Qui a fait tuer Sankara? (Partie 2) – RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ


A partir de 1985, avec ce mariage, les relations entre Blaise Compaoré et l’entourage du chef de l’Etat se dégradent, mais la révolution se poursuit. Au fil des mois, avec les erreurs et les abus de la révolution, l’enthousiasme populaire commence, lui aussi, à faiblir. Les frustrations s’accumulent. Le mécontentement grandit, comme l’observe Etienne Traoré, secrétaire général du Syndicat national du secondaire et du supérieur (SNES) : « Des gens disaient qu’ils n’étaient pas contents de la révolution. Sankara en était conscient. Les travailleurs devaient subir beaucoup de sacrifices. Les salaires, il fallait les augmenter au lieu de passer le temps à égratigner des parties ». Quant aux chefs traditionnels, le régime s’était attaqué à leurs pouvoirs. « Dès le départ, ils se sont recroquevillés sur eux-mêmes. » Le syndicaliste parle de « rupture totale ».Certains affirment que Blaise Compaoré a alimenté ces frustrations pour rendre le président impopulaire. Sans aller jusque-là, la plupart des collaborateurs de Thomas Sankara estiment que Blaise Compaoré a au moins surfé sur le mécontentement. Ils pensent notamment à ceux qui, nombreux, espéraient jouir des avantages du pouvoir pour améliorer leur quotidien et pour qui la rigueur du chef devenait insupportable.« Quand vous voulez l’intégrité jusqu’au bout, à un moment donné, vous êtes embêté », affirme Fidèle Toe et, pour l’illustrer, l’ami d’enfance relate une anecdote au moment où le bouillant capitaine a dû se résoudre à changer sa vieille R5. Il se souvient de ses propos de l’époque : « C’est un problème parce que cette voiture, je ne peux pas la vendre. Un président qui met sa voiture en vente, ça paraît ridicule. Mais si je me mets à acheter un véhicule, on va penser que j’ai volé, que j’ai puisé de l’argent dans les fonds de l’Etat. »Il est arrivé que des chefs d’Etat, comme Mouammar Kadhafi, lui donnent des véhicules, mais Thomas Sankara les affectait immédiatement au parc de l’Etat. « Est-ce qu’il faut que j’achète un véhicule d’occasion depuis un pays européen ? », s’est alors interrogé Thomas Sankara. « Il m’a dit : « Sincèrement, Fidèle, je ne trouve pas de solution ». »« Cette voiture, je ne peux pas la vendre. » Fidèle Toe, ami d’enfance de Sankara ……suite…..

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Qui a fait tuer SANKARA (Partie 1) – RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ


Alouna Traoré est le dernier à sortir de la salle. « Je suis allé me coucher parmi ceux qui avaient déjà été abattus », dit-il. Puis il entend l’un des assaillants : « Y a un qui n’est pas mort, il faut le conduire dans la salle – [où l’on avait conduit d’autres membres du CNR, NDLR]. » Il le suit, pensant que sa dernière heure a sonné.« J’ai simplement demandé à celui qui m’escortait la permission d’uriner, après quoi je me disais que le temps était arrivé pour moi de partir. Mais non ! Il m’a poliment conduit à une salle où j’ai retrouvé certains collègues du Conseil de l’entente. Nous sommes restés dans la salle toute la nuit. Puis le matin, tout bonnement, on nous a demandé de rentrer chez nous. » Trente ans après, Alouna Traoré ne sait toujours pas pourquoi il a été épargné ce jour-là. Il a fait plusieurs dépressions nerveuses. Il est marqué à jamais. Dans les différentes interviews qu’il a données à la presse, le rescapé n’a pas toujours donné les mêmes détails sur ce qui s’était passé ce jour-là. Il sait que son témoignage a été remis en question par certains.« Je suis un humain. Imaginez-vous l’émotion ! » Mais s’il reconnaît « quelques variances », comme il dit, il insiste sur l’essentiel : « Thomas Sankara a été abattu, assassiné les mains en l’air. Je dis bien les mains en l’air. Je m’en tiens au fait. »En tout, treize personnes ont donc été tuées ce 15 octobre. Thomas Sankara, cinq participants à la réunion, cinq gardes : Emmanuel Bationo, Abdoulaye Gouem, Wallilaye Ouédraogo, Hamado Sawadogo et Noufou Sawadogo ; Der Somda, le chauffeur de Thomas Sankara ; et un gendarme, Paténéma Soré, venu distribuer un courrier, qui a également trouvé la mort ce jour-là. Le 15 octobre 1987, après les tirs. C’est la confusion à Ouagadougou. La radio nationale interrompt ses programmes et diffuse de la musique militaire. Puis le soir, entre 19h et 20h, un militaire en tenue lit un communiqué à la radio nationale. Il y annonce la démission du président, la dissolution du Conseil national de la Révolution et proclame la création d’un Front populaire dirigé par le capitaine Blaise Compaoré. Quelques jours plus tard, un certificat de décès de Thomas Sankara est publié dans la presse. Un certificat selon lequel Thomas Sankara est « décédé de mort naturelle ». Quant aux cadavres, ils sont enterrés en catimini, la nuit du 15 au 16, au cimetière de Dagnoen, un quartier à l’Est de Ouagadougou. Enterrés par un groupe de 20 détenus. Parmi les fossoyeurs, il y a Malick Yamba Sawadogo  qui purge une peine de douze mois de prison. Aujourd’hui, il témoigne : « Nous étions en prison. Le régisseur a appelé le chef de poste pour demander à ce qu’on lui prépare vingt détenus pour une corvée. Et j’ai demandé à mon collègue Rasmané ici présent de faire la liste… dix-neuf plus moi. […]On est venus nous embarquer à la maison d’arrêt. On est passés d’abord au Conseil de l’entente prendre le matériel de creusage. C’était noir, on ne voyait plus rien… Et on nous a dirigés au cimetière de Dagnoen, ici… »Ce 15 octobre 1987, quand les détenus arrivent au cimetière, on leur demande de creuser une dizaine de tombes. Puis les treize corps arrivent. « C’est la raison pour laquelle vous voyez dix tombes alignées, deux tombes en haut et une tombe avancée, celle de Thomas Sankara.Nous avons reconnu tout de suite le président Sankara, se souvient Malick Yamba Sawadogo. Il était couvert de sang, il avait le corps criblé de balles. Essentiellement à la poitrine. Quand nous avons reconnu ce corps de Thomas Sankara, tout le monde était glacé au cimetière. » Les corps sont enterrés en pleine terre. Sans dalle, sans natte, sans cercueil.« Nous avons reconnu tout de suite le président Sankara. » Témoignage de Malick Yamba Sawadogo, le fossoyeur Aujourd’hui, trente ans après, les herbes ont envahi le cimetière de Dagnoen. Les treize tombes ont été démolies, en mai 2015, pour exhumer les corps et procéder aux analyses ADN. A l’emplacement de la dalle de Thomas Sankara, il ne reste sur le sol qu’un petit morceau de la sépulture où l’on peut encore lire « président »…….suite..

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Mali: Yambo Ouologuen, la mauvaise conscience des lettres ouest-africaines, s’est éteint


World Vision

Yambo Ouologuem © Capture d’écran/Youtube

L’auteur malien du Devoir de violence, tour à tour célébré – notamment avec le prix Renaudot en 1968 – et dénigré, vivait reclus depuis de nombreuses années. Il est décédé samedi 14 octobre, laissant derrière lui une oeuvre intrigante ainsi que des mystères.

Yambo Ouologuem est décédé dans la ville de Sévaré à 77 ans ce 14 octobre. Depuis plusieurs années, l’auteur malien, considéré comme une des principales figures de la littérature contemporaine francophone d’Afrique de l’Ouest, vivait à l’écart de toute vie mondaine, tourné vers l’islam.

Cet été, Jeune Afrique conseillait à ses lecteurs de relire Le Devoir de violence, publié en 1968 au Seuil à Paris et aujourd’hui épuisé. Exercice littéraire, fresque historique, le livre est aussi une charge politique étrillant de manière égale la violence du colonialisme occidental et celle des pouvoirs africains. L’auteur s’attaque aux mythologies de l’universalité…

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مسجد الصحابي ابو هريرة في قرية يبنة المهجرة يحوّله الاحتلال الى كنيس


مسجد الصحابي ابو هريرة في قرية يبنة المهجرة. وبه مقام لاحد الصحابة، وقد حوّله اليهود الي مكان مقدس لهم ومقام لاحد كهنتهم وهو « رابان غمليئيل »- رئيس المجلس الكهنوتي الأعلى لليهود (السنهدرين)، الذي حوكم أمامه السيد المسيح عليه السلام، وحكم عليه بالصلب. تقع قرية يبنة على البقعة التي كانت تقوم عليها مدينة (يبنة ) التي يقال […]

via مسجد الصحابي ابو هريرة في قرية يبنة المهجرة يحوّله الاحتلال الى كنيس — مدونة فلسطين Palestine blog

Tony Blair : «J’ai commis l’irréparable en cédant aux pressions d’Israël


Tony Blair

Tony Blair reconnaît enfin qu’il agissait sur ordre de l’entité sioniste. D. R.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            De Londres : Boudjemaa Selimia – L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, a surpris tous les observateurs qui suivent de près le dossier israélo-palestinien, en avouant pour la première fois dans un entretien qu’il a accordé au Guardian, à quelques jours de la sortie de son livre L’aube de Gaza, que les dirigeants des grandes puissances occidentales, lui-même inclus, ont commis l’irréparable pour avoir cédé aux pressions d’Israël d’imposer un boycott immédiat au mouvement palestinien Hamas après sa victoire aux élections palestiniennes en 2006.En qualité de Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair a soutenu sans réserve la décision de son allié, le président américain George W. Bush, de mettre un terme aux aides destinées aux populations de Gaza et rompre toute relation avec le mouvement Hamas nouvellement élu pour présider aux destinées du peuple palestinien, sauf s’il reconnaît Israël, renoncer à la lutte armée et observer à la lettre les accords existants entre ses prédécesseurs du Fatah et Israël. L’ultimatum a été rejeté en bloc par le Hamas, qui venait de remporter des élections, jugées libres et démocratiques par les observateurs internationaux.

Tony Blair, qui a été nommé au poste d’envoyé spécial du quartette au Proche-Orient – composé des Etats-Unis, de l’UE, des Nations unies et de la Russie –, après son départ du 10 Downing Street, affirme aujourd’hui que la communauté internationale aurait géré le problème différemment. Il fallait, selon lui, intégrer le Hamas dans un processus de discussion, plutôt que de l’exclure totalement de la scène politique palestinienne.

Le boycott a permis, il faut le dire, à Israël d’imposer un blocus économique impitoyable sur Gaza, en vigueur jusqu’à ce jour. Ce qu’il faut aussi savoir est qu’un rapport de l’ONU, rendu public il y a deux ans, a clairement souligné que les effets combinés du blocus et les trois offensives militaires menées dans la bande de Gaza par Israël depuis 2009 ont transformé les territoires en zone «inhabitable» d’ici à 2020, alors que les conditions humanitaires se sont nettement dégradées depuis la rédaction du rapport onusien.

Cette sortie fracassante de l’ex-Premier ministre britannique, le travailliste Tony Blair, en abordant un sujet de politique étrangère extrêmement sensible, intervient dans une conjoncture dominée par l’émergence d’une nouvelle donne sur la scène palestinienne. Il s’agit bien évidemment du processus de réconciliation entre le mouvement Hamas et le Fatah, concrétisé après la signature tout récemment par les deux belligérants d’un accord de réconciliation historique destiné à mettre fin à une décennie de déchirements dévastateurs entre les deux principales formations sur la scène politique palestinienne.

R. S.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            https://www.algeriepatriotique.com/ 

Gaz de schiste : Une contribution pédagogique


gaz-schiste-formation                                                      Photo  S. Sellami                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Le 21 mai, le gouvernement algérien a décidé de se lancer dans l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Est- ce là une bonne décision pour le pays et son peuple ? Est- ce là une décision bénéfique bien que risquée liée à une vision stratégique appuyée par une étude spécialisée ? Est-ce seulement le souci de maintenir le système de la rente ?

La question fait débat. Faut-il y aller, attendre ou pousser vers d’autres voies ? Force est de constater que la vision sur le devenir du pays que montre le mode de gouvernance du pays ne permet pas au citoyen intéressé d’être assuré que seuls les intérêts du pays sont à la base de la décision.

Aspects géologiques et techniques d’extraction

Le gaz de schiste ou d’argile est un gaz naturel contenu dans des roches marneuses ou argileuses non métamorphiques, riches en matières organiques. Il est piégé dans les porosités de la roche mère rendue imperméable par l’argile qu’elle contient. Cette roche mère est donc son réservoir naturel. C’est pourquoi son extraction est particulièrement difficile. Elle nécessite le recours systématique aux techniques combinées du forage dirigé vertical et horizontal et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses. Le gaz de schiste est essentiellement constitué de méthane et est faiblement concentré.

La profondeur des couches sédimentaires qui le contiennent sont comprises, généralement, entre 2 et 4 km. Ces couches sont en forme de bancs de plusieurs centaines de mètres de long. L’épaisseur, qui est variable, doit dépasser les 30 mètres pour permettre une extraction économiquement viable.

La technique d’extraction la plus courante s’appuie sur le forage dirigé avec de longues portions horizontales associée à la fracturation hydraulique. Dans le schiste, un puits, malgré l’utilisation de la fracturation hydraulique, ne permet de drainer qu’un volume de roche limité. Il faut donc forer beaucoup plus de puits que dans le cas de l’extraction d’hydrocarbures conventionnels. La multitude de puits forés en fait une technique très onéreuse.

La fracturation hydraulique consiste à provoquer avant la mise en production du puits un grand nombre de micro-fractures dans la roche contenant le gaz, ce qui rend celle-ci poreuse et permet au gaz ou à l’huile de schiste de se déplacer jusqu’au puits afin d’être récupéré en surface. La fracturation est obtenue par l’injection d’eau à haute pression (environ 300 bars) dans la formation géologique en passant par le puits horizontal. L’eau qui est injectée contient du sable, des biocides, des lubrifiants et des détergents afin d’améliorer l’efficacité de la fracturation.

Une fois le forage terminé, elle s’effectue en plusieurs étapes dont le nombre est d’autant plus important que la roche mère est imperméable. Selon des sociétés spécialisées, il faut en moyenne, pour une longueur de puits horizontal d’un kilomètre, 30 opérations de fracturation qui consomment chacune environ 300 m3 d’eau, 30 tonnes de sables et 0,5 % d’additifs .. Il faut tout de suite savoir que les capacités installées de forage de Sonatrach et de ses filiales sont insuffisantes. Ces dernières ont encore à apprendre en matière de forage dirigé et horizontal. Le processus technologique de la fracturation n’est pas maîtrisé par nos entreprises et ce seront des compagnies étrangères qui profiteront de son implémentation.

Plusieurs techniques d’extraction alternatives sont actuellement à l’étude : remplacement de l’eau par du gaz comme le propane, stimulation, chauffage de la roche, mais elles sont encore balbutiantes. Celle qui semble la plus propre, baptisée fracturation sèche, n’utilise ni eau, ni explosifs, ni acides, ni solvants, mais de l’hélium chaud. En 2013, les compagnies spécialisées ont considéré qu’il n’y avait pas d’alternative aujourd’hui disponible à la fracturation hydraulique.

Rappelons enfin, les principales différences du processus d’extraction du gaz et de l’huile de schiste par rapport aux gisements classiques :

1. le gaz n’est pas concentré dans une roche réservoir perméable mais diffus dans la roche mère rendue artificiellement perméable sur une distance réduite autour du puits. Un puits ne draine donc qu’un faible volume de roches et ramène relativement peu de gaz. Pour produire une même quantité de gaz, il faut multiplier les puits ce qui nécessite, pour une même quantité de gaz produit, des investissements nettement plus importants.

2. la quantité d’eau injectée (volume de plusieurs centaines de fois supérieur à l’extraction de gaz conventionnel) nécessite des installations de retraitement particulièrement importantes. En milieu saharien, les nappes, particulièrement l’albien, doivent bénéficier d’une protection accrue.

3. la courbe de production se caractérise par un pic prononcé mais court en début de vie puis une décrue rapide, (expliquée en point 1). Cette caractéristique nécessite la multiplication des puits.

4. le taux de récupération d’un gisement de gaz de schiste est actuellement en moyenne de 20 % contre 75 % pou pour les gisements conventionnels.

Aspects économiques

Bien que les hausses du prix du gaz naturel des années 2000 et les progrès technologiques de la fracturation hydraulique et des forages horizontaux aient amélioré la rentabilité du gaz de schiste, ses coûts de production restent généralement plus élevés que ceux des gisements traditionnels. Les coûts élevés du forage horizontal et de la fracturation hydraulique, (entre 8 et 10 millions de dollars par puits) ainsi que le cycle de vie très court (5 ans) des puits concourent à rendre difficile et même aléatoire, la rentabilisation des gisements de gaz de schiste.

Seul le type d’exploitation que permet le modèle économique américain (déréglementation, politique active de subventions et règles fiscales) autorise une rentabilité sur le très court terme. Ajoutons que, en raison de l’instabilité des prix du gaz et de la volatilité de cette activité, celle-ci peut s’effondrer à la moindre modification des paramètres économiques.

Il faut savoir que, en 2013, les compagnies pétrolières ont réduit de moitié leurs investissements en Amérique du Nord dans le gaz non conventionnel. Dans les zones sahariennes où les hydrocarbures gisent à plus de 3km, le coût d’extraction du gaz oscillerait autour de 6 à 10 dollars (estimation par comparaison avec les USA) par million de British thermal unit (soit 28 m3) alors que son prix de vente ne dépasse pas les 6 dollars. Toutes ces considérations prises en compte, on peut s’autoriser à dire qu’il existerait, en Algérie, des incertitudes sur la rentabilité des gisements de gaz de schiste.

Aspects environnementaux

Le Parlement européen a réalisé une étude sur les impacts de la fracturation hydraulique lors de l’exploitation des gaz et des huiles de schiste sur l’environnement et la santé publique. Les résultats sont accablants et confirment les craintes légitimes. L’extraction de gaz de schiste a bel et bien des impacts sur l’environnement et la santé humaine.

L’étude reconnaît la nature inévitable des impacts de l’extraction de gaz de schiste, notamment sur l’air et les nappes phréatiques. L’étude fait également état des nombreux accidents répertoriés aux USA et de leurs dommages causés à l’environnement et à la santé humaine. Selon l’étude, l’extraction de gaz de schiste contribue également à augmenter les émissions de gaz à effet de serre.

Les dommages, nombreux, incluent l’augmentation des taux de radon dans l’air. « Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore présent dans les sous-sols. Dans les zones d’extraction, les concentrations de radon mesurées peuvent atteindre des taux dangereux qui accroissent le risque d’atteinte du cancer du poumon ». Pollution des nappes phréatiques, microséismes et hausse du radon sont des aspects néfastes de l’exploitation des gaz de schiste.

Cette étude a conduit la France à adopter un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste sur son territoire. En Europe, la tendance est à l’adoption de mesures législatives strictes pour protéger les territoires et la population.

En conclusion, Posons une question : Quel est l’intérêt de l’Algérie à hâter la mise en exploitation du gaz de schiste quand on sait qu’une immense partie du domaine minier national est encore vierge et recèle, sans nul doute, des quantités considérables d’hydrocarbures conventionnels. Pour ma part, Je pense qu’il est urgent d’attendre.

Le pays aura le loisir d’exploiter les gisements de gaz de schiste au besoin quand aucune alternative technologique n’aura surgi. Pendant ce temps, investissons dans la connaissance, les ressources humaines, l’agriculture et les énergies nouvelles. Là est l’intérêt de l’Algérie.

Abderrahmane Aouad
11 juin 2014

L’auteur est ingénieur Géophysicien, informaticien et ancien Cadre supérieur dans le groupe Sonatrach – aujourd’hui à la retraite                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         http://www.hoggar.org

 

Cette Algérie incomprise!


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Les pédagogues et les hommes d’esprit répètent souvent qu’on ne pourrait jamais être libres si l’on ne savait pas qui l’on est, où l’on se trouve ni quel genre de liberté on cherche. En d’autres termes, on ne percevrait jamais le brouillard présent dans nos têtes s’il n’y avait guère, au départ, cette maîtrise parfaite de nous mêmes, notre attention, nos sens, nos pulsions, nos connaissances, notre conscience…, notre démarche. Du coup, la réalité nous échappe et on perd inévitablement la direction de nos rêves. Or, un rêve n’est-il pas justement ce petit quelque chose, aussi futile soit-il, qui nous aide à vivre et qui survit, lui aussi, en nous en permanence? Décidément, sans rêves, on serait comme dans le radeau de la méduse, noyés aux alentours d’une île brumeuse ; grise ; triste ; invivable. Cependant, s’il est toujours nécessaire de réserver une place dans sa vie pour ses rêves, pour reprendre à ma façon les propos du poète français Robert Desnos (1900-1945), il faudrait que ces derniers (les rêves) soient à leur place. En effet, la première condition pour réussir ce qu’on rêve, c’est de développer la conscience de là où nous sommes et où nous voulons aller. Hélas! Il se trouve qu’ on a négligé tout ça, chez nous en Algérie! Fourvoyées et divisées à l’aube de l’indépendance, nos élites n’ont pas pu ni su tracer une trajectoire claire pour la patrie. La complication du problème de l’identité en est la preuve. Laissée en jachère faute d’un travail réflexif assidu, notre identité, malmenée au demeurant par des références extérieures inadéquates et prise pour une chose inchangeable, n’a jamais évolué. Quant au peuple, on lui a mis des œillères afin que tout son attention soit entièrement dirigée vers la route devant lui. C’est cette réalité-là, ô combien cruelle, qui nous a enfoncé dans «un sous-développement structurel». La nation a longtemps marché à tâtons, dans le vide. Elle n’a pas créé son rêve de bonheur ni laissé la joie de voir chacun lâcher prise la parcourir. Elle a comme pédalé sur une pente après avoir pris, indécise et submergée par l’émotionnel (l’euphorie suscitée par la fin de la guerre de libération), un chemin sinueux. On dirait que les Algériens auraient voulu construire leur pays par la seule opposition à l’autre (l’ex-puissance colonisatrice) et non point sur ce désir, du reste constitutif des valeurs des nations modernes, de réappropriation de leur histoire, langue, culture, héros, etc. Le projet de l’arabisation mis en œuvre d’une manière impensée, anarchique et surtout revancharde durant les années 1970-1980 n’en est-il pas une des plus banales manifestations? Notre drame est comme «une synthèse de contradictions» qui s’est renforcé, au fil du temps, pour aboutir, aujourd’hui, à des profondes incohérences dans notre pensée, notre façon d’agir, nos idées, notre philosophie d’existence…

Kamal Guerroua
14 décembre 2016                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        http://www.hoggar.org