher.

Zemmour explique bien que Pétain a sauvé des juifs alors qu’il les a envoyés aux chambres à gaz. Zemmour, il pue cette odeur-là.

Hey les filles, Relisez René Girard. Relisez Bourdieu et Derrida. Relisez Levy Strauss et Michel Serres. Relisez la chute de Rome et les philosophes, les stoiciens.

Cette époque est devenue tellement débile, médiatic toc et sans mémoire que cette arnaque-là marche.

Zemmour, franchement, si c’est un intellectuel ou un homme d’Etat, moi j’suis M’Bappé.

Zéro idée. Zéro découverte. Et surtout zéro perspective.

Il est comme un lapin dans un phare. Comme il est le seul lapin, la lumière le prend. Et il devient phosphorescent.

Franchement, Zemmour tu ne connais rien à la finance, rien à l’économie, rien à la porosité des États, rien à la culture. Je ne parle pas de tes lectures de bouquins historiques ou de la cinquième de Béthoven. Je parle du Raï, des livres de Modiano ou de Cavannna. Je parle des films de Ken Loach ou de Bunuel. Tu ne connais rien à l’Afrique, rien au Moyen Orient, rien au monde, rien à la science, rien à rien. Même en foot t’es nul. T’es un homme de salon. Une sorte de BHL à l’envers. Lui, c’est chez Pinault qu’il va diner avec Macron. Toi, c’est chez Bolloré avec Pascal Praud.

Bon, j’arrête.

L’image qui me hante c’est celle-là. Cette une de Causeur.

C’est l’image la plus raciste que j’ai vue depuis très longtemps. Elle me blesse. Elle me tue. Elle me fait honte. Elle participe pleinement à cette Zemmourisation du monde. J’ai acheté Causeur ce journal aux idées aussi courtes et basses de plafond que l’étaient le Cri du peuple, le journal de Doriot ou Gringoire de Drieu La Rochelle et Francis Carco. Ça schlingue.

Souriez-vous êtes grand remplacés, écrit son rédacteur en chef en alignant des bébés. Un blanc à l’extrême droite avec un rebeu, un chintock, un métisse et un black à l’extrême gauche. Pas de filles. Ils sont cinq petits garçons à nous dévisager dans tous les kiosques à journaux du pays. Enfin, le peu qui reste.

L’histoire est simple. France Stratégie, organisme respectable et public, fait des statistiques et des cartes qui montrent que dans les quartiers où les émigrés sont nombreux ou parqués, des bébés naissent avec des noms à consonance non européenne. Et donc, les journalistes de Causeur rassemblent toutes ces villes et ces quartiers de Saint Denis, Rennes ou Limoges et inventent une théorie selon laquelle les français de souche (car il faut bien leur donner une appellation contrôlée) serait en nette diminution, voire en phase de disparition face aux étrangers. Je résume.

Tout cela est labellisé par un « observatoire » citoyen « de l’immigration et de la démographie ». Jamais France Stratégie de dit cela. Mais partout les causeurs jouent sur cette ambiguïté. J’ai pris la peine de lire leur dossier. C’est accablant de bêtise, de raccourcis, d’absence de rigueur. Le point d’orgue de la démonstration c’est La Courneuve où les gars révèlent que 75% des 0-18 ans sont nés de parents immigrés extra-européens. Non franchement, j’me marre. En quoi cela est-il étonnant ? En quoi la France serait la Courneuve ? Et pourquoi jeter l’opprobre sur un quartier qui soufre surtout du mal logement et de la pauvreté. Pourquoi vous n’allez pas à Neuilly ou à Saint Trop faire vos interprétations de stats ? C’est délirant. Et ça repose sur une ignominie. Pourquoi un type qui s’appelle Benzema ou Diabaté serait moins français qu’un type qui s’appelle Robert ou Deschamp ?

Tout me tombe des mains dans ce journal nauséabond où 30 pages reposent sur cette élucubration visant à nous faire croire que les maternités regorgent de bébés qui quoi ? ne le dites à personne, mais ils cachent des poignards et des Coran sous leurs oreillers. Dans dix ans, dès qu’on va leur tourner le dos, ils vont nous égorger…

On invente des peurs et des stats pour justifier d’un racisme qui ne se cache plus. Et on met des bébés en photos. J’ai honte pour vous Élisabeth Lévy. J’ai entendu vos justifications quant à la liberté d’expression et vos vociférations de chroniqueuse rivée à cette idée stupide selon laquelle nous serions remplacés. Mais par qui ? Des bébés noirs. Ils sont aussi français que vous et moi.

Je connais un journaliste à Causeur. On est même plutôt pote. Qu’est-ce que tu attends pour te barrer ? Viens à Blast, nous au moins, on ne milite pour rien d’autre que regarder le monde en face. Je vous rappelle à ce propos que si vous voulez que je continue à produire ce genre de contenu qui va énerver la fachosphère et persévérer dans nos enquêtes, nous avons besoin de vos soutiens. Je vous rappelle que personne ne s’enrichit chez Blast. Et que tout est réinvesti dans l’outil de travail. On n’est pas financé par des membres d’Ordre nouveau, de riches familles cathos intégristes, de militants nationalistes ou par Xavier Niel comme l’est Causeur.

Ils sont stupides et fatigants avec leurs prêches selon laquelle nous serions en voie d’islamisation, d’africanisation et quoi encore ? de négritude ? de créolisation ? C’est dangereux, glissant. Vous attisez les haines. Vous soufflez sur des braises.

Cette photo de bébés est une injure à l’humanité et à l’intelligence.

Je la vis comme un crachat.

Vous m’insultez. Élisabeth Levy, vous et vos amis monomaniaques Eric Zemmour et Renaud Camus. Vous craignez des choses qui n’existent que dans vos interprétations statistiques complétement frelatés.

Tu vois Nell, ça sert à ça un édito. C’est ce qui vient juste avant la guerre. Si on t’empêche de parler, de penser, si tu laisses les autres occuper le terrain, t’es foutu. C’est comme au basket, il ne faut jamais baisser les bras.

Mon petit fils a cinq mois, il s’appelle Leïti (Diawara-Robert). Son père est musulman. Sa mère agnostique, comme moi. Ses grands-parents sont maliens et croyants. Ma mère était italienne et catholique. Mes grands-parents alsaciens et lorrains. Leïti est riche de tout cela. Il est français. Il n’a envie de remplacer personne. J’ai envie qu’il ait une belle vie, mais il est tombé dans une sale époque, où des idiots malsains et sans mémoire lui inventent des intentions qu’il n’a pas.

Vous connaissez la chanson d’Higelin…

Les gens épouvantés fuient le mal qui est en eux

Quand vous en croisez un dans le désert

Il trouve encore moyen de détourner les yeux

Car son frère lui fait peur. Alors il se précipite en pleurant dans les bras du premier Colonel venu …

Alertez les bébés !

Allez salut

Denis Robert

https://www.blast-info.fr/articles/2021/resister-face-a-lunivers-mediatique-sature-par-lextreme-droite-PjbQK_FWR1qUoseNeJRDIg

♦ La Buffet m’a tuer


Rien ne va plus, Mesdames et Messieurs, faites vos jeux dans ce nouveau monde qu’on nous impose, en mettant en route la machine de guerre contre les peuples d’Algérie et de France, afin que les marchands de morts se fassent de l’or, au dessus de la « Buffet », froide et même glaciale, qui vient de franchir la ligne rouge, avec sa faucille et son marteau, en compagnie d’une armée de soldats de la société civile qui a franchi la ligne jaune.

On se demande à quoi joue notre « féministe », mise en cause par le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG), Didier Gailhaguet, lorsqu’elle était ministre, au sujet des violences sexuelles dans le milieu du patinage artistique. Il n’a pas hésité alors à parler de “lâcheté” et d’ “incompétence”, qui ont permis à des criminels notoires de rester en poste.

Elle vient de rééditer  le procès, « qualifié de stalinien » par l’ambassadeur Ahamada HAMADI, suite à sa lettre (en date du 11 décembre 2020), au Commandeur de France, et qui dénonce un tissu de mensonges « qu’elle brode avec talent et professionnalisme » contre son pays. Il ajoute que notre « Buffet » soutient une opposition comorienne, qui vagabonde de l’extrême droite à l’extrême gauche, pour déstabiliser ce pays. Là aussi, en mode civilisateur, elle avait évoqué le droit de protéger et de porter secours à cette population en danger (mais pas aux gueux en France), en adoptant un comportement colonialiste » ajoute t-il.

Voyons donc maintenant comment elle sévit contre l’Algérie, avec des sous-marins politiques qui portent la démocratie en bandoulière.

C’est donc une scène diabolique qui vient d’avoir lieu au sein même de l’Assemblée Nationale française, où des apprentis sorciers et des défenseurs des droits de l’homme « à décapiter », élevés au rang de démocrates, sous la direction de Marie qui a « Marchais » sur Georges, viennent d’appeler à bombarder le peuple algérien. C’est à partir donc de ce conclave, que ces génies lucifériens  viennent d’enterrer toute forme d’opposition aux guerres, agissant ainsi contre les peuples; ils viennent d’inaugurer l’idée fantastique, que l’on attendait tous : Appeler à la guerre contre les peuples du monde depuis la première assemblée de France.

L’Algérie qui a été, depuis son indépendance, le laboratoire de guerres ethniques et religieuses, est par conséquent convoquée aujourd’hui, pour le nouveau divertissement des puissants, avec des groupes voilés en  burkas démocratiques et de défense des droits de l’homme (h en minuscule)  pour être lapidée au nom de la démocratie, afin de nourrir les charognards avides de sang et de chair des peuples innocents. L’enfer de la guerre est à portée de main.

En effet, après le Parlement Européen  en ordre de bataille (de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par la droite, les écolos, les socialos, les péquenots de la politique…) contre l’Algérie et son peuple, après l’attaque de la part de notre commandeur par le canal nucléaire de l’histoire, niant l’existence de la nation algérienne sur terre, après le Sénat français par la voix de la « Rossignol », qui n’avait pas un chant apaisant et de toute la presse subventionnée par le pouvoir du système, après les fakes-news en brassière de « presse » : voilà donc arrivé le tour de l’Assemblée Nationale française qui, à son tour, a convoqué l’Algérie,  comme au temps des colonies (puisqu’il n’est pas fini), en organisant un colloque à la veille de la commémoration des crimes coloniaux du 17 octobre 1961,  sous la direction de Marie Georges qui a organisé un « Buffet » froid, et même glacial, afin de réhabiliter par un geste fort « l’Algérie-française ».

La « fin »  justifie les moyens », et c’est comme ça que celle qui est biberonnée sans relâche  dans le « système » depuis 1969,    la « Marie » qui n’est pas tout à fait vierge en politique, de son vrai nom « Buffet », MGB ou Marie Jo pour les intimes,  vient d’appuyer sur la touche « replay » de la 2ème guerre d’Algérie, en déclarant qu’elle veut y renverser le pouvoir, avec ses soldats de la société civile, déguisés en démocrates. C’est « Bousachi », ce défenseur aux idées noires, qui va avoir de la concurrence ! Pour faire de l’ombre à notre « Président des riches », elle aurait pu compléter sa liste de participants en faisant appel aux généraux Massu, Salan, Challe, Jouhaud, Zeller, Bigeard, …etc, et même à  Maurice Meyssonnier, avec sa guillotine, pour décapiter les prochains Fernand Iveton.

Comment peux-tu détacher ce « Buffet » froid de Marie Georges, qu’elle a organisé à l’Assemblée Nationale, de la photo publiée sur tweeter par l’état major des armées françaises le 27 avril 2020, où l’on voit un soldat en train de clouer des panneaux directionnels, portant le nom de villes et de pays, dont l’un mentionne « DZ »-Algérie- et Tizi-Ouzou-Bylka (Kabyle en verlan), sur lequel ont été insérés le drapeau algérien et le drapeau de Jacques Bénet, appelé communément « la Fourcheta » (fourchette)  par les Algériens.

Pour ne pas perdre le fil, le bon fil, je reviens donc sur celle qui a évité soigneusement, par exemple, d’organiser un colloque à l’Assemblée Nationale sur les « crimes inexcusables du 17 octobre 1961 » de notre commandeur Macron (comme s’il y avait des crimes excusables), ni sur les crimes de guerre subis par le peuple palestinien, « qu’elle soutiendrait »,  ni d’ailleurs sur les Gilets Jaunes ou sur la pauvreté galopante qui touche près de 10 millions de citoyens en France  , au moment  où le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes françaises a augmenté de 30% en un an de pandémie.

Son choix de rebattre les cartes s’est donc porté sur un deuxième tour de la  guerre d’Algérie, après son lourd passif depuis qu’elle a « Marchais » sur Georges, disais-je.  Après l’échec de son OPA (offre public d’achat)  sur les collectifs unitaires contre le TCE (Traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005), Marie, du haut de son « Buffet » froid, est allée châtier le record des scores des communistes en France, en le fouettant   de 1,93 % à l’élection présidentielle de 2007, soit le pire résultat jamais enregistré par un candidat de ce parti politique à cette élection. On a frôlé la catastrophe, et les camarades allaient presque être convoqués pour creuser dans les galeries souterraines  berbéristes,  afin de découvrir le score du parti d’Henri Alleg et de Maurice Thorez. Il fallait le faire !

Dans l’une des vidéos qui rend compte de ce conclave de guerre en direction de l’Algérie,  diffusée par Louise Demitrakis, de son vrai nom Abderrahmane Semmar, dit Abdou Semmar, ce « roi de la presse » que vous connaissez maintenant, notamment pour sa bobine de 500 000 € (on peut le remercier pour la diffusion de ce film d’entraînement de la deuxième guerre d’Algérie), on voit le représentant du syndicat « Solidaires » scandant avec « RAJ » (Rassemblement Actions Jeunesse) la cause de cette organisation financée par la NED. Son « dealer » en Algérie n’est autre que Hakim Haddad, ce biberonné au « Désir » et au « Dray » depuis février 1986, comme je l’avais indiqué dans  la  « Rossignol » et « les chœurs beaux » en juin 2021.  Chez « Solidaires » de la guerre entre les peuples de France et d’Algérie, y a-t -il des bombardements militaires de type syndical qui cimentent les liens entre les travailleurs « sous-marins » du chaos ? Les 9 000 salariés en France, eux, peuvent toujours se suicider sur leurs lieux de travail, avant une retraite bien méritée entre les planches du « Dilem » de la caricature fasciste et raciste.

A côté du représentant de « Solidaires » de la guerre contre le peuple algérien,  un  « beau gosse » d’un syndicat des travailleurs algériens, titulaire de deux cerveaux à première vue, qui n’a donc rien à envier à l’imam expert de la « francofolie » Chalghoumi, a vendu la mèche : il a raconté, dans un français académique,  qu’il s’était réuni au FMI (Front Monétaire International), il y a une semaine. Ce reptile de la politique de guerre contre les travailleurs, doué d’un 7ème sens puisqu’on lui a greffé un deuxième cerveau, n’a pas besoin non plus de puce électronique, pour savoir qu’il est lui aussi un  « sous-marin » renifleur des bonnes affaires à faire contre le peuple algérien. On dirait que ce soldat augmenté de l’armée coloniale, ainsi que ses partenaires du bataillon de la guerre de 4ème génération, ont raté leur mise en orbite dans le satellite –bijou- militaire « Syracuse 4A » propulsé par la fusée Ariane 5, ce 24 novembre 2021, lancé sous haute protection à partir de  Kourou, en Guyane; du coup,  le régime colonial les a installés en ellipse au-dessus de l’Algérie et de son peuple.

« Il est beau le bobo » et un grand bravo aux camarades « Solidaires » avec les « défonceurs » de la classe ouvrières et des salariés en Algérie, au profit du FMI qu’on croyait pourtant adversaire des peuples.  Comme si cela ne suffisait pas, « ce trou de Bozouls de l’Aveyron » a appelé l’exécutif  à bombarder le peuple algérien, en précisant que les parlements sont dans le coup.  Voilà la trouvaille du syndicalisme pour le monde du travail, lequel ne peut que vous remercier pour vos intentions bienveillantes à l’égard des salariés, à qui on raccourcit le chemin vers la retraite avec les bombes de l’Otan.

J’ai comme l’impression que « Solidaires » se place en pôle position pour de nouvelles missions syndicales de guerre, après que le gouvernement eut sifflé la fin du paritarisme en France, en balayant les représentations des personnels et des salariés. Au vu de la toile politique tissée, la valse « Solidaires » se pratique au « Kamis » et au « Bénet », un héritage que les Algériens ont savouré durant la décennie noire.

Un « avocat des diables », est venu, comme à l’accoutumée, faire luire les canons et les balles des groupes classés « terroristes » en Algérie, en les présentant comme « démocratiques » en France. Ce promoteur du tribalisme, partenaire des mouvements identitaires algériens, et de cette Ligue de défense des hommes à décapiter (LADDh), qui aurait séjourné au moins durant 5 heures sur les genoux des généraux de l’Otan, dans leur siège à Bruxelles  (comme le rapporte le journal « le Courrier d’Algérie » en date du 8 juin 2020), a réussi à briller par l’art de la propagande des soldats de la société civile. Ce « maître » de la désinformation et de la lapidation des peuples d’en bas n’est que le compagnon des missions du MAK, groupe classé terroriste en Algérie, mais toujours rangé dans la catégorie démocratique en France. Il a même partagé un prix avec le Ben Laden algérien – moine généticien F2M-, qui n’a jamais caché son engagement pour les généraux des régimes du royaume d’Israël. Mais qui a dit que ce groupe terroriste, bras armé du « royaume d’Israël »,  était derrière les incendies meurtriers cet été en Algérie ? Concernant cette filiation, tu n’as qu’à demander à Patrick Le Hyaric, à Bernard Deschamp et à la Mairie de Harfleur, ce qu’ils en pensent.

Quant à moi, je vais tenter de t’en dire un peu plus sur les injonctions médiatiques du contrôle tournant  du « Pass sanitaire » entre les membres de ta famille,  que tu dois organiser dans ta salle à manger et dans la cuisine de MGB. A table, ta dulcinée devra bientôt contrôler ton « Pass sanitaire », et le jour suivant, c’est toi qui contrôleras  son « Pass sanitaire ». C’est pour cette raison que le gouvernement, pour notre sécurité, a décrété le 2 décembre 2020 (art. 3 du décret N° 2020-1512) le fichage des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou d’une appartenance syndicale,  données de santé révélant une dangerosité particulière,   et a inséré dans ce même décret (art. 4 et art.5) le risque lié aux « personnes  pouvant porter atteinte « à la sûreté de l’Etat ».

Voilà donc le nouveau menu cuisiné par la Cheffe Marie Georges,  que tu trouveras sur son « Buffet » froid que tu peux déguster avec la « fourchetta » -Fourchette- de Jacques Bénet,  agrémenté de plats de défenseurs des terroristes algériens: c’est sa façon à elle de construire des murs d’amitiés entre les peuples. Usant peut-être du rapport parlementaire (supportérisme-mai 2020) qu’elle a élaboré avec Sacha Houlié (député LREM), sur l’autorisation des fumigènes dans les stades, cette ancienne ministre du sport, y compris politique, qui nous a pris pour des spectateurs outillés de cornets de corn-flakes distribués gracieusement par ZNews, a voulu nous fourguer des miniatures du chaos en pointures révolutionnaires de la trempe de Ben M’hidi, de Abane Ramdane et  de Fernand Iveton, guillotiné par le régime militaire colonial. C’est « la politique des fumigènes » !!

Elle n’a pas tenté de faire diversion cette fois-ci : elle s’est simplement contentée de supprimer sa publication polluée par le vent de la vérité des citoyens algériens, lesquels n’ont pas manqué de lui dérouler le bilan des manifestations pas pacifiques des Gilets Jaunes et son cortège de citoyens condamnés, éborgnés et mutilés par le régime. Je dis cette fois-ci, car il s’agit d’une récidiviste, puisqu’elle avait déjà organisé un premier « conclave » le 22 novembre 2016 dans cette même Assemblée Nationale, avec des « foreurs ethniques » de la mythologie berbériste, et de la politique tribale  des « courbés vers la terre et soumis aux appétits des sens » de Salluste.

La chaîne de propagande télévisuelle génétiquement identifiée, avec la fourchetta- Fourchette- et le Halopgroupe E1b1b (Y-ADN)-pont héréditaire berbères-nazis,  a même annoncé l’événement. Cette télé des hommes « …rudes, grossiers, nourris de la chair des fauves, mangeant de l’herbe comme des bêtes… » de Salluste, fait du bon boulot pour le royaume d’Israël, et ils détiennent le « Pass berbère AOC »- Appellation d’Origine Contrôlée.

Indigné comme beaucoup d’autres, par cette malheureuse initiative identitaire d’une députée de gauche-radicale (on ne sait plus dans quel sens penche sa radicalité, à droite ou à gauche ?) avec laquelle j’avais mené quelques campagnes électorales, j’ai fait couler un peu d’encre discrètement à son intention pour dénoncer son attitude, le 4 décembre 216, dont je t’offre un extrait ci-dessous:

«  …A travers ton geste, peut être involontaire, tu viens  de rejoindre quelques députés du PS,  et de droite, comme Valérie Boyer, députée (LR) qui s’est opposée au droit du sol, célèbre pour son tweet   (qui ressemble beaucoup à celui de Jean Marie Le Pen) :«le droit du sol est l’absurdité qui consiste à dire un cheval  est une vache parce qu’il est né  dans une étable ».

Quelle crédibilité peut-on avoir  dans la lutte contre l’extrême droite, notamment identitaire,  lorsque tu soutiens activement cette même mouvance à l’étranger ?

As-tu oublié la lutte des classes, pour appuyer la lutte ethnique  et le choc des civilisations ?… »

En date du 16 décembre 2016, elle m’a fait parvenir sa boutade, en longeant sur la pointe des pieds la question  concernant cette proximité avec les courants identitaires,  tout en m’assurant qu’il s’agissait de « berbériser » la France et qu’elle resterait vigilante à ce sujet.  Au regard du second conclave qu’elle a organisé en ce mois d’octobre 2021, à l’Assemblée Nationale,  on ne peut pas dire qu’elle n’est pas restée vigilante pour achever les peuples d’Algérie et de France. Il ne lui reste plus, à celle qui a franchi la ligne rouge avec « Solidaires », qu’à nous donner la liste (qui n’est pas publique)  de ceux qui ont franchi la ligne jaune.

L’un des guides souterrains du labyrinthe berbériste, décoré du titre de professeur (il faut comprendre qu’il est équipé d’un moteur 8 cylindres et de 4 roues motrices), pour te faire visiter  les galeries ethniques, n’est autre que Belkacem Lounès,  ce conseiller régional de l’Isère, élu (2010-2015) sous l’étiquette d’un Congrès Mondial Amazigh (bientôt leur dénomination sera Universelle, parce qu’ils viennent de trouver des Berbères sur la planète Mars) : il vole sous l’aile des écolos pour organiser le réchauffement climatique avec des guerres ethniques, mais surtout celle du royaume d’Israël. Ce Congrès Mondial Amazigh, filiale de la monarchie arabe de l’Ouest, est celui qui a appelé à l’ouverture des frontières, en juillet 2018,  entre son royaume et la République Algérienne, et qui a subitement montré son vrai visage en  appelant le 12/08/2021 à chasser les citoyens génétiquement non identifiés de la région de Kabylie en Algérie. Tu as pigé l’histoire ou pas ? Quant au personnage, tu le reconnaîtras facilement, puisque c’est le premier mec au crâne dégarni, assis à droite de Marie au « Buffet » froid, en cette date mémorable du 22 novembre 2016 à l’Assemblée Nationale.

Ce gars aurait pris des galons dans le système de domination des indigènes par le MEDPA (Mécanisme d’Experts des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones), comme annoncé par les descendants de  Salluste le 24 mars 2019. Il va pouvoir mettre toutes ses compétences et sa détermination pour tribaliser, mais surtout berbériser la terre entière, voire même l’univers. Quant à nous, on doit préparer notre voyage sur une autre planète, car nous serons, sans aucun doute, considérés comme des intrus sur sa terre.

Voilà une brève esquisse  « des forces démocrates » que notre ex-ministre du sport politique a appelé à soutenir lors de son intervention à l’Assemblée Nationale ; esquisse qu’elle a publiée sur sa page face book le  12 octobre 2021 à 6h44…   Franchement, elle aurait pu emprunter la ligne droite, qui est le chemin le plus court, pour porter la parole du royaume enchanté qui est l’avenir de son homme.

Comme tout est construit à l’envers, MGB, qui a été membre de la commission spéciale chargée d’examiner la loi religieusement politique sur le « séparatisme », et qui avait déclaré que le « séparatisme » est « une réalité », sans doute pour creuser le fossé avec la FI (France Insoumise) de JL Mélenchon,   n’a rien vu de ces groupes classés terroristes en Algérie, et qui manifestent « démocratiquement » sous haute protection  en France.  Tu vois comment notre députée a fauché, avec sa faucille le peuple d’en bas, pour voiler le complot islamiste du coup du laser, de ceux qui avaient déclaré que les intellectuels algériens de gauche assassinés «  ont choisi la voie  de la confrontation et qu’ils en ont payé le prix. Qu’ils en fassent des martyrs pour eux », du complot du mouton du journaliste de TF1 Harry Roselmack, au mois de novembre 2009. Ou encore le coup de « tomber le voile » de Jean-Marc Morandini sur ZNEWS, avec les acteurs Eric Zorro et Rachida Boukris à Drancy qui ont oublié (ou reporté) de ré ouvrir la fabuleuse gare de la déportation par celui qui a réhabilité Vichy.

Je ne sais plus lequel de nous deux est resté de gauche, si tu peux nous aider…

Impossible de faire l’impasse de la glorification de cette scène de guerre contre l’Algérie, sur la radio dirigée vers le Sud, par Lydia Guirous, cette « féministe », dit-elle, dont les missions au sein du système (auprès de Fadila Amara, de l’UMP, du Parti Radical, des Républicains, de l’UDI, de CNews, de BFM TV, …etc) sont consultables sur la toile tissée autour des peuples de France et d’Algérie ; Lydia ne s’est pas offusquée de l’ingérence étrangère aux élections en France par la voie CMA (Congrès Mondial Amazigh de Salluste) au Conseil Régional de l’Isère.

Même les écolos se moquent des peuples, et j’ai comme l’impression qu’entre « l’Utopie et la mort »- Ed. du Seuil, 1973-  de l’excellent écologue René Dumont,  ils ont choisi « la mort ». Sans tous les citer, sinon tu vas finir en HPP (Hôpital Psychiatrique Politique), l’un des promoteurs de cette secte politique n’est autre que le député européen écolo, François Alfonsi, qui coordonnerait  un groupe  d’amitié entre l’Europe et le peuple berbère (rude, grossier, nourri de la chair des fauves, mangeant de l’herbe comme des bêtes, de  Salluste – porteur du gène nazi (Haplopgroupe E1b1b (Y-ADN). Accessoirement, tu peux demander à Malika Benarab-Attou, cette députée européenne « Verte » identifiée « Kabyle AOC » par le moine généticien Ferhat F2M, recyclée en « Nouvelle Donne »  dans le système, un compte rendu de sa rencontre avec les soldats de la société civile de Nicolas Bibesco en février 2010.

Maintenant que la gauche française a installé le peuple entre de bonnes mains, pour un avenir qui ne risque de « Trumper » personne, elle s’est saisie de la mission d’abattage des peuples des deux rives, en jetant toute sa force physique au niveau « des rapports de race » dans le système qui tourne à plein régime.  Sinon, comment comprendre le tissage des fils de cette toile qui cimente les liens de l’extrême gauche à l’extrême droite ? Je ne suis pas dans le secret des lieux, mais je peux t’assurer que l’épidémie va de l’extrême droite à l’extrême gauche, sans oublier les syndicats et les Organisations Gouvernementales, surnommées Non Gouvernementales. Même la CIMADE, dans son petit guide intitulé « comprendre les migrations internationales » a « mis à l’honneur » l’Algérie, en l’accusant de ne pas blanchir l’émigration irrégulière. Ya t-il d’autres Arthur Anane, ce directeur d’Equalis au fabuleux destin, titulaire de la légion d’honneur, qui dirigent des associations d’aide aux migrants et aux SDF (Sans Domicile Fixe) à entretenir à hauteur d’un salaire de 11 400€ net par mois (18 000€ brut), à équiper d’Audi Q7 de fonction et à indemniser avec la modique somme de 533€ par mois pour son logement aux frais du contribuable?

C’est le canard déchaîné contre l’Algérie et son peuple, des emmurés sous la botte coloniale, appelé faussement « Liberté » et brandi joyeusement par la gauche française, qui va peut-être qualifier tous ces faits de guerre très graves,  de polémiques. Tu vois ce que c’est la « presse » libre et « démocrature »  ou pas ? D’ailleurs c’est là où loge, pour ne pas dire niche, le danseur du régime des généraux de Tel Aviv, ce Croque-mort de la caricature du fascisme et du racisme. Si tu te nourris de sa désinformation, fais-en au moins bon usage dans les sanitaires, pour rentabiliser ton investissement, tout en évitant d’être contaminé par l’encre de la haine qui coule dans les veines du germe Daoud 19. D’ailleurs, le KD de Macron, Azrem (hnech- serpent) en berbère,  chasseur professionnel de petits fours dans les salons des puissants,  vient d’effacer, comme son maître à « poncer », l’histoire de l’Algérie dans ce papier toilette d’informations en écrivant entre autre: « … la guerre de Libération imaginaire est un monologue face à des tombes et l’histoire algérienne est peu intéressante…. ». C’est aussi dans cet album de clochardisation des citoyens algériens, qui mène la danse avec les couteaux entre les dents, que la filière du gourou du MAK, groupe classé terroriste en Algérie, a été déguisée en démocrate, dans un article en date du 14 décembre 2016,  au titre alléchant pour les décapiteurs : « le MAK a un discours de raison », sous la plume de Mourad Fenzi. C’est aussi dans ce papier, dont tu devines ce que j’en pense, qu’on rend compte joliment, pour chauffer les foules de guerre contre les citoyens, du rassemblement du 16 avril 2017, à l’université de Tizi-Ouzou, de ce même groupe ennemi de l’humanité.

La « Buffet » a bien vu avec ses lunettes, il y a vraiment un pouvoir autoritaire en Algérie, qui autorise même la diffusion d’un tel canard déchaîné, réunissant les couteaux indigènes les plus aiguisés contre les citoyens, et qui « vole » avec l’argent du peuple pour l’abattre.  Elle nous prend vraiment pour des pigeons idiots de Renaud, en voulant nous faire passer les monarchies, surtout celle de l’Ouest où l’on broie les vendeurs de poissons dans des bennes à ordure,  pour des démocraties, et la République algérienne pour autoritaire. Ouf, elle n’a pas dit « dictature », ses convives, au banquet qu’elle a organisé à l’Assemblée Nationale, qui ont franchi la ligne jaune,  s’en sont chargés.

En attendant, et si tu veux conserver un peu des acquis du Conseil National de la Résistance,  va écouter le souffle de Denis Robert dans son « Blast », qui doit dire à son fils Nell que son Edito est génial, et qu’il ne doit pas baisser les bras et doit faire comme sa progéniture qui joue au basket. C’est là que j’ai appris quelques tours de magie de notre démocratie qui lisse « des terroristes »,  qui déguise la presse d’abattage des peuples en liberté d’expression.

Par Boualem SNAOUI

https://www.afrique-asie.fr/la-buffet-ma-tuer/

♦ Zemmour : lame de fond ou feu de paille ? – 2ème partie


Des personnes passent devant une affiche de soutien au commentateur Eric Zemmour, à Paris le 13 octobre 2021.
© Sarah Meyssonnier/Reuters

La semaine dernière, Roland Lombardi évoquait les raisons du phénomène Zemmour. Il analyse ici les limites du polémiste dans ses ambitions présidentielles. 

Carnets de campagne, la chronique politique de Roland Lombardi

Si Éric Zemmour est devenu au fil du temps – il le reconnaît lui-même – un « bobo parisien », il est quand même issu d’un milieu modeste. Et il en reste toujours quelque chose. Comme le milliardaire New Yorkais Donald Trump, que son père envoyait travailler dès son adolescence auprès des ouvriers des chantiers immobiliers familiaux, Zemmour possède les codes mentaux et verbaux pour faire mouche chez le plus grand nombre.

Sa posture réfractaire, sa pugnacité, sa franchise, son absence totale de langue de bois et un certain courage devant tous ses interlocuteurs, quels qu’ils soient, dénotent là encore des mièvreries et des éléments de langage de ses contemporains. D’où, d’ailleurs, son nouveau succès lors de l’émission « Face à la rue », tournée à Drancy, en Seine-Saint-Denis.

Au-delà des thèmes chers aux deux hommes (patriotisme, réindustrialisation, protectionnisme, indépendance, défense des frontières…), leur positionnement est similaire, comme le note Laure Mandeville : « Celui de l’homme providentiel improbable surgi du peuple pour pallier les défaillances de la classe politique. Il s’agit de se dresser contre la doxa en vigueur, d’oser sortir des « limites » imposées par les élites culturelles et politiques dominantes, de dire tout haut ce que la majorité pense tout bas. Une libération de la parole qui confère aux deux personnages une image de radicalité et d’indomptabilité qui choque les élites, mais devient le moteur de leur succès populaire ».

En dépit de la vaste culture politico-historique de Zemmour, on peut être parfois en total désaccord, surtout pour des spécialistes, avec ses positions comme sur ses choix économiques. Pour autant, il ne faut pas se faire d’illusion : la grande majorité des Français n’a cure des discussions d’intellectuels sur l’Histoire ou les grandes théories financières. Ils en ont surtout marre du politiquement correct et des doxas. Certes, les classes populaires aimeraient qu’on arrête l’auto-flagellation permanente et qu’on cesse de les sermonner et leur dire ad nauseam que leurs ancêtres sont à l’origine de tous les maux de l’humanité. Mais confrontées à la fois à la précarité sociale, une délinquance de plus en plus violente et une immigration devenue incontrôlable, elles veulent d’abord qu’on leur parle sans tabous et de manière décomplexée de leur pouvoir d’achat, de leur sécurité et de l’avenir du pays où grandiront leurs enfants.

C’est également pour cette raison que plus la classe politico-médiatique se moque de Zemmour, plus elle l’attaque par la reductio ad Hitlerum (« Raciste », « fasciste », « antisémite », « virus », « peste brune »…), et plus il monte (comme Trump en son temps !).

Pour le moment, ses « dérapages contrôlés » lui assurent le succès. Même s’il n’est jamais à l’abri d’un dérapage incontrôlé…

Et si la dynamique Zemmour faisait « pschitt » ?

Comme le rappelle encore avec justesse Laure Mandeville, Zemmour n’est pas Trump.

« Il n’en a pas le côté drôlatique et inconséquent, ni l’ego démesuré jusqu’à l’irrationnel, et sa vision est plus profonde. Mais, handicap certain, il n’a pas l’expérience des coups bas du vieux milliardaire, ni sa machine financière. Le polémiste ne peut s’appuyer non plus sur la machine d’un parti, alors que Trump avait pu profiter de la primaire pour prendre d’assaut un Parti républicain hostile ».

Dans une précédente chronique, j’avais également soulevé ces mêmes limites.

Depuis, il semblerait que le problème financier ait été résolu grâce au soutien de riches donateurs (Bolloré ?). Lors d’une présidentielle, on vote pour une personne et non pour un parti. Toutefois, le manque d’appareil, d’ancrage et de relais locaux pour tout candidat, aussi flamboyant et percutant soit-il, restent de lourds handicaps. Peut-être escompte-t-il s’inspirer de la stratégie du candidat Macron en 2017 qui, sans véritable mouvement derrière lui, a fait tomber dans son escarcelle certains barons PS, LR et centristes. Pour le polémiste, cela passerait dans un premier temps par le ralliement des grandes figures du camp souverainiste (De Villiers, Marion Maréchal, Nicolas DupontAignan …). S’il parvient à se hisser au second tour – surtout si le candidat LR se retrouve en 3e ou en 4e position –, l’avenir de la droite dite classique ou de gouvernement serait grandement compromis. Dans l’affolement, tous les macron-compatibles au LR ou au Centre en profiteraient pour rejoindre ouvertement le Président sortant. Mais Zemmour pourrait alors éventuellement compter sur des personnalités et certains ténors LR, notamment les plus conservateurs et toujours réfractaires à Macron. Tout en scellant des alliances et négociant (toujours comme Macron) des circonscriptions avec les élus locaux et les futurs candidats de droite aux législatives qui suivront. Ce que Marine Le Pen s’est refusée à faire en 2017 en ne voulant pas sacrifier la trésorerie de son parti au profit du pouvoir.

De par ses réseaux et ses amitiés, Éric Zemmour pourrait alors réussir là où la présidente du RN a toujours pêché.

Nous sommes encore loin de ce scénario idéal pour Zemmour. Car pour cela, il faut d’abord qu’il franchisse la première, la plus importante et la plus difficile des étapes pour lui : obtenir les fameuses 500 signatures afin de pouvoir se présenter à la candidature suprême.

Or, et c’est un secret de Polichinelle, les maires qui seraient susceptibles de lui apporter leur paraphe subissent actuellement une pression terrible et inédite de la part des directions LR, mais également RN. Ainsi que des Conseils départementaux qui font chantage sur leurs subventions.

En fin de compte, toutes les campagnes présidentielles en France ont connu leurs coups de théâtre et leurs lots de surprises. Zemmour peut très bien continuer à progresser, comme Macron il y a cinq ans, s’effondrer brusquement, comme Chevènement en 2002, ou pire : faire simplement « pschitt » le 22 février 2022, avant 18h et la fin du dépôt des parrainages au Conseil constitutionnel.

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour Fild. Il est l’auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l’influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d’Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

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04/11/2021 – Toute reproduction interdite

Un supporter d’Eric Zemmour assiste à un meeting à Béziers, le 16 octobre 2021.
© Eric Gaillard/Reuters

De Roland Lombardi

https://fildmedia.com/article/zemmour-lame-de-fond-ou-feu-de-paille-2eme-partie

♦ Zemmour : lame de fond ou feu de paille ? – 1ère Partie


Eric Zemmour assiste à une réunion pour la promotion de son nouveau livre « La France n’a pas dit son dernier mot » à Béziers, le 16 octobre 2021.
© Eric Gaillard/Reuters

L’ascension médiatico-politique du « presque candidat » est fulgurante et indéniable. Dès lors, la question que tous les observateurs se posent est la suivante : le phénomène Zemmour sera-t-il un feu de paille ou au contraire une lame de fond ? Dans cette première partie, Roland Lombardi revient sur les raisons du succès actuel du polémiste.

Carnets de campagne, la chronique politique de Roland Lombardi

La percée politico-médiatique d’Éric Zemmour est indiscutable. Si elle enthousiasme certains, elle en irrite d’autres. Ce qui est indéniable, c’est qu’elle a au moins le mérite de donner du piment à une campagne présidentielle qui s’annonçait plutôt terne, au vu des fades profils des candidats déjà déclarés, et surtout de l’inévitable rediffusion du duel Macron-Le Pen (au résultat prévisible et déjà-vu) que beaucoup ne souhaitaient pas.

Pour l’instant, comme le rappelle Michel Onfray, « Éric Zemmour surprend par sa vitesse et son efficacité ». Alors que beaucoup d’observateurs, coupés des réalités, font les étonnés, voire les stupéfaits ; par idéologie, ils ne parviennent pas à analyser, sauf par le mépris, cette ascension fulgurante. Les raisons sont pourtant limpides. Car ce que l’on nomme déjà comme le « phénomène Zemmour » n’est pas sans rappeler le « phénomène Trump » de 2015-2016 Outre-Atlantique.

Laure Mandeville, journaliste du Figaro et grande spécialiste des États-Unis – elle était l’une des rares à annoncer une victoire probable de Donald Trump en 2016 dans son Qui est vraiment Donald Trump ? –, nous livre peut-être l’une des meilleures analyses sur le sujet dans une récente tribune intitulée « Éric Zemmour est-il un Trump à la française ? ». Même si elle souligne fort justement les différences notables entre les deux hommes et surtout entre les mentalités et les sociétés françaises et américaines, l’ancienne correspondante aux États-Unis rappelle qu’ « au-delà des gouffres culturels qui séparent les deux hommes et de leurs différences de personnalités et de parcours évidentes, comment ne pas voir à quel point les ressorts des projets qu’ils défendent, et la dynamique de révolte contre le statu quo qui les porte, se ressemblent ? ».

Effectivement, c’est la révolte et la colère sourde d’un peuple, qu’une certaine élite politico-médiatique hors-sol occulte, qui expliquent en grande partie le succès actuel du polémiste français « presque candidat ».

Quoi qu’il en soit, Zemmour bouscule les lignes et affole l’establishment en ayant l’outrecuidance de perturber les stratégies et les scénarios prévus.

Même si les sondages, surtout à six mois de l’échéance, ont souvent la valeur des horoscopes des magazines people, il n’en reste pas moins que Zemmour ne cesse d’engranger les points, jusqu’à arriver même, dans certaines études, au second tour face au président sortant. Alors que la candidate du RN et les potentiels représentants LR stagnent ou s’écroulent. Par charité chrétienne, nous ne parlerons même pas des candidats de gauche…

De même, sur les réseaux sociaux, Zemmour surpasse et écrase en termes d’audience télévisuelle tous ses adversaires. L’énorme affluence dans ses dédicaces/meeting désespère au plus haut point les pauvres prétendants à la candidature LR qui peinent dans leurs réunions pour la primaire à combler les chaises vides !

L’analyse du réel et du terrain

Au-delà de ces faits tangibles et des analyses (trop ?) sophistiquées ou des plateaux TV, c’est du terrain et du réel que nous parviennent toujours les meilleurs enseignements.

Si Zemmour souhaite « réinventer le RPR » et se dit vouloir réconcilier les classes populaires et la « bourgeoisie patriote » – en quelque sorte une fusion entre la Manif pour tous et les Gilets jaunes –, on nous dit que le sulfureux polémiste ne touche, pour le moment, pas les premières. C’est d’ailleurs ce qu’il a implicitement reconnu dernièrement en déclarant que « Marine Le Pen n’a pour elle que des classes populaires, elle est enfermée dans une sorte de ghetto ouvrier et chômeur, qui sont des gens tout à fait respectables et importants, mais elle ne touche pas les CSP+ et la bourgeoisie ». Il est vrai que Zemmour rencontre un certain succès auprès des anciens électeurs du Sarkozy de 2007, de Fillon (7 millions de Français en 2017) et de Bellamy, des cathos tradi. Et aussi des CSP+, soit la petite et moyenne bourgeoisie qui a peur pour son avenir, son identité et sa culture, mais se préoccupe peu de l’insécurité économique, qui est l’une des angoisses majeures de la « France périphérique ».

Or, lorsqu’on a la chance de vivre dans « la vraie vie », que l’on regarde, discute et écoute autour de soi, il faudrait être malhonnête intellectuellement pour ne pas percevoir, que cela nous plaise ou non, une nouvelle tendance. Comme l’écrit si bien encore Laure Mandeville : « Sa percée n’en révèle pas moins qu’il se passe quelque chose d’important dans les tréfonds de la France de 2021 ».

Car Zemmour séduit de plus en plus ce que Christophe Guilluy ou Jérôme Sainte-Marie (Bloc contre bloc, 2019, Bloc populaire, 2021) appellent le « bloc populaire ».

Comme je l’écrivais dernièrement, beaucoup d’adhérents et de militants dits de « base » parmi les LR, empêtrés dans une primaire soporifique, sont dépités de devoir choisir entre des politiciens professionnels sans saveur qui, paniqués, courent après les thèmes de Zemmour et sont prêts – comme durant toute leur carrière – à changer d’avis au gré du vent pour grappiller quelques voix. Si certains voteront bien à la primaire le 4 décembre prochain, plusieurs le feront à contrecœur ou pour faire perdre le « traître » Bertrand, avant – comme nombreux l’annoncent déjà – de se tourner, quel que soit le résultat, vers Zemmour en avril prochain !

Au RN de Marine Le Pen, qui est mal en point mais qu’il ne faut surtout pas enterrer trop vite, on peut entendre une musique similaire chez les militants, déconcertés par la dynamique Zemmour, et qui ne l’ont pas encore rejoint, comme beaucoup d’« historiques » ou certains identitaires lassés de servir « une entreprise familiale et non leur cause ».

Et enfin, nul besoin d’évoquer le réservoir de voix que représentent les 70% d’abstentionnistes des dernières élections. La grande majorité de ces derniers, se sentant trahis par la droite et déçus par Sarkozy, Fillon et même Le Pen – qui a démontré, encore aux Régionales, son incapacité à accéder au pouvoir même localement –, s’apprêtent bel et bien à revenir aux urnes en écoutant le polémiste…

Comme le confirment toutes les enquêtes récentes, l’électorat français est de plus en plus à droite. L’essayiste et ancien éditorialiste le sait pertinemment.

C’est d’ailleurs l’erreur de la direction LR que de croire encore à la formule dépassée de Giscard : « La France veut être gouvernée au centre ». Depuis 2017, « l’accident » Macron et surtout son « En même temps » en ont écœuré plus d’un, réalisant surtout qu’ils étaient en train de précipiter le pays vers l’abîme !

Roland Lombardi est historien, consultant en géopolitique et spécialiste du Moyen-Orient. Il est analyste et éditorialiste pour Fild. Il est l’auteur de plusieurs articles spécialisés. Ses derniers ouvrages sont Les trente honteuses, ou la fin de l’influence française dans le monde arabe et musulman (VA Editions, 2019) et Poutine d’Arabie, comment la Russie est devenue incontournable en Méditerranée et au Moyen-Orient (VA Editions, 2020).

@rlombardi2014

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29/10/2021 – Toute reproduction interdite

Des partisans du commentateur d’extrême droite Eric Zemmour assistent à un meeting à Béziers, en France, le 16 octobre 2021.
© Eric Gaillard/Reuters

De Roland Lombardi

https://fildmedia.com/article/zemmour-lame-de-fond-ou-feu-de-paille-1ere-partie

♦ La diplomatie en vrac et la soumission en ordre


L’incroyable rencontre
(photo: Assad déroulant le tapis rouge au ministre des affaires étrangères des EAU)

Ce sont bien les EAU qui participent avec l’OTAN à l’agression du Yémen ? Ce sont bien les EAU qui fiancent leurs propres petits groupuscules terroristes en Syrie ? Ce sont bien les EAU qui sont solidaires de  l’ingérence saoudienne au Liban ? Ce sont bien les EAU qui ont critiqué avec véhémence la résistance palestinienne contre l’agression israélienne dans le quartier Cheikh Jarrah à Jérusalem ? Ce sont bien les EAU qui ont normalisé et établi des accords commerciaux avec Israël ? 

Alors comment est-il possible que cet État de pochette surprise devient un État frère de la Syrie ? 

Je les vois bien venir les perroquets chantonner « c’est de la diplomatie et nous avons besoin d’eux», quelle honte, une honte absolue qui ne fait que piétiner la mémoire de nos martyrs et méprise tous les sacrifices des levantins onze longues années durant et encore ce n’est pas fini ! 

Et si réellement les pays du Golfe vont aider la Syrie ça sera à quel prix ? Ou bien au dépend de quelle tête ? 

À quoi sert-il de se battre onze années si après massacres et destruction on revient au point de départ en faisant des courbettes à ceux qui ont participer au crime ? 

Tous ces sacrifices surhumains n’avaient ils pas pour objectif de maintenir le peuple syrien libre et digne ? Ou bien il ne s’agissait que de maintenir un président en place à n’importe quel prix ? 

Toutefois, si cette diplomatie bancales et injustifiée, s’avérait nécessaire, bien que je ne vois pas pourquoi ni comment, n’est-il pas normal qu’elle soit menée en concertation avec ceux qui font l’opinion publique et dont les enfants se sont sacrifiés sur le front ? Je ne suis pas démocrate à l’occidentale, loin s’en faut, je ne suis que pour rendre à César ce qui appartient à César, toute usurpation de nos droits, nous qui faisons qu’un pays soit une véritable nation ou pas, doit être abolie avec virulence et sans concessions ! 

Ce n’est pas le culte de la personnalité que nous recherchons, qui consisterait à suivre aveuglément un leader, ce que nous recherchons est de pérenniser ce qui a fait de notre civilisation un exemple tout au long des derniers cinq millénaires, seul le peuple en est garant sans plébiscité bêtement  quiconque  fusse-t-il un « dieu » vivant ! 

Alors, la problématique qui se pose aujourd’hui se limite-t-elle au pain et aux hydrocarbures domestiques ? Après onze années de sacrifices démesurés ? Non, sûrement pas ! D’autant plus que nous possédons les deux à profusions mais accaparés par une apathie locale indescriptible et fautive ! 

Les libres, les dignes, les justes ne peuvent en aucun cas se contenter de pain ! 

Ceux qui se contenteront du pain aujourd’hui ils condamnent demain leurs enfants au fouet, les onze années qui viennent de s’écouler ne vous l’ont vraiment pas appris ?! Que vous faut-il de plus ? 

Mr Assad, à quand la visite de Benett pour que l’entité sioniste devienne la « sœur » de la Syrie ? La famille des « normalisés » va-t-elle encore s’agrandir ? 

Je ne cesse de le répéter depuis plusieurs jours que je sens quelque chose de malsain qui se trame au Proche-Orient, les monarchies soumises du Golfe ont-ils finalement gagner la partie grâce à la faiblesse de nos responsables politiques qui bradent les acquis de la victoire obtenue grâce à nos jeunes héros ! 

Cette attitude est dans la même logique que celle d’inviter le Pape du nouvel ordre mondial pavoiser à Damas amenant son venin avec lui ! C’est aussi le même penchant pour la soumission qui a fait jubiler certains quand Newsweek a publié en couverture la photo d’Assad ! Ils n’ont pas pris la peine de lire l’article peu glorieux pour leur président ! Ils n’ont pas compris que cette couverture est indigne du chef de guerre qu’a été leur président ? Mais quel organe de presse occidental n’est pas un instrument de propagande pour approuver des telles initiatives vicieuses et pernicieuses ? 

« La visite du Pape et la couverture de Newsweek accordent de la légitimité à Assad » disent-ils ces soi-disant résistants à la cervelle de moineau ! 

Des dizaines de milliers de martyrs ne donnent donc à Assad aucune légitimité ! 80% du peuple syrien l’a élu mais cela non plus ne lui confère aucune légitimité ! Seules les miettes qui leur sont jetés par ceux-là même qui les avaient massacrés attribuent une quelconque légitimité à Assad, et encore une légitimité conditionnée par toute une liste de soumissions à accomplir sagement ! Par contre nos martyrs et ses électeurs ne sont que quantité négligeable ! 

Il est vraiment grand temps que le Hezbollah, ainsi que les vrais résistants de tout le Monde Arabe, de se débarrasser des alliances locales comme régionales de moins en moins fiables et qui ont les courbettes faciles ou même habités par une ambivalence dangereuse pour nos peuples du Levant !

Croyez-vous vraiment que j’allais me gêner à critiquer quiconque, fussent-il considéré comme un saint par son fan club dès lors je relève des anomalies pour le moins surprenantes ?! D’ailleurs je ne suis pas le seul à le faire parmi les soutiens de la résistance ! 

Même en étant de bonne foi la critique de la politique auto-destructrice qu’il mène est légitime car, s’il a été un excellent chef de guerre, épaulé notamment par le puissant Hezbollah bien avant l’intervention russe, sa politique en temps de paix, même relatif, est plus que risquée voire absurde ! 

Peut-être que le président syrien est mal entouré et qu’il soit dépasser par les événements, dans ce cas au lieu de tourner le dos à ses alliés de la région il devait, au minimum, les consulter et coordonner avec eux la moindre manœuvre diplomatique et politique, ça n’a pas été le cas ! 

En ce qui me concerne la crise artificielle entre le Liban et les Saouds et le rapprochement de la Syrie avec les EAU (d’autres suivront ?) ne sont pas étrangers l’un à l’autre ce qui est loin d’être anodin ! 

J’espère qu’après demain, lors de son intervention prévue, Nasrallah nous livrera sa position de manière claire sur ce qui se trame de très déconcertant et dangereux au Liban et en Syrie ! Il a son mot à dire et il a pour devoir de le faire car c’est lui, et personne d’autre, qui a été le libérateur d’Alep, d’Hama, d’Homs, de Zabadani etc etc etc … nous avons tous notre mot à dire n’en déplaise car nous n’avons pas pour habitude d’offrir des martyrs pour ensuite dire Amen pour tout ou rien ! 

Je ne terminerais pas cet article sans affirmer ceci : « j’espère de tout cœur me tromper car si j’ai raison le gâchis en serait énorme mais, malheureusement, les signaux qui se succèdent depuis quelques temps ne sont pas rassurants »! 

Quoiqu’il en soit la transparence de nos appréciations doit être de mise, c’est bien ce qui devrait nous distinguer des occidentaux et de leurs intrigues, une alarme n’a d’utilité que si on en use à temps !                                                                                                                                                                                                                                       

Soumis par Hayan Sidaoui                                                                                                                                               La diplomatie en vrac et la soumission en ordre | L’Occidentaliste (hayansidaoui.net)

♦ Qui est derrière la juge qui fait le procès d’Assange?


L’Art de la guerre. Impliquée dans plusieurs conflits d’intérêts en raison de ses liens familiaux, la juge qui décide du sort d’Assange est mariée au “faucon” Tory lié à l’industrie militaire et aux services de renseignement.


Emma Arbuthnot est la juge en chef qui, à Londres, a instruit le procès pour l’extradition de Julian Assange aux USA, où l’attend une condamnation à 175 ans de prison pour “espionnage”, c’est-à-dire pour avoir publié, en tant que journaliste d’investigation, des preuves des crimes de guerre étasuniens, parmi lesquels des vidéos sur les massacres de civils en Irak et Afghanistan. Au procès, confié à la juge Vanessa Baraitser, toute requête de la défense a été rejetée. 

En 2018, après qu’est tombée l’accusation de violence sexuelle, de la part de la Suède, la juge Arbuthnot a refusé d’annuler le mandat d’arrêt, de sorte qu’Assange ne puisse pas obtenir asile en Équateur. Arbuthnot a rejeté les conclusions du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire d’Assange. Non écoutées non plus celles du responsable ONU contre la torture : “Assange, détenu dans des conditions extrêmes d’isolement non justifiées, présente les symptômes typiques d’une exposition prolongée à la torture psychologique”.

En 2020, alors que des milliers de détenus ont été transférés aux arrêts domiciliaires en tant que mesure anti-coronavirus, Assange a été maintenu en prison, exposé à la contagion dans des conditions physiques affaiblies. Au tribunal Assange ne peut pas se consulter avec ses avocats, il est gardé isolé dans une cage en verre blindé, et menacé d’expulsion s’il ouvre la bouche. Qu’y a-t-il derrière cet acharnement ?

Arbuthnot a le titre de “Lady”, étant l’épouse de Lord James Arbuthnot, connu comme “faucon” Tory, ancien ministre des adjudications de la Défense, lié au complexe militaro-industriel et aux services secrets. Lord Arbuthnot est notamment président du comité consultatif britannique de Thalès, multinationale française spécialisée dans les systèmes militaires aérospatiaux, et membre de celui de la société Montrose Associates, spécialisée en intelligence stratégique (charges grassement rétribuées). Lord Arbuthnot fait partie de la Henry Jackson Society (HJS), influent think tank transatlantique lié au gouvernement et au renseignement USA. 

En juillet dernier, le secrétaire d’état étasunien Mike Pompeo est intervenu à Londres à une table-ronde de la HJS : depuis qu’il était directeur de la CIA en 2017, il accuse WikiLeaks, fondée par Assange, d’être “un service d’espionnage de l’ennemi”. Même campagne conduite par la Henry Jackson Society, qui accuse Assange de “semer des doutes sur la position morale des gouvernements démocratiques occidentaux, avec l’appui de régimes autocratiques”.

Dans le conseil politique de la HJS, aux côtés de Lord Arbuthnot, se trouvait jusque récemment Priti Patel, l’actuelle secrétaire aux Affaires intérieures du Royaume-Uni, à qui revient l’ordre d’extradition d’Assange. À ce groupe de pression qui mène une campagne martelante pour l’extradition d’Assange, sous la régie de Lord Arbuthnot et autres influents personnages, est substantiellement reliée Lady Arbuthnot. Elle a été nommée par la Reine magistrat en chef en septembre 2016, après que WikiLeaks avait publié en mars les documents les plus compromettants pour les USA. Parmi lesquels les e-mails de la secrétaire d’état Hillary Clinton qui révèlent le véritable objectif de la guerre OTAN contre la Libye : empêcher que celle-ci usât ses réserves d’or pour créer une monnaie pan-africaine alternative au dollar et au franc CFA, la monnaie imposée par la France à 14 ex-colonies africaines. 

Le véritable “délit” pour lequel Assange est jugé est celui d’avoir ouvert une brèche dans le mur d’omertà politico-médiatique qui couvre les intérêts réels de puissantes élites qui, opérant dans l’”État profond”, jouent la carte de la guerre. C’est ce pouvoir occulte qui soumet Julian Assange à un procès, instruit par Lady Arbuthnot, qui comme traitement de l’accusé rappelle ceux de la Sainte Inquisition. S’il était extradé aux USA, Assange serait soumis à des “mesures administratives spéciales” beaucoup plus dures que les britanniques : il serait isolé dans une petite cellule, ne pourrait pas contacter sa famille ni parler, pas même par l’intermédiaire de ses avocats qui, s’ils portaient un de ses messages, seraient incriminés. En d’autres termes, il serait condamné à mort.                                                                                                                                                                                                                                                                               MANLIO DINUCCI

 Article original Chi c’è dietro la giudice che processa Assange traduit par Marie-Anne Patrizio.

Source: Mondialisation

♦ Le Roi Macron et ses bouffons


 « Mime solitaire » : Mikhail Khokhlachev (Alias Michael Cheval)

                                                         

Après les « kwassa- kwassa » à Mayotte, les climatiseurs du Burkina Fasola fécondité des femmes africaines au sommet 2017 du G20, Emmanuel 1er, Roi de France et de Navarre, continue son œuvre d’enrichissement du grand registre des bourdes royales macroniennes. Cette fois-ci, c’est en s’attaquant gratuitement et méchamment à l’Algérie qu’il considère toujours comme son ancienne colonie. Et il n’y alla pas de main morte, loin s’en faut. Avec son sceptre fleurdelisé, il n’épargna ni son gouvernement ni son histoire : quand on peut faire plusieurs bêtises, pourquoi ne se contenter que d’une seule?

Pourtant n’avait-il pas recommandé de « tourner la page » lors de son dernier voyage en Algérie? Ou bien le tourne-page fait partie des régalia de la couronne française, n’obéissant donc qu’aux humeurs et aux caprices du monarque?

Bien entendu, la réaction des citoyens algériens à ses déclarations belliqueuses ne se fit pas attendre.  La blogosphère s’enflamma, déclenchant un riche florilège de quolibets et d’algarades qui éclaira le ciel du cyberespace. Même une ultérieure tentative pour adoucir ses propos n’y fit rien, bien au contraire.

Que faire alors sinon que de donner l’ordre à son armée de bouffons royaux d’intervenir, ces « alibis ethniques » si bien entretenus en temps de paix et si précieux dans ces moments de turbulence?

Il est à noter que le mandat assigné à ces collaborateurs dévoués est de minimiser, voire d’ignorer les agressions verbales d’Emmanuel 1er et de s’en prendre, sans états d’âmes, aux autorités algériennes, à l’Algérie et à toutes les personnes qui défendent la dignité de leur pays et sa souveraineté.

De cette espèce taxonomique d’« informateurs indigènes », si prolifiques sous notre latitude, nous allons choisir quelques spécimens représentatifs.

Ferhat 1er

Le premier à réagir, comme une grenouille à un stimulus électrique, c’est Ferhat 1er, sultan autoproclamé du royaume fictif de Kabylie et vassal du souverain français. Il est vrai que la déclaration de son suzerain sur la « création » de l’Algérie a sonné aux oreilles du fondateur du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) comme une douce mélodie. Emmanuel 1er aurait-il volontairement et sciemment offert du « pain béni » à Ferhat 1er pour le conforter dans ses fantasmes sécessionnistes? Offrir le gîte, la protection et même le discours ne sont-ils pas les attributs d’un suzerain à son vassal? Surtout si cela peut provoquer la colère du gouvernement algérien.

 Ali Dilem

Voici un exemple typique d’inversion des rôles si bien illustré, toute honte bue, par le caricaturiste du journal Liberté. Rappelons au passage que ce dessinateur a montré un zèle inégalé dans la défense de Ferhat 1er et de son mouvement.

                                                                                          Alors que la provocation et l’agression sont les œuvres délibérées et unilatérales du souverain tricolore, l’Algérien y est représenté comme un sauvage coupeur de tête, se ruant tambour battant sur tout ce qui est français. Cette représentation malhonnête de la réalité méritait une correction en bonne et due forme. Ce qui fut fait :

N’oublions pas que Dilem a été décoré à deux reprises par la France. En 2010, il reçut les insignes de Chevalier des Arts et Lettres et, en 2017, il a été promu au rang d’Officier des Arts et des Lettres par la présidence de la République française.

Cela serait-il suffisant pour expliquer l’inversion des rôles dans la caricature?

Kamel Daoud

La ligne éditoriale du journal Liberté soulève de sérieuses questions quant à sa relation avec la France. En effet, en plus de Dilem, le quotidien hébergea les élucubrations de l’auteur Kamel Daoud sur le même sujet et avec la même orientation.

La flagellation des citoyens algériens est une « technique littéraire » dont Kamel Daoud est devenu le plus grand spécialiste (lire mon livre à ce sujet) et cet article n’y fait pas exception. Il y usa de sa cravache de prose pour fouetter ceux qui ont eu « l’outrecuidance » de critiquer les paroles du Roi de France et de Navarre.

Fidèle à son rôle d’écrivain néocolonisé que j’ai décrit dans un de mes livres (facteur aggravant : il a été naturalisé français depuis), il dépassa de plusieurs longueurs la mystification du caricaturiste dans un article intitulé « Se sentir humilié après les déclarations de Macron ».

Jugez-en :

« Après les déclarations de Macron sur l’Algérie, la mémoire et l’avenir, je me suis senti personnellement humilié. De ce qu’il a dit ? Non. Ce qui humilie, c’est l’ampleur vide, futile, de la réaction des miens, des Algériens. Autant de rage, de colère et d’exagérations humilient en ce qu’elles révèlent le vide d’un projet national, algérien, collectif pour ce pays ».

L’ex-journaliste du Quotidien d’Oran ne peut pas se sentir humilié par les propos d’Emmanuel 1er : il ne peut pas se le permettre. N’est-ce pas lui qui est « admiré » par le locataire de l’Élysée? N’est-ce pas lui qui a été un des rares à être invité à la table du monarque français à l’ambassade de France lors de sa visite de 2017?

Relevons, au passage, une similitude flagrante entre la caricature de Dilem et les propos de Kamel Daoud : le citoyen algérien est représenté avec de la « rage » et de la « colère ». C’est lui le « barbare » qui, à coup de hache, attaque les « civilisés » de l’Hexagone.

Cela était-il suffisant? Que nenni! Quelques coups de fouets supplémentaires n’étaient pas de trop, histoire de se faire admirer un peu plus par la monarchie française dont il se sent si proche:

« La haine de la France, nous l’avons, et c’est une vérité. Mais elle n’est pas due uniquement aux meurtres du passé. Elle est due au vide, au présent, à l’oisiveté, elle se partage entre rentiers du victimaire et prêcheurs de nouvelles croisades, entre islamistes et dé-coloniaux chômeurs, elle nous soude et nous piège, nous empêche de dormir et de nous réveiller, de travailler et d’avoir un rêve autre que celui de détruire la France ou d’y aller vivre. C’est une réalité ».

Où es-tu Grand Émir Abdelkader pour nous réapprendre à chérir inconditionnellement notre pays et à aimer nos concitoyens? Où es-tu pour nous rappeler que la terre que nous avons sous les pieds, nous devons la défendre contre les néocolonisateurs avec nos mains, notre âme et notre cœur ?

Lahouari Addi

Le sociologue attitré de la NED (National Endowment for Democracy) a eu droit, quant à lui, au tapis rouge du journal Le Monde. N’entre pas qui veut dans le « temple » du journalisme français. On ne badine pas avec les titres, n’est-ce-pas?

Dans un article qu’il a intitulé « Sur l’Algérie, Emmanuel Macron a dit publiquement ce que ses prédécesseurs disaient en privé », Lahouari Addi a profité de l’hospitalité de ce journal connu pour son « amour inconditionnel » de l’Algérie pour ouvrir les hostilités sur toutes les institutions étatiques algériennes. Par contre, il traita les propos d’Emmanuel 1er « de courageux, surmontant la raison d’État et ne reculant pas devant les lobbys économiques sectoriels ». Le Roi de France et de Navarre dépeint dans son habit de preux chevalier, sans peur et sans reproche!

Ah, l’imagination et le romantisme galopants des sociologues de la cour de France! Le grand seigneur au nord de la Méditerranée et les méchants gueux à son sud! La néocolonisation « daoudienne » qui fait des émules!

Dans son analyse des déclarations macroniennes, Lahouari Addi ne se priva pas d’y déceler un lien avec le Hirak. Bien sûr, il n’allait pas rater l’occasion, lui, un des ténors autoproclamés du Hirak! Pour cela, il faut avoir la compétence d’un « professeur émérite » afin de lire entre les lignes et y trouver ce qui n’est même pas venu à l’esprit de l’auteur lui-même.

« Par les propos qu’il a tenus le 30 septembre, Emmanuel Macron reconnaît explicitement la légitimité politique des revendications du Hirak, ce qui est inacceptable pour le régime algérien qui, jusqu’à présent, a toujours bénéficié de l’appui diplomatique de la France ».

Évidemment, il n’a pas raté l’occasion pour placer le slogan « Dawla madania machi askaria » (Etat civil et non militaire) cher aux islamawistes offshore et aux adeptes du « Hirak frelaté », en complète opposition avec la devise du Hirak original « Djeich, chaâb, khawa khawa » (Armée, peuple, frère, frère) ».

Radio M

Nous n’allons pas terminer ce « recueil » sans citer Radio M, celle qui se fait appeler « la Petite Radio du Grand Maghreb » mais qui n’est en fait que la « Radio Barbouze du Quai d’Orsay ». D’ailleurs, ce qualificatif sera confirmé dans ce qui suit.

Tout d’abord, elle s’est comporté comme chambre d’écho de la déclaration de Lahouari Addi au sujet de Hirak dans son article du Monde et en a fait rien de moins que le titre d’un de ses éditoriaux.

D’autre part, en réponse à la polémique générée en Algérie par les déclarations hostiles d’Emmanuel 1erLe Monde publia un article dans lequel il rapporta que « les propos du président français s’interrogeant sur l’existence de la « nation algérienne » ont braqué même les opposants les plus farouches au régime algérien ».

 Après avoir énuméré les nombreuses critiques, le journaliste précisa que « l’une des rares, pour ne pas dire l’unique, prise de position positive à l’égard du président français est venue du politologue Mohammed Hennad […] dans une interview à Radio M […] ».

Radio M favorable au monarque français? Ce n’est probablement qu’un doux euphémisme si on se fie au titre donné à cette intervention du politologue Mohammed Hennad :

 Et, à propos de la réduction du nombre de visas pour les Algériens, Radio M se comporta comme le porte-parole de Gérald Darmanin, ministre français de l’intérieur :

Emmanuel 1er peut être fier de sa légion de bouffons. Avec autant de dociles informateurs indigènes et de fidèles défenseurs autochtones, il dispose d’une machine de désinformation efficace.

Mais le Roi de France et de Navarre n’a certainement aucune idée de l’armée de patriotes algériens, jaloux de la souveraineté de leur pays.

Et ceux-là, contrairement à ses bouffons, ont une profonde aversion de toute ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. En particulier lorsqu’il s’agit de l’ingérence d’un pays qui les a maltraités pendant 132 ans.                                                                                                                                                                                                                          Ahmed Bensaada                                                                                                                                              Le Roi Macron et ses bouffons (ahmedbensaada.com) 

♦ Au Congo, seule la colonisation est durable


Crise climatique oblige, les multinationales et les diplomates occidentaux enjoignent le Congo à stimuler sa production de cobalt, un composant essentiel, notamment pour les batteries des voitures électriques. Augmenter la production de cobalt, mais à quelles conditions ? Pendant que les Occidentaux rêvent de voitures propres et d’une planète plus verte, les Congolais triment pour alimenter une industrie pas très nette.

L’esprit de Berlin flotte sur l’Afrique. Pas une seule grande puissance ne laisse le continent en paix. Au contraire, elles mettent tous les moyens en œuvre pour attirer – et garder – des alliés dans leur camp. L’opportunité actuelle, c’est la COP 26, le sommet climatique de Glasgow. L’envoyé des EU pour le climat, Jonathan Pershing, vient de boucler une tournée du Cap à Dakar, afin de rameuter les gens de bonne volonté. Au Cap étaient également présents les envoyés pour le climat du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de l’UE. Un arrêt obligé pour l’envoyé étasunien Pershing a été Kinshasa, la capitale de la province minière la plus riche du globe terrestre, pour reprendre le jargon de l’industrie.

Pershing a mené une diplomatie climatique des plus intenses et a promis des dollars pour la transition, entre autres, la transition vers moins de charbon en Afrique du Sud. Mais, au Congo, à cette course vers zéro émission de gaz à effets de serre, Pershing a associé un objectif stratégique de la plus haute importance : « la course au cobalt ». Sans cobalt, pas de batteries, surtout dans l’industrie automobile. Or, l’industrie minière au Congo fournit 60 % du cobalt et l’industrie occidentale entend obtenir des garanties absolues de pouvoir continuer à emporter le cobalt du Congo. Ainsi que tous les autres métaux du sous-sol du pays. Ici, les astres sont favorables.

Le Congo est un pays appauvri. C’est la première raison, et il accepte toutes les rentrées qu’il peut recevoir. Cette année, le budget ne dépasse pas un très modeste 7 milliards de dollars, pour un pays potentiellement riche comptant une population de 87 millions d’âmes. De fait, l’industrie minière, le moteur du pays, est orientée avant tout sur l’extractivisme : elle extrait le plus de minerais possible du sous-sol, afin de les exporter. En 2018, lorsqu’une nouvelle loi minière est entrée en vigueur, les principaux exploitants miniers se sont violemment opposés à l’augmentation des taxes et à la perspective de voir le gouvernement amener des modifications dans la loi tous les cinq ans.

Ce lobby (« les G7 ») consistait en une étrange alliance de multinationales occidentales et chinoises. Mais Félix Tshisekedi, le nouveau président depuis 2019, manipule astucieusement le lobby. Tshisekedi se profile expressément comme pro-occidental – il se concerte toutes les semaines avec Mike Hammer, l’ambassadeur des EU à Kinshasa. Au printemps dernier, il a pris position contre les multinationales chinoises, dans le cadre d’une offensive préparée depuis 2019. Tshisekedi a expliqué qu’il en avait assez « que des étrangers viennent ici sans rien et qu’ils s’en aillent en milliardaires, pendant que nous, nous restons pauvres ».

Et le Congo joint les actes à la parole. Récemment, hasard ou pas, six entreprises chinoises ont été mises à l’arrêt dans le Congo oriental parce qu’elles exploitaient des minerais sans autorisation. La campagne est bien accueillie à Washington et à Bruxelles. Au début de ce mois, au cours du dialogue entre l’UE et le Congo, la délégation européenne s’est elle aussi exprimée de façon très virulente contre le trafic illégal de minerais. En janvier, l’Union européenne a adopté une réglementation qui oblige les entreprises à contrôler que leurs matières premières ne proviennent pas d’exploitations inhumaines. Les exportations doivent être « clean », mais l’exportation reste la règle.

Les gens font un travail inhumain : parce qu’ils ne peuvent faire autrement, parce qu’ils sont dramatiquement pauvres. À Kolwezi, la plus grande ville minière du Congo, j’ai vu comment on recherchait les corps de mineurs disparus. Ils travaillaient de façon artisanale, sans protection, mais également sans statut, dans le lit de la rivière Musonoi, quand les lourdes pluies ont transformé la rivière en véritable raz-de-marée et ont fait s’effondrer leur puits de mine. Partout, aujourd’hui, aux alentours de Kolwezi, on trouve de ces puits artisanaux. Des dizaines de milliers de personnes y travaillent, dans des conditions indescriptibles. Les minerais que ces gens produisaient se frayaient un chemin vers l’exportation via des acheteurs. Au fil des années, leur part dans la production a si fortement augmenté – elle représente aujourd’hui entre 20 et 30 pour 100 de tout le cobalt extrait du Congo – que l’industrie a décidé de se pencher sur le secteur artisanal.

Pour l’instant, je dénombre au moins dix initiatives d’approvisionnement responsable : ce sont des pipelines destinés à canaliser le cobalt artisanal du Congo de façon telle qu’il puisse arriver chez les destinataires connus. Deux compatriotes du consulat belge à Lubumbashi m’ont invité à un lunch au Golf‘, un club tout confort exclusif de cette autre ville minière du Katanga. Ils ont lâché qu’ils étaient très occupés avec la Global Battery Alliance (GBA). Ce lobby de plus de 70 entreprises veut que les fabricants de batteries (et, en premier lieu, les constructeurs automobiles) tournent à plein rendement. La GBA prétend « aborder le changement climatique et soutenir le développement durable », des slogans nobles, mais, pour cela, il faut « déverrouiller le potentiel entier », y compris les matières premières des mines du Congo. Les entreprises belges Umicore et DEME sont membres de la GBA, les diplomates belges à Lubumbashi savent pour qui ils retroussent les manches.

Le résultat ? Le monde entier veut avoir accès au cobalt du Congo pour – dit-on – conjurer une bonne fois pour toutes cette satanée crise climatique. La seule chose durable, au Congo, c’est la colonisation. 87 millions de Congolais restent à la traîne, sans emploi digne, sans revenu décent, sans minerais, sans raffineries, sans industrie transformatrice propre. Pendant que nous nous rafraîchissons, eux peuvent suer sang et eau, comme cela a toujours été le cas depuis des éternités.

14 Oct 2021

Raf Custers est journaliste, écrivain et historien. »»https://www.investigaction.net/fr/au-congo-seule-la-colonisation-est-durable/ URL de cet article 37487
https://www.legrandsoir.info/au-congo-seule-la-colonisation-est-durable.html

♦ Qatar Connection : Jean-Marie Le Guen, un secrétaire d’État au service de l’Émir


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Jean-Marie Le Guen,

Membre du gouvernement de la France de 2014 à 2017, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, puis du Développement et de la Francophonie, Jean-Marie Le Guen aurait conclu un accord avec l’ambassade du Qatar en mars 2016 selon un document qatari remis à Blast. A la clé, un versement de 260 000 euros. Nos révélations.

C’est ce qu’on appelle un livre-événement : quand Christian Chesnot et Georges Malbrunot publient le jeudi 20 octobre 2016 leur deuxième livre-enquête sur les relations entre la France et le Qatar – Nos très chers émirs, sorti chez Michel Lafon -, le Tout-Paris de la politique, des affaires et des médias bruisse depuis des jours de mille rumeurs sur les révélations à venir de l’ouvrage « qui dérange ».

A livre exceptionnel, dispositif exceptionnel : le matin de la sortie en librairie, Christian Chesnot est sur le plateau de Léa Salamé à 7h50, invité de la matinale de France Inter. Preuve de l’attente autour d’une enquête qui promet de faire quelques ravages dans les rangs politiques, à droite comme à gauche.

De puissants parrains

Si plusieurs responsables politiques français proches du Qatar sont mis en cause, un homme semble particulièrement visé par le duo de journalistes : le socialiste Jean-Marie Le Guen, alors secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement depuis avril 2014. Spécialiste des questions de santé, l’ancien vice-président de la Mutuelle des étudiants de France (Mnef) – ce réservoir à dirigeants du PS, dont la génération est alors au sommet (1) – est un proche de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi de Manuel Valls. Ce dernier lui a ainsi obtenu un strapontin gouvernemental quand il a été nommé Premier ministre, en mars 2014.

Jean-Marie Le Guen restera au gouvernement jusqu’à la fin de la présidence Hollande. En décembre 2016, après le remplacement à Matignon de Manuel Valls par Bernard Cazeneuve, l’ex-député de Paris quitte les relations avec le Parlement pour le secrétariat d’État au Développement et à la Francophonie.

                               Orienter… les parlementaires français

Dans leur livre, Christian Chesnot et Georges Malbrunot racontent une curieuse histoire. D’après leurs informations, Jean-Marie Le Guen se serait montré insistant auprès de l’ambassade du Qatar pour obtenir des versements d’argent. Objet de ces sollicitations, d’après les auteurs ? Orienter les interventions des parlementaires français… A l’époque, Doha se soucie de restaurer une image dégradée, semble-t-il. Le circuit décrit dans le livre mettait en scène un autre socialiste, Alexandre Medvedowsky, proche du ministre et éternel candidat battu à Aix-en-Provence, à travers sa société d’intelligence économique (2).

Face à de telles accusations, Jean-Marie Le Guen n’était pas resté silencieux. Rapidement, le dirigeant socialiste avait annoncé avoir porté plainte, pour diffamation. Au final, selon Christian Chesnot, un accord aurait été conclu entre les deux parties pour mettre fin à la procédure. Et seul l’hebdomadaire Le Point, qui avait publié les bonnes feuilles du livre, avait été condamné.

La pièce manquante ?

Cinq ans après la publication de Nos très chers Émirs, voilà l’histoire relancée : Blast publie un document exclusif qui laisse penser que l’enquête de nos deux confrères visait juste au sujet de Jean-Marie Le Guen. Cette nouvelle pièce de la Qatar Connection dévoile en effet les dessous financiers d’un accord conclu entre le secrétaire d’État français et la représentation du Qatar à Paris.

En mars 2016, cette lettre à l’en-tête de l’ambassade de l’État du Qatar à Paris est adressée à un membre éminent du gouvernement de l’émirat, à Doha. Elle porte la mention « confidentiel »…

Le courrier, daté du 23 mars 2016, est signé de la main de l’ambassadeur, Mishaal Bin Hamad Al-Thani. Il s’adresse à « son Excellence le Sheikh Mohamed Bin Abdurrahman Al-Thani », le ministre des Affaires étrangères qatari. Le diplomate fait « référence » à un précédant courrier portant le « numéro wkh/5/1461/2016 en date du 16/3/2016, au sujet de Monsieur Jean-Marie Le Guen – Ministre français en charge des relations avec le Parlement français ».

Son contenu est explicite sur la nature des relations entretenues avec Jean-Marie Le Guen : « J’ai le plaisir de vous informer que, selon votre demande dans le courrier susmentionné, il a été délivré un montant d’une valeur de 260 000 euros (deux cent soixante mille euros) à Monsieur Jean-Marie Le Guen pour les services qu’il va rendre à l’État du Qatar. Ce montant a été prélevé de la garde des fonds restants qui sont réservés aux relations publiques. »

                                Un activisme sans ciller

L’hebdo Marianne avait consacré en février 2017 une longue enquête à ces contacts répétés avec l’ambassade du Qatar. Y était ainsi évoquée la tenue d’un déjeuner organisé à l’initiative du ministre en décembre 2015 avec l’ambassadeur qatari, son épouse et Olivier Spithakis, ex-patron de la MNEF (lourdement condamné dans l’affaire du même nom) recyclé dans les affaires.

Pour justifier son activisme auprès de l’émirat gazier, Jean-Marie Le Guen avait avancé à Marianne une toute autre version. Il s’était alors prévalu de sa fonction. A nos confrères, le secrétaire d’État indiquait ainsi avoir « rencontré l’ambassadeur du Qatar, comme ceux d’autres pays, dans le cadre de mes fonctions gouvernementales ». Et il l’assurait : « Je n’ai jamais proposé d’exercer la moindre influence en faveur de l’État du Qatar. » Des propos en contradiction avec le document révélé par Blast.

Contacté par l’intermédiaire de son secrétariat chez Siaci Saint Honoré, une société de courtage où l’ancien ministre occupe depuis sa sortie du gouvernement les fonctions de conseiller du président, Jean-Marie Le Guen n’a pas voulu nous répondre. Comme à son habitude, l’ambassade du Qatar à Paris n’a pas non plus réagi à notre mail.

(1) Un compagnonnage qui avait valu un temps à Jean-Marie Le Guen quelques soucis avec la justice : celle-ci l’avait mis en examen dans un volet de l’affaire de la MNEF, le soupçonnant notamment d’avoir bénéficié d’un emploi fictif, avant d’abandonner les poursuites faute d’éléments suffisants.

(2) L’intéressé a toujours nié être mêlé à cette histoire. Ex-conseiller de Laurent Fabius, ancien vice-président du département des Bouches-du-Rhône (sous la présidence de Jean-Noël Guérini), il est aujourd’hui président du Synfie (le Syndicat français de l’intelligence économique).                                                                                                                                                                                                                                                                      Qatar Connection : Jean-Marie Le Guen, un secrétaire d’État au service de l’Émir | Blast, Le souffle de l’info – Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant (blast-info.fr)   

♦ Zemmour : le Judas Iscariote de la politique


♦ Zemmour : le Judas Iscariote de la politique

Les  Français qui seraient tentés de se jeter dans le piège qui leur est tendu, devraient méditer cette vérité biblique : « Nul ne peut servir deux maîtres (deux pays) à la fois car il servira l’un et trahira l’autre… »     

J’ai peu d’estime pour Eric Zemmour, vous le savez tous. Pas à cause de la répulsion que sa tête provoque chez beaucoup d’entre nous, mais à cause de l’imposture qu’il représente pour notre pays.


Bien évidemment, les idées nauséabondes qu’il distille, attire à lui tous ceux qui rongés par la haine des arabes, seraient prêts à voter pour le diable s’il leur promet de les mettre dehors. Des naïfs, des faibles d’esprit, des gens manipulables à souhait, que le racisme rend aveugles.

Zemmour joue sur les peurs des Français et les exploite avec beaucoup de cynisme. L’Islam diabolisé et décrit comme source du terrorisme, l’immigration dramatisée sans jamais préciser que ce sont ses amis sionistes qui l’organisent et la favorisent, le Grand Remplacement agité comme un chiffon rouge pour effrayer le blaireau moyen… Au fond Zemmour utilise la même méthode que le gouvernement avec le Covid. On ne change pas une méthode qui marche. On présente une fausse menace, on l’exagère pour provoquer la psychose et la peur et puis sans le dire, on propose le remède qui tue : la guerre civile.

Ces gens qui ont la naîveté de croire que Zemmour va résoudre leurs problèmes et remettre la France debout, ne réalisent pas que Zemmour adopte la même stratégie que les politiciens qu’il prétend combattre : il va faire des promesses tout en sachant qu’il ne les tiendra jamais. Ses adeptes ont oublié ce qu’a expliqué Attali quand il dit que « le président n’a plus aucun pouvoir mais l’essentiel c’est que les Français croient qu’il en a encore. »

Ces gens ignorent que la politique migratoire ne se décide pas à l’Elysée mais chez Bilderberg, à Davos ou à l’ONU ou encore à la commission européenne qui impose sa loi à tous les pays d’Europe.

Ces simples d’esprit oublient qu’Attali et la Cabale ont bien plus de pouvoir que le président. Quand Attali décréte que « l’Europe a un besoin vital de 150 millions de nouveaux immigrés » Zemmour ou Tartempion ne pourront pas s’y opposer car l’objectif est de détruire la nation française, l’Etat français, les nations européennes, les Etats européens pour que le Nouvel Ordre Mondial sioniste puisse nous être imposé sans résistance. Et Zemmour est parfaitement informé du plan, mais soyez sûrs qu’il ne le dira pas à ses électeurs potentiels. Il ne va pas trahir la Cabale sioniste, mordre la main qui le nourrit et qui le finance, c’est sûr.

Le projet de Zemmour qui ne peut pas ignorer cet état de fait, n’est pas de virer les arabes car même s’il était élu président, il n’en aurait pas le pouvoir. Mais l’essentiel c’est que ses électeurs potentiels le croient. Et visiblement ceux qui sont rongés par la haine raciste semblent y croire. Heureusement, ils constituent une minorité, la minorité malade de notre pays.

Mais soyons clairs. Quelle chance a Zemmour de devenir président de la République ? Aucune et il le sait. Au mieux, il fera réélire Macron car il sert de voiture balai pour ramasser les déchets et les ordures qui voteront pour lui et qui lui serviront à négocier un strapontin dans un prochain gouvernement Macron. Comme d’habitude l’extrême droite sera roulée dans la farine.

L’objectif de Zemmour c’est une OPA sur l’électorat de Marine Le Pen et créer un autre parti d’extrême droite estampillé 100% kacher, au profit d’Israël et de la communauté sioniste. Car en effet, les sionistes ont peur de perdre le contrôle sur notre pays et ils font leur marché électoral chez ceux qui ont remplacé la raison par l’émotion. Les haineux, les frustrés, les paumés de la vie qui croient encore que les politiciens vont changer leurs vies et répondre à leurs aspirations.

Alors oui, avec une extrême droite kasher, Zemmour va attirer à lui la partie la plus raciste de la communauté juive, les mêmes qui hurlent à l’antisémitisme pour une pancarte sur laquelle il y a écrit « Qui ? ». Et avec l’aide de quelques français collabos, il servira surtout les intérêts d’Israël, pas les intérêts des Français !

Il continuera à verser de l’huile sur le feu de la division, il dira ce que ses électeurs aiment entendre, fera l’impossible pour faire de la France un nouveau Liban en provoquant des désordres civils et des affrontements contre les Musulmans, mais il se fera laminer par une coalition de chrétiens, de musulmans et de « républicains laïques » qui savent qu’Israël veut provoquer des affrontements entre ces deux religions, religions que les sionistes qui dominent notre pays, perçoivent comme le pire danger pour eux.

Et c’est pour cette raison que Zemmour se présente ! Il est surtout le candidat d’Israël, pas de la France ! Il n’y a qu’à voir qui le finance et qui le soutient !

Les dindons de la farce seront ses électeurs qui trahis une nouvelle fois par le Judas Iscariote de la politique, seront désignés comme les principaux responsables du désastre français. Ils seront recherchés et lynchés car perçus par le reste de la population pour ce qu’ils sont vraiment : des collabos. Les mêmes qui par haine des Juifs ont collaboré avec les nazis et qui cette fois, par simple haine des arabes, les fera collaborer avec l’autre facette du nazisme : le sionisme. 

A la fin de la 2ème guerre mondiale, ils ont fini rasés et identifiés comme des ennemis de la France. Et nul doute que les collabos du national-sioniste Zemmour, finiront de la même manière.

Les Français qui seraient tentés de se jeter dans le piège qui leur est tendu, devraient méditer cette vérité biblique : « Nul ne peut servir deux maîtres (deux pays) à la fois car il servira l’un et trahira l’autre… »                                                                                                                                                                                                                                         Eric Montana  

Zemmour : le Judas Iscariote de la politique (zonefr.com)

♦ QUELQUES VÉRITÉS QUI NE PLAIRONT PAS A TOUT LE MONDE….


Peut être une image de une personne ou plus et texte

J’ose vous dire quelques vérités d’une grosse évidence mais auxquelles vous pourriez ne pas avoir pensé, et je vous prie de bien vouloir en discuter sans trop de passion (ça fausse tout jugement !) ni de violence verbale et d’éviter comme d’habitude de vous mettre hors sujet en vous attaquant à ma personne…

Produisez, si vous le pouvez et si vous en avez envie, des arguments pour approuver ou combattre mes arguments… sinon, contentez vous d’user d’émoticônes désapprobateurs ou rageurs etc… Il en existe et ils sont faits pour ça !

1– Première Vérité, goulou besmellah !… L’Islam est l’ultime version du monothéisme révélé par les prophètes qui ont précédé Mohamed, ce n’est pas fondamentalement une religion nouvelle mais la dernière touche à la Loi du Dieu Unique en lequel croyaient tous les prophètes qui en ont énoncé le concept et le principe depuis Adam, jusqu’à Jésus…

2– Cette dernière version supprime les incompréhensions qui précédaient et qui faisaient d’un peuple connu, le « préféré » ou l' »élu » du « Père Éternel » et d’un de Ses Envoyés, connu lui aussi, son propre fils…

3– De ce fait et en introduisant l’égalité entre tous les hommes devant le Créateur, l’Islam corrige l’idée absolument puérile et perfide d’un créateur ségrégationniste et détruit les mythes qui se sont imposés en vérités sacrées et indiscutables.

4– En expliquant un Dieu intemporel et immatériel l’Islam a mis fin à l’anthropomorphisme qu’on colle a Son image de vieux père barbu continuellement assis sur son trône et surveillant sa progéniture d’un air sévère.

5– La destruction de cette image détruit implicitement la prétention des Hommes à défendre Dieu et impose le principe bien plus logique et bien plus vrai que c’est Dieu que défend l’Homme et que du fait de son immatérialité et de son intemporalité, Dieu n’est vulnérable à aucune atteinte individuelle ou collective de la plus perfide de Ses Créatures…dont Satan !

6– L’Unicité de Dieu défendue par l’Islam et l’extension de Sa Puissance et de son intérêt à toute Sa Création et non à une infime partie de Ses Créatures ont détruit le manichéisme qui faisait de Satan un dieu du mal et de Dieu le dieu du bien. Satan est conçu dès lors comme une créature de Dieu et non comme son vis à vis… et l’homme a donc suffisamment de puissance pour combattre ses influences et ses effets.

7– Les Prophètes sont des mortels et non des dieux ou des demi-dieux… et si Dieu a permis à certains d’entre eux de réaliser des miracles c’est par Sa Volonté et Sa Puissance et non la leur… De ce fait, en constatant ces miracles ou en en prenant connaissance par la tradition, il faut louer Dieu qui les a permis et non ces Hommes auxquels il a donné la faculté de les accomplir et pour bien prouver cette évidence, Dieu les a fait tous mourir sans que l’un d’entre eux n’ait pu produire le miracle d’échapper à cette issue inéluctable et imparable de la Vie qui est la Mort.

8– La naissance miraculeuse de Jésus n’est pas le fait de Sa Volonté et de Son Pouvoir mais une manifestation de la Volonté de Dieu et de Son Pouvoir et ceci relativise sa force et ridiculise sa déification et prouve que Jésus ne fut qu’un être humain de chair et de sang comme tous les humains…

9– Pour corriger l’erreur humaine qui a fait de Jésus un autre Dieu, Mohamed fut choisi parmi les plus humbles et les plus fragiles des créatures: orphelin de naissance, analphabète, sans force physique exceptionnelle, susceptible de maladies, non rentier, obligé de se débrouiller par l’effort ses moyens de subsistance… Il ne lui fut accordé aucun « miracle » et Dieu lui donna la juste dimension d’un homme, souffrant, mangeant, combattant, aimant, se trompant, se mariant, copulant, priant, riant et pleurant…

10– Mohamed vint essentiellement pour restaurer l’idée du « Taw’hid » mise à mal par la déification de Jésus. Et c’est ce qui explique qu’il n’eut aucune des faveurs divines des prophètes qui l’ont précédé, au point qu’il perdit même des batailles menées « fi sabil Allah » par défaut d’équilibre des forces ou par mauvaise stratégie guerrière ou par manque d’engagement de ses troupes…

11– Ces leçons sur le statut de « simple créature » du dernier de Ses Prophètes visaient peut-être à éviter aux adeptes de la dernière et de l’ultime et définitive version du monothéisme de refaire le sacrilège et de commettre l’hérésie des adeptes de la version qui l’a précédée…

12– L’universalité qu’on lit dans tout le texte coranique visait pour sa part à imposer aux croyants le principe d’une absence de hiérarchie innée chez les créatures et à faire comprendre que le seul mérite d’un individu par rapport à un autre ne pouvait découler que de ses qualités acquises et non de son ascendance ou de sa génétique.

13– Tentés comme leurs cousins juifs par une place de choix auprès de Dieu, les arabes (qui furent pourtant des négateurs en puissance du Prophète) ont alors fait exactement ce que Dieu reprochait aux juifs et aux chrétiens… Par touches successives, ils ont fait comprendre que leur choix comme réceptacle de la dernière version du monothéisme et le choix de leur langue découlaient du choix de leur race pour ses mérites et comme les Juifs ils ont tenté eux aussi avec certains succès d’ amalgamer race (arabe) et religion (musulmane) en s’aidant de la langue (arabe), surtout à travers le wahhabisme et ses manipulations de la Sunna.

14– Ces arabes ont développé aussi, pour les besoins de leur propre sacralisation et leur accaparement du statut de peuple élu remplaçant les juifs en disgrâce divine, un fort conditionnement en matraquant littéralement les opinions par le fait que le Prophète était un des leurs, d’où le leitmotiv de « Ennabi el 3arabi », de « Chafi3 el Oumma (el arabia) » et pour bien se l’accaparer, ils n’ont pas hésité à inventer le « salafisme » qui impose comme principe confessionnel et obligation religieuse le fait d’imiter le Prophète c’est à dire les arabes dans son habillement, ses paroles, son manger, ses traditions et ses habitudes…

15– Cette entreprise d’accaparement s’est faite avec la complicité très active des « autres » (juifs, chrétiens, bouddhistes, agnostiques etc) qui ont tout fait, de manière directe ou indirecte, pour que le Prophète Mohamed reste « arabe » aussi bien par sa race, son style de vie, son appartenance géographique et tribale etc… A titre d’exemple, Charlie Hebdo participe très activement à incruster cette idée dans les consciences en caricaturant le Prophète sous les traits d’un nomade évoluant entre chameaux et palmiers dans le désert d’Arabie, contrairement à Jésus qu’on présente en poupon rose ou en adulte blond aux yeux bleus évoluant dans un paysage de neiges et de sapins.

16-Toute cette « propagande » ne vise qu’un objectif: circonscrire Mohamed et Son Message à une sphère sociale et géographique précise pour éviter leur UNIVERSALITE alors que l’ISLAM déclare sans ambages cette universalité et corrige les idées d’un Dieu consacré à la seule judaïté que les juifs ont fini par imposer à la Bible et aux prophètes ayant précédé Mohamed… comme la chrétienté a imposé l’idée que Jésus est le prophète de Rome et de l’Occident (les gens du Sud ne lui étant soumis que par « dépendance » de « bons sauvages » et non par conviction).

17– Les musulmans qu’on appelle même « mahométans » – à juste titre pour certains qui ont troqué la soumission à Dieu contre l’adoration de Son Prophète, comme l’ont fait les « jésuites », se sont laissés piéger par cette volonté judéo-chrétienne de réduction et de balisage de l’Islam dans les strictes limites d’un prophète et des espaces dans lesquels il a évolué, en s’auto-persuadant que cette nouvelle version du monothéisme leur était destinée en exclusivité et non à toute l’humanité.

18– La stratégie judéo-chrétienne de confinement de l’Islam dans sa sphère originelle se trouve appuyée de manière inespérée pour ses promoteurs, par le chauvinisme « arabo-islamique » qui privilégie le folklore lié à l’Islam a la spiritualité que véhicule cette religion et qui impose insidieusement comme critères confessionnels l’arabité et les facettes multiples de la culture et de l’identité arabes alors que l’Islam reconnaît à travers le Coran la division des populations en « peuples et tribus » et ne conçoit de différence ou de prépondérance entre les individus qu’à travers la piété et jamais en considération du « nessb » ou du « nessl ».

19– Le culte exagéré du Prophète de l’Islam ne signifie pas toujours ou signifie très rarement une plus grande foi en Dieu… Le Prophète est défendu comme représentant non pas de Dieu mais de la communauté, non pas d’un homme mais littéralement d’un « demi-dieu », non pas pour le Message qu’Il a transmis mais pour la communauté qu’il a créée… non pas comme véhicule de la dernière version du monothéisme destinée à toute l’humanité mais comme chef spirituel d’une partie de cette humanité… non pas comme rassembleur mais comme diviseur du genre humain.

20– De tout ce qui précède, on comprend que le vrai « complot ourdi » contre l’Islam vise les objectifs suivants :
1- Montrer qu’il ne se situe pas dans la suite logique des révélations qui l’ont précédé
2- Lui ôter toute idée d’universalité en le confinant dans une sphère ethno-géographique qu’on va tout faire en s’aidant des « wahhabites » à restreindre à son fief d’origine, c’est-à-dire en seule Arabie.
3- Le réduire à un ensemble de pratiques rituelles et d’apparences corporelles et vestimentaires pour faire oublier toute sa logique, sa philosophie, sa spiritualité et les réponses qu’il donne aux questions et aux défis de notre temps.

Et ce sont les « musulmans » à travers la tumeur « islamiste » conçue et dirigée par le sionisme qui se chargent de mettre en œuvre cette stratégie; les « adversaires » ne se contentant que de booster le chauvinisme religieux en recourant à des provocations ultra médiatisées par « le choc des mots et le poids des photos »…

Quand les musulmans comprendront que l’Islam n’ est pas la propriété des islamistes mais un « patrimoine universel », ils arrêteront de l’étreindre à l’étouffer et quand ils comprendront que Son Prophète n’est pas leur représentant exclusif mais celui de Dieu auprès de tous les hommes, ils arrêteront de s’identifier à Sa noble personne et à inciter les autres à le fuir et le rejeter car ils en donnent une image très peu reluisante, très peu valorisante… 

Mohamed Adjou                                                                                                            

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♦ La presse est morte, vive la presse.


En un demi-siècle, le journalisme est passé d’une réalité de liberté, voire « libertaire », à celle de l’obéissance où sa fonction essentielle est de propager la parole des maîtres. Un récent communiqué de la première organisation professionnelle, le Syndicat National des Journalistes, confirme cette réalité française devenue universelle. Le SNJ évoque la « confiscation de la ligne éditoriale par les éditeurs, porte-voix de leurs actionnaires ». Les donneurs d’ordre, comme on le dit en bourse, sont des financiers propriétaires de médias ou des dirigeants d’États, leurs fondés de pouvoir.

Ainsi, pendant vingt ans Rupert Murdoch, milliardaire australien ultra réactionnaire, s’est comporté en propriétaire du « 10 Downing street », le siège du Premier ministre britannique et organisé la rupture du Brexit. Blair, Brown et Cameron ont été les obligés d’un implacable ami : « Rupert ». Aux États-Unis le même monstre de presse a facilité l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche. L’impressionnant documentaire du réalisateur anglais Jamie Roberts, The Rise of the Murdoch Dynasty, suffit à dépeindre le Tchernobyl de presse qu’a provoqué ce tueur de journaux venu des antipodes.

Au XXIe siècle, la fiction Citizen Kane se joue en vrai sur une scène vaste comme la planète. La preuve par l’histoire nous démontre – trop tard – que le propriétaire d’un trust de presse peut diriger le monde. C’est même l’unique raison qu’il a pour posséder, en masse, journaux et télévisions. La masse qui assomme les masses.

Prononcer sur la presse les paroles d’un requiem, vous attire en général une réponse haineuse. Le mépris ou l’injure est comme un antidote pour un monde peu porté à l’autocritique. Sur notre Titanic mourrons donc en musique. Pourtant des milliers de jours étant passés, tout journaliste éveillé finit dans le métier comme un homme souffrant. Veuf d’un monde perdu. Faut-il rendre les journalistes coupables d’avoir enfilé les œillères et les chaînes tendues par le système ? Évidemment non.

Il existe encore des îlots où quelques Shadocks continuent de faire tourner le phare, des poches de résistance. La presse « mainstream » ne mérite plus son nom (les chiffres de lecteurs sont affligeants), mais, portée sur les ondes d’Internet, une nouvelle presse arrive pour chasser celle d’aujourd’hui. Ce mouvement de bascule a été bien compris par les milliardaires de presse. Voyant fondre leur public, ils tentent de le récupérer en amplifiant leurs éditions sur Internet.

« Toile » pourtant honnie dès sa création par les actionnaires et leurs profits : un possible espace de liberté s’ouvrait et il leur échappait. Leur première stratégie fut d’utiliser en masse l’arme de la diffamation. Tous les sites d’information, ou de réflexion, tous les journalistes publiant hors troupeau, sont épinglés, black-listés, marqués du sceau de « pas crédible ». Ces damnés étaient soit des « complotistes » producteurs de « fake news », soit « fascistes, rouges-bruns, gauchistes, islamo-gauchistes » ou pire.

Des brigades, formées de gardiens de la pensée juste, furent sponsorisées. Eux seuls avaient sur Internet le monopole du vrai. Ces manœuvres ont échoué ou sont en train de mourir : si les Gafa ne parviennent à maîtriser tous les contenus circulants sur la Toile, les Murdoch mondialisés, en France les Arnaud, Pinault, Bolloré et Bouygues, peuvent être battus. Pire, des Google et Facebook, sans censeurs, peuvent naître. Bientôt l’Internet en direct par satellite rendra difficile le jeu des ciseaux d’Anastasie.

Le spectacle de l’information télévisée est tout aussi désolant. Pas inquiétant : en France la moyenne d’âge des téléspectateurs assidus est, au premier mars 2021, de 56,1. Cela signifie que l’avenir a déserté le vieux tube pour regarder ailleurs, sur le Net. Ici les puissants ont donc perdu des plumes. Contrairement à un axiome astiqué dans les réservoirs à penser de Washington, la seule fonction d’Internet n’est pas de faciliter le mensonge. Le Net peut être son pire ennemi, l’outil démocratique qui permet de dénoncer.

Dans vingt ans restera-t-il des journalistes de presse écrite ? Par la fausse magie de « l’intelligence artificielle », alimentée par des milliers d’esclaves chargés de gaver la machine, les articles seront alors écrits par des robots. En cinq ans le Washington Post a publié plusieurs milliers de ces papiers désincarnés. En salle de rédaction, le journaliste qui surveille la machine emprunte le rôle du vigile de supermarché.

Les éditoriaux, chacun l’a constaté, exigeant une énorme mémoire vive, échappent encore à cette écriture automatique dont les surréalistes n’ont osé rêver. Un avantage, au regard du style : les robots ne peuvent écrire d’une façon plus médiocre que ce que la production actuelle nous propose. Au musée de la presse, les journalistes « écrits » vont rejoindre les linotypistes des anciennes imprimeries.

Votons donc pour une renaissance sur Internet. Cette presse numérique finira par sortir de son modèle où le travail est peu ou pas rémunéré. Qui exige de ses journalistes et contributeurs la passion de l’amateur. Pourtant, en s’installant sur la Toile, le journalisme ne peut s’exonérer de ses principes fondateurs : enquêter, donc voyager, tenir le terrain ; des impératifs coûteux.

Paradoxe : en exigeant la gratuité des sites auxquels ils sont désormais fidèles, les lecteurs sur Internet, surtout en France, ont tué un peu de leur liberté de savoir en refusant leur écot aux éditeurs pionniers. L’information gratuite ne peut exister.

Jacques Renard qui était plus grand encore que « grand reporter », un immense journaliste français, m’a dit une nuit, assis près du bar au « Village », club de Saint-Germain-des-Prés : « Tu sais, si je ne vais jamais au cinéma c’est que j’ai trop peur qu’il se passe quelque chose pendant ce temps-là ». Voilà. Pompiers d’un monde plus ou moins vaste – toute la planète ou l’accident du coin de rue – nous attendions « qu’il se passe quelque chose ».

L’information se périmait plus vite qu’une tranche de saumon, il fallait du nouveau, des nouvelles. Et les diffuser en premier. Chaque jour les quotidiens publiaient trois ou quatre éditions différentes, et une « spéciale » en cas d’évènement majeur. Les journalistes étaient peu souvent à la rédaction, plutôt sur le terrain, même si celui-ci était un bistro. Chacun savait que l’information venait du dehors, où il fallait être.

Les journalistes étaient alors des « confrères » – ils sont devenus des « collègues » –, comme dans les compagnies d’assurances. Entre nous le « tu » était obligatoire. Un exercice difficile pour qui avait vingt ans et devait tutoyer un rédacteur en chef âgé de soixante-cinq, chenu et sortant de Normale Sup. À l’intérieur d’une rédaction, même salarié, le journaliste conservait un statut d’indépendant, et il n’était pas concevable de le faire plier, les rédacteurs et reporters n’étant pas encore considérés comme des techniciens de presse.

Le métier ne s’enseignait pas dans des écoles, le recrutement se faisait à l’usage, avec jugement sur le tas. On entrait dans une rédaction, on écoutait, pour être vite expédié dans un commissariat comme pêcheur d’informations. Dix-huit mois plus tard, les tenaces devenaient journaliste, les autres filaient à la fac ou dans le commerce. Nous nous retrouvions entre gens étranges, plutôt hors société, pour certains hors de temps. Je me souviens d’un confrère auquel on avait confié un reportage à huit heures du matin, amateur de grasses matinées l’insomniaque ne s’était jamais levé si tôt.

« Le terrain, le terrain » … Celui-ci avait toujours raison et organisait les existences. Partis au Vietnam, au Liban, au Cambodge, en Afrique ou à Bruay-en-Artois, les journalistes pouvaient disparaître plusieurs mois. Partout où il se trouvait, « l’envoyé spécial », celui qui voyait les faits de ses yeux, avait toujours raison. Raison à l’heure du « bouclage » contre les avis des confrères ou rédacteurs en chef restés au bureau. La copie d’un envoyé spécial était intouchable.

Le monde de presse formait une tribu nationale ou internationale, parfois une fraternité acquise lors des coups durs partagés, moments où la vie ne valait pas cher. Ces acteurs de l’information avaient le goût de la littérature. Il fut un temps où quelques membres de cette communauté se nommaient Hemingway, Dos Passos, Steinbeck, Nizan, Camus, Malraux, Kessel, Bernanos, Gatti… Puis la littérature a divorcé d’un journalisme de moins en moins soucieux de la valeur des mots. Les nouveaux maîtres, ceux qui ont concentré la presse, ne lisaient plus des romans, mais des bilans. Le temps de cerveau disponible est devenu une unité de mesure.

Issus d’écoles spécialisées, les CV des jeunes journalistes d’aujourd’hui interpellent. Le métier n’est plus ouvert, mais fermé sur une caste totalement « bourgeoise », comme pourrait l’observer Pierre Bourdieu. Les professions des parents de ces nouveaux confrères oscillent entre industriels, avocats, médecins, architectes. Allez chercher ici un fils d’ouvrier… Mieux, puisque nous sommes entre gens de bonne naissance, le népotisme permet de caser aisément un rejeton dans la presse.

Jetez un œil sur l’audiovisuel français, et vous trouverez des homonymies qui vous démontrent que bien des étudiants en journalisme ont eu, eux aussi, « de la chance » pour reprendre Jacques Brel. Si j’insiste sur cet aspect sociologique, ce n’est pas pour rejoindre un bataillon de la lutte des classes, mais pour observer que ces « écoles de journalisme », désormais inévitables et coûteuses, ne sont pas des instituts où l’on forme des rebelles. Par deux fois, à Paris au Centre de Formation des Journalistes, j’ai été invité à évoquer le « doute ». M’inquiétant du peu d’appétit des étudiants pour Descartes, le responsable des études m’a répondu : « Tu sais, ici nous n’enseignons que des certitudes ».

En 1999 au Kosovo, placé du mauvais côté des bombes de l’OTAN, c’est-à-dire en dessous, j’ai eu à Pristina la surprise de tomber un soir, sous la lueur d’une lampe tempête, sur Régis Debray. Il avait eu le courage de venir ici. Afin de vérifier si les affirmations de presse étaient des vérités : un stade transformé en « camp de prisonniers », les Serbes « jouant au foot avec des têtes humaines », « 700 000 morts » annoncés. Tout était faux. Pour avoir écrit cela à son retour dans le Monde Diplomatique, Debray fut proscrit par l’escadron du bien. Edwy Plenel, gardien du sanctuaire, a même titré : « Adieu Régis ».

Pour avoir vérifié une information qui venait contredire la doxa, le médiologue était mis au cachot. Quittait le monde de la connaissance pour celui du complotisme moisi. Interrogé par Debray, dans sa Revue de Médiologie, je me souviens du titre donné à notre entretien : « La mort du regard ». Lui et moi en avions la preuve : envoyer un journaliste couvrir un évènement était prendre le risque de faire écrouler ce mensonge.

En 2021, quand il monte dans un avion, un envoyé spécial sait que, le temps d’un aller et retour, il ne voyage qu’afin de confirmer le contenu des éditoriaux de son patron. À quoi bon savoir ? Un ami cher vient de me souffler l’analyse ultime, celle qui résume notre moment de presse : « la vérité n’est plus qu’une opinion parmi d’autres ».

La nostalgie qui gagne, en décrivant cette vieille presse, ne doit pas masquer ses monstruosités. Le mensonge n’est pas un outil récent et les rédactions de jadis n’étaient pas le congrès des anges. Châteaubriant nous a prévenus très tôt : « Faites attention à l’histoire que l’imposture se charge d’écrire ». En 1914 L’Intransigeant nous rapportait que les balles « boches » ne tuaient pas. En 1927 La Presse affirme que Nungesser et Coli avaient « traversé l’Atlantique », alors qu’ils gisaient au fond de l’océan (rendus furieux les lecteurs auront très rapidement la peau du quotidien trompeur).

Propagande et bidonnages ne sont pas nés avec les start-ups. Mais scientifiquement mise au point dans des fabriques du mensonge, matière incubée dans des « think tanks », ou agences de « com », Pinocchio a pris de jolies formes et du poids. Avec le sérieux qui convient, la presse d’aujourd’hui ne propage plus, pour l’essentiel, que des vérités inventées. Colin Powell secouant son tube d’anthrax au Conseil de l’ONU afin de persuader l’univers que l’Irak possédait des Armes de Destruction Massive, était un créateur. Sa construction fut reprise et fortifiée par tous les médias des pays de l’OTAN, en tête les plus grands journaux des EU.

Idéale la vieille presse ? Non bien sûr. Il suffit, pour décrire le pire, de reprendre, sous forme d’ordures, les publications qui, dès 1933, ont rêvé de l’arrivée de Hitler à la Tour Eiffel. Brasillach a été le plus connu des confrères fusillés à la Libération, mais la purge a épargné (je ne réclame pas la potence, juste l’indignité à vie) trop de patrons et presse et de collaborateurs.

Citons le criminel de guerre Bousquet que l’on retrouvera dans les années cinquante dans l’équipe de direction de La Dépêche du Midi . Pour la mise à mort de la vieille presse vinrent des satrapes comme Robert Hersant, un antisémite ancien responsable d’un groupuscule pronazi. Sous Giscard, soutenu par les banques, il va racheter de grands journaux comme Le Figaro et L’Aurore. Le rideau se tire sur la liberté.

De ces lignes vous pouvez déduire que l’ancien modèle a échoué. Celui des journalistes indépendants vivant sur le terrain ? Mais non, il a été étranglé par la société du spectacle, pour citer Guy Debord. Monde où le préjugé, l’inventé, le faux doit circuler comme un virus. La communication a pris le pouvoir. Des journaux rentables, vendant à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires (ce qui fait rêver aujourd’hui), ont été achetés pour être transformés en tracts, ancêtres du « storytelling ».

Au bout du fusil, la prise du pouvoir. En France l’objectif est double, la démolition du programme du Conseil National de la Résistance – celui qui, outre la création d’une presse qui devait être éthique, a promulgué un nouveau contrat social –, il s’agit aussi, sous la dictée de Washington et autres relais, de promouvoir une Europe épousant la forme d’une colonie des EU. Les « pères » de ce continent, supposé unifié, n’étaient-ils pas un ami de la CIA pour Jean Monnet et un ancien ministre de Pétain, pour Robert Schuman ?

Dans le passé, la devise des journalistes étasuniens était la suivante, « Affliger les puissants et réconforter les faibles ». C’est fini, au broyeur la maxime. Après avoir gobé tous les mensonges des locataires successifs de la Maison-Blanche, et à la fin cette sornette sur la Russie qui aurait truqué l’élection favorable à Trump, la presse des EU ne vit plus ses beaux jours. La pensée occidentale est au garde à vous et Savonarole peut jeter au feu celui qui dérive. Le journalisme n’est plus là pour réconforter, ou affliger, mais pour valider le choix des maîtres ; il a perdu son statut de « quatrième pouvoir ».

En 1968, après que les États-Unis ont subi la désastreuse « Offensive du Têt » au Vietnam, Walter Cronkite, présentateur du grand journal de CBS, se rend sur place. De retour au pays, il lance un édito : « quittons ce bourbier, la guerre n’est pas gagnable ». En regardant l’écran de son téléviseur le président Johnson aurait déclaré « Si j’ai perdu Cronkite, j’ai perdu l’Amérique ».

Un an plus tard, l’immense Seymour Hersh, l’icône de notre métier, révèle qu’à My Lai, au Vietnam, l’armée des EU a commis un crime de guerre en tuant plus de 400 civils. Hersh devient un héros récompensé du Prix Pulitzer. En ce printemps 2021, Hersh toujours actif après avoir multiplié les révélations depuis cinquante ans, ne trouve plus un seul journal acceptant de publier ses enquêtes.

Impossible d’écrire une ligne à propos de l’Ukraine, de la Syrie, de la Palestine par exemple, qui vienne écornifler le joli chromo accroché dans les rédactions : celui de la vérité révélée. Au travail d’un Hersh, les journaux du monde préfèrent le mensonge. Comme celui de Timisoara, une ville de Roumanie où en 1989, pour mieux abattre le tyran Ceausescu, la presse mondiale a soutenu la réalité d’un faux charnier. C’est de ce poison que la presse du monde nouveau peut mourir.

Jacques-Marie Bourget

Depuis le site ELUCID »» https://elucid.media/democratie/bourget-presse-journalisme-histoire-catastrophe/ URL de cet article 37472
https://www.legrandsoir.info/la-presse-est-morte-vive-la-presse.html

♦ L’opération Zemmour-Macron et le grand remplacement de l’extrême droite


L’opération Zemmour-Macron
et le grand remplacement de l’extrême droite
(Youssef Hindi)

Le spectacle pré-électoral commence, et les grandes manœuvres en coulisse qui l’ont précédé sont occultées par ce brouhaha médiatique.
Hier propulsée par son père à la tête du Front national au détriment de Bruno Gollnisch [1] et promue par l’appareil médiatique, Marine Le Pen est aujourd’hui marginalisée par ces mêmes médias qui organisent, pour le compte de l’oligarchie, son grand remplacement par Éric Zemmour.

Mais ce n’est que la partie émergée d’une vaste opération du Système visant à renouveler son bail et faire réélire le golem attalien, Emmanuel Macron, lequel suscite une colère populaire sans précédent, et qui se vérifie à chacune de ses sorties publiques (gifle, jet d’œuf, insultes…).

Toutes ces agitations, ces ombres projetées sur vos écrans, ces informations superficielles, ces unes de journaux, les photos de vacances de Zemmour avec Sarah Knafo (alias l’Esther de l’extrême droite), visent plusieurs objectifs, excepté vous faire comprendre les dessous de la politique…

Prospective : les analyses du passé éclairent le présent et le futur

Afin de donner au lecteur une vision diachronique des manœuvres de l’appareil politico-médiatique, je vais reprendre ici mon analyse prospectiviste là où je l’ai laissée au sortir des élections présidentielles de 2017 ; car ce qui se met en place actuellement est précisément la réalisation de ce que j’annonçais il y a un peu plus de quatre ans.

En effet, dans un article du 29 mai 2017, intitulé La mort des idéologies modernes et des partis politiques [2], j’annonçais plusieurs choses :

- l’implosion du Front national en deux partis distincts : un parti gaullo-chevènementiste à la tête duquel on aurait un Florian Philippot (quatre mois plus tard il fondait son parti politique Les Patriotes) ; et un parti néoconservateur identitaire et libéral sur le plan économique.

- que Zemmour œuvrait à la neutralisation d’une partie de la France de droite, identitaire et catholique par la création de ce futur parti néoconservateur, identitaire et libéral, en opérant une union des droites par une jonction entre ce qui restera de LR et du RN. La double OPA de Zemmour sur LR et le RN est en cours alors que je rédige ces lignes. [3]

- que Marion Maréchal Le Pen – la petite-fille de Jean-Marie et la nièce de Marine – pourrait revenir en politique jouer le rôle d’égérie de cette future formation politique. Ceci semble se confirmer. Le 24 septembre 2021, Marion Maréchal Le Pen était avec Éric Zemmour en Hongrie, tous deux invités au rassemblement nationaliste européen par le Premier ministre Viktor Orbán. Marine Le Pen, tout de même à la tête d’un des plus importants partis politiques de France, n’a pas reçu d’invitation. Et Zemmour a rencontré Viktor Orbán à sa place.

J’ajoutais, toujours dans cet article du 29 mai 2017, que Jean-Luc Mélenchon jouait à gauche le même rôle que Zemmour à droite, en précisant qu’ils avaient un ami et conseiller commun, Patrick Buisson. L’union du duo Zemmour/Mélenchon, qui tous deux ont pour rôle de repolariser le spectacle politique, a été officialisé le 23 septembre 2021 par la télévision du milliardaire israélien Patrick Drahi, BFM TV, qui a organisé un débat au format « élections présidentielles », minutés. Là encore, cela a été une façon d’exclure Marine Le Pen et de la remplacer par Zemmour.

Mais comment l’extrême droite en est arrivée là ? Comment est-elle passée du leadership du menhir breton, l’homme du point de détail, à accepter de suivre un petit juif berbère algérien, la synthèse de tout ce qu’ils vomissent ?

Dédiabolisation : Marine Le Pen tue le père et se « met à jour sur la Shoah »
pour faire plaisir au CRIF

Alors qu’elle s’apprêtait à prendre la tête du Front national, en 2011, le meurtre politique de Marine Le Pen et la destruction du FN était déjà programmés. Les médias encensaient Marine (tout comme son père d’ailleurs), qui la présentaient comme plus talentueuse que Jean-Marie Le Pen, capable de réussir là où il avait échoué. [4]

En réalité, sa mission principale, qu’elle a accompli avec succès, était de tuer le père, ce qu’il incarnait, et vider le Front national de sa substance, de ce qui faisait sa raison d’être. Le Front national agrégeait l’électorat déçu des partis politiques traditionnels. Ce que n’a pas compris Marine Le Pen, qui s’est suicidée en se normalisant au point de ressembler à LREM. Mais le théâtre politique n’a pas besoin d’un Macron bis ; d’où son remplacement par Zemmour, mais nous y reviendrons.

Les questions qui nous intéressent pour le moment sont les suivantes : QUI a soufflé à l’oreille de Marine Le Pen que son salut et celui du FN passaient par la dédiabolisation ? QUELLES étaient les conditions de la dédiabolisation ?

Pour éviter les procès d’intention et d’arrière-pensées, je vais citer un article du 1er avril 2016 publié dans le journal L’Express – autre propriété de Patrick Drahi – qui nous dit tout ou presque. Le titre de l’article et son chapeau désignent ceux à qui il faut plaire pour être admis dans l’arc républicain :

« Comment Marine Le Pen cherche à séduire la communauté juive
Le soutien de la communauté juive, par sa puissance symbolique, est un enjeu majeur de la dédiabolisation du FN. Sa présidente travaille au corps les réseaux pour être un jour reçue avec les honneurs en Israël. » [5]

Marine Le Pen prend la tête du Front national le 16 janvier 2011. Elle dîne en tête-à-tête à ce moment-là avec un des représentants d’Israël en France, Gilles-William Goldnadel, qui lui demande « sinon de tuer le père, au moins de se mettre à jour avec la Shoah. Ce fut chose faite lors d’une interview donnée au Point en février 2011, dans le mois qui a suivi son accession à la tête du Front national, où elle qualifie les crimes nazis de « summum de la barbarie ». Depuis, c’est avec la communauté elle-même que la fille de Jean-Marie Le Pen souhaite se mettre à jour, en tentant de consolider ses réseaux. Tous azimuts. »

À en croire L’Express, il existe donc bien de puissants réseaux juifs qui exercent une influence sur la politique française.

Goldnadel n’est pas le seul représentant de la communauté juive organisée à avoir travaillé au corps Marine Le Pen qui courait comme un âne derrière l’inatteignable carotte de la respectabilité :

« Olivier Rafovitch, ancien porte-parole de Tsahal, proche de l’ex-ministre israélien d’extrême droite Avigdor Lieberman, participe aussi à ce mouvement. « Ici, Rafovitch répète partout qu’il ne faut pas condamner Marine Le Pen », raconte le journaliste Jacques Benillouche, installé depuis 2007 à Tel-Aviv. Rafovitch a par ailleurs pour ami Guy Millière, un très prolifique contributeur de Dreuz.info, un site francophone du courant néoconservateur israélien, souvent conciliant avec les prises de position de Marine Le Pen. »

La franc-maçonnerie juive, le B’nai B’rith (« Les fils de l’alliance » en hébreu) était également à la manœuvre pour normaliser/dissoudre le Front national :

« De manière moins voyante, Richard Abitbol joue aussi un rôle dans la dédiabolisation. L’homme dirige la Confédération des juifs de France et amis d’Israël, mais également une loge du B’nai B’rith – sorte de franc-maçonnerie juive -, la loge Deborah Sam Hoffenberg. Abitbol aurait déjà rencontré Marine Le Pen à plusieurs reprises et, si Bruno Gollnisch le cite régulièrement sur son blog, cela ne doit rien au hasard.
Dans un texte publié en 2015 sur le site de sa Confédération, Richard Abitbol, applaudissant le laïus de Roger Cukierman sur l’irréprochabilité de Marine Le Pen, écrit : « Le passage à l’acte du vote Front national n’est plus un sacrilège !!! » »

« Sacrilège » ? C’est donc le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui dit le vrai et le faux, le bien et le mal, en République française ? Il se serait substitué à l’Église ?

Le président du CRIF, Roger Cukierman, a fait momentanément miroiter à Marine Le Pen l’ouverture des portes de l’arc républicain dont il aurait les clefs. Mais la présidente du FN ne comprenait pas qu’elle était méthodiquement ballotée, secouée, elle et son parti dans un tamis, afin qu’elle aille de concession en concession, jusqu’à réduire au néant tout ce qui faisait l’attrait du parti de son père. Et finalement, Roger Cukierman, le Caïphe de la République qui s’est substitué au pape, a changé d’avis :

« Échouant à dépasser le stade des débauchages individuels, le FN peine toujours, en 2016, à obtenir un assentiment officiel, institutionnel. Marine Le Pen est une fois de plus restée à la porte du dîner annuel du CRIF au début de mars. Plus dommageable, son président, Roger Cukierman, semble revenir sur ses propos conciliants en multipliant les déclarations hostiles à l’égard de Marine et Marion Le Pen : « Nous devons être exemplaires et sans faille dans le rejet des héritières de Jean-Marie Le Pen », a-t-il attaqué lors du dîner. »

Il s’agit de détruire la maison Le Pen comme doit l’être celle d’Edom (Rome) ; la communauté juive organisée ne raisonne pas exclusivement en termes de tactique politique mais selon une doctrine religieuse.

Marine a été utilisée contre son père, qu’elle a exclu de son propre parti, et Marion contre sa tante, qu’elle trahie à son tour au profit de Zemmour. Pourquoi vouloir se débarrasser de la fille et de la petite-fille Le Pen (après utilisation) alors qu’elles sont aussi soumises que des esclaves ?

Parce qu’il faut par principe détruire tout ce qui peut raviver le souvenir du patriarche Le Pen, ce qu’il représente. La maison Le Pen, française de souche, doit être réduite au néant, comme si elle n’avait jamais existé. Et parce que dans le religion juive, les enfants sont tenus responsables des méfaits de leurs aïeux sur plusieurs générations :

« Yahvé poursuit le méfait des pères sur les enfants, sur les petits-enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième descendance. » (Exode 34, 6-7)

D’où la déclaration de Cukierman sur « le rejet des héritières de Jean-Marie Le Pen ». Et les deux traîtresses à leur propre famille, Marine et Marion, se crêpent le chignon pour savoir laquelle des deux sera la première à se prosterner devant Israël, à Yad Vashem :

« Pas de pèlerinage en Terre sainte pour Marine Le Pen ; pas question pour la présidente du Front national de laisser la place aux autres pour autant. Quand, en janvier 2016, au sortir d’un déjeuner de presse, a fuité dans Le Monde la rumeur d’un prochain déplacement de Marion Maréchal en Israël, sa tante a piqué une familière colère. Les mails échangés avec sa nièce, laquelle lui indique l’avoir déjà prévenue de ce projet par ailleurs peu imminent, n’y changent rien. Dans l’entourage de la députée, on a compris que la première Le Pen à visiter Yad Vashem, le bouleversant mémorial de la Shoah à Jérusalem, ne devait pas être Marion. »

Marine lâchée par Goldnadel, son conseiller en dédiabolisation,
au profit de Zemmour

Marine Le Pen faisait face à quelques good cops, comme Goldnadel (ancien membre du comité directeur du CRIF) ou Abitbol, et les bad cops, Cukierman, la LICRA et tous les intellectuels juifs de gauche. Goldnadel peut ainsi dire qu’il aura fait tout son possible pour faire accepter la goya Marine :

« ‘‘Il faut reconnaître que c’est plutôt Israël qui fait la gueule’’, explique Gilles-William Goldnadel, dont la vie se partage entre Paris et Tel-Aviv. C’est une connerie de ne pas recevoir Marine Le Pen. Israël ne manque pas d’ennemis, mais le gouvernement Netanyahou a peur de la réaction de la communauté juive organisée française. » »

Pourtant Marine y croyait, naïvement. Elle confiait au journaliste Jacques Benillouche que :

« Le jour où on comprendra que des juifs nous soutiennent, on aura gagné la dédiabolisation. »

Et ce sont ceux-là mêmes qui l’ont poussée vers la dédiabolisation, contre son père, qui la trahissent maintenant au profit de Zemmour. C’est le cas de Robert Ménard, qui a d’ailleurs pour avocat Goldnadel, qui compte parmi ses clients Florian Philippot [6], lequel a été de ceux qui ont œuvré à l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti qu’il a fondé. [7]

Goldnadel, qui a été le conseiller en dédiabolisation de Marine Le Pen, a torpillé cette dernière sur CNews le 23 septembre 2021 avec l’aide d’une autre représentante de la communauté juive organisée, Élisabeth Lévy, ainsi que le très servile Pascal Praud (salarié du protecteur de Zemmour, Bolloré).

« Le problème que rencontre Marine Le Pen, explique Goldnadel, c’est qu’elle a la double peine. D’une part, elle a mis de l’eau dans son vin jusqu’à tolérer l’intolérable Cour européenne des droits de l’homme, pour quelqu’un qui n’est pas européiste, c’est vraiment manger son chapeau, et en même temps elle paye quand même le fait de s’appeler Le Pen. »

« Ça c’est vrai » abonde Élisabeth Lévy qui vient d’une famille où « on pratique le pilpoul, cet usage hérité de l’étude talmudique devenue au fil des siècles un jeu et une gymnastique d’esprit.  » [8]

On en revient encore à cette culpabilité héréditaire du yahvisme. Pour ces gens-là, qui ne sont toujours pas sortis de l’archaïsme tribal, la responsabilité individuelle n’existe pas ; une famille, un peuple, un pays, une civilisation est coupable ad vitam æternam des « fautes » et « crimes » de leurs aïeux, de leur concitoyens et coreligionnaires.

Et Goldnadel de poursuivre :

« Raison pour quoi par exemple un Ciotti a moins de surmoi pour dire au deuxième tour je voterai Zemmour que de voter Le Pen. C’est cruel, c’est injuste, mais c’est un fait que je constate. Donc, bien entendu, elle a un gros cailloux dans sa chaussure. »

Et pour enfoncer le clou de la moquerie, Goldnadel conclut son propos ainsi :

« Je voulais dire, à propos de Marine Le Pen, son calcul de la dédiabolisation n’était valable qui si un autre diable ne sortait pas de la boîte. » [9]

Sous-entendant que la dédiabolisation était une erreur, puisqu’elle laissait la place vacante à un remplaçant de Jean-Marie Le Pen et de Marine, en l’occurence Éric Zemmour.

Mais ce qu’oublie de rappeler Goldnadel, c’est qu’ils étaient, lui et une partie de la communauté juive organisée, à l’origine de la dédiabolisation, ils en étaient les artisans. Dédiabolisation qui s’est avérée être un piège mortelle pour Marine Le Pen et le FN/RN.

Finalement, pour se venger de sa fille traîtresse, le père Le Pen a déclaré, lors d’un entretien publié par Le Monde le 2 octobre dernier, qu’il soutiendrait Zemmour si ce dernier était le candidat du camp national. [10]

Résumons : la fille trahit le père sur ordre de la communauté organisée ; la nièce trahit la tante pour faire plaisir aux mêmes ; et le grand-père valide ceux qui ont organisé son éjection en utilisant sa fille. Ainsi disparut la maison Le Pen.

« Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. » (Marc 3 : 24-25)

Robert Ménard, le cheval de Troie à la manœuvre
pour grand-remplacer l’extrême droite

Le maire de Béziers et ancien secrétaire général de Reporters sans frontières – qui a été financé par George Soros et la CIA [11] – fait partie de ceux qui travaillent au grand remplacement de Marine Le Pen, et à l’organisation de l’union des droites autour de d’Éric Zemmour.

Je rappelle que Robert Ménard est celui qui, entre les deux tours de la présidentielle de 2017, attaquait, comme le faisait Zemmour, le programme économique de Marine Le Pen, la candidate que Ménard devait soutenir, en principe, puisqu’il a obtenu la marie de Béziers grâce au Front national. Au lieu de cela, Ménard déclarait sur France Inter le 4 mai 2017 :

« Je suis contre la sortie de l’euro, c’est un de mes désaccords avec le Front national, comme je suis contre la sortie de l’Union européenne. Je trouve que ce n’est pas la bonne solution, qu’on a bien d’autres problèmes qu’on peut régler sans sortir de l’euro. »

Plus récemment, le 11 mars 2021 au micro d’André Bercoff, à l’antenne de Sud Radio, Robert Ménard s’est dit être à la recherche du « candidat qui incarnerait une droite audacieuse, pas rétrograde, mal élevée, qui ne manque pas de panache, qui sache nous parler de la France. »

Mais il a tout de même tenu à rassurer l’oligarchie qui tient la France ; il a affirmé ne pas être opposé à la politique économique destructrice menée par Emmanuel Macron. Il a également précisé que sa femme, Emmanuelle Ménard, députée, a voté pour la réforme macronienne de la SNCF. [12]

Pour Robert Ménard et son champion Éric Zemmour, point de souverainisme économique. Pas un mot sur les Gilets jaunes éborgnés et emprisonnés, pas un mot sur le confinement et la fermeture des restaurants et commerces, pas un mot sur l’appauvrissement des Français, et rien non plus sur les paysans qui se suicident.

Toujours au micro de Bercoff, Robert Ménard a fait mine d’être perplexe en évoquant une éventuelle candidature d’Éric Zemmour :

« C’est un journaliste de talent, cultivé », mais « est-ce que de tout ça on peut faire un homme politique ? », estimant Zemmour « plus utile en faisant entendre un autre son de cloche sur CNews que dans l’arène politique ».

Toutefois, les propos du maire de Béziers contrastent avec son rôle en coulisse. En effet, une enquête de L’Express publiée le 11 février 2021 révèle que Robert Ménard était en 2020 déjà très actif pour convaincre Zemmour de se présenter à la présidentielle de 2022 :

« À l’automne 2020, les questions du polémiste se sont faites plus précises. « On s’organiserait comment pour récolter les signatures d’élus ? Pour le financement ? » demande-t-il au maire de Béziers, Robert Ménard, au détour d’un café dans une brasserie parisienne du XVIIe arrondissement. L’ancien secrétaire général de Reporters sans frontières sort de là avec le sourire jusqu’aux oreilles : ce partisan de l’union des droites, critique infatigable de Marine Le Pen, fait partie de ceux qui poussent activement Zemmour à se lancer en politique. Les deux hommes ont décidé d’échanger au moins une fois par mois. « Je ne l’ai jamais senti aussi près de franchir le pas qu’aujourd’hui », se félicite Ménard. En coulisses, l’élu biterrois tente de fédérer des soutiens parmi ceux qui veulent à tout prix éviter un match retour entre la présidente du Rassemblement national et Emmanuel Macron en 2022. » [13]

Le 8 septembre 2020, Ménard organise à Paris un déjeuner confidentiel près du Trocadéro. Autour d’Éric Zemmour, le maire de Béziers a invité Jacques Bompard, maire d’Orange, et son directeur de la communication, Joseph-Marie Joly. « L’objectif premier du déjeuner était de le convaincre d’y aller », raconte ce dernier. « Les convives n’ont pas besoin d’attendre le dessert pour constater que leur entreprise est plutôt bien reçue ».

L’union des droites en marche

L’éditorialiste du Figaro a ensuite rencontré les chefs de partis de droite en vue de 2022. Le 5 février 2021, Zemmour rencontrait un des candidats à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, qui lui demande :

« Est-ce que tu veux y aller ? Si oui, on avisera. Il faudra qu’on prenne une décision en laissant notre ego de côté. »

Précisons que ces deux-là sont des « amis de trente ans », et que Dupont-Aignan, crédité de 7 % d’intentions de vote, est certes un petit candidat, mais ajouté aux 13 % (il est monté magiquement à 15 % ces derniers jours) potentiels de Zemmour, il pèse dans la balance. Il est possible que Nicolas se retire au profit d’Éric, moyennant un arrangement.

Quelques jours auparavant, fin janvier, Zemmour rencontrait Laurent Wauqiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et ancien patron des Républicains (LR). Un proche de ce dernier rapporte :

« Éric Zemmour n’a pas essayé d’enrôler Laurent, et vice-versa. »  [14]

Le tapage médiatique et les sondages gonflés ont pour objectif de faire monter Zemmour et de l’imposer comme leader de la droite. Un message de l’oligarchie envoyé aux chefs des partis de droite – sans parler des tractation en coulisse – pour qu’ils se rallient à lui. Une façon d’impressionner et d’affaiblir Marine Le Pen et de faire pression sur elle. Le 22 septembre dernier, Jean-Frédéric Poisson s’est dit « prêt à effacer » sa candidature derrière celle de Zemmour. [15]

En somme, l’opération consiste à établir une union des droites pour siphonner partiellement l’électorat du parti politique de Marine Le Pen. L’idée est de réitérer l’exploit de Nicolas Sarkozy qui avait, grâce à Patrick Buisson, attiré à lui une partie de l’électorat du Front national en 2007. Mais cette fois-ci il s’agit de détruire le RN et Marine, et, à partir des ruines du parti fondé par Le Pen père et de LR, construire un parti ou un mouvement de droite, néoconservateur et libéral, enterrant définitivement le gaullisme et toute idée de sortie de l’OTAN, de l’UE et de l’euro. Il ne restera que la lutte verbale contre l’immigration et le discours obsessionnel anti-islam.

L’idéal pour Zemmour serait un désistement de Marine Le Pen à son profit. Mais ce n’est pas une mince affaire. Il faut lui faire suffisamment peur et lui proposer un arrangement avantageux. Car, quelle que soit sa décision, l’élection de 2022 l’achèvera politiquement – elle agonise depuis son débat face à Macron en 2017. Et c’est le rôle de Ménard que de la faire plier. Le 15 février 2021, cet ancien agent des États-Unis reconverti dans le souverainisme rencontrait Marine Le Pen avec qui il a eu un échange « paisible ». Il s’agissait « d’oublier un peu les rapports exacerbés, passionnels, et les propos qui pouvaient être tenus de part et d’autre un peu désagréables, pour essayer de voir comment on pouvait parler politique et faire des choses ensemble », a déclaré le maire de Béziers. Et d’ajouter :

« Ça ne gomme pas les désaccords sur les questions économiques – nous on a une vision plus libérale de l’économie, moins étatiste – mais ça ne nous empêche pas de faire du travail ensemble. »

Durant cette discussion, Ménard a fait part à Marine Le Pen des « qualités » de son remplaçant, Éric Zemmour, qui selon le maire de Béziers, aurait tout d’un coup « plus envie qu’avant » d’être candidat à la présidentielle, mais qu’il ne voulait pas porter tort à Marine, qui devrait être au second tour d’après les sondages du premier trimestre 2021. Ménard a confié à l’AFP que la « présence d’Éric Zemmour » dans la course présidentielle était « souhaitable pour Marine Le Pen parce qu’il est capable d’attirer à lui des gens qu’elle n’est pas capable d’attirer. » [16]

Ménard, qui joue manifestement le rôle du petit télégraphiste au service de Zemmour et de ses patrons, a fait passer le message suivant à Marine Le Pen : soit elle se rallie au chroniqueur politique de CNews (qui n’a rien fait de sa vie sinon du bavardage et du plagiat [17]), soit elle subira des humiliations répétées venant de Zemmour et de toute la meute médiatique derrière lui tout au long de la campagne, pour l’empêcher au final, peut-être, d’accéder au second tour.

Du point de vue de Zemmour et de ses patrons, Marine Le Pen est un énorme caillou dans leur chaussure, qui refuse de s’écarter au premier claquement de doigts. Les sondages qui donnaient Marine Le Pen au coude à coude avec Emmanuel Macron expliquaient également l’agitation de Ménard, messager du camp Zemmour, en février dernier.

« Si Marine Le Pen a beaucoup de chances pour 2022, les ardeurs en faveur d’Éric Zemmour pourraient se rafraîchir », déclarait Paul-Marie Couteaux qui accompagne Zemmour dans cette aventure. Mais si les sondages plafonnent à 40 %, Éric Zemmour « a des chances de se présenter » ajoutait-il.

Le 2 mars 2021, Marine Le Pen disait ne pas croire en la candidature de Zemmour. [18] Mais le tapage médiatique dont bénéficie son remplaçant au point d’occulter son existence politique doit la faire sérieusement réfléchir aujourd’hui.

L’opération Zemmour-Macron était prévisible

L’opération Zemmour-Macron était prévisible. En 2020, avant que la candidature de Zemmour au mandat suprême ne soit envisagée, j’ai expliqué à plusieurs reprises, notamment lors d’une interview accordée à Rivarol le 12 novembre 2020 [19], qu’Éric Zemmour et ses camarades néoconservateurs travaillaient déjà à la réélection d’Emmanuel Macron. Un Macron transfiguré, disais-je, un Macron néoconservateur qu’on nous présentera comme néo-souverainiste. Et j’ajoutais que l’argument de Zemmour serait le suivant :

« J’ai été finalement entendu, le réel a donné raison à mon discours, et je me réjouis de voir le Président y adhérer… »

C’est précisément ce qui est en train de se produire. Et cela vient de s’illustrer à l’occasion de l’affaire des visas. Emmanuel Macron décide de réduire de 50 % le nombre de visas octroyés aux Maghrébins (-50% pour les Marocains et Algériens, et -30 % pour les Tunisiens), et ce sous l’influence d’Éric Zemmour qui a révélé que Macron lui avait demandé au téléphone de lui rédiger une note sur l’immigration. [20]

Près d’un an après ma prédiction, Zemmour s’est félicité, dans une vidéo du 28 septembre 2021, d’avoir inspiré Macron :

« Soudain, le gouvernement modéré d’Emmanuel Macron adopte les méthodes des “extrémistes”. En l’occurence, de réduire le nombre de visas qu’on accorde aux ressortissants des pays qui ne veulent pas reprendre leurs illégaux. Très bien. On attendra que cette mesure soit effectivement mise en œuvre, mais au moins sur le principe on félicite Gabriel Attal et Emmanuel Macron. Mais, puisque maintenant, j’ai été consacré par Gabriel Attal inspirateur de la politique d’Emmanuel Macron, donc je vais être généreux avec lui et je vais lui donner d’autres mesures pour réduire les flux migratoires et renvoyer les illégaux qu’on ne renvoie jamais… » [21]

Le but de la manœuvre zemmourienne, je le répète, c’est de faciliter la réélection de Macron en affaiblissant Marine Le Pen par le siphonnage d’une partie de son électorat (comme jadis Sarkozy), pour s’assurer qu’elle n’arrive pas au second tour ; et quand bien même elle serait au second tour face à Macron, Zemmour pourrait appeler à voter pour le président sortant en arguant qu’il l’a influencé et que Marine Le Pen est une incompétente incapable de diriger un État. Autre scénario, Marine Le Pen se désiste au profit de Zemmour qui devient le candidat de l’union des droites et principal opposant de Macron. Un opposant-allié qui fait opérer au président réélu un tournant droitier qui satisfera le bourgeois. Emmanuel Todd parlait de macro-lepenisme, il faudra parler demain d’un macro-zemmourisme.

Pour ce faire donc, Zemmour doit prétendre rassembler les droites, leur leader, pour créer un grand parti ou un mouvement opérant la jonction entre l’électorat du RN et de LR. La condition étant la destruction de ces deux partis, avant ou après l’élection, peu importe.

Lors d’une interview accordée le 27 septembre 2021 à Sud Radio, Zemmour disait que son objectif était de faire renaître le RPR, c’est-à-dire opérer la jonction entre l’électorat de LR et celui du RN :

« Le RPR c’était une synthèse entre les classes populaires de droite, qui ne votaient pas pour les communistes, et la bourgeoisie. Entre le petit artisan, le petit commerçant et les grands commis de l’État, ce qu’on appelle aujourd’hui les technocrates. À l’époque, c’était positif, il y avait cette alliance. C’était ça le RPR. » Et aujourd’hui, ajoute Zemmour, le problème c’est que « vous avez les classes populaires qui votent Rassemblement national, vous avez les bourgeois CSP+ et les retraités qui votent LR. L’un et l’autre séparés ne peuvent pas gagner. Donc il faut rassembler, refaire le RPR sociologiquement. » [22]

Or Zemmour, favorable à l’euro, à l’Union européenne et au pass sanitaire, ne peut être le candidat des classes populaires.

D’ailleurs, mon analyse du rôle de Zemmour, en tant que soutien de Macron et agent de déviation de la colère populaire contre l’oligarchie, vient d’être confirmée par le politologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie, lors d’un entretien accordé à L’Opinion le 30 septembre 2021, où il explique qu’une candidature Zemmour renforcerait « mécaniquement » Emmanuel Macron :

« Dans les derniers sondages Marine Le Pen conserve un soutien très fort parmi les classes populaires, et notamment chez les ouvriers : plus de 40 % d’entre eux votent Le Pen au premier tour, contre seulement 3 % des cadres. Cette baisse très sensible de Marine Le Pen chez les cadres, correspond à leur départ chez Éric Zemmour. L’initiative de ce dernier vise à ressusciter le clivage gauche-droite à la place du clivage bloc élitaire/bloc populaire qui a structuré le quinquennat jusqu’à présent. Cette tentative peut-elle réussir ? On n’a pas encore abordé les thèmes économiques et sociaux, Éric Zemmour s’en tient à grande distance. Par ailleurs, les classes populaires se politisent plus tard que les autres, généralement en février. On est donc dans un moment où on a l’impression que ces lignes-là sont troublées et que la gauche et la droite retrouvent droit de cité. Je ne suis pas sûr du tout que cela se confirme…
À terme, le destin d’Éric Zemmour sera de contenir le score de la droite classique, puisqu’il a un programme économique, social et identitaire qui correspond à la frange de la droite qui a voté Villiers ou Fillon. » [23]

Les laissés pour compte du macro-zemmourisme seront les catégories populaires et les classes moyennes qui n’auront pas d’autre choix que de recourir à la violence politique pour se faire entendre. D’autant plus que la disparition du RN laisserait les catégories populaires sans parti politique faisant encore mine de les représenter. Il n’y aura plus de soupape politicienne et électorale.

Zemmour : le candidat anti-Système soutenu par toute l’oligarchie,
de Bolloré-Goldschmidt au New York Times

Depuis la rentrée 2019, Éric Zemmour est omniprésent dans les médias, tandis que l’on entendait rarement parler de Marine Le Pen. Tout porte à croire que l’opération pour préparer le lancement de Zemmour dans la course à la présidentielle a démarré il y a deux ans. Aujourd’hui les chaînes de télévision, les journaux et les radios ne parlent plus que de lui tandis qu’il se dit censuré. Ce type d’opération promotionnelle et politique est décidée en haut lieu.

Zemmour est propulsé par le milliardaire sarkozyste Vincent Bolloré-Goldschmidt, propriétaire du groupe Canal+. L’éditorialiste fait sa rentrée sur CNews avec son émission propre, Face à l’info, le 14 octobre 2019. Il occupe depuis lors l’espace médiatique comme jamais.

Huit mois plus tôt, le 6 février 2019, le New York Times lui consacrait vingt pages entières. Ce grand journal central de la gauche juive américaine [24], lu dans tout le monde occidental (imprimé à 1 160 000 exemplaires et ayant 5 millions d’abonnés), dressait un portrait valorisant de Zemmour, le présentant comme une sorte de leader de la droite conservatrice :

« L’historien pop Éric Zemmour s’est imposé comme un évangéliste de la culture française – avant de devenir une force directrice de la droite conservatrice. »

L’affirmation du New York Times est erronée, Zemmour ne s’est pas imposé, il a été imposé par les milliardaires et oligarques « français » qui le tiennent à bout de bras.

Le candidat Zemmour soutenu par des macroniens,
des sarkozystes et des banquiers de Rothschild

L’équipe de campagne, l’identité et le pedigree de ceux qui entourent Zemmour valident complètement mon analyse du rôle de ce dernier.

Libération rapporte que le programme présidentiel de Zemmour serait presque finalisé, « alimenté par des notes de diverses personnes dont on ne sait pas grand-chose, comme ce Jonathan N., un jeune banquier de chez JP Morgan, encore un proche de Sarah Knafo, qui demande à garder son nom secret. »

Celui dont le journal appartenant à Édouard de Rothschild et Patrick Drahi tait le nom de famille s’appelle Jonathan Nadler, banquier chez JP Morgan qui est passé par la banque Rothschild. L’autre personnage clef dont la presse a tu l’existence est Julien Madar [25]. C’est le rédacteur en chef de Faits & Documents, Xavier Poussard, qui a dévoilé au public l’existence de ce pilier de la campagne zemmourienne. Julien Madar vient également de la banque Rothschild et il s’occupe de la levé de fonds pour la campagne de Zemmour.

Julien Madar, qui ne voulait pas que son nom apparaisse, a finalement été interrogé par Radio France, et il a admis :

« Jonathan Nadler gère la cellule économique. Je discute avec lui. »

Et Radio France confirme les informations révélées par Xavier Poussard :

« Selon un proche d’Éric Zemmour, les rôles seraient en fait bien répartis. Julien Madar dirigerait la partie opérationnelle du financement de ce qui s’apparente à une précampagne, tandis que Jonathan Nadler se concentrerait plutôt sur le programme économique. Jusqu’ici ces deux hommes le faisaient en toute discrétion, la question des finances reste taboue dans l’entourage d’Éric Zemmour. Ils préfèrent rester dans l’ombre, et laisser la lumière médiatique aux réseaux traditionnels de financements de la droite nationale. Notamment à l’entrepreneur ultralibéral et identitaire Charles Gave, qui pourrait quant à lui faire profiter Éric Zemmour de son carnet de chèques et de son réseau londonien. » [26]

En somme, le bourgeois catholique, « Charles Gave le financier d’extrême droite qui roule pour Zemmour » [27] (titre d’un article de Libération), doit jouer le rôle de bouc émissaire, porter le chapeau du zemmourisme, être traîné dans la boue publiquement, tandis que les banquiers issus de la communauté de Zemmour, ses véritables appuis, sont préservés.

Autres soutiens de Zemmour, l’imprimeur Gilbert Caron qui devrait fournir les clips de campagne, et le publicitaire Daniel Kazan, ex-directeur créatif chez Apple, qui s’est dit disponible pour « donner un coup de main » car « la nation a besoin qu’il se passe quelque chose ».

Un autre publicitaire, Frank Tapiro, inventeur de slogans pour Sarkozy en 2007, qui a soutenu Macron, apporte son aide à Zemmour :

« Je lui donne des conseils d’ami. Je le soutiendrai quoi qu’il fasse. Même si j’ai soutenu Macron, et que je suis tiraillé entre Pécresse et Bertrand. Ça manque d’offre politique aujourd’hui, Zemmour peut faire un électrochoc et en plus torpiller Marine Le Pen. »

Tapiro a au moins le mérite d’être clair. Ceux qui soutiennent Zemmour sont les mêmes qui sont derrière Macron. Zemmour compte aussi dans son équipe Nicolas Zysermann, le trésorier de l’association Les Amis d’Éric Zemmour, qui était en 2016 référent des Jeunes avec Macron, dans une université canadienne.

Dans un article du 8 juillet 2021, La Lettre A (LLA) – publication électronique d’informations politiques et économiques – a rapporté qu’Éric Zemmour a rencontré, lors d’un dîner au mois de juin 2021, quatre grands patrons, dans le cadre du lancement de sa campagne présidentielle. Au dîner était présent Henri de Castries, président-directeur général d’Axa de 2000 à 2016, administrateur de Nestlé et de HSBC, ancien président de l’Institut Montaigne, et président du comité de direction du groupe Bilderberg (le célèbre club de l’oligarchie occidentale) depuis 2012.

« Invité à titre personnel par un ami commun, le patron de l’Institut Montaigne réfute tout ralliement, mais justifie la rencontre. « Je ne crois pas que le fait d’échanger courtoisement sur des désaccords assez profonds puisse être interprété comme un ’éventuel rapprochement’ », précise Henri de Castries, qui fut un soutien actif de François Fillon en 2017 et ne trouve aucun candidat de son cœur au sein de la famille élargie des Républicains (LR). »

Également présent, Godefroy de Bentzmann, président du Syntec Numérique depuis 2016 et coprésident de Devoteam. Il est venu au dîner avec son frère Stanislas de Bentzmann, qui dirige avec lui la société de conseil en innovation dont le chiffre d’affaires était de 760 millions d’euros en 2020. Ce dernier avait financé en 2018 le site Atlantico à hauteur de 500 000 euros (LLA du 18/06/18). « Le duo ne dément pas sa participation, tout comme Nicolas de Tavernost », PDG du groupe M6 qui faisait partie des convives. Nicolas de Tavernost pourrait d’ailleurs devenir le PDG du groupe TF1 après la fusion des deux groupes pilotant respectivement M6 (Bertelsman) et TF1 (Bouygues). [28]

Lors de cette rencontre, Éric Zemmour a tenu a rassurer ces grands patrons en leur confirmant qu’il ne défendra pas les intérêts du peuple et occultera les ennemis des Français en parlant d’islam :

« On ne peut pas, leur dit Zemmour, ouvrir cinquante chantiers en même temps. Si j’arrive au pouvoir, c’est pour traiter un sujet : le choc des civilisations. Sur l’économie, ce ne sera pas la révolution. » [29]

Philippe Izraelewicz, ex-LR et soutien actif de Zemmour, le confirme :

« Ce qui est sûr, c’est qu’il est contre la sortie de l’Union européenne et de l’euro. » [30]

En mars 2021, un soutien de Zemmour assurait que Vincent Bolloré-Goldschmidt s’intéressait au financement de la future campagne de son protégé. [31]

Et comme le précise La Lettre A, « pour Éric Zemmour, l’enjeu de ces agapes est sans doute en partie financier alors que l’association Les amis d’Éric Zemmour vient d’obtenir l’agrément pour récolter des dons. Au-delà de leur côté informel, ces rencontres revêtent une symbolique plus politique. Son entregent lui permet de se distinguer de Marine Le Pen – encore rejetée par les réseaux du CAC 40 et les syndicats patronaux. » [32]

Conclusion

L’effondrement des partis politiques, subséquent à la mort des idéologies structurantes, à laissé apparaître le clivage fondamental de la société française, à savoir l’opposition entre peuple et oligarchie. Une oligarchie qui a investi les organes de l’État et l’a transformé en système politique totalitaire, tyrannique ; utilisant la police comme une milice dans sa guerre privée menée contre le peuple.

L’opération Zemmour-Macron consiste à donner l’illusion de la recomposition du clivage politique gauche/droite. Débarrassée de l’extrême droite goy et de tout son héritage, la nouvelle droite, appuyée par la finance internationale et représentée par Zemmour, influencera Macron, ramené sur des positions néoconservatrices. C’est la naissance du macro-zemmourisme, qu’on devrait plutôt appeler le macro-sarkozysme.

Cette reconfiguration politique qui consiste à renouveler le bail du Système accentuera l’opposition oligarchie/peuple car les catégories populaires, la France périphérique et les classes moyennes paupérisées n’auront définitivement plus de représentant politique prétendant défendre leurs intérêts. Zemmour comme Macron valident l’euro, l’Union européenne, l’OTAN, la financiarisation de l’économie (sur laquelle Zemmour ne dit plus mot puisqu’il est soutenu par des banquiers), la tyrannie, le pass sanitaire et tout ce qui s’en suivra.

La violence politique augmentera alors en intensité et la désignation de l’ennemi principal (les faux opposants compris) sera facilité. Youssef Hindi

Notes

[1https://www.europe1.fr/politique/Ma… https://www.lepoint.fr/politique/ma… https://www.lefigaro.fr/politique/2…

[2] Youssef Hindi, « La mort des idéologies modernes et des partis politiques », geopolintel.fr, 29/05/2017. http://www.geopolintel.fr/article19…

[3https://www.lci.fr/politique/presid… https://www.bfmtv.com/politique/des… En juin dernier, une cinquantaine d’anciens du RN ont rédigé une tribune de soutien à Zemmour, sans compter les cadres du partis qui l’ont rejoint. Marianne, 10 au 16 septembre 2021.

[4https://www.liberation.fr/france/20…

[5https://www.lexpress.fr/actualite/p…

[6https://www.lexpress.fr/actualite/p…

[7https://www.lepoint.fr/politique/ph… https://www.nouvelobs.com/politique…

[8] Cf. Ariane Chemin, « Élisabeth Lévy, causeuse de troubles », Le Monde, 12/12/2003.

[9https://www.dailymotion.com/video/x… Durant cette émission vous pourrez aussi vous familiarisez avec l’humour juif avec Goldnadel qui parle de « décritinisation » au lieu de la « déchristianisation de la France ».

[10https://www.lemonde.fr/election-pre…

[11] Pierre-Antoine Plaquevent, Soros et la Société ouverte : Métapolitique du globalisme, première édition, Le Retour aux Sources, 2018, pp. 56-59. Nouvelle édition augmentée parue en 2020 aux éditions Culture & Racines.

[12https://www.sudradio.fr/societe/rob…

[13https://www.lexpress.fr/actualite/p…

[14https://www.nouvelobs.com/politique…

[15https://www.lefigaro.fr/elections/p…

[16https://www.challenges.fr/politique…

[17] Voir : Youssef Hindi, L’Autre Zemmour, Kontre Kulture, 2021, pp. 18-21.

[18https://www.lunion.fr/id237472/arti…

[19https://youssefhindi.wordpress.com/…

[20https://www.ledauphine.com/politiqu…

[21https://www.youtube.com/watch?v=xpN…

[22https://www.youtube.com/watch?v=7Lq…

[23https://www.lopinion.fr/edition/pol…

[24] Le directeur de la rédaction du célèbre quotidien new-yorkais s’appelle Arthur Ochs Sluzberger, arrière petit-fils du premier propriétaire du New York Times, Adolf Simon Ochs, immigré juif allemand. Le journal est la propriété du trust familial Ochs-Sluzberger. https://fr.wikipedia.org/wiki/The_N…

[25https://www.francebleu.fr/infos/pol…

[26https://www.francebleu.fr/infos/pol…

[27https://www.liberation.fr/politique…

[28https://www.challenges.fr/media/qui…

[29] Marianne, 10 au 16 septembre 2021.

[30] Marianne, 10 au 16 septembre 2021.

[31https://www.lunion.fr/id237472/arti…

[32] « Le dîner privé d’Eric Zemmour avec Henri de Castries et quelques patrons », La Lettre A, 08/07/2021.

https://www.egaliteetreconciliation.fr/L-operation-Zemmour-Macron-et-le-grand-remplacement-de-l-extreme-droite-65740.html

♦ Qatar connection : La liste des cadeaux de l’émir à Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Michel Platini


Nicolas Sarkozy,Michel Platini et le prince du Qatar.

Après l’attribution de la Coupe du monde de football 2022 à son pays, de nouveaux documents indiquent que le prince héritier du Qatar aurait souhaité remercier le président de la République de l’époque pour son aide dans ce dossier, mais aussi pour le rachat du PSG. En ordonnant qu’un virement (de 15 millions d’euros) lui soit adressé, ainsi qu’à d’autres convives présents lors d’un déjeuner à l’Elysée en novembre 2010.

23 novembre 2010 / 21 novembre 2022… Douze ans se sont écoulés depuis le déjeuner de l’Elysée décisif pour l’attribution de la Coupe du monde de football – sur lequel la justice enquête toujours. Au cours de cette rencontre initiée par les Qataris, Nicolas Sarkozy, président de la République en exercice, a convaincu Michel Platini, à l’époque président de l’UEFA et membre du comité exécutif de la FIFA, de voter en faveur de la candidature du Qatar. L’élite du football se prépare ainsi à changer de continent (les USA étaient alors favoris) pour se retrouver donc dans ce pays minuscule où se jouera en novembre et décembre 2022 la 22ème édition du Mondial. Ni ses stars, ni ses dirigeants ne seront dépaysés, tellement ils se sont accommodés ces dernières années de l’omniprésence du Qatar, désormais acteur majeur du football professionnel. Pourtant, il apparaît de plus en plus probable, à la vue des nouveaux documents qui nous sont parvenus, que le Qatar, au plus haut niveau de l’Etat, a mis en place pour parvenir à ses fins une vaste campagne de corruption active pour tenter de s’assurer les soutiens de personnalités politiques et de dirigeants du football mondial.

Les coulisses d’une entreprise mondiale de séduction active

Cette hypothèse, celle d’une rétribution secrète de 15 membres au moins de la FIFA, qui tous ont participé au vote attribuant la Coupe du monde 2022, Blast l’a déjà évoquée au fil de cette enquête au long cours sur l’argent du Qatar. En publiant de nouveaux documents, pièces authentifiées par nos sources, inédites et non contredites à ce jour par les autorités de Doha, nous ouvrons un nouveau volet qui permet de pénétrer un peu plus les coulisses de l’entreprise qatarie.

Depuis la révélation par le magazine France Football (en janvier 2013) du déjeuner de l’Elysée du 23 novembre 2010, la presse spécule sur un deal qui aurait pu être conclu ce jour-là entre les convives : Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le prince héritier du Qatar. Dans un article publié le 13 juillet 2020 par Le Monde, notre confrère Rémi Dupré racontait par exemple comment il s’était heurté à la loi du silence, et au kafkaïen Confidentiel défense, quand il a cherché à obtenir le compte-rendu de ce déjeuner.

Corbeau, Ligue des Champions… une affaire de rivalité

Les nouveaux documents que nous publions aujourd’hui expliquent largement les raisons de cette chape de plomb. Pour rappel, Blast s’en est fait l’écho la semaine dernière, le Qatar a été la cible d’une opération d’hacking massive lancée par les Emirats arabes unis, son grand rival dans le Golfe et sur la scène internationale : l’opération baptisée Raven (le Corbeau).

Deux pays qui, ce n’est pas un hasard, règlent désormais aussi leur rivalité à travers l’Europe du football et ses grandes enseignes (avec le PSG en étendard de la puissance qatarie, et le club anglais de Manchester City pour emblème de celle des Emirats arabes).

Nasser Al-khelaifi, exécuteur des ordres princiers

Ces documents, à même d’apporter un éclairage décisif sur ces histoires souterraines, quels sont-ils ? Le premier, une lettre datée du 12 juillet 2011, émane d’un des fonds souverains du Qatar : QSI. Le Qatar Sports Investments, dont nous avons déjà parlé du rôle capital dans la diplomatie parallèle de Doha, est l’actuel propriétaire du PSG depuis le 30 juin 2011. Quelques jours, donc, avant la rédaction du document dont Blast révèle l’existence. Ce courrier est signé par Nasser Ghanim Al-khelaifi. Un nom que tout le monde a appris à connaître et respecter sur la planète football : Nasser Al-khelaifi est le président du fonds qatari mais aussi du club parisien. Il fait la pluie et le beau temps dans le football européen, avec également la chaîne Bein Sport, dont il est encore le président.

Pour exposer aux yeux de tous la puissance de l’émirat, Nasser Al-Khelaïfi s’est montré un peu partout avec sa dernière proie : Lionel Messi, le génie argentin lui aussi passé sous pavillon qatari cet été.

15 millions d’euros (…) en récompense…

Sous le sceau « Confidentiel », Nasser Ghanim Al-khelaifi règle les modalités du « montant consacré à son Excellence le Président Nicolas Sarkozy » et des « commissions de messieurs Claude Guéant et Michel Platini ». Il s’adresse au Sheikh Khalid Bin Khalifa Al Tani, via son dircab.

Le contenu de la missive est explicite. Nous avons dû le relire à plusieurs reprises, vue la nature des informations qu’il contient. Adressé au directeur de cabinet du prince héritier (l’actuel émir du Qatar), le signataire indique : « sur la base des nobles instructions de son Excellence le Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Prince héritier du pays que Dieu le protège, un montant de 15 millions d’euros (15,000,000) est transféré à son Excellence le Président Nicolas Sarkozy en récompense de son soutien à l’Etat du Qatar pour l’organisation du Mondial 2022 et de l’acquisition du club de Paris Saint-Germain »…

Deux convives de premier plan concernés

Ce n’est pas tout. Deux autres convives français du déjeuner du 23 novembre 2010 sont également cités par le document. En effet, le courrier ajoute qu’« une commission de 2 millions d’euros (2,000,000) est payée à Monsieur Claude Guéant et une commission d’une valeur de 2 millions d’euros (2,000,000) à Monsieur Michel Platini suite à l’acquisition du club de Paris Saint-Germain. » Il n’oublie pas de préciser le numéro du compte bancaire de QSI sur lesquels les fonds doivent être versés… Pour mémoire, Claude Guéant, alors secrétaire général de la présidence de la République, a toujours nié avoir été présent à ce déjeuner – et donc avoir touché ces subsides.

Alors, quel crédit accorder à ce document ? A ce stade, on ne peut affirmer à 100% qu’ils sont authentiques et que les destinataires (des ordres de virement) ont réellement touché ces sommes. Sont-il crédibles? Oui, absolument. Nous avons enquêté pendant plusieurs mois, avons confronté ces pièces à des experts, avons échangé et interrogé des observateurs avisés du gouvernement qatari, avons posé nos questions à l’ambassade du Qatar à Paris. Jamais, leur teneur et leur facture n’ont été mises en cause.

Authentification en barres

Blast publie par ailleurs et en complément un autre document exclusif. Daté du 20 juillet 2011, il provient cette fois du bureau du ministre de l’Economie et des finances qatari. Ce second courrier est adressé au même destinataire : le directeur du cabinet du prince héritier. On y retrouve les conventions protocolaires habituelles et on y apprend surtout que, suivant les instructions de « son Excellence le Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Prince héritier vénéré », 19 millions d’euros ont transité depuis le compte bancaire du Qatar Investment Authority (un autre fonds souverain) vers celui de QSI. Selon ce document, ce virement aurait été destiné aux convives du fameux déjeuner de l’Élysée.

L’un des deux documents est marqué par le code barre des autorités qataries – des éléments d’authentification inimitables. Ils n’ont d’ailleurs pas été invalidés par ces mêmes autorités.

« Il s’agit de codes-barres 2D, une technologie utilisée également en France via l’Agence des titres sécurisés, observe l’ex-agent de renseignement Marc Eichinger. Le but est de lutter contre la fraude en insérant un code à barres 2D qui contient les informations clés. Ces données sont cryptées par un système de chiffrement asymétrique (clé publique / clé privée) qui permet le contrôle de la signature par tous les acteurs disposant de la clé publique du signataire émetteur ».

Le courrier « Confidentiel et urgent » signé Youssef Hussein Kamal, le ministre de l’Economie et des Finances du Qatar

Ces documents ne disent pas si les trois Français cités ont été avertis que le prince Tamin souhaitait les rétribuer pour leurs efforts. Ni si ces fonds leur ont été effectivement versés. Ils établissent en revanche la volonté du prince Tamin, clairement exprimée. Et la réalité d’un mouvement financier destiné à mettre en application cette même volonté princière.

Jamais entendu parler d’une telle intention

Nous avons bien évidemment contacté les trois personnalités concernées, ainsi que l’ambassade du Qatar, pour obtenir un commentaire. Le préfet Claude Guéant a très rapidement répondu, précisant à Blast n’avoir « jamais entendu parler d’une telle intention. » Ni Nicolas Sarkozy, contacté par l’intermédiaire de sa conseillère Véronique Waché, ni Michel Platini, via son conseiller Jean-Christophe Alquier, ni l’ambassade du Qatar n’ont en revanche, au moment où nous publions cet article, répondu à nos sollicitations. Pas plus que Nasser Ghanim Al-khelaifi, signataire d’un des deux documents, dont nous avons joint le principal collaborateur.

Pourtant, selon nos informations, la Coupe du monde de football de 2022 et le rachat du PSG n’auraient pas été les seuls sujets de conversation du fameux déjeuner du 23 novembre 2011. Un autre point aurait également été abordé par les convives de Nicolas Sarkozy, l’hôte du jour : le renversement du… colonel Kadhafi en Lybie ! Le Qatar aurait ainsi pris l’engagement de financer les frais de la France si elle entrait en guerre. Une option rendue présentable par l’adoption 17 mars 2011 de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’ONU.

Rappelons, 11 ans après ce déjeuner élyséen qui a scellé le sort de la prochaine Coupe du Monde, que 6 500 ouvriers sont décédés dans la construction des stades qui doivent accueillir la reine des compétitions sportives. Le sang qui coule, après l’odeur de l’argent, pour concrétiser les rêves de gloire et de grandeur de la monarchie pétrolière.

Au vu des documents de Blast, plusieurs questions se posent. Elles sont lourdes de sens, et méritent des réponses, à la fois de la part des dirigeants du football, des responsables politiques et aussi de la justice. Que va décider la FIFA ? Peut-elle rester sans réaction face à un tel scandale ? Par ailleurs, la Coupe du monde 2022 doit-t-elle avoir lieu ? Peut-elle encore être organisée par l’Émirat ?

La suite au prochain numéro…

Thierry Gadault & Bernard Nicolas

https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-la-liste-des-cadeaux-de-lemir-a-nicolas-sarkozy-claude-gueant-et-michel-platini-w9DY2I4PSg2U0h-EIYOMsQ

♦ Algérie : le MAK et ses caricaturistes


Dans un précédent article, j’avais évoqué en détail le rôle partisan et sectaire de trois caricaturistes algériens qui avaient mobilisé leurs crayons dans l’effervescence politique provoquée par le Hirak. Partisans du « Yetnahaw Ga3 » (qu’ils partent tous), leur credo était fondé sur l’appropriation du terme « peuple » qu’ils utilisaient à toutes les sauces et, surtout, pour la promotion exclusive et partiale de la « phase de transition » avec, comme corollaire, la contestation entêtée de la « voie constitutionnelle ». L’amalgame entre « peuple » et « phase de transition » avait pour but de prétendre que cette option était majoritaire dans la population, ce qui était loin d’être la vérité, c’est le moins qu’on puisse dire. Après la décantation du Hirak, nous voyons bien que ces deux termes ne vont pas du tout ensemble et qu’au lieu de « peuple » on devrait plutôt écrire « groupes spécifiques » ayant, pour la plupart d’entre eux, des agendas et des intérêts bien définis.

Dans ce qui suit, il sera question de deux de ces trois caricaturistes qui, en plus de montrer leur vision déformante de la réalité politique algérienne, affichent de manière ostentatoire leur soutien au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie), un de ces « groupes spécifiques ».

Il s’agit de Ali Dilem et de Ghilas Aïnouche, caricaturistes dont les dessins et les accointances montrent de nombreux points en commun, jugez-en : tous deux sont des militants du « Yetnahaw Ga3 », se comportent comme des activistes de l’aberrante et antinationale division dichotomique Kabyle/Arabe, sont idéologiquement et professionnellement liés avec « Charlie », ont un penchant plus qu’affirmé pour l’État hébreu et, finalement, sont très introduits auprès des missions diplomatiques française et étasunienne. Pour plus de détails, consulter l’article cité auparavant).

De gauche à droite : Mme Émié, un pasteur d’une église à Alger, Ghilas Aïnouche, Ali Dilem et Bernard Émié (Ambassadeur de France à Alger 2014 -2017, actuellement directeur de la DGSE française). Sur sa page Facebook, Aïnouche nomme familièrement Mme Émié par son prénom: Isabelle.

Ali Dilem

Le 14 septembre dernier, Dilem publia une caricature qui a soulevé l’ire d’un très grand nombre de citoyens algériens. Il y insinuait que le gouvernement algérien, dans sa lutte contre le MAK, s’en prenait à tous les Kabyles, sans exception. Selon lui, il y avait en Algérie, deux catégories de citoyens : des Kabyles tous coupables et les non-Kabyles tous innocents. Cette vision mensongère, raciste et dangereuse de la réalité algérienne m’a inspiré une réponse que j’ai publiée sur mon site.

Cette réplique a eu évidemment un grand écho sur les médias sociaux, car Dilem goûtait à sa propre médecine. Mais personne ne s’attendait à la réaction de Sa Majesté makiste! En effet, Ferhat (Mehenni) 1er en personne y alla d’un tweet « royal » pour défendre le « soldat » Dilem :

Non seulement, le « monarque » troubadour donna raison à Dilem, mais il l’assura de sa « solidarité », histoire de lui dire « Continue sur cette voie, tu es sur le droit chemin! ». Et voilà comment le Chevalier (des Arts et Lettres) Dilem fut adoubé par Ferhat 1er!

Il faut dire que Dilem n’en était pas à sa première caricature pro-MAK. En voici quelques exemples :

Cliquez sur l’image pour voir d’autres caricatures pro-MAK de Dilem

Ghilas Aïnouche

Les relations entre Ghilas Aïnouche et le MAK sont beaucoup plus élaborées que celles de Dilem avec cette même organisation. Cela se voit dans la profusion de caricatures, dans sa défense publique du MAK et sa proximité avec Ferhat 1er.

D’ailleurs, en ce qui concerne ce dernier point, il est intéressant de suivre la discussion entre le « monarque » makiste et son sérieux prétendant au titre de « dauphin » dans la vidéo suivante :

Ferhat Mehenni et Ghilas Aïnouche (9 juin 2020)
Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo

Dans le dessin que Aïnouche offre à son compagnon de table, le caricaturiste qualifie Ferhat 1er de « Grand homme » et se met en scène pour se souhaiter : « Bientôt on aura notre vraie indépendance! ».

Dédicace offerte à Ferhat Mehenni par Aïnouche

Le « on » inclut bien évidemment sa personne et celle du « souverain » qui lui fait face. En recevant la dédicace, Ferhat 1er a déclaré qu’il s’agissait d’un des plus beaux cadeaux qu’il avait reçus dans sa vie tout en ajoutant « Je vais garder ça précieusement et je vais le verser aux archives de la république kabyle », devant un Aïnouche tout sourire!

Et tout cela, en plein Hirak!

Cette relation entre Aïnouche et le « Sultan autoproclamé de Kabylie » ne date pas d’aujourd’hui. Ce dernier, tout comme pour Dilem, l’avait « assuré de son soutien ». Mais cette fois-ci, c’était à la suite d’une agression contre le caricaturiste lors d’une marche de protestation, en juillet 2017. À l’époque, le site makiste « Siwel » avait relaté l’évènement ainsi:

« Le Président de l’Anavad, qui a eu le jeune caricaturiste au téléphone, a demandé de ses nouvelles et l’a assuré de son soutien.

Le Représentant diplomatique de la Kabylie en France, Mass Zidane Lafdal, a quant à lui saisi RSF (Reporters Sans Frontières) pour leur faire part de la sauvagerie injuste dont a été victime ce jeune dessinateur de presse.

L’ambassadeur kabyle nous a informé que la Fédération Internationale des Journalistes va être également saisie ».

Toute la cour de Ferhat 1er a donc été mobilisée pour défendre le « malheureux » caricaturiste!

L’allégeance du jeune caricaturiste à la cause makiste s’est aussi manifestée à l’occasion d’un voyage aux États-Unis. En effet, en 2017, il fut invité par le Département d’État américain (excusez du peu!) pour débattre de la liberté d’expression en Algérie. Après avoir été reçu à l’ambassade des États-Unis à Alger en juillet 2017 :

Le voilà devant le siège du Département d’État en novembre 2017 :

Tout en prétendant ne pas faire partie du MAK, il ne rata pas l’occasion de défendre le mouvement séparatiste. Un article traitant de ce voyage précise : « Invité par le Département d’État américain, le dessinateur Kabyle Ghilas Aïnouche a tenu à préciser qu’il avait soulevé plusieurs questions dont celle du MAK et ses militants harcelés au quotidien en Algérie ».

Ce même article mentionne que le caricaturiste prit la parole « en présence de plusieurs diplomates dont le responsable de bureau de l’Algérie, M. Michael J. Polyak ».

En effet, M. Polyak a été responsable du bureau de l’Algérie au Département d’État de septembre 2016 à septembre 2018. Avant cela, il a été en poste dans plusieurs capitales arabes et musulmanes (Irak, Arabie Saoudite, Afghanistan). En Algérie, selon ce qui est mentionné sur son profil LinkedIn, il a « servi de liaison principale avec l’ambassade d’Algérie, les entreprises, les médias et les ONG sur les questions relatives à l’Algérie. Rédaction de notes de politique, d’orientations pour la presse et de points de discussion pour les hauts fonctionnaires du Département d’État ».

Il est aussi intéressant de noter qu’en 2008, il aussi été au service de l’IRI (International Republican Institute), un des quatre satellites de la NED (National Endowment for Democracy), le principal organisme américain d’« exportation » de la démocratie (lire cet article pour plus de détails).

Petite information déjà discutée dans mon précédent article sur les caricaturistes algériens : Dilem a lui aussi eu des contacts avec l’ambassade américaine à Alger, tel que mentionné dans le câble Wikileaks 09ALGIERS370_a (daté du 13 avril 2009).

Et ce n’est pas tout en ce qui concerne Aïnouche et le MAK. En 2018, la commune de Harfleur (Seine maritime, France) a annulé un événement de propagande du MAK sous couvert de la « promotion » de la cuture kabyle. Et la lettre de la maire d’Harfleur est on ne peut plus claire à ce sujet :

« Votre refus de choisir un autre film dans le cadre de cette programmation, l’invitation par vos soins de M. Ferhat Mehenni, ainsi que votre information quant à la venue d’une délégation politique autoproclamée, ont dénaturé et pris en otage l’événement lui donnant des allures, de manière déguisée, de vitrine dédiée au gouvernement provisoire kabyle et derrière lui le MAK, mouvement d’extrême droite algérienne ».

Lettre de madame la Maire d’Harfleur
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La relation avec Aïnouche? Il faisait partie de la « délégation » du MAK dénoncée par la maire d’Harfleur comme on peut le constater sur l’affiche prévue pour l’évènement.

Affiche de l’évènement annulé par la maire d’Harfleur comportant clairement les noms de Ferhat Mehenni et de Ghilas Aïnouche
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Revenons maintenant à l’essentiel, c’est-à-dire aux caricatures de Aïnouche avec relents de makisme. Leur nombre est tellement imposant qu’un « porte-folio » spécifique leur a été consacré :

Cliquez sur l’image pour voir le « portfolio » des caricatures pro-MAK de Aïnouche
(Attention: certaines caricatures sont obscènes)

Alors, Aïnouche : makiste ou pas makiste?

Aïnouche, au centre de la photo, avec le drapeau du MAK

Certains caricaturistes algériens comme Dilem et Aïnouche ont eu un rôle partial et tendancieux dans le Hirak. Ils ont participé, au nom d’un peuple qui ne les a jamais mandatés, à la promotion d’une vision sectaire et dangereuse pour l’avenir de l’Algérie. Mais en ce qui concerne leur défense (directe ou indirecte) du MAK, leur rôle est beaucoup plus nuisible et préjudiciable pour notre pays car ils jouent avec son intégrité, sa stabilité et sa paix.

Qu’on se le dise : ces caricaturistes utilisent des dessins humoristiques au service de desseins maléfiques. Mais qu’ils barbouillent ou gribouillent à leur guise: l’Algérie restera toujours unie et indivisible dans le respect de tous ses citoyens.

Ahmed Bensaada

♦ Le rapport de Graphika : soft power et guerre de 4e génération contre l’Algérie


Contrairement au hard power qui est basé sur la force coercitive classique, le soft power utilise l’attraction positive et la persuasion pour atteindre des objectifs de politique étrangère. Il s’agit donc d’une capacité d’influence susceptible d’imposer, en douceur, un comportement ou une façon de penser identiques ou similaires à celles de celui qui utilise cette technique. Son succès repose donc sur l’impression de ne pas y avoir été contraint. Ainsi, le soft power n’atteint ses objectifs que s’il n’est pas perçu comme de la manipulation ou de la propagande.

Selon son concepteur, le très influent Joseph Nye, le soft power est soutenu par trois piliers : les valeurs politiques, la culture et la politique étrangère. Commentant cette théorie, le professeur G. John Ikenberry donne les précisions suivantes dans la célèbre revue Foreign Affairs:

« Les États-Unis peuvent dominer les autres, mais ils ont également excellé dans la projection du soft power, avec l’aide de leurs entreprises, fondations, universités, églises et autres institutions de la société civile; la culture, les idéaux et les valeurs des États-Unis ont été extrêmement importants pour aider Washington à attirer des partenaires et des partisans ».

L’exportation de la démocratie, qui est un champ établi et prépondérant de la politique étrangère américaine, utilise évidemment le soft power. Dans son article traitant du soft power américain dans les révolutions colorées, l’anthropologue Boris Pétric mentionne que des « ONG américaines sont les principaux acteurs de cette promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté […] ».

Cette relation entre les ONG et le soft power est très bien explicitée par Susan Liautaud dans son article « Soft Power of NGOs: Hard Responsibility, Hard Strategy, and Hard Accountability » dans lequel elle note que « les ONG et les autres acteurs du secteur à but non lucratif sont tenus d’utiliser le soft power de façon responsable et de rendre compte des conséquences induites par cette utilisation »

Il a été aussi montré que ces mêmes ONG américaines, étatiques ou non, ont joué le même rôle dans ce qui est abusivement appelé le « printemps » arabe. La printanisation de certains pays arabes ciblés à l’aide du soft power américain a été réalisé par l’intermédiaire de la formation et du réseautage de cyberactivistes « autochtones », c’est-à-dire provenant des pays visés. Ces révoltes qui ont été présentées et vendues comme une « belle saison » se sont avérées n’être que des « regime change » accompagnés de chaos, de destruction et de désolation.

Une décennie plus tard, ces ONG sont encore actives, tout particulièrement dans le Hirak algérien.

Tel que noté par Albert A. Nofi, le soft power est une des ressources sur lesquelles s’appuient la guerre de 4e génération (G4G), cette guerre moderne qui, d’après François-Bernard Huyghe, « correspondrait à la révolution de l’information » tout en précisant qu’elle « mobiliserait des populations entières en un antagonisme gagnant tous les domaines politique, économique, social, culturel ».

En ce qui concerne l’utilisation militaire de l’information, Christina M. Knopf et Eric J. Ziegelmayer nous expliquent que : « l’information est un produit qui se prête à l’arsenalisation et l’environnement informationnel est devenu vital pour le succès des opérations militaires. Le domaine de l’information, l’Internet en particulier, est aujourd’hui un terrain crucial à saisir pour exercer une influence économique et diplomatique dominante.  C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont officiellement incorporé à leur doctrine […] la « guerre des communications » ».

Cette « arsenalisation » de l’information a été rendue efficace grâce à l’essor fulgurant de l’Internet et des médias sociaux. À ce sujet, Waseem Ahmad Qureshi donne quelques précisions :

« Les progrès technologiques actuels (accès plus facile aux blogs médiatiques et à Internet) rendent la propagande et la manipulation des faits plus facilement accessibles tout en élargissant les conséquences des opérations de guerre de l’information en provoquant des effets dommageables massifs »

La recherche qui sera exposée dans cet article montre de manière explicite que l’Algérie fait actuellement l’objet d’une G4G qui a profité des remous du Hirak pour se déployer insidieusement.

Hirak, soft power et guerre de 4e génération

Un livre et de très nombreux articles ont été consacrés au rôle des organismes américains d’exportation de la démocratie et leurs relations avec le Hirak et ses « ténors ». Cet aspect du soft power ne sera pas traité dans ce travail, mais les lecteurs intéressés sont invités à consulter les liens suggérés.

Il faut cependant préciser que le soft power utilisé dans les G4G possède d’autres techniques aussi efficaces les unes que les autres.

Il a été fait mention d’une de ces techniques dans un de mes articles datant de décembre 2019. Il s’agit de mandater un universitaire crédible pour écrire, dans une revue crédible, un texte complétement fallacieux afin de suggérer un comportement donné et le présenter comme étant juste et approprié alors que, dans la réalité, il est complétement déraisonnable. Un exemple typique est celui du professeur Robert Zaretsky, professeur d’histoire de France à l’université de Houston qui s’est fait remarquer par un texte abracadabrantesque dans Foreign Affairs. En effet, le 26 novembre 2019, c’est-à-dire à peine deux semaines avant l’élection présidentielle algérienne, le professeur écrivait: « An Election’s Failure Will Be a Democratic Success » (L’échec de l’élection sera un succès démocratique).

Hallucinant! D’après ce professeur vivant dans un pays supposé être démocratique « ne pas voter est un acte démocratique »! Mais quel genre de démocratie désire exporter ce professeur loufoque?

L’histoire retiendra néanmoins l’odieuse campagne d’intimidation des électeurs lors de ce scrutin, ignominie qui a dû tellement faire plaisir à M. Zaretsky, certainement commandité pour nuire à l’Algérie.

Plus récemment, c’est dans un petit encadré publié par le journal français Le Figaro en date du 31 juillet 2021 qu’apparut une nouvelle technique encore plus insidieuse que celle de notre professeur de Houston. Celle-ci est destinée à persuader le public que l’État algérien utilise des cybermanipulations malhonnêtes « pour défendre les intérêts du président algérien », tout en parrainant des « campagnes de harcèlement » contre des opposants politiques.

Le Figaro précise que ces informations proviennent d’un rapport élaboré par une société américaine nommée Graphika, « spécialisée dans les nouvelles technologies et l’analyse des réseaux sociaux ». Personne n’est dupe. Cette mention cherche évidemment à donner de la crédibilité à cette compagnie et, par conséquent, conférer de la véracité à son rapport.

Encore un organisme américain qui s’attaque à l’État algérien en général et aux institutions présidentielle et militaire en particulier! Décidément, ils ne lâcheront jamais ces Américains!

Mais qui est donc Graphika? Qui est derrière ce joli nom, quels sont ses champs d’intérêts et qui la finance?

Contrairement à Émilien Hertement, le journaliste du Figaro qui a bêtement rapporté la nouvelle, nous allons nous intéresser, dans un premier temps, à cette société pour comprendre ses motivations et nous enquérir de son sérieux. Ensuite, nous étudierons en détail son rapport cité par Le Figaro.

Graphika et ses connexions sulfureuses

D’après les informations figurant sur son site officiel, Graphika est « une société d’analyse de réseau, fondée en 2013 par le Dr. John Kelly qui a étudié, dans sa thèse, l’essor fulgurant des conversations sur Internet en utilisant l’analyse de réseau des relations entre les auteurs en ligne, et pas seulement le contenu de leurs messages ».

Toujours selon son site, Graphika est financé par la DARPA, la « Minerva Initiative », l’« US Senate Select Committee on Intelligence » et la « Knight Foundation ».

DARPA est l’acronyme de la « Defense Advanced Research Projects Agency » (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) qui est une agence du ministère de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à l’usage militaire.

La « Minerva Initiative » est une initiative de recherche universitaire en sciences sociales parrainée par le ministère de la Défense des États-Unis axée sur des domaines d’importance stratégique pour la politique de sécurité nationale des États-Unis. Lancée en 2008 par Robert Gates, le secrétaire à la Défense de l’époque, elle a pour objectif d’améliorer la compréhension de base du ministère de la Défense en ce qui concerne les forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d’importance stratégique pour les États-Unis. Dès le début, le programme s’est focalisé , entre autres, sur les recherches universitaires traitant de la Chine, de l’Irak, du terrorisme et de l’islam radical. À son lancement, le projet a reçu 50 millions de dollars du ministère de la Défense des États-Unis pour financer ces recherches.

Les subventions de recherche sont supervisées par des gestionnaires de programme affiliés à deux organisations militaires de recherche fondamentale : le Bureau de la recherche scientifique de l’Armée de l’air (AFOSR) et le Bureau de la recherche navale (ONR).

L’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) est un comité créé par le Sénat américain en 1976 pour superviser et faire des études continues sur les activités et programmes de renseignement du gouvernement des États-Unis.

La « Knight Foundation » se présente comme une fondation nationale américaine qui investit dans le journalisme et les arts et dont l’objectif est de favoriser des communautés informées et engagées qu’elle croit essentielles à une démocratie saine. Cette fondation collabore cependant activement avec l’Open Society de George Soros, la National Endowment for DemocracyFreedom House et l’USAID.

Ces quatre organisations forment la colonne vertébrale du dispositif américain pour l’exportation de la démocratie dont il a été question précédemment.

Et ce n’est pas tout. Graphika déclare être associé avec des groupes de défense des Droits de l’homme du monde entier « pour surveiller les menaces numériques ciblant les utilisateurs vulnérables ».

En fait, il s’agit de Human Rights Watch (HRW), Amnesty International (AI) et « The Syria Campaign ». Il est de notoriété publique que les deux premières organisations (HRW et AI) sont largement financées par l’Open Society.  Et il ne faut surtout pas oublier qu’elles ont été toutes deux (avec d’autres entités droitdelhommistes) derrière la résolution du Parlement européen contre l’Algérie, juste quelques jours après le référendum sur la nouvelle Constitution algérienne. Drôle de coïncidence, n’est-ce pas? Comme la coïncidence de l’article de notre pitoyable professeur Zaretsky, un an plus tôt.

L’association de Graphika avec « The Syria campaign » est très révélatrice du rôle de désinformation, de propagande et d’étroite collaboration de cette société avec les gouvernements américains et britanniques.

« The Syria campaign » qui se dit « organisation à but non lucratif enregistrée au Royaume-Uni » est étroitement lié aux « White Helmets » (casques blancs), organisme de protection civile syrien qui a défrayé la chronique en 2016 (lire mon article sur ce sujet, rédigé à l’époque).

En fait, ces « secouristes » présentés comme des héros en occident, sont financés par l’USAID (United States Agency for International Development), le plus important des organismes américains d’« exportation » de la démocratie. Un document de l’USAID datant de 2018 précise qu’une subvention de 6,25 millions de dollars a été octroyée aux « White Helmets », en plus des 33 millions de dollars qui leur ont été versés depuis 2013. Ces « casques blancs » ont aussi été très largement financés par la Grande-Bretagne via le « Foreign and Commonwealth Office ». En date du 31 mars 2018, le montant total du financement que le gouvernement britannique leur a fourni s’élevait à 38 425 591,23 £. Ce qui fit dire à Julie Hyland, journaliste et militante britannique :

« Financés par le « Conflict, Stability and Security Fund » du gouvernement britannique et le programme USAID du gouvernement américain, ils [les « White Helmets »] font partie d’un réseau de forces djihadistes soutenues par l’Occident pour organiser un changement de régime ».

The White Helmets: The greatest scandal to hit Syria

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Selon Vanessa Beeley, journaliste indépendante qui a beaucoup travaillé sur le terrain en Syrie et dans de nombreux autres pays de la région, les « White Helmets » « étaient liés financièrement à Londres et à Washington (entre autres), principaux belligérants occidentaux sans mandat en Syrie […] et que des membres des Casques blancs entretenaient des liens avec des groupes djihadistes rebelles, tels que Fatah Al-Cham, résultat de la fusion d’Al-Nosra et de Ahrar Al-Cham ».

Le mythe des « casques blancs » a été démoli par un grand nombre de journalistes et chercheurs de renom dont Eva BartlettJohn PilgerGareth Porter, Phillip GiraldiCraig Murray et l’ancien inspecteur des armements de l’ONU Scott Ritter.

Graphika et ses figures publiques

Parmi les figures publiques de Graphika, on retrouve les noms de l’anglais Ben Nimmo (directeur des recherches) et de la française Camille François (directrice de l’innovation).

Ben Nimmo a rejoint Graphika en 2019, pourtant, rien ne le prédestinait à ce poste. Son parcours singulier a été décrit dans un article détaillé du New York Times (NYT).

En effet, il a étudié la littérature à l’Université de Cambridge, a travaillé comme instructeur de plongée sous-marine en Égypte, ainsi qu’écrivain et journaliste de voyage en Europe. En 2011, il a été recruté par l’OTAN comme attaché de presse principal sur la Russie et l’Ukraine jusqu’en 2014. Ensuite, il est devenu chercheur indépendant et a commencé à travailler sur la Russie sous contrat pour des think tanks pro-démocratie comme l’« Institute for Statecraft » qui pilote un projet  financé par le « Foreign and Commonwealth Office » nommé « The integrity initiative ». Créé en 2015, ce programme avait pour objectifs de contrer et sensibiliser à la désinformation provenant de pays comme la Russie et la Chine ainsi que de groupes extrémistes comme Daech. Comme par hasard, il s’agit de pays et ou organismes ciblés aussi par la « Minerva Initiative ».

Au cours de la campagne électorale américaine de 2016, M. Nimmo a collaboré avec l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN.

Pour se faire une idée de l’importance de ce « groupe de réflexion », il n’y a qu’à consulter l’impressionnante liste des membres de son Conseil d’administration. On y trouve, entre autres, Henry Kissinger, Joseph Nye (le concepteur du soft power), le général David H. Petraeus (commandant de la coalition militaire sous Bush fils et chef des troupes de l’OTAN ainsi que Directeur de la CIA sous Obama), Stephen Hadley (conseiller à la sécurité nationale de Bush fils), Robert Gates (cité précédemment – Directeur de la CIA sous Bush père et Secrétaire à la défense sous Bush fils et Obama). On y trouve aussi James Baker, Léon Panetta, Colin Powell, James Woosley, Peter Ackerman et j’en passe car la liste donne le tournis (le lecteur est invité à consulter ces pages pour plus de détails: lien 1 et lien 2). Pour la petite histoire, James Woosley a été directeur de la CIA sous Bill Clinton et a dirigé Freedom House . De son côté, Peter Ackerman a aidé à la création de l’Albert Einstein Institution dirigé par son professeur, l’illustre Gene Sharp, le théoricien de la « lutte non-violente » qui a été utilisée dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe. Sa théorie a été développée dans de nombreux livres et tout particulièrement dans « De la dictature à la démocratie », ouvrage qui est devenu le livre de chevet de tous les révolutionnaires en herbe à travers le monde.

Revenons maintenant à Ben Nimmo. Il a aidé à fonder le Digital Forensic Research Lab (DFRLab) de l’Atlantic Council, un groupe basé à Washington qui étudie la désinformation en ligne.

En 2018, Facebook a annoncé un partenariat avec DFRLab pour « identifier, exposer et expliquer la désinformation lors des élections dans le monde », accordant à l’Atlantic Council et à Nimmo l’accès aux données privées de milliards d’utilisateurs de Facebook.

Facebook a fait de lui et du laboratoire les premiers étrangers autorisés à étudier les réseaux de désinformation sur son site avant que l’entreprise ne ferme les réseaux.

À la fin de son article, le NYT précise que Graphika et DFRLab ont tous deux reçu un financement de Facebook.

Le 5 février dernier, Ben Nimmo annonçait son départ de Graphika pour rejoindre Facebook où il aiderait « à diriger la stratégie mondiale de renseignement sur les menaces contre les opérations d’influence ». Sans oublier, bien sûr, de faire « coucou » à sa collègue et collaboratrice, Camille François.

Cette nouvelle n’est pas passée inaperçue, bien au contraire. Sur The Grayzone, par exemple, on pouvait lire un article intitulé « Facebook hires ex-NATO press officer and social media censor Ben Nimmo as intel strategist » (Facebook embauche Ben Nimmo, ancien attaché de presse de l’OTAN et censeur des médias sociaux, en tant que stratège du renseignement), alors que Mint Press News titrait « Facebook partners with Hawkish Atlantic Council, a NATO lobby group, to “protect democracy” » (Facebook s’associe au belliciste Atlantic Council, un groupe de pression de l’OTAN, pour « protéger la démocratie »).

Passons maintenant à la seconde figure publique de Graphika qui se nomme Camille François. Diplômée de Sciences-Po et boursière Fulbright, elle a été membre de la « New America’s Cybersecurity Initiative » (NACI), chercheure principale chez Jigsaw, a dirigé des projets de recherche sur la cybersécurité et les droits de l’homme pour la « Defence Advanced Research Projects Agency », et a travaillé pour l’équipe « Market Insights » de Google (consulter ce lien).

La « New America’s Cybersecurity Initiative » est un organisme financé (entre autres) par le Département d’état américain, la Knight Foundation, Open Society, Google, Microsoft, Apple et Facebook.

Jigsaw (anciennement Google Ideas) est un groupe de réflexion et un incubateur technologique au sein de Google/Alphabet dirigé par Jared Cohen. Ce dernier a travaillé au Département d’État américain comme membre du comité de planification des politiques du département d’État américain, puis a été très proche conseiller des secrétaires d’État Condoleezza Rice et Hillary Clinton. C’est, par exemple, lui qui avait personnellement contacté le cofondateur et président de Twitter, Jack Dorsey, pour lui demander de reporter les travaux de maintenance des serveurs de Twitter afin de ne pas perturber les activités des cyberactivistes iraniens lors de leurs manifestations antigouvernementales en 2009.

Mais ce qui attire le plus l’attention, c’est son rôle dans la formation des cyberactivistes arabes en préparation du « printemps » arabe. En effet, Jared Cohen fut un des fondateurs de AYM « Alliance of Youth Movements » (rebaptisée Movements.org) qui se définit comme une organisation américaine à but non lucratif (d’après leur site) qui affiche clairement sa mission : i) identifier des cyberactivistes dans des régions d’intérêt ; ii) les mettre en contact entre eux, avec des experts et des membres de la société civile ; et iii) les soutenir en les formant, en les conseillant et en leur procurant une plateforme pour initier les contacts et les développer dans le temps (pour plus de détails, consulter mon article sur le sujet).

Comme expliqué précédemment, la « Defence Advanced Research Projects Agency » (DARPA) est l’agence du ministère de la Défense des États-Unis qui finance Graphika. Comme le monde est petit!

D’après ce qui est mentionné sur son CV, Camille François a été aussi recrutée par Google, dans l’équipe de « Market Insights ». Directrice de recherche associée, elle s’est spécialisée dans la recherche en ligne sur les PME françaises et a géré les trackers de marque et de confidentialité de Google pour la perception parmi le public et les faiseurs d’opinion clés.

Pour boucler la boucle, Mme François s’est formée, en 2014, à l’École de l’OTAN d’Oberammergau (Allemagne) sur les « cyber-opérations » tel que précisé également sur son CV.

Organigramme des connexions de Graphika

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Graphika, la main dans le sac

La société Graphika a été impliquée dans de nombreuses controverses en relation avec i) le « repérage » d’un type particulier et ciblé de désinformation sur les médias sociaux et ii) son rôle de « chien truffier » dressé pour servir des commanditaires militaristes, atlantistes et occidentalistes.

Pour clarifier ce point, nous allons citer deux exemples pédagogiques.

1- L’affaire Jeremy Corbyn

La très large élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique avec près de 60% des voix en 2015 a été suivie par une campagne médiatique « mainstream » ayant pour but de diaboliser sa personne et de lui ôter toute légitimité politique de premier plan.

Tout d’abord, ses positions pro-palestiniennes lui ont valu des attaques du lobby sioniste pour des allégations d’antisémitisme après son succès électoral. Quelques années plus tard, à l’approche des élections législatives de 2019, les accusations sont montées d’un cran, devenant plus incisives. Il n’était pas question qu’un socialiste « antisémite » soit logé au 10, Downing Street.

En plus de ces accusations fallacieuses, une autre affaire a été planifiée pour porter le coup de grâce à la possibilité que Corbyn puisse, un jour, occuper le fauteuil de Premier ministre britannique : sa « collusion » avec la Russie. Cette accusation, mêlée avec ce « sport » occidental communément appelé « Russia Bashing », allaient être, ni plus ni moins, un coup de grâce à ce projet.

À ce sujet, les journalistes d’investigation Ben Norton et Max Blumenthal écrivaient le 8 décembre 2019:

« À quelques jours des élections nationales britanniques du 12 décembre, les agences de renseignement britanniques et les organisations soutenues par le gouvernement américain ont intensifié leurs attaques contre Corbyn, empruntant des tactiques à l’hystérie américaine du Russiagate et faisant de grands efforts pour le présenter – sans aucune preuve substantielle – comme une supposée marionnette de l’ignoble Kremlin ».

Le journaliste Matt Kennard a, quant à lui, publié une enquête détaillée au titre très explicite : « Comment l’establishment militaire et du renseignement britannique s’efforce d’empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre ».

Il y mentionna que des responsables de l’armée et du renseignement britanniques ont été à l’origine d’au moins 34 reportages majeurs publiés dans les médias nationaux présentant Jeremy Corbyn comme un danger pour la sécurité britannique.

Le 27 novembre 2019, en pleine campagne électorale, l’équipe de Jeremy Corbyn présenta un imposant dossier traitant de négociations secrètes entre le gouvernement conservateur de Boris Johnson et l’administration américaine dans le but de privatiser le National Health Service (NHS) britannique, démentant ainsi les promesses de son rival conservateur.

Moins d’une semaine plus tard, l’artillerie lourde fut sortie pour faire face à l’accusation.

Ben Wallace, le Secrétaire d’État à la Défense britannique, déclara que « Jeremy Corbyn a joué le rôle d' »idiot utile » pour le Kremlin en minant l’OTAN pendant des décennies et cela le rend inapte à être Premier ministre ».

Comme pour confirmer ses dires, le journal pro-conservateur The Daily Telegraph titrait à la Une « Le dossier de Corbyn pointe du doigt les Russes ».

The Guardian emboîta le pas en précisant que les documents de Corbyn ont été « mis en ligne par des affiches utilisant des méthodes russes ». D’autres médias comme The Daily Beast, la BBC ou le Washington Post reprirent également la nouvelle.

Ce n’est pas le « clonage » de cette information qui attire l’attention mais le fait que tous les médias se sont basés sur une et une seule source : Graphika et son directeur des recherches, Ben Nimmo. Tiens donc!

Extrait de l’article du Guardian :

« Ben Nimmo, le chef des enquêtes chez Graphika, a déclaré : « Ce que nous disons, c’est que les efforts initiaux pour amplifier la fuite du NHS ressemblent beaucoup aux techniques utilisées par Secondary Infektion dans le passé, une opération russe connue. Mais nous n’avons pas toutes les données qui nous permettent de prendre une décision finale dans cette affaire » ».

Une accusation aussi grave, reprise par des médias lourds et influents, basée sur une seule source et…du vent.

Ce qui fit dire à Norton et Blumenthal :

« Pas un seul article couvrant l’histoire n’a pris la peine d’informer les lecteurs qui était Nimmo, ni n’a offert de détails sur les puissantes forces étatiques derrière Graphika ».

Et d’ajouter :

« En fait, Nimmo n’est pas un expert en données ou un journaliste, mais un ancien attaché de presse de l’OTAN qui a précédemment travaillé pour l’usine de propagande secrète « Integrity Initiative », qui était financée par le ministère britannique des Affaires étrangères et dédiée à engendrer des conflits avec la Russie ».

La suite de l’histoire vous la devinez certainement : Jeremy Corbyn a évidemment perdu les élections du 12 décembre 2019.

2- Le Russiagate

Le Russiagate est l’affaire politico-judiciaire qui a été invoquée pour qualifier les allégations d’ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016. Un branle-bas de combat médiatique a été orchestré afin de démontrer que la défaite de Hillary Clinton n’était due qu’à une collusion entre l’équipe de Donald Trump et le Kremlin via une armée de trolls russes écumant les médias sociaux, en particulier Facebook et Twitter.

Comme on peut s’y attendre, la démonstration a été confiée à une équipe de l’Université d’Oxford et …la société Graphika. Cette dernière était représentée par son fondateur, John Kelly, et Camille François.

Le rapport, commandité en 2018 par l’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) dont il a été question auparavant, confirme évidemment les allégations. On peut y lire :

« L’Agence russe de recherche Internet (IRA) a lancé une attaque prolongée contre les États-Unis en utilisant une propagande informatique pour désinformer et polariser les électeurs américains ».

« Les données sur l’IRA fournies au SSCI par les plateformes américaines de médias sociaux et Internet démontrent un effort soutenu pour manipuler le public américain et saper la démocratie. Avec des années d’expérience dans la manipulation de l’opinion publique en Russie, l’IRA a utilisé les principales plateformes de médias sociaux, notamment Facebook, Instagram et Twitter, pour cibler les électeurs américains et polariser les utilisateurs des médias sociaux américains ».

Une année plus tard, le rapport du procureur Robert Mueller, procureur spécial chargé d’enquêter sur les ingérences russes dans les élections présidentielles de 2016, était publié. La principale conclusion stipulait qu’il n’y a pas eu d’entente entre les membres de l’équipe de Trump et la Russie.

Le Monde diplomatique qualifia le Russiagate de « débâcle » et commenta le rapport ainsi :

« Les premiers éléments connus du Rapport Mueller représentent une défaite pour la fraction la plus modérée du parti démocrate, pour le parti de la guerre à la Russie, pour les médias. […] Enfin, ce rapport constitue une gifle spectaculaire pour la quasi-totalité des grands médias américains qui, depuis deux ans, avaient fait du « Russiagate » leur commerce à plein temps ».

Une gifle aussi à Graphika et ses « experts ».

La chasse aux sorcières s’est poursuivie jusqu’aux élections présidentielles américaines de 2020. Graphika produisit un autre rapport en septembre 2020 signé par, entre autres, Ben Nimmo et Camille François ciblant un site nommé PeaceData supposément financé par l’Agence russe de recherche Internet (IRA).

À ce sujet, le New York Times écrivit :

« Le groupe russe qui s’est immiscé dans l’élection présidentielle de 2016 est de retour, utilisant un réseau de faux comptes et un site Web conçu pour ressembler à un site d’information de gauche, ont déclaré mardi Facebook et Twitter. La campagne de désinformation menée par le groupe soutenu par le Kremlin, connu sous le nom d’Internet Research Agency, est la première preuve publique que l’agence essaie de répéter ses efforts d’il y a quatre ans et d’éloigner les électeurs du candidat démocrate à la présidentielle, Joseph R. Biden Jr., pour aider le président Trump ».

PeaceData a vivement réagi à ces accusations les qualifiant de calomnies et de mensonges.

En effet, certains observateurs perspicaces notèrent que, contrairement à ce qui était dit par Graphika et NYT, le site web PeaceData avait publié plusieurs articles critiquant durement Trump, dont un qui l’a qualifié de « instable et déséquilibré ». D’autre part, Graphika ne donna aucune preuve du financement du site par l’IRA dans son rapport.

Les comptes Facebook et Twitter de PeaceData ont évidemment été fermés sur la base du rapport de Graphika et de ses « experts », Ben Nimmo et Camille François.

Graphika et l’Algérie

Après avoir passé en revue l’imposant réseau de connexions politico-militaires dont dispose Graphika et ses « experts » ainsi que les « missions » de haut niveau dont ils ont été chargés, plusieurs questions viennent à l’esprit : Pourquoi l’Algérie? Pourquoi maintenant? Quel est le but recherché? Qui a commandé l’étude? Qui l’a financée? Et qui a collaboré avec eux pour leur fournir les détails nécessaires?

Tout d’abord, il faut reconnaître que si Graphika s’est intéressée à l’Algérie, c’est que ce pays représente un enjeu géostratégique important pour les États-Unis. Cela confirme ce qui a été avancé dans mes nombreux articles et mes récents livres sur le sujet.

Le timing est lui aussi important. En effet, comme le Hirak « frelaté » bat de l’aile, cette évidente ingérence dans la politique intérieure de l’Algérie cherche à créer une nouvelle agitation malsaine dans la vie politique du pays.  En plus, il est quand même étrange que sa publication intervienne juste après le scandale Pegasus qui a ciblé l’Algérie. De victime, l’Algérie est présentée comme coupable par Graphika.

Pour tenter de répondre plus amplement aux questions, revenons au rapport de Graphika sur l’Algérie.

Le résumé du rapport donne le ton :

« Facebook a partagé un ensemble de comptes, de pages et de groupes avec Graphika pour une analyse plus approfondie avant de les supprimer de ses plateformes. Notre enquête a révélé un effort multiplateforme sur plusieurs années pour faire avancer les intérêts du président algérien Abdelmadjid Tebboune, depuis sa candidature à la présidentielle de 2019, jusqu’à un référendum constitutionnel l’année dernière et des élections législatives largement boycottées en juin. Cette activité s’est entrelacée avec une campagne soutenue de harcèlement et d’intimidation visant le mouvement de protestation du Hirak en Algérie, qui, au cours des deux dernières années, a rassemblé des milliers de personnes dans les rues du pays pour demander que l’élite dirigeante soit chassée et la fin de la corruption. Ces tentatives combinées pour manipuler, déformer et polariser la conversation politique en ligne en Algérie doivent être considérées dans le contexte de la répression signalée par le gouvernement contre les voix de l’opposition et de l’impact de la pandémie de Covid-19 qui a contraint de nombreux Algériens à déplacer leurs manifestations en ligne ».

On en tire les conclusions suivantes :

  • Comme expliqué précédemment, Facebook travaille avec Graphika;
  • Les sites jugés « indésirables » sont supprimés sur recommandation de Graphika;
  • Graphika fait de la politique et non de l’analyse de réseaux;
  • La démarche constitutionnelle adoptée par l’État algérien pour sortir de l’impasse ne plait pas à Graphika;
  • Graphika supporte la politique du « Yetnahaw Gaa » prônée en particulier par les ongistes (formés et financés par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie), les islamawistes « offshore » et les makistes séparatistes;
  • Graphika se positionne contre les institutions de l’État algérien et soutient les groupes cités précédemment, dont deux sont considérés comme des organisations terroristes;
  • L’État algérien manipule l’information, mais aucun mot sur l’incommensurable manipulation des trois groupes cités;
  • Facebook (et les autres médias sociaux) autorise (encourage?) les manifestations en ligne pour ceux qui militent pour la phase de transition, mais ferme les comptes de ceux qui soutiennent la démarche constitutionnelle.

Passons maintenant à ce que Graphika appelle des preuves à ses allégations. Le rapport commence avec un article concernant Noureddine Boukrouh qui est commenté comme suit :

« Dans l’ensemble, les comptes et les pages identifiés par Facebook ont montré des signes clairs de coordination, ainsi que l’utilisation de fausses identités et d’autres pratiques trompeuses pour induire les utilisateurs en erreur. Dans une illustration particulièrement frappante en juin de cette année, 42 des pages identifiées ont publié la même photo avec des légendes identiques attaquant des opposants au gouvernement algérien. Beaucoup de ces pages se sont présentées comme des groupes pro-démocratie ou des médias indépendants »

Quel niveau d’analyse! Hercule Poirot en aurait perdu sa moustache!

Mensonge et inversion des rôles:

1- Graphika prétend que Noureddine Boukrouh a été qualifié de « fou » alors que c’est lui qui a traité le Président de la république algérienne de la sorte.

2- En plus, Graphika affirme qu’il s’agit d’une « attaque coordonnée contre un opposant » alors qu’il s’agit d’un de mes articles, publié sur mon site, en réponse au sien.

Il s’avère qu’il s’agit de MON article intitulé « Un goujat nommé Boukrouh » qui a été publié sur mon site avec la même photo, mais qui a aussi été repris par d’autres sites (site 1site 2site 3, etc.). Il est donc normal que des pages Facebook le reprennent comme c’est le cas de tous mes articles. Mon récent poème en hommage à Djamel Bensmaïl, par exemple, a été repris intégralement par des dizaines de pages. Où est le problème? Les réseaux sociaux ne servent-ils pas à cela? Ou alors c’est halal pour certains et haram pour d’autres?

Au-delà de cet aspect, ce qui attire l’attention, c’est la légende :

« Captures d’écran montrant la publication coordonnée d’une attaque décrivant la figure de l’opposition Noureddine Boukrouh comme « folle » peu de temps après avoir critiqué Tebboune ».

Il s’agit d’un pur mensonge! C’est M. Boukrouh qui a traité le président Abdelmadjid Tebboune de fou dans un post sur Facebook! En toute lettre dans le titre!

Question pour Graphika et Facebook : accuser fallacieusement un président en exercice de folie ne mérite pas la fermeture du compte de M. le « sain d’esprit »?

En plus de l’institution présidentielle, c’est l’institution militaire algérienne qui a été dénigrée, comme si ces mêmes institutions, aux États-Unis ou en Occident n’avaient pas le droit de s’exprimer sur l’état de la Nation. Comme tous les pays du monde, l’Algérie a ses institutions étatiques et s’exprime dans les médias qu’elles jugent adéquat à son message.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le rapport de Graphika critique le droit à l’institution militaire de faire des reportages sur les « fake news » et de dénoncer les agissements de certains groupes qui menacent la sécurité et la souveraineté de l’Algérie.

Le rapport cite nommément « Karim Tabbou » (cité 3 fois), « Amir DZ » (cité 4 fois), « Rachad » (cité 4 fois), « Mohamed Larbi Zitout » (cité 5 fois) et Mourad Dhina.

« Les cibles clés depuis 2019 comprenaient : Karim Tabou – une figure de l’opposition qui a été arrêtée par la police algérienne en 2020 et 2021 ; Amir Boukhors (« Amir DZ »), un dissident anti-régime en France ; et deux co-fondateurs du groupe politique « Rachad » – Mohamed Larbi Zitout, qui vit en exil à Londres, et Mourad Dhina, qui vit en Suisse. En mars 2021, un tribunal algérien aurait émis des mandats d’arrêt contre Boukhors et Zitout pour « terrorisme » ».

Les « ténors autoproclamés du Hirak », en l’occurrence Mostefa Bouchachi, Zoubida Assoul et Karim Tabbou, sont aussi présentés comme des « critiques du régime algérien ».

Comme par hasard, toutes les personnes citées, sans aucune exception, collaborent ensemble tel qu’expliqué dans mon livre sur le Hirak et sont, bien évidemment, toutes pour la phase de transition.

Décidément, la vision de Graphika (et de ses commanditaires) est dichotomique :  il y a des bons et des mauvais. Les bons sont ceux qu’elle nomme « les figures de l’opposition » et les mauvais sont les institutions étatiques, présidentielle et militaire.

Par contre, aucun mot n’est prononcé sur le nombre incalculable de comptes Facebook qui sont, directement ou indirectement, liés à ces « figures » et qui, nuit et jour, dénigrent ces mêmes institutions.

Pour plus de détails et pour comprendre le rôle de ces groupes qui ont surfé sur le Hirak algérien, le lecteur est invité à consulter mon interview sur le sujet.

Il faut dire que certains passages du rapport Graphika frôlent la dérision. Jugez-en.

« Les pages et les comptes du réseau ont constamment fait l’éloge de l’Armée nationale populaire algérienne (الجيش الوطني الشعبي الجزائري). Le réseau a amplifié des images d’exercices d’entraînement et d’autres événements, ainsi que des mèmes et des dessins animés pro-militaires, présentant tous l’armée algérienne comme des protecteurs forts et bien équipés du peuple algérien ».

Est-il donc interdit de faire l’éloge de l’armée de son pays? N’en déplaise à Graphika, l’institution militaire protège non seulement le peuple algérien, mais aussi l’intégrité et la souveraineté de son pays.

Encore une ineptie racontée dans le rapport : Graphika reproche à certaines pages d’avoir fait la promotion des élections législatives du 12 juin 2021.  Mais qu’y a-t-il de mal à vouloir encourager les citoyens à accomplir leur devoir électoral? Pourquoi alors n’avoir rien dit sur ces « grands démocrates », vulgaires factotums de ces « figures de l’opposition » qui, à l’étranger, empêchaient violemment les personnes de voter? Il est clair que les informateurs « autochtones » ne leur ont pas raconté toute l’histoire aux « experts » de Graphika. Ou alors est-ce cette dernière qui a filtré les informations pour diaboliser les institutions étatiques algériennes et sanctifier cette « opposition » qui travaille à la destruction du pays avec la bénédiction de l’Oncle Sam et de l’OTAN?

Il faut le dire clairement : un travail scientifique crédible doit nécessairement analyser les activités des deux protagonistes et non faire preuve de cécité sélective en faveur de celui qu’on veut soutenir. Le rapport de Graphika montre une faiblesse méthodologique si flagrante que son soi-disant travail « scientifique » n’est en réalité que de la propagande pour un camp choisi, le même qui a été sélectionné par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie dans le but de réaliser un « regime change » en Algérie par le biais du soft power.

Graphika ne s’arrête pas là. Elle va jusqu’à consacrer une section sur le Maroc et la France intitulée « Maroc malveillant, France traîtresse ».

Elle y prétend que les médias de ces deux pays sont des bisounours et que l’Algérie les calomnie. Alors qu’elle attaque les chaines de télévision étatiques algériennes, Graphika présente France 24 comme une chaine inoffensive, ne précisant pas qu’il s’agit d’une des chaines étatiques françaises qui travaille directement avec le Quai d’Orsay  et dont le rôle dans le Hirak a été très partial (pour ne pas dire hostile à l’Algérie) comme expliqué dans un de mes articles publié en 2019. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que son accréditation en Algérie lui a été retirée en juin 2021.

Quant au Maroc, son action belliqueuse et agressive sur les réseaux sociaux contre l’Algérie est passée, elle aussi, sous silence. Il faudrait peut-être rappeler à Graphika l’affaire Pegasus dont elle n’a, bien sûr, pas soufflé mot. Le Maroc n’a-t-il pas espionné 6000 personnes en Algérie, ou est-ce encore une « fake News » des institutions présidentielle ou militaire?

Il fallait s’y attendre. Mohamed Larbi Zitout, un des membres du mouvent Rachad cité dans le rapport Graphika, en a fait ses choux gras dans une de ses interminables logorrhées cyberspatiales.

Ce qui répond tout naturellement à l’importante question : Cui Bono?

Conclusion

Cette étude nous permet de tirer les conclusions suivantes :

  • La société Graphika est financée par des entités directement ou indirectement reliées à l’administration américaine, à l’administration britannique, à l’OTAN et à des organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • La société Graphika ne fait pas d’études pour informer les citoyens. Elle ne s’intéresse qu’aux médias sociaux de pays ciblés par les États-Unis ou par certains pays membres de l’OTAN comme la Grande-Bretagne;
  • Ces dernières années, les principaux pays ciblés par les études de la société Graphika sont la Russie, la Chine et l’Iran.
  • Les études sur la Russie sont très nombreuses et très agressives, ce qui confirme l’influence de l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN;
  • La société Graphika possède des relations avec certains géants du Web, soit directement, soit à travers ses « experts »;
  • La société Graphika collabore directement avec Facebook et lui fournit la liste des pages à supprimer;
  • Ce faisant, Facebook n’est pas indépendante, mais se comporte comme une entreprise impliquée dans la mise en œuvre de la politique étrangère étasunienne et de l’OTAN (Ceci n’est pas nouveau : la collusion entre certains géants du Web et l’administration américaine a été longuement discutée dans mon livre « Arabesque$ » et certains de mes articles);
  • La société Graphika n’a pas étudié les médias sociaux algériens fortuitement. Le timing, le parti pris et les attaques frontales contre les institutions fondamentales de l’État algérien indiquent que cette étude a été commanditée par des groupes ou des états qui favorisent un « regime change » en Algérie et qui y travaillent;
  • Ce dernier point est évident à la lecture du rapport qui présente négativement les institutions étatiques algériennes et positivement ce qu’il appelle « les figures de l’opposition »;
  • Aucune étude n’a par contre été réalisée sur l’utilisation des médias sociaux par « les figures de l’opposition », ce qui enlève toute scientificité au rapport et en fait, par voie de conséquence, un pur outil de propagande contre l’Algérie;
  • Les relations entre certaines « figures de l’opposition » et l’administration américaine (explicitées dans mon livre sur la question) ayant été complètement occultées dans le rapport, on en déduit que Graphika joue un rôle analogue et complémentaire aux organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • Ces trois derniers points indiquent que Graphika, ainsi que les diverses institutions (étatiques ou non) avec lesquelles elle collabore, supportent et soutiennent activement « les figures de l’opposition » contre l’État algérien;
  • Tout cela nous amène à conclure que Graphika est un outil de plus dans l’arsenal du soft power américain, spécialisé dans un nouveau « champ de bataille » qui n’est autre que le monde virtuel des médias sociaux.
  • Les actions menées de manière agressive par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie, combinées à celles des ONG droitdelhommistes ainsi que les attaques de la société Graphika montrent, de manière non équivoque, que l’Algérie est actuellement sous le feu nourri d’une guerre de quatrième génération.                                                                                                                                                                                               Ahmed Bensaada                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Le rapport de Graphika : soft power et guerre de 4e génération contre l’Algérie (ahmedbensaada.com)    

♦ Le long métrage documentaire Hold_Up qui a subi la foudre des médias


Ce film_documentaire, écrit initialement pour les salles de cinéma, est sorti le 11 novembre 2020 sur la plateforme_Vimeo. Ce film avait pour objectif de répondre à une absence manifeste d’informations sur la pandémie, comme aux incohérences nombreuses et inquiétantes des personnes chargées de gérer cette crise. Aucune enquête sur l’origine du virus. Aucune enquête sur le scandale de l’étude frauduleuse du Lancet, destinée à « couler » l’hydroxychloroquine.

Aucune enquête sur l’interdiction soudaine de prescrire un médicament salutaire qui a fait ses preuves depuis plus de soixante ans. Aucune enquête sur les dégâts causés par des mesures pourtant historiques (confinements, masques obligatoires, distanciation sociale, couvre-feu etc…).

Aucune enquête sur les informations fracassantes, sourcées et prouvées du livre du #professeur_Christian_Perronne « Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? », sorti en juin 2020. Aucune dépêche consacrée par l’Agence France-Presse à ce livre-évènement, vendu à plus de 100000 exemplaires. Pourquoi ?

Le tournage et le montage du film ont commencé le 25 Août 2020. Ils ont été finalisés le 9 novembre 2020. Le 6 novembre, une copie du travail est envoyée pour validation à tous les participants du film, ainsi qu’aux souscripteurs d’une campagne de crowdfunding. Le 7 novembre, cette copie de travail se retrouve en accès libre sur tous les réseaux sociaux, alors que le financement et les droits du film ne sont pas bouclés. Le film sort le 11 novembre comme prévu et connaît un vrai succès avec 26000 entrées le premier jour. Le 12 novembre, le journal « Libération » accuse à la Une le film d’être porteur du « virus du complotisme ». Les arguments qu’il utilise contre Hold-Up se sont tous révélés infondés

Le 12 novembre au soir, Vimeo #censure le film, rembourse les acheteurs et se rémunère sur les locations, sans verser aux auteurs les sommes dues. Une censure d’un autre âge, probablement preuve d’un véritable obscurantisme teinté d’escroquerie. Une censure qui ne soulèvera aucune indignation de la part des médias, qui pourtant vivent de cette même liberté d’expression, pilier incontournable d’une démocratie. Dans quel monde sommes-nous entrés.

♦ PfizerLeak : les contrats Pfizer et leurs clauses surprenantes


L’État fera tout pour minimiser, cacher, nier tout effet secondaire pour éviter les poursuites et devoir payer pour Pfizer.Pixabay / FS

Extrêmement contraignants pour les États qui les ont signés, les contrats Pfizer semblent les avoir ligotés. Quelques explications qui s’appuient sur les tweets de Marceau qui a traduit et commenté ces révélations faites sur Twitter.

Bien que les documents qui ont fuité soient en réalité des « drafts » du laboratoire, soit un brouillon, une version non finale, il y a fort à parier que les contrats y ressemblent comme deux gouttes d’eau. Pfizer s’est montré plutôt agressif en essayant de protéger les détails de leurs accords internationaux sur le vaccin COVID-19. Mais en voici une copie. Le document qui est ici épluché a été rendu public par l’Albanie en janvier 2021.

Voir aussi : le document complet en anglais

Tout d’abord, on note que le coût de développement des contrats est très élevé et prend beaucoup de temps (cycles de relectures juridiques). Pfizer, comme toutes les entreprises, développe un modèle d’accord standardisé et utilise ces accords avec des ajustements relativement mineurs dans différents pays. Ces accords sont supposés être confidentiels… Mais comme vous êtes sur le point de le voir, il y a une bonne raison pour laquelle Pfizer se battait pour en cacher les détails.

Pour commencer, parlons du produit : l’accord couvre non seulement la fabrication des vaccins contre le Sars-COV-2 et ses mutations, mais également tout « dispositif, technologie ou produit utilisé pour l’administration ou pour améliorer l’utilisation ou l’effet d’un tel vaccin ».

Si vous vous demandiez pourquoi l’ivermectine a été empêchée, eh bien, c’est simplement parce que l’accord conclu avec Pfizer ne leur permet pas d’échapper à leur contrat, qui stipule que même si un médicament efficace était trouvé pour traiter le Covid-19, le contrat ne peut pas être annulé. Difficile donc, de jouer sur deux tableaux. Vous imaginez les millions de doses payées et vouées à la destruction si un traitement efficace et peu cher devait exister ?

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Approvisionnement en vaccins :

« Pfizer n’assumera aucune responsabilité en cas de non-livraison des doses conformément aux dates de livraisons estimées. Et un tel manquement ne donnera à l’acheteur aucun droit d’annuler les commandes pour toute quantité de produit »
« Pfizer décidera des ajustements nécessaires du nombre de doses contractuelles et du calendrier de livraison dus à l’acheteur (…) sur la base de principes à déterminer par Pfizer (…) l’acheteur sera dans l’obligation d’accepter toute révision »

Pour être clair, « l’acheteur renonce à tous les droits et recours qu’il peut avoir en vertu de la loi », et donc subira les conséquences de produits deffectueux et/ou manquants si cela venait à arriver. La seule façon d’obtenir un rappel est de prouver un défaut de fabrication.
« Pour plus de clarté, l’acheteur n’aura pas le droit de rejeter un produit sur la base de réclamations de service à moins qu’un produit ne soit matériellement conforme aux spécifications ou aux standards de fabrication ». Notons toutefois que c’est une preuve difficile à apporter puisque le procédé de fabrication n’est même pas encore stabilisé.

« Cet accord est au-dessus de toute loi locale de l’État ».

Étudions maintenant ce qui pourrait intéresser les avocats.

« L’acheteur reconnaît que les effets à long terme et l’efficacité du vaccin ne sont actuellement pas connus et qu’il peut y avoir des effets indésirables du vaccin qui ne sont actuellement pas connus ».

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Par ailleurs, il existe des clauses concernant la possibilité de résiliation, mais en tout état de cause, l’acheteur n’a presque rien qui puisse être considéré comme une violation substantielle (même en cas d’inefficacité des vaccins ou en cas d’effets secondaires grave/mortels), tandis que Pfizer peut facilement le faire s’il n’obtient pas son argent ou s’il le juge nécessaire. En d’autres termes, ça marche dans un sens mais pas dans l’autre…

L’acheteur accepte par la présente d’indemniser, de défendre et d’assumer toutes responsabilités incombants à Pfizer et ses filiales (…) suite à des poursuites, réclamations, actions en justices, pertes, dommages, responsabilité, pénalités, amendes, coûts et dépenses… Le monde à l’envers, vous dites ?

L’État acheteur doit défendre Pfizer :

« Pfizer informera l’acheteur des pertes pour lesquelles il demande une indemnisation. Dès cette notification, l’acheteur assumera rapidement la conduite et la défense de ces réclamations indemnisables au nom de « Pfizer ». Cependant, Pfizer aura le droit d’assurer sa défense et l’acheteur devra payer toutes pertes, y compris et sans limitation, les honoraires d’avocat et d’autres dépenses encourues.

Pfizer s’assure que le pays en question paiera pour tout :

« Les frais et dépenses, y compris les honoraires et décaissements des avocats, encourus lors d’une plainte pouvant donner droit à indemnisation, seront remboursés sur une base trimestrielle par l’acheteur. »

Le pays acheteur est presque entièrement responsable et renonce à tout droit d’immunité. Il doit fournir à Pfizer une immunité totale contre toutes les réclamations et toutes les pertes, doit la mettre en œuvre conformément aux exigences légales ou réglementaires, et seul Pfizer peut décider du niveau de protection qu’il juge suffisant.

Par ailleurs, à l’heure où les données de santé de l’individu s’apprêtent à être de plus en plus divulguées et étudiées, la confidentialité du côté des laboratoires ne perd pas de sa valeur. Ainsi, chaque destinataire est tenu de protéger les données et les contrats avec Pfizer, et « ne divulguera les informations confidentielles qu’à ceux de ses représentants qui ont besoin de connaître ces informations confidentielles pour remplir ses obligations en vertu du présent accord ». Le contrat doit théoriquement rester confidentiel pendant 10 ans. Ce qui laisse en théorie du temps pour voir venir les effets secondaires et pour s’en prémunir.

Commentaires de l’auteur : ce contrat est simplement terrifiant et met les États à la merci de Pfizer. Des milliards de doses commandées vont être livrées sans aucun moyen pour les États de stopper l’approvisionnement. Le seul moyen de rompre le contrat est de prouver le défaut de fabrication, ce qui est virtuellement impossible. Le processus de fabrication n’est pas stabilisé donc il est impossible de démontrer que les vaccins ne seraient pas conformes. Pfizer a une immunité totale et n’est même pas responsable pour la non-efficacité de ses vaccins ou de la survenue d’effets secondaires, à court ou long terme. Les montants en jeu sont tels et les risques pour les États tellement démesurés qu’il est à présent aisé de comprendre pourquoi il n’y a pas de pharmacovigilance. Mener d’importantes études sur les effets secondaires des vaccins reviendrait, pour les États, à se tirer une balle dans le pied, puisqu’ils devraient en payer toutes les conséquences.

L’État fera donc tout pour minimiser, cacher, nier tout effet secondaire afin d’éviter les poursuites et devoir payer pour Pfizer. Les États se sont clairement mis au service du laboratoire au détriment de la santé de leurs populations.

Deux questions subsistent :

– Le gouvernement français, après avoir signé un tel contrat avec Pfizer, peut-il nous imposer la vaccination obligatoire pour écouler des livraisons continues de vaccins ?

– Pourquoi les États acceptent-ils de signer de tels contrats ?


Le fil Twitter en français :

Le récapitulatif en un lien : https://threadreaderapp.com/thread/1420017526977749004.html

Auteur(s): FranceSoir

https://www.francesoir.fr/societe-sante/pfizerleak-les-contrats-surprenants-vaccins-pfizer?f

♦ ENORME INFO JEAN_BERNARD_FOURTILLAN – Interview Hold-up complète –


#Malaria, #Sida, #Covid19 créé en labo et breveté depuis longtemps ! . LA preuve que tout était prévu et organisé depuis longtemps et que c’est une guerre contre les peuples