Pétrole et paradis fiscaux : les intérêts cachés de la ministre de la transition énergétique


Agnès Pannier-Runacher est liée à une société détenue par son père et ses enfants mineurs. Baptisée Arjunem, l’entreprise familiale partage des intérêts financiers avec Perenco, numéro 2 du pétrole en France, et détient plus de 1 million d’euros dans des paradis fiscaux. Malgré le risque de conflit d’intérêts, la ministre de la transition énergétique n’a jamais rendu publique son existence.

C’est un immeuble résidentiel comme tant d’autres dans le 16e arrondissement de Paris. Une façade de baies vitrées avec balcons en fer forgé, loge de gardien et ascenseur de service. C’est ici, au 56 avenue Georges Mandel, qu’est enregistré depuis le 13 juillet 2016 le siège d’une discrète société liée à la ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Son nom : Arjunem.

Un acronyme derrière lequel se cache une donation familiale que cette macroniste de la première heure n’a jamais rendue publique. Elle a pourtant eu par deux fois l’occasion d’en informer la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), lors de sa nomination au ministère de l’économie en 2018, puis à celui de l’industrie en 2020. Or, ses déclarations d’intérêts et de patrimoine ne font aucune mention de cette affaire d’héritage.

D’après l’enquête de Disclose et Investigate Europe (IE), le montage d’Arjunem, qui prend sa source dans des paradis fiscaux, renferme un possible conflit d’intérêts entre la ministre de la transition énergétique et le groupe Perenco. Une firme opaque, deuxième producteur français de brut après TotalEnergies, dont Jean-Michel Runacher, associé d’Arjunem et père de la ministre, était jusqu’à récemment l’un des dirigeants historiques. Un héritage difficile à porter pour une responsable publique dont l’objectif affiché est de « sortir la France des énergies fossiles ».

DES FONDS BASÉS DANS DES PARADIS FISCAUX

Sur le papier, Agnès Pannier-Runacher n’est pas tenue de dévoiler l’existence d’Arjunem. La loi sur la transparence de la vie publique, votée dans la foulée du scandale Cahuzac, l’oblige seulement à déclarer ses participations directes dans des sociétés, ainsi que celles de son conjoint. Les biens des enfants mineurs, eux, n’ont pas à être communiqués. Une aubaine. Car, selon les statuts constitutifs de la société déposés au greffe de Paris, ce sont ses trois enfants – âgés de 13 ans, 10 ans et 5 ans en 2016 – et un de leurs cousins qui ont pris place à la table des actionnaires aux côtés de leur grand-père, Jean-Michel Runacher. L’objectif de l’opération pour l’homme fort de Perenco : faire une donation de plus d’un million d’euros à ses petits-enfants, en évitant qu’ils n’aient à payer des droits de succession à son décès. Au même moment, Jean-Michel Runacher va créer une autre société civile, Antos, dotée d’un capital de près de 600 000 euros réservés à deux neveux, majeurs, de la ministre.

INVESTISSEMENTS SPÉCULATIFS

L’histoire de la société civile Arjunem débute à la fin du mois de juin 2016. C’est à cette période qu’Agnès Pannier-Runacher, alors administratrice de grands groupes privés et sur le point de rejoindre la campagne d’Emmanuel Macron, va signer les documents autorisant ses enfants mineurs à devenir actionnaires de l’entreprise pour la somme symbolique de 10 euros chacun. Jean-Michel Runacher apporte le reste du capital : 1,2 million d’euros sous forme d’investissements spéculatifs.

D’après notre enquête, l’ensemble de ce patrimoine provient de fonds spéculatifs dissimulés dans des paradis fiscaux et dans lesquels Perenco détenait ses propres investissements à l’époque. Sollicitée pour savoir si c’est toujours le cas, la compagnie a refusé de le confirmer ou de l’infirmer.

Le premier fonds, baptisé « Blue Omega Cell », est domicilié à Guernesey, un paradis fiscal qui figurait sur la liste noire de l’Union européenne jusqu’en 2019. Le second, « MW Global Opportunities », est immatriculé en Irlande et investit depuis Hong Kong. Pour le troisième Disclose et IE ont pu établir qu’il est géré par « Millennium Management », un gestionnaire basé à Londres et New York et dont la holding actionnaire se trouve dans le paradis fiscal de l’Etat américain du Delaware.

Interrogée sur la nature des trois fonds spéculatifs qui alimentent la société familiale, la ministre de la transition énergétique assure « ne pas avoir connaissance de leur politique d’investissement » gérée, dit-elle, « de manière indépendante par des investisseurs professionnels. » Concernant leur présence dans des paradis fiscaux, elle n’a pas souhaité faire de commentaire, renvoyant vers son père « pour plus de détails ». Sollicité, ce dernier n’a pas donné suite. Les gestionnaires qui administrent ces fonds ont pour habitude de créer des sociétés offshores dans des pays à la fiscalité avantageuse tels que les Bahamas et les îles Caïmans. Quant à leurs investissements, ils incluent bien souvent des entreprises d’hydrocarbures.

Par ailleurs, le capital investi dans Arjunem a été déposé dans une banque privée au Luxembourg, CBP Quilvest. Un établissement qui a déjà compté comme clients la famille Perrodo, propriétaire de Perenco et 15e fortune de France.

LES LIENS ENTRE ARJUNEM ET PERENCO

A l’époque où Jean-Michel Runacher crée Arjunem, sa fortune est si étroitement liée à celle du groupe pétrolier que les fonds investis dans l’entreprise familiale proviennent des mêmes placements que ceux de la compagnie pétrolière.  Un mélange des genres qui apparaît dans une série de courriels joints aux documents d’enregistrement de la société et dans lesquels les cadres de Perenco et Jean-Michel Runacher échangent avec les représentants de Millenium, Marshall Wace et Sciens Group. Au cœur des discussions : la valeur des fonds dans lesquels Perenco a investi.

Le 5 juillet 2016, l’un des gestionnaires de fortune des Perrodo adresse un courriel à la firme Millennium pour obtenir, écrit-il, « une estimation des retours sur investissement de notre portefeuille ». Jean-Michel Runacher est en copie du message. Lorsqu’il reçoit la réponse de Millennium, il la transfère aussitôt à son notaire parisien. Pour que ce dernier puisse « finaliser » l’enregistrement d’Arjunem, il répète la démarche pour Blue Omega et MW Global Opportunities.

Au cours de la correspondance, une autre entité du groupe pétrolier fait son apparition : Finvest. Basée aux Bahamas et à Guernesey, cette société de gestion de portefeuille des Perrodo a longtemps été dirigée par Jean-Michel Runacher lui-même.

Il faut dire que ce cadre historique du groupe, aujourd’hui âgé de 77 ans, fut un personnage clé du développement de la compagnie pétrolière. Associé à son fondateur, Hubert Perrodo, dès les années 1980, Jean-Michel Runacher sera nommé tour à tour directeur général, directeur financier et administrateur du groupe jusqu’en 2020. Désormais, selon un porte-parole de Perenco, Jean-Michel Runacher conseillerait l’entreprise « de temps en temps ». Rien de plus. Selon notre enquête, il dirigerait également deux sociétés financières de la multinationale : Global Financial Investment SA, et la BNF Capital, à Londres, où il réside.

« SITUATION DE CONFLIT D’INTÉRÊTS »

En dépit des liens financiers unissant la société Arjunem à des fonds opaques associés à Perenco, la numéro 2 du ministère de l’écologie estime qu’elle ne se trouve pas en situation de conflit d’intérêts : « Il ne s’agit pas de mon patrimoine, mais de celui de mes enfants qui, eux-mêmes, n’ont aucun pouvoir de gestion de la société à ce jour », assure-t-elle, révélant par la même occasion qu’ils sont aujourd’hui propriétaires à 100 % d’Arjunem. Concernant les liens familiaux avec le groupe pétrolier, Agnès Pannier-Runacher considère qu’elle n’a pas « vocation, ni par ailleurs aucune obligation légale à être associée aux activités professionnelles » de son père et affirme n’avoir jamais eu à traiter de « dossiers en lien avec Perenco ». Selon elle, il n’existerait « aucune ambiguïté » sur le fait qu’elle n’a pas à mentionner la société de ses enfants.

L’association Anticor n’est pas de cet avis. « Cela ne fait aucun doute que la ministre est dans une situation de conflit d’intérêts », estime Béatrice Guillemont, directrice générale de l’organisation et docteure en droit de la probité. « Elle aurait dû déclarer la société préventivement dans la catégorie observations dès sa nomination en 2018 », ajoute-t-elle.

Interrogée par Disclose et IE, la HATVP précise que « l’absence d’obligation déclarative ne dispense pas le responsable public de veiller à prévenir et faire cesser les situations de conflits d’intérêts qui naîtraient d’autres intérêts indirects détenus, tels que l’activité des enfants ou d’autres membres de la famille », soulignant qu’elle « porte une attention particulière aux infractions à la probité et peut le cas échéant transmettre un dossier à la justice en application de l’article 40 du code de procédure pénale. »

Par le passé, Agnès Pannier-Runacher a déjà dû se déporter de plusieurs entreprises afin d’éviter le conflit d’intérêts. Ce fut notamment le cas de la société Bourbon, le leader des services maritimes aux plateformes offshores, dont elle fut administratrice et présidente du comité d’audit. Une entreprise dont l’un des clients n’est autre que la pétrolière Perenco.

Leila Miñano, Maxence Peigné, Manuel Rico (Investigate Europe), Mathias Destal, Geoffrey Livolsi (Disclose)

Cette enquête a reçu le soutien de IJ4EU Investigation Support Scheme

PAR DISCLOSE

https://disclose.ngo/fr/article/petrole-et-paradis-fiscaux-les-interets-caches-de-la-ministre-de-la-transition-energetique

♦ Relations avec les Etats-Unis : l’Allemagne dans le piège de la dépendance


Drapeaux des États-Unis et de la RFA.

L’Allemagne discute de sa dépendance. La Russie et la Chine sont en ligne de mire. Pourtant, la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis pèse bien plus lourd. Elle empêche toute forme de souveraineté allemande.

Le grand thème actuel en Allemagne est la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis des nations avec lesquelles elle se trouve dans un « conflit de système ». L’exigence est de réduire les dépendances qui se sont créées, car elles sont dangereuses pour le site économique. Dans ce contexte, il s’agit avant tout de la Russie et de la Chine. La Russie était jusqu’à présent l’un des principaux fournisseurs d’énergie de l’Allemagne. La Chine est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne. Il existe indéniablement une dépendance.

Mais l’accent mis sur les relations commerciales croissantes entre l’Allemagne d’une part et la Russie et la Chine d’autre part cache une dépendance bien plus grande encore de l’Allemagne. La dépendance de l’Allemagne vis-à-vis des États-Unis est encore plus vaste, voire fondamentale, et ce à plusieurs niveaux.

La dépendance de l’Allemagne est si vaste que l’Allemagne n’ose même pas désigner publiquement qui tire le plus grand profit du sabotage du gazoduc Nord Stream en mer Baltique. Il s’agit bien entendu des États-Unis. Ils éliminent un concurrent important qui, de surcroît, pouvait livrer à des prix bien plus avantageux, tout en renforçant la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis des livraisons de gaz liquéfié en provenance de son propre pays. Les Etats-Unis n’ont pas caché que Nord Stream était une épine dans le pied des Etats-Unis. Pourtant, l’évidence n’est pas mentionnée dans les grands médias allemands.

Les États-Unis sont évidemment soupçonnés d’avoir, sinon exécuté eux-mêmes, du moins commandité l’attentat. Tout le monde le sait, personne ne le dit et tout est mis en œuvre pour que l’enquête tombe à l’eau. Habituellement en première ligne dans les discours moraux, les menaces et les condamnations, l’Allemagne politique et médiatique se tait collectivement dans ce contexte. Cette forme particulière de silence allemand doit résonner aux oreilles du reste du monde comme les gémissements à voix basse d’un chien qui a reçu un coup de pied.

Les Etats-Unis ne sont pas le Qatar, pourrait-on faire remarquer dans ce contexte. La ministre allemande de l’Intérieur peut faire de grandes déclarations à l’égard du Qatar, mais elle est silencieuse à l’égard des Etats-Unis. La dépendance de l’Allemagne vis-à-vis des Etats-Unis est si profonde qu’elle noie même l’hybris moral de la politique allemande.

L’Allemagne est dangereusement dépendante dans le domaine numérique. Contrairement à des pays comme la Russie et la Chine, l’Allemagne et l’UE n’ont pas réussi à conserver ne serait-ce qu’un soupçon d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Google domine sans conteste le marché allemand et européen. Facebook, Instagram et Twitter sont les réseaux sociaux qui font autorité en Allemagne, malgré la concurrence de TikTok. Le projet de cloud européen GAIA X, annoncé à grand renfort de publicité, s’enlise tout comme les études sur Nord Stream. GAIA X devait créer une alternative aux fournisseurs de cloud américains, mais le projet ne dépasse pas le stade initial. Il n’existe aucun moteur de recherche de l’UE ou de l’Allemagne. Toutes les données des utilisateurs allemands partent aux États-Unis. Le fait est qu’il n’y a pas d’autonomie numérique de l’Allemagne ou de l’UE par rapport aux États-Unis. Que celui qui ne trouve pas cela dangereux se taise à propos des dépendances vis-à-vis de la Chine ou de la Russie.

La confiance allemande selon laquelle, en tant qu’alliés, les Etats-Unis ne se retourneraient jamais contre l’Allemagne et l’Europe, est désespérément naïve au vu du sabotage de Nord Stream, qui sert les intérêts des Etats-Unis. Les Etats-Unis sont en mesure de causer des dommages extrêmes à l’UE et à l’Allemagne dans le domaine numérique en raison de leur énorme dépendance vis-à-vis des fournisseurs américains. L’Allemagne ne semble toutefois pas craindre cette énorme dépendance. Pour les Etats-Unis, contrairement à la Russie et à la Chine, les contrats ne sont valables que s’ils servent leurs objectifs. Il est prouvé que les États-Unis ne reculent pas devant la violation des contrats et de la parole donnée. Pourtant, en Allemagne, la relation transatlantique ne fait pas l’objet de discussions. C’est une forme de masochisme politique.

Les grands médias allemands, jusqu’aux chaînes publiques, sont également dépendants. Il est prouvé qu’une carrière journalistique en Allemagne est favorisée par l’appartenance à une institution transatlantique. Une grande partie des rédactions en chef sont occupées par des personnes pour lesquelles on utiliserait le titre d’agent d’influence si elles n’étaient pas liées aux Etats-Unis, mais à la Russie ou à la Chine. Cela explique l’uniformité des médias allemands, surtout en ce qui concerne les thèmes géopolitiques. Il est interdit de critiquer cela, car dans un perfide renversement coupable-victime, la critique du manque de différenciation et de diversité des opinions des médias allemands est transformée en une menace pour la liberté de la presse – par les consommateurs de médias.

En outre, il existe une grande dépendance vis-à-vis des fonds d’investissement américains, comme BlackRock et Vanguard, qui disposent d’une puissance financière qui éclipse même les budgets nationaux. Grâce à leur puissance financière, ces entreprises américaines disposent d’une énorme influence politique dont elles font usage. Le lobbyiste le plus important de BlackRock en Allemagne est le président de la CDU, Friedrich Merz. Il est compréhensible qu’aucune critique de l’influence américaine ne sorte de sa bouche. Comme de nombreux autres hommes politiques allemands, il est lui-même l’exemple vivant de la représentation des intérêts américains directement au Bundestag allemand, pour qui le bien-être des Etats-Unis est plus important que celui de la nation allemande.

Outre le Deep State, l’industrie financière américaine a depuis longtemps assuré son influence sur la politique allemande. La politique allemande veille à ce qu’il en soit toujours ainsi, par exemple avec ses nouveaux projets de réforme des retraites, dans le cadre desquels les pensions de retraite doivent être garanties par des placements sur le marché des capitaux. Ces fonds sont principalement investis dans les grands fonds d’investissement, augmentant ainsi leur puissance financière et leur pouvoir politique. Dans ce domaine également, l’Allemagne est largement dépendante du système bancaire parallèle américain, qui entretient en outre des relations réciproques avec les dirigeants politiques américains. Cette constellation ne représente pas les intérêts allemands.

Aucun des groupes allemands du DAX ne prend de décision de principe contre la volonté de BlackRock. Dans le contexte de cet engagement global des sociétés d’investissement américaines en Allemagne, les discussions allemandes sur les parts d’une compagnie maritime chinoise dans un terminal du port de Hambourg semblent absolument ridicules et éloignées de la réalité. L’Allemagne est tellement liée aux États-Unis par le biais du secteur numérique, médiatique et financier qu’il lui est impossible de formuler une position propre qui s’écarte de la ligne américaine prédéfinie.

Cette dépendance est encore renforcée et cimentée sous le gouvernement fédéral actuel. Comme l’a annoncé la ministre de la Défense Lambrecht (SPD), l’armée allemande a décidé d’acheter des F-35 américains. L’Allemagne snobe ainsi particulièrement la France, car le développement du système d’avion de combat commun Future Combat Air System, en cours de développement avec la France et l’Espagne, risque d’être un peu plus proche de l’échec avec cette décision. Ce n’est pas la première fois que Paris se sent snobé par la démarche solitaire de l’Allemagne. L’engagement de Lambrecht assure aux groupes d’armement américains des milliards de recettes.

Il devrait être devenu clair à quel point la discussion sur la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis de la Chine ou de la Russie est tordue. Il ne fait aucun doute que des dépendances existent. C’était voulu dans un monde où la mondialisation était le credo politique central. L’idée de la mondialisation était que les nations liées par le commerce se rapprochent les unes des autres et renoncent à la violence. Cette idée a toujours été biaisée dans le sens où, grâce à cet échange mondial, tous les pays s’aligneraient naturellement sur l’Occident, ce dernier restant toutefois exempt de toute nécessité d’ajuster son système. La crise actuelle en Europe est également l’expression de cette asymétrie, de l’ignorance occidentale des intérêts de la Russie en matière de sécurité.

Alors qu’en Allemagne, on prétend que la mondialisation a échoué face à la « guerre d’agression brutale de la Russie », on ne voit pas à quel point l’Allemagne s’est mise dans une situation de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis qui limite massivement la souveraineté du pays. La politique étrangère allemande ne parvient pas à formuler sa propre position par peur des conséquences. Cette dépendance est bien plus dangereuse que les relations commerciales avec la Russie et la Chine, car les Etats-Unis profitent de leur interdépendance avec l’Allemagne pour exercer une influence directe ainsi que pour empêcher les décisions souveraines. Compte tenu des liens entre les médias allemands, les ONG et les think tanks allemands et les organisations transatlantiques dirigées par les États-Unis, non seulement la politique et l’économie financière, mais aussi la presse allemande, se trouvent dans un état d’alignement idéologique.

Actuellement, l’Allemagne n’est pas en mesure de voir tout cela. La condition de la possibilité de se libérer de la dépendance des Etats-Unis disparaît donc également. Cela nécessiterait en effet une contre-attaque intelligente qui utilise ce que le marché mondial met à disposition. Les offres de la Russie et de la Chine en font partie. L’argument de vouloir réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie et de la Chine permet de l’approfondir vis-à-vis des États-Unis jusqu’à l’abandon de soi. Une évolution qui sabote la souveraineté de l’Allemagne.

Gert Ewen Ungar

(Traduit de l’allemand par Arrêt sur info)

Source:https://meinungsfreiheit.rtde.life/meinung/153680-beziehung-zu-usa-deutschland-in/?fbclid=IwAR29Axz9I1g8tdYXSjQsAKcivVPU6Vv-0CFQ4MaCli5ZYRhv4CnewukkFZk

♦ Lorsque les meilleurs perdent la raison, il est facile de supposer que le monde ne va pas bien



Wolfgang Schäuble. Crédit photo: Wikimedia

Fin juillet, Wolfgang Schäuble, désormais Elder Statesman sans fonction publique, a donné une interview au journal Welt am Sonntag. Il y disait publiquement adieu à la vision de toute une vie d’un noyau européen franco-allemand, dans l’espoir évident de sauver ce qui restait, après la guerre en Ukraine, de la possibilité, toujours improbable, d’une Europe indépendante avec une politique de sécurité indépendante. Comme on l’apprend, pas grand-chose.

Ce que Schäuble, l’un des derniers hommes politiques conservateurs intellectuellement respectables, tente de faire dans l’interview, c’est d’élaborer une version actualisée de son vieux concept germano-gaulliste de l’Europe. Mais celle-ci se révèle si éloignée du monde que, venant de quelqu’un connu pour son réalisme politique impitoyable, elle peut être lue comme un argument subversif selon lequel, avec la guerre, tous les rêves d’une Europe dotée d’une « souveraineté stratégique », comme l’appelle Macron, non seulement de droite mais aussi de gauche, sont devenus à jamais des chimères.

Annalena Baerbock. Crédit Wikimedia

« Les Verts incarnent sans conteste l’aile la plus belliciste du monde politique allemand. Qu’ils représentent une génération épargnée par le service militaire, contrairement aux pacifistes méprisés d’antan, donne une saveur particulière à leurs interminables expressions de gratitude et d’admiration pour les courageux Ukrainiens qui “défendent nos valeurs” au péril de leur vie, dans le cadre d’un strict service militaire obligatoire. […]

L’envoi d’armes et le spectacle de leur utilisation depuis la sécurité de leur salon (on ne compte plus les tweets allemands jubilatoires, expédiés depuis un fauteuil, qui relatent les exploits de l’artillerie ukrainienne frappant des cibles russes) s’accompagne de l’assurance presque quotidienne que l’OTAN – et donc l’Allemagne – n’enverra jamais de troupes sur le terrain, où les Ukrainiens “se battent et meurent pour nous tous”. »

[…]

Source:  Makroskop https://makroskop.eu/autoren/wolfgang-streeck/artikel/

♦ Un gouvernement d’extrême-droite avec Netanyahou à sa tête ne dérangera nullement l’Occident


Les enfants et la guerre des pierres. Décembre 1987 – Éclatement de la Première Intifada – Photo : archives

L’État Israël n’est pas soudainement devenu plus raciste. C’est plutôt qu’il craint de moins en moins que le monde entier ne voit son racisme.

Ce qui est le plus inquiétant dans le résultat des élections générales israéliennes de cette semaine n’est pas le fait qu’un parti ouvertement fasciste ait remporté le troisième plus grand nombre de sièges, ni qu’il soit sur le point de devenir la cheville ouvrière du prochain gouvernement. C’est le peu d’effet que cela produira en Israël ou à l’étranger.

Certes, la politique israélienne sera encore plus impudente, brutale et intransigeante maintenant que le Sionisme religieux est au cœur du gouvernement. Mais cela ne changera rien au suprémacisme ethnique qui guide la politique israélienne depuis des décennies.

Israël n’est pas devenu soudain un État plus raciste. Il est simplement de plus en plus sûr qu’il n’a plus besoin de cacher son racisme au reste du monde. Et le monde – ou du moins la partie du monde qui se définit avec arrogance comme la Communauté internationale – se prépare à lui confirmer qu’il a parfaitement raison d’en être sûr.

De fait, l’attitude de l’Occident à l’égard du prochain gouvernement de coalition israélien ne sera pas différente de celle qu’il a adoptée à l’égard des gouvernements supposés moins corrompus qui l’ont précédé.

En privé, l’administration Biden aux États-Unis a fait savoir aux dirigeants israéliens qu’elle n’appréciait pas que les partis fascistes occupent une place aussi importante au sein du gouvernement, surtout parce que leur présence risque de mettre en lumière l’hypocrisie de Washington et d’embarrasser les alliés du Golfe. Mais il ne faut pas compter que Washington fasse quoi que ce soit de concret.

Il n’y aura pas de déclarations appelant à ostraciser le gouvernement israélien et à le traiter en paria, ni de démarches visant à le sanctionner ou à couper le flux des milliards de dollars d’aides que les États-Unis lui accordent chaque année.

Dans un Washington encore marqué par les retombées des émeutes du 6 janvier, personne n’osera dire que la démocratie israélienne a été sabotée de l’intérieur.

De même, on n’exigera pas d’Israël qu’il s’engage à mieux protéger les Palestiniens qui vivent sous son régime militaire, et on ne relancera pas les efforts pour forcer l’État hébreu à s’asseoir à la table des négociations.

On traînera un peu les pieds et on refusera peut-être symboliquement de rencontrer les ministres des partis fascistes, et puis les affaires continueront comme d’habitude – l’« habitude » étant l’oppression et le nettoyage ethnique des Palestiniens.

Mort et enterré

Il ne faut minimiser l’importance des résultats. Meretz, le seul parti juif qui affirme préférer la paix aux droits des colons israéliens, semble ne pas avoir réussi à franchir le seuil électoral. Le minuscule camp de la paix israélien semble désormais mort et enterré.

L’extrême droite laïque, l’extrême droite des colons et la droite religieuse fondamentaliste ont obtenu 70 des 120 sièges du Parlement, même s’ils ne sont pas tous prêts à siéger ensemble du fait de querelles intestines. Cela suffira, cependant, pour garantir le sixième retour au pouvoir de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, un record.

Il est pratiquement certain que Itamar Ben-Gvir aura une position centrale dans le nouveau gouvernement, son parti représentant l’héritage brutal et ouvertement suprématiste du célèbre rabbin Meir Kahane, qui souhaitait expulser les Palestiniens de leur patrie.

Netanyahou sait qu’il doit son retour en force à l’étonnante ascension de Ben-Gvir et des kahanistes – et il lui faudra les récompenser.

Plusieurs dizaines d’autres sièges à la Knesset sont détenus par des partis juifs qui appartiennent à la droite largement laïque et militariste. Leurs élus soutiennent assidûment ce qui équivaut maintenant à un siège de 15 ans de Gaza et de ses deux millions d’habitants palestiniens, ainsi que le bombardement intermittent de l’enclave côtière pour la « faire revenir à l’âge de pierre ».

Ni le Parti juif ni aucun de ces partis ne préfèrent une solution diplomatique à l’asservissement permanent des Palestiniens, au nettoyage ethnique progressif de Jérusalem et à l’enracinement des colonies en Cisjordanie occupée.

Ces partis de droite militaristes, qui ont remporté la victoire dans les urnes il y a 19 mois, ont supervisé ce que les Nations unies ont récemment décrit comme « l’année la plus meurtrière » pour les Palestiniens depuis 2005, date à laquelle l’ONU a commencé à compiler ces chiffres. Quand ils étaient au pouvoir, ils ont interdit six organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme, affirmant sans preuve qu’elles étaient des organisations terroristes.

Néanmoins, les capitales occidentales vont maintenant prétendre que ces partis d’opposition représentent un espoir – même lointain – d’une percée vers la paix.

Dans cette mer de suprémacisme juif absolu, il y aura 10 élus appartenant à deux partis non sionistes à majorité arabe, représentant un cinquième de la population d’Israël.

S’ils parviennent à faire entendre leur voix au milieu du vacarme du racisme anti-palestinien au Parlement, ils seront les seuls à défendre une cause que la Communauté internationale considère comme chère à son cœur : la solution à deux États.

Un épisode de clarification

Le succès de la coalition du Pouvoir juif et du Sionisme religieux, qui a remporté 14 sièges, a permis de clarifier certaines choses. Lors de cette élection, le sionisme politique, l’idéologie d’État d’Israël, a révélé ce qu’il était vraiment : un spectre étroit d’ignobles croyances suprémacistes ethniques.

En particulier, la progression de Ben-Gbir et de son parti va déchirer le masque d’Israël et de ses soutiens à l’étranger qui prétendent qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient, sous entendant par là qu’il est un avant-poste de la civilisation occidentale dans un Moyen-Orient primitif à la moralité sommaire.

Ben-Gvir et ses alliés au gouvernement font la preuve que le soutien occidental à Israël n’a rien à voir avec ses prétentions démocratiques ou morales. C’est, depuis toujours, en sa qualité d’avant-poste colonial de l’Occident qu’Israël a été financé. Theodor Herzl, le père du sionisme, a décrit le rôle du futur Israël : « un rempart de l’Europe contre l’Asie, un avant-poste de la civilisation par opposition à la barbarie ».

L’objectif central du sionisme, qui consiste à remplacer la population palestinienne autochtone par des arrivants juifs, au titre de leur droit ancestral sur la terre de Palestine, est resté le même, quel que soit le dirigeant d’Israël. Le conflit au sein du sionisme a porté sur les moyens d’opérer ce remplacement de population sans encourir la réprobation des étrangers qui pourraient trouver à redire au racisme d’État d’Israël.

Au fil du temps, le sionisme libéral est arrivé à la conclusion que, pour assurer la domination juive sur la terre, la meilleure solution était de parquer les Palestiniens dans des ghettos. Il s’agit du modèle d’apartheid que la Communauté internationale a tenté pendant trois décennies de rendre acceptable avec la solution à deux États.

Mais le sionisme libéral n’a pas réussi à asservir les Palestiniens, et a maintenant été efficacement balayé de la scène politique israélienne par le triomphe du sionisme révisionniste. C’est à cette idéologie que souscrit une nette majorité du nouveau parlement.

Face à la résistance palestinienne et à l’échec du sionisme libéral, le sionisme révisionniste offre une solution plus satisfaisante. Il préfère revendiquer clairement la suprématie juive, de droit divin ou pas, sur tout le territoire. Il stipule que si les Palestiniens refusent d’accepter leur statut de citoyen de troisième classe, ils perdent tous leurs droits et créent les conditions de leur propre expulsion.

Le changement en Israël

Pour les Palestiniens, la différence entre Ben-Gvir et les élus des autres partis aux côtés desquels il siégera au gouvernement, sera principalement l’audace avec laquelle il ne manquera pas d’embarrasser l’Occident – et les partisans sionistes libéraux d’Israël – en affichant des opinions indéniablement racistes.

Pour autant que Ben-Gvir représente un changement, ce ne sera pas sur les politiques mises en œuvre dans les territoires occupés. Elles se poursuivront comme avant, bien qu’il puisse donner du fil à retordre à Netanyahou sur la question de l’annexion, car il veut, comme beaucoup dans le propre parti de Netanyahou, annexer toute la Palestine et pas seulement des fractions.

C’est plutôt à l’intérieur d’Israël que se fera sentir l’influence de Ben-Gvir. Il veut le portefeuille de la sécurité publique afin de transformer la police nationale en une milice à son image, en prenant exemple sur les colons qui ont pénétré avec succès l’armée israélienne et en ont pris progressivement le contrôle.

Cela accélérera et augmentera la coopération entre la police et les groupes de colons armés, et permettra de légitimer toutes les violences, légales ou non, commises contre la grande minorité de citoyens palestiniens vivant en Israël. Cela permettra également à Ben-Gvir et à ses alliés de sévir contre les « déviants » au sein de la société juive : ceux qui sont en désaccord sur des questions religieuses, sexuelles ou politiques.

Les partis fascistes du futur gouvernement de Netanyahou vont s’appuyer sur les discours d’incitation à la haine qui visent les citoyens palestiniens israéliens, pour les qualifier de cinquième colonne et justifier leur expulsion d’Israël. Et ce ne sera pas une nouveauté : des dirigeants et des ministres antérieurs ont laissé entendre que les Palestiniens qui vivent en Israël étaient intrinsèquement des traîtres, ont comparé les citoyens palestiniens au « cancer » ou à des « cafards » et appelé à leur expulsion.

D’ailleurs, Avigdor Lieberman, ministre dans plusieurs gouvernements, a, depuis longtemps, un plan pour redessiner les frontières d’Israël afin de refuser la citoyenneté à des fractions de la minorité palestinienne.

Au cours de l’été, Ben-Gvir a loué un sondage d’opinion qui montrait que près des deux tiers des juifs israéliens étaient favorables à la législation qu’il proposait pour expulser les citoyens palestiniens « déloyaux » de l’État et leur retirer la citoyenneté. Les autres partis juifs, qui ont chacun leur propre version du suprémacisme ethnique, auront du mal à contrer la rhétorique de Ben-Gvir.

Un test difficile

Tout cela constituera un test difficile pour les partisans d’Israël en Europe et aux États-Unis. La plupart d’entre eux se voient comme des sionistes libéraux, même si leur aile du sionisme a été éradiquée en Israël il y a quelque temps.

Les sionistes libéraux juifs affirment invariablement qu’Israël est au cœur de leur identité. Ils ont milité pour que la moindre critique d’Israël soit considérée comme de l’antisémitisme. Une attaque contre Israël est une attaque contre l’identité juive, affirment-ils, et constitue donc de l’antisémitisme.

L’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) a suivi cette logique lorsqu’elle a rédigé une nouvelle définition de l’antisémitisme – une définition qui a été largement adoptée par les partis politiques occidentaux, les autorités locales et les universités.

Parmi les exemples d’antisémitisme cités par l’IHRA, on peut citer le fait de qualifier Israël d’« entreprise raciste », de comparer ses actions à celles des nazis (même si des partis réellement fascistes dictent les politiques israéliennes) ou d’exiger d’Israël « un comportement que l’on n’attend pas ou que l’on n’exige pas d’une autre nation démocratique » (vu tout ce qu’Israël a déjà fait, on se demande ce qu’il faudrait qu’il fasse de plus pour qu’on cesse de le considérer comme « une nation démocratique comme une autre »).

Ceux qui ont refusé d’adopter la définition de l’IHRA, comme l’ancien leader travailliste britannique Jeremy Corbyn, ont subi de plein fouet la colère des sionistes libéraux, tout comme ceux qui font campagne pour le boycott d’Israël. Ce sont les Sionistes libéraux qui ont mis fin aux actions militantes du Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Les partisans d’Israël vont-ils contester la définition de l’IHRA ou Israël, alors que Ben-Gvir siège dans un gouvernement où il représente une grande partie de la population israélienne ? Je vous parie que non.

Si Ben-Gvir oblige les soutiens d’Israël à choisir entre le suprémacisme ethnique et le libéralisme de leur sionisme, la plupart choisiront le premier. Ce qui se passera, comme cela s’est produit tant de fois auparavant, c’est que le glissement vers la droite d’Israël sera rapidement normalisé. Avoir des partis fascistes au sein du gouvernement deviendra bientôt une banalité.

Pire encore, Ben-Gvir servira de couverture aux autres politiciens d’extrême droite que les États-Unis et l’Europe pourront alors présenter comme des modérés, des hommes et des femmes de paix, des adultes sérieux et responsables.

Jonathan Cook

Traduction Dominique Muselet

Source : Middle-East Eye

♦ Sionisme et apartheid en Israël


L’auteure est journaliste indépendante, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient. Elle a publié “Place Tahrir, une révolution inachevée”, aux éditions workshop19, Tunis, 2012. On peut lire, des mêmes éditeurs, Premier Congrès sioniste : Protocole officiel

Rabha Attaf, novembre 2002/2022

Présentation

Ce texte a été écrit en novembre 2002, à un moment où, en France et ailleurs, une campagne d’intoxication d’une rare violence était menée par les autorités israéliennes avec le film de propagande « Décryptage », danslequel Yasser Arafat et plus largement les Palestiniens sont caricaturés comme l’étaient les juifs dans les médias nazis. À l’époque, les bombardements sur les habitants de Gaza avaient ému l’opinion publique, et il s’agissait de la faire taire. D’où les procès intentés par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) contre Daniel Mermet (Radio France) et d’autres journalistes pour « antisémitisme ». Objectif : criminaliser l’antisionisme en l’assimilant au racisme. 20 ans plus tard, ce texte reste hélas toujours aussi pertinent.

Cliquer ici pour ouvrir ce document

https://drive.google.com/file/d/1zEhoV0qLwyw3NxhgbfMrLooJnF4rQHs_/view

Publié par TlaxNet 

♦ Trou de mémoire coloniale


http://www.lejournaldepersonne.com

♦ Condamné naguère par les médias français, Lula est acquitté par le peuple brésilien.


Dans mon livre « Ouïghours, pour en finir avec les fake news » (1), je citais quelques infaux célèbres et quelques exemples de parti pris et manipulations de nos médias.

On se souvient (ou pas) de la volée de bois vert, des calomnies, injures, que j’ai alors reçues de nos médias parmi lesquels : Libération, Arrêt sur Images, France Inter, le Canard enchaîné, le Monde, Télérama, Quotidien, Charlie-Hebdo (qui me traita de « dingo), etc.

Parmi les exemples, de manipulation, je citais le traitement (je veux dire : la condamnation, l’exécution médiatique) de Lula.

Extraits :

« En juillet 2017, Lula Da Silva, ex-président du Brésil, accusé de corruption (improuvée) par le juge Sergio Moro, est condamné à neuf ans d’emprisonnement et d’inéligibilité. Il était donné gagnant (peut-être même dès premier tour) aux élections présidentielles d’octobre 2018. Elu président à sa place, Jair Bolsonaro, nomme le juge Sergio Moro ministre de la justice.

En juin 2019, le journal d’investigation The Intercept révèle que le juge Moro et les enquêteurs ont comploté pour empêcher Lula d’être candidat. Le Tribunal suprême fédéral décide alors de reprendre son procès.

Le 7 novembre un arrêt de la Cour suprême stipule qu’un prévenu est présumé innocent jusqu’à épuisement des recours.

Le 8 novembre 2019, Lula est donc libéré.

Résumé : le probable futur président du Brésil est mis en prison par un juge qui a comploté et qui est ensuite nommé ministre de la Justice par le président qui lui doit son élection. Puis, la Justice rend possible la libération de Lula.

L’emprisonnement de Lula
« Courrier International, 22 septembre 2016 : « Les procureurs estiment que les sommes indues perçues par M. Lula s’élèveraient à 3,7 millions de reais (environ 1 million d’euros)… ». Sommes perçues (on le sait, donc) et non sommes qui auraient été perçues. Le conditionnel intervient ensuite pour indiquer le doute sur… le montant.

Challenges, 19 décembre 2017 : « … Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), menacé d’inéligibilité à la présidentielle de 2018 pour avoir reçu un triplex en échange de services rendus à un autre groupe de BTP ». Il a donc reçu un triplex, pas de doute.

L’Express, 1er mars 2018 : « Brésil : l’ex-président Lula « innocent » et plus que jamais candidat ». Notez les guillemets ironiques à « innocent ».

Valeurs Actuelles, 9 avril 2018 : « … Or, non seulement sa condamnation est motivée mais elle risque bien de ne pas être unique… ». Sans commentaire.

Libération, 19 août 2018 : « L’ancien chef de l’Etat est détenu pour corruption et blanchiment d’argent ».
Notez qu’il n’est pas détenu sous l’accusation de corruption, mais pour corruption.

France Soir, 25 Janvier 2018 : « La « combine », aussi classique qu’efficace, résidait dans des largesses attribuées au président… ».
Notez que la combine résidait dans et non pas aurait résidé ou résidait selon l’accusation.

Valeurs Actuelles, 25 janvier 2018 : « La condamnation en juillet 2017 n’était pas inscrite sur du vent, le juge Sergio Moro avait rendu son verdict en motivant sa décision dans un rapport de 218 pages. »

Du sérieux, quoi ! ».

Maintenant, je vous invite à voir comment, sans se départir de leur hostilité au nouveau président du Brésil, ils vont ne pas oser redire ce qu’ils disaient quand il était en prison.

Maxime VIVAS


Note (1) Editions « La route de la soie », décembre 2000, 173 pages, 14 euros. Le livre est traduit en 13 langues.

URL de cet article 38326
https://www.legrandsoir.info/condamne-naguere-par-les-medias-francais-lula-est-acquitte-par-le-peuple-bresilien.html

♦ Écolos ! Écolos ! Sur le banc des Talibans


Écolos ! Écolos ! Écolos ! Écolos ! Loco en espagnol c’est barjot… mi fou… mi faux avec une grosse araignée à la place du cerveau. Locomo – locomo comme le chante Nougaro. Locomotive d’or qui fait du bruit pour réveiller un monde qui dort… un monde qui fait le mort. C’est tout de même tragique de ne pouvoir attirer notre attention sur le défi climatique que d’une façon tragi-comique . Museaux en l’air dans tous les musées, non pour amuser la galerie mais pour lui prouver qu’elle est abusée, qu’on l’abuse avec de la fausse monnaie : avec des valeurs triviales et non vitales. Que vaut un Picasso dans un bateau qui prend l’eau ? Que vaut Renoir dans le noir ? Alerte ! Alerte ! La planète va à sa perte. Il y fait trop chaud… il y fait trop froid… parce qu’on y fait ce qu’il ne faut pas. Attention Danger ! On répand sur les plus beaux tableaux : la salsa du démon. Entartrer les corps pour détartrer les âmes et leur apprendre le sens du drame. Qu’importe le flacon pour celui qui ne sait pas faire autrement que faire le con… pardonnez-moi l’expression, mais elle reproduit à la perfection la devise écologiste : « Un con est un con ». L’origine du monde que l’on cherche à nous imposer à coups de bâton. Il faut jeter l’enfant quand on n’a pas d’eau pour le laver ! Les écolos sont fachos. Et ils sont fachos parce qu’ils sont fâchés. Et ils sont fâchés parce qu’il fait de plus en plus chaud. Il ne faut surtout pas lâcher prise… mais s’accrocher à la Sainte Vierge… à l’immaculée conception sans contraception, à leur façon sans contrefaçon… car il n’y a qu’une voie : celle de Mère Nature à laquelle il faut se soumettre totalement et fatalement : Nature naturante… Nature naturée… odorante et adorée ! Joyeux anniversaire. Happy birthday to you. A star is born… Naissance et renaissance de « l’écologisme » que l’on doit fêter à chaque fois que le jour se lève pour ne pas perdre de vue la sève de la vie… liquide qui remplit le vide des consciences endormies… les vôtres ! Écologisme pour mettre fin à l’individualisme, au libéralisme, au collectivisme… c’est le système qui abolit tous les systèmes pour imposer ses thèmes et poser ses problèmes. C’est synonyme de fanatisme, d’intégrisme, de totalitarisme de bon sauvage qui se fait passer pour un roi mage… militantisme sans âge qui fait rire la plus sotte des sages : Greta Thunberg qui porte bien le masque de la face cachée de l’iceberg ! . La petite Greta est née un jour pas comme les autres… le jour de sa naissance son père, sa mère ont paniqué parce que la petite n’a pas poussé un seul cri… un an plus tard, la petite Greta n’ouvrait toujours pas la bouche… muette comme une carpette… Ses parents se rendirent chez le plus grand charlatan qui leur assura que leur fille était normale pour ne pas dire trop normale. A 3 ans, la petite était toujours silencieuse… motus et bouche cousue. Elle ne proférait pas le moindre son. Mutisme qui fit la hantise de ses parents. A 5 ans, c’était la même chanson… aucun atome sonore. Les parents le déplorèrent auprès d’un exorciste de renom qui leur assura que la petite avait tout pour l’ouvrir même si elle ne l’ouvrait toujours pas. Une nuit, alors que tout son petit monde dormait, Greta hurla : « à moi ! » Ses parents se précipitèrent à son chevet en tremblant de stupeur et de bonheur : Qu’est-ce qui t’arrive ma petite chérie ? Greta leur dit : j’ai fait un mauvais rêve… un vrai cauchemar ! Le père : tu as rêvé ou c’est nous qui rêvons de te voir parler. Pourquoi tu as attendu si longtemps pour ouvrir ton clapet ? dit la mère un peu sonnée ou désarçonnée. Greta : parce que jusqu’ici tout allait bien mais voici que je retrouve dans mon rêve tous les déchets de la veille… c’est pour ça que je parle de cauchemar, bâtards ! . C’est d’un raffiné absolu pour nous signifier que notre monde est perdu… il n’y a plus d’art mais seulement des bâtards pour recomposer la fine fleur de notre civilisation. Et dire qu’on en a voulu aux Talibans pour leur dogmatisme sans nom, nous voici aux prises avec les pires lieutenants de la bêtise de l’Occident : génération zéro pour cent. On n’a pas le droit de vivre si on ne vit pas sous le dicte., la dictée, le diktat, la dictature de l’environnement… avec des chromosomes en moins et des cases en plus… comme dans la case de l’oncle Tom, la nature a horreur du vide, celui de la culture, elle s’emploie à le remplir de nouveaux esclaves : écolos ! Écolos ! Terrorisme de grands seigneurs qui font saigner pour régner !


lejournaldepersonne

♦ L’armée américaine n’a jamais été confrontée au niveau d’attrition auquel l’armée ukrainienne est confrontée


Larry Johnson a posté une très bonne description de la CIA en relation avec la Russie moderne et de la masse de conneries que tous ces barbouzes « réputés » débitent sur Poutine et les Russes :

« Les décideurs américains, lorsqu’il s’agit de la Russie, sont des ignorants qui ont peu d’intérêt pour l’histoire. Ils sont aveuglés par l’idéologie et ont tendance à voir la Russie d’aujourd’hui à travers les constructions périmées de la guerre froide. Poutine et la Russie sont ineptes. Ils sont maladroits. Ils sont arriérés. Etc., etc. etc. »

Lisez l’excellent article de Larry qui encadre extrêmement bien d’autres nouvelles qui ont enthousiasmé de nombreux « analystes » militaires. Mais, à mon avis, il s’agit d’une bonne nouvelle dans un sens bizarre qui confirme l’affirmation de beaucoup, dont votre serviteur, depuis le début de l’opération militaire spéciale, que la plupart des forces terrestres russes sont tenues en réserve précisément pour ce genre de contingences :

« La 101e division aéroportée de l’armée américaine n’hésiterait pas à entrer en Ukraine si un conflit éclatait entre la Russie et l’OTAN, a rapporté vendredi CBS News en citant les commandants militaires de l’unité. La division d’élite effectue actuellement des exercices de guerre en Roumanie, près de la frontière avec l’État déchiré par la guerre. Les commandants de l’unité ont déclaré à CBS qu’ils seraient prêts à passer en Ukraine si les combats s’intensifiaient – sans préciser ce que cela impliquerait – ou si l’OTAN était attaquée. Ils ont souligné que leur déploiement actuel en Europe, le premier depuis la Seconde Guerre mondiale, a pour but de « défendre le territoire de l’OTAN ». « Nous sommes prêts à défendre chaque pouce du sol de l’OTAN », a déclaré le commandant adjoint, le brigadier général John Lubas, à la chaîne d’information. »

C’est un classique des militaires occidentaux qui bombent le torse et exécutent un Haka, avec en toile de fond un bilan de guerre lamentable pour l’OTAN et les États-Unis, qui ont réussi à tout perdre dans chacune des guerres qu’ils ont menées ces 30 dernières années contre de petites nations. Il y a donc quelques points à noter :

1. L’OTAN ne sera PAS attaquée si elle reste là où elle doit être – dans les pays de l’OTAN. « L’escalade des combats » est un terme délibérément opaque, car même le niveau des combats qui se déroulent actuellement dans l’ancienne Ukraine dépasse l’expérience tactique, opérationnelle et stratégique de l’armée américaine. « L’acuité » opérationnelle des planificateurs et des commandants du Pentagone et de la Grande-Bretagne sera étudiée pendant des décennies dans les académies militaires sérieuses sur la façon de ne pas mener une vraie guerre. Mais là encore, l’exemple brillant de Zap Brannigan et de son approche consistant à submerger les ennemis par des vagues successives de chair à canon semble être le fil conducteur de la formation des chefs militaires de l’OTAN.  

2. Le déploiement de 4700 parachutistes américains en Roumanie est risible, même par rapport aux réalités d’une seule direction opérationnelle du théâtre de l’opération militaire spéciale, qui voit actuellement environ le même nombre hebdomadaire de pertes que l’armée ukrainienne (FAU) et aucun officier ou soldat américain n’a jamais été confronté à de telles réalités de combat dans sa vie. L’armée américaine n’a jamais non plus été confrontée au niveau d’attrition auquel les FAU sont confrontées aujourd’hui. C’est tout simplement en dehors de l’expérience militaire de l’Amérique. Quelle sera la durée de la stabilité au combat – c’est-à-dire la capacité à effectuer des tâches de combat tout en maintenant l’attrition – de la 101e dans les conditions actuelles d’impact du feu, on ne peut que spéculer, mais je dirais au mieux deux-trois semaines.

3. Mais alors, bien sûr, vient l’autre question que le Brigadier Général John Lubas ne comprend pas – la seule façon dont la 101e peut « entrer » en Ukraine est à la condition d’une guerre totale de l’OTAN contre la Russie, ce qui nécessitera, même dans un cadre conventionnel (non nucléaire, c’est-à-dire), quelque chose entre 500 000 et 700 000 troupes terrestres de l’OTAN pour la première « vague » – une tâche impossible pour l’OTAN et les États-Unis, à moins que l’OTAN ne s’engage pleinement et je suis sûr que le public américain accueillera cette nouvelle avec enthousiasme et détermination. Voilà le raisonnement de M. Petraeus, qui n’a jamais gagné quoi que ce soit dans sa vie, et qui est pourtant devenu général. Il pense à la force « multinationale » maintenant – je suis sûr que ses expériences stellaires en Afghanistan seront également étudiées (elles le sont déjà) dans le monde entier sur la façon de ne pas combattre, oubliez les véritables opérations d’armes combinées dont il n’a qu’une vague compréhension.

4. Enfin, et ce n’est pas le moins important – je répète ce point depuis des années, ad nauseam – aucun service américain, y compris l’US Air Force, n’a jamais combattu quelque chose comme cela dans la vie de plusieurs générations de militaires américains, du haut en bas de l’échelle. Un point c’est tout. Et, bien sûr, personne dans les forces armées de l’OTAN (principalement les États-Unis) n’a la moindre idée de ce que représente le fait de voir sa patrie dévastée et de perdre ses proches à cause des attaques, de la famine, du froid, des maladies et d’autres choses que la vraie guerre apporte à grande échelle. Les États-Unis n’ont JAMAIS dans leur histoire, y compris pendant la Seconde Guerre mondiale, combattu un ennemi qui pouvait facilement frapper à des profondeurs stratégiques et opérationnelles, et qui peut priver l’OTAN de la plupart de ses moyens ISR. Donc, tant que l’armée américaine se contente de bomber le torse, c’est OK, mais il faut dire que l’Ukraine et les FAU ont parfaitement démontré la valeur réelle (très faible) du « standard » de l’OTAN, l’OTAN n’excellant qu’en matière de relations publiques et de bombardements de civils, et ce sans que les principales forces russes ne s’engagent, jusqu’à présent.

Alors, de quoi s’agissait-il hier ?

« Le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgu, a eu un rare contact direct avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a rapporté l’armée russe vendredi. Selon cette brève information, les deux hauts responsables ont « discuté au téléphone de questions de sécurité internationale, notamment de la situation en Ukraine ». Le dernier appel téléphonique entre Choïgu et Austin remonte à mai, les deux parties ayant donné peu de détails à ce sujet. Il s’agissait de la première conversation directe entre les deux responsables depuis que la Russie a envoyé des troupes en Ukraine, fin février.

The (Real) Revolution in Military Affairs

Je suppose qu’Austin a appelé Choïgu pour l’informer que l’arrivée de la 101e Brigade Combat Team en Roumanie n’était destinée qu’à l’entraînement et non au rassemblement des forces à des fins néfastes. Ceci, plus quelques autres « affaires » concernant le pays 404. Même si l’on peut détester Austin ou Milley, il est bon que les militaires russes et américains se parlent. Pendant ce temps, le chef du parlement de Crimée, Vladimir Konstantinov, a suggéré à quatre régions du pays 404 : Mikolaïv, Odessa, Dnepropetrovsk et Kharkiv de se préparer à des référendums (en russe). Il s’agit du premier « lot », le second, comme l’affirme Konstantinov, étant les oblasts de Soumy, Poltava et Thernihiv. En effet, qui sait de quoi il s’agit, n’est-ce pas ? J’attends également la publication de l’excellente discussion entre Peter Lavelle et George Szamuely sur le soi-disant « réalisme » des paléoconservateurs américains et sur les raisons pour lesquelles ces personnes et leurs opinions sont de moins en moins pertinentes. Je connais beaucoup d’entre eux, pas seulement Pat Buchanan, mais comme je l’ai dit, l’histoire n’est pas le fort de la politique américaine.

par Andrei Martyanov.

source : Reminiscence of the Future

traduction Réseau International

♦ La « guerre contre la terreur » est peut-être sur le point de frapper l’Europe


Ne jamais sous-estimer un Empire blessé et en décomposition qui s’effondre en temps réel.

Les fonctionnaires impériaux, même à titre « diplomatique », continuent de déclarer effrontément que leur contrôle exceptionnaliste sur le monde est obligatoire.

Si ce n’est pas le cas, des concurrents pourraient émerger et leur voler la vedette – monopolisée par les oligarchies américaines. Cela, bien sûr, est un anathème absolu.  

Le modus operandi impérial contre les concurrents géopolitiques et géoéconomiques reste le même : avalanche de sanctions, embargos, blocus économiques, mesures protectionnistes, culture de l’annulation, montée en puissance militaire dans les nations voisines et menaces diverses. Mais surtout, la rhétorique belliciste – actuellement portée à son paroxysme.

L’hégémon est peut-être « transparent », du moins dans ce domaine, car il contrôle toujours un réseau international massif d’institutions, d’organismes financiers, de politiciens, de PDG, d’agences de propagande et de l’industrie de la culture pop. D’où cette prétendue invulnérabilité qui engendre l’insolence.

Panique dans le « jardin »

L’explosion de Nord Stream (NS) et de Nord Stream 2 (NS2) – tout le monde sait qui l’a fait, mais le suspect ne peut être nommé – a porté à un niveau supérieur le double projet impérial consistant à couper l’énergie russe bon marché de l’Europe et à détruire l’économie allemande.

Du point de vue impérial, l’intrigue secondaire idéale est l’émergence d’un Intermarium contrôlé par les États-Unis – de la Baltique et de l’Adriatique à la mer Noire – dirigé par la Pologne, exerçant une sorte de nouvelle hégémonie en Europe, dans la foulée de l’Initiative des Trois Mers.

Mais en l’état actuel des choses, cela reste un rêve humide. 

Dans le cadre de « l’enquête » douteuse sur ce qui est réellement arrivé à NS et NS2, la Suède a joué le rôle du nettoyeur, comme s’il s’agissait d’une suite de Pulp Fiction de Quentin Tarantino.

C’est pourquoi les résultats de « l’enquête » ne peuvent être partagés avec la Russie. Le Nettoyeur était là pour effacer toute preuve incriminante.

Quant aux Allemands, ils ont volontairement accepté le rôle de boucs émissaires. Berlin a affirmé qu’il s’agissait d’un sabotage, mais n’a pas osé dire par qui.

C’est en fait aussi sinistre que possible, parce que la Suède, le Danemark et l’Allemagne, et toute l’UE, savent que si vous affrontez vraiment l’Empire, en public, l’Empire ripostera, en fabriquant une guerre sur le sol européen. C’est une question de peur – et non de peur de la Russie.

L’Empire ne peut tout simplement pas se permettre de perdre le « jardin ». Et les élites du « jardin » qui ont un QI supérieur à la température ambiante savent qu’elles ont affaire à une entité psychopathe tueuse en série qui ne peut tout simplement pas être apaisée.

Pendant ce temps, l’arrivée du général Winter en Europe annonce une descente socio-économique dans un maelström de ténèbres – inimaginable il y a seulement quelques mois dans le supposé « jardin » de l’humanité, si loin des grondements de la « jungle ».

Eh bien, à partir de maintenant, la barbarie commence chez soi. Et les Européens devraient en remercier « l’allié » américain, qui manipule habilement des élites européennes craintives et vassalisées.

Bien plus dangereux cependant est un spectre que très peu sont capables d’identifier : l’imminente syrianisation de l’Europe. Ce sera une conséquence directe de la débâcle de l’OTAN en Ukraine.

D’un point de vue impérial, les perspectives sur le champ de bataille ukrainien sont sombres. L’opération militaire spéciale (OMS) de la Russie s’est transformée en une opération de contre-terrorisme (CTO) : Moscou qualifie désormais ouvertement Kiev de régime terroriste.

Les frappes chirurgicales contre l’infrastructure électrique ukrainienne sont sur le point de paralyser totalement l’économie et l’armée de Kiev. Et d’ici décembre, il y aura l’arrivée sur les lignes de front et à l’arrière d’un contingent de mobilisation partielle correctement entraîné et hautement motivé.

La seule question concerne le calendrier. Moscou est en train de décapiter lentement mais sûrement le mandataire Kiev, et finalement de briser « l’unité » de l’OTAN.

Le processus de torture de l’économie européenne est implacable. Et le monde réel en dehors de l’Occident collectif – le Sud global – est avec la Russie, de l’Afrique et de l’Amérique latine à l’Asie occidentale et même des sections de l’UE.

C’est Moscou – et bien sûr pas Pékin – qui met en pièces « l’ordre international fondé sur des règles » imposé par l’hégémon, soutenu par ses ressources naturelles, la fourniture de nourriture et une sécurité fiable.

Et en coordination avec la Chine, l’Iran et les principaux acteurs eurasiatiques, la Russie s’efforce de mettre hors service toutes ces organisations internationales contrôlées par les États-Unis, à mesure que le Sud devient virtuellement immunisé contre la propagation des psyops de l’OTAN.

La syrianisation de l’Europe

Sur le champ de bataille ukrainien, la croisade de l’OTAN contre la Russie est vouée à l’échec, même si, dans plusieurs nœuds, jusqu’à 80% des forces combattantes sont composées de personnel de l’OTAN. Les wunderwaffen tels que les HIMARS sont rares. Et selon le résultat des élections américaines de mi-mandat, l’armement se tarira en 2023.

Au printemps 2023, l’Ukraine pourrait n’être plus qu’un trou noir appauvri et croupion. Le plan A impérial reste l’afghanisation : il s’agit d’exploiter une armée de mercenaires capables de mener des incursions ciblées de déstabilisation et/ou de terrorisme dans la Fédération de Russie. 

En parallèle, l’Europe est truffée de bases militaires américaines.

Toutes ces bases peuvent jouer le rôle de grandes bases terroristes – tout comme en Syrie, à al-Tanf et dans l’est de l’Euphrate. Les États-Unis ont perdu la longue guerre par procuration en Syrie – où ils ont instrumentalisé les djihadistes – mais ils n’ont toujours pas été expulsés.  

Dans ce processus de syrianisation de l’Europe, les bases militaires américaines peuvent devenir des centres idéaux pour enrégimenter et/ou « former » des escouades d’émigrés d’Europe de l’Est, dont la seule possibilité d’emploi, en dehors du commerce de la drogue et du trafic d’organes, sera de devenir – quoi d’autre – des mercenaires impériaux, combattant tout foyer de désobéissance civile émergeant dans une UE appauvrie.

Raging Twenties : Great Power Politics Meets Techno-Feudalism

Il va sans dire que ce nouveau modèle d’armée sera pleinement sanctionné par l’EUrocratie de Bruxelles, qui n’est que le bras de l’OTAN en matière de relations publiques.

Une UE désindustrialisée empêtrée dans plusieurs couches d’intra-guerre toxique, où l’OTAN joue son rôle éprouvé de Robocop, est le parfait scénario de Mad Max juxtaposé à ce qui serait, au moins dans les rêveries des straussiens/néocons américains, un îlot de prospérité : l’économie américaine, destination idéale pour le capital mondial, et notamment le capital européen.

L’Empire va « perdre » son projet favori, l’Ukraine. Mais il n’acceptera jamais de perdre le « jardin » européen.

Pepe Escobar

source : Press TV

traduction Réseau International

♦ OQTF bézef !


Personne Je vous souhaite à toutes les trois la bienvenue. (…) Je vous ai invité toutes les trois après la mort tragique de Lola parce que vous êtes toutes les trois sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, d’une OQTF. Autrement dit : vous êtes désormais indésirables, de fait et en droit, des persona non grata… Question : que faites-vous encore là ?

lejournaldepersonne

♦ OQTF bézef !


Personne Je vous souhaite à toutes les trois la bienvenue. (…) Je vous ai invité toutes les trois après la mort tragique de Lola parce que vous êtes toutes les trois sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, d’une OQTF. Autrement dit : vous êtes désormais indésirables, de fait et en droit, des persona non grata… Question : que faites-vous encore là ?

lejournaldepersonne

♦ La suite des petites aventures du fils Biden


Passionnante vie que celle de la famille Biden : pendant que le père, Joe, joue le rôle d’un président des États-Unis en pleine tourmente géopolitique, économique et probablement mentale, le fils, Hunter, s’occupe de ses nombreuses affaires dont une partie semble lui revenir actuellement au travers de la figure.

L’histoire remonte en réalité bien avant octobre 2020, le mois où la presse a fait des pieds et des mains pour camoufler l’existence d’un ordinateur portable ayant appartenu à Hunter Biden et dont le contenu dévoilait toute une cargaison d’actes clairement répréhensibles ; à l’époque et alors que les élections présidentielles approchaient rapidement, les informations divulguées par le New-York Post faisaient plutôt tache dans la campagne par ailleurs atone du candidat Joe Biden. Un fils qui fait absolument n’importe quoi, sur fond de drogue, de prostitution et d’affaires financières de plus en plus louches en Chine et en Ukraine, cela faisait beaucoup pour le candidat démocrate alors que les médias peinaient à déclencher le moindre enthousiasme pour le vieux briscard de Washington.

La presse française, égale à elle-même, faisait un remarquable travail de distraction et n’évoquait le sujet ni de près ni de loin ou allait jusqu’à corroborer les allégations farfelues de certains officiels qui entendaient prouver que l’histoire de cet ordinateur portable n’était qu’une énième intox russe (bien sûr, russe – évidemment, quoi d’autre ?).

Les élections passèrent, puis quelques mois et, petit-à-petit, les éléments rassemblés par la justice montrèrent que le portable, contenant des informations explosives, appartenait bien à Hunter sans le moindre doute. Tout comme le Russiagate qui démontra la partialité consternante des médias de grand chemin et leur parti-pris anti-Trump grossier (voire grotesque), les allégations d’intox russe concernant le portable d’Hunter Biden se révélèrent aussi fausses : sapristi, les soi-disant complotistes avaient eu, une fois encore, raison, à tel point qu’on voit même à présent des journalistes de CNN se retourner contre l’ex-patron de la chaîne d’information en continu et lui reprocher d’avoir choisi de cacher cette affaire.

Il faut dire que l’enquête au sujet de Hunter Biden continue de progresser et de prendre une tournure de plus en plus délicate pour l’actuelle Maison Blanche et pour Joe Biden : depuis mars de cette année, les médias grand public ont fini par admettre que tout ceci pourrait bien conduire le fils du président en exercice à se retrouver en examen.

Et si la presse française continue d’ignorer superbement l’affaire, il est intéressant de noter qu’outre-Atlantique, la presse est obligée d’évoquer un peu ce qui se passe tant les choses semblent assez mal s’enquiller, pour le fils comme pour le père dont un des partenaires d’affaires d’alors (on parle essentiellement de la période Obama) – un certain Tony Bobulinsky – commence à parler et à expliquer l’implication directe de Joe dans les magouilles manifestement frauduleuses de Hunter.

À présent, la possibilité même d’un procès détaillé (et probablement aussi peu médiatisé que possible) n’est plus guère remise en cause et la Maison Blanche en est réduite à faire une espèce de “damage control” quelque peu alambiqué.

Il faut dire que les accusations ne sont pas exactement du niveau d’un ticket de stationnement impayé : détention illégale d’arme à feu, achat, possession et usage de stupéfiants, fraude fiscale et détournement de fonds (pour plusieurs millions d’euros), voilà qui est déjà suffisant pour faire plusieurs procès bien remplis.

Bien évidemment, les même médias qui ont jusqu’à présent largement joué le dégonflement forcené de cette affaire continuent de tourner autour du pot et persistent à ne voir dans les informations de ce portable que l’expression d’un homme alors sous l’emprise de la drogue et de mauvaises habitudes de vie, vaguement répréhensibles sur le plan moral mais pas vraiment condamnables légalement.

Point de vue intéressant qui tend à s’effriter progressivement à mesure que les éléments et les témoins à charge s’avancent vers la justice qui doit maintenant à la fois montrer qu’elle reste impartiale malgré les accusations du camp Républicain, et chercher à déterminer l’ampleur des carabistouilles de Hunter dont le passif semble de plus en plus lourd.

Il y a ainsi une série de messages courts, échanges de textes entre le fils et le père (et d’autres membres de la famille Biden) tendant à prouver leur partenariat dans des montages financiers douteux avec la Chine et l’Ukraine à tel point que la phrase “10% for the big guy” – récupérée de ces textes et signifiant la popularité la part que Joe devait toucher des versements louches opérés – est devenue un véritable mème graphique.

À ceci s’ajoutent les éléments fournis au FBI par le sénateur américain Chuck Grassley qui montrent sans le moindre doute possible que la famille Biden (et ici sont directement cités Hunter et Joe) a signé un contrat pour 5 millions de dollars avec l’entreprise CEFC, directement liée au Parti Communiste Chinois ce qui, alors même que le père est maintenant président, contrevient directement avec les engagements pris lors de la campagne électorale. Au passage, le sénateur américain se demande pourquoi le FBI n’a pas jugé bon de poursuivre la moindre enquête à ce sujet… Enquête qui pourra largement s’appuyer sur les 459 crimes et délits de la famille Biden, à présent documentés dans le rapport MarcoPolo qui vient de sortir.

Bref, on le comprend : non seulement les complotistes et le New-York Post avaient bel et bien raison dès octobre 2020, mais en plus tout indique que Hunter est mouillé dans des affaires de plus en plus graves en Ukraine et qu’il y était pour le compte de son père actuellement président.

Alors que des élections de mi-mandat pourraient voir l’une ou les deux chambres parlementaires changer de camp et donc voir les Républicains l’emporter, on comprend que des enquêtes et un procès contre Hunter pourraient aller bien plus haut qu’une simple peine de prison pour le fils.

Il n’est pas impensable d’envisager alors un “impeachment” de Joe Biden qui aura alors tout le loisir d’invoquer pour lui-même le 25e amendement à la Constitution américaine, en raison de son état de santé (mentale par exemple)…

Aux États-Unis, les prochains mois pourraient donc être fort intéressants.

♦ L’IRANIENNE


#IranRevolution2022 #IranProtests #Iran

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lejournaldepersonne

♦ Un trophée pour le peuple Algérien



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♦ Connaissez-vous Ursula von der Leyen ?


Il faut reconnaître à la présidente de la Commission européenne deux qualités : en politique, elle n’a pas besoin de boussole. Á droite toute – mais attachée à un certain progrès social – le regard vers les États-Unis. Et puis cette atlantiste forcenée est aimée de notre banquier jet-skieur. C’est lui qui l’a imposée – on ne sait pourquoi officiellement – à Angela Merkel, contre la volonté de la classe politique allemande. Un tour de force d’autant plus exceptionnel qu’Ursula n’avait jamais été élue nulle part. Le SPD a évoqué un « exemple sans précédent de tricherie politique qui rend absurde le processus de démocratisation de l’Union européenne ».

Ursula est la fille d’Ernst Albrecht qui fut vice-président fédéral de la CDU et ministre-président (de droite) de Basse Saxe de 1976 à 1990. Elle naquit à Bruxelles car son père y était alors fonctionnaire européen (avant de devenir PDG de Bahlsen). C’est là qu’elle passa son enfance où elle fréquenta l’École européenne et devint une cavalière de compétition. Avec les Albrecht, nous sommes dans une famille de négociants patriciens de la grande bourgeoisie allemande, avec des connexions aristocratiques depuis le XVIIe siècle. On connaît le café Albrecht et les magasins Aldi. Ursula a également une arrière-grand-mère étasunienne et des ancêtres français et italiens. On trouve dans son ascendance paternelle des juristes, des médecins, des universitaires, de très riches négociants.

Au moment où l’esclavage fut aboli aux États-Unis, son ancêtre James H. Ladson possédait 200 esclaves. La mère d’Ursula était également bien née. Elle mourut malheureusement d’un cancer et de la maladie d’Alzheimer en 2002, mais celle-ci ne fut révélée par sa fille qu’en 2008.

Ursula passa un baccalauréat en mathématiques et en sciences, puis étudia les sciences économiques aux universités de Göttingen et Münster avant de fréquenter la London School of Economics sous un nom d’emprunt, protégée par Scotland Yard, son père étant menacé par la Fraction armée rouge. Elle entreprit par la suite des études de médecine et obtint le titre de docteur en 1991, avant de rejoindre pour quatre ans l’université Stanford où elle suivit des cours d’économie, mais sans suivre un cursus formel. Sa thèse de médecine fera l’objet d’une longue controverse en 2015 : un site anti-plagiat déclarera avoir trouvé 27 pages suspectes. L’université ouvrira une procédure formelle à la fin de laquelle il sera décidé de ne pas lui retirer son titre. Plusieurs experts afficheront leur désaccord.

En 1986, Ursula épouse le médecin Heiko von der Leyen, issu d’une famille qui a fait fortune dans la soie.

Ursula est nommée par Angela Merkel en 2005 ministre de la Famille. Elle met en œuvre une politique sociale : elle institue un salaire parental de deux mois pour les pères et augmente le nombre de crèches. Elle se prononce contre les sites pédopornographiques, écopant du sobriquet Zensursula (censursula). Elle soutient l’instauration d’un salaire minimum, ainsi que des quotas pour les femmes au sein des conseils d’administration. Elle est nommée ministre du Travail en 2009, puis ministre de la Défense en 2013, première femme à occuper cette fonction régalienne. Elle est reconduite en 2018 mais est nommée présidente de la Commission européenne en 2019. Avant cela, en 2014, elle milite pour une politique étrangère plus ferme de l’Allemagne. Elle valide l’envoi d’armes aux forces armées kurdes et irakiennes, ce qui rompt la tradition allemande de ne jamais exporter d’armes vers une zone de conflit.

En tant que responsable européenne, Ursula von der Leyen ne risque pas de faire contre-poids à la puissance des États-Unis. Elle s’aligne complètement sur les positions étasuniennes en matière de géopolitique et militaire. Déjà lorsqu’elle était ministre allemande de la Défense, elle avait obtenu une hausse de 35% des dotations de l’Allemagne à l’OTAN (l’Allemagne est aujourd’hui le second contributeur après les EU) et avait obtenu que le général allemand Jürgen Weigt soit nommé commandant en chef de l’Eurocorps. La servilité d’Ursula vis-à-vis des États-Unis n’est sûrement pas sans rapport avec sa promotion inattendue et ultra-rapide à la présidence de la Commission européenne.

Lorsqu’elle est nommée le 16 juillet 2019 présidente de la Commission, sans l’appui d’Angela Merkel (elle obtient 51% des voix, élue grâce aux suffrages d’extrême droite des Polonais de Droit justice et de ceux ambigus du Mouvement 5 étoiles), elle est auditionnée par les groupes du Parlement européen. Á noter qu’elle prononce son premier grand discours en anglais, qui n’est que la seconde langue de la République d’Irlande. Selon Le Point, elle en reste à des généralités qui ne mangent pas de pain. Elle permet aux Britanniques de négocier leur Brexit pendant le temps qu’ils voudront, ce qui a le don d’irriter notre banquier jet-skieur. Elle se dit favorable à un salaire minimum, mais également à l’entrée de la Moldavie où le smic est à 42 euros par mois… Ursula est bien au-dessus de ses considérations, elle qui emprunte à tour de bras des avions privés sur des petites distances.

Ursula est favorable à des « États-Unis d’Europe », sur le modèle de l’État suisse, de l’Allemagne ou des États-Unis. Elle vise en fait une harmonisation des questions financières, de la fiscalité et de la politique économique.

En janvier 2022, une enquête menée par un organisme de surveillance de l’UE sur les SMS envoyés par Ursula von der Leyen au PDG de Pfizer a conclu que l’UE était coupable de « mauvaise administration ». L’eurodéputée néerlandaise Sophie in’ t Veld déclara que la Commission était devenue moins transparente avec von der Leyen. Selon The Guardian, Pfizer a signé plusieurs contrats avec la Commission pour son vaccin qui a été critiqué pour les prix élevés négociés pour les vaccins à ARNm Covid .

Bernard Gensane

Source: http://bernard-gensane.over-blog.com/

♦ Guerre en Ukraine : les élites françaises inféodées à l’Empire


Caroline Galactéros fait partie de ces gens qui essaient de s’opposer au déferlement de propagande délirant auquel nous assistons depuis l’invasion russe du 24 février dernier. Comme tous ceux qui appellent à la raison et qui essaient de rappeler la réalité, elle est évidemment qualifiée « d’agent de Poutine ». Tenter de pointer et d’expliquer ce qui relevait autrefois du simple bon sens vaut insultes, excommunication, dénonciations, harcèlement médiatique, voire pourquoi pas menaces de mort. Le gouvernement ukrainien qui peut absolument tout se permettre dans ce domaine, et peut-être inspiré par ses références historiques, établit des listes d’ennemis médiatiques, dans lesquels il range tous ceux qui osent le critiquer ou émettent des réserves. Les médias-système français prennent le relais sans discuter, et gare à ceux qui disent que la paix c’est quand même mieux que la guerre, et appellent à la négociation. Immédiatement, dans une singulière inversion, fuse l’insulte suprême lancée à la face des hérétiques : « Munichois ! »

L’Ukraine en 2022 n’est pas semblable aux Sudètes en 1938

Dans un article publié le 7 octobre dernier, Madame Galactéros se plaçant sur le terrain de cette analogie explique de façon convaincante le mécanisme de l’inversion accusatoire, pour démontrer que dans ce domaine aussi « c’est celui qui le dit qui l’est ». Comme en font tous les jours la démonstration, les « experts » de plateaux dévoués à l’OTAN, pour ne prendre que cet exemple.

Le problème est que cette inversion munichoise fonctionne sur une analogie boiteuse. En septembre 1938, lors d’une conférence se tenant à Munich, les démocraties de l’Ouest européen avaient cédé aux exigences d’Hitler qui réclamait l’annexion d’une partie de la Tchécoslovaquie, les Sudètes, dont les habitants parlaient allemand. Cette capitulation dans le souci de sauver la paix avait permis à Winston Churchill une de ses citations les plus célèbres lançant au premier Britannique Neville Chamberlain de retour de Munich : « Vous aviez le choix entre la honte et la guerre. Vous avez choisi la honte et vous aurez la guerre ».

Alors on nous assène que le Donbass 2022 et les Sudètes 1938 c’est la même chose. Cela ne tient pas une seconde.

Écoutons Caroline Galactéros : « Nous formons depuis 2015, via l’OTAN, les forces ukrainiennes pour bouter la Russie hors d’Europe et la couper de l’Allemagne. Depuis le 24 février, nous inondons Kiev d’armements et sommes devenus cobelligérants de fait. Nous sommes déjà en guerre contre la Russie et pour le compte de l’Amérique ; simplement nous ne le disons pas pour ne pas devoir demander leur avis à nos peuples, et nous faisons cette guerre par Ukrainiens interposés et à leurs dépens ultimes [……] Personne en Europe ou aux Etats-Unis n’entend mourir pour le Donbass. En revanche, sacrifier les Ukrainiens en les armant sans cesse pour espérer épuiser la Russie et la mettre à terre économiquement et stratégiquement [……] Contrairement à ce que dit E. Macron, « le prix de la liberté » – le massacre de l’économie européenne – ne sauvera pas la « démocratie » ukrainienne. Ce sera la guerre directe si rien n’est fait pour casser l’engrenage et restabiliser la sécurité européenne, ce qui est illusoire sans la Russie. »

Toutes proportions gardées, il y a pourtant une analogie, qui elle fonctionne beaucoup mieux. Même si on imagine qu’elle fera hurler les petits télégraphistes de l’empire américain, invoquant immédiatement le fameux point Godwin.

L’impérialisme américain dans les têtes

Depuis Charles de Gaulle, on sait que la France est en conflit avec les États-Unis. Cela avait commencé pendant la deuxième Guerre mondiale quand Roosevelt avait tout fait pour se débarrasser du Général comme chef de la France Libre et président du Gouvernement provisoire installé à Alger. Ce fut également le projet de l’Amgot visant à faire de la France un pays occupé par les États-Unis en 1944, projet mis en échec par la virtuosité politique de de Gaulle. Après le retour de celui-ci au pouvoir en 1958, les relations avec les États-Unis furent exécrables et notre pays fut confronté à plusieurs tentatives visant à l’écarter. Des tentatives de « révolution de couleur » déjà, contre un homme qui entendait préserver l’indépendance et la souveraineté de son pays. On se rappelle bien sûr la création de la « force de frappe nucléaire tous azimuts » et le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN, mesures justement destinées à les garantir. On se rappelle moins la phrase prononcée par de Gaulle en 1963 et rapportée par Alain Peyrefitte : « Le grand problème, maintenant que l’affaire d’Algérie est réglée, c’est l’impérialisme américain. Le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes. » Ou cette déclaration de décembre 1965 dans lequel il explique ce que doit être la position de la France : « Par conséquent, la France cherche la paix, cultive la paix, aide la paix partout. Comment ? En étant en rapport avec tout le monde. Il n’y a aucune espèce de raison pour que nous excluions d’avoir de bons rapports avec ceux-ci ou avec ceux-là. » Quiconque se prétend gaulliste sans préconiser cette orientation-là est un imposteur. François Mitterrand n’était pas gaulliste, mais cela ne l’a pas empêché d’aller plus loin dans une conversation avec Georges Marc Benamou à la fin de sa vie : « Au sujet des relations entre la France et les États-Unis : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. » Anthony Blinken secrétaire d’État aux affaires étrangères de Joë Biden vient très tranquillement de confirmer la pertinence de cette analyse à l’occasion d’un débat tenu le 17 octobre 2022 à l’université de Stanford, avec Condolezza Rice qui l’avait précédé à ce poste sous George Bush. Les deux comparses du courant néoconservateur belliciste américain, exposent sans fard et sans complexe leur conception d’un monde nécessairement dirigé par l’Amérique en fonction de ses intérêts.

Les outils de la vassalité

Et le problème qui se pose aujourd’hui à notre pays c’est celui ,de la stratégie de cette puissance qui considère son hégémonie comme un dû, brandit en permanence son exceptionnalité et revendique son inculpabilité. Elle est l’incarnation du camp du bien et ne peut être coupable de rien. Et veille pour cela à disposer dans les pays qu’elle considère comme les vassaux de son empire, d’amis et de serviteurs qui sont les relais soigneux de sa stratégie. L’attitude de l’Europe en général et de la France en particulier dans la crise ukrainienne, avec cet alignement millimétré sur les positions américaines accompagné d’un délire russophobe inepte, que ce soit avant ou après le 24 février et l’invasion russe, en est la triste illustration. Les États-Unis consacrent des sommes considérables à cette influence, interviennent directement dans la vie politique, financent des carrières, organisent des actions tout en n’hésitant pas à mettre les dirigeants de ces pays sous des surveillances occultes. Comme l’ont démontré les révélations d’Édouard Snowden à propos des écoutes illégales dont les gouvernements européens ont été l’objet. Ils repèrent les personnes susceptibles de devenir leurs instruments, et les font participer à des programmes comme par exemple celui des « Youngs leaders ». Qui met la main sur des français issus de la politique, de la finance, de la presse talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans leur pays. On ne saurait être plus transparent sur ses intentions. Consulter la liste de ceux qui sont passés par cette filière permet de mesurer l’ampleur du mal. Ne serait-ce qu’avec la constatation que les deux derniers présidents de la république française en sont issus ! Mais s’y ajoutent énormément de canaux où l’argent joue un rôle essentiel, à base de contrats, de rémunérations, d’invitations, de postes dans des universités, enfin tout ce qui assure la gratitude et la fidélité dans la défense des intérêts des USA. Et il n’est pas excessif de dire que les élites françaises gouvernementales, administratives, judiciaires et médiatiques sont inféodées à l’atlantisme. Et l’Armée n’y échappe pas non plus, où l’on se bouscule pour obtenir les postes prestigieux à l’OTAN. Ou bien lorsqu’un de ses chef d’état-major, une fois son poste quitté, s’en va occuper une confortable pantoufle dans un cabinet de conseil américain. Aujourd’hui s’y rajoutent les experts de plateaux appointés qui viennent compenser des carrières militaires médiocres en déversant sans complexe, la propagande puérile demandée par leurs nouveaux employeurs. Gare à ceux qui tentent de ne pas trop s’éloigner du réel, c’est la garantie du passage immédiat à la trappe.

Comment s’étonner alors de l’atlantisme furieux qui s’exprime dans les élites françaises depuis l’invasion russe et notamment dans son système médiatique ? Comment s’étonner du suivisme absurde et suicidaire de la France par rapport à la politique américaine, qui va plonger notre pays dans la récession et la crise sociale ? Comment s’étonner de la censure qui règne à l’encontre des opinions divergentes, comme la simple expression du souhait de voir l’ouverture de négociations de paix ? (N’est-ce pas Ségolène Royal ?). Comment ne pas être humilié par cette séquence où l’on voit au sommet du G7, un Macron, président français en bras de chemise, petit toutou trottant et jappant derrière Biden, pour tenter en vain d’attirer son attention ? Comment s’étonner enfin, à la lecture de la presse internationale, de constater que les Français affichent une servilité que même les maîtres qu’ils se sont donnés ne demandent pas. Il est vrai que l’excès de zèle est en général le propre du collabo.

Une fois encore, le goût de la soumission

Parce que bien sûr, la France n’est pas un pays militairement occupé, mais si de Gaulle avait déjà raison au début des années 60, la situation s’est malheureusement terriblement dégradée pour être aujourd’hui encore pire. Eh oui, « le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes. » Alors assurément, sous ce couvercle étouffant on peut avoir le sentiment d’un pays intellectuellement et politiquement occupé. Ces couches dirigeantes, ce bloc élitaire qui maîtrise l’essentiel des moyens de communication et a toutes les manettes du pouvoir se vit aujourd’hui plus atlantiste encore que les Américains. Et il n’est pas abusif de considérer que ce sont ceux-là qui se comportent comme des « collaborateurs » de cet Empire étranger. Il y a d’ailleurs un signe qui ne trompe pas. La consultation de la presse américaine beaucoup moins monolithique que la française, répétons-le, permet de constater que les Américains ne sont pas dupes. Et dans leurs propos on voit s’exprimer une sorte de mépris qui n’est pas à notre honneur.

Le monde change rapidement, et dans l’affrontement Occident contre reste du monde, la France appliquant les enseignements du général de Gaulle, aurait dû jouer un tout autre rôle que celui voulu par ces élites. Qui ont choisi ce soutien aveugle à une stratégie américaine qui nous emmène nécessairement à l’échec.

Dont elles porteront la responsabilité pleine et entière.

Régis de Castelnau

Source: Vu du droit

♦ Anne-Laure Bonnel licenciée et menacée après ses visites dans le Donbass


Anne-Laure Bonnel 

L’autrice de deux documentaires sur le Donbass et journaliste française Anne-Laure Bonnel a été licenciée d’une université parisienne où elle avait travaillé pendant 15 ans. Victime de menaces, elle espère pourtant continuer à raconter la crise ukrainienne au public français.

La première fois, elle a visité l’est de l’Ukraine en 2015 pour faire paraitre l’année suivante son documentaire Donbass. Son film a été présenté à la Sorbonne. L’année 2022 a tout changé. Le nouveau reportage d’Anne-Laure Bonnel Donbass, huit ans après, filmé entre le 24 février et 11 mars, n’a pas été le bienvenu en France.

Contactée par Sputnik, la femme a raconté qu’elle est arrivée dans le Donbass quelques jours avant le début de l’opération militaire russe et que le film ne portait pas sur la situation politique mais sur la vie des citoyens.

À son retour en France, les gens qui étaient initialement intéressés par le documentaire ont disparu. La journaliste a alors décidé de mettre son documentaire en ligne. Elle n’affirme rien, mais la décision de rendre public les vidéos prises dans le Donbass a coïncidé avec son licenciement de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où elle a travaillé pendant 15 ans.

Licenciement et menaces

D’après elle, le licenciement a été lié plutôt à ses séjours dans le Donbass qu’à la production du film. Un courrier électronique de l’université lui a annoncé que son contrat n’avait pas été prolongé car elle n’avait pas respecté les valeurs de l’établissement.

Pire encore, la reporter a commencé à recevoir des menaces. Depuis, elle reste dans l’ombre pour ne pas avoir de problèmes. Elle souligne toutefois que des journalistes de la presse écrite cherchent à la contacter pour mieux comprendre ce qui se passe dans le Donbass ces dernières huit années. Anne-Laure Bonnel n’exclut pas de réaliser un jour un autre documentaire pour montrer au public français des points de vues différents sur la crise ukrainienne.

Source :

»»https://reseauinternational.net/anne-laure-bonnel-licenciee-et-menacee…

URL de cet article 38307
https://www.legrandsoir.info/anne-laure-bonnel-licenciee-et-menacee-apres-ses-visites-dans-le-donbass.html

♦ Une guerre que la Russie se prépare à gagner


Les Européens se sont fait avoir par les Américains. 

Deux frappes terroristes massives ont échoué de manière spectaculaire et une terrible beauté est née dans la guerre d’Ukraine. Ces deux attaques soigneusement planifiées se succédant rapidement – sur les gazoducs Nord Stream et le pont de Crimée – étaient destinées à porter un coup fatal à la Russie.

Selon le président Vladimir Poutine, des personnes « qui veulent enfin rompre les liens entre la Russie et l’UE, affaiblir l’Europe » sont à l’origine des explosions du Nord Stream. Il a désigné les États-Unis, l’Ukraine et la Pologne comme « bénéficiaires ».

L’Inde doit s’attendre à la défaite des États-Unis et de l’OTAN, ce qui achève la transition vers un ordre mondial multipolaire.

Mercredi dernier, le service de renseignement intérieur russe FSB a identifié le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Budanov, comme le cerveau derrière l’attaque de Crimée. Le New York Times et le Washington Post ont également pointé du doigt Kiev, citant des « sources ».

Alors que Nord Stream-1 a été paralysé, l’une des chaînes de Nord Stream-2 reste intacte. Poutine a déclaré la semaine dernière que le gazoduc pourrait être restauré et que la Russie pourrait livrer environ 27 milliards de mètres cubes de gaz. « La balle est du côté de l’Union européenne, si elle le veut, ouvrons le robinet », a-t-il déclaré.

Mais, un grand silence a été la réponse de Bruxelles.

C’est un moment profondément embarrassant pour l’UE. Le triomphalisme a disparu alors que l’Europe est menacée par des années de récession causée par le contrecoup des sanctions contre la Russie, les États-Unis ayant insisté sur la coupure des liens énergétiques avec Moscou.

L’UE est maintenant devenue un marché captif pour les grandes sociétés pétrolières et doit acheter du GNL aux États-Unis au prix demandé, qui est six à sept fois supérieur au prix intérieur aux États-Unis. (Le prix contractuel pour l’approvisionnement russe à long terme pour l’Allemagne était d’environ 280 dollars par 1 000 mètres cubes, alors que le prix actuel du marché oscillait autour de 2 000 dollars.)

Autrement dit, les Européens se sont fait avoir par les Américains.

L’Inde devrait prendre note de ce que signifie le mot « droit » pour les États-Unis. Fondamentalement, l’administration Biden a créé une crise énergétique artificielle dont le véritable objectif est de profiter de la guerre.

L’attaque du pont de Crimée du 8 octobre est bien plus grave.

Zelenskyy a franchi une ligne rouge contre laquelle Moscou l’avait mis en garde à plusieurs reprises. Poutine a révélé qu’il y avait également eu trois attentats terroristes contre la centrale nucléaire de Koursk. Les Russes ne se contenteront de rien de moins que l’éviction du régime de Zelensky.

Les représailles de la Russie contre « l’infrastructure critique » de l’Ukraine, ce dont Moscou s’est abstenu jusqu’à présent, ont de sérieuses implications. Depuis le 9 octobre, la Russie a commencé à cibler systématiquement le système électrique et les chemins de fer de l’Ukraine. Le célèbre expert militaire russe Vladislav Shurygin a déclaré à Izvestia que si ce rythme était maintenu pendant environ une semaine, cela « perturberait toute la logistique de l’armée ukrainienne – système de transport du personnel, du matériel militaire, des munitions, des cargaisons connexes, ainsi que le fonctionnement des usines militaires et de réparation.

Les Américains sont enfermés dans un monde surréaliste de leur récit égoïste selon lequel la Russie a « perdu » la guerre.

Dans le monde réel, cependant, Ivan Tertel, chef du KGB en Biélorussie, qui a une vision privilégiée de Moscou, a déclaré mardi dernier qu’avec la Russie renforçant ses effectifs militaires dans la zone de guerre – 300 000 soldats qui ont été mobilisés plus 70 000 volontaires – et le déploiement d’armements de pointe, « l’opération militaire va entrer dans une phase clé. Selon nos estimations, un tournant interviendra entre novembre de cette année et février de l’année prochaine.

Les décideurs politiques et les stratèges de Delhi devraient noter attentivement le calendrier. En fin de compte, la Russie recherche une victoire totale et ne se contentera de rien de moins qu’un gouvernement ami à Kiev.

Les politiciens occidentaux, y compris Biden, comprennent que rien n’arrête les Russes maintenant. La cagnotte d’armes des États-Unis s’épuise alors que Kiev en demande toujours plus.

Lorsqu’on lui a demandé s’il rencontrerait Biden au G20 à Bali, Poutine a fait remarquer avec dérision vendredi: «Il (Biden) devrait être demandé s’il est prêt à mener de telles négociations avec moi ou non. Pour être honnête, je ne vois aucun besoin, dans l’ensemble. Il n’y a pas de plate-forme pour des négociations pour le moment

Cependant, Washington n’a pas encore jeté l’éponge et l’administration Biden reste obsédée par l’épuisement de l’armée russe, même au prix de la destruction de l’Ukraine.

Et, pour les Russes aussi, il reste encore beaucoup à faire sur le champ de bataille : les populations russes opprimées à Odessa (qui ont subi des atrocités innommables de la part des néo-nazis), Mykolaïv, Zaporizhya, Dnipropetrovsk, Kharkov attendent la « libération ». C’est une question très émotionnelle pour la Russie. Là encore, le programme global de « démilitarisation » et de « dénazification » de l’Ukraine doit être mené à sa conclusion logique.

Quand tout cela sera terminé, Poutine sait que Biden ne voudra même pas le rencontrer.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré la semaine dernière :

« Quiconque croit sérieusement que la guerre peut être terminée par des négociations russo-ukrainiennes vit dans un autre monde. La réalité semble différente. En réalité, de telles questions ne peuvent être discutées qu’entre Washington et Moscou. Aujourd’hui, l’Ukraine ne peut se battre que parce qu’elle reçoit l’aide militaire des États-Unis…

«En même temps, je ne vois pas le président Biden comme pouvant être la personne qui conviendrait vraiment à des négociations aussi sérieuses. Le président Biden est allé trop loin. Qu’il suffise de rappeler ses déclarations au président russe Poutine.»

L’Inde doit s’attendre à la défaite des États-Unis et de l’OTAN, qui achève la transition vers un ordre mondial multipolaire.

Malheureusement, les élites indiennes n’ont pas encore totalement purgé leur «situation unipolaire». L’Europe, y compris la Grande-Bretagne, est dévastée et il y a un mécontentement palpable face au « leadership transatlantique » des États-Unis.

La stratégie indo-pacifique est désespérément à la dérive.

De nouveaux centres de pouvoir émergent dans le voisinage étendu de l’Inde, comme le montre la rebuffade de l’OPEP à Washington.

Un profond ajustement est nécessaire dans le calcul stratégique indien.

M.K.Bhadrakumar

Source: https://www.tribuneindia.com/news/comment/a-war-russia-set-to-win-441926

Traduction Bruno Bertez

♦ Révelationstions du Pentagone : Les États-Unis ont formé des soldats ukrainiens peu avant qu’ils ne coulent deux navires russes


Pentagone ajoute aux inquiétudes selon lesquelles Washington est engagé dans une guerre par procuration avec la Russie, risquant de dégénérer en un conflit à grande échelle.

Des soldats ukrainiens formés par les États-Unis ont coulé deux navires russes en juin, selon Bill LaPlante, principal responsable pour toutes les questions relatives à l’acquisition et au maintien en puissance au ministère de la Défense. L’incident s’est produit deux mois seulement après que Washington a donné à l’Ukraine des renseignements qui ont aidé celle-ci à couler le Moskva, alors le plus puissant navire de guerre russe en mer Noire.

Washington a formé les combattants à l’utilisation des missiles antinavires Harpoon au cours du week-end du Memorial Day, au début de cette année. « La semaine suivante, deux navires russes ont été coulés », a déclaré LaPlante lors d’une interview avec Defense News.

Cette information est tombée moins d’une semaine après que l’on ait appris que Washington avait organisé des manœuvres avec Kiev afin de préparer la contre-offensive de Kherson, soulignant ainsi les liens opérationnels étroits entre les armées américaine et ukrainienne. Cette nouvelle renforce les inquiétudes selon lesquelles les États-Unis sont engagés dans une guerre par procuration à grande échelle avec la Russie, comme l’a récemment affirmé Kelley Vlahos dans Responsible Statecraft.

« Comme d’habitude, il semble que l’administration veuille jouer sur les deux tableaux : assurer au peuple américain qu’elle fait preuve de « retenue » et que nous ne sommes pas « en guerre » avec les Russes, tout en faisant le maximum hormis le fait de poster un soldat américain et de déployer un drapeau en Ukraine », a écrit Vlahos.

Les experts estiment qu’un tel conflit par procuration soulève deux inquiétudes. Tout d’abord, les États-Unis seront incités à faire durer le conflit aussi longtemps que possible afin de maximiser les dommages infligés aux intérêts stratégiques de la Russie.

« Les guerres par procuration sont depuis longtemps un moyen de rivaliser entre grandes puissances, car elles permettent à une des parties de faire souffrir l’autre sans qu’il y ait de confrontation directe des armes », écrivait Hal Brands de l’American Enterprise Institute en mai dernier. « Le secret de cette stratégie consiste à trouver un partenaire local dévoué – un proxy prêt à tuer et à mourir – puis à lui fournir les armes, l’argent et les renseignements nécessaires pour infliger des coups durs à un rival vulnérable. » (Brands, qui privilégie cette approche, a souligné que les États-Unis gagneraient à mener plus discrètement une stratégie de ce type).

Ce constat est d’autant plus préoccupant que l’on a appris récemment que l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, qui était alors un acteur clé de la coalition occidentale de soutien à l’Ukraine, a probablement contribué à faire échouer une négociation de paix en avril dernier. En d’autres termes, les dirigeants occidentaux n’ont guère intérêt à encourager Moscou et Kiev à mettre fin à la guerre s’ils sont convaincus que la prolongation du conflit contribuera à « saigner » la Russie.

La deuxième préoccupation est peut-être la plus importante : le risque d’escalade vers une guerre totale entre les États-Unis et la Russie. Des agents de la CIA sont déjà présents sur le sol Ukrainien et des forces d’opérations spéciales sont postées à proximité, et la coopération manifestement étroite des États-Unis avec les forces ukrainiennes pourrait à un moment donné convaincre le président russe Vladimir Poutine que l’Amérique est véritablement un belligérant dans cette guerre.

« Si les États-Unis et l’OTAN cherchent à obtenir la défaite inconditionnelle de la Russie par des moyens non conventionnels – guerre par procuration et guerre économique – pouvons-nous raisonnablement nous attendre à ce que Moscou accepte les termes d’un conflit indirect qui tire parti de nos forces ? » écrivait George Beebe du Quincy Institute in Responsible Statecraft en avril. « Pendant combien de temps Moscou s’abstiendra-t-il d’exercer des représailles directes contre l’Occident, notamment si l’opération russe dans le Donbass commence à s’essouffler ? »

En attendant, les opérations de Moscou dans le Donbass ont déjà commencé à faiblir, mais il semble peu probable que Washington tienne compte de l’avertissement de Beebe. La Maison Blanche a annoncé, il y a quelques jours, qu’elle souhaitait que le Congrès autorise le versement d’une aide militaire supplémentaire de 7 milliards de dollars en faveur de l’Ukraine, qui viendrait s’ajouter aux quelque 13 milliards de dollars d’aide létale déjà alloués par les États-Unis. Cet argent démontre que Washington continue de se concentrer sur le champ de bataille plutôt que sur la table des négociations.

Source : Responsibe Statecraft

Traduction Les Crises