♦ Maroc. « Comment j’ai été tracé à Vienne par Pegasus »


Témoignage · Hicham Mansouri, journaliste marocain réfugié en France et membre de la rédaction d’Orient XXI, fait partie des cibles de Pegasus. Il raconte pour la première fois comment au cours d’un séjour privé en Autriche, il a été repéré grâce au logiciel espion et suivi par de probables barbouzes marocains.

Hicham Mansouri aux assises du journalisme à Tours.
© Mathilde ERRARD

Journaliste marocain, membre du comité de rédaction d’Orient XXIHicham Mansouri qui travaille également à la Maison des journalistes de Paris fait partie des centaines de journalistes qui ont été espionnés par le logiciel Pegasus, produit par le groupe israélien NSO. Effectué par le Security Lab, laboratoire numérique hyper-performant d’Amnesty International, l’analyse de son téléphone a révélé qu’il avait été infecté plus d’une vingtaine de fois par le logiciel espion sur une période de trois mois, de février à avril 2021. Hicham Mansouri a quitté son pays en 2016 après avoir passé près d’un an en prison, sous des accusations évidemment bidon d’adultère. Au cours d’un second procès pour « atteinte à la sûreté interne de l’État », il a été condamné par contumace à un an de prison ferme.

Cofondateur avec Maati Monjib de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI) – qui lui aussi a été espionné par Pegasus, comme plusieurs autres journalistes marocains actuellement détenus, Omar Radi (qui a été condamné le 19 juillet à 6 ans de prison), Taoufik Bouachrine et Soulaiman Raissouni, – Hicham Mansouri prépare un ouvrage sur son séjour en détention, à paraître cet hiver dans la collection Orient XXI chez Libertalia.

Si l’enquête de Forbidden Stories a mis à jour une surveillance très récente de son téléphone par Pegasus, ce n’est cependant pas une première pour notre collègue. « J’ai été espionné sur mon nouveau téléphone au printemps 2021. Mais quand j’avais rédigé un article pour Orient XXI sur le Sahara occidental en novembre 2020, j’avais alors appelé un responsable du Polisario. Je n’ai pas utilisé ses propos dans le papier publié, mais juste après un site marocain lié aux services secrets, Chouf TV, m’a accusé de comploter avec le Polisario en citant le nom de mon interlocuteur et le mien. J’étais alors sûr que soit moi soit lui étions sur écoute ».

UNE FILATURE SANS FIN DANS LES RUES DE VIENNE

Mais l’utilisation probable de Pegasus par les services marocains pour tracer Hicham Mansouri a montré l’ampleur de ses possibilités à l’occasion d’un séjour à Vienne du journaliste et de sa compagne. Il nous raconte comment il a été tracé au cours de son escapade privée. « La situation la plus emblématique pour moi remonte à mars 2019. Je venais d’obtenir en France un titre de voyage français de réfugié. On a décidé d’aller à Vienne du 1er au 5 mars avec ma compagne ». Mais le séjour a priori sans histoires va tourner au cauchemar :

Le matin du 3 mars, vers neuf heures, à la sortie de l’hôtel Wombat’s où nous séjournions, je remarque deux types avec des lunettes de soleil, à l’allure typique des barbouzes marocains. Dès que nous commençons à marcher, ils nous suivent. Pour vérifier qu’il s’agit bien d’une filature, on change d’itinéraire, on s’arrête, on s’installe dans un café et on attend un peu. On sort et on continue notre route, on les retrouve un peu plus loin. Mais il nous est impossible de les semer, les deux hommes nous suivent à la trace.

Hicham et sa compagne décident alors d’éteindre leurs téléphones, ignorant que même coupé un portable reste traçable par un logiciel comme Pegasus :

On change d’itinéraire plusieurs fois, raconte Hicham. On finit par s’installer dans un café car on est sûr de les avoir semés mais ils nous retrouvent. Cela a duré toute la journée ! On a fini par aller dans le parc du château de Schönbrunn, et on les a même photographiés au milieu de la foule dans la cour du château alors qu’eux-mêmes nous photographiaient.


Photo prise par Hicham Mansouri à Vienne. Le cercle rouge entoure les deux barbouzes qui se prennent en photo du château de Schönbrunn.

Dans ce grand parc du centre de la capitale autrichienne se trouve un poste de police. « Quand on l’a vu, on y est allés et on a raconté ce que nous subissions depuis le matin. Les policiers nous disent ne rien pouvoir faire mais qu’on peut les appeler si on les revoit et ils nous donnent un numéro de téléphone ». Mais plutôt qu’une contre-filature discrète, Hicham et sa compagne qui ont accepté de reprendre leur promenade malgré l’angoisse voient à nouveau leurs suiveurs sur une colline du parc. Ils appellent alors la police et sont rejoint par une voiture de la police autrichienne dont sortent plusieurs policiers :

Ils nous ont posé les mêmes questions que leurs collègues du poste, ils pensaient qu’on avait peut-être affaire à des racketteurs de touristes. J’explique ma situation, ma nationalité, mon statut de réfugié. Et là direct, les policiers me disent qu’ils vont vérifier tout cela sur Interpol. De victime, je deviens suspect. Ils prennent nos passeports, et on passe quinze minutes difficiles. Ils n’ont rien trouvé, m’expliquent que la loi autrichienne n’interdit pas les filatures, bref qu’ils ne vont rien faire. Ils ont uniquement proposé de contrôler leur identité mais nos suiveurs avaient alors disparu.

Hicham et sa compagne pensent alors que l’alerte est passée :

On quitte les policiers et le parc de Schönbrunn et on prend le métro, on change plusieurs fois de ligne et on finit par sortir pour aller boire un café et se remettre de nos émotions. Nos téléphones sont bien sûr toujours éteints. Et là on croise à nouveau nos suiveurs au centre-ville ! On les voit sur un banc et ils nous font un signe d’au revoir de la main et miment l’envoi d’un baiser à l’adresse de ma compagne.

La filature avait commencé à 9h du matin et il est alors 16h. « Cela a pourri notre voyage, même si ensuite on ne les a plus revus ».

PLUSIEURS JOURNALISTES EN PRISON

Comme Hicham Mansouri, au moins 35 journalistes de 4 pays – dont la France – ont été ciblés par le Maroc et tracés par Pegasus, selon l’enquête de Forbidden Stories relayée par de nombreux titres de la presse internationale. Trois d’entre eux, Omar Radi, Taoufik Bouachrine et Soulaiman Raissouni, sont actuellement détenus au Maroc sous des chefs d’accusation considérés par les organisations de défense des droits humains comme fallacieux. Taoufik Bouachrine, ancien rédacteur en chef d’Akhbar al-Youm, a été arrêté en février 2018 et accusé notamment de viols et d’agressions sexuelles. Plusieurs de ses supposées victimes l’ont pourtant innocenté au cours de son procès. L’enquête de Forbidden Stories révèle qu’au moins deux des femmes impliquées dans cette affaire ont été ciblés par Pegasus, et peut-être victimes de chantage.

Soulaiman Raissouni qui a succédé à Taoufik Bouachine à la tête d’Akhbar al-Youm est lui aussi est arrêté pour des accusations elles aussi suspectes d’agression sexuelle en mai 2020. En juillet 2021, alors qu’il a entamé une longue grève de la faim qu’il poursuit depuis 103 jours, il est condamné à cinq ans d’emprisonnement. Entretemps, leur journal étranglé a cessé de paraître…

Les autorités marocaines ont répondu par écrit à Forbidden Stories, affirmant sans rire qu’elles « ne comprennent pas le contexte de la saisie par le Consortium International de Journalistes » et sont « dans l’attente de preuves matérielles » pour « prouver une quelconque relation entre le Maroc et la compagnie israélienne précitée », à savoir NSO.

Pourtant, des journalistes qui se sont préoccupés de près ou de loin de la répression des journalistes marocains ont également vu leur téléphone ciblé par Pegasus, en particulier en France celui d’Edwy Plenel, directeur de Mediapart. En juin 2019, Edwy Plenel assiste à une conférence à Essaouira, au Maroc et accorde plusieurs interviews pour s’inquiéter des violations des droits humains et des journalistes par le régime marocain. Une autre consœur de Mediapart, Lénaïg Bredoux, a également été ciblée par Pegasus, tout comme Rosa Moussaoui, journaliste à L’Humanité et Dominique Simonnot, ancienne journaliste au Canard Enchaîné et actuelle contrôleuse générale des lieux de privation de libertés.

PEGASUS ET SES NOMBREUX AVATARS

La terrible situation des journalistes marocains emprisonnés comme Omar Radi, Soulaiman Raissouni et Taoufik Bouachine, a directement été provoquée par l’utilisation du logiciel Pegasus, le témoignage d’Hicham Mansouri est sur ce point édifiant. Mais alors que le Maroc a officialisé ses relations diplomatiques avec Israël en décembre 2020, Pegasus a été utilisé bien plus tôt par le régime. Ajoutons que ce logiciel a été mis au point grâce à la surveillance électronique de masse par Israël des Palestiniens des territoires occupés. Outre NSO – en partie contrôlé depuis 2019 par un fond britannico-luxembourgeois, Novalpina Capital mais toujours dirigé depuis Tel Aviv -, de nombreuses entreprises de la high tech israélienne produisent d’ailleurs des logiciels dit offensifs du même type, dont les sociétés Quadream, Candiru et Wintego, et contribuent ainsi à la renommée de la start-up nation dans les milieux de défense et économiques, non sans cynisme.

On sait pour l’instant que parmi les clients de Pegasus on compte – outre le Maroc – les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Bahreïn. Mais combien d’autres pays, combien d’entreprises utilisent plus ou moins discrètement Pegasus ou ses avatars ? L’enquête en cours de publication de Forbidden Stories, menée grâce à la logistique informatique d’Amnesty International, en pointe depuis quelques années sur la dénonciation de la surveillance numérique, devrait apporter beaucoup d’informations. Plus de quatre-vingts journalistes ont épluché depuis plusieurs mois les données de plus de 50 000 numéros de téléphone dans cinquante pays clients supposés de Pegasus.

Le monde que prépare les concepteurs et les utilisateurs de Pegasus est à bien des égards assez « flippant ». Mais il faut rester lucide : la surveillance électronique à outrance de la Palestine par des logiciels offensifs n’a pas réussi à briser le mouvement de colère des Palestiniens en mai 2021. Pas plus qu’elle ne parviendra à réduire au silence les journalistes indépendants au Maroc et ailleurs. On peut surveiller une foultitude de personnes, pas leur interdire de penser.

JEAN STERN

Maroc. « Comment j’ai été tracé à Vienne par Pegasus » (orientxxi.info)

♦ Quand la France rêvait d’un calife pour son empire musulman


Les déclarations de François Hollande à la suite des attentats qui ont endeuillé la France sont symptomatiques de l’ambiguïté du rapport de la République à l’islam. Une équivoque qui se traduit à la fois par un déni de réalité et l’emploi de Français musulmans et des sources islamiques pour l’interprétation religieuse de ce qu’est le « bon islam » pour la République : un islam dirigé par les politiques. Une posture des pouvoirs publics à l’égard de l’islam et de ses institutions, notamment l’institution califale, qui s’inscrit dans la continuité des politiques françaises depuis la fin du XIXe siècle.

Pose de la première pierre de la Mosquée de Paris, avec Si Kaddour Benghabrit (centre).
Agence Rol, 1922 (BNF).

La déclaration de guerre sainte prononcée par les Ottomans au début de la Grande Guerre, corrélative aux débats théologiques dans le monde musulman dont la presse arabe se fit largement l’écho, posait d’une manière inquiétante la question du califat. La possibilité d’une déchéance du calife de Constantinople laissait entrevoir les avantages que la France pouvait en tirer : unifier l’islam de l’empire sous sa propre autorité. Comme il est question de l’unifier aujourd’hui sous la houlette de la Fondation pour l’islam de France d’abord, et par le Conseil français du culte musulman ensuite.

Consciente de l’éventualité de la perte de l’empire dans une guerre européenne, la France appuya dans un premier temps sa stratégie sur la remise en valeur de l’institution califale dans ses possessions musulmanes. L’islam était utilisé dans son sens le plus religieux, c’est-à-dire au sens de la foi, pour parer à toute débandade des soldats musulmans — dont on reconnaissait et louait déjà le loyalisme — et à un éventuel soulèvement des populations musulmanes dans les territoires sous domination française. Et dans sa version mystique populaire, par la sollicitation defatwas de marabouts, de chefs de confréries et de chérifs. C’est encore la voie choisie par les pouvoirs publics français : utiliser les imams pour diffuser dans les mosquées des prêches politiques à la suite de chacun des attentats en France depuis novembre 2015, et des islamologues pour fournir les explications les plus loufoques afin de maintenir les Français musulmans à l’écart des appels au djihad de l’État islamique.

Au début de la Grande Guerre, l’appel au soutien de l’islam officiel, c’est-à-dire aux souverains protégés par la France, fut écarté. D’une part pour ne pas renforcer les pouvoirs locaux ultérieurement, et d’autre part pour éviter d’éventuels soulèvements des populations musulmanes qui auraient vu d’un mauvais œil une alliance avec les puissances chrétiennes contre un État musulman. La discrétion partagée par les États occidentaux et les États musulmans au sujet de la participation de ces derniers à la guerre actuelle contre l’État islamique relève d’une logique identique à celle de la politique musulmane de la France du début du XXe siècle.

La formule autrefois utilisée dans les procès-verbaux de la commission des affaires musulmanes du ministère des affaires étrangères pour justifier la guerre contre l’empire ottoman : « Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple turc lui-même, mais contre les gens qui détiennent en ce moment le gouvernement de Constantinople… Victimes de leur agression nous luttons contre eux et contre eux seuls » ressemble à la raison actuellement donnée pour justifier les bombardements au Proche-Orient et en Afrique : la France n’est pas en guerre contre les populations irakienne, syrienne, yéménite, libyenne ou malienne, mais contre le groupe État islamique, une organisation terroriste qui sème la terreur dans ces pays. Victimes de leurs attaques sur le sol français, nous luttons contre eux et eux seuls.

LE MAROC, CLÉ DE VOÛTE

Bien qu’ancienne, l’idée d’un califat d’Occident dépendant de la France pour unifier sa politique en Afrique du Nord, puis l’étendre aux autres possessions musulmanes, fut exprimée en 1915 par le maréchal Hubert Lyautey, non sans arrière-pensée : il s’agissait de reconstituer un empire à l’image de l’empire romain — plus précisément celui de Constantin – c’est-à-dire bipolaire et dont le Maroc serait la clé de voûte

L’empire chérifien apparaissait aux politiques et aux diplomates français comme « l’homme malade » de l’islam d’Occident, d’où la tentation de reconstituer cet islam d’Occident sur le modèle de l’Église romaine, hiérarchisée et dirigée de fait et de droit par un monarque. Cette perception sera à l’origine de la bipolarité de l’autorité politique au Maroc, avec la construction d’un califat et de son appareil administratif, « le Makhzen », d’abord pour les musulmans du Maroc. Ensuite, il s’agissait d’étendre cet appareil administratif musulman à l’ensemble de l’empire français. L’administration moderne du protectorat fut chargée de l’autorité politique, de l’autorité militaire et des non-musulmans (catholiques et juifs autochtones), ainsi que d’organiser un État moderne et centralisé.

L’idée même de la séparation des pouvoirs temporel et spirituel en pays d’islam effrayait Lyautey. Monarchiste, fervent catholique, opposé à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, Lyautey faisait une lecture catholique du fait musulman et de son évolution : la puissance morale du calife serait beaucoup plus dangereuse pour les puissances chrétiennes, du fait de son dégagement des préoccupations du pouvoir temporel. Le pape était, pour lui, paradoxalement beaucoup plus puissant, sa capacité de ralliement plus importante à cause de l’abandon du pouvoir temporel. Le danger résidait pour Lyautey dans cette aura spirituelle que procure la renonciation à l’exercice du pouvoir. C’est ce qu’il craignait au sujet du chérif de la Mecque soutenu par les Britanniques pour le titre de calife. La sécularisation en terre d’islam était selon lui plus dangereuse qu’un islam cumulant les deux autorités sous domination chrétienne.

Cette proposition d’un califat marocain suscita une fronde chez ceux dont le pouvoir semblait menacé, et en premier lieu le gouvernement de l’Algérie qui voyait poindre les dangers d’une éventuelle application de la loi de séparation des Églises et de l’État aux départements français d’Algérie. Dès lors, le débat sur la question du califat révéla la dimension chrétienne du conflit. Les radicaux de gauche, les défenseurs de la laïcité et de cette loi étaient les plus farouches opposants à la séparation du temporel et du spirituel en islam, puisqu’elle signifiait une perte de pouvoir pour eux aux niveaux local et régional. Cette séparation n’était qu’un leurre, le pouvoir réel demeurant in fine entre les mains de la République et de ses représentants. Ses partisans étaient de fervents chrétiens comme Lyautey ou Defrance, qui soutenaient l’idée de la résurgence de l’empire romain d’Orient, tout en se gardant de faire la même erreur que Rome avec l’édit de Caracalla, supposé avoir causé la chute de l’empire. Toutefois, situation de guerre oblige, le gouvernement élabora une représentation consensuelle des musulmans de l’empire avec la création de la Société des habous des lieux saints de l’islam qui sera chargée plus tard de la construction de l’Institut musulman de la mosquée de Paris — inauguré d’abord par le sultan marocain en 1926 — et de la gestion religieuse de l’islam de France.

La chute du califat ottoman en 1924 et l’absence de nouveau calife dans l’Orient arabe mirent fin au projet officiel d’un califat d’Occident, mais pas à celui de catholiques qui exécraient l’athéisme inhérent à la loi de 1905 et nourrissaient l’espoir d’une restauration chrétienne en France dans le cadre politique de la séparation à partir d’un califat d’Occident. Si, en effet, la loi de séparation des Églises et de l’État a imposé la laïcité en tant que pratique politique et mode de gestion du social par les gouvernants, elle n’a pas pour autant changé les Françaises et Français en individus laïques ou athées. La pratique religieuse s’est émoussée dans certaines catégories sociales, mais pas dans la bourgeoisie, où la foi est restée quasi intacte.

Comme l’ensemble des Français, ces catholiques étaient, à la fin de la seconde guerre mondiale et au début des années 1950, tournés vers la construction européenne, portée par deux autres chrétiens, Charles de Gaulle et Robert Schuman. Ce projet répondait mieux aux attentes d’une restauration qui se satisferait plus d’une démocratie chrétienne à l’image des autres États européens — notamment celle de l’Allemagne — que d’un retour à un régime laïque républicain. Pourtant c’est la question marocaine, à la suite des répressions sanglantes des émeutes de Casablanca des 7-8 décembre 1952 et de la déposition du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef et son remplacement par Mohammed Ben Arafa le 20 août 1953 qui provoqua la véritable scission, dans laquelle furent impliqués les catholiques du Maroc1. Certains intellectuels catholiques et politiques de gauche se scandalisèrent de la répression à Casablanca. Ils menèrent une campagne de presse orchestrée par Robert Barrat, André de Peretti, François Mauriac et d’autres intellectuels catholiques afin d’informer le public français des massacres. C’est à ce moment-là que réapparut le projet d’un califat pour l’islam d’Occident.

LYAUTEY ET MAWARDI

Le projet de Lyautey est entièrement inspiré par la théorie politique de Mawardi, Al-ahkam al-sultaniyya, (Les statuts gouvernementaux), et de son second volet, le principe de nécessité en islam ou darura, théorisé par Ghazali au XIe siècle. Selon ce principe, un calife trop faible pour s’opposer à un envahisseur entérine un état de fait, en confiant le pouvoir temporel à un vizir. Lyautey a joué ce rôle de « vizir usurpateur » ou de « maire du palais » animé par une dialectique religieuse et une logique qui ont dominé l’établissement du protectorat au Maroc : l’introduction par les autorités françaises de la notion hybride d’un « pape musulman » dans le traité du protectorat signé avec le sultan Moulay Hafid en 1912. Les politiques français ont privé le sultan de son autorité temporelle, déléguée à l’administration française.

Or, en 1954, les catholiques du Maroc, la Résidence générale et les coloniaux favorables à la déposition du sultan Mohamed V et partisans d’une administration directe (à l’algérienne) au Maroc dénonçaient cette centralisation de l’État moderne au Maroc qui a fortement contribué à renforcer la puissance spirituelle du sultan, afin de valider une nouvelle politique de centralisation du pouvoir sur l’empire au niveau de la métropole par l’annexion du Maroc aux départements français d’Algérie, le projet d’Union africaine qui se dessine à l’ombre de l’Union européenne depuis 1946 chez les coloniaux ne pouvant être viable qu’à ce prix. Cette proposition repose aussi sur la théorie du califat, non plus sur celle de Mawardi, mais sur celle d’Ibn Khaldoun, dans laquelle est introduite une distinction entre le pouvoir califal, al-khilafa, d’origine divine et révélée, du pouvoir royal, al-mulk, d’origine humaine et rationnelle, donc temporelle.

UN DÉBAT PARMI LES CATHOLIQUES

À l’encontre de la position de Lyautey qui souhaitait un califat fort pour maintenir sous domination islamique l’ensemble de l’empire musulman, on voulut le réduire après la seconde guerre mondiale à sa plus simple expression, l’imamat. Quant au pouvoir politique, il devait appartenir à la République qui, par l’intermédiaire d’une administration forte et directe, devait « jouer le rôle des rois de France, de protéger les humbles, favoriser les communes. »

La prise de position d’intellectuels catholiques et politiques de gauche est symptomatique de la dimension chrétienne des différentes crises marocaines depuis la christianisation avortée des Berbères par le dahir (décret chérifien) de 1930. Ces crises ont constitué autant d’« espaces autres » à un conflit interchrétien sur la monarchie en France, la séparation des Églises et de l’État, l’égalité des dogmes non chrétiens, la légitimité de la christianisation en contexte colonial, la constitution d’une Église musulmane dont le chef serait un calife musulman et une christianisation progressive des autochtones pour les autres.

Elle s’inscrit aussi dans le débat qui agitait les catholiques depuis 1930 sur l’entreprise coloniale, cristallisé lors des semaines sociales de 1948 et 1954, sur fond politique de l’Union française2 et d’accession des Algériens musulmans à la citoyenneté française. À l’époque déjà, l’islam métropolitain et les Français musulmans étaient associés à cette prise de position d’une solution politico-religieuse pensée en dehors d’eux. Les intellectuels catholiques qui avaient réussi à s’associer les anticolonialistes de tous bords créèrent dès 1947 deux associations : le Comité chrétien d’entente France-islam (27 juin 1947) ? par Louis Massignon qui bénéficia du soutien du Vatican jusqu’en 1962 ; et France-Maghreb (juin 1953), par André de Peretti. Ces associations organisaient des prières pour dire la Fatiha (première sourate du Coran) et des jeûnes tous les vendredis à la Mosquée de Paris avec Si Kaddour Ben Ghabrit.

La politique actuelle de contrôle de l’islam et des Français musulmans par l’intermédiaire de la Fondation de l’islam de France, et les débats sur la question de l’identité nationale, la déchéance de la nationalité ou l’espace de la laïcité s’inscrivent dans cet acquis colonial qui dénie aux Français musulmans le statut d’égalité citoyenne tant que leur foi reste musulmane.

JALILA SBAÏ

Quand la France rêvait d’un calife pour son empire musulman (orientxxi.info)

♦ Loi de 1905. Dévoyer la laïcité pour guerroyer contre l’islam


Le conseil des ministres proposera le 9 décembre, date anniversaire de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, un texte « confortant les principes républicains ». Sous couvert de défendre la laïcité, il s’inscrit en faux contre la lettre et l’esprit de la loi de 1905, marquée par un libéralisme assumé par son promoteur Aristide Briand. Et bien étranger à l’idée d’expulsion du religieux de l’espace public que préconisent les campagnes actuelles contre l’islam et les musulmans.

Paris, avril 1905. — Aristide Briand, rapporteur du projet de loi sur la séparation des Églises et de l’État, à la tribune de l’Assemblée nationale

« Il y a le fanatisme religieux et le fanatisme irréligieux, et le second est aussi mauvais que le premier. » Au milieu des éclats de rire, Jules Ferry s’adresse, le 19 avril 1881, au second congrès pédagogique des instituteurs et institutrices publics de France1. Ces propos du fondateur de l’école publique en France éclairent une réalité effacée : la lutte pour la laïcité en France s’est menée sur un double front. D’abord, prioritairement, contre l’Église catholique, une force pesante, arrogante et antirépublicaine qui ne voulait rien céder de ses prérogatives. Mais aussi à l’intérieur du camp républicain, contre ceux qui voyaient dans la laïcité une arme pour détruire non pas le cléricalisme, mais les religions.

Or, à chacune des deux étapes décisives de la longue marche vers la séparation des Églises et de l’État entamée après la naissance de la IIIe République — la laïcisation de l’enseignement, la loi de 1905 —, les gouvernements successifs ont préféré le compromis à l’intransigeance, le dialogue aux invectives, l’évolution des esprits à la guerre civile.

DES CROIX DANS LES ÉCOLES ?

Entre 1882 et 1886, plusieurs lois vont organiser la triple « laïcisation » de l’école : celle des programmes, celle des locaux et celle des enseignants ; mais jamais n’est évoquée la laïcisation des élèves. Avec la loi du 28 mars 1882, l’enseignement primaire devient gratuit et l’instruction obligatoire, tandis que l’enseignement religieux est interdit dans les écoles primaires d’État2.

La transition vers l’école publique se fit fermement, mais en douceur, comme en témoigne l’affaire des crucifix. Fallait-il retirer ces signes religieux des écoles publiques ? Les circulaires ministérielles appelèrent à appliquer la loi « dans l’esprit même où elle a été votée, dans l’esprit des déclarations réitérées du gouvernement, non comme une loi de combat dont il faut violemment enlever le succès, mais comme une des grandes lois organiques qui sont destinées à vivre avec le pays, à entrer dans les mœurs, à faire partie de son patrimoine »3). On décida donc de ne plus installer de croix dans les bâtiments qui seraient construits, de les décrocher là où cela ne posait pas problème et de les maintenir là où les enlever pouvait créer des troubles. Leur élimination complète allait prendre près d’un siècle.

Ferry expliquait la nécessité « d’atténuer, par de sages tempéraments, ce qu’une situation nouvelle peut avoir ou peut paraître avoir de rigoureux ». Comme le remarque l’historien Patrick Cabanel4 : « “Tempéraments”, un mot à comprendre dans son double sens d’adoucissement et de délai : il s’agit d’habituer l’opinion et les mentalités, afin de leur donner ce temps dont ont besoin les réformes et les régimes soucieux de triompher non par la violence de l’utopie, des armes ou des textes, mais par l’inculcation et l’appropriation collectives. » Outre les crucifix, les exemples sont nombreux de ces « tempéraments ». Ainsi, « les devoirs envers Dieu » feront partie pendant deux générations des programmes obligatoires de morale ; une journée (le jeudi d’abord, puis le mercredi) fut laissée libre pour permettre le catéchisme ; la semaine précédant la première communion, les élèves étaient libres de ne pas aller à l’école, etc.

« L’INSTRUMENT DE TORTURE APPELÉ CROIX »

On cite souvent, à juste titre, la lettre aux instituteurs du même Ferry, le 11 mars 1882 : « Si un instituteur public s’oubliait assez pour instituer dans une école un enseignement hostile, outrageant pour les croyances religieuses de n’importe qui, il serait aussi sévèrement et aussi rapidement réprimé que s’il avait commis cet autre méfait de battre ses élèves ou de se livrer contre eux à des sévices coupables. » Qu’aurait-il pensé d’imposer aux élèves les caricatures des journaux anticléricaux La Lanterne ou La Calotte, qui présentaient le crucifix comme « l’instrument de torture appelé croix supportant un macchabée en plâtre ou en métal » ? Ou d’un instituteur qui aurait dénoncé à la police un élève de 8, 10 ou 12 ans parce qu’il chérissait plus Jésus que Marianne, les lois de Dieu que celles de la République ?5

Un rappel s’impose ici : il n’y a pas de définition unique de la laïcité. Plusieurs acceptions de ce concept s’imposent dès son invention, encore plus aujourd’hui où la droite s’est ralliée à cette laïcité qu’elle a combattue avec tant d’ardeur et dans laquelle elle se drape pour monter à l’assaut de l’islam et des musulmans. On peut donc défendre différentes interprétations de la laïcité, en revanche, seules les lois de la République s’imposent à tous. Si certains pensent que la laïcité devrait aboutir à l’expulsion du religieux, notamment de l’islam, de l’espace public, libre à eux. À condition de reconnaître que cela n’a rien à voir ni avec la lettre ni avec l’esprit de la loi de 1905.

SE MANIFESTER DANS L’ESPACE PUBLIC

Plusieurs jugements du Conseil d’État confirmèrent l’interprétation libérale de ce texte fondateur, assurant le droit des Églises à s’organiser comme elles l’entendaient et de paraître dans l’espace public. Ainsi de l’un des premiers conflits auxquels fut confrontée la République après 1905, celui des processions religieuses. Mettant en avant la crainte d’un trouble à l’ordre public, un certain nombre de maires voulurent les interdire : entre 1906 et 1930, 139 arrêtés municipaux en ce sens firent l’objet d’un recours ; ils furent cassés dans 136 cas, comme le furent toutes les décisions de maires visant à interdire le port de la soutane sur le territoire de leur commune. Le Conseil d’État rejeta aussi les demandes de désaffection des églises présentées par les communes, refusa de leur accorder le droit de vente des objets affectés au culte et, dans les affrontements entre maires et curés sur l’utilisation des cloches, limita à l’extrême leur usage pour des motifs non religieux.

Pour qui se replonge dans les débats parlementaires de 1905, d’une très haute tenue, c’est ce libéralisme qui saute aux yeux, celui que défendaient avec vigueur Aristide Briand, rapporteur de la loi et le dirigeant socialiste Jean Jaurès. L’Assemblée repoussa ainsi la proposition visant à supprimer les jours fériés à référence religieuse ou celle qui exigeait que tous les prêtres soient de nationalité française6.

On rappelle souvent l’article 2 de la loi : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », mais on oublie sa seconde partie, qui contredit pratiquement la première : « Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets [de l’État, des départements et des communes] les dépenses relatives à des exercices d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. » D’autre part, la loi prévoit que les édifices du culte — propriétés d’État depuis la Révolution française — seront confiés gratuitement aux associations cultuelles (elles auraient pu être louées), et que leur entretien sera à la charge des communes, des départements ou de l’État. À part cela, l’État ne finance aucun culte !

La laïcité fantasmée n’existe aujourd’hui que dans la tête de ceux qui en font une arme contre l’islam. Rappelons quelques manquements à « la pureté laïque ». La loi de 1905 n’a jamais été étendue à l’Alsace-Moselle (en un siècle aucun gouvernement de gauche ou de droite n’en a été capable, à la suite de quoi la France est le seul État du monde dont le chef de l’État nomme deux évêques, ceux de Strasbourg et de Metz, avant leur institution canonique par Rome !) ; elle n’est toujours pas appliquée à la Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie quant à la Guyane, seul le culte catholique y est reconnu et ses prêtres payés7. Et que dire du fait que le consul général de France à Jérusalem, représentant la République, assiste ès qualités à une douzaine de messes par an, est béni par le prêtre et embrasse les Saints Évangiles 

UNE SEULE ARME, LA LIBERTÉ

Il ne s’agit pas de relativiser la rupture que représente la loi de 1905, l’opposition farouche des milieux catholiques à ce texte en témoigne. Mais comment y répondit le gouvernement ? L’Église française, sous l’injonction du Vatican, rejeta la loi et la création d’associations cultuelles pour gérer les églises. Appliquer la loi votée par la représentation nationale aboutissait à interdire la messe. Au lieu de quoi, on mit en place des dispositions transitoires visant à garantir que la gestion des lieux de culte catholiques serait laissée provisoirement aux prêtres. La loi de 1905 fut amendée le 2 juillet 1907 (personne dans le camp républicain ne pensait qu’il s’agissait d’un texte sacré) pour organiser la continuité des cultes, en attendant un accord qui ne fut trouvé que vingt ans plus tard. Comme le rappelle le député Joseph Caillaux, Briand parvient, « quelque paradoxal que cela puisse paraître, à organiser législativement la tolérance de l’illégalité ». C’est d’ailleurs Briand qui apostrophe la droite et l’Église : « La seule arme dont nous voulions user vis-à-vis de vous, c’est la liberté. »

Si à l’époque on avait exigé de l’Église la signature d’une charte entérinant la laïcité et ses lois ou « les principes républicains » — une notion plus que floue —, ce que l’on exige désormais du culte musulman, le pays aurait sombré dans la guerre civile. Mais les législateurs de la IIIe République étaient plus sages et se seraient bien gardés d’imposer des règles pour le choix des ministres du culte ou leur « labellisation » par l’État. Et pourtant, l’Église était une force autrement plus menaçante, autrement plus dangereuse pour la République que les communautés musulmanes divisées, sans vrai accès aux couloirs du pouvoir, sans relais politiques ou médiatiques.

Aujourd’hui, à travers les déclarations de nombre de dirigeants politiques, les diatribes haineuses de prêcheurs pseudo-laïques qui ont du mal à cacher leur racisme, s’impose une interprétation de la laïcité confondue avec la sécularisation forcée de l’espace public et de ceux qui y circulent. Ils ont fini par convaincre que la laïcité c’est la multiplication des interdits : interdiction des femmes de porter le foulard dans la rue, interdiction pour elles d’accompagner des sorties scolaires, interdiction du foulard à l’université. Et ils se servent de la violence djihadiste pour mettre en cause ces libertés mêmes dont ils se font quotidiennement les chantres. Des interdits ajoutés à des injonctions, des accusations de « séparatisme » associées à de la délation, des mises en demeure couplées avec de la stigmatisation…

Aristide Briand et Jean Jaurès doivent se retourner dans leur tombe.

ALAIN GRESH

Loi de 1905. Dévoyer la laïcité pour guerroyer contre l’islam (orientxxi.info)

♦ Face à la gronde populaire, l’Autorité palestinienne choisit la répression


Depuis le décès de l’opposant Nizar Banat le 24 juin 2021, battu à mort par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), la Cisjordanie vit au rythme des manifestations demandant le départ du président Mahmoud Abbas. Déjà critiquée pour son immobilisme en mai 2021, l’AP n’est plus qu’un régime autoritaire arabe sans État, collaborant avec les autorités d’occupation.

Hébron, 13 juillet 2021. Des manifestants portent les portraits du militant Nizar Banat et une banderole sur laquelle on peut lire « Dégage Abbas ».
Ahmad GHARABLI / AFP

La mort de l’activiste Nizar Banat le 24 juin 2021 après son arrestation par les services de sécurité palestiniens a suscité une vague de manifestations dans la rue palestinienne, réclamant le départ du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas. Ce meurtre — qui arrive après une tentative d’assassinat à laquelle Banat avait échappé quelques semaines plus tôt — a fait basculer les protestations du monde virtuel vers la rue. L’événement a été un catalyseur contre l’AP, mettant à nu son échec tant sur les plans social, économique que politique. De plus, les pratiques du gouvernement palestinien sont marquées depuis quelques années par des discours et des politiques sécuritaires dont la violence est en contradiction flagrante avec les attentes des acteurs sur le terrain. En retour, les formes de résistances émanant d’une société palestinienne sous occupation ont également évolué.

Les espaces sociaux palestiniens étaient principalement jusque-là un lieu d’expression contre le colonialisme israélien. Mais le contexte des dernières années les a fait évoluer, notamment avec la division interne et la mise en place de deux autorités en conflit : l’AP en Cisjordanie et le Hamas dans la bande de Gaza. Depuis, ces espaces sociaux ne cessent d’être traversés par des affrontements sur des questions comme l’opposition aux négociations et à la coordination sécuritaire avec Israël, les arrestations politiques et les atteintes à la liberté d’expression et aux libertés publiques.

Ces divergences croissantes marquent un fossé qui s’est creusé entre les politiques menées par les deux pouvoirs de Ramallah et de Gaza, et une partie conséquente de la société palestinienne. Cet abîme apparaît également dans les politiques visant à contenir les protestations en les institutionnalisant et en les récupérant, à travers l’apparition de nouvelles formes de censure afin de monopoliser ces espaces sociaux et de les occuper avec les discours et les pratiques des appareils du pouvoir. Ces tentatives de contrôle et de récupération s’inscrivent dans une conception officielle de ce que doit être la « représentation palestinienne », imposée comme la seule voie à même de susciter une quelconque solidarité mondiale. À cela il faut ajouter une neutralisation de la confrontation avec la politique coloniale israélienne et la réduction du combat palestinien à son aspect juridique et symbolique.

Or, depuis le début de la pandémie de la Covid-19, les scandales et les protestations contre les politiques de l’AP se succèdent. Pour contenir leur propagation, le gouvernement a eu recours au confinement, à un durcissement sécuritaire et à des discours moralisateurs. Mais la pandémie a mis à nu la fragilité des structures sanitaires palestiniennes. L’arrivée des doses de vaccin a été tardive et la campagne de vaccination a été entachée d’accusations de népotisme et de clientélisme. Nizar Banat avait d’ailleurs critiqué dans nombre de ses publications sur les réseaux sociaux le transfert des vaccins entre l’AP et Israël. Après une tentative d’assassinat à son encontre, ordre a été donné de l’arrêter.

LE POUVOIR CONFISQUÉ

Certes, la protestation contre les politiques de l’AP ne sont pas nouvelles. La rue palestinienne a connu depuis 2011 des dizaines de manifestations : mobilisations de certains corps de métiers (enseignants, médecins du secteur public), manifestations politiques (opposition aux sanctions contre Gaza, à la coordination sécuritaire avec Israël, aux guerres contre Gaza et aux positions de l’AP) ou contestations sociales (contre la loi sur la sécurité sociale en 2019). Au cours de ces mouvements, les manifestants se sont heurtés aux forces de sécurité.

Mais la mobilisation actuelle s’inscrit dans un contexte différent. D’abord, elle survient après le report des élections qui devaient se tenir en mai 2021, marqué par un accaparement du pouvoir au sein du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine et la montée des politiques d’exclusion et de répression contre les voix discordantes. Le chef de l’Autorité et ses proches ont désormais le monopole des décisions politiques, marginalisant celles du conseil central de l’OLP qui a appelé à revoir les accords d’Oslo et leurs conséquences, notamment la coordination sécuritaire et les accords économiques avec Israël.

Au cours des préparatifs des dernières élections, des courants d’opposition ont vu le jour au sein du Fatah. De nouvelles structures politiques ont émergé, dont certains à caractère régionaliste, ainsi que des candidats jusque-là inconnus. On a vu également l’émergence d’acteurs dont les discours se sont focalisés sur la réforme intérieure et la lutte contre la corruption et le népotisme.

LES DIVISIONS TRANSCENDÉES

Ensuite, et après de longues années de protestations limitées et de luttes individuelles, ainsi que de faible participation dans les manifestations, les grands mouvements populaires sont de retour. Les luttes quotidiennes dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Salouane et à la Porte de Damas ont suscité une solidarité croissante avec les habitants de Jérusalem. Ces mobilisations ont eu pour conséquence l’élargissement des protestations qui se sont étendues à la Cisjordanie et aussi parmi les Palestiniens d’Israël. De nouveaux acteurs sont entrés en lice, pour la plupart des jeunes porteurs d’un langage militant inédit.

Cette résistance a réhabilité la protestation collective organisée, transcendant ainsi la fragmentation coloniale. Jamais en effet depuis des décennies les Palestiniens ne se sont ainsi unis dans des formes de protestations organisées comme en mai 2021. La question palestinienne est redevenue une cause universelle. Des événements sur le terrain ou en ligne ont été organisés de manière simultanée dans la bande de Gaza, à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur du territoire israélien.

Transcendant la géographie, les classes sociales et les générations, ce mouvement a restauré la cohésion du peuple palestinien entre l’intérieur et l’extérieur. Celui-ci constate que l’administration coloniale use des mêmes pratiques d’arrestations et d’assassinats à l’intérieur d’Israël comme dans les territoires occupés, confirmant la permanence de la Nakba et de ses conséquences à ce jour.

Au milieu de ce tableau, de nombreux jeunes constatent la position de spectateur de l’AP, dont la popularité est désormais à son plus bas niveau. Ils critiquent également le courant dominant au sein du Fatah dont les décisions ne servent qu’à maintenir le statu quo. Celui-ci continue à promouvoir le discours de la négociation, de la solution des deux États et de la menace du recours à la Cour pénale internationale (CPI), et à empêcher tout affrontement avec les soldats israéliens afin de préserver « le projet national palestinien ». Lequel projet se limite à l’attentisme et à l’absence de la moindre action sur le terrain. Tout cela malgré l’échec de la solution des deux États, l’accélération de la colonisation en Cisjordanie et la permanence de la division entre le Fatah et le Hamas. Une situation aggravée par l’extension du népotisme et du clientélisme et la propagation de la corruption, que dénoncent les groupes qui protestent dans la rue.

AVATAR DE L’AUTORITARISME ARABE

La mobilisation qui se poursuit depuis le 25 juin fait face à une répression sans précédent de la part de l’AP. Selon plusieurs organisations palestiniennes des droits humains, les manifestants ont été brutalement agressés à coups de bâtons et de matraques et aspergés de gaz poivre. Ils ont été traînés par terre, des dizaines ont été arrêtés. Des avocats et des journalistes ont été poursuivis. Plusieurs militants et personnalités connues du champ culturel et universitaire ont été agressés, de même que d’anciens détenus dont un grand nombre venait tout juste de sortir des prisons israéliennes. Les organisations de droits humains ont également documenté des cas de torture et d’atteinte à la dignité dans les sous-sols des postes de police.

Selon les témoignages de manifestants largement diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias, des groupes affiliés au Fatah ont harcelé des jeunes filles participant à la protestation. Leurs téléphones ont été cassés et volés et leurs images diffusées. Des groupes étudiants proches du Fatah ont également agressé leurs camarades qui participaient aux manifestations. La symbolique de certaines scènes de répression était particulièrement frappante, comme les pierres lancées par des agents des services de sécurité sur les manifestants. La scène rappelait aux Palestiniens les violences exercées par des soldats israéliens contre les habitants du village de Salim, près de Naplouse, dans les années 1990.

Ces pratiques rappellent également celles de certains régimes arabes autoritaires qui font appel aux baltagiya1 pour réprimer les manifestants. Ces derniers sont accusés de faire le jeu d’intérêts étrangers et leurs revendications se noient au milieu des slogans en faveur du parti au pouvoir. Ici, la défense du Fatah se double de celle du « projet national palestinien » et de la lutte contre la « division ». Le 26 juin, l’AP a mobilisé à son tour plusieurs factions du Fatah ainsi que des éléments des services de sécurité en tenue civile en organisant une manifestation à Ramallah, sans intervention policière. L’idée est ainsi d’occuper la rue pour en chasser physiquement les manifestants qui appellent au départ du président Mahmoud Abbas.

UN FOSSÉ QUI SE CREUSE

Ces mouvements vont-ils se poursuivre ? La société civile, les organisations de défense des droits humains et les associations culturelles ont toutes condamné l’assassinat de l’opposant Banat. De nouvelles manifestations ont eu lieu un peu partout en Cisjordanie le 11 juillet, à l’appel d’organisations étudiantes, de mouvements de jeunes et d’associations féministes. Elles pourraient s’étendre si la répression s’aggrave et si les attaques contre les libertés publiques, la liberté d’expression et d’opinion, le droit à l’opposition et le droit de manifester et de protester se poursuivent.

L’AP récolte les échecs les uns après les autres. Jour après jour, le fossé se creuse entre elle et de larges segments de la population. La mise en place d’une commission d’enquête sur la mort de Nizar Banat, les déclarations garantissant la liberté de la presse et condamnant tout recours à la répression n’ont pas convaincu grand monde. Aucune volonté de changement ne transparaît sur le plan politique. Rien ne se profile à l’horizon pour changer la manière du gouvernement palestinien de gérer la lutte contre la colonisation ou œuvrer à mettre fin à la division inter-palestinienne

ABAHER EL SAKKA

Université de Birzeit.

Traduit de l’arabe par Hamid Al-Arabi.

Face à la gronde populaire, l’Autorité palestinienne choisit la répression (orientxxi.info)

♦ Je révèle la nationalité israélienne d’une sous-préfète : la police me convoque


Journaliste indépendant et fondateur du site d’investigation Panamza, je suis attendu par la police qui veut m’auditionner. Ma prétendue infraction : avoir été « injurieux » et « raciste » en ayant rapporté la nationalité israélienne de Cindy Leoni, ex-bras droit de Valls recasée en sous-préfète. Découvrez le tweet qui me vaut la saisie de la justice.

Et de 9.

9 convocations policières. 

En 7 ans.

Uniquement pour des délits de presse.

Qui dit mieux ?

Quel journaliste d’enquête en France peut se targuer d’un tel score ?

Ce mercredi 30 juin, j’ai reçu la 9ème convocation, encore plus farfelue que les précédentes.

En résumé : une sous-préfète issue du clan Valls a déposé plainte pour « injure à caractère racial« .

Rien que ça.

En cause : mon tweet (qui n’a pourtant pas été supprimé par Twitter, d’ordinaire tatillon sur le sujet) en date du 11 février 2021.

Cherchez l’injure raciste.

Saviez-vous que Macron avait discrètement nommé l’Israélienne islamophobe Cindy Leoni, simple diplômée en lettres, au poste de sous-préfète/@Prefet16 ? https://t.co/x0E1PZfosrhttps://t.co/u7c6SLaI48

À la production: @SOS_Racisme,@GillesClavreul,@manuelvalls, @FPotier_Dilcrah pic.twitter.com/U8DuuVwJB5

Hostile à la validation du mot islamophobie, Cindy Leoni, ex-présidente de SOS Racisme, membre-fondatrice du Printemps républicain et membre du jury du Comité laicïté république (l’un et l’autre notoirement liés à la franc-maçonnerie et obsédés par l’islam), fut la co-présidente du comité de soutien de Manuel Valls, alors islamophobe en chef du Parti socialiste, pour l’élection présidentielle de 2017.

Par décret du Président de la République en date du 26 août 2020, elle est nommée à l’âge de 37 ans sous-préfète, directrice de cabinet de la préfète de la Charente (une scandaleuse et aberrante promotion pour quelqu’un se disant diplômée mais qui n’avait pas -selon Libération- fini sa licence de lettres…).

En 2016, je soulignais un élément d’information discrètement et délibérément occulté à propos de Leoni (qui m’aboya dessus quand son mécène à SOS Racisme -l‘esclavagiste sexuel Pierre Bergé– m’avait attaqué en justice).

CL

Comme le rapportent incidemment la page créee en 2012 d’un site gouvernemental dédié à l’égalité femmes-hommes ainsi qu’un journal de la presse locale, Leoni est d’origine israélienne (ce qui lui confère automatiquement la nationalité israélienne).

1
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Notons également la spécificité de Leoni : une confortable ascension sociale (sous-préfète après avoir été secrétaire genérale de l’inénarrable machine-à-fric-public DILCRAH) pour une citoyenne (dénommée alors Cindy Leoni-Fischer) qui fut rappelée à la loi en 2009, lors de l’affaire Julien Dray, avant d’être dénoncée en 2015 par des policiers pour sa protection jugée abusive (sous prétexte, prétendait-elle, d’être la cible –fantasmée– de la mouvance Dieudonné).

Je reviendrai sur ce nouvel épisode de ma saga personnelle : la persécution policière et judiciaire à mon encontre du clan israélien en France.

HICHAM HAMZA

Auteurfondateur du site Panamza et journaliste d’enquête depuis 2008

Contact : hamza@panamza.com

Pour contribuer aux frais d’avocat, cliquez ICI

» Je révèle la nationalité israélienne d’une sous-préfète : la police me convoque (panamza.com)

♦ Ces saltimbanques du Hirak qui détestent la cause palestinienne


Un jeune palestinien grave le nom de Ryad Mahrez sur le sable

Encore une fois, l’État hébreu montre son vrai visage : celui d’un état raciste, génocidaire et barbare. En plein Ramadhan et à quelques jours de l’Aïd, la violence de son armée a fait des centaines de blessés à Jérusalem et ses bombardements sur Gaza ont causé (à date!) la mort de vingt Palestiniens dont neuf enfants.

Cette sauvagerie confirme les récentes accusations de « crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution » contenues dans un rapport accablant contre l’entité sioniste.

Et, au milieu de ce bain de sang, une voix s’est levée pour signifier sa solidarité avec le peuple palestinien : celle de la star du football algérien et mondial, Riyad Mahrez, qui afficha son clair soutien dans un tweet explicite :

Ce message noble, juste et courageux a reçu un excellent accueil sur les médias sociaux ainsi que sur la blogosphère et de nombreux autres sportifs se sont joints à l’initiative.

Cette fierté offerte au peuple algérien par un de ses plus célèbres représentants a été malheureusement ternie par les réactions abjectes de certains saltimbanques du Hirak.

Ainsi, on a vu celui qui se fait appeler Amir Dz attaquer frontalement le footballeur algérien :

Cet individu avait déjà exposé publiquement son aversion de la cause palestinienne dans une de ses (trop) nombreuses diarrhées verbales dans le cyberespace (je m’excuse auprès de mes lecteurs de leur imposer son langage indécent):

Regardez les 2 premières minutes

(Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo)

Cette hostilité contre la Palestine et sa juste cause a aussi été étalée par une autre « figure » de ce Hirak frelaté en la personne de Ghani Mahdi, un des candidats à la dernière élection présidentielle algérienne. Dans une visite à l’État Hébreu, ce dernier s’est fendu d’un pitoyable discours sur la normalisation avec les sionistes, essayant coûte que coûte de justifier son voyage. Au lieu d’avoir honte, il s’est fait passer pour un héros, versé dans les choses religieuses, politiques et juridiques. Rien que ça.

Ghani Mahdi visite l’État Hébreu

Son discours sur la normalisation : à partir de la 26e minute

(Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo)

Le gourou de Rachad, sir Zitout, a lui aussi mis son grain de sel. Comment pouvait-il s’en abstenir alors qu’il se considère comme « guide spirituel » de sa confrérie offshore? Plus encore, c’est certainement lui qui a donné le la.

Et ce n’est pas tout. Khaled Drareni, le journaliste « autoproclamé » du Hirak (c’est une de ses trouvailles qui m’a été transmise ironiquement via la sulfureuse Radio M) a eu une position analogue en retweetant le post suivant :

Rappelons que Khaled Drareni est l’animateur du Café Presse Politique (CPP) sur Radio M, une émission reconnue pour être la tribune du copinage idéologique. Quant à Radio M, il a été récemment démontré qu’il s’agissait d’un média « barbouze » qui a été financé par le Quai d’Orsay via Canal France International (CFI). Précisons aussi que CFI est une filiale du groupe France Médias Monde qui regroupe France 24, RFI et Monte Carlo Doualiya et qui est un des actionnaires de la chaîne francophone généraliste TV5 Monde. Et, comme par hasard, Khaled Drareni était (est?) le correspondant de TV5 Monde et a été invité, en plein Hirak, dans un forum organisé en partenariat avec le CFI pour discuter, en France, des « mutations dans les médias en Algérie »!

Khaled Drareni est aussi le correspondant de Reporters sans frontières (RSF), un organisme très louche qui prétend défendre la liberté de la presse. Le journaliste Jacques-Marie Bourget, qui connait bien les dessous de cette ONG, l’a qualifiée d’« outil de propagande atlantiste ». Maxime Vivas a, quant à lui, démontré dans un livre intitulé « La face cachée de Reporters sans frontières » (Ed. Aden, Bruxelles, 2007) qu’elle était financée par la National Endowment for Democracy (NED) et l’Open Society de G. Soros.

Il est intéressant, dans ce contexte, de ne pas oublier que RSF a été une des ONG derrière la résolution du Parlement européen contre l’Algérie.

Cette action groupée entre les démocrates ongistes et les islamawistes offshore serait-elle (encore une fois!) le fruit du hasard ou le résultat d’une alliance de circonstance comme expliqué dans mon dernier livre?

Les saltimbanques du Hirak auront peut-être compris, à leurs dépens, qu’ils ont tout faux.

Contrairement à eux, nous aimons Ryad Mahrez, nous avons la Palestine dans le cœur mais nous abhorrons les sionistes et leurs exactions.

Contrairement à eux, qui ont critiqué Ryad Mahrez mais n’ont pas condamné la barbarie de l’État hébreu, nous continuerons à scander, ne leur en déplaise : « Nous sommes avec la Palestine, dhalima aou madhlouma » (qu’elle ait raison ou non)!

Ahmed Bensaada

Ces saltimbanques du Hirak qui détestent la cause palestinienne (ahmedbensaada.com)

♦ Du Conte et De Ghachi s’improvisent maîtres du nationalisme


BOUKROUH Noureddine
Amrane Benhamouda

Je commence mon texte par une citation d‘Elbert Hubbardqui « C’est quelqu’un d’autre qui peut dire à l’escargot comment est sa coquille »

En Algérie la contrefaçon est appelée #Taiwan. Toute chose qui n’est pas d’origine est taiwanaise ! De Gaulle ou de La Fontaine sont des nobles en France car la noblesse se reconnait par le « de » devant le nom. Dès maintenant, le peuple surnomme Ghachi de Ghachi et Conte De Conte. Avec ce « de », ils peuvent vivre en France ou en Angleterre en paix et jouer aux corbeaux nobles.

L’expérience nous démontre que tout ce qui est faux attire les attentions et ne dure pas pour longtemps. Le temps des costumes des clowns du cirque des Ammar est terminé. Le jeu est terminé : Appeler un cochonnet un cochonnet est une condition nécessaire pour ne pas le prendre pour un pingouin.

Le trésor le plus précieux pour nous Algériens est la raison. La raison est connue sous le nom Aql en arabe. Notre grand malheur n’est pas tombé du ciel. Notre malheur n’est pas importé d’ailleurs. Il est le résultat de nos actes. Nous avons perdu le « Aql ». Nous l’avons vendu à bas prix à des gens fantômes qui essayent de faire de notre pays une annexe gérée de Paris ou de Londres.

Je sais que mes émotions sont les vôtres. Nous traînons, tous et sans exception, le nationalisme et le patriotisme dès le berceau dans nos foyers si algériens. Nous algériens, sans distinction de provenance, de condition et de fortune, nous avons dans nos cœurs le même amour pour notre chère Algérie.

Alors que les vents de changement dans le hirak ont arraché certains oligarques et leurs parrains enracinés dans le décor politique, je souhaite rappeler aux grandes gueules qu’on ne s’improvise pas représentants du patriotisme et défendeurs du nationalisme. Hélas ! Nous sommes dans un temps où les médiocres se prennent pour des experts sur les plateaux des écrans vendus. Nous sommes dans un temps où les ignares s’improvisent historiens. Nous sommes dans un temps où n’importe quel farfelu se prétend être un journaliste distingué. Certains confondent commerce par les mots et gouvernance par les actes. D’autres se réfèrent au magazine Paris Match comme référence historique. C’est la fin du temps disait mère.

Nous devons regarder notre passé glorieux avec fierté et dignité. Mettons notre doigt index dans nos oreilles pour ne pas entendre les idioties des farfelus qui racontent leur haine comme référence historique. C’est ainsi que le vrai sens de notre Histoire doit être vu. Bennabi est un algérien musulman modéré et nationaliste de formation scientifique. Il militait pour la renaissance de l’Islam à la fois religieuse et scientifique fondée sur un sens critique essentiel. Par contre, l’émir Abdelkader était un musulman, soufi, cheikh, humaniste, protecteur de son peuple contre la barbarie occidentale, protecteur des chrétiens contre la barbarie islamiste, si noble qu’Abe Lincoln lui a envoyé une paire de pistolets Colt. Messali Hadj est le père du nationalisme algérien sans rival. Boumediene fut président de notre pays. Qu’on le veuille ou non, il était un homme d’Etat au sens propre du mot. Il a laissé ses empruntes sur le patriotisme algérien et occupe une place distinguée dans le cœur des algériens. Ces hommes sont liés, dans la mémoire collective, à la lutte victorieuse pour notre indépendance.

J’ai suivi l’intervention de monsieur Du Conte à El Hayat TV. Il a été présenté comme chercheur et expert en histoire. Quelle abomination ! Quelle honte. L’historien et doyen des historiens algériens, Abou El Kacem Saâdallah, s’est bien marré dans sa tombe aux dires du patron de cette TV.

Coïncidence ou chance, l’Etoile nord-africaine naquit au printemps 1926 et le héros, père de monsieur Du Conte, est né le 31 octobre 1926 à Tassaft Ouguemoun. Monsieur Du Conte ignore que le principal responsable de l’Etoile nord-africaine était Abdelkader Hadj Ali. Il fut secondé par un des militants les plus jeunes Messali Hadj. Monsieur Du Conte méconnait que pour la première fois, du haut d’une tribune internationale, Messali Hadj a exigé l’indépendance de la colonie algérienne et des protectorats tunisien et marocain : L’indépendance de l’un de ces trois pays n’a de chances d’aboutir que dans la mesure où le mouvement libérateur de ce pays sera soutenu par les deux autres. Monsieur Du Conte ne s’est pas arrêté là, il s’est attaqué à l’Emir Abdelkader et à Houari Boumediene. Inutile de répéter les idioties d’un inconnu qui veut attirer l’attention de ses maitres dans le pays qui est la cause de nos malheurs.

En contraste, un crieur public du club des vigilants français, M. Ghachi, n’est pas «LE» disciple, mais «UN» prétendu disciple de Malek Bennabi. Malek Bennabi a eu plusieurs auditeurs libres comme Ghachi. A ma connaissance, Bennabi n’a jamais désigné une personne pour être son héritier ou son fils adoptif. Malek Bennabi n’a jamais délivré un certificat de scolarité à quiconque de ses auditeurs. Il est donc clair que la pensée de Bennabi restera toujours ouverte à toute personne algérienne dotée de raison pour réfléchir et proposer quelque chose de constructive pour la nation. Certaines copies, non conformes, de Bennabi, type Ghachi, nous font prendre les melons de Mila pour des ballons de rugby de Milan. Monsieur Haoran Lenomade lance un bravo à Monsieur Ghachi pour ses interventions bidonnes au club des vigilants français: Dommage que vos concitoyens vous comprennent mal ou si peu ! Je réponds à Monsieur Lenomade : Je n’ai jamais vu ou connu un penseur non compris par ses concitoyens. Ghachi est l’exception qui confirme cette règle.

Le peuple algérien juge l’intelligence d’un politique par la manière habile qu’il possède, par la façon d’emmètre un discours constructif ou un message clairvoyant. Le peuple respecte n’importe quel politicien quand ce dernier étale un savoir sage et bienfaisant. La bonne éducation ne permet pas à un citoyen de n’importe quelle tendance de manquer de respect au chef de l’Etat. M. Ghachi sait que l’offense au président de la République est bien postulée dans l’article 144 du code pénal algérien.

Ghachi a dépassé ses limites ! Il se croit dans une ferme de bétails où il peut liquider ses produits vétérinaires sans factures et sans déclarations douanières. La justice doit appliquer l’article 144 pour appeler à l’ordre monsieur de Ghachi.

J’ai été élevé dans une famille religieuse. Je n’ai pas « de » devant mon nom. Je n’ai que faire de ce titre qui ne satisfait ni mes besoins ni mes nécessités. Je m’intéresse aux familles algériennes et à leurs origines. Je n’ai jamais entendu parler de la dynastie De Ghachiienne qui fut glorieuse durant les temps illustres de l’Islam. Je maitrise le sens des mots en arabe et je sais pertinemment que le « de » mis avant le nom n’est pas une marque de noblesse chez nous. Pour cette raison nous offrons gratuitement un « de » spécial à ce gâchis qui cherche par tous les moyens de nous démontrer qu’il est noble par son affiliation à Paulette Bennabi.

Je conclue par un autre adage qui résume la débâcle dans nos médias: Un corbeau cherchait noblesse. Il se dirigea vers une cigogne et lui demanda conseil. La cigogne lui proposa de changer son plumage en un plumage blanc comme tous les pigeons symboles de liberté. Trouvant ce conseil trop difficile à accomplir, il revient à la cigogne pour lui donner un autre conseil. La cigogne lui répond: Monsieur du corbeau, j’étais diplomate avec vous mais vous n’avez pas compris mon message. Dans le monde des oiseaux, il est difficile pour un corbeau de mauvais augure d’être noble même s’il se couvre d’un plumage de paon.
Dr Omar_Chaâlal
http://opr.news/6efa01d0210624fr_dz?link=1&client=news

♦ L’Etat voyou


Quatrième de couverture

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les États-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18 000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum

L’auteur vu par l’éditeur Ancien fonctionnaire du département d État, Blum nous rappelle que, s’il n’y a pas dé justification au 11 Septembre, il y a certainement des raisons. L’État voyou démontre comment, sous couvert de liberté, de démocratie et de droits de l’homme, les États-Unis commettent des actes criminels barbares, et agissent de la façon la plus belliqueuse qui soit. ISBN-10 : 2841900754 ISBN-13 : 978-2841900756

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https://www.legrandsoir.info/l-etat-voyou.html  

MC Abdul le petit rappeur de Gaza parle au monde entier avec le soutien de musiciens irlandais


« Nous nous sentons tous un peu impuissants en ce moment, et c’est un souci. Ce gamin aime le football et aime Messi, comme n’importe quel enfant irlandais … on penserait que c’est le genre de choses dont il devrait parler, sans avoir peur que des bombes lui tombent dessus».

Mounadil al Djazaïri

Le rap n’est pas ma tasse de thé mais cet article me ferait presque m’y intéresser. Il y est question de musiciens d’une ville irlandaise qui ont pris sous leur aile un gamin qui vit à Gaza et qui chante des textes sur de la musique rap (ou hip-hop, c’est un domaine que je connais mal).

Une vidéo que ces Irlandais ont produit avec Abdalrahman Alshanti, c’est le nom du petit habitant de Gaza, a rencontré un grand succès sur la toile puisqu’elle a fait des millions de vues et a été relayée par des célébrités.

Il s’agit là d’une manifestation parmi d’autres de la solidarité du peuple irlandais avec le peuple palestinien dont, en tant qu’anciens colonisés, ils comprennent bien la cause.

La collaboration de Cork avec le jeune rappeur de Gaza devient virale et attiredes millions de vues

La star du hip-hop DJ Khaled figure parmi les célébrités…

Voir l’article original 591 mots de plus

♦ LES ZARABES ET LES ZEBREUX


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L’état hébreux dépasse les borgnes et rend le monde aveugle : il entaille le droit international et prend des mesures de représailles pour imposer son sens de la démesure. Contrairement à nous autres, il a prouvé à ceux qui en doutaient encore qu’il ne supportait pas le confinement… peut-être parce qu’il est tout compte fait, finement con. Et sa finesse consiste depuis la nuit des temps à prendre les autres pour des cons. Et le pire, c’est que les autres ne font rien pour le contredire.

Je m’en vais décrire les dernières prouesses de son esprit de finesse à travers un jeu d’échecs où l’état hébreu s’évertue à clouer le bec à ceux qu’il met quotidiennement en échec. a- En les enfermant dans une prison à ciel ouvert. b- En les privant du possible, du réel et du nécessaire. c- En les terrorisant sous prétexte qu’ils ne sont que des terroristes. Ce qui est encore plus fin ou plus con, c’est de réduire le conflit israélo-palestinien à une lutte armée entre le Tsahal et le Hamas. Entre nationalisme et terrorisme…bref entre le Bien et le Mal.

La propagande de l’état hébreu, extrêmement adroit ou d’extrême droite, c’est de prétendre que ce n’est pas Israël qui tue des enfants mais le Hamas qui les utilise comme boucliers humains pour émouvoir l’opinion internationale.

Selon Israël, le Hamas sait que ses roquettes n’atteignent que des miettes, il ne les tire que pour attirer sur son peuple, les foudres de guerre de l’armée israélienne et par conséquent les larmes de la ménagère.

L’argument est redoutable. Et ce n’est pas la première fois que l’état hébreu le met sur la table ou sous la table.

Supposons un instant que ce soit le cas : que le Hamas utilise les siens comme appâts… Cela n’autorise pas pour autant le Grand Israël à lui emboiter le pas et à assassiner des innocents, même s’ils lui sont offerts en pâture en guise de nourriture terrestre, en attendant la céleste.

Dans les deux cas de figure : le Hamas en tant que groupe terroriste et l’État hébreu en tant qu’État terroriste deviennent de facto : deux alliés objectifs. La question est plus que d’actualité : Israël a-t-il, en lui, la moindre trace de lucidité pour se croire autorisé à piétiner des fourmis sous prétexte qu’elles rêvent de voir s’éclipser l’éléphant qu’il est devenu ?

« From the river to the sea, Palestine will be free » (« de la rivière à la mer, la Palestine sera libre ») Si et seulement si on la libère de leurs crimes et de leurs châtiments, de leur dialectique de culpabilisation et de victimisation, de leur funeste confusion entre l’éternel et le temporel. Je ne fais preuve d’aucun antisémitisme en sous-entendant que la Palestine n’est plus qu’un jouet entre les mains d’Israël pour amuser ou abuser aussi bien les zarabes que les zébreux.

une info scénario #Palestine #Israël #Hamas #Tsahal #Gaza #Terrorisme #FreePalestine #GazaUnderAttak #SavePalestine Un conflit que l’Occident appuie en catimini ! https://www.lejournaldepersonne.com/2…

♦ BENZEMA : un Français de papier !


Karim Benzema n’est qu’un français de papier nous dit un effronté national qui n’a pas apprécié le retour de l’enfant prodigue au sein de l’équipe de France… Et comme si ce n’était pas assez, il a cru bon de rajouter que notre pays n’a pas besoin de lui. Ah ! Ah ! Ah ! Est-ce qu’on a encore le droit de rire ?

Je vais vous dire, à vous autres ténors de la France profonde : Ravier, qui rime avec gravier, Zemmour qui rime avec basse-cour et Messiah qui rime avec Ah! Ah ! Détrompez-vous pauvres idiots et permettez-moi de vous dire que votre culture éthique n’a d’égale que votre inculture politique. Pour être claire, vous vous trompez d’adversaire, vous ne voulez pas de la paix mais vous êtes incapables de faire la guerre…

Benzema est peut être un français de papier, mais vous vous êtes des français en papier plastifié dégradant et non dégradable pour que nul n’efface la trace de votre nationalité bien ou mal acquise…comme votre terre promise. Sur le plan strictement sportif pourquoi diable Deschamps a-t-il rétropédalé en reprenant Benzema après avoir juré ô grand dieu qu’il ne le ferait jamais ? Je vais vous le dire sous le sceau du secret pour deux raisons : La première est pragmatique, la seconde est pathétique.

La première : nous sommes à quatre semaines de la coupe d’Europe des nations et on va entre autres, devoir se mesurer d’emblée à deux favoris ou presque : l’Allemagne et le Portugal en phase éliminatoire.

Or Deschamps qui sait plus que n’importe qui, que tout ce qui brille n’est pas or, s’est rendu à l’évidence lors des 2 derniers matchs de l’équipe de France que son équipe n’a pas vraiment de fond de jeu, que sa ligne d’attaque n’a pas de véritable avant centre et que son toutou de Giroud est un peu au bout du rouleau, il n’a presque plus de temps de jeu à Chelsea… et que le brillant Griezmann ne peut être à lui seul une plaque tournante pour Mbappé comme l’a été Benzema pour Cristiano Ronaldo.

Ce sont toutes ces carences mises ou remises au goût du jour qui l’ont poussé à faire amende honorable et à cesser de prendre l’algérien pour une quantité négligeable ou exécrable comme l’a laissé entendre la presse de caniveau après l’affaire de sexe-tape.

Il l’a donc rappelé de toute urgence, parce que malin comme il est, il s’est vu écarté de la compétition de l’euro d’une manière précoce. Pour un compétiteur comme lui, c’est atroce pour ne pas dire la pire des atrocités pour quelqu’un qui a flirté avec le sommet au gré de son destin…

Mais ce que vous ne savez pas Messieurs les procureurs c’est que Benzema n’a pas été rappelé pour joindre l’utile à l’agréable, mais pour jouer le rôle d’un capitaine incontournable pour rendre l’équipe plus sortable c’est-à-dire plus combative, plus compétitive et surtout moins ennuyeuse et rébarbative comme elle le fut lors du dernier mondial, notamment contre la Belgique.

Benzema n’est pas le messie du Barça, ni le Mbappé du PSG. Ce n’est pas un coéquipier parmi d’autres, bon joueur parmi d’autres, c’est le plus fidèle serviteur dont une équipe puisse disposer. Il incarne à lui tout seul l’esprit d’équipe… chacun de ses gestes rappelle à ses coéquipiers que le football n’est pas un sport individuel mais fondamentalement un sport d’équipe. Le bon état d’esprit de celui qui sert les autres avant de se servir… au Real Madrid, il est depuis deux ans, combattant suprême… le plus grand et le plus digne serviteur du Real Madrid. Voilà pourquoi la France a plus besoin de lui que lui d’elle…

La deuxième raison est pathétique : Deschamps a senti le soufre à la veille de l’euro. Et il a dû se dire que s’il échoue ; non seulement on lui reprochera de s’être dispensé d’un Benzema… mais il a dû se dire surtout qu’on le remplacera aussitôt par meilleur que lui, par l’autre algérien de service : Zinedine Zidane qui reprendra sur le champ le flambeau avec Benzema comme pivot pour gagner le mondial au Qatar… ce qui éclipsera définitivement la légende de Deschamps.

À Deschamps on ne peut lui en vouloir d’en vouloir toujours davantage quitte à remettre en question cinq longues années d’abstinence et d’obstination. Mais ne me dites pas s’il vous plaît, que c’est parce que Monsieur place l’intérêt de la France au-dessus de ses propres intérêts… parce que je n’en croirais pas un traître mot… Nietzsche vous dira, ce n’est rien que de la volonté de puissance… celle du faible qui est prêt à tout pour redevenir fort et mettre fin à ses souffrances.

En conclusion messieurs, la France a plus que jamais besoin de Benzema… mais en revanche, elle n’a vraiment pas besoin de vous… même si vous passer votre vie à lui courir après… Parce qu’elle est trop belle pour vous !

#Benzema#Ravier#Zemmour#Messiha#France#bleus#Deschamps#listedesbleus#equipedefrance

Pourquoi diable Deschamps a-t-il rétropédalé en reprenant Benzema ?

https://www.lejournaldepersonne.com/…/benzema-un…/

♦ La Palestine est vivante et refuse de se draper de linceul.


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On ne peut être amoureux des effluves du Moyen-Orient, fantasmer ou être féru de son Histoire et se moquer en même temps du sort des palestiniens. La richesse de cette terre de Palestine, ses oliviers, ses sources datant des temps bibliques, ses tombeaux ancestraux, sa mémoire et ses mythes sont inséparables du peuple palestinien.
Le vieux peuple palestinien a créé l’Etoile de Ghassul, recopier la Bible, édifié des temples d’El Qods et de jabal jirzim, les palais arihaan (jéricho) et de alsaamira ( Samarie), les églises du Saint-Sépulcre et de la Nativité, les mosquées de Haram Al Cherif, les ports de Césarée et de Akka, les châteaux de Monfort et de Belvoir. Les palestiniens ont marché avec le Prophète Aïssa (AS), combattu et vaincu Napoléon et bataillé vaillamment à Karameh.
Dans le sang des palestiniens se mêle celui des guerriers égéens, de Béni Israël, des héros entourant le Prophète Dawud (AS), des premiers apôtres de Aïssa (AS), des cavaliers arabes, des croisés normands et des chefs turcs. Un peuple dont coule dans ses veines de telles richesses, ne peut mourir. Rothchild devra repasser !
Le feu palestinien n’est pas éteint : la poésie de Mahmoud Darwich, la lucidité d’Edward Said, la ferveur de ceux qui défient la mort pour prier sur le troisième lieu Saint de l’Islam le 27e jour du mois sacré du ramadan, le formidable courage et résistance jour après jours avec un monde pourtant qui tourne le dos, le démontrent !
La solution de deux États est une supercherie. Sans les palestiniens, c’est toute la terre qui disparaîtra. Chose qu’on observe actuellement. On aime louer les kibboutzim ayant transformé le désert du Negev en oasis fleurissant. Sauf que rien n’est plus éloigné du réel. L’eau des rivières est empoisonnée, les sources se tarissent, des champs sont travaillés par des chinois ou des soudanais emportés, et des enfants sont emprisonnés dans des ghettos.
L’utopie sioniste s’est effondrée malgré toute l’aide financière, divers lobbies et complicité implicite de la communauté internationale. Le rêve de rassembler les juifs du monde entier est en train de se briser. Paradoxalement, ceux qui cultivent encore quelques traditions juives sont isolés, et disparaissent peu à peu.
La seule porte de sortie, voir rédemptrice de ce groupe disparate vivant dans un mythe corrigé du dernier Testament, tout en important à la fois des millions de roumains, de russes, d’ukrainien, de thaïlandais et d’africains, qui prétendent avoir des origines lointaines juives, est la fondation d’un seul et même État avec deux communautés vivant côte à côte.
L’unique solution est un pays unifiée après le démantèlement de l’apartheid sioniste, comme nous l’avons observé en Afrique du Sud. Un État qui assure des droits égaux à toutes les communautés. Et pour tous les palestiniens, natifs et adoptifs !

Publié par Karim Bouaziz

♦ Honneur aux résistants


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Le plus révoltant, dans le drame palestinien, c’est, bien sûr, la brutalité de l’occupant, sa morgue coloniale, son mépris pour la vie des autres, son aplomb dans le meurtre, son arrogance de vainqueur à la victoire facile, sa bonne conscience lorsqu’il appuie sur la gâchette, sa lâcheté lorsqu’il assassine des civils, son accoutumance au crime. Mais c’est aussi cette mauvaise foi abyssale, cette hypocrisie de l’agresseur qui joue à l’agressé, ce mensonge qui sort de sa bouche lorsqu’il prétend se défendre, lorsqu’il condamne le terrorisme, lorsqu’il ose invoquer la légitime défense, lorsqu’il parle d’antisémitisme.

Des « terroristes », les combattants palestiniens ? Non, ce sont des résistants, des vrais, de ceux qui se battent pour la patrie, pour la terre de leurs ancêtres, pour vivre en paix, un jour, dans cette Palestine dont l’envahisseur veut les spolier, pour cette Palestine dont l’État-colon se croit dépositaire, alors qu’il n’est qu’un occupant illégitime, un usurpateur. La légitime défense d’Israël ? Soyons sérieux : la seule légitime défense qui vaille, c’est celle du peuple palestinien, pas celle de la soldatesque coloniale ; celle de l’occupé qui résiste, pas celle de l’occupant qui opprime. Des résistants qui ont raison de se battre, et qui savent que si l’honneur est de leur côté, le déshonneur est dans le camp adverse.

On nous raconte que l’affrontement actuel est dû à l’intransigeance des extrémistes des deux camps. Mais ce renvoi dos-à-dos de l’occupant et de l’occupé est grotesque, c’est une supercherie. Depuis quand la résistance est-elle extrémiste ? C’est l’occupation qui est extrémiste, avec sa violence de tous les instants, cette humiliation permanente infligée aux populations, cette domination structurelle, cette insupportable chape de plomb qui pèse sur un peuple meurtri, et dont les sursauts de révolte, heureusement, montrent qu’il n’est pas vaincu. Non, la responsabilité ultime de la violence, en Palestine, n’est pas partagée, ce n’est pas 50/50, car cette violence est le fruit de l’occupation et de la colonisation, et les Palestiniens ne sont pas responsables de l’injustice qu’on leur fait subir.

Il y a des morts des deux côtés, oui, et aucune victime civile n’est justifiée. Mais lorsque le rapport des victimes est de 1 à 30, il est scandaleux de faire comme s’il s’agissait d’une guerre classique opposant deux armées dans une bataille rangée. Car cette guerre n’a pas commencé aujourd’hui, c’est un ethnocide, une tentative d’effacement des Palestiniens que l’on veut parquer dans les bantoustans de l’apartheid sioniste. Cette guerre n’est pas une guerre ordinaire, c’est la lutte entre une puissance occupante et une résistance armée, et il ne suffira pas d’appeler à la cessation des violences pour y mettre fin. Ce qui est à la fois odieux et ridicule, dans les déclamations de la diplomatie occidentale, c’est cet appel implicite au désarmement des Palestiniens. On leur demande de baisser les bras, de se résigner, d’accepter le joug, en feignant d’ignorer les raisons pour lesquelles ils ne le feront pas, ni aujourd’hui ni demain.

Reste, bien sûr, cette accusation d’antisémitisme, indéfiniment reconduite, pavlovienne, pathétique de bêtise et répugnante d’hypocrisie, que l’on jette à la figure de tous ceux qui soutiennent la lutte des Palestiniens. Et pourtant, s’ils savaient, ces imposteurs, à quel point l’antisionisme nous suffit, à quel point il exprime avec assez de clarté ce qu’il s’agit de défendre. L’antisémitisme, lorsqu’il est avéré, est une souillure pour celui qui l’éprouve. Mais lorsqu’il sert à accuser l’antisionisme, c’est une souillure pour celui qui profère cette accusation mensongère. Vous pouvez toujours brandir cette calomnie, mais prenez garde, elle risque de vous revenir un jour sur la figure.

Force incoercible de la propagande, lorsqu’elle provoque le passage insidieux d’un terme à l’autre, qu’elle génère l’inversion maligne par laquelle le bourreau se fait victime, et l’antisionisme est qualifié d’antisémitisme. Cette accusation, on l’a compris, est une arme d’intimidation massive, qui permet à des gouvernements serviles, tout heureux de servir l’impérialisme et le sionisme, de s’acheter une pseudo-bonne conscience. Pitoyable diplomatie, complicité avec le crime qui se pare de toutes les vertus, et qui n’en finit plus de toucher le fond. Les Palestiniens, eux, ont compris depuis longtemps qu’ils n’avaient rien à attendre de ces Européens qu’étouffera un jour leur lâcheté.

Bruno Guigue

Paru le 15 mai 2021 sur la page Facebook de l’auteur ( Publication censurée )

♦ Le syndrome de Yom Kippour revisité


L’un des aspects les plus intéressants de la guerre du Kippour (1973) est qu’elle a marqué un passage soudain de l’ « hubris » maniaque israélien à la mélancolie, l’apathie et la dépression.

Après leur remarquable victoire militaire de 1967, les Israéliens ont développé une attitude arrogante et irrespectueuse envers les Arabes et leurs capacités militaires. Les services de renseignement israéliens ont prédit qu’il faudrait des années aux armées arabes pour se remettre. Les militaires israéliens ne croyaient pas que le soldat arabe avait la capacité de se battre, et encore moins de remporter une victoire.

Mais le 6 octobre 1973, les Israéliens ont eu une surprise dévastatrice. Cette fois, le soldat arabe était très différent. La stratégie militaire israélienne, fondée sur la supériorité aérienne et des manœuvres terrestres rapides soutenues par des chars, s’est avérée inefficace en quelques heures. L’Égypte et la Syrie, aidées par les nouveaux missiles antichars et sol-air soviétiques, ont réussi à démanteler la puissance d’Israël. Dans les premiers jours de la guerre, Israël subit de lourdes pertes. Ses dirigeants et son haut commandement militaire sont dans un état de désespoir. Pourtant, ce type de crise n’était pas vraiment un événement rare dans l’histoire juive.

Le fiasco militaire israélien lors de la première phase de la guerre était la répétition d’un syndrome tragique aussi vieux que les Juifs eux-mêmes. Ces scénarios répétitifs impliquent l’orgueil démesuré de la collectivité juive, poussée par un fort sentiment d’exceptionnalisme (ou élection divine), et donnent lieu à des conséquences horribles. J’appelle cela « le syndrome de Yom Kippour ».

Dans le Berlin des années 1920, l’élite juive se vantait de son pouvoir. Certains juifs riches étaient convaincus que l’Allemagne et sa capitale étaient leur terrain de jeu. À l’époque, quelquesjuifs allemands dominaient le secteur bancaire et influençaient la politique et les médias allemands. En outre, l’école de Francfort (ainsi que d’autres écoles de pensée juives) se consacrait ouvertement au déracinement culturel des Allemands, au nom du « progrès », de la « psychanalyse », de l’ »érotisme », de la « phénoménologie » et du « marxisme culturel ». Puis, presque « de nulle part », un raz-de-marée de ressentiment est apparu, et le reste est connu.

Mais y a-t-il vraiment eu un changement soudain dans la conscience allemande ? L’ »antisémitisme » allemand des années 1930 aurait-il dû être une surprise ? Pas du tout. Tous les signes nécessaires étaient présents depuis un certain temps. En fait, les premiers sionistes tels que Herzl et Nordau avainet correctement prédit la montée inévitable des sentiments antijuifs européens à la fin du XIXe siècle. C’est le syndrome de Yom Kippour, ce même orgueil démesuré qui a empêché l’élite juive de Berlin d’évaluer l’opposition croissante autour d’elle.

Ce que nous voyons en Israël en ce moment est évidemment une manifestation tragique du même syndrome. Une fois de plus, les Israéliens ont été pris au dépourvu. Une fois de plus, la folie maniaque de la toute-puissance est remplacée par la mélancolie dépressive. Une fois de plus, les Israéliens n’ont pas su estimer les capacités militaires du Hamas. Ils n’ont pas su reconnaître la frustration croissante des Arabes israéliens et admettre la possibilité que leurs frustrations puissent dégénérer en combats de rue, voire en guerre civile.

Les Israéliens ont succombé à l’idée délirante que la cause palestinienne s’était évaporée. Ils étaient convaincus que la répression du BDS et la famine des Gazaouis avaient démantelé les aspirations palestiniennes. Pourtant, c’est le Hamas qui a réussi à remporter la victoire la plus cruciale en unissant les Palestiniens en Palestine, dans les camps et dans la diaspora, aux côtés des musulmans du monde entier. Cette unité est d’autant plus importante qu’Israël est politiquement divisé et se dirige vers une cinquième élection.

Une fois de plus, l’arrogance israélienne fait place à une profonde tristesse. Israël pourrait se poser certaines questions nécessaires : Qu’est-ce que nous faisons de mal ? Pourquoi notre histoire se répète-t-elle ? Y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour changer notre destin ? Au lieu de cette nécessaire introspection, Israël fait en réalité le contraire. Au lieu de disséquer la crise actuelle à la lumière d’événements similaires dans le passé, Israël répète les mêmes erreurs. Il qualifie la crise actuelle de « nouvelle vague de violence ». Il se penche sur les possibilités stratégiques et tactiques qui permettront « d’imposer un cessez-le-feu au Hamas ». Israël spécule essentiellement sur le niveau de carnage qui mettra une fois de plus les « Arabes à genoux ».

Israël se définit comme l’État juif et ses erreurs tragiques sont naturellement déterminées par ce fait. Si Yom Kippour est un jour juif d’introspection, le syndrome de Yom Kippour est le résultat direct d’une incapacité totale à réfléchir sur soi. Et pourtant, ne peut-on pas se demander si le Juif peut s’émanciper du destin juif et du syndrome de Yom Kippour en particulier ? Comme le sioniste de la première heure Bernard Lazare, je crois qu’il suffit de s’éloigner de l’exceptionnalisme. Mais une fois dépouillé de l’exceptionnalisme, il ne reste plus grand-chose de l’identitarisme juif contemporain.

Je pense que nous touchons là à l’aspect existentiel le plus dévastateur du syndrome de Yom Kippour ; il n’y a pas d’échappatoire idéologique collective pour le Juif. Nous sommes essentiellement confrontés à des limbes culturels et spirituels.

J’ai tendance à croire que la seule issue au syndrome de Yom Kippour est individuelle : l’exil auto-imposé. Quitter le ghetto tard dans la nuit, ramper sous la clôture, creuser un tunnel sous le « mur de séparation ». Une fois sur la terre de la liberté, partez tranquillement et modestement à la recherche de l’humain et de l’universel.

Gilad Atzmon

Traduction: Maria Poumier

Source: https://gilad.online/writings/2021/5/15/the-yom-kippur-syndrome-revisited

♦ CONVIÉ À UNE RENCONTRE STRATÉGIQUE MAKHZANO-SIONISTE A RABAT : Rachad pactise avec l’ennemi contre l’Algérie


Avidor-Zitout

Le processus de normalisation du royaume du Maroc avec Israël ne s’arrête pas « en si bon chemin ». Après l’officialisation des relations et le rétablissement des relations diplomatiques, aux dernières nouvelles, Rabat s’apprête à conclure un partenariat d’ordre stratégique avec Tel-Aviv.

Ce qui n’est pas surprenant pour deux régimes d’essence même colonialiste et expansionniste. Pas plus que l’est, en tout cas, l’invité surprise à cette curieuse rencontre, en préparation en vue entre l’Académie du Maroc et le Centre des études stratégiques en Israël, et qui n’est autre que le mouvement Rachad…
C’est dire, l’association d’un courant traditionnellement hostile à l’Algérie et à ses institutions dans cet axe du mal Makhzen – Mossad pour élaborer une stratégique d’attaque visant à mettre à genou le pays dont la position sur les peuples opprimés, les Sahraouis et Palestiniens à savoir, leur reste en travers de la gorge. Pas que, en tournant de nouveau son viseur contre l’Algérie, le Makhzen tente pas tous les moyens de se détourner de la réalité de la mal-vie dans le Maroc profond, dont la population a fini par rompre le mur de la peur à travers des manifestations que chaque jour que Dieu fait à travers le pays.
En effet, apprend-on de nos sources, un partenariat stratégique est en train de se construire entre les deux organismes marocain et israélien, dont le chef d’orchestre n’est autre qu’un ancien chef du Bureau commercial d’Israël au Qatar, en la personne de Elie Avidor. Celui-ci, et en toute vraisemblance, est attendu à Rabat après le mois de Ramadhan pour y animer une conférence politico-académique au Centre marocain des études stratégiques. Un rendez-vous auquel le mouvement pro-terroriste Rachad, dont les animateurs continuent à verser leur venin contre l’Algérie et ses institutions, ont été conviés. Sur ce, nos sources restent formelles : en l’invitant à cette rencontre stratégique, l’axe makhzano-sioniste veut de nouveau missionner Rachad pour le besoin de sa propagande et son plan de déstabilisation visant directement l’Algérie.
Ainsi, le Royaume du Maroc qui vit des graves crises sans précédent, à tous les niveaux, politique, économique et social entendre, poursuit ses manœuvres pour essayer, encore une fois, de déstabiliser le pays qui résiste contre vents et marées à la hantise vague de normalisation avec l’État sioniste, son peuple et ses institutions.
Au-delà c’est cette même Algérie, à travers sa diplomatie dont la verve et l’influence retrouvées, qui revient sur la scène régionale et internationale, depuis notamment l’élection du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la tête de l’État, qui dérange tant le roi Mohammed VI et son régime. Autrement, le Makhzen fait tout pour saper les efforts de l’Algérie en ce sens qu’ils contribuent au processus de la libération des peuples sahraoui et palestinien.
Farouk Bellili

CONVIÉ À UNE RENCONTRE STRATÉGIQUE MAKHZANO-SIONISTE A RABAT : Rachad pactise avec l’ennemi contre l’Algérie | (lecourrier-dalgerie.com)

♦ Israël, Cour pénale internationale et ONG


Le Dr Christophe Oberlin est l’un des plus éminents spécialistes français de la chirurgie réparatrice. Grand témoin de la souffrance des Palestiniens enfermés à Gaza, où il séjourne trois fois par an depuis 2001 dans le cadre de ses missions humanitaires, il s’attache à faire connaître le point de vue des victimes au travers de ses nombreux  ouvrages, articles et conférences.*


De nombreux médias français relatent l’événement que constituerait la dénonciation d’un apartheid israélien par l’ONG Nord-américaine Human Rights Watch. C’est faire peu de cas de l’ouverture d’une enquête de la Cour Pénale Internationale sur la « Situation dans l’Etat de Palestine » le 3 mars 2021. Et c’est aussi donner aux ONG une importance qu’elles n’ont pas.

Par Christophe Oberlin

7 MAI 2021

A la suite de l’Agence France Presse, de nombreux médias français reprennent l’événement que constituerait la dénonciation d’un apartheid israélien par l’ONG Nord-américaine Human Rights Watch. C’est faire peu de cas d’un autre événement, historique celui-là, qui est l’ouverture d’une enquête de la Cour Pénale Internationale sur la « Situation dans l’Etat de Palestine » le 3 mars 2021. Et c’est aussi donner aux ONG une importance qu’elles n’ont pas.

Les organisations non gouvernementales jouissent dans nos pays d’une aura quasi-institutionnelle.  Elles jouent un rôle indéniable de lanceur d’alerte. Les grands médias leurs sont largement ouverts : n’étant par leur intitulé liées à aucun gouvernement, leur point de vue serait forcément impartial. Les exactions qu’elles dénoncent ne se limitent pas aux pays du sud. Représentées par des personnalités respectées, elles afficheraient toutes les garanties d’honorabilité et de probité. Leur existence même nous rassure. A y regarder de plus près, certaines de ces qualités sont aussi des défauts. La visibilité extrême des ONG tend à faire accroire au public quelles sont les garantes, voire les dépositaires du droit international. Etant jugées indépendantes, elles seules seraient à même de rétablir le droit face aux structures étatiques ou supranationales qui seraient soumises aux contingences politiques et donc corrompues.

Rien n’est moins sûr. Une ONG ayant pignon sur rue déclarant que la Cour Pénale Internationale n’est pas faite pour la Palestine[1]. La plus grande association américaine laissant gravir à des postes de direction sur le Proche-Orient un militant sioniste zélé[2]. Telle autre hésitant longuement pour savoir si la ségrégation dont sont victimes les Palestiniens israéliens peut être qualifiée d’apartheid.

Le principe associatif est de permettre à des individus de bonne volonté de s’associer pour promouvoir une activité, souvent à caractère social. Se trouvent ainsi agrégées des personnes fidèles à la cause, mais sont-elles nécessairement compétentes ? La gratification personnelle qui en découle ne prend-elle pas parfois le pas sur la cause elle-même ? L’ONG grandit, et il faut alors des financements pérennes. Et voilà que l’ONG s’institutionnalise, embauche des communicants, court les plateaux de télévision, lève à grand bruit des fonds pour des causes qui ne sont pas toujours claires. Certains lieux stratégiques, comme le Parlement européen ou la Cour Pénale Internationale, sont véritablement assiégés par leurs représentations. Un lobbying qui coute cher, et pose évidemment la question du financement. A ce niveau ce ne sont plus de petits donateurs retraités.

Que dit le droit ? Un parti politique est représentatif à travers ses électeurs, comme les syndicats dans les entreprises. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, une ONG type « droit de l’homme » ne représente pas les victimes d’atteintes aux droits de l’homme. Elle représente les adhérents à jour de leur cotisation.  Or dans le cas des grosses ONG, la part des cotisations ne représente qu’une infime fraction des revenus. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) à laquelle est affiliée le PCHR (Palestinian Commitee for Human Rights) annonce un budget de 9 millions d’euros, et son rapport annuel 2018 précise :  1,7% de cotisations et 98,3 % de subventions. Dans la rubrique « Qui nous soutient ? », aucun chiffre mais une simple liste : essentiellement des Etats occidentaux et des fondations pour les plus grosses liées à la finance. Où est l’indépendance ? S’agissant des procédures lancées par la Palestine devant la Cour de Justice de l’Union Européenne ou la CPI, un objectif essentiel est de consacrer la souveraineté et la qualité d’État devant une juridiction internationale. Or les ONG les plus puissantes se positionnent souvent en remplacement des structures publiques, accréditant l’idée que l’Etat est défaillant à remplir ses obligations, marginalisant le rôle politique attendu des Etats. Bien sûr les ONG peuvent participer, en marge et à titre informatif, à l’élaboration de l’opinion des juges, mais en aucun cas elles ne peuvent se substituer aux juges et aux avocats des victimes, aux systèmes judiciaires dont se sont dotés les Etats. Sur le plan juridique, il y a un saut qualitatif entre les professionnels et une association non gouvernementale. D’où de grossières erreurs. Comme ces ONG reconnues qui, à l’occasion de crime de guerre commis en Palestine, réussissent à convaincre les victimes de porter plainte auprès de la Cour suprême israélienne : sollicitation qui bloque toute possibilité de plainte en direction de la Cour Pénale Internationale puisqu’une juridiction locale prend en charge l’affaire[3].

Plutôt que de nous intéresser au rapport de telle ou telle ONG, observons la couverture médiatique de l’événement constitué par l’ouverture d’enquête par la Procureure le 3 mars 2021, décision précédée le 5 février d’un jugement de la Cour reconnaissant l’Etat de Palestine et la souveraineté du peuple palestinien sur son territoire. Une lecture fondatrice, qui détruit la légende de Palestiniens condamnés à trouver leur avenir à partir de négociations avec Israël. La relation dans les médias de ces deux décisions judiciaires est singulièrement différente en Israël et en France.

En Israël :

Dans les jours qui suivent l’annonce de l’ouverture d’enquête, le contenu des médias israéliens marque une évolution rapide. Le déni, voire l’insulte, sont progressivement remplacés par une meilleure information juridique avec son corollaire qui est l’inquiétude. Le président israélien fait le tour des supposés amis politiques notamment européens. Il reçoit de cordiaux messages de soutien mais suscite autant de déclarations en faveur de la justice internationale.  Une lettre, envoyée par le Premier ministre britannique Boris Johnson à deux Lords inquiets[4], évoque irrésistiblement la duplicité de la déclaration Balfour de 1917, énonçant sur la même page une chose et son contraire : condamnation de la décision de la Cour et confiance renouvelée dans la justice internationale représentée par la même Cour !  A la veille de la réponse attendue des dirigeants israéliens à la question de savoir s’ils vont faire jouer, ou pas, le principe de subsidiarité, signe d’une certaine agitation, la version numérique du Jérusalem Post ne publie pas moins de trois articles dans la même journée : à 13h le journal annonce que, malgré plusieurs réunions animées, le cabinet du Premier ministre n’a pas réussi à élaborer une réponse à Fatou Bensouda ; à 15h le journal traite Fatou Bensouda de « canard boiteux » et place ses espoirs dans le changement de procureur à venir[5] ; à 18h il annonce qu’Israël refusera toute coopération avec la CPI.   Et on épluche le passé du prochain procureur, sans y trouver quoi que ce soit augurant qu’il pourrait « laisser tomber l’affaire ».

En France :

L’ouverture d’enquête, une fois révélée, est suivie d’un silence assourdissant. On se contente d’insister sur les réactions israélienne et nord-américaine, qui sont du domaine du politique et du diplomatique, alors qu’une phase judiciaire est enclenchée. Les déclarations du département d’Etat et du président américain déclarant que la CPI doit se réformer, et que seule la saisine par le Conseil de sécurité ne devrait subsister, ne sont pas commentées. Alors que le droit de véto des membres permanents reviendrait alors à supprimer la CPI !  Point d’articles de fond concernant les aspects purement juridiques, comme si la séparation des pouvoirs n’existait pas. Or elle existe.  Président des Etats-parti et procureur sont élus par l’Assemblée générale des représentants des 123 Etats membres. Le Conseil de sécurité ne peut, au maximum, que retarder d’un an une ouverture d’enquête[6], mais pas l’empêcher. La machine judiciaire est aujourd’hui en route, nommément sur trois dossiers : la colonisation de la Cisjordanie (colonisation et apartheid constituant les deux faces d’une même pièce), les victimes de la guerre de 2014 et des « Marches du retour » de 2018.  Oublions la recommandation d’une ONG qui, au mépris du bon sens, exige de l’ONU la création d’une « commission d’enquête internationale ». Et observons la réalité en face : pour la première fois depuis le démembrement de l’empire Ottoman les Palestiniens vont pouvoir faire entendre leur voix devant une cour pénale.

Christophe Oberlin

[1] Voir Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale – L’enquête, Christophe Oberlin, Editions Erick Bonnier, p 21

[2] Voir L’Echange – Le soldat Shalit et les Palestiniens, Christophe Oberlin, Editions Erick Bonnier p 60-61

[3] Principe de subsidiarité, article 17 du Statut de Rome.  Déclencher des enquêtes locales, avec pour effet de bloquer les enquêtes correspondantes par la CPI en attendant de pouvoir évaluer si ces procédures ont été menées équitablement.

[4] https://www.theguardian.com/world/2021/apr/15/palestine-condemns-boris-johnson-opposing-icc-israel-investigation

[5] La Gambienne Fatou Bensouda termine son mandat en mai 2021 et sera remplacée par le Britannique Karim Khan

[6] Et après avoir obtenu le vote d’au moins 9 des 15 membres du Conseil.


*On peut commander ses ouvrages en cliquant ici

Source: Le blog de Christophe Oberlin

♦ Comprendre la « goebbelisation » de Libération en 10 épisodes (et au dixième je cafte un secret, sans remords)


Qu’est-ce que Libération qui diffuse des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?

1er épisode. Où je suis moins crédible que Nabilla
Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit sur moi (pas sur mon livre, hein !) : « Deux ouvrages sur Reporters sans frontières lui ont valu, en 2008, un conflit avec Robert Ménard et des mentions dans la presse régionale française et sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, lequel préfacera un de ses livres en 2011. Ce qui ne le rend pas pour autant « célèbre » – son compte Twitter vient juste de dépasser les 2 000 abonnés ».

La célébrité (et donc la crédibilité ?) mesurée au nombre abonnés sur Twitter ! Avec deux ans de moins qu’elle sur Twitter et sans écrire dans un quotidien aussi médiatisé que Libération, j’ai à ce jour le même nombre d’abonnés qu’elle (mais moins que Nabilla, j’admets).

Mon « conflit » avec Robert Ménard ? En fait, quatre menaces de procès !

Des « mentions dans la presse régionale française »  ? (chez les ploucs du « fin fond de la Corrèze ? »). Mon livre sur la face cachée de Reporters Sans Frontières été traduit en espagnol et sélectionné pour le prestigieux prix « Lire la politique » dont les jurés sont les directeurs ou rédacteurs en chef des 17 plus grands médias nationaux. Le président du jury était Régis Debray. J’ai refusé le prix par avance.

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2ème épisode. La « caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage »
Dans son article « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux dit de moi : « Sur le site du Grand Soir, « journal militant d’information alternative d’extrême gauche dont il est administrateur, il rédige de longs éditos au vitriol contre tous ceux qu’il affilie à l’« atlantisme », qualifiant Libération de « caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage »…
« Militant, extrême gauche, vitriol », tremblons. Notons bien qu’elle ne parle toujours pas de mon livre, pourtant objet de l’interview sollicité.

En discussion hors interview, puis par un mail, je lui avais pourtant dit que si j’avais écrit ça quelque part, je le regrettais et que je le retirais. Mais puisqu’elle pense qu’il faut malgré tout le publier, je peux l’améliorer : « Libération est la caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage et que personne jamais ne nettoie. Ça pique aux yeux » . Car (j’ai recherché) ma phrase figurait dans un article pour fustiger une belle déjection de Libération, tronquant une phrase d’Hugo Chavez pour en faire un antisémite.

Confondu par Romain Migus, un journaliste en poste à Caracas et aujourd’hui administrateur du Grand Soir, Libération refusa de débarrasser son plancher de la crotte Goebellienne.

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3 ème épisode. Génocide à tout prix

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit : « Faisant fi des critères établis par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide signée par les Nations unies en 1948, il est persuadé qu’il ne peut y avoir de « génocide » puisqu’il n’y a pas d’« extermination ».

Récuser le terme de « génocide », c’est exactement ce que font aujourd’hui à Washington des avocats du Département d’Etat, une tribune du Washington Post (j’y reviendrai) et deux prestigieux nord-américains de réputation mondiale. L’un est un économiste proche de nombreuses administrations démocrates US. Il est considéré comme l’un des cent intellectuels les plus influents au monde. Il a été le conseiller de plusieurs secrétaires généraux des Nations Unies dont Antonio Gutteres. L’autre est un professeur de droit de réputation mondiale, un spécialiste écouté aux Nations Unies sur les questions de la torture, de la peine de mort et du génocide.

De surcroît, la banalisation du mot « génocide » ne peut que réjouir les nostalgiques du IIIème Reich.

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4ème épisode. Un parfum de CIA

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit que, pour moi, la vague de propagande antichinoise n’est qu’« une imposture au discret parfum de CIA », « manigancée par les Etats-Unis et relayée par les politiciens et les médias français… ».

La CIA à l’origine de cet enfumage mondial sur les Ouïghours ? C’est exactement ce qu’a révélé le colonel Lawrence Wilkerson, ancien chef d’état-major de Colin Powell.

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5ème épisode. Les ouïghours exécutés pour prélèvements d’organes

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux me reproche de contester des mensonges publiés sur des réseaux sociaux (moins fiables que les médias subventionnés) : « Prouver que ces rumeurs, parfois assez relayées, comme le prélèvement d’organes, ne sont pas prouvées, sont imprécises ou sont inventées, lui suffisent (sic) pour délégitimer tout le reste ». Pendant l’interview, elle avait soutenu que Libération n’avait pas relayé l’affreux bobard des prélèvements d’organes. Elle persiste dans son article. Lisons donc la tribune de Libération le 2 octobre 2019. Titre : « La France doit s’engager contre le prélèvement forcé d’organes ». Avec un paragraphe ainsi intitulé : « Exécutés pour leurs organes », où l’on lit : « …la pratique aurait comme cible principale des milliers de prisonniers d’opinion, notamment les pratiquants du Falun Gong – une forme de yoga chinois – ainsi que des détenus ouïghours et tibétains. »

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6ème épisode. La preuve par le best-seller

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux ironise sur le livre qui « n’a pourtant rien du best-seller : moins de 580 exemplaires avaient été vendus le 24 mars, trois mois après sa sortie ».

Ce chiffre est faux. Ce qui est vrai, c’est qu’il est imprimé « à la demande », choix écologique qui évite le « pilonnage » d’invendus et des « retours » des librairies. Ce système ralentit les ventes.

Parenthèse : est-il vrai aussi que Libé ne respire encore que grâce à des subventions énormes (plus 6 millions d’euros par an) et la pub ? Que parmi les journaux malades « Les plus touchés sont : Libération qui a perdu 40 % de son lectorat papier (- 19 000 journaux vendus par jour, que ce soit en kiosque ou par abonnement) entre les mois de décembre 2015 et 2019 et Aujourd’hui en France qui a chuté de 38 % (- 48 000 journaux vendus par jour) pour la même période. ». ?

On se demande pourquoi un livre « confidentiel » provoquerait un tel déchaînement. Libération, Arrêt Sur Images, France Inter, RFI, Quotidien/C8, le Canard enchaîné, le Monde, sont montés au front avec hargne (haine) contre l’auteur.

Par ailleurs, il faudra que Libération apprenne qu’il n’est pas recommandé d’être A LA FOIS antichinois et inculte en matière d’édition. En 1952, Samuel Beckett vend 125 exemplaires de «  En attendant Godot ». Le «  Précis de décomposition » de Cioran paru en 1949 rencontre 20 lecteurs. Il faudra deux ans à André Gide pour parvenir à vendre 215 exemplaires de son livre « Les nourritures terrestres » paru en 1897. En 1899 ; « L’amour absolu » d’Alfred Jarry ne dépasse pas 15 exemplaires. Enfin, l’année où il obtint son prix Nobel de littérature (1960) Saint-John Perse vend 90 exemplaires de « Chroniques ». Par contre, dans les mois qui suivirent sa parution, «  Initiales B.B. : Mémoires » s’est vendu à un million d’exemplaires.

Le livre : « Ouïghours, pour en finir avec les fake news » est vendu à ce jour à 1000 exemplaires (pas grâce aux médias, si ?), il va atteindre et dépasser la moyenne des ventes françaises pour un essai. Des pourparlers avancés vont permettre sa publication en anglais, mandarin, turc, arabe, allemand, espagnol, portugais, Italien, japonais, coréen, russe, esperanto…

Mais il est vrai que l’intelligentzia bobo–à-jean-déchiré-et-à-duffle-coat-pour-les-frimas (et la frime) blottie dans Paris intra-muros exige qu’un best-seller soit estampillé par les médias des 9 milliardaires et par un passage de l’auteur chez François Busnel, Augustin Trapenard et au « 28 minutes » d’Arte, le tout souligné par une interview dans Télérama, autant de guet-apens inévitables quand on conteste la version yankee de la situation au Xinjiang, incongruité qui vous fait passer du statut d’auteur à celui d’ennemi, d’invité policé à énergumène qui pisse dans le vase en cristal de la baronne. Et que les valets vont bastonner.

Maxime VIVAS
Fin de la première partie. Un scoop qui décoiffe attend le lecteur à la fin de la deuxième
.

URL de cet article 37106
https://www.legrandsoir.info/comprendre-la-goebbelisation-de-liberation-en-10-episodes-et-au-dixieme-je-cafte-un-secret-sans-remords-37106.html 

♦ En 2016, quand l’assassin d’un musulman, puisque musulman, par un « Français de souche » a été jugé « irresponsable ». Indignation ? Zéro !


Il y a des morts qui sont plus égales que d’autres. Ainsi l’assassin raciste de Mohamed El Makouli, dans le Vaucluse, a été jugé irresponsable du fait de le consommation de drogue. Dehors, dans l’opinion, dans la presse qui dénonce tant les injustices, pas un mot. La malheureuse Sarah Halimi n’y est pour rien. Mais son martyr a été pris en otage par un clan politique alors que les mêmes indignés se sont tus après les 17 coups de couteau reçus par le « Musulman ».

En janvier 2015, à Beaucet dans le Vaucluse, Thomas Gambet a tué Mohamed El Makouli de 17 coups de couteau sous les yeux de sa femme Nadia. Il a défoncé la porte de ses voisins et s’était jeté sur Mohamed en lui portant des coups et en hurlant « Je suis ton dieu, il n’y a pas d’Islam ! ». Mohamed était déjà en train de mourir quand Nadia a attrapé son bébé pour s’enfuir dans la nuit noire. Lors de l’instruction du procès devant le TGI de Nimes, l’avocate de la veuve de Mohamed El Makouli a demandé de considérer qu’il ne s’agissait pas « d’une abolition du discernement » mais d’une simple « altération aggravée par la prise de stupéfiants au moment des faits ». Mais les experts en psychiatrie ont conclu à « l’abolition du discernement » de Thomas Gambet au moment de son acte.

En Juillet 2016, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Nîmes a déclaré Thomas Gambet « irresponsable pénalement » de l’homicide volontaire qui lui était reproché. Si des gens voient dans ce post une tentative de ma part de faire le parallèle avec l’affaire de la regrettée Sarah Halimi, alors ils n’ont pas tout à fait tort.

Par contre la comparaison s’arrête là. Après le meurtre de Mohamed El Makouli, il n’y a pas eu de grandes manifestations pour cogner sur la justice et insulter les experts et les juges. Il n’y a pas eu non plus de demandes de modifier la loi puisque certains veulent que la France devienne le seul pays à juger les fous. Il n’y a pas eu, non plus, un grand tapage médiatique ni cette incroyable quantité de commentaires irresponsables de la part de responsables politiques. Il n’y a pas eu de plainte déposée dans le pays d’origine de la victime, le Maroc, ni de déclarations de députés français d’origine marocaine suggérant d’extrader Thomas Gambet au Maroc pour le juger ; ou envisageant son enlèvement illégal en France pour l’emmener de force au royaume chérifien.

Que Sarah Halimi et Mohamed El Makouli reposent en paix et que leur mémoire soit respectée et non utilisée à des fins puantes.

La meilleure façon de leur rendre hommage c’est de protéger la justice contre les attaques nauséabondes dont elle est l’objet. Cette justice qui a eu le même traitement dans les deux cas, indépendamment des croyances ou origines des victimes et des meurtriers.

Tahoufiq Tahani

(le titre et les chapô sont issus du Grand Soir)

En 2016, quand l’assassin d’un musulman, puisque musulman, par un « Français de souche » a été jugé « irresponsable ». Indignation ? Zéro ! — Tahoufiq TAHANi (legrandsoir.info)

♦ Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam


Dans la première partie de cette série, j’ai expliqué comment un stock massif d’armes américaines stockées à Okinawa, au Japon, qui devaient à l’origine être utilisées pour l’invasion américaine prévue du Japon, ont été retirées une fois que les deux bombes atomiques ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki.

Fletcher Prouty, chef des opérations spéciales pour les chefs d’état-major interarmées sous Kennedy et ancien colonel de l’armée de l’air américaine, explique dans son livre « The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy » que ces énormes cargaisons d’armes n’ont pas été renvoyées aux États-Unis, mais que la moitié a été transportée en Corée et l’autre au Vietnam.

Les implications de ce fait sont énormes.

Cela signifie que des préparatifs de la guerre froide étaient déjà en cours dès août 1945 et probablement bien avant, et que les deux régions choisies, la Corée et le Vietnam, ont été planifiées respectivement cinq ans et dix ans à l’avance, avant que les guerres réelles n’aient lieu.

Cela signifie que les récits officiels autour de la guerre de Corée et la guerre du Vietnam n’ont été écrits que pour créer une « réalité » à la guerre froide.

Il convient donc de se demander quelle est la véritable raison pour laquelle les Américains se sont engagés dans ces deux guerres brutales ? Pourquoi des figures de proue de l’élite américaine, dont beaucoup avaient refusé catégoriquement de participer à la lutte contre le fascisme pendant la Seconde Guerre mondiale, ont-elles été si rapidement convaincues que tout ce qui avait trait au communisme devait être détruit par leurs soins ?

Nous répondons à ces questions dans cette série intitulée « Les racines fascistes de la CIA ».

La CIA et le Pentagone : L’histoire de deux amants

Comme nous l’avons vu dans la première partie de cette série, la victoire d’Eisenhower-Nixon, en 1952, fut le point culminant d’années de stratégie politique menée par des courtiers républicains de Wall Street, et de nouveaux dirigeants au département d’État et à la CIA, Foster et Allen Dulles respectivement, ont été choisis. Ils allaient diriger les opérations internationales de la nation la plus puissante du monde.

C’est pour cette raison que l’élection présidentielle de 1952 est entrée dans l’histoire comme le triomphe de « l’élite au pouvoir ».

Toute la période allant du 12 avril 1945 à ce jour fatidique de l’élection peut être comprise comme la première étape du coup d’État américain. C’est particulièrement évident entre 1945 et 1949, lorsqu’un certain nombre de nouveaux textes législatifs ont été adoptés, réorganisant avec succès les départements au sein des États-Unis, de sorte que la plupart des décisions gouvernementales et militaires soient soumises à l’autorité de quelques hommes, beaucoup plus puissants que le président lui-même.

La loi sur la sécurité nationale de 1947, un de ces chevaux de Troie, est l’une des premières de ce nouveau type de législation et a conduit à la création de la Central Intelligence Agency, la plaçant sous la direction du Conseil de sécurité nationale.

Bien qu’elle n’autorise pas explicitement la CIA à mener des opérations secrètes, le paragraphe 102 était suffisamment vague pour permettre des abus. En décembre 1947 (moins de quatre mois après la création de la CIA), la nécessité perçue d’« endiguer le flot du communisme » en Europe occidentale – en particulier en Italie – par le biais d’une « guerre psychologique » ouverte et secrète, a mis le feu aux poudres et le NSC 4-A est né.

La NSC 4-A était une nouvelle directive couvrant « les opérations paramilitaires clandestines, ainsi que la guerre politique et économique ». Elle autorisait l’intervention de la CIA dans les élections italiennes d’avril 1948.

Il était entendu que l’armée américaine ne pouvait jouer aucun rôle « direct » dans les opérations secrètes, car cela irait à l’encontre de la possibilité de nier.
On s’attendait à ce que le Parti communiste italien, admiré pour avoir mené la lutte contre Mussolini, remporte les premières élections italiennes de l’après-guerre. Bien entendu, cela a été considéré comme intolérable sous le diktat du rideau de fer et des opérations secrètes américaines ont été déployées pour bloquer la victoire antifasciste. Le journaliste d’investigation Christopher Simpson écrit dans son livre « Blowback » qu’une partie substantielle de ce financement provenait de biens nazis capturés. Cette intervention, selon Simpson, a fait pencher la balance en faveur du parti chrétien-démocrate italien, qui cachait des milliers de fascistes dans ses rangs.

Quelques mois à peine après sa création, la CIA, qui était censée être un organe civil de collecte de renseignements du gouvernement, est devenue responsable d’opérations secrètes, notamment de « guerre psychologique ». On est loin de ce qui avait organisé les États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale, et qui reposait sur une armée civile. Un tel mandat gouvernemental pour des opérations de cape et d’épée en temps de paix aurait été considéré comme impensable.

Mais c’est pourquoi le récit de la guerre froide était si impératif, puisque dans ce cauchemar paranoïaque et schizophrénique, on pensait que le monde ne serait jamais en paix tant qu’une partie importante de celui-ci n’aurait pas été anéantie. La guerre froide définissait un ennemi pixellisé, sous-défini et invisible à l’œil. L’ennemi était ce que vos supérieurs vous disaient être l’ennemi, et comme un métamorphe, il pouvait prendre la forme de n’importe qui, y compris votre voisin, votre collègue, votre partenaire… même le président.

Il y aurait toujours un ennemi, car il y aurait toujours des gens qui résisteraient à la Grande Stratégie.

La NSC 4-A fut remplacée par la NSC 10/2, approuvée par le président Truman le 18 juin 1948, qui crée l’Office of Policy Coordination (OPC). La NSC 10/2 est le premier document présidentiel qui spécifie un mécanisme d’approbation et de gestion des opérations secrètes, et également le premier dans lequel le terme « opérations secrètes » est défini.

De 1948 à 1950, l’OPC n’était pas sous le contrôle de la CIA, mais plutôt une opération renégate dirigée par Allen Dulles. L’OPC passe sous le contrôle de la CIA en octobre 1950, lorsque Walter Bedell Smith devient directeur de la Central Intelligence, et est rebaptisé Directorate of Plans.

Bien que la CIA soit strictement chargée des opérations secrètes, elle a souvent besoin de l’armée pour obtenir du personnel supplémentaire, des moyens de transport, des bases à l’étranger, des armes, des avions, des navires et toutes les autres choses que le ministère de la Défense possède en abondance. En réalité, les militaires, qu’ils le veuillent ou non, se retrouvaient pour toujours dans les bras de leur amante toxique, la CIA.

En 1992 Prouty écrivait :

« L’OPC et d’autres membres de la CIA étaient dissimulés dans des unités militaires et bénéficiaient d’une couverture militaire chaque fois que cela était possible, notamment au sein des bases militaires éloignées dans le monde entier… Les méthodes opérationnelles secrètes ou invisibles mises au point par la CIA et l’armée au cours des années 1950 sont encore utilisées aujourd’hui, malgré la disparition apparente de la guerre froide, dans des activités secrètes telles que celles qui se déroulent en Amérique centrale et en Afrique… Il est difficile de distinguer la CIA de l’armée car elles travaillent toujours ensemble. »

Une déclaration audacieuse

Le 2 septembre 1945, Ho Chi Minh signait la déclaration d’indépendance d’une nouvelle nation, la République démocratique du Vietnam, qui statut que :

« Un peuple s’est courageusement opposé à la domination française pendant plus de quatre-vingts ans, un peuple a combattu aux côtés des Alliés contre les fascistes au cours de ces dernières années – un tel peuple doit être libre et indépendant. »

Ho Chi Minh dirigeait depuis 1941 le mouvement nationaliste d’indépendance du Viet Minh contre la domination coloniale du Japon. Comme la majorité du monde, Ho Chi Minh considérait que la guerre contre les fascistes était alignée sur une guerre contre l’impérialisme. Il pensait que si le monde devait enfin prendre position contre cette tyrannie, le colonialisme n’aurait plus sa place dans le monde de l’après-guerre. Le monde devrait être organisé sur la base de la reconnaissance et du respect des États-nations indépendants, conformément à la vision d’après-guerre de Roosevelt.

Après une longue et horrible bataille contre les impitoyables fascistes japonais, avec le soutien des États-Unis et de la Chine pendant la guerre, Ho Chi Minh espérait que le Vietnam pourrait retrouver sa paix d’antan grâce à sa nouvelle indépendance vis-à-vis du régime colonial.

Les Japonais s’étaient rendus et partaient. Les Français avaient été vaincus par les Japonais et ne reviendraient pas – du moins le pensait-on.

Vo Nguyen Giap, le brillant commandant militaire de Ho Chi Minh, alors qu’il était ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire, a prononcé un discours décrivant les États-Unis comme un bon ami du Viet Minh. Cela aussi, c’était en septembre 1945. Ho Chi Minh avait reçu des États-Unis un énorme stock d’équipement militaire et il s’attendait à pouvoir administrer son nouveau gouvernement au Vietnam sans autre opposition.

Mais le 23 septembre 1945, peu après la publication de la déclaration d’indépendance de la République démocratique du Vietnam, un groupe d’anciennes troupes françaises, agissant avec le consentement des forces britanniques (qui s’étaient vu confier la juridiction de la région à la suite de la conférence de Potsdam) et armé d’armes japonaises volées dans les stocks de capitulation, a organisé un coup d’État local et pris le contrôle de l’administration de Saigon, au Vietnam du Sud, connue aujourd’hui sous le nom de Hô Chi Minh-Ville.

En janvier 1946, les Français avaient atteint tous leurs objectifs militaires au Vietnam et réinstallé le gouvernement français.

Il faut comprendre que la suppression de la présence française en Indochine ne fut pas une mince affaire, car il ne s’agissait pas seulement de leur présence militaire, mais aussi de leurs intérêts commerciaux, notamment les banques françaises, parmi les plus puissantes d’Asie. Les Français imposaient leur présence coloniale en Indochine depuis 1787.

Les négociations entre la France et la République démocratique du Vietnam ont commencé début 1946. Ho Chi Minh se rend à Paris, mais la conférence échoue en raison de l’intransigeance française.

La guerre d’Indochine française éclate en 1946 et dure huit ans, l’effort de guerre de la France étant largement financé et fourni par les États-Unis.

En 1949, Bao Dai, l’ancien empereur qui passait la plupart de son temps dans le luxe à Paris, en France, a été mis en place par des intérêts étrangers pour être le gouvernement fantoche de l’État du Vietnam (Vietnam du Sud).

Le 8 mai 1950, le secrétaire d’État Dean Acheson annonçait que les États-Unis allaient accorder une aide économique et militaire à la France et à l’État du Vietnam. La valeur de cette aide militaire dépassait les 3 milliards de dollars.
Il n’y a jamais eu de raison officielle pour laquelle les États-Unis ont changé leur allégeance de Ho Chi Minh vers les intérêts coloniaux français et à leur gouvernement fantoche. Bien que la croyance de Ho Chi Minh dans le communisme ait été utilisée pour justifier cette trahison, la vérité est qu’il représentait une menace parce qu’il se considérait avant tout comme un nationaliste, qui croyait que le peuple vietnamien ne faisait qu’un et que sa nation méritait d’être indépendante de la domination coloniale.

C’est ce nationalisme qui ne pouvait être toléré dans les régions du monde considérées comme des territoires impériaux et des terres soumises. C’est pour cette même raison que le MI6 et la CIA ont organisé un coup d’État contre le nationaliste bien-aimé Mosaddegh en Iran, un non-communiste titulaire d’un doctorat en droit et qui était en passe de supprimer toutes les revendications impériales britanniques sur le pétrole du pays après avoir gagné son procès contre les Britanniques à La Haye et au Conseil de sécurité des Nations unies en 1951.

C’est pourquoi les intérêts de l’impérialisme et du fascisme étaient souvent liés main dans la main, comme on l’a vu avec Édouard VIII (bien qu’il n’ait pas été le seul de la famille royale britannique à partager ces opinions), le gouvernement de Vichy en France, le roi d’Italie Victor Emmanuel III qui a nommé Benito Mussolini Premier ministre en 1922 (et n’a viré Mussolini qu’en 1943 lorsqu’il était clair qu’ils allaient perdre la guerre) et le Japon impérial sous l’empereur Hirohito.

C’est pour cette raison que nous avons vu, avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, les impérialistes et les fascistes discuter entre eux de ce que serait le monde d’après-guerre. C’est pour cette raison que les pays choisis pour superviser cette Grande Stratégie seraient les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon, plutôt que le choix de Roosevelt, à savoir les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine.

C’est pour cette raison que le rideau de fer, annoncé à l’origine, non pas par Churchill, mais par le ministre allemand des Affaires étrangères, le comte Lutz Schwerin von Krosigk, dans le London Times du 3 mai 1945, devait annoncer les termes d’une guerre indéfinie contre le communisme. En réalité, il s’agissait de tout pays opposé à la domination impériale, opposé à l’idée que certains sont nés pour gouverner et d’autres pour être gouvernés, en d’autres termes, l’impérialisme et les États-nations souverains ne pouvaient coexister.

Ho Chi Minh fut un allié des Américains sous la direction de Roosevelt. Cependant, avec la mort de Roosevelt et le coup d’État mou qui a suivi, Ho Chi Minh est devenu un ennemi.

La mission militaire de Saïgon

Le 8 janvier 1954, lors d’une réunion du Conseil national de sécurité, le président Eisenhower fait clairement savoir que les Américains n’ont pas leur place dans la guerre du Vietnam. Mais cela n’a pas vraiment d’importance.

Eisenhower, qui avait l’habitude que les gens suivent assidûment sa ligne de commandement en tant que général de la Seconde Guerre mondiale, allait bientôt apprendre que cela ne s’appliquait pas en tant que président des États-Unis.

Parmi les participants à la réunion du Conseil national de sécurité du 8 janvier 1954 figurent Allen W. Dulles et son frère John Foster Dulles. Il est impossible que les frères Dulles aient pu mal comprendre les paroles du président Eisenhower.
Pourtant, le 14 janvier 1954, six jours seulement après la déclaration « véhémente » du président contre l’entrée des forces armées américaines en Indochine, le secrétaire d’État John Foster Dulles déclarait :

« Malgré tout ce que nous faisons, il reste une possibilité que la position française en Indochine s’effondre. Si cela se produisait et que les Français étaient jetés dehors, il deviendrait, bien sûr, de la responsabilité du Viet Minh victorieux de mettre en place un gouvernement et de maintenir l’ordre au Vietnam… [Je] ne crois pas que dans cette éventualité, ce pays [les États-Unis] dirait simplement : « Tant pis ; nous sommes battus et c’est la fin de cette histoire.« 

Ainsi, la graine était plantée. Si les Français étaient chassés, ce qui était plutôt prévisible, il était entendu que les États-Unis ne s’engageraient pas dans une guerre ouverte avec le Viet Minh. Cependant, ils pourraient mener des opérations clandestines contre les forces de Ho Chi Minh afin de leur causer des ennuis ou, selon les mots de Foster Dulles, « de provoquer l’enfer ».

C’est ainsi que débuta l’intervention et l’implication directe des Américains dans la guerre du Vietnam, une guerre dans laquelle les Américains armaient les deux camps depuis 1945 et à laquelle il n’y avait pas d’objectif militaire officiel, si ce n’est de « provoquer l’enfer ».

Selon un compte rendu de la réunion du Conseil de sécurité nationale du 14 janvier 1954, il a été :

« Convenu que le directeur de la Central Intelligence [Allen Dulles], en collaboration avec d’autres départements et agences appropriés, devrait développer des plans, comme suggéré par le secrétaire d’État [John Foster Dulles], pour certaines éventualités en Indochine. »

Et, juste de cette manière, la supervision entière de la guerre du Vietnam fut placée entre les mains des frères Dulles.

Deux semaines plus tard, le 29 janvier, Allen Dulles, choisissait le Colonel Lansdale pour diriger l’équipe qui allait « provoquer l’enfer » au Vietnam. Edward G. Lansdale, chef de la mission militaire de Saïgon, est arrivé à Saïgon le 1er juin 1954, moins d’un mois après la défaite de la garnison française à Dien Bien Phu, dans le but de mener une opération secrète de guerre psychologique et d’activités paramilitaires au Sud-Vietnam.

Prouty écrit :

« Ce n’était pas une mission militaire au sens conventionnel du terme, comme l’avait dit le secrétaire d’État. Il s’agissait d’une organisation de la CIA dont la mission clandestine était de « provoquer l’enfer » avec des « opérations de guérilla » partout en Indochine, une organisation terroriste compétente capable de remplir son sinistre rôle conformément à la Grande Stratégie de ces années de guerre froide.
… Avec cette action, la CIA a établi la Mission militaire de Saïgon (SMM) au Vietnam. Elle n’était pas souvent à Saïgon. Elle n’était pas militaire. C’était la CIA. Sa mission était de travailler avec les Indochinois anti-Viet Minh et non de travailler avec les Français. Avec ce contexte et ces stipulations, cette nouvelle unité de la CIA n’allait pas gagner la guerre pour les Français. Comme nous l’avons appris à nos dépens par la suite, elle n’allait pas non plus gagner la guerre pour le Sud-Vietnam, ni pour les États-Unis. Était-elle censée le faire ? »

Il convient de noter ici que, bien que les dossiers de la NSC et du Département d’État montrent que la Mission militaire de Saïgon n’a pas commencé avant janvier 1954, il y avait d’autres activités de la CIA au Vietnam, au Cambodge et au Laos (comme les équipes White Cloud) bien avant 1954, et certains membres de la SMM avaient participé à ces activités antérieures dès 1945. [L. Fletcher Prouty “The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy” pg 61].

Bien que Lansdale soit répertorié comme un colonel de l’armée de l’air américaine en charge du SMM, ce n’était qu’un stratagème. Il continuerait au Vietnam, comme il l’avait fait aux Philippines, à exploiter la couverture d’un officier de l’armée de l’air et à être affecté au Military Assistance Advisory Group (MAAG) à des fins de « mission de couverture ». Il était toujours un agent de la CIA, et ses véritables patrons étaient toujours à la CIA.

Avec la défaite des Français face à Ho Chi Minh en 1954 lors de la bataille de Dien Bien Phu, mettant fin à la première guerre d’Indochine, il était entendu qu’un nouveau leadership de l’opposition serait nécessaire si l’on voulait empêcher Ho Chi Minh de prendre le contrôle du Sud-Vietnam.

Ngo Dinh Diem allait évincer Bao Dai lors d’un référendum truqué en 1955, devenant ainsi le premier président de la République du Vietnam (Vietnam du Sud). Les Sud-Vietnamiens n’étaient intéressés par aucun des deux candidats.

Le lecteur doit noter ici que le Sud-Vietnam (également connu sous le nom de Cochinchine pendant des siècles) n’a jamais eu de véritable forme de gouvernement, car il n’a jamais été une nation de toute son existence, mais était plutôt composé d’anciens villages, ceci depuis plusieurs siècles avec relativement peu de changements. Il n’y avait pas de congrès, pas de police, pas de système fiscal – rien d’essentiel à la fonction d’une nation. Le « gouvernement » de Diem n’était rien d’autre qu’une façade bureaucratique.

Malgré cela, la République du Vietnam de Diem était traitée comme un membre égal de la famille des nations, comme si elle pouvait se tenir sur ses deux pieds et répondre en conséquence à la crise dans laquelle son peuple était plongé. Le gouvernement vietnamien qui, selon Eisenhower, devait combattre le Viet Minh en son propre nom, n’existait pas.

Un nombre prédominant d’Indochinois était en faveur d’Ho Chi Minh. Ils ne ressentaient aucune loyauté envers Bao Dai, qui vivait à Paris, et ils détestaient les Français. Ngo Dinh Diem était un moins que rien, qui n’a jamais rien accompli pour gagner le cœur de son peuple.

La guerre du Vietnam, telle qu’elle est comprise aujourd’hui, est pleine d’oublis. Mais l’oubli le plus grave de tous est peut-être le fait qu’aucune des six administrations américaines qui ont supervisé la guerre du Vietnam n’a jamais établit d’objectif militaire clair pour cette guerre. On a dit aux généraux envoyés à Saïgon de ne pas laisser les « communistes » prendre le contrôle du Vietnam, point final. Comme Prouty l’a déclaré à plusieurs reprises dans son livre, cela ne constitue pas un objectif militaire.

La mission militaire de Saïgon a été envoyée au Vietnam pour présider à la dissolution du pouvoir colonial français. Les frères Dulles savaient, dès janvier 1954 si ce n’est bien avant, qu’ils allaient créer un nouveau gouvernement vietnamien qui ne serait ni français ni Viet Minh et que ce nouveau gouvernement deviendrait alors la base de la poursuite de la guerre décennale en Indochine.

C’était leur principal objectif.

La Conférence de Genève, un exode génocidaire

La défaite des Français a abouti aux accords de Genève en juillet 1954, qui établissait le 17e parallèle comme ligne de démarcation temporaire séparant les forces militaires des Français et du Viet Minh. Dans les 300 jours suivant la signature des accords, une zone démilitarisée, ou DMZ, a été créée, et le transfert de tous les civils qui souhaitaient quitter l’un ou l’autre camp devait être achevé.
Ho Chi Minh et tous les Vietnamiens du Nord croyaient que leur nation était « une ». Ils ne voulaient pas d’une division de leur pays, comme les accords de Genève l’avaient garanti.

L’article final des Accords de Genève, au numéro 14, quelques lignes à peine remarquées, se lit comme suit : « … tout civil résidant dans un district contrôlé par une partie, qui souhaite aller vivre dans la zone assignée à l’autre partie, sera autorisé et aidé à le faire par les autorités de ce district ».

Le sens sinistre de ces propos était dissimulé sous l’apparence de mots humanitaires. La note américano-britannique parlait d’un « transfert pacifique et humain », comme s’ils étaient gentils et sensibles à la situation, prêts à déraciner des gens qui avaient vécu toute leur vie dans un village établi qui existait depuis des dizaines de milliers d’années.

Les gens du monde entier, dont la plupart ne connaissaient pas les Tonkinois, ont été amenés à croire que cette offre était un geste de compassion. Et, ce qui est pire, les planificateurs de ce sinistre complot étaient certains que les peuples du monde n’apprendraient jamais la vérité, c’est-à-dire que ce déplacement d’un million de Nord-Vietnamiens était en réalité destiné à mettre le feu au pays. Il s’agissait d’un coup monté et d’une base essentielle pour l’entrée directe des États Unis dans la guerre.

L’exode massif de Nord-Vietnamiens vers le Sud-Vietnam sera orchestré par la Mission militaire de Saïgon. Ce fut un terrible bouleversement pour ces gens, mais il a été vendu à l’Occident comme s’il s’agissait de réfugiés fuyant Ho Chi Minh. En réalité, ils fuyaient la « guerre psychologique » et les « tactiques paramilitaires » aujourd’hui appelées « terrorisme » que la SMM déchaînait contre ces petits villages du Nord.

Dans leurs propres mots, tels que trouvés dans les documents publiés avec les Pentagon Papers, les dirigeants du SMM ont écrit que la mission avait été envoyée au Nord-Vietnam pour mener une « guerre non conventionnelle », des « opérations paramilitaires », une « guerre politico-psychologique », des campagnes de rumeurs et pour mettre en place un cours de guerre psychologique de combat pour les Vietnamiens. Les membres du SMM étaient des « agents provocateurs » classiques.

Prouty écrit :

« Ce mouvement de catholiques – ou d’indigènes que le SMM appelait « catholiques » – des provinces du nord du Vietnam vers le sud, selon les dispositions de l’accord de Genève, est devenu l’activité la plus importante de la Mission militaire de Saïgon et l’une des causes profondes de la guerre du Vietnam. Le terrible fardeau que ces 1 100 000 déplacés démunis ont imposé aux résidents indigènes tout aussi pauvres du sud a créé une pression sur le pays et l’administration de Diem qui s’est avérée écrasante.

Ces indigènes sans le sou… ont été rassemblés à Haïphong par la mission militaire de Saïgon et mis à bord de navires de transport de la marine américaine. Environ 300 000 ont voyagé sur les avions de transport aérien civil de la CIA, et d’autres sont partis à pied. Ils ont été transportés, comme du bétail, dans la partie la plus méridionale du Vietnam, puis, malgré les promesses d’argent et d’autres aides de base, ont été lâchés au milieu de la population locale. Ces gens du nord sont des Tonkinois, plus chinois que les Cochinchinois du sud. Ils ne se sont jamais mélangés dans des conditions normales. Partout où ces pauvres gens ont été déversés dans le sud, on leur a donné le nom de « révoltés communistes », et une grande partie, la pire et la plus pernicieuse de ces vingt années de guerre qui ont suivi, a été le résultat direct de cette terrible activité qui avait été incitée et menée par la mission militaire terroriste de la CIA.

…Rien de ce qui s’est produit pendant ces trente années de guerre, 1945-75, n’a été plus pernicieux que le déplacement de ces 1 100 000 « catholiques » du nord vers le sud à une époque où le gouvernement du sud existait à peine’. »

Il ne fallut pas longtemps pour que le trouble causé par les intrus nordistes favorisés par Diem sur les indigènes du sud éclate en violence. Très vite, les « amis », selon le gouvernement de Diem et ses soutiens de la CIA, furent le million de catholiques du Nord, et l’« ennemi » – ou du moins le « problème » – était les autochtones cochinchinois du Sud.

Le moment était venu d’attiser les flammes de la guerre et de faire intervenir les Américains.

Cynthia Chung

A suivre

Traduit par Saker Francophone

Paru le 17 mars 2021 sur Strategic Culture

Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam | Arrêt sur Info (arretsurinfo.ch)

♦ Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde


Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde. Personne n’a jamais amassé autant de pouvoir. Hitler en crèverait d’envie si on lui montrait la grandeur de Google. Les protagonistes de Huxley et d’Orwell ne pouvaient qu’en rêver, Bezos et Gates l’ont fait. Ces derniers ont renversé le président américain pour en installer un plus à leur goût, et pour cause. La valeur nette combinée des 100 premiers ultra-riches américains a grimpé en flèche de 195 milliards de dollars depuis l’entrée en fonction de Biden, selon les calculs de Bloomberg. Ces géants contrôlent l’esprit de milliards de personnes. Les nations mettent en gage leurs terres et leurs industries pour acheter leurs médicaments brevetés. Ces géants connaissent nos visages, nos noms, ils savent tout de nous, jusqu’aux cellules dont nous sommes faits, jusqu’à la dernière protéine. Les dieux ont été vaincus, le doux Christ et le puissant Sabaoth, sans oublier Allah en colère. Est-ce là une chose dont on dit : « Voici, c’est nouveau » ? (Eccl 1:10) Non, mon ancêtre à l’esprit blasé avait raison – cela avait déjà été fait dans les âges qui nous ont précédés.

Il était une fois des géants qui avaient presque réussi à chasser les dieux hors de l’Olympe. Apollodore nous raconte que les dieux ne pouvaient pas gagner, jusqu’à ce qu’ils se souviennent de l’oracle selon lequel les géants ne seraient vaincus que si un homme mortel aidait les dieux. Seul l’homme peut faciliter la victoire des dieux sur les géants, devinaient les Grecs dans leur Gigantomachie, tout comme les chrétiens savaient que seul un Fils de l’Homme pouvait vaincre la Mort. Alors que les géants avaient presque vaincu les dieux, un homme mortel, Héraclès, avait franchi le pas, et c’est lui qui avait arraché la victoire des mâchoires de la défaite. Aujourd’hui, nous avons grand besoin d’un mortel courageux pour s’attaquer aux géants. S’il n’y a pas d’Héraclès, n’importe qui fera l’affaire ; mais les géants doivent être vaincus. Et voilà que justement, des tueurs de géants improbables se manifestent.

Le soulèvement a commencé dans la ville rebelle de Moscou, où le tribunal d’arbitrage de la ville a exigé que Google restaure un compte YouTube supprimé, sous peine d’avoir à payer des milliards de dollars d’amendes. Impossible, me direz-vous, Google est libre de faire ce qu’il veut. Google a banni Unz.com ; son géant de frère Twitter a banni Trump ; il n’y a aucun moyen d’annuler leurs décisions, car ces entreprises sont privées, et la propriété privée est sacrée – sinon c’est le communisme et le goulag ; ils peuvent faire ce qu’ils veulent, et leurs avocats très malins ont déjà inclus leur droit de vous débrancher dans chaque « acceptation des termes du contrat », d’un simple clic.

Pourtant, la Russie n’est pas si différente de toute autre nation occidentale. Jusqu’à ce que cela se produise, le système juridique russe avait refusé d’examiner les plaintes contre les géants de la technologie. La loi russe ne le permettait pas. Il suffisait que les géants stipulent que toutes les plaintes devaient être déposées à Londres ou devant un autre tribunal de leur choix pour que les Russes se soumettent docilement. Cependant, les géants sont allés trop loin en bloquant pour de nombreux Russes cette possibilité de les poursuivre devant une juridiction occidentale. Les Russes ont réagi en créant une nouvelle loi établissant la priorité de leur droit national et exigeant des tribunaux qu’ils traitent et jugent de leurs différends s’il n’existe aucun moyen de les poursuivre devant la juridiction occidentale convenue.

Cette nouvelle loi a été appliquée par le tribunal d’arbitrage de Moscou après que Google, en juillet 2020, a supprimé le compte de Tsargrad, une chaîne de télévision et une agence de presse chrétienne conservatrice appartenant à Konstantin Malofeev, un baron russe des médias numériques peu ordinaire. Le magazine Slate a dressé le portrait de cet homme il y a quelques années, alors qu’il en était encore à projeter de créer Tsargrad. Slate exagérait grossièrement la proximité et l’importance de Malofeev par rapport à Poutine, car il s’agit d’un outsider, mais pour le reste il vous en donne bien l’idée générale. Malofeev avait été sanctionné par les autorités américaines et européennes en 2014, puis le compte de la société de médias dont il est le principal propriétaire a été bloqué six ans plus tard, à l’été 2020. Tsargrad comptait plus d’un million d’abonnés lorsque soudainement, et sans avertissement, YouTube a supprimé son compte. Au début, ils ont expliqué leur action en affirmant que Tsargrad « enfreignait les clauses », comme toujours. Plus tard, Google s’est défendu en disant avoir bloqué Tsargrad parce que son propriétaire avait été sanctionné.

Le tribunal de Moscou a rejeté les deux allégations (voir ici l’arrêté et les attendus, la traduction en anglais fait suite au texte en russe). Il a déclaré que Google n’avait nullement prouvé que Tsargrad enfreignait la moindre clause ; même si cela avait été le cas, Google aurait dû donner un préavis de six mois avant de rompre le contrat. En ce qui concerne les sanctions, le Tribunal a statué que les sanctions américaines et européennes relèvent du droit public de ces pays particuliers et ne sauraient être appliquées en Russie ; Google doit rétablir son compte ou subir des conséquences juridiques.

Les conséquences sont financières, et exponentielles. Pour la première semaine de non-conformité, Google devrait payer un peu plus de mille dollars, rien à dire de ce côté-là. Mais par la suite, les amendes doublent chaque semaine, et au bout de six mois, Google devrait payer plus de 70 milliards de dollars ! Les amendes exponentielles peuvent être des menaces très sérieuses. En effet, les Russes peuvent-ils faire payer Google ? Oui ! Car Google (google.ru) a quelques milliards sur ses comptes en Russie, tous éminemment susceptibles d’être saisis. En revanche, si Google rétablit le compte bloqué, ils n’auront pas à payer un centime. Les articles liés à cette décision historique sont classés ici (en russe).

Quoi qu’il en soit, M. Malofeev avait été sanctionné par les États-Unis et l’Union européenne il y a plus de six ans, sous prétexte qu’il soutenait prétendument les rebelles russes dans le Donbass (il dit avoir dirigé une mission humanitaire). Pourquoi, tout d’un coup, Google a-t-il gelé son compte en 2020 ?

Il existe une réponse honnête à cette question, mais les avocats méfiants de Google ne l’admettront jamais. En 2020, encouragés par leur ascension fulgurante au sommet d’un monde en proie à une pandémie, Google et les autres géants ont déchaîné leur puissance pour rayer de la carte les médias idéologiquement inacceptables (pour eux). Ils ont procédé à un nettoyage idéologique à grande échelle des sites et comptes pro-famille, favorables à Trump, conservateurs, chrétiens, et des sites qui ne soutenaient pas le paradigme de la propagande woke gay et trans, anti-mâles et anti-blancs. Les sites qui doutaient du récit covidique officiel ont également été bannis ou privés de visibilité. Ils interdisent à leurs clients de confier en Dieu, comme l’a résumé un observateur russe. Le calendrier du nettoyage était ajusté aux élections présidentielles américaines de novembre 2020. Les géants prévoyaient de destituer Trump et d’installer Biden à sa place, de gré ou de force. Les comptes qui étaient susceptibles d’être en désaccord avec cette fraude massive planifiée par les géants ont été supprimés. Ne s’agissait-il pas d’une ingérence dans des élections importantes ? Certes, mais ce sont les géants, et non les Russes, qui s’y employaient, et ils avaient même le FBI dans leurs rangs.

Les comptes américains n’ont pas été les seuls à souffrir de cette purge ; les géants ont également nettoyé les comptes russes. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’électeurs qui lisent le russe aux États-Unis, les géants n’ont pas voulu prendre de risques. Ils ont planifié et exécuté probablement la première prise de contrôle mondiale complète du discours dans l’histoire de l’humanité. Tsargrad était l’une des voix médiatiquesà étouffer.

Konstantin Malofeev, le propriétaire de Tsargrad, correspond parfaitement au profil à proscrire. Il est conservateur, voire radicalement conservateur, c’est un père de famille, qui va à l’église, et père de trois enfants, et il refuse de soutenir les LGBTQ+. Il a la quarantaine ; c’est un fervent admirateur de Donald Trump ; il a marché dans les pas de ce dernier jusqu’à marier sa fille au fils d’un oligarque juif (lui aussi est un magnat, de plein droit.) Malofeev a modelé ses médias sur Fox News, le média préféré de Trump, et a même engagé Jack Hanick, un producteur fondateur de Fox News. Son média de Tsargrad a été décrit comme le « Fox News russe » ; c’est donc un Donald Trump russe en puissance. Malofeev n’est pas une personnalité extrêmement populaire, mais Navalny ne l’est pas non plus. Il est politiquement radical-conservateur, mais il est en même temps partisan d’un État-providence social et d’une aide aux familles. Il pense que le Covid est une création de Fort Detrick, tout comme le dit notre ami Ron Unz. (Cette opinion est largement partagée en Russie ; la semaine dernière, elle a été exprimée par M. Volodine, le président du Parlement, qui a déclaré que le nouveau coronavirus pourrait être le produit d’une fuite d’un laboratoire américain). Malofeev soutient Vladimir Poutine, bien que ce dernier soit trop libéral et modéré à son goût. Il travaille avec Alexandre Douguine, l’éminent philosophe russe qui pense également que Poutine ne fait pas assez …du Poutine. Douguine était présent à la conférence de presse concernant la victoire de Tsargrad sur Google, et il a prononcé un bref discours fervent appelant l’humanité à se débarrasser du géant usurpateur et à retrouver la liberté. Je pouvais entendre les pas de l’Histoire résonner lors de cet événement ; la Russie se rebellait à nouveau contre l’ordre établi, comme elle l’avait fait en 1917, il y a plus de cent ans !

Malofeev a offert à M. Trump son soutien pour retrouver l’accès au discours qui lui a été brutalement arraché par les Géants. Dans sa lettre émouvante à Trump (lisez-la icidans son intégralité, la version anglaise vient après le russe), il écrit :  » Monsieur le Président, il est clair pour moi que les élections américaines vous ont été volées à vous et à vos électeurs, et que les efforts de Big Tech pour étouffer ces informations sont à la fois un outrage moral et un crime passible de poursuites. La mort de la démocratie en Amérique fait mal à tous les pays du monde, y compris la Russie. Moi, et beaucoup d’autres Russes avec moi, sommes prêts à vous aider dans votre combat pour la liberté d’expression de toutes les manières possibles. Servez-vous de notre système judiciaire, et considérez sérieusement mon offre de partenariat pour la construction de futures plateformes. Joignons nos forces et passons résolument à l’offensive contre les ennemis de la liberté d’expression de Big Tech. Construisons des plateformes de liberté d’expression de qualité supérieure pour les gens de tous les pays ».

Lors de la conférence de presse, il a demandé à Trump d’accepter son aide dans sa lutte contre les géants. M. Malofeev est un marginal, selon les critères russes et les autres, mais Trump l’était aussi. De toute façon, qui d’autre qu’un franc-tireur excentrique se lancerait dans une mêlée contre les redoutables géants? Seuls les vrais hommes en sont capables. Bien que mes opinions soient très éloignées de celles de M. Malofeev, je dirais que Dieu bénisse quiconque sauve la liberté d’expression d’un étouffement par les géants.

Israël Shamir

Source: https://www.unz.com/ishamir/giant-killers-tackle-google/

Traduction: Maria Poumier.

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