Nous sommes le 22 Mars 2014…


C’est demain que s’ouvre la campagne électorale mais on ne sait pas ce que les candidats vont pouvoir nous dire de plus que ce qu’ils n’ont pas pu taire depuis le jour où ils ont déposé leurs candidatures…

Et puis, nous les connaissons si bien qu’il n’est pas du tout utile de les écouter; et puis, nous savons tous qu’entre les promesses généreuses et la capacité à les réaliser, il y’a une administration bureaucratique gloutonne doublée d’une « mafia politico-financière » féroce et d’un pouvoir occulte omnipuissant auxquels Bouteflika ou Benflis devront se soumettre ou se démettre… que dire de Louiza Hanoune et des autres lièvres !

Nous allons juste devoir nous farcir leurs « fatchas » mal léchées sur les murs de nos villes et villages; des portraits qui n’ont rien d’oeuvres d’art, juste des photos mal cadrées aux couleurs mal choisies, que seul embellit notre pauvre drapeau…

C’est le 22 mars 1904 que le Daily Illustrated Mirror publia la première photo couleur… Un procédé qui sera utilisé durant cette campagne, à saturation par nos journaux qui faute de pouvoir user du poids des mots, abuseront du choc des photos…

Il n’est pas exclu que certains candidats nous refassent le coup du laser comme le fit Abassi Madani dans les années 90 en écrivant le nom de Dieu sur les nuages et qui expliqua malicieusement cette « mou3djiza » en précisant que c’était un « ikra’m » mais sans dire mot sur la technique utilisée afin de ne pas en atténuer les dividendes auprès de ceux, très nombreux, qui ont cru et croient encore au miracle alors que le brevet du laser fut déposé il y’a belle lurette par Townes et Schawlow, précisément le… 22 mars 1960.

On ne sait pas si les coursiers de cette année joueront le jeu jusqu’à la ligne d’arrivée où s’ils feront comme ces chevaux inscrits à plus crédible stud book qui, lors de la première 3ouh’da se rebiffèrent et abandonnèrent la course devant le favori du « système », et qui font aujourd’hui les épistoliers aigris mais assagis…

l’Histoire semble pourtant se répéter mais les lièvres ont dû apprendre la leçon de Mohamed Said et de la récompense qu’il reçut pour s’être donné le plaisir de faire semblant de courir… et puis, si on sait gérer le pactole offert à l’occasion, on peut, il faut le dire, gagner une petite place au paradis en se faisant millionnaire, pour ne pas dire milliardaire à moindres frais et se dire en se passant la langue sur les lèvres: « yen3al bou elli mayhebbech les élections présidentielles ! »…

En vérité, les compétiteurs de cette élection de la 4e 3ouhda devraient eux aussi se retirer car les jeux sont faits et les promesses de neutralité ne servent qu’à mener le processus à son terme pour lui conférer une crédibilité plutôt internationale que nationale car la canaille qu’on appelle aux urnes est faite pour donner sa voix et non son avis…

Monsieur Bouteflika n’a pas besoin de faire campagne et M. Ouyahia qui a promis sa présence physique à un meeting n’aura même pas besoin de se confondre en excuses pour sa fausse promesse, d’abord parce que monsieur Ouyahia ne s’excuse jamais, autrement il n’aurait que ça à faire; ensuite parce que notre président n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit pour se faire reconduire, comme son ami le général Soeharto qui fut réélu président le 22 mars 1973 et récidiva en 1978, 1983, 1988, 1993 et 1998 le battant de 2 mandats avant d’être contraint de démissionner…

Disons pour finir que c’est le 22 mars 2004 que Cheikh Yassine fut, malgré sa chaise roulante, abattu par un tir ciblé d’hélicoptère israélien au moment où la Ligue Arabe fondée par la perfide Albion pour donner des Arabes l’image d’un Goliath face au chétif David, fêtait, jour pour jour son 59 anniversaire puisqu’elle vit le jour sous l’impulsion de 6 pays le 22 mars 1945..

Dans son oraison funèbre, Ismail Hannia a dit de l’homme à la chaise roulante qu’il rêvait de pareille mort…

Notre homme à la chaise roulante qui fut l’auteur d’une mémorable oraison funèbre au temps où il savait parler, doit lui aussi rêver certainement d’une mort plus douce, mais dans ses fonctions de Président faute d’avoir eu le privilège de mourir au combat comme le digne Chaoui hacha Sellal, Mustapha Ben Boulaid, assassiné par l’occupant, par une méthode aussi brutale mais plus perfide que le Cheikh Yassine… le 22 mars 1956…

Goethe qui est mort le 22 mars 1832 disait; « La hauteur nous attire, mais non les degrés qui y mènent ; les yeux fixés sur la lune, nous cheminons volontiers dans la plaine. »
Publication de Mohamed Adjou 22/3/2014

Publicités

L’ENTETEMENT… OU L’ASSASSINAT D’UNE NATION


 Dépêché outre-mer en vue de commercialiser un plan de sortie de crise limité très pauvrement à une conférence nationale inclusive en appuie sur une prolongation inconstitutionnelle d’un mandat pour une durée indéterminée, LAMAMRA insiste étrangement lors de ses points de presse sur l’indépendance mais ne souffle mot évidemment sur la souveraineté de la kermesse. Les objectifs de ce qui ne pourrait être qu’une foire d’empoigne, tout comme du reste sa gestion sont, sans autres formes de procès tout aussi inclusifs au pouvoir. La crise politique majeure qui domine dans notre pays est assimilée ou réduite à ‘‘une affaire de famille à régler par le dialogue’’. Ce plan, ou cette feuille de route est aussi vendue comme étant l’écoute de Bouteflika aux aspirations des Algériens et donc une réponse du président à une révolte populaire sans précédent qui elle revendique clairement un changement total du système de gouvernance instauré dans notre pays depuis 1962.                        

                    Rappelons à cet effet que cette conférence inclusive, clef de voute de la feuille de route de Bouteflika, fut revendiquée en son temps par TAJ. En effet, et mis à part les constantes de la nation, cette conférence aurait à traiter de toutes les questions politiques (constitution), économiques et sociales disait Ghoul. Alors encore premier ministre, le secrétaire général du RND expliquait tout autant que cette conférence permettrait ‘‘un amendement radical de la constitution’’ et aurait à traiter des questions économiques et notamment de ‘‘la réforme des subventions des prix’’ qui doit faire l’objet ‘‘d’un large consensus de la société’’ algérienne.

                         Il devient ainsi évident que cette feuille de route, antérieure aux manifestations grandioses du peuple algérien, ne constitue nullement et en aucune manière une réponse du pouvoir aux revendications des Algériens. Un mensonge grotesque, une manœuvre dilatoire en vue de perpétuer, faire encore durer un système politique auquel l’écrasante majorité du peuple algérien demande de dégager.

                         Qualifiées de retournement de veste, les déclarations toutes récentes et officielles du RND et du FLN vont au contraire très exactement dans le sens de cette feuille de routeLeur timing si rapproché prête à penser qu’elles obéissent à un même chef d’orchestre partant qu’elles renchérissent également avec LAMAMRA en revendiquant tout autant le dialogue (conférence inclusive) avant de venir soutenir (hypocritement ?) en bons derniers, le peuple algérien que le monde saluait.

                         Lorsque l’on additionne l’engagement médiatique de BEDOUI, LAMAMRA et BRAHIMI à la tournée européenne du ministre des AE. Lorsque l’on comptabilise les dernières déclarations du FLN, du RND à la lettre du 18 mars du président, l’objectif du Pouvoir de foncer brutalement, sans aucune délicatesse vers sa conférence inclusive ne fait plus de doute et laisse montrer une détermination qui ne semble nullement soupeser l’ampleur de la provocation, ses conséquences néfastes éventuelles et ce faisant l’étendue de ses responsabilités envers une population jeune avide de droit, de justice et de bien-être. Cet entêtement a valeur d’un assassinat.

                         Pour autant, la France officielle évite toute immixtion dans les affaires intérieures de l’Algérie, ne cessent de répéter ses dirigeants. Dans ce contexte, et dans sa réponse à l’historien Benjamin STORA, MACRON disait : « Donc je me suis tenu très à distance à ce sujet. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des échanges en particulier avec ceux qui dirigent l’Algérie pour essayer de comprendre, d’accompagner et de faire passer des messages d’une transition, mais je ne peux pas aller beaucoup plus loin sur ce sujet » ajoutant, « Il faut accepter sur ce sujet, compte tenu de notre histoire commune, d’avoir une forme d’art du contournement, en tout cas de politique indirecte ». Son ministre des affaires étrangères dans son intervention devant l’Assemblée Nationale Française appuyait les propos de son président et confirmait à postériori ce que disait ce chroniqueur sur Europe 1 le 30 octobre 2018 lorsqu’il affirmait que « Tout se passe à un niveau plus souterrain et même secret. Entre la France et l’Algérie, c’est un ballet d’émissaires de diplomates informels ». Ceci étant, il est donc tout à fait naturel et légitime qu’un doute réel sur la paternité pleine et entière de cette feuille de route s’installe dans l’esprit des Algériens. L’Italie, la Russie puis l’Allemagne, LAMAMRA ne s’est point rendu en France avais-je demandé à un observateur de la scène politique algérienne ? ‘‘Qu’avait-il à expliquer à ceux-là même qui probablement avaient suggéré ou tout au moins avait peut être aidé à concevoir cette démarche fallacieuse dénommée feuille de route !’’ me répondit-il.

                         Devant cet entêtement aveugle, l’espoir ? A tout problème, quel que soit sa complexité il y a une solution voire plusieurs disait en gros ou en substance le vice-ministre de la défense. Des propos laissant entendre l’existence d’un plan ‘‘B’’ ou tout au moins l’existence d’autres solutions possibles à une feuille de route tant décriée et qui semble avancer à la hussarde sans aucune forme de considération envers une population engagée elle dans un véritable combat pour l’indépendance réelle de ses décisions politiques, économiques et sociales, un combat allant dans le prolongement de celui mené par nos 1 500 000 martyrs, un combat pour parachever  l’indépendance, un combat pour le droit, l’égalité, l’épanouissement, le développement. Le peuple algérien rejette donc avec force et détermination une feuille de route dont la finalité première ne vise qu’à perpétuer un statuquo que la France veut absolument nous imposer. « Les autorités françaises veulent empêcher la montée en puissance d’éléments plus radicaux qui menacerait la stabilité du régime » disait le 30 octobre dernier ce même chroniqueur français sur Europe1. Remarquons bien la nuance puisqu’il ne s’agit point d’empêcher la déstabilisation de l’Algérie mais de celle du régime.

                         En dernier lieu, rappelons que toute transition politique, si transition politique il y a, et comme son nom l’indique, aura pour objectif de définir et de concevoir l’ensemble des modalités pratiques, d’en suivre leur mise en œuvre et leur instauration pour l’éclosion d’un état de droit dans toute ses dimensions pleines et entières en Algérie. En aucun cas elle ne devrait avoir à traiter d’économie, un domaine de l’apanage du parti majoritaire que le peuple souverain aurait accordé librement le droit de conduire à travers un mandat électif lors d’un scrutin transparent. La politique économique restant le propre d’une démarche exclusive à chacun des partis politiques existant sur la scène nationale (Socialiste, libérale… etc)

DJEDDOU Mayara

http://lequotidienalgerie.org/2019/03/22/lenteteme

Bouteflika : je l’avais prévenu…


En 1999, j’étais opposé à la candidature de Mr Abdelaziz Bouteflika à l’élection présidentielle, malgré de multiples tentatives de m’y faire rallier.

Le jour même où il prêtait serment (20 avril 1999), je lui ai fait parvenir la lettre ci-après.

Je l’ai rendue publique lorsqu’il s’est porté candidat à un quatrième mandat en mars 2014.  La version arabe a été publiée par le quotidien « Al-Khabar » du 10 mars 2014, et la version française par le quotidien « Le soir d’Algérie » du 11 mars 2014.

(Texte de la lettre) :

« Alger, le 20 avril 1999.

Monsieur le Président de la République,

A la veille de votre investiture, et alors que vous n’êtes pas encore entièrement happé par les nécessités de votre charge, je voudrais vous présenter mes sincères félicitations et mes meilleurs vœux de succès dans tout ce que vous entreprendrez pour le bien de notre pays et, par la même occasion, vous faire part de quelques réflexions destinées à l’homme, plus qu’au Président.  

Quelles que furent mes positions à l’égard de votre candidature, vous êtes aujourd’hui le Président de tous les Algériens, et par conséquent le mien. Cela est désormais une donnée de l’Histoire que je regarde avec un état d’esprit positif et bienveillant, et dont je puise par ailleurs le droit de vous adresser cette « naciha » (conseil) au sens noble et islamique du terme.

Rien de ce que vous allez lire n’est étranger à votre culture et à votre connaissance du monde. Néanmoins, j’ai tenu à vous en entretenir ne serait-ce que pour satisfaire à l’impulsion qui m’a inspiré cette initiative.Publicité

Il y a fort longtemps le simple citoyen que vous étiez jusqu’à aujourd’hui 11H 00 avait connu les splendeurs et les misères de la vie publique. Vous avez connu les joies de la vie et les honneurs du monde, avant de connaître l’amertume de leur brusque privation.

Vous avez connu le tumulte du succès et la solitude du pestiféré. Vous avez été porté aux nues, puis traîné dans la boue. Vous avez donc eu tout loisir de mesurer la vanité des choses et la versatilité des hommes.

Mais voilà que vous êtes de nouveau porté par un courant ascendant, et que vous vous retrouvez entouré et adulé comme aux plus beaux jours. Ni les choses ni les hommes n’ont changé.

Mais vous, avez-vous changé ?

Le pouvoir, vous y étiez puis vous en avez été éloigné. Vous y revoilà de nouveau, pour vous ne savez combien de temps. Vous êtes appelé à le quitter une autre fois, mais en le quittant cette autre fois, et pour de bon, vous ne trouverez pas devant vous un désert à traverser, mais le tribunal de la postérité à affronter. Votre comptable et votre juge ne seront ni l’électorat ni l’opinion internationale mais l’Histoire et Dieu.  

Votre parcours, vos souffrances d’hier, vos peines d’aujourd’hui devant la perfidie de vos concurrents, votre niveau intellectuel, votre expérience, votre sens de l’Etat, votre âge enfin ne vous prédisposent pas à un mandat terne et placide, à une figuration sans relief, à un accommodement pusillanime avec une situation où le sang et l’encanaillement généralisé font bon ménage…

En revenant au pouvoir en 1958 au milieu d’une crise de la taille de celle que nous vivons actuellement, le général de Gaulle a eu ces mots : « C’est en un temps de toutes parts sollicité par la médiocrité que je devrai agir pour la grandeur ».

Seul, âgé, navigant au milieu d’un océan d’hostilité, il était revenu au pouvoir avec à l’esprit un grand projet, celui de réconcilier son peuple, de tirer son pays des rets de la guerre d’Algérie et de réformer en profondeur les institutions françaises selon un plan dont il avait annoncé les grandes lignes à Bayeux douze ans plus tôt. Homme de mission et de devoir, visionnaire, il accomplit inexorablement sa tâche puis s’en alla prendre place dans la mémoire reconnaissante de son peuple.

Il y a des attitudes et des gestes qui marquent la conscience humaine, fondent de nouvelles valeurs, et fournissent des repères durables aux générations qui viennent après.

Deux jours avant sa mort, malade et extrêmement affaibli, le Prophète fit une dernière apparition publique dans la mosquée de Médine pour dire ceci : « La mort est une nécessité, et aucun homme ne peut y échapper. Mais il y a après la mort un jour de justice et de réparation où les créatures réclameront les unes contre les autres ; les grands de la terre réclameront contre les petits, et les petits contre les grands ; il n’y aura pas plus de faveur pour moi que pour personne. Pendant que je suis encore avec vous, adressez-moi vos réclamations. Si j’ai frappé quelqu’un d’entre vous, qu’il me frappe. Si j’ai offensé quelqu’un, qu’il m’en fasse autant. Si j’ai pris le bien de quelqu’un, qu’il me le reprenne. Purifiez-moi de toute injustice afin que je puisse paraître devant Dieu ».

De son côté, Salah-Eddine al-Ayoubi (Saladin) a fait promener dans les rues de Damas à la veille de sa mort le drap blanc qui devait lui servir de linceul et fait crier par un héraut : « Voilà, de toutes ses richesses, ce que le grand Saladin, vainqueur de l’Orient et de l’Occident, emporte dans sa tombe ».

A l’autre extrémité du registre des réactions humaines on peut noter l’attitude d’un Napoléon qui, de retour au pouvoir après son exil sur l’île d’Elbe, donna libre cours à l’immense orgueil qui l’habitait : « Des milliers de siècles s’écouleront avant que les circonstances accumulées sur ma tête aillent en puiser un autre dans la foule, pour reproduire le même spectacle. Mon nom durera autant que celui de Dieu… » Hitler, pour sa part, était assuré que le Troisième Reich durerait mille ans.

Autrefois vous avez été, de l’avis général, un brillant ministre. A l’avenir, vous devrez avoir, outre la brillance, les autres qualités de l’or : la pureté et la valeur. En suivant à la télévision votre campagne électorale j’ai tenté, à travers vos paroles et vos gestes, de décrypter votre pensée réelle. Par moments je croyais voir et entendre Kadhafi, Castro ou Saddam, et je me sentais alors pris de peur pour l’avenir de mon pays.

Par contre, je n’ai pas été choqué par vos jugements désabusés sur l’état de notre pays et les reproches que vous adressiez à nos compatriotes.

Cela donnait parfois l’impression que vous mettiez votre personnage sur un plateau de la balance et la nation tout entière sur l’autre, mais je n’ai pas pour autant pris cela pour l’expression d’un orgueil démesuré.

Tandis que vos concurrents rivalisaient de populisme, d’hooliganisme et de niaiseries, vous vous distinguiez par l’effort de faire comprendre à vos compatriotes qu’ils avaient eux aussi leur part de responsabilité dans la crise…

Il est vrai par exemple que notre peuple déteste la « hogra » mais, en réalité, il ne la déteste que quand il en est la victime car, pris individuellement, chaque Algérien est un « haggar » en puissance, quand ce n’est pas en actes quotidiens dont il n’a pas conscience.

Il est bon qu’il le sache afin qu’il s’améliore.

En vertu des vicissitudes de son histoire, notre pays n’a pas définitivement cimenté son unité psychique et notre peuple, brave et candide au demeurant, ne s’est pas mué en société fonctionnelle et homogène.

Nous n’avons pas suffisamment entrepris et agi ensemble à travers les âges, nous n’avons pas accumulé les réserves nécessaires en réflexes, mécanismes et habitudes de vivre ensemble pour mûrir et nous établir définitivement comme nation au sens subjectif du terme.

Si cela avait été, nos rangs ne se seraient pas disloqués sous les premiers coups de boutoir de l’idéologie islamiste ou de la politisation de la question amazighe.

La force n’est pas un moyen de pallier durablement l’insuffisance de liant social et la quasi-inexistence de l’esprit civique. Les prodigalités économiques non plus.

En déversant beaucoup d’argent sur un pays, en emplissant les ventres de ses habitants, on peut les maintenir dans un certain état de docilité et de stabilité, mais pas en faire un corps civique homogène.

Une telle politique a un nom : « acheter la paix sociale ». De mon point de vue, c’est pire : c’est de l’encanaillement.

A la première interruption du flot de la manne, ainsi que cela s’est vu en 1988, l’unanimisme apparent se rompt et les rangs se dispersent.

Le premier charlatan, le premier populiste, le premier nihiliste venu peut alors plonger le pays dans l’anarchie et la guerre civile.

Dans les années 60 et 70, le liant social installé dans la psychologie des Algériens par la Révolution de Novembre avait tenu bon car il agissait encore sur les esprits d’un peuple réconcilié avec son histoire.

Ce dernier était par ailleurs conforté par la certitude que son pouvoir travaillait à le doter d’un Etat pérenne et d’une économie de développement.

Le contexte international, marqué par la rivalité Est-Ouest, la montée des nationalismes et le romantisme révolutionnaire baignait alors dans l’ambiance florissante des « Trente glorieuses ».

Tout cela n’est plus aujourd’hui…

Notre pays a trop longtemps souffert de l’ignorance de ses dirigeants, lesquels ont, pour la plupart, consacré leurs maigres ressources mentales et intellectuelles à manigancer et à intriguer pour acquérir ou sauvegarder un statut illusoire au lieu d’accomplir un rôle dont ils n’avaient aucune idée et pour lequel ils n’étaient assurément pas faits…

Aujourd’hui que le sort vous a désigné pour présider à nos destinées à l’orée du troisième millénaire, il vous faudra mettre au service de cette mission votre conscience, votre expérience et vos compétences.

Eduquez le peuple, éveillez-le, réformez son Etat, son école, son université ! Frappez son imagination, secouez son esprit, soulevez son âme, donnez aux Algériens le sens du devoir ! Inculquez-leur les notions de mérite et de dévouement ! Nettoyez la justice et l’administration ! Encouragez la culture (la vraie), éloignez les « baraghit » et la médiocrité !

C’est de leur plus haut responsable que les citoyens d’un pays attendent d’habitude l’exemple et l’indication du chemin à suivre.

Ils sont inconsciemment portés à attendre de lui les gestes symboliques, les preuves de sa sincérité et les manifestations de sa compétence.

Vous avez parlé d’esprit chevaleresque, donnez-en des illustrations concrètes, montrez que vous êtes magnanime tout en étant intraitable…

Vous pouvez réaliser la « réconciliation » à condition qu’elle ne soit pas comprise comme une reconnaissance de l’efficacité du recours à la violence pour faire valoir des thèses car sitôt la paix obtenue avec ceux-ci, ceux-là seront tentés de prendre leur place au maquis et d’attendre que vienne le président qui leur offrira « rahma » et « réconciliation ».

Notre pays ne pourra pas survivre à une autre guerre civile, et nul ne pourra alors éviter l’intervention armée de l’étranger pour nous aider à « régler » nos problèmes…

Méditant sur son itinéraire politique avant sa chute, Nixon écrit dans ses Mémoires : « Un ennemi est un ami que je n’ai pas rencontré ». Cette sentence vaut aussi bien pour vous qu’à votre propos.

La majorité des Algériens actuels ne vous connaissent pas. Ils ne vous ont pas rencontré et ne savent de vous que ce qu’ils ont entendu ou lu sur vous. Vous êtes aujourd’hui en face d’eux, vous avez l’occasion de vous faire connaître d’eux pour ce que vous êtes réellement et, selon ce qu’ils découvriront, ils seront vos amis ou vos ennemis.

Un homme d’Etat qui regarde vers le haut et non vers le bas, qui scrute l’horizon de l’Histoire au lieu des coulisses du pouvoir, qui n’agit pas en fonction du seul court terme, qui ne flatte pas l’ignorance et les défauts de ses concitoyens pour s’en faire aimer, finira par gagner l’affection de son peuple et forcer le respect de l’étranger.

Ce que nous appelons dans le langage moderne la « légitimité par l’action », les anciens Chinois l’appelaient le « mandat du Ciel ». C’est ce qui est présentement entre vos mains.

Que Dieu vous assiste dans l’accomplissement de cette haute et noble mission ». 

(Fin du texte de la lettre)

PS : C’est pour l’aider dans cette voie que j’ai accepté de faire partie de son gouvernement du 23 décembre 1999 au 30 avril 2005.
par  Nour-Eddine Boukrouh

https://oumma.com/bouteflika-je-lavais-prevenu/

AVEC QUI NÉGOCIER ?


La phase actuelle du mouvement pacifique en Algérie est l’une des plus délicates. Comment passer du projet à sa concrétisation ? Quelles sont les modalités pratiques pour avoir non pas des représentants mais des porteurs du projet ? Et en quoi consiste ce projet ? Faut-il négocier ou pas et avec qui ? 
Le projet se lit sur les pancartes et les slogans clamés. J’en cite quelques unes : une deuxième république, une assemblée constituante, l’indépendance de la justice, la liberté, la démocratie, un Etat de droit…etc. En clair, bâtir une nouvelle Algérie sur de bonnes bases. Il aurait été souhaitable que le changement vienne de l’intérieur du système, ou plus précisément de ceux qui détiennent le pouvoir réel, mais hélas c’est une immense gangrène qui s’est constituée autour de ce pouvoir réel et le tout se maintenant à ne plus pouvoir, sans limite de temps, et croyant qu’ils peuvent continuer à gérer indéfiniment le pays comme une écurie sans opposition en face. Même la police politique communément appelée la SM n’a pas été en mesure de les alerter sur le pas à ne pas franchir, sur la ligne rouge : ne pas heurter la dignité des Algériens. Ce qu’ils ont franchi allègrement en entamant une campagne avec un cadre et des garde-corps. Situation ubuesque, surréaliste, il fallait se pincer plusieurs fois pour être sûr qu’on n’hallucine pas. La revendication d’une deuxième république, d’une assemblée constituante n’est pas nouvelle. Des militants des Droits de l’Homme ainsi que certains partis politiques en avaient fait le corps de leurs revendications(1). 
Dans les pancartes, on voit « système dégage ». Oui, il faut que le système dégage et qu’on construise le pays sur de nouvelles bases. Pour simplifier, le système fonctionne à deux têtes. Si la partie civile qui habille le pouvoir réel peut partir vite, et je ne parle pas du président Bouteflika qui est bien fini politiquement, mais du clan mafieux qui l’entoure et qui l’a pris en otage depuis quelques années. Ce clan civil sera probablement lâché à plus ou moins court terme. Lorsque la façade du pouvoir réel devient une menace, et pour le système et pour les décideurs de l’ombre, ces derniers n’auront pas de scrupules à s’en passer afin de sauver ce qui peut l’être encore. Il n’y a nul besoin de négocier avec les composants de la mafia civile. Ceux-là partiront d’eux-mêmes dès qu’ils sont lâchés par les décideurs réels. On en voit même qui se rallient aux manifestants ! Ce sont les militaires, les vrais détenteurs du pouvoir réel, avec qui il faut négocier et des départs et de la transition. Il se trouve que ceux qui ont été responsables de la décennie noire, des 200 000 morts, des 20 000 disparus et j’en passe, sont toujours aux commandes. Dans la théorie de la décision, quand il n’existe pas de bonne solution, on choisit la moins mauvaise. Le challenge est de taille. Avec qui discuter sachant que ceux-là même qui ont amené le pays à l’impasse sont toujours aux commandes ? La logique voudrait que ce soit avec les meilleurs d’entre eux. Mais si ceux-là n’existent pas, alors toujours selon la théorie de la décision, il faudra discuter avec les moins mauvais d’entre eux (2). 
Il reste qui va porter les revendications exprimées par les manifestants. Il n’est pas possible de négocier avec la rue entière. Nécessairement, il faut des individus. Je préfère parler de porteurs du projet de renaissance de l’Algérie que de porte-paroles. Une option serait un maillage du territoire national. Cette option prend du temps. L’Algérie compte 48 wilayas ; il faudra alors des porteurs du projet de toutes ces wilayas. Le maillage commence par le quartier jusqu’à la ville, et ensuite jusqu’à la wilaya. La seconde option, c’est un consensus sur des personnes de la société civile ou des militants connus pour leur probité et leur honnêteté. Il reste comment mesurer le consensus. On voit bien les craintes des uns et des autres concernant des listes de personnes qui circulent. L’idéal serait une plate-forme numérique où les Algériens et les Algériennes majeurs puissent voter pour chaque personne proposée. Quelque soit l’option choisie, il faut absolument que les négociations soient transparentes et transmises par tous les moyens d’information. 

Amina Kadi Mathématicienne Ecole d’ingénieurs-Paris

1 Compromis politique historique, juin 2014 Lequotidiend’Algérie/2014/06/21/31050. 
2 Voir l’interview de Omar Benderra « Oligarques, police secrète, généraux : ces puissants réseaux qui gouvernent l’Algérie », Oumma, le 14 mars 2019.

http://lequotidienalgerie.org/2019/03/20/avec-qui-negocier/

La gauche a sa place : dans les poubelles de l’histoire…


Chers « amis » de « gôche », vous qui avez voté Macron il y a un peu moins de deux ans « pour éviter le pire » et qui aujourd’hui crachez sans retenue sur les GJ que vous condamnez au nom de la « violence », de « l’antisémitisme » ou de toute autre calomnie à la mode…Nous ne vous oublions pas !

« Chers » car vous nous faites payer cher votre raisonnement stupide.

« Gôche » car c’est au nom de votre aveuglement, de votre vacuité intellectuelle, que vous perpétrez des politiques néolibérales que vous qualifiez de « gôche ». Macron était votre idole aux élections et vous avez largement contribué à l’élire…avec moins de 20% du corps électoral…C’est dire si votre voix compte !

Vous n’aviez pas prévu la destruction du code du travail ?

Vous n’aviez pas prévu Benalla ?

Vous n’aviez pas prévu les politiques en direction exclusive des riches ?

Vous n’aviez pas prévu la répression des chômeurs ?

Vous n’aviez pas prévu la casse des services publics ?

Vous n’aviez pas prévu la répression sanglante des manifestations ?

Vous n’aviez pas prévu la « loi anti-casseur » c’est à dire l’atteinte au droit de manifester ?

Vous n’aviez pas prévu le pacte de Marrakech ?

Vous n’aviez pas prévu le traité d’Aix la Chapelle ?

Vous n’aviez pas prévu l’augmentation des tarifs de l’EDF ?

Vous n’aviez pas prévu l’augmentation du gasoil ?

Etc.

Bref, non seulement vous n’aviez rien prévu, alors que, avec un minimum d’analyse, tout était prévisible…mais vous avez entrainé le peuple dans votre hallucinante galère.

Vous ne vous sentez pas responsable ?…C’est normal, vous êtes de « gôche »…donc les « amis » du peuple…heureusement que vous l’éclairez, car sans vous, il ne comprendrait rien.

Malheureusement pour vous et vos élus félons, le peuple a compris…Très bien même. Pendant que vous participez au « grand débat », grand enfumage de Jupiter, le peuple est dans la rue, sans faiblir, depuis le 17 novembre.

Alors vous revenez au secours de votre idole : vous justifiez les violences policières par la « violence » des gilets jaunes, justifiant au passage la violence capitaliste.

Vous qualifiez les Gilets jaunes de racistes, de xénophobes, de suppôts de l’extrême droite, de fascisants, de racistes et maintenant d’antisémites. Il est vrai que cela vous permet de défiler avec la cour de Macron-le-petit et d’être sur la photo. C’est logique, après tant d’erreurs, de contradictions de renoncements et de bassesses, la lumière médiatique vous manque.

Mais vous ne reconnaîtrez jamais vos erreurs. Pour tenter de survivre, et au passage empêcher les autres d’exister, vous persistez. Votre haine du peuple n’a de commun que la hargne de vos semblables il y a 150 ans contre les communards qualifiés de « racaille ». Vous détestez « Ceux d’en bas »…Nous, nous l’appelons le peuple !

Vous commentez et jugez pourtant le monde que vous ignorez avec une morgue et une suffisance à toute épreuve. Vous n’aimez, dans la démocratie, que ce qui vous permet de débattre entre vous (le petit doigt en l’air), de décider pour tous, de défendre vos privilèges qui accablent le « petit ». Vous adorez l’Union européenne car, c’est votre instrument, votre baguette magique…elle réalise tous vos souhaits. Mais pas assez vite. C’est pourquoi vous êtes êtes au bord de l’extase quand votre maître dit qu’il en faut plus.

Vous êtes l’antithèse de l’aspiration portée par les GJ. Vous aspirez à un pouvoir autoritaire, capable d’écraser toute contestation, capable de faire taire toute réelle opposition. La « gôche » est à sa vraie place avec Macron.

Mais prenez garde, c’est une lame de fond sans précédent qui est en train de se forme. Elle emportera tout ce qui se met en travers de sa route pour remplir, les poubelles de l’histoire…

Bon voyage…

Joël PERICHAUD
Secrétaire national aux relations internationales du Parti de la démondialisation (PARDEM).»»http://www.pardem.org/actualite/en-bref/937-la-gauche-a-sa-place-dans-…URL de cet article 34710 
https://www.legrandsoir.info/la-gauche-a-sa-place-dans-les-poubelles-de-l-histoire.html

Parlons (Inter) Net


L’ivresse décime

Pour dire qu’elle souffre, une partie du pays s’expose, tous les samedis depuis 18 semaines, aux énucléations, amputations, fractures, plaies, gazages, matraquages, gardes à vue, procès expéditifs, emprisonnements. La majorité des citoyens la soutient, en dépit d’un autre matraquage, incessant par des « grands » médias qui ont lâché leurs chiens. Les animateurs, éditorialistes, politologues, « philosophes » (sic) aboient. L’un dit que l’armée devrait tirer, l’autre qu’il faut mettre les meneurs jaunes en état d’arrestation.

Les mauvaises langues racontent que, rentré précipitamment de La Mongie, Macron a engueulé Castaner (qui lui conseillait d’enlever ses après-skis). « Et toi, ferme ta braguette » aurait-il répliqué sèchement avant de faire filmer une réunion de crise où, livide, les traits durcis, il a averti chacun qu’en matière de gestion du problème, « on n’y est pas »
Traduisez, non pas « Il faut céder à ceux qui ont faim », mais « Il faut taper plus fort sur Jojo, les analphabètes-alcooliques-fainéants-fouteurs-de-bordel qui ne sont rien et qui nous les gonflent avec leur histoire de fin de mois ».

Bref, il faut remplir les prisons et les hôpitaux. Les morgues, peut-être.

Edouard Philippe, qui pense que son heure approche (Macron étant fini), se pencha sur Nicole Belloubet (défaite comme si elle venait de se découvrir dans un miroir) pour lui chuchoter un petit poème irrévérencieux qui résumait le désarroi macronien :

« Le Fouquet’s, symbole de la République
Est incendié par les CRS.
Brigitte, la muse érotique
Est restée seule sur le tire-fesse ».

Théophraste R. Auteur du mémoire (en cours) : « Le méprisant de la République peut-il finir en prison ? » et du pamphlet (déchiré et poubellisé dès le premier chapitre) : « Le jour où la foule haineuse s’empara de Mussolini ».

https://www.legrandsoir.info/

Bedoui, meneur de la pré-transition?


En termes de transition la condition sine qua non est la démission du Président. Sans elle, il n’y aurait que du surplace et le pays s’installerait dans l’impasse. Les signes personnifiés incarnant le pouvoir ne doivent pas être dans la cuisine, dit la rue. Cela ne traduit nullement l’effacement d’un revers de colère toutes les institutions. Elle serait à l’identique du HCE. A-t-on cependant confié ce cheminement progressif en une pré-transition à Bedoui ? 

Pourtant, sa prestation conférencière de presse du jeudi a pesé lourdement sur les esprits quant aux incertitudes et imprécisions ayant corroboré la réalité du niveau. Il était présent avec ses coquilles dans cet autre vendredi 15 mars plein à craquer. Ce vendredi qui chaque semaine se gonfle de plus en plus en nombre et en intensité sonore. Les messages sont devenus très clairs dans leur multiplicité, tout en ayant un unique sens, c’est le décollement radical avec le pouvoir en place. L’un de ces slogans affichés indique que le peuple veut un formatage et non pas une mise à jour. Ce qui veut dire, le besoin de mettre en cause tout le logiciel qui anime l’unité centrale. Déracinement entier. 

La transition voulue par le peuple algérien ne requiert pas l’existence de symboles du régime et d’éléments eux-mêmes impliqués dans la situation catastrophique que dénonce la rue. Il la veut pacifique, sereine et fraternelle. L’on ne veut ni celle de l’Egypte, ni celle de la Libye ni celle de la Tunisie. On a toutes les capacités historiques et pédagogiques pour faire nous-mêmes la nôtre. Notre sceau de marque déposée, sans viol, sans vol et sans dol. 

La nomination de Bedoui, sous couvert du poste de Premier ministre cache en vérité la mission qui lui serait confiée de gérer cette phase pré-transitoire. La grogne ne s’est point abstenue dès sa nomination de notifier avec vrombissement son refus. Ni Bedoui ni prolongation, le départ de tous demeure une exigence populaire. Le slogan le plus scandé. Mais que faire alors ? L’on doit bien « transiter » par une période. Il doit bien y avoir un acteur et une équipe qui la dirigent ! 

Si quelques bouches encore parfumées de l’arôme du système préconisent sournoisement Lakhdar Brahimi ; l’ensemble du peuple semble publiquement le médire, le maudire. 

Dommage dit-on qu’il a troqué une belle fin de carrière internationale pour une cause perdue, s’efforçant à insuffler du vent dans un sac troué. Résidant à Paris, visitant gratis l’Algérie au tir-au-flanc, jouissant d’un riche annuaire relationnel que souhaiterait-il à deux pas d’une tombe pour découronner ainsi sa fin de destin ? 

Idem pour Lamamra, qui avait un temps épaté plus d’un par son sourire angélique et qui s’emploie maintenant à une mission lui étant intrinsèquement inadaptée. Dommage également pour lui quand il croit considérer que le don diplomatique peut être aussi une manœuvre machiavélique d’embobiner les foules. Que reste-il ? Bedoui ? Il ne semble pas le Monsieur se plaire dans ce rôle même s’il a consenti à apporter toute sa force pour se complaire. La transition est cette parenthèse extraordinaire que l’on ouvre dans un cycle anormal pendant un moment pour la fermer une fois un travail objectisé accompli. Une brèche lumineuse et rapide dans la pâleur d’un ciel longtemps enténébré. Elle nécessite pour l’idéal de son accomplissement une main neuve, un esprit neutre et un nouvel œil. En plus de la haute dextérité, la droiture morale, l’impartialité et l’inculpabilité sont les axes fondamentaux au profil du garant d’une transition. Un fonctionnaire usuel donc qui avait gravi crescendo tous les échelons, évoluant le plus souvent sur la bande d’arrêt d’urgence, même commettant des gentillesses ne peut, au nom de tous les principes du management lorgner la vertu exigible d’un médiateur peuple / pouvoir. Que l’on aille creuser ailleurs. Dans la rue, dans le mouvement populaire, dans la fuite des cerveaux, dans les tiroirs fermés, dans les arrières de vitrines, dans les caves des recalés, dans les fiches bleues raturées, les dépôts et les réserves de la république quoi ; car le carnet des adresses habituelles de l’histoire et de la révolution s’est totalement épuisé. 

par El Yazid Dib

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274369