♦ L’opération Zemmour-Macron et le grand remplacement de l’extrême droite


L’opération Zemmour-Macron
et le grand remplacement de l’extrême droite
(Youssef Hindi)

Le spectacle pré-électoral commence, et les grandes manœuvres en coulisse qui l’ont précédé sont occultées par ce brouhaha médiatique.
Hier propulsée par son père à la tête du Front national au détriment de Bruno Gollnisch [1] et promue par l’appareil médiatique, Marine Le Pen est aujourd’hui marginalisée par ces mêmes médias qui organisent, pour le compte de l’oligarchie, son grand remplacement par Éric Zemmour.

Mais ce n’est que la partie émergée d’une vaste opération du Système visant à renouveler son bail et faire réélire le golem attalien, Emmanuel Macron, lequel suscite une colère populaire sans précédent, et qui se vérifie à chacune de ses sorties publiques (gifle, jet d’œuf, insultes…).

Toutes ces agitations, ces ombres projetées sur vos écrans, ces informations superficielles, ces unes de journaux, les photos de vacances de Zemmour avec Sarah Knafo (alias l’Esther de l’extrême droite), visent plusieurs objectifs, excepté vous faire comprendre les dessous de la politique…

Prospective : les analyses du passé éclairent le présent et le futur

Afin de donner au lecteur une vision diachronique des manœuvres de l’appareil politico-médiatique, je vais reprendre ici mon analyse prospectiviste là où je l’ai laissée au sortir des élections présidentielles de 2017 ; car ce qui se met en place actuellement est précisément la réalisation de ce que j’annonçais il y a un peu plus de quatre ans.

En effet, dans un article du 29 mai 2017, intitulé La mort des idéologies modernes et des partis politiques [2], j’annonçais plusieurs choses :

- l’implosion du Front national en deux partis distincts : un parti gaullo-chevènementiste à la tête duquel on aurait un Florian Philippot (quatre mois plus tard il fondait son parti politique Les Patriotes) ; et un parti néoconservateur identitaire et libéral sur le plan économique.

- que Zemmour œuvrait à la neutralisation d’une partie de la France de droite, identitaire et catholique par la création de ce futur parti néoconservateur, identitaire et libéral, en opérant une union des droites par une jonction entre ce qui restera de LR et du RN. La double OPA de Zemmour sur LR et le RN est en cours alors que je rédige ces lignes. [3]

- que Marion Maréchal Le Pen – la petite-fille de Jean-Marie et la nièce de Marine – pourrait revenir en politique jouer le rôle d’égérie de cette future formation politique. Ceci semble se confirmer. Le 24 septembre 2021, Marion Maréchal Le Pen était avec Éric Zemmour en Hongrie, tous deux invités au rassemblement nationaliste européen par le Premier ministre Viktor Orbán. Marine Le Pen, tout de même à la tête d’un des plus importants partis politiques de France, n’a pas reçu d’invitation. Et Zemmour a rencontré Viktor Orbán à sa place.

J’ajoutais, toujours dans cet article du 29 mai 2017, que Jean-Luc Mélenchon jouait à gauche le même rôle que Zemmour à droite, en précisant qu’ils avaient un ami et conseiller commun, Patrick Buisson. L’union du duo Zemmour/Mélenchon, qui tous deux ont pour rôle de repolariser le spectacle politique, a été officialisé le 23 septembre 2021 par la télévision du milliardaire israélien Patrick Drahi, BFM TV, qui a organisé un débat au format « élections présidentielles », minutés. Là encore, cela a été une façon d’exclure Marine Le Pen et de la remplacer par Zemmour.

Mais comment l’extrême droite en est arrivée là ? Comment est-elle passée du leadership du menhir breton, l’homme du point de détail, à accepter de suivre un petit juif berbère algérien, la synthèse de tout ce qu’ils vomissent ?

Dédiabolisation : Marine Le Pen tue le père et se « met à jour sur la Shoah »
pour faire plaisir au CRIF

Alors qu’elle s’apprêtait à prendre la tête du Front national, en 2011, le meurtre politique de Marine Le Pen et la destruction du FN était déjà programmés. Les médias encensaient Marine (tout comme son père d’ailleurs), qui la présentaient comme plus talentueuse que Jean-Marie Le Pen, capable de réussir là où il avait échoué. [4]

En réalité, sa mission principale, qu’elle a accompli avec succès, était de tuer le père, ce qu’il incarnait, et vider le Front national de sa substance, de ce qui faisait sa raison d’être. Le Front national agrégeait l’électorat déçu des partis politiques traditionnels. Ce que n’a pas compris Marine Le Pen, qui s’est suicidée en se normalisant au point de ressembler à LREM. Mais le théâtre politique n’a pas besoin d’un Macron bis ; d’où son remplacement par Zemmour, mais nous y reviendrons.

Les questions qui nous intéressent pour le moment sont les suivantes : QUI a soufflé à l’oreille de Marine Le Pen que son salut et celui du FN passaient par la dédiabolisation ? QUELLES étaient les conditions de la dédiabolisation ?

Pour éviter les procès d’intention et d’arrière-pensées, je vais citer un article du 1er avril 2016 publié dans le journal L’Express – autre propriété de Patrick Drahi – qui nous dit tout ou presque. Le titre de l’article et son chapeau désignent ceux à qui il faut plaire pour être admis dans l’arc républicain :

« Comment Marine Le Pen cherche à séduire la communauté juive
Le soutien de la communauté juive, par sa puissance symbolique, est un enjeu majeur de la dédiabolisation du FN. Sa présidente travaille au corps les réseaux pour être un jour reçue avec les honneurs en Israël. » [5]

Marine Le Pen prend la tête du Front national le 16 janvier 2011. Elle dîne en tête-à-tête à ce moment-là avec un des représentants d’Israël en France, Gilles-William Goldnadel, qui lui demande « sinon de tuer le père, au moins de se mettre à jour avec la Shoah. Ce fut chose faite lors d’une interview donnée au Point en février 2011, dans le mois qui a suivi son accession à la tête du Front national, où elle qualifie les crimes nazis de « summum de la barbarie ». Depuis, c’est avec la communauté elle-même que la fille de Jean-Marie Le Pen souhaite se mettre à jour, en tentant de consolider ses réseaux. Tous azimuts. »

À en croire L’Express, il existe donc bien de puissants réseaux juifs qui exercent une influence sur la politique française.

Goldnadel n’est pas le seul représentant de la communauté juive organisée à avoir travaillé au corps Marine Le Pen qui courait comme un âne derrière l’inatteignable carotte de la respectabilité :

« Olivier Rafovitch, ancien porte-parole de Tsahal, proche de l’ex-ministre israélien d’extrême droite Avigdor Lieberman, participe aussi à ce mouvement. « Ici, Rafovitch répète partout qu’il ne faut pas condamner Marine Le Pen », raconte le journaliste Jacques Benillouche, installé depuis 2007 à Tel-Aviv. Rafovitch a par ailleurs pour ami Guy Millière, un très prolifique contributeur de Dreuz.info, un site francophone du courant néoconservateur israélien, souvent conciliant avec les prises de position de Marine Le Pen. »

La franc-maçonnerie juive, le B’nai B’rith (« Les fils de l’alliance » en hébreu) était également à la manœuvre pour normaliser/dissoudre le Front national :

« De manière moins voyante, Richard Abitbol joue aussi un rôle dans la dédiabolisation. L’homme dirige la Confédération des juifs de France et amis d’Israël, mais également une loge du B’nai B’rith – sorte de franc-maçonnerie juive -, la loge Deborah Sam Hoffenberg. Abitbol aurait déjà rencontré Marine Le Pen à plusieurs reprises et, si Bruno Gollnisch le cite régulièrement sur son blog, cela ne doit rien au hasard.
Dans un texte publié en 2015 sur le site de sa Confédération, Richard Abitbol, applaudissant le laïus de Roger Cukierman sur l’irréprochabilité de Marine Le Pen, écrit : « Le passage à l’acte du vote Front national n’est plus un sacrilège !!! » »

« Sacrilège » ? C’est donc le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) qui dit le vrai et le faux, le bien et le mal, en République française ? Il se serait substitué à l’Église ?

Le président du CRIF, Roger Cukierman, a fait momentanément miroiter à Marine Le Pen l’ouverture des portes de l’arc républicain dont il aurait les clefs. Mais la présidente du FN ne comprenait pas qu’elle était méthodiquement ballotée, secouée, elle et son parti dans un tamis, afin qu’elle aille de concession en concession, jusqu’à réduire au néant tout ce qui faisait l’attrait du parti de son père. Et finalement, Roger Cukierman, le Caïphe de la République qui s’est substitué au pape, a changé d’avis :

« Échouant à dépasser le stade des débauchages individuels, le FN peine toujours, en 2016, à obtenir un assentiment officiel, institutionnel. Marine Le Pen est une fois de plus restée à la porte du dîner annuel du CRIF au début de mars. Plus dommageable, son président, Roger Cukierman, semble revenir sur ses propos conciliants en multipliant les déclarations hostiles à l’égard de Marine et Marion Le Pen : « Nous devons être exemplaires et sans faille dans le rejet des héritières de Jean-Marie Le Pen », a-t-il attaqué lors du dîner. »

Il s’agit de détruire la maison Le Pen comme doit l’être celle d’Edom (Rome) ; la communauté juive organisée ne raisonne pas exclusivement en termes de tactique politique mais selon une doctrine religieuse.

Marine a été utilisée contre son père, qu’elle a exclu de son propre parti, et Marion contre sa tante, qu’elle trahie à son tour au profit de Zemmour. Pourquoi vouloir se débarrasser de la fille et de la petite-fille Le Pen (après utilisation) alors qu’elles sont aussi soumises que des esclaves ?

Parce qu’il faut par principe détruire tout ce qui peut raviver le souvenir du patriarche Le Pen, ce qu’il représente. La maison Le Pen, française de souche, doit être réduite au néant, comme si elle n’avait jamais existé. Et parce que dans le religion juive, les enfants sont tenus responsables des méfaits de leurs aïeux sur plusieurs générations :

« Yahvé poursuit le méfait des pères sur les enfants, sur les petits-enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième descendance. » (Exode 34, 6-7)

D’où la déclaration de Cukierman sur « le rejet des héritières de Jean-Marie Le Pen ». Et les deux traîtresses à leur propre famille, Marine et Marion, se crêpent le chignon pour savoir laquelle des deux sera la première à se prosterner devant Israël, à Yad Vashem :

« Pas de pèlerinage en Terre sainte pour Marine Le Pen ; pas question pour la présidente du Front national de laisser la place aux autres pour autant. Quand, en janvier 2016, au sortir d’un déjeuner de presse, a fuité dans Le Monde la rumeur d’un prochain déplacement de Marion Maréchal en Israël, sa tante a piqué une familière colère. Les mails échangés avec sa nièce, laquelle lui indique l’avoir déjà prévenue de ce projet par ailleurs peu imminent, n’y changent rien. Dans l’entourage de la députée, on a compris que la première Le Pen à visiter Yad Vashem, le bouleversant mémorial de la Shoah à Jérusalem, ne devait pas être Marion. »

Marine lâchée par Goldnadel, son conseiller en dédiabolisation,
au profit de Zemmour

Marine Le Pen faisait face à quelques good cops, comme Goldnadel (ancien membre du comité directeur du CRIF) ou Abitbol, et les bad cops, Cukierman, la LICRA et tous les intellectuels juifs de gauche. Goldnadel peut ainsi dire qu’il aura fait tout son possible pour faire accepter la goya Marine :

« ‘‘Il faut reconnaître que c’est plutôt Israël qui fait la gueule’’, explique Gilles-William Goldnadel, dont la vie se partage entre Paris et Tel-Aviv. C’est une connerie de ne pas recevoir Marine Le Pen. Israël ne manque pas d’ennemis, mais le gouvernement Netanyahou a peur de la réaction de la communauté juive organisée française. » »

Pourtant Marine y croyait, naïvement. Elle confiait au journaliste Jacques Benillouche que :

« Le jour où on comprendra que des juifs nous soutiennent, on aura gagné la dédiabolisation. »

Et ce sont ceux-là mêmes qui l’ont poussée vers la dédiabolisation, contre son père, qui la trahissent maintenant au profit de Zemmour. C’est le cas de Robert Ménard, qui a d’ailleurs pour avocat Goldnadel, qui compte parmi ses clients Florian Philippot [6], lequel a été de ceux qui ont œuvré à l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti qu’il a fondé. [7]

Goldnadel, qui a été le conseiller en dédiabolisation de Marine Le Pen, a torpillé cette dernière sur CNews le 23 septembre 2021 avec l’aide d’une autre représentante de la communauté juive organisée, Élisabeth Lévy, ainsi que le très servile Pascal Praud (salarié du protecteur de Zemmour, Bolloré).

« Le problème que rencontre Marine Le Pen, explique Goldnadel, c’est qu’elle a la double peine. D’une part, elle a mis de l’eau dans son vin jusqu’à tolérer l’intolérable Cour européenne des droits de l’homme, pour quelqu’un qui n’est pas européiste, c’est vraiment manger son chapeau, et en même temps elle paye quand même le fait de s’appeler Le Pen. »

« Ça c’est vrai » abonde Élisabeth Lévy qui vient d’une famille où « on pratique le pilpoul, cet usage hérité de l’étude talmudique devenue au fil des siècles un jeu et une gymnastique d’esprit.  » [8]

On en revient encore à cette culpabilité héréditaire du yahvisme. Pour ces gens-là, qui ne sont toujours pas sortis de l’archaïsme tribal, la responsabilité individuelle n’existe pas ; une famille, un peuple, un pays, une civilisation est coupable ad vitam æternam des « fautes » et « crimes » de leurs aïeux, de leur concitoyens et coreligionnaires.

Et Goldnadel de poursuivre :

« Raison pour quoi par exemple un Ciotti a moins de surmoi pour dire au deuxième tour je voterai Zemmour que de voter Le Pen. C’est cruel, c’est injuste, mais c’est un fait que je constate. Donc, bien entendu, elle a un gros cailloux dans sa chaussure. »

Et pour enfoncer le clou de la moquerie, Goldnadel conclut son propos ainsi :

« Je voulais dire, à propos de Marine Le Pen, son calcul de la dédiabolisation n’était valable qui si un autre diable ne sortait pas de la boîte. » [9]

Sous-entendant que la dédiabolisation était une erreur, puisqu’elle laissait la place vacante à un remplaçant de Jean-Marie Le Pen et de Marine, en l’occurence Éric Zemmour.

Mais ce qu’oublie de rappeler Goldnadel, c’est qu’ils étaient, lui et une partie de la communauté juive organisée, à l’origine de la dédiabolisation, ils en étaient les artisans. Dédiabolisation qui s’est avérée être un piège mortelle pour Marine Le Pen et le FN/RN.

Finalement, pour se venger de sa fille traîtresse, le père Le Pen a déclaré, lors d’un entretien publié par Le Monde le 2 octobre dernier, qu’il soutiendrait Zemmour si ce dernier était le candidat du camp national. [10]

Résumons : la fille trahit le père sur ordre de la communauté organisée ; la nièce trahit la tante pour faire plaisir aux mêmes ; et le grand-père valide ceux qui ont organisé son éjection en utilisant sa fille. Ainsi disparut la maison Le Pen.

« Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. » (Marc 3 : 24-25)

Robert Ménard, le cheval de Troie à la manœuvre
pour grand-remplacer l’extrême droite

Le maire de Béziers et ancien secrétaire général de Reporters sans frontières – qui a été financé par George Soros et la CIA [11] – fait partie de ceux qui travaillent au grand remplacement de Marine Le Pen, et à l’organisation de l’union des droites autour de d’Éric Zemmour.

Je rappelle que Robert Ménard est celui qui, entre les deux tours de la présidentielle de 2017, attaquait, comme le faisait Zemmour, le programme économique de Marine Le Pen, la candidate que Ménard devait soutenir, en principe, puisqu’il a obtenu la marie de Béziers grâce au Front national. Au lieu de cela, Ménard déclarait sur France Inter le 4 mai 2017 :

« Je suis contre la sortie de l’euro, c’est un de mes désaccords avec le Front national, comme je suis contre la sortie de l’Union européenne. Je trouve que ce n’est pas la bonne solution, qu’on a bien d’autres problèmes qu’on peut régler sans sortir de l’euro. »

Plus récemment, le 11 mars 2021 au micro d’André Bercoff, à l’antenne de Sud Radio, Robert Ménard s’est dit être à la recherche du « candidat qui incarnerait une droite audacieuse, pas rétrograde, mal élevée, qui ne manque pas de panache, qui sache nous parler de la France. »

Mais il a tout de même tenu à rassurer l’oligarchie qui tient la France ; il a affirmé ne pas être opposé à la politique économique destructrice menée par Emmanuel Macron. Il a également précisé que sa femme, Emmanuelle Ménard, députée, a voté pour la réforme macronienne de la SNCF. [12]

Pour Robert Ménard et son champion Éric Zemmour, point de souverainisme économique. Pas un mot sur les Gilets jaunes éborgnés et emprisonnés, pas un mot sur le confinement et la fermeture des restaurants et commerces, pas un mot sur l’appauvrissement des Français, et rien non plus sur les paysans qui se suicident.

Toujours au micro de Bercoff, Robert Ménard a fait mine d’être perplexe en évoquant une éventuelle candidature d’Éric Zemmour :

« C’est un journaliste de talent, cultivé », mais « est-ce que de tout ça on peut faire un homme politique ? », estimant Zemmour « plus utile en faisant entendre un autre son de cloche sur CNews que dans l’arène politique ».

Toutefois, les propos du maire de Béziers contrastent avec son rôle en coulisse. En effet, une enquête de L’Express publiée le 11 février 2021 révèle que Robert Ménard était en 2020 déjà très actif pour convaincre Zemmour de se présenter à la présidentielle de 2022 :

« À l’automne 2020, les questions du polémiste se sont faites plus précises. « On s’organiserait comment pour récolter les signatures d’élus ? Pour le financement ? » demande-t-il au maire de Béziers, Robert Ménard, au détour d’un café dans une brasserie parisienne du XVIIe arrondissement. L’ancien secrétaire général de Reporters sans frontières sort de là avec le sourire jusqu’aux oreilles : ce partisan de l’union des droites, critique infatigable de Marine Le Pen, fait partie de ceux qui poussent activement Zemmour à se lancer en politique. Les deux hommes ont décidé d’échanger au moins une fois par mois. « Je ne l’ai jamais senti aussi près de franchir le pas qu’aujourd’hui », se félicite Ménard. En coulisses, l’élu biterrois tente de fédérer des soutiens parmi ceux qui veulent à tout prix éviter un match retour entre la présidente du Rassemblement national et Emmanuel Macron en 2022. » [13]

Le 8 septembre 2020, Ménard organise à Paris un déjeuner confidentiel près du Trocadéro. Autour d’Éric Zemmour, le maire de Béziers a invité Jacques Bompard, maire d’Orange, et son directeur de la communication, Joseph-Marie Joly. « L’objectif premier du déjeuner était de le convaincre d’y aller », raconte ce dernier. « Les convives n’ont pas besoin d’attendre le dessert pour constater que leur entreprise est plutôt bien reçue ».

L’union des droites en marche

L’éditorialiste du Figaro a ensuite rencontré les chefs de partis de droite en vue de 2022. Le 5 février 2021, Zemmour rencontrait un des candidats à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, qui lui demande :

« Est-ce que tu veux y aller ? Si oui, on avisera. Il faudra qu’on prenne une décision en laissant notre ego de côté. »

Précisons que ces deux-là sont des « amis de trente ans », et que Dupont-Aignan, crédité de 7 % d’intentions de vote, est certes un petit candidat, mais ajouté aux 13 % (il est monté magiquement à 15 % ces derniers jours) potentiels de Zemmour, il pèse dans la balance. Il est possible que Nicolas se retire au profit d’Éric, moyennant un arrangement.

Quelques jours auparavant, fin janvier, Zemmour rencontrait Laurent Wauqiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et ancien patron des Républicains (LR). Un proche de ce dernier rapporte :

« Éric Zemmour n’a pas essayé d’enrôler Laurent, et vice-versa. »  [14]

Le tapage médiatique et les sondages gonflés ont pour objectif de faire monter Zemmour et de l’imposer comme leader de la droite. Un message de l’oligarchie envoyé aux chefs des partis de droite – sans parler des tractation en coulisse – pour qu’ils se rallient à lui. Une façon d’impressionner et d’affaiblir Marine Le Pen et de faire pression sur elle. Le 22 septembre dernier, Jean-Frédéric Poisson s’est dit « prêt à effacer » sa candidature derrière celle de Zemmour. [15]

En somme, l’opération consiste à établir une union des droites pour siphonner partiellement l’électorat du parti politique de Marine Le Pen. L’idée est de réitérer l’exploit de Nicolas Sarkozy qui avait, grâce à Patrick Buisson, attiré à lui une partie de l’électorat du Front national en 2007. Mais cette fois-ci il s’agit de détruire le RN et Marine, et, à partir des ruines du parti fondé par Le Pen père et de LR, construire un parti ou un mouvement de droite, néoconservateur et libéral, enterrant définitivement le gaullisme et toute idée de sortie de l’OTAN, de l’UE et de l’euro. Il ne restera que la lutte verbale contre l’immigration et le discours obsessionnel anti-islam.

L’idéal pour Zemmour serait un désistement de Marine Le Pen à son profit. Mais ce n’est pas une mince affaire. Il faut lui faire suffisamment peur et lui proposer un arrangement avantageux. Car, quelle que soit sa décision, l’élection de 2022 l’achèvera politiquement – elle agonise depuis son débat face à Macron en 2017. Et c’est le rôle de Ménard que de la faire plier. Le 15 février 2021, cet ancien agent des États-Unis reconverti dans le souverainisme rencontrait Marine Le Pen avec qui il a eu un échange « paisible ». Il s’agissait « d’oublier un peu les rapports exacerbés, passionnels, et les propos qui pouvaient être tenus de part et d’autre un peu désagréables, pour essayer de voir comment on pouvait parler politique et faire des choses ensemble », a déclaré le maire de Béziers. Et d’ajouter :

« Ça ne gomme pas les désaccords sur les questions économiques – nous on a une vision plus libérale de l’économie, moins étatiste – mais ça ne nous empêche pas de faire du travail ensemble. »

Durant cette discussion, Ménard a fait part à Marine Le Pen des « qualités » de son remplaçant, Éric Zemmour, qui selon le maire de Béziers, aurait tout d’un coup « plus envie qu’avant » d’être candidat à la présidentielle, mais qu’il ne voulait pas porter tort à Marine, qui devrait être au second tour d’après les sondages du premier trimestre 2021. Ménard a confié à l’AFP que la « présence d’Éric Zemmour » dans la course présidentielle était « souhaitable pour Marine Le Pen parce qu’il est capable d’attirer à lui des gens qu’elle n’est pas capable d’attirer. » [16]

Ménard, qui joue manifestement le rôle du petit télégraphiste au service de Zemmour et de ses patrons, a fait passer le message suivant à Marine Le Pen : soit elle se rallie au chroniqueur politique de CNews (qui n’a rien fait de sa vie sinon du bavardage et du plagiat [17]), soit elle subira des humiliations répétées venant de Zemmour et de toute la meute médiatique derrière lui tout au long de la campagne, pour l’empêcher au final, peut-être, d’accéder au second tour.

Du point de vue de Zemmour et de ses patrons, Marine Le Pen est un énorme caillou dans leur chaussure, qui refuse de s’écarter au premier claquement de doigts. Les sondages qui donnaient Marine Le Pen au coude à coude avec Emmanuel Macron expliquaient également l’agitation de Ménard, messager du camp Zemmour, en février dernier.

« Si Marine Le Pen a beaucoup de chances pour 2022, les ardeurs en faveur d’Éric Zemmour pourraient se rafraîchir », déclarait Paul-Marie Couteaux qui accompagne Zemmour dans cette aventure. Mais si les sondages plafonnent à 40 %, Éric Zemmour « a des chances de se présenter » ajoutait-il.

Le 2 mars 2021, Marine Le Pen disait ne pas croire en la candidature de Zemmour. [18] Mais le tapage médiatique dont bénéficie son remplaçant au point d’occulter son existence politique doit la faire sérieusement réfléchir aujourd’hui.

L’opération Zemmour-Macron était prévisible

L’opération Zemmour-Macron était prévisible. En 2020, avant que la candidature de Zemmour au mandat suprême ne soit envisagée, j’ai expliqué à plusieurs reprises, notamment lors d’une interview accordée à Rivarol le 12 novembre 2020 [19], qu’Éric Zemmour et ses camarades néoconservateurs travaillaient déjà à la réélection d’Emmanuel Macron. Un Macron transfiguré, disais-je, un Macron néoconservateur qu’on nous présentera comme néo-souverainiste. Et j’ajoutais que l’argument de Zemmour serait le suivant :

« J’ai été finalement entendu, le réel a donné raison à mon discours, et je me réjouis de voir le Président y adhérer… »

C’est précisément ce qui est en train de se produire. Et cela vient de s’illustrer à l’occasion de l’affaire des visas. Emmanuel Macron décide de réduire de 50 % le nombre de visas octroyés aux Maghrébins (-50% pour les Marocains et Algériens, et -30 % pour les Tunisiens), et ce sous l’influence d’Éric Zemmour qui a révélé que Macron lui avait demandé au téléphone de lui rédiger une note sur l’immigration. [20]

Près d’un an après ma prédiction, Zemmour s’est félicité, dans une vidéo du 28 septembre 2021, d’avoir inspiré Macron :

« Soudain, le gouvernement modéré d’Emmanuel Macron adopte les méthodes des “extrémistes”. En l’occurence, de réduire le nombre de visas qu’on accorde aux ressortissants des pays qui ne veulent pas reprendre leurs illégaux. Très bien. On attendra que cette mesure soit effectivement mise en œuvre, mais au moins sur le principe on félicite Gabriel Attal et Emmanuel Macron. Mais, puisque maintenant, j’ai été consacré par Gabriel Attal inspirateur de la politique d’Emmanuel Macron, donc je vais être généreux avec lui et je vais lui donner d’autres mesures pour réduire les flux migratoires et renvoyer les illégaux qu’on ne renvoie jamais… » [21]

Le but de la manœuvre zemmourienne, je le répète, c’est de faciliter la réélection de Macron en affaiblissant Marine Le Pen par le siphonnage d’une partie de son électorat (comme jadis Sarkozy), pour s’assurer qu’elle n’arrive pas au second tour ; et quand bien même elle serait au second tour face à Macron, Zemmour pourrait appeler à voter pour le président sortant en arguant qu’il l’a influencé et que Marine Le Pen est une incompétente incapable de diriger un État. Autre scénario, Marine Le Pen se désiste au profit de Zemmour qui devient le candidat de l’union des droites et principal opposant de Macron. Un opposant-allié qui fait opérer au président réélu un tournant droitier qui satisfera le bourgeois. Emmanuel Todd parlait de macro-lepenisme, il faudra parler demain d’un macro-zemmourisme.

Pour ce faire donc, Zemmour doit prétendre rassembler les droites, leur leader, pour créer un grand parti ou un mouvement opérant la jonction entre l’électorat du RN et de LR. La condition étant la destruction de ces deux partis, avant ou après l’élection, peu importe.

Lors d’une interview accordée le 27 septembre 2021 à Sud Radio, Zemmour disait que son objectif était de faire renaître le RPR, c’est-à-dire opérer la jonction entre l’électorat de LR et celui du RN :

« Le RPR c’était une synthèse entre les classes populaires de droite, qui ne votaient pas pour les communistes, et la bourgeoisie. Entre le petit artisan, le petit commerçant et les grands commis de l’État, ce qu’on appelle aujourd’hui les technocrates. À l’époque, c’était positif, il y avait cette alliance. C’était ça le RPR. » Et aujourd’hui, ajoute Zemmour, le problème c’est que « vous avez les classes populaires qui votent Rassemblement national, vous avez les bourgeois CSP+ et les retraités qui votent LR. L’un et l’autre séparés ne peuvent pas gagner. Donc il faut rassembler, refaire le RPR sociologiquement. » [22]

Or Zemmour, favorable à l’euro, à l’Union européenne et au pass sanitaire, ne peut être le candidat des classes populaires.

D’ailleurs, mon analyse du rôle de Zemmour, en tant que soutien de Macron et agent de déviation de la colère populaire contre l’oligarchie, vient d’être confirmée par le politologue et sondeur Jérôme Sainte-Marie, lors d’un entretien accordé à L’Opinion le 30 septembre 2021, où il explique qu’une candidature Zemmour renforcerait « mécaniquement » Emmanuel Macron :

« Dans les derniers sondages Marine Le Pen conserve un soutien très fort parmi les classes populaires, et notamment chez les ouvriers : plus de 40 % d’entre eux votent Le Pen au premier tour, contre seulement 3 % des cadres. Cette baisse très sensible de Marine Le Pen chez les cadres, correspond à leur départ chez Éric Zemmour. L’initiative de ce dernier vise à ressusciter le clivage gauche-droite à la place du clivage bloc élitaire/bloc populaire qui a structuré le quinquennat jusqu’à présent. Cette tentative peut-elle réussir ? On n’a pas encore abordé les thèmes économiques et sociaux, Éric Zemmour s’en tient à grande distance. Par ailleurs, les classes populaires se politisent plus tard que les autres, généralement en février. On est donc dans un moment où on a l’impression que ces lignes-là sont troublées et que la gauche et la droite retrouvent droit de cité. Je ne suis pas sûr du tout que cela se confirme…
À terme, le destin d’Éric Zemmour sera de contenir le score de la droite classique, puisqu’il a un programme économique, social et identitaire qui correspond à la frange de la droite qui a voté Villiers ou Fillon. » [23]

Les laissés pour compte du macro-zemmourisme seront les catégories populaires et les classes moyennes qui n’auront pas d’autre choix que de recourir à la violence politique pour se faire entendre. D’autant plus que la disparition du RN laisserait les catégories populaires sans parti politique faisant encore mine de les représenter. Il n’y aura plus de soupape politicienne et électorale.

Zemmour : le candidat anti-Système soutenu par toute l’oligarchie,
de Bolloré-Goldschmidt au New York Times

Depuis la rentrée 2019, Éric Zemmour est omniprésent dans les médias, tandis que l’on entendait rarement parler de Marine Le Pen. Tout porte à croire que l’opération pour préparer le lancement de Zemmour dans la course à la présidentielle a démarré il y a deux ans. Aujourd’hui les chaînes de télévision, les journaux et les radios ne parlent plus que de lui tandis qu’il se dit censuré. Ce type d’opération promotionnelle et politique est décidée en haut lieu.

Zemmour est propulsé par le milliardaire sarkozyste Vincent Bolloré-Goldschmidt, propriétaire du groupe Canal+. L’éditorialiste fait sa rentrée sur CNews avec son émission propre, Face à l’info, le 14 octobre 2019. Il occupe depuis lors l’espace médiatique comme jamais.

Huit mois plus tôt, le 6 février 2019, le New York Times lui consacrait vingt pages entières. Ce grand journal central de la gauche juive américaine [24], lu dans tout le monde occidental (imprimé à 1 160 000 exemplaires et ayant 5 millions d’abonnés), dressait un portrait valorisant de Zemmour, le présentant comme une sorte de leader de la droite conservatrice :

« L’historien pop Éric Zemmour s’est imposé comme un évangéliste de la culture française – avant de devenir une force directrice de la droite conservatrice. »

L’affirmation du New York Times est erronée, Zemmour ne s’est pas imposé, il a été imposé par les milliardaires et oligarques « français » qui le tiennent à bout de bras.

Le candidat Zemmour soutenu par des macroniens,
des sarkozystes et des banquiers de Rothschild

L’équipe de campagne, l’identité et le pedigree de ceux qui entourent Zemmour valident complètement mon analyse du rôle de ce dernier.

Libération rapporte que le programme présidentiel de Zemmour serait presque finalisé, « alimenté par des notes de diverses personnes dont on ne sait pas grand-chose, comme ce Jonathan N., un jeune banquier de chez JP Morgan, encore un proche de Sarah Knafo, qui demande à garder son nom secret. »

Celui dont le journal appartenant à Édouard de Rothschild et Patrick Drahi tait le nom de famille s’appelle Jonathan Nadler, banquier chez JP Morgan qui est passé par la banque Rothschild. L’autre personnage clef dont la presse a tu l’existence est Julien Madar [25]. C’est le rédacteur en chef de Faits & Documents, Xavier Poussard, qui a dévoilé au public l’existence de ce pilier de la campagne zemmourienne. Julien Madar vient également de la banque Rothschild et il s’occupe de la levé de fonds pour la campagne de Zemmour.

Julien Madar, qui ne voulait pas que son nom apparaisse, a finalement été interrogé par Radio France, et il a admis :

« Jonathan Nadler gère la cellule économique. Je discute avec lui. »

Et Radio France confirme les informations révélées par Xavier Poussard :

« Selon un proche d’Éric Zemmour, les rôles seraient en fait bien répartis. Julien Madar dirigerait la partie opérationnelle du financement de ce qui s’apparente à une précampagne, tandis que Jonathan Nadler se concentrerait plutôt sur le programme économique. Jusqu’ici ces deux hommes le faisaient en toute discrétion, la question des finances reste taboue dans l’entourage d’Éric Zemmour. Ils préfèrent rester dans l’ombre, et laisser la lumière médiatique aux réseaux traditionnels de financements de la droite nationale. Notamment à l’entrepreneur ultralibéral et identitaire Charles Gave, qui pourrait quant à lui faire profiter Éric Zemmour de son carnet de chèques et de son réseau londonien. » [26]

En somme, le bourgeois catholique, « Charles Gave le financier d’extrême droite qui roule pour Zemmour » [27] (titre d’un article de Libération), doit jouer le rôle de bouc émissaire, porter le chapeau du zemmourisme, être traîné dans la boue publiquement, tandis que les banquiers issus de la communauté de Zemmour, ses véritables appuis, sont préservés.

Autres soutiens de Zemmour, l’imprimeur Gilbert Caron qui devrait fournir les clips de campagne, et le publicitaire Daniel Kazan, ex-directeur créatif chez Apple, qui s’est dit disponible pour « donner un coup de main » car « la nation a besoin qu’il se passe quelque chose ».

Un autre publicitaire, Frank Tapiro, inventeur de slogans pour Sarkozy en 2007, qui a soutenu Macron, apporte son aide à Zemmour :

« Je lui donne des conseils d’ami. Je le soutiendrai quoi qu’il fasse. Même si j’ai soutenu Macron, et que je suis tiraillé entre Pécresse et Bertrand. Ça manque d’offre politique aujourd’hui, Zemmour peut faire un électrochoc et en plus torpiller Marine Le Pen. »

Tapiro a au moins le mérite d’être clair. Ceux qui soutiennent Zemmour sont les mêmes qui sont derrière Macron. Zemmour compte aussi dans son équipe Nicolas Zysermann, le trésorier de l’association Les Amis d’Éric Zemmour, qui était en 2016 référent des Jeunes avec Macron, dans une université canadienne.

Dans un article du 8 juillet 2021, La Lettre A (LLA) – publication électronique d’informations politiques et économiques – a rapporté qu’Éric Zemmour a rencontré, lors d’un dîner au mois de juin 2021, quatre grands patrons, dans le cadre du lancement de sa campagne présidentielle. Au dîner était présent Henri de Castries, président-directeur général d’Axa de 2000 à 2016, administrateur de Nestlé et de HSBC, ancien président de l’Institut Montaigne, et président du comité de direction du groupe Bilderberg (le célèbre club de l’oligarchie occidentale) depuis 2012.

« Invité à titre personnel par un ami commun, le patron de l’Institut Montaigne réfute tout ralliement, mais justifie la rencontre. « Je ne crois pas que le fait d’échanger courtoisement sur des désaccords assez profonds puisse être interprété comme un ’éventuel rapprochement’ », précise Henri de Castries, qui fut un soutien actif de François Fillon en 2017 et ne trouve aucun candidat de son cœur au sein de la famille élargie des Républicains (LR). »

Également présent, Godefroy de Bentzmann, président du Syntec Numérique depuis 2016 et coprésident de Devoteam. Il est venu au dîner avec son frère Stanislas de Bentzmann, qui dirige avec lui la société de conseil en innovation dont le chiffre d’affaires était de 760 millions d’euros en 2020. Ce dernier avait financé en 2018 le site Atlantico à hauteur de 500 000 euros (LLA du 18/06/18). « Le duo ne dément pas sa participation, tout comme Nicolas de Tavernost », PDG du groupe M6 qui faisait partie des convives. Nicolas de Tavernost pourrait d’ailleurs devenir le PDG du groupe TF1 après la fusion des deux groupes pilotant respectivement M6 (Bertelsman) et TF1 (Bouygues). [28]

Lors de cette rencontre, Éric Zemmour a tenu a rassurer ces grands patrons en leur confirmant qu’il ne défendra pas les intérêts du peuple et occultera les ennemis des Français en parlant d’islam :

« On ne peut pas, leur dit Zemmour, ouvrir cinquante chantiers en même temps. Si j’arrive au pouvoir, c’est pour traiter un sujet : le choc des civilisations. Sur l’économie, ce ne sera pas la révolution. » [29]

Philippe Izraelewicz, ex-LR et soutien actif de Zemmour, le confirme :

« Ce qui est sûr, c’est qu’il est contre la sortie de l’Union européenne et de l’euro. » [30]

En mars 2021, un soutien de Zemmour assurait que Vincent Bolloré-Goldschmidt s’intéressait au financement de la future campagne de son protégé. [31]

Et comme le précise La Lettre A, « pour Éric Zemmour, l’enjeu de ces agapes est sans doute en partie financier alors que l’association Les amis d’Éric Zemmour vient d’obtenir l’agrément pour récolter des dons. Au-delà de leur côté informel, ces rencontres revêtent une symbolique plus politique. Son entregent lui permet de se distinguer de Marine Le Pen – encore rejetée par les réseaux du CAC 40 et les syndicats patronaux. » [32]

Conclusion

L’effondrement des partis politiques, subséquent à la mort des idéologies structurantes, à laissé apparaître le clivage fondamental de la société française, à savoir l’opposition entre peuple et oligarchie. Une oligarchie qui a investi les organes de l’État et l’a transformé en système politique totalitaire, tyrannique ; utilisant la police comme une milice dans sa guerre privée menée contre le peuple.

L’opération Zemmour-Macron consiste à donner l’illusion de la recomposition du clivage politique gauche/droite. Débarrassée de l’extrême droite goy et de tout son héritage, la nouvelle droite, appuyée par la finance internationale et représentée par Zemmour, influencera Macron, ramené sur des positions néoconservatrices. C’est la naissance du macro-zemmourisme, qu’on devrait plutôt appeler le macro-sarkozysme.

Cette reconfiguration politique qui consiste à renouveler le bail du Système accentuera l’opposition oligarchie/peuple car les catégories populaires, la France périphérique et les classes moyennes paupérisées n’auront définitivement plus de représentant politique prétendant défendre leurs intérêts. Zemmour comme Macron valident l’euro, l’Union européenne, l’OTAN, la financiarisation de l’économie (sur laquelle Zemmour ne dit plus mot puisqu’il est soutenu par des banquiers), la tyrannie, le pass sanitaire et tout ce qui s’en suivra.

La violence politique augmentera alors en intensité et la désignation de l’ennemi principal (les faux opposants compris) sera facilité. Youssef Hindi

Notes

[1https://www.europe1.fr/politique/Ma… https://www.lepoint.fr/politique/ma… https://www.lefigaro.fr/politique/2…

[2] Youssef Hindi, « La mort des idéologies modernes et des partis politiques », geopolintel.fr, 29/05/2017. http://www.geopolintel.fr/article19…

[3https://www.lci.fr/politique/presid… https://www.bfmtv.com/politique/des… En juin dernier, une cinquantaine d’anciens du RN ont rédigé une tribune de soutien à Zemmour, sans compter les cadres du partis qui l’ont rejoint. Marianne, 10 au 16 septembre 2021.

[4https://www.liberation.fr/france/20…

[5https://www.lexpress.fr/actualite/p…

[6https://www.lexpress.fr/actualite/p…

[7https://www.lepoint.fr/politique/ph… https://www.nouvelobs.com/politique…

[8] Cf. Ariane Chemin, « Élisabeth Lévy, causeuse de troubles », Le Monde, 12/12/2003.

[9https://www.dailymotion.com/video/x… Durant cette émission vous pourrez aussi vous familiarisez avec l’humour juif avec Goldnadel qui parle de « décritinisation » au lieu de la « déchristianisation de la France ».

[10https://www.lemonde.fr/election-pre…

[11] Pierre-Antoine Plaquevent, Soros et la Société ouverte : Métapolitique du globalisme, première édition, Le Retour aux Sources, 2018, pp. 56-59. Nouvelle édition augmentée parue en 2020 aux éditions Culture & Racines.

[12https://www.sudradio.fr/societe/rob…

[13https://www.lexpress.fr/actualite/p…

[14https://www.nouvelobs.com/politique…

[15https://www.lefigaro.fr/elections/p…

[16https://www.challenges.fr/politique…

[17] Voir : Youssef Hindi, L’Autre Zemmour, Kontre Kulture, 2021, pp. 18-21.

[18https://www.lunion.fr/id237472/arti…

[19https://youssefhindi.wordpress.com/…

[20https://www.ledauphine.com/politiqu…

[21https://www.youtube.com/watch?v=xpN…

[22https://www.youtube.com/watch?v=7Lq…

[23https://www.lopinion.fr/edition/pol…

[24] Le directeur de la rédaction du célèbre quotidien new-yorkais s’appelle Arthur Ochs Sluzberger, arrière petit-fils du premier propriétaire du New York Times, Adolf Simon Ochs, immigré juif allemand. Le journal est la propriété du trust familial Ochs-Sluzberger. https://fr.wikipedia.org/wiki/The_N…

[25https://www.francebleu.fr/infos/pol…

[26https://www.francebleu.fr/infos/pol…

[27https://www.liberation.fr/politique…

[28https://www.challenges.fr/media/qui…

[29] Marianne, 10 au 16 septembre 2021.

[30] Marianne, 10 au 16 septembre 2021.

[31https://www.lunion.fr/id237472/arti…

[32] « Le dîner privé d’Eric Zemmour avec Henri de Castries et quelques patrons », La Lettre A, 08/07/2021.

https://www.egaliteetreconciliation.fr/L-operation-Zemmour-Macron-et-le-grand-remplacement-de-l-extreme-droite-65740.html

♦ Qatar connection : La liste des cadeaux de l’émir à Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Michel Platini


Nicolas Sarkozy,Michel Platini et le prince du Qatar.

Après l’attribution de la Coupe du monde de football 2022 à son pays, de nouveaux documents indiquent que le prince héritier du Qatar aurait souhaité remercier le président de la République de l’époque pour son aide dans ce dossier, mais aussi pour le rachat du PSG. En ordonnant qu’un virement (de 15 millions d’euros) lui soit adressé, ainsi qu’à d’autres convives présents lors d’un déjeuner à l’Elysée en novembre 2010.

23 novembre 2010 / 21 novembre 2022… Douze ans se sont écoulés depuis le déjeuner de l’Elysée décisif pour l’attribution de la Coupe du monde de football – sur lequel la justice enquête toujours. Au cours de cette rencontre initiée par les Qataris, Nicolas Sarkozy, président de la République en exercice, a convaincu Michel Platini, à l’époque président de l’UEFA et membre du comité exécutif de la FIFA, de voter en faveur de la candidature du Qatar. L’élite du football se prépare ainsi à changer de continent (les USA étaient alors favoris) pour se retrouver donc dans ce pays minuscule où se jouera en novembre et décembre 2022 la 22ème édition du Mondial. Ni ses stars, ni ses dirigeants ne seront dépaysés, tellement ils se sont accommodés ces dernières années de l’omniprésence du Qatar, désormais acteur majeur du football professionnel. Pourtant, il apparaît de plus en plus probable, à la vue des nouveaux documents qui nous sont parvenus, que le Qatar, au plus haut niveau de l’Etat, a mis en place pour parvenir à ses fins une vaste campagne de corruption active pour tenter de s’assurer les soutiens de personnalités politiques et de dirigeants du football mondial.

Les coulisses d’une entreprise mondiale de séduction active

Cette hypothèse, celle d’une rétribution secrète de 15 membres au moins de la FIFA, qui tous ont participé au vote attribuant la Coupe du monde 2022, Blast l’a déjà évoquée au fil de cette enquête au long cours sur l’argent du Qatar. En publiant de nouveaux documents, pièces authentifiées par nos sources, inédites et non contredites à ce jour par les autorités de Doha, nous ouvrons un nouveau volet qui permet de pénétrer un peu plus les coulisses de l’entreprise qatarie.

Depuis la révélation par le magazine France Football (en janvier 2013) du déjeuner de l’Elysée du 23 novembre 2010, la presse spécule sur un deal qui aurait pu être conclu ce jour-là entre les convives : Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le prince héritier du Qatar. Dans un article publié le 13 juillet 2020 par Le Monde, notre confrère Rémi Dupré racontait par exemple comment il s’était heurté à la loi du silence, et au kafkaïen Confidentiel défense, quand il a cherché à obtenir le compte-rendu de ce déjeuner.

Corbeau, Ligue des Champions… une affaire de rivalité

Les nouveaux documents que nous publions aujourd’hui expliquent largement les raisons de cette chape de plomb. Pour rappel, Blast s’en est fait l’écho la semaine dernière, le Qatar a été la cible d’une opération d’hacking massive lancée par les Emirats arabes unis, son grand rival dans le Golfe et sur la scène internationale : l’opération baptisée Raven (le Corbeau).

Deux pays qui, ce n’est pas un hasard, règlent désormais aussi leur rivalité à travers l’Europe du football et ses grandes enseignes (avec le PSG en étendard de la puissance qatarie, et le club anglais de Manchester City pour emblème de celle des Emirats arabes).

Nasser Al-khelaifi, exécuteur des ordres princiers

Ces documents, à même d’apporter un éclairage décisif sur ces histoires souterraines, quels sont-ils ? Le premier, une lettre datée du 12 juillet 2011, émane d’un des fonds souverains du Qatar : QSI. Le Qatar Sports Investments, dont nous avons déjà parlé du rôle capital dans la diplomatie parallèle de Doha, est l’actuel propriétaire du PSG depuis le 30 juin 2011. Quelques jours, donc, avant la rédaction du document dont Blast révèle l’existence. Ce courrier est signé par Nasser Ghanim Al-khelaifi. Un nom que tout le monde a appris à connaître et respecter sur la planète football : Nasser Al-khelaifi est le président du fonds qatari mais aussi du club parisien. Il fait la pluie et le beau temps dans le football européen, avec également la chaîne Bein Sport, dont il est encore le président.

Pour exposer aux yeux de tous la puissance de l’émirat, Nasser Al-Khelaïfi s’est montré un peu partout avec sa dernière proie : Lionel Messi, le génie argentin lui aussi passé sous pavillon qatari cet été.

15 millions d’euros (…) en récompense…

Sous le sceau « Confidentiel », Nasser Ghanim Al-khelaifi règle les modalités du « montant consacré à son Excellence le Président Nicolas Sarkozy » et des « commissions de messieurs Claude Guéant et Michel Platini ». Il s’adresse au Sheikh Khalid Bin Khalifa Al Tani, via son dircab.

Le contenu de la missive est explicite. Nous avons dû le relire à plusieurs reprises, vue la nature des informations qu’il contient. Adressé au directeur de cabinet du prince héritier (l’actuel émir du Qatar), le signataire indique : « sur la base des nobles instructions de son Excellence le Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Prince héritier du pays que Dieu le protège, un montant de 15 millions d’euros (15,000,000) est transféré à son Excellence le Président Nicolas Sarkozy en récompense de son soutien à l’Etat du Qatar pour l’organisation du Mondial 2022 et de l’acquisition du club de Paris Saint-Germain »…

Deux convives de premier plan concernés

Ce n’est pas tout. Deux autres convives français du déjeuner du 23 novembre 2010 sont également cités par le document. En effet, le courrier ajoute qu’« une commission de 2 millions d’euros (2,000,000) est payée à Monsieur Claude Guéant et une commission d’une valeur de 2 millions d’euros (2,000,000) à Monsieur Michel Platini suite à l’acquisition du club de Paris Saint-Germain. » Il n’oublie pas de préciser le numéro du compte bancaire de QSI sur lesquels les fonds doivent être versés… Pour mémoire, Claude Guéant, alors secrétaire général de la présidence de la République, a toujours nié avoir été présent à ce déjeuner – et donc avoir touché ces subsides.

Alors, quel crédit accorder à ce document ? A ce stade, on ne peut affirmer à 100% qu’ils sont authentiques et que les destinataires (des ordres de virement) ont réellement touché ces sommes. Sont-il crédibles? Oui, absolument. Nous avons enquêté pendant plusieurs mois, avons confronté ces pièces à des experts, avons échangé et interrogé des observateurs avisés du gouvernement qatari, avons posé nos questions à l’ambassade du Qatar à Paris. Jamais, leur teneur et leur facture n’ont été mises en cause.

Authentification en barres

Blast publie par ailleurs et en complément un autre document exclusif. Daté du 20 juillet 2011, il provient cette fois du bureau du ministre de l’Economie et des finances qatari. Ce second courrier est adressé au même destinataire : le directeur du cabinet du prince héritier. On y retrouve les conventions protocolaires habituelles et on y apprend surtout que, suivant les instructions de « son Excellence le Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Prince héritier vénéré », 19 millions d’euros ont transité depuis le compte bancaire du Qatar Investment Authority (un autre fonds souverain) vers celui de QSI. Selon ce document, ce virement aurait été destiné aux convives du fameux déjeuner de l’Élysée.

L’un des deux documents est marqué par le code barre des autorités qataries – des éléments d’authentification inimitables. Ils n’ont d’ailleurs pas été invalidés par ces mêmes autorités.

« Il s’agit de codes-barres 2D, une technologie utilisée également en France via l’Agence des titres sécurisés, observe l’ex-agent de renseignement Marc Eichinger. Le but est de lutter contre la fraude en insérant un code à barres 2D qui contient les informations clés. Ces données sont cryptées par un système de chiffrement asymétrique (clé publique / clé privée) qui permet le contrôle de la signature par tous les acteurs disposant de la clé publique du signataire émetteur ».

Le courrier « Confidentiel et urgent » signé Youssef Hussein Kamal, le ministre de l’Economie et des Finances du Qatar

Ces documents ne disent pas si les trois Français cités ont été avertis que le prince Tamin souhaitait les rétribuer pour leurs efforts. Ni si ces fonds leur ont été effectivement versés. Ils établissent en revanche la volonté du prince Tamin, clairement exprimée. Et la réalité d’un mouvement financier destiné à mettre en application cette même volonté princière.

Jamais entendu parler d’une telle intention

Nous avons bien évidemment contacté les trois personnalités concernées, ainsi que l’ambassade du Qatar, pour obtenir un commentaire. Le préfet Claude Guéant a très rapidement répondu, précisant à Blast n’avoir « jamais entendu parler d’une telle intention. » Ni Nicolas Sarkozy, contacté par l’intermédiaire de sa conseillère Véronique Waché, ni Michel Platini, via son conseiller Jean-Christophe Alquier, ni l’ambassade du Qatar n’ont en revanche, au moment où nous publions cet article, répondu à nos sollicitations. Pas plus que Nasser Ghanim Al-khelaifi, signataire d’un des deux documents, dont nous avons joint le principal collaborateur.

Pourtant, selon nos informations, la Coupe du monde de football de 2022 et le rachat du PSG n’auraient pas été les seuls sujets de conversation du fameux déjeuner du 23 novembre 2011. Un autre point aurait également été abordé par les convives de Nicolas Sarkozy, l’hôte du jour : le renversement du… colonel Kadhafi en Lybie ! Le Qatar aurait ainsi pris l’engagement de financer les frais de la France si elle entrait en guerre. Une option rendue présentable par l’adoption 17 mars 2011 de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’ONU.

Rappelons, 11 ans après ce déjeuner élyséen qui a scellé le sort de la prochaine Coupe du Monde, que 6 500 ouvriers sont décédés dans la construction des stades qui doivent accueillir la reine des compétitions sportives. Le sang qui coule, après l’odeur de l’argent, pour concrétiser les rêves de gloire et de grandeur de la monarchie pétrolière.

Au vu des documents de Blast, plusieurs questions se posent. Elles sont lourdes de sens, et méritent des réponses, à la fois de la part des dirigeants du football, des responsables politiques et aussi de la justice. Que va décider la FIFA ? Peut-elle rester sans réaction face à un tel scandale ? Par ailleurs, la Coupe du monde 2022 doit-t-elle avoir lieu ? Peut-elle encore être organisée par l’Émirat ?

La suite au prochain numéro…

Thierry Gadault & Bernard Nicolas

https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-la-liste-des-cadeaux-de-lemir-a-nicolas-sarkozy-claude-gueant-et-michel-platini-w9DY2I4PSg2U0h-EIYOMsQ

♦ Algérie : le MAK et ses caricaturistes


Dans un précédent article, j’avais évoqué en détail le rôle partisan et sectaire de trois caricaturistes algériens qui avaient mobilisé leurs crayons dans l’effervescence politique provoquée par le Hirak. Partisans du « Yetnahaw Ga3 » (qu’ils partent tous), leur credo était fondé sur l’appropriation du terme « peuple » qu’ils utilisaient à toutes les sauces et, surtout, pour la promotion exclusive et partiale de la « phase de transition » avec, comme corollaire, la contestation entêtée de la « voie constitutionnelle ». L’amalgame entre « peuple » et « phase de transition » avait pour but de prétendre que cette option était majoritaire dans la population, ce qui était loin d’être la vérité, c’est le moins qu’on puisse dire. Après la décantation du Hirak, nous voyons bien que ces deux termes ne vont pas du tout ensemble et qu’au lieu de « peuple » on devrait plutôt écrire « groupes spécifiques » ayant, pour la plupart d’entre eux, des agendas et des intérêts bien définis.

Dans ce qui suit, il sera question de deux de ces trois caricaturistes qui, en plus de montrer leur vision déformante de la réalité politique algérienne, affichent de manière ostentatoire leur soutien au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie), un de ces « groupes spécifiques ».

Il s’agit de Ali Dilem et de Ghilas Aïnouche, caricaturistes dont les dessins et les accointances montrent de nombreux points en commun, jugez-en : tous deux sont des militants du « Yetnahaw Ga3 », se comportent comme des activistes de l’aberrante et antinationale division dichotomique Kabyle/Arabe, sont idéologiquement et professionnellement liés avec « Charlie », ont un penchant plus qu’affirmé pour l’État hébreu et, finalement, sont très introduits auprès des missions diplomatiques française et étasunienne. Pour plus de détails, consulter l’article cité auparavant).

De gauche à droite : Mme Émié, un pasteur d’une église à Alger, Ghilas Aïnouche, Ali Dilem et Bernard Émié (Ambassadeur de France à Alger 2014 -2017, actuellement directeur de la DGSE française). Sur sa page Facebook, Aïnouche nomme familièrement Mme Émié par son prénom: Isabelle.

Ali Dilem

Le 14 septembre dernier, Dilem publia une caricature qui a soulevé l’ire d’un très grand nombre de citoyens algériens. Il y insinuait que le gouvernement algérien, dans sa lutte contre le MAK, s’en prenait à tous les Kabyles, sans exception. Selon lui, il y avait en Algérie, deux catégories de citoyens : des Kabyles tous coupables et les non-Kabyles tous innocents. Cette vision mensongère, raciste et dangereuse de la réalité algérienne m’a inspiré une réponse que j’ai publiée sur mon site.

Cette réplique a eu évidemment un grand écho sur les médias sociaux, car Dilem goûtait à sa propre médecine. Mais personne ne s’attendait à la réaction de Sa Majesté makiste! En effet, Ferhat (Mehenni) 1er en personne y alla d’un tweet « royal » pour défendre le « soldat » Dilem :

Non seulement, le « monarque » troubadour donna raison à Dilem, mais il l’assura de sa « solidarité », histoire de lui dire « Continue sur cette voie, tu es sur le droit chemin! ». Et voilà comment le Chevalier (des Arts et Lettres) Dilem fut adoubé par Ferhat 1er!

Il faut dire que Dilem n’en était pas à sa première caricature pro-MAK. En voici quelques exemples :

Cliquez sur l’image pour voir d’autres caricatures pro-MAK de Dilem

Ghilas Aïnouche

Les relations entre Ghilas Aïnouche et le MAK sont beaucoup plus élaborées que celles de Dilem avec cette même organisation. Cela se voit dans la profusion de caricatures, dans sa défense publique du MAK et sa proximité avec Ferhat 1er.

D’ailleurs, en ce qui concerne ce dernier point, il est intéressant de suivre la discussion entre le « monarque » makiste et son sérieux prétendant au titre de « dauphin » dans la vidéo suivante :

Ferhat Mehenni et Ghilas Aïnouche (9 juin 2020)
Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo

Dans le dessin que Aïnouche offre à son compagnon de table, le caricaturiste qualifie Ferhat 1er de « Grand homme » et se met en scène pour se souhaiter : « Bientôt on aura notre vraie indépendance! ».

Dédicace offerte à Ferhat Mehenni par Aïnouche

Le « on » inclut bien évidemment sa personne et celle du « souverain » qui lui fait face. En recevant la dédicace, Ferhat 1er a déclaré qu’il s’agissait d’un des plus beaux cadeaux qu’il avait reçus dans sa vie tout en ajoutant « Je vais garder ça précieusement et je vais le verser aux archives de la république kabyle », devant un Aïnouche tout sourire!

Et tout cela, en plein Hirak!

Cette relation entre Aïnouche et le « Sultan autoproclamé de Kabylie » ne date pas d’aujourd’hui. Ce dernier, tout comme pour Dilem, l’avait « assuré de son soutien ». Mais cette fois-ci, c’était à la suite d’une agression contre le caricaturiste lors d’une marche de protestation, en juillet 2017. À l’époque, le site makiste « Siwel » avait relaté l’évènement ainsi:

« Le Président de l’Anavad, qui a eu le jeune caricaturiste au téléphone, a demandé de ses nouvelles et l’a assuré de son soutien.

Le Représentant diplomatique de la Kabylie en France, Mass Zidane Lafdal, a quant à lui saisi RSF (Reporters Sans Frontières) pour leur faire part de la sauvagerie injuste dont a été victime ce jeune dessinateur de presse.

L’ambassadeur kabyle nous a informé que la Fédération Internationale des Journalistes va être également saisie ».

Toute la cour de Ferhat 1er a donc été mobilisée pour défendre le « malheureux » caricaturiste!

L’allégeance du jeune caricaturiste à la cause makiste s’est aussi manifestée à l’occasion d’un voyage aux États-Unis. En effet, en 2017, il fut invité par le Département d’État américain (excusez du peu!) pour débattre de la liberté d’expression en Algérie. Après avoir été reçu à l’ambassade des États-Unis à Alger en juillet 2017 :

Le voilà devant le siège du Département d’État en novembre 2017 :

Tout en prétendant ne pas faire partie du MAK, il ne rata pas l’occasion de défendre le mouvement séparatiste. Un article traitant de ce voyage précise : « Invité par le Département d’État américain, le dessinateur Kabyle Ghilas Aïnouche a tenu à préciser qu’il avait soulevé plusieurs questions dont celle du MAK et ses militants harcelés au quotidien en Algérie ».

Ce même article mentionne que le caricaturiste prit la parole « en présence de plusieurs diplomates dont le responsable de bureau de l’Algérie, M. Michael J. Polyak ».

En effet, M. Polyak a été responsable du bureau de l’Algérie au Département d’État de septembre 2016 à septembre 2018. Avant cela, il a été en poste dans plusieurs capitales arabes et musulmanes (Irak, Arabie Saoudite, Afghanistan). En Algérie, selon ce qui est mentionné sur son profil LinkedIn, il a « servi de liaison principale avec l’ambassade d’Algérie, les entreprises, les médias et les ONG sur les questions relatives à l’Algérie. Rédaction de notes de politique, d’orientations pour la presse et de points de discussion pour les hauts fonctionnaires du Département d’État ».

Il est aussi intéressant de noter qu’en 2008, il aussi été au service de l’IRI (International Republican Institute), un des quatre satellites de la NED (National Endowment for Democracy), le principal organisme américain d’« exportation » de la démocratie (lire cet article pour plus de détails).

Petite information déjà discutée dans mon précédent article sur les caricaturistes algériens : Dilem a lui aussi eu des contacts avec l’ambassade américaine à Alger, tel que mentionné dans le câble Wikileaks 09ALGIERS370_a (daté du 13 avril 2009).

Et ce n’est pas tout en ce qui concerne Aïnouche et le MAK. En 2018, la commune de Harfleur (Seine maritime, France) a annulé un événement de propagande du MAK sous couvert de la « promotion » de la cuture kabyle. Et la lettre de la maire d’Harfleur est on ne peut plus claire à ce sujet :

« Votre refus de choisir un autre film dans le cadre de cette programmation, l’invitation par vos soins de M. Ferhat Mehenni, ainsi que votre information quant à la venue d’une délégation politique autoproclamée, ont dénaturé et pris en otage l’événement lui donnant des allures, de manière déguisée, de vitrine dédiée au gouvernement provisoire kabyle et derrière lui le MAK, mouvement d’extrême droite algérienne ».

Lettre de madame la Maire d’Harfleur
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La relation avec Aïnouche? Il faisait partie de la « délégation » du MAK dénoncée par la maire d’Harfleur comme on peut le constater sur l’affiche prévue pour l’évènement.

Affiche de l’évènement annulé par la maire d’Harfleur comportant clairement les noms de Ferhat Mehenni et de Ghilas Aïnouche
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Revenons maintenant à l’essentiel, c’est-à-dire aux caricatures de Aïnouche avec relents de makisme. Leur nombre est tellement imposant qu’un « porte-folio » spécifique leur a été consacré :

Cliquez sur l’image pour voir le « portfolio » des caricatures pro-MAK de Aïnouche
(Attention: certaines caricatures sont obscènes)

Alors, Aïnouche : makiste ou pas makiste?

Aïnouche, au centre de la photo, avec le drapeau du MAK

Certains caricaturistes algériens comme Dilem et Aïnouche ont eu un rôle partial et tendancieux dans le Hirak. Ils ont participé, au nom d’un peuple qui ne les a jamais mandatés, à la promotion d’une vision sectaire et dangereuse pour l’avenir de l’Algérie. Mais en ce qui concerne leur défense (directe ou indirecte) du MAK, leur rôle est beaucoup plus nuisible et préjudiciable pour notre pays car ils jouent avec son intégrité, sa stabilité et sa paix.

Qu’on se le dise : ces caricaturistes utilisent des dessins humoristiques au service de desseins maléfiques. Mais qu’ils barbouillent ou gribouillent à leur guise: l’Algérie restera toujours unie et indivisible dans le respect de tous ses citoyens.

Ahmed Bensaada

♦ Le rapport de Graphika : soft power et guerre de 4e génération contre l’Algérie


Contrairement au hard power qui est basé sur la force coercitive classique, le soft power utilise l’attraction positive et la persuasion pour atteindre des objectifs de politique étrangère. Il s’agit donc d’une capacité d’influence susceptible d’imposer, en douceur, un comportement ou une façon de penser identiques ou similaires à celles de celui qui utilise cette technique. Son succès repose donc sur l’impression de ne pas y avoir été contraint. Ainsi, le soft power n’atteint ses objectifs que s’il n’est pas perçu comme de la manipulation ou de la propagande.

Selon son concepteur, le très influent Joseph Nye, le soft power est soutenu par trois piliers : les valeurs politiques, la culture et la politique étrangère. Commentant cette théorie, le professeur G. John Ikenberry donne les précisions suivantes dans la célèbre revue Foreign Affairs:

« Les États-Unis peuvent dominer les autres, mais ils ont également excellé dans la projection du soft power, avec l’aide de leurs entreprises, fondations, universités, églises et autres institutions de la société civile; la culture, les idéaux et les valeurs des États-Unis ont été extrêmement importants pour aider Washington à attirer des partenaires et des partisans ».

L’exportation de la démocratie, qui est un champ établi et prépondérant de la politique étrangère américaine, utilise évidemment le soft power. Dans son article traitant du soft power américain dans les révolutions colorées, l’anthropologue Boris Pétric mentionne que des « ONG américaines sont les principaux acteurs de cette promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté […] ».

Cette relation entre les ONG et le soft power est très bien explicitée par Susan Liautaud dans son article « Soft Power of NGOs: Hard Responsibility, Hard Strategy, and Hard Accountability » dans lequel elle note que « les ONG et les autres acteurs du secteur à but non lucratif sont tenus d’utiliser le soft power de façon responsable et de rendre compte des conséquences induites par cette utilisation »

Il a été aussi montré que ces mêmes ONG américaines, étatiques ou non, ont joué le même rôle dans ce qui est abusivement appelé le « printemps » arabe. La printanisation de certains pays arabes ciblés à l’aide du soft power américain a été réalisé par l’intermédiaire de la formation et du réseautage de cyberactivistes « autochtones », c’est-à-dire provenant des pays visés. Ces révoltes qui ont été présentées et vendues comme une « belle saison » se sont avérées n’être que des « regime change » accompagnés de chaos, de destruction et de désolation.

Une décennie plus tard, ces ONG sont encore actives, tout particulièrement dans le Hirak algérien.

Tel que noté par Albert A. Nofi, le soft power est une des ressources sur lesquelles s’appuient la guerre de 4e génération (G4G), cette guerre moderne qui, d’après François-Bernard Huyghe, « correspondrait à la révolution de l’information » tout en précisant qu’elle « mobiliserait des populations entières en un antagonisme gagnant tous les domaines politique, économique, social, culturel ».

En ce qui concerne l’utilisation militaire de l’information, Christina M. Knopf et Eric J. Ziegelmayer nous expliquent que : « l’information est un produit qui se prête à l’arsenalisation et l’environnement informationnel est devenu vital pour le succès des opérations militaires. Le domaine de l’information, l’Internet en particulier, est aujourd’hui un terrain crucial à saisir pour exercer une influence économique et diplomatique dominante.  C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont officiellement incorporé à leur doctrine […] la « guerre des communications » ».

Cette « arsenalisation » de l’information a été rendue efficace grâce à l’essor fulgurant de l’Internet et des médias sociaux. À ce sujet, Waseem Ahmad Qureshi donne quelques précisions :

« Les progrès technologiques actuels (accès plus facile aux blogs médiatiques et à Internet) rendent la propagande et la manipulation des faits plus facilement accessibles tout en élargissant les conséquences des opérations de guerre de l’information en provoquant des effets dommageables massifs »

La recherche qui sera exposée dans cet article montre de manière explicite que l’Algérie fait actuellement l’objet d’une G4G qui a profité des remous du Hirak pour se déployer insidieusement.

Hirak, soft power et guerre de 4e génération

Un livre et de très nombreux articles ont été consacrés au rôle des organismes américains d’exportation de la démocratie et leurs relations avec le Hirak et ses « ténors ». Cet aspect du soft power ne sera pas traité dans ce travail, mais les lecteurs intéressés sont invités à consulter les liens suggérés.

Il faut cependant préciser que le soft power utilisé dans les G4G possède d’autres techniques aussi efficaces les unes que les autres.

Il a été fait mention d’une de ces techniques dans un de mes articles datant de décembre 2019. Il s’agit de mandater un universitaire crédible pour écrire, dans une revue crédible, un texte complétement fallacieux afin de suggérer un comportement donné et le présenter comme étant juste et approprié alors que, dans la réalité, il est complétement déraisonnable. Un exemple typique est celui du professeur Robert Zaretsky, professeur d’histoire de France à l’université de Houston qui s’est fait remarquer par un texte abracadabrantesque dans Foreign Affairs. En effet, le 26 novembre 2019, c’est-à-dire à peine deux semaines avant l’élection présidentielle algérienne, le professeur écrivait: « An Election’s Failure Will Be a Democratic Success » (L’échec de l’élection sera un succès démocratique).

Hallucinant! D’après ce professeur vivant dans un pays supposé être démocratique « ne pas voter est un acte démocratique »! Mais quel genre de démocratie désire exporter ce professeur loufoque?

L’histoire retiendra néanmoins l’odieuse campagne d’intimidation des électeurs lors de ce scrutin, ignominie qui a dû tellement faire plaisir à M. Zaretsky, certainement commandité pour nuire à l’Algérie.

Plus récemment, c’est dans un petit encadré publié par le journal français Le Figaro en date du 31 juillet 2021 qu’apparut une nouvelle technique encore plus insidieuse que celle de notre professeur de Houston. Celle-ci est destinée à persuader le public que l’État algérien utilise des cybermanipulations malhonnêtes « pour défendre les intérêts du président algérien », tout en parrainant des « campagnes de harcèlement » contre des opposants politiques.

Le Figaro précise que ces informations proviennent d’un rapport élaboré par une société américaine nommée Graphika, « spécialisée dans les nouvelles technologies et l’analyse des réseaux sociaux ». Personne n’est dupe. Cette mention cherche évidemment à donner de la crédibilité à cette compagnie et, par conséquent, conférer de la véracité à son rapport.

Encore un organisme américain qui s’attaque à l’État algérien en général et aux institutions présidentielle et militaire en particulier! Décidément, ils ne lâcheront jamais ces Américains!

Mais qui est donc Graphika? Qui est derrière ce joli nom, quels sont ses champs d’intérêts et qui la finance?

Contrairement à Émilien Hertement, le journaliste du Figaro qui a bêtement rapporté la nouvelle, nous allons nous intéresser, dans un premier temps, à cette société pour comprendre ses motivations et nous enquérir de son sérieux. Ensuite, nous étudierons en détail son rapport cité par Le Figaro.

Graphika et ses connexions sulfureuses

D’après les informations figurant sur son site officiel, Graphika est « une société d’analyse de réseau, fondée en 2013 par le Dr. John Kelly qui a étudié, dans sa thèse, l’essor fulgurant des conversations sur Internet en utilisant l’analyse de réseau des relations entre les auteurs en ligne, et pas seulement le contenu de leurs messages ».

Toujours selon son site, Graphika est financé par la DARPA, la « Minerva Initiative », l’« US Senate Select Committee on Intelligence » et la « Knight Foundation ».

DARPA est l’acronyme de la « Defense Advanced Research Projects Agency » (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) qui est une agence du ministère de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à l’usage militaire.

La « Minerva Initiative » est une initiative de recherche universitaire en sciences sociales parrainée par le ministère de la Défense des États-Unis axée sur des domaines d’importance stratégique pour la politique de sécurité nationale des États-Unis. Lancée en 2008 par Robert Gates, le secrétaire à la Défense de l’époque, elle a pour objectif d’améliorer la compréhension de base du ministère de la Défense en ce qui concerne les forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d’importance stratégique pour les États-Unis. Dès le début, le programme s’est focalisé , entre autres, sur les recherches universitaires traitant de la Chine, de l’Irak, du terrorisme et de l’islam radical. À son lancement, le projet a reçu 50 millions de dollars du ministère de la Défense des États-Unis pour financer ces recherches.

Les subventions de recherche sont supervisées par des gestionnaires de programme affiliés à deux organisations militaires de recherche fondamentale : le Bureau de la recherche scientifique de l’Armée de l’air (AFOSR) et le Bureau de la recherche navale (ONR).

L’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) est un comité créé par le Sénat américain en 1976 pour superviser et faire des études continues sur les activités et programmes de renseignement du gouvernement des États-Unis.

La « Knight Foundation » se présente comme une fondation nationale américaine qui investit dans le journalisme et les arts et dont l’objectif est de favoriser des communautés informées et engagées qu’elle croit essentielles à une démocratie saine. Cette fondation collabore cependant activement avec l’Open Society de George Soros, la National Endowment for DemocracyFreedom House et l’USAID.

Ces quatre organisations forment la colonne vertébrale du dispositif américain pour l’exportation de la démocratie dont il a été question précédemment.

Et ce n’est pas tout. Graphika déclare être associé avec des groupes de défense des Droits de l’homme du monde entier « pour surveiller les menaces numériques ciblant les utilisateurs vulnérables ».

En fait, il s’agit de Human Rights Watch (HRW), Amnesty International (AI) et « The Syria Campaign ». Il est de notoriété publique que les deux premières organisations (HRW et AI) sont largement financées par l’Open Society.  Et il ne faut surtout pas oublier qu’elles ont été toutes deux (avec d’autres entités droitdelhommistes) derrière la résolution du Parlement européen contre l’Algérie, juste quelques jours après le référendum sur la nouvelle Constitution algérienne. Drôle de coïncidence, n’est-ce pas? Comme la coïncidence de l’article de notre pitoyable professeur Zaretsky, un an plus tôt.

L’association de Graphika avec « The Syria campaign » est très révélatrice du rôle de désinformation, de propagande et d’étroite collaboration de cette société avec les gouvernements américains et britanniques.

« The Syria campaign » qui se dit « organisation à but non lucratif enregistrée au Royaume-Uni » est étroitement lié aux « White Helmets » (casques blancs), organisme de protection civile syrien qui a défrayé la chronique en 2016 (lire mon article sur ce sujet, rédigé à l’époque).

En fait, ces « secouristes » présentés comme des héros en occident, sont financés par l’USAID (United States Agency for International Development), le plus important des organismes américains d’« exportation » de la démocratie. Un document de l’USAID datant de 2018 précise qu’une subvention de 6,25 millions de dollars a été octroyée aux « White Helmets », en plus des 33 millions de dollars qui leur ont été versés depuis 2013. Ces « casques blancs » ont aussi été très largement financés par la Grande-Bretagne via le « Foreign and Commonwealth Office ». En date du 31 mars 2018, le montant total du financement que le gouvernement britannique leur a fourni s’élevait à 38 425 591,23 £. Ce qui fit dire à Julie Hyland, journaliste et militante britannique :

« Financés par le « Conflict, Stability and Security Fund » du gouvernement britannique et le programme USAID du gouvernement américain, ils [les « White Helmets »] font partie d’un réseau de forces djihadistes soutenues par l’Occident pour organiser un changement de régime ».

The White Helmets: The greatest scandal to hit Syria

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Selon Vanessa Beeley, journaliste indépendante qui a beaucoup travaillé sur le terrain en Syrie et dans de nombreux autres pays de la région, les « White Helmets » « étaient liés financièrement à Londres et à Washington (entre autres), principaux belligérants occidentaux sans mandat en Syrie […] et que des membres des Casques blancs entretenaient des liens avec des groupes djihadistes rebelles, tels que Fatah Al-Cham, résultat de la fusion d’Al-Nosra et de Ahrar Al-Cham ».

Le mythe des « casques blancs » a été démoli par un grand nombre de journalistes et chercheurs de renom dont Eva BartlettJohn PilgerGareth Porter, Phillip GiraldiCraig Murray et l’ancien inspecteur des armements de l’ONU Scott Ritter.

Graphika et ses figures publiques

Parmi les figures publiques de Graphika, on retrouve les noms de l’anglais Ben Nimmo (directeur des recherches) et de la française Camille François (directrice de l’innovation).

Ben Nimmo a rejoint Graphika en 2019, pourtant, rien ne le prédestinait à ce poste. Son parcours singulier a été décrit dans un article détaillé du New York Times (NYT).

En effet, il a étudié la littérature à l’Université de Cambridge, a travaillé comme instructeur de plongée sous-marine en Égypte, ainsi qu’écrivain et journaliste de voyage en Europe. En 2011, il a été recruté par l’OTAN comme attaché de presse principal sur la Russie et l’Ukraine jusqu’en 2014. Ensuite, il est devenu chercheur indépendant et a commencé à travailler sur la Russie sous contrat pour des think tanks pro-démocratie comme l’« Institute for Statecraft » qui pilote un projet  financé par le « Foreign and Commonwealth Office » nommé « The integrity initiative ». Créé en 2015, ce programme avait pour objectifs de contrer et sensibiliser à la désinformation provenant de pays comme la Russie et la Chine ainsi que de groupes extrémistes comme Daech. Comme par hasard, il s’agit de pays et ou organismes ciblés aussi par la « Minerva Initiative ».

Au cours de la campagne électorale américaine de 2016, M. Nimmo a collaboré avec l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN.

Pour se faire une idée de l’importance de ce « groupe de réflexion », il n’y a qu’à consulter l’impressionnante liste des membres de son Conseil d’administration. On y trouve, entre autres, Henry Kissinger, Joseph Nye (le concepteur du soft power), le général David H. Petraeus (commandant de la coalition militaire sous Bush fils et chef des troupes de l’OTAN ainsi que Directeur de la CIA sous Obama), Stephen Hadley (conseiller à la sécurité nationale de Bush fils), Robert Gates (cité précédemment – Directeur de la CIA sous Bush père et Secrétaire à la défense sous Bush fils et Obama). On y trouve aussi James Baker, Léon Panetta, Colin Powell, James Woosley, Peter Ackerman et j’en passe car la liste donne le tournis (le lecteur est invité à consulter ces pages pour plus de détails: lien 1 et lien 2). Pour la petite histoire, James Woosley a été directeur de la CIA sous Bill Clinton et a dirigé Freedom House . De son côté, Peter Ackerman a aidé à la création de l’Albert Einstein Institution dirigé par son professeur, l’illustre Gene Sharp, le théoricien de la « lutte non-violente » qui a été utilisée dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe. Sa théorie a été développée dans de nombreux livres et tout particulièrement dans « De la dictature à la démocratie », ouvrage qui est devenu le livre de chevet de tous les révolutionnaires en herbe à travers le monde.

Revenons maintenant à Ben Nimmo. Il a aidé à fonder le Digital Forensic Research Lab (DFRLab) de l’Atlantic Council, un groupe basé à Washington qui étudie la désinformation en ligne.

En 2018, Facebook a annoncé un partenariat avec DFRLab pour « identifier, exposer et expliquer la désinformation lors des élections dans le monde », accordant à l’Atlantic Council et à Nimmo l’accès aux données privées de milliards d’utilisateurs de Facebook.

Facebook a fait de lui et du laboratoire les premiers étrangers autorisés à étudier les réseaux de désinformation sur son site avant que l’entreprise ne ferme les réseaux.

À la fin de son article, le NYT précise que Graphika et DFRLab ont tous deux reçu un financement de Facebook.

Le 5 février dernier, Ben Nimmo annonçait son départ de Graphika pour rejoindre Facebook où il aiderait « à diriger la stratégie mondiale de renseignement sur les menaces contre les opérations d’influence ». Sans oublier, bien sûr, de faire « coucou » à sa collègue et collaboratrice, Camille François.

Cette nouvelle n’est pas passée inaperçue, bien au contraire. Sur The Grayzone, par exemple, on pouvait lire un article intitulé « Facebook hires ex-NATO press officer and social media censor Ben Nimmo as intel strategist » (Facebook embauche Ben Nimmo, ancien attaché de presse de l’OTAN et censeur des médias sociaux, en tant que stratège du renseignement), alors que Mint Press News titrait « Facebook partners with Hawkish Atlantic Council, a NATO lobby group, to “protect democracy” » (Facebook s’associe au belliciste Atlantic Council, un groupe de pression de l’OTAN, pour « protéger la démocratie »).

Passons maintenant à la seconde figure publique de Graphika qui se nomme Camille François. Diplômée de Sciences-Po et boursière Fulbright, elle a été membre de la « New America’s Cybersecurity Initiative » (NACI), chercheure principale chez Jigsaw, a dirigé des projets de recherche sur la cybersécurité et les droits de l’homme pour la « Defence Advanced Research Projects Agency », et a travaillé pour l’équipe « Market Insights » de Google (consulter ce lien).

La « New America’s Cybersecurity Initiative » est un organisme financé (entre autres) par le Département d’état américain, la Knight Foundation, Open Society, Google, Microsoft, Apple et Facebook.

Jigsaw (anciennement Google Ideas) est un groupe de réflexion et un incubateur technologique au sein de Google/Alphabet dirigé par Jared Cohen. Ce dernier a travaillé au Département d’État américain comme membre du comité de planification des politiques du département d’État américain, puis a été très proche conseiller des secrétaires d’État Condoleezza Rice et Hillary Clinton. C’est, par exemple, lui qui avait personnellement contacté le cofondateur et président de Twitter, Jack Dorsey, pour lui demander de reporter les travaux de maintenance des serveurs de Twitter afin de ne pas perturber les activités des cyberactivistes iraniens lors de leurs manifestations antigouvernementales en 2009.

Mais ce qui attire le plus l’attention, c’est son rôle dans la formation des cyberactivistes arabes en préparation du « printemps » arabe. En effet, Jared Cohen fut un des fondateurs de AYM « Alliance of Youth Movements » (rebaptisée Movements.org) qui se définit comme une organisation américaine à but non lucratif (d’après leur site) qui affiche clairement sa mission : i) identifier des cyberactivistes dans des régions d’intérêt ; ii) les mettre en contact entre eux, avec des experts et des membres de la société civile ; et iii) les soutenir en les formant, en les conseillant et en leur procurant une plateforme pour initier les contacts et les développer dans le temps (pour plus de détails, consulter mon article sur le sujet).

Comme expliqué précédemment, la « Defence Advanced Research Projects Agency » (DARPA) est l’agence du ministère de la Défense des États-Unis qui finance Graphika. Comme le monde est petit!

D’après ce qui est mentionné sur son CV, Camille François a été aussi recrutée par Google, dans l’équipe de « Market Insights ». Directrice de recherche associée, elle s’est spécialisée dans la recherche en ligne sur les PME françaises et a géré les trackers de marque et de confidentialité de Google pour la perception parmi le public et les faiseurs d’opinion clés.

Pour boucler la boucle, Mme François s’est formée, en 2014, à l’École de l’OTAN d’Oberammergau (Allemagne) sur les « cyber-opérations » tel que précisé également sur son CV.

Organigramme des connexions de Graphika

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Graphika, la main dans le sac

La société Graphika a été impliquée dans de nombreuses controverses en relation avec i) le « repérage » d’un type particulier et ciblé de désinformation sur les médias sociaux et ii) son rôle de « chien truffier » dressé pour servir des commanditaires militaristes, atlantistes et occidentalistes.

Pour clarifier ce point, nous allons citer deux exemples pédagogiques.

1- L’affaire Jeremy Corbyn

La très large élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique avec près de 60% des voix en 2015 a été suivie par une campagne médiatique « mainstream » ayant pour but de diaboliser sa personne et de lui ôter toute légitimité politique de premier plan.

Tout d’abord, ses positions pro-palestiniennes lui ont valu des attaques du lobby sioniste pour des allégations d’antisémitisme après son succès électoral. Quelques années plus tard, à l’approche des élections législatives de 2019, les accusations sont montées d’un cran, devenant plus incisives. Il n’était pas question qu’un socialiste « antisémite » soit logé au 10, Downing Street.

En plus de ces accusations fallacieuses, une autre affaire a été planifiée pour porter le coup de grâce à la possibilité que Corbyn puisse, un jour, occuper le fauteuil de Premier ministre britannique : sa « collusion » avec la Russie. Cette accusation, mêlée avec ce « sport » occidental communément appelé « Russia Bashing », allaient être, ni plus ni moins, un coup de grâce à ce projet.

À ce sujet, les journalistes d’investigation Ben Norton et Max Blumenthal écrivaient le 8 décembre 2019:

« À quelques jours des élections nationales britanniques du 12 décembre, les agences de renseignement britanniques et les organisations soutenues par le gouvernement américain ont intensifié leurs attaques contre Corbyn, empruntant des tactiques à l’hystérie américaine du Russiagate et faisant de grands efforts pour le présenter – sans aucune preuve substantielle – comme une supposée marionnette de l’ignoble Kremlin ».

Le journaliste Matt Kennard a, quant à lui, publié une enquête détaillée au titre très explicite : « Comment l’establishment militaire et du renseignement britannique s’efforce d’empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre ».

Il y mentionna que des responsables de l’armée et du renseignement britanniques ont été à l’origine d’au moins 34 reportages majeurs publiés dans les médias nationaux présentant Jeremy Corbyn comme un danger pour la sécurité britannique.

Le 27 novembre 2019, en pleine campagne électorale, l’équipe de Jeremy Corbyn présenta un imposant dossier traitant de négociations secrètes entre le gouvernement conservateur de Boris Johnson et l’administration américaine dans le but de privatiser le National Health Service (NHS) britannique, démentant ainsi les promesses de son rival conservateur.

Moins d’une semaine plus tard, l’artillerie lourde fut sortie pour faire face à l’accusation.

Ben Wallace, le Secrétaire d’État à la Défense britannique, déclara que « Jeremy Corbyn a joué le rôle d' »idiot utile » pour le Kremlin en minant l’OTAN pendant des décennies et cela le rend inapte à être Premier ministre ».

Comme pour confirmer ses dires, le journal pro-conservateur The Daily Telegraph titrait à la Une « Le dossier de Corbyn pointe du doigt les Russes ».

The Guardian emboîta le pas en précisant que les documents de Corbyn ont été « mis en ligne par des affiches utilisant des méthodes russes ». D’autres médias comme The Daily Beast, la BBC ou le Washington Post reprirent également la nouvelle.

Ce n’est pas le « clonage » de cette information qui attire l’attention mais le fait que tous les médias se sont basés sur une et une seule source : Graphika et son directeur des recherches, Ben Nimmo. Tiens donc!

Extrait de l’article du Guardian :

« Ben Nimmo, le chef des enquêtes chez Graphika, a déclaré : « Ce que nous disons, c’est que les efforts initiaux pour amplifier la fuite du NHS ressemblent beaucoup aux techniques utilisées par Secondary Infektion dans le passé, une opération russe connue. Mais nous n’avons pas toutes les données qui nous permettent de prendre une décision finale dans cette affaire » ».

Une accusation aussi grave, reprise par des médias lourds et influents, basée sur une seule source et…du vent.

Ce qui fit dire à Norton et Blumenthal :

« Pas un seul article couvrant l’histoire n’a pris la peine d’informer les lecteurs qui était Nimmo, ni n’a offert de détails sur les puissantes forces étatiques derrière Graphika ».

Et d’ajouter :

« En fait, Nimmo n’est pas un expert en données ou un journaliste, mais un ancien attaché de presse de l’OTAN qui a précédemment travaillé pour l’usine de propagande secrète « Integrity Initiative », qui était financée par le ministère britannique des Affaires étrangères et dédiée à engendrer des conflits avec la Russie ».

La suite de l’histoire vous la devinez certainement : Jeremy Corbyn a évidemment perdu les élections du 12 décembre 2019.

2- Le Russiagate

Le Russiagate est l’affaire politico-judiciaire qui a été invoquée pour qualifier les allégations d’ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016. Un branle-bas de combat médiatique a été orchestré afin de démontrer que la défaite de Hillary Clinton n’était due qu’à une collusion entre l’équipe de Donald Trump et le Kremlin via une armée de trolls russes écumant les médias sociaux, en particulier Facebook et Twitter.

Comme on peut s’y attendre, la démonstration a été confiée à une équipe de l’Université d’Oxford et …la société Graphika. Cette dernière était représentée par son fondateur, John Kelly, et Camille François.

Le rapport, commandité en 2018 par l’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) dont il a été question auparavant, confirme évidemment les allégations. On peut y lire :

« L’Agence russe de recherche Internet (IRA) a lancé une attaque prolongée contre les États-Unis en utilisant une propagande informatique pour désinformer et polariser les électeurs américains ».

« Les données sur l’IRA fournies au SSCI par les plateformes américaines de médias sociaux et Internet démontrent un effort soutenu pour manipuler le public américain et saper la démocratie. Avec des années d’expérience dans la manipulation de l’opinion publique en Russie, l’IRA a utilisé les principales plateformes de médias sociaux, notamment Facebook, Instagram et Twitter, pour cibler les électeurs américains et polariser les utilisateurs des médias sociaux américains ».

Une année plus tard, le rapport du procureur Robert Mueller, procureur spécial chargé d’enquêter sur les ingérences russes dans les élections présidentielles de 2016, était publié. La principale conclusion stipulait qu’il n’y a pas eu d’entente entre les membres de l’équipe de Trump et la Russie.

Le Monde diplomatique qualifia le Russiagate de « débâcle » et commenta le rapport ainsi :

« Les premiers éléments connus du Rapport Mueller représentent une défaite pour la fraction la plus modérée du parti démocrate, pour le parti de la guerre à la Russie, pour les médias. […] Enfin, ce rapport constitue une gifle spectaculaire pour la quasi-totalité des grands médias américains qui, depuis deux ans, avaient fait du « Russiagate » leur commerce à plein temps ».

Une gifle aussi à Graphika et ses « experts ».

La chasse aux sorcières s’est poursuivie jusqu’aux élections présidentielles américaines de 2020. Graphika produisit un autre rapport en septembre 2020 signé par, entre autres, Ben Nimmo et Camille François ciblant un site nommé PeaceData supposément financé par l’Agence russe de recherche Internet (IRA).

À ce sujet, le New York Times écrivit :

« Le groupe russe qui s’est immiscé dans l’élection présidentielle de 2016 est de retour, utilisant un réseau de faux comptes et un site Web conçu pour ressembler à un site d’information de gauche, ont déclaré mardi Facebook et Twitter. La campagne de désinformation menée par le groupe soutenu par le Kremlin, connu sous le nom d’Internet Research Agency, est la première preuve publique que l’agence essaie de répéter ses efforts d’il y a quatre ans et d’éloigner les électeurs du candidat démocrate à la présidentielle, Joseph R. Biden Jr., pour aider le président Trump ».

PeaceData a vivement réagi à ces accusations les qualifiant de calomnies et de mensonges.

En effet, certains observateurs perspicaces notèrent que, contrairement à ce qui était dit par Graphika et NYT, le site web PeaceData avait publié plusieurs articles critiquant durement Trump, dont un qui l’a qualifié de « instable et déséquilibré ». D’autre part, Graphika ne donna aucune preuve du financement du site par l’IRA dans son rapport.

Les comptes Facebook et Twitter de PeaceData ont évidemment été fermés sur la base du rapport de Graphika et de ses « experts », Ben Nimmo et Camille François.

Graphika et l’Algérie

Après avoir passé en revue l’imposant réseau de connexions politico-militaires dont dispose Graphika et ses « experts » ainsi que les « missions » de haut niveau dont ils ont été chargés, plusieurs questions viennent à l’esprit : Pourquoi l’Algérie? Pourquoi maintenant? Quel est le but recherché? Qui a commandé l’étude? Qui l’a financée? Et qui a collaboré avec eux pour leur fournir les détails nécessaires?

Tout d’abord, il faut reconnaître que si Graphika s’est intéressée à l’Algérie, c’est que ce pays représente un enjeu géostratégique important pour les États-Unis. Cela confirme ce qui a été avancé dans mes nombreux articles et mes récents livres sur le sujet.

Le timing est lui aussi important. En effet, comme le Hirak « frelaté » bat de l’aile, cette évidente ingérence dans la politique intérieure de l’Algérie cherche à créer une nouvelle agitation malsaine dans la vie politique du pays.  En plus, il est quand même étrange que sa publication intervienne juste après le scandale Pegasus qui a ciblé l’Algérie. De victime, l’Algérie est présentée comme coupable par Graphika.

Pour tenter de répondre plus amplement aux questions, revenons au rapport de Graphika sur l’Algérie.

Le résumé du rapport donne le ton :

« Facebook a partagé un ensemble de comptes, de pages et de groupes avec Graphika pour une analyse plus approfondie avant de les supprimer de ses plateformes. Notre enquête a révélé un effort multiplateforme sur plusieurs années pour faire avancer les intérêts du président algérien Abdelmadjid Tebboune, depuis sa candidature à la présidentielle de 2019, jusqu’à un référendum constitutionnel l’année dernière et des élections législatives largement boycottées en juin. Cette activité s’est entrelacée avec une campagne soutenue de harcèlement et d’intimidation visant le mouvement de protestation du Hirak en Algérie, qui, au cours des deux dernières années, a rassemblé des milliers de personnes dans les rues du pays pour demander que l’élite dirigeante soit chassée et la fin de la corruption. Ces tentatives combinées pour manipuler, déformer et polariser la conversation politique en ligne en Algérie doivent être considérées dans le contexte de la répression signalée par le gouvernement contre les voix de l’opposition et de l’impact de la pandémie de Covid-19 qui a contraint de nombreux Algériens à déplacer leurs manifestations en ligne ».

On en tire les conclusions suivantes :

  • Comme expliqué précédemment, Facebook travaille avec Graphika;
  • Les sites jugés « indésirables » sont supprimés sur recommandation de Graphika;
  • Graphika fait de la politique et non de l’analyse de réseaux;
  • La démarche constitutionnelle adoptée par l’État algérien pour sortir de l’impasse ne plait pas à Graphika;
  • Graphika supporte la politique du « Yetnahaw Gaa » prônée en particulier par les ongistes (formés et financés par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie), les islamawistes « offshore » et les makistes séparatistes;
  • Graphika se positionne contre les institutions de l’État algérien et soutient les groupes cités précédemment, dont deux sont considérés comme des organisations terroristes;
  • L’État algérien manipule l’information, mais aucun mot sur l’incommensurable manipulation des trois groupes cités;
  • Facebook (et les autres médias sociaux) autorise (encourage?) les manifestations en ligne pour ceux qui militent pour la phase de transition, mais ferme les comptes de ceux qui soutiennent la démarche constitutionnelle.

Passons maintenant à ce que Graphika appelle des preuves à ses allégations. Le rapport commence avec un article concernant Noureddine Boukrouh qui est commenté comme suit :

« Dans l’ensemble, les comptes et les pages identifiés par Facebook ont montré des signes clairs de coordination, ainsi que l’utilisation de fausses identités et d’autres pratiques trompeuses pour induire les utilisateurs en erreur. Dans une illustration particulièrement frappante en juin de cette année, 42 des pages identifiées ont publié la même photo avec des légendes identiques attaquant des opposants au gouvernement algérien. Beaucoup de ces pages se sont présentées comme des groupes pro-démocratie ou des médias indépendants »

Quel niveau d’analyse! Hercule Poirot en aurait perdu sa moustache!

Mensonge et inversion des rôles:

1- Graphika prétend que Noureddine Boukrouh a été qualifié de « fou » alors que c’est lui qui a traité le Président de la république algérienne de la sorte.

2- En plus, Graphika affirme qu’il s’agit d’une « attaque coordonnée contre un opposant » alors qu’il s’agit d’un de mes articles, publié sur mon site, en réponse au sien.

Il s’avère qu’il s’agit de MON article intitulé « Un goujat nommé Boukrouh » qui a été publié sur mon site avec la même photo, mais qui a aussi été repris par d’autres sites (site 1site 2site 3, etc.). Il est donc normal que des pages Facebook le reprennent comme c’est le cas de tous mes articles. Mon récent poème en hommage à Djamel Bensmaïl, par exemple, a été repris intégralement par des dizaines de pages. Où est le problème? Les réseaux sociaux ne servent-ils pas à cela? Ou alors c’est halal pour certains et haram pour d’autres?

Au-delà de cet aspect, ce qui attire l’attention, c’est la légende :

« Captures d’écran montrant la publication coordonnée d’une attaque décrivant la figure de l’opposition Noureddine Boukrouh comme « folle » peu de temps après avoir critiqué Tebboune ».

Il s’agit d’un pur mensonge! C’est M. Boukrouh qui a traité le président Abdelmadjid Tebboune de fou dans un post sur Facebook! En toute lettre dans le titre!

Question pour Graphika et Facebook : accuser fallacieusement un président en exercice de folie ne mérite pas la fermeture du compte de M. le « sain d’esprit »?

En plus de l’institution présidentielle, c’est l’institution militaire algérienne qui a été dénigrée, comme si ces mêmes institutions, aux États-Unis ou en Occident n’avaient pas le droit de s’exprimer sur l’état de la Nation. Comme tous les pays du monde, l’Algérie a ses institutions étatiques et s’exprime dans les médias qu’elles jugent adéquat à son message.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le rapport de Graphika critique le droit à l’institution militaire de faire des reportages sur les « fake news » et de dénoncer les agissements de certains groupes qui menacent la sécurité et la souveraineté de l’Algérie.

Le rapport cite nommément « Karim Tabbou » (cité 3 fois), « Amir DZ » (cité 4 fois), « Rachad » (cité 4 fois), « Mohamed Larbi Zitout » (cité 5 fois) et Mourad Dhina.

« Les cibles clés depuis 2019 comprenaient : Karim Tabou – une figure de l’opposition qui a été arrêtée par la police algérienne en 2020 et 2021 ; Amir Boukhors (« Amir DZ »), un dissident anti-régime en France ; et deux co-fondateurs du groupe politique « Rachad » – Mohamed Larbi Zitout, qui vit en exil à Londres, et Mourad Dhina, qui vit en Suisse. En mars 2021, un tribunal algérien aurait émis des mandats d’arrêt contre Boukhors et Zitout pour « terrorisme » ».

Les « ténors autoproclamés du Hirak », en l’occurrence Mostefa Bouchachi, Zoubida Assoul et Karim Tabbou, sont aussi présentés comme des « critiques du régime algérien ».

Comme par hasard, toutes les personnes citées, sans aucune exception, collaborent ensemble tel qu’expliqué dans mon livre sur le Hirak et sont, bien évidemment, toutes pour la phase de transition.

Décidément, la vision de Graphika (et de ses commanditaires) est dichotomique :  il y a des bons et des mauvais. Les bons sont ceux qu’elle nomme « les figures de l’opposition » et les mauvais sont les institutions étatiques, présidentielle et militaire.

Par contre, aucun mot n’est prononcé sur le nombre incalculable de comptes Facebook qui sont, directement ou indirectement, liés à ces « figures » et qui, nuit et jour, dénigrent ces mêmes institutions.

Pour plus de détails et pour comprendre le rôle de ces groupes qui ont surfé sur le Hirak algérien, le lecteur est invité à consulter mon interview sur le sujet.

Il faut dire que certains passages du rapport Graphika frôlent la dérision. Jugez-en.

« Les pages et les comptes du réseau ont constamment fait l’éloge de l’Armée nationale populaire algérienne (الجيش الوطني الشعبي الجزائري). Le réseau a amplifié des images d’exercices d’entraînement et d’autres événements, ainsi que des mèmes et des dessins animés pro-militaires, présentant tous l’armée algérienne comme des protecteurs forts et bien équipés du peuple algérien ».

Est-il donc interdit de faire l’éloge de l’armée de son pays? N’en déplaise à Graphika, l’institution militaire protège non seulement le peuple algérien, mais aussi l’intégrité et la souveraineté de son pays.

Encore une ineptie racontée dans le rapport : Graphika reproche à certaines pages d’avoir fait la promotion des élections législatives du 12 juin 2021.  Mais qu’y a-t-il de mal à vouloir encourager les citoyens à accomplir leur devoir électoral? Pourquoi alors n’avoir rien dit sur ces « grands démocrates », vulgaires factotums de ces « figures de l’opposition » qui, à l’étranger, empêchaient violemment les personnes de voter? Il est clair que les informateurs « autochtones » ne leur ont pas raconté toute l’histoire aux « experts » de Graphika. Ou alors est-ce cette dernière qui a filtré les informations pour diaboliser les institutions étatiques algériennes et sanctifier cette « opposition » qui travaille à la destruction du pays avec la bénédiction de l’Oncle Sam et de l’OTAN?

Il faut le dire clairement : un travail scientifique crédible doit nécessairement analyser les activités des deux protagonistes et non faire preuve de cécité sélective en faveur de celui qu’on veut soutenir. Le rapport de Graphika montre une faiblesse méthodologique si flagrante que son soi-disant travail « scientifique » n’est en réalité que de la propagande pour un camp choisi, le même qui a été sélectionné par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie dans le but de réaliser un « regime change » en Algérie par le biais du soft power.

Graphika ne s’arrête pas là. Elle va jusqu’à consacrer une section sur le Maroc et la France intitulée « Maroc malveillant, France traîtresse ».

Elle y prétend que les médias de ces deux pays sont des bisounours et que l’Algérie les calomnie. Alors qu’elle attaque les chaines de télévision étatiques algériennes, Graphika présente France 24 comme une chaine inoffensive, ne précisant pas qu’il s’agit d’une des chaines étatiques françaises qui travaille directement avec le Quai d’Orsay  et dont le rôle dans le Hirak a été très partial (pour ne pas dire hostile à l’Algérie) comme expliqué dans un de mes articles publié en 2019. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que son accréditation en Algérie lui a été retirée en juin 2021.

Quant au Maroc, son action belliqueuse et agressive sur les réseaux sociaux contre l’Algérie est passée, elle aussi, sous silence. Il faudrait peut-être rappeler à Graphika l’affaire Pegasus dont elle n’a, bien sûr, pas soufflé mot. Le Maroc n’a-t-il pas espionné 6000 personnes en Algérie, ou est-ce encore une « fake News » des institutions présidentielle ou militaire?

Il fallait s’y attendre. Mohamed Larbi Zitout, un des membres du mouvent Rachad cité dans le rapport Graphika, en a fait ses choux gras dans une de ses interminables logorrhées cyberspatiales.

Ce qui répond tout naturellement à l’importante question : Cui Bono?

Conclusion

Cette étude nous permet de tirer les conclusions suivantes :

  • La société Graphika est financée par des entités directement ou indirectement reliées à l’administration américaine, à l’administration britannique, à l’OTAN et à des organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • La société Graphika ne fait pas d’études pour informer les citoyens. Elle ne s’intéresse qu’aux médias sociaux de pays ciblés par les États-Unis ou par certains pays membres de l’OTAN comme la Grande-Bretagne;
  • Ces dernières années, les principaux pays ciblés par les études de la société Graphika sont la Russie, la Chine et l’Iran.
  • Les études sur la Russie sont très nombreuses et très agressives, ce qui confirme l’influence de l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN;
  • La société Graphika possède des relations avec certains géants du Web, soit directement, soit à travers ses « experts »;
  • La société Graphika collabore directement avec Facebook et lui fournit la liste des pages à supprimer;
  • Ce faisant, Facebook n’est pas indépendante, mais se comporte comme une entreprise impliquée dans la mise en œuvre de la politique étrangère étasunienne et de l’OTAN (Ceci n’est pas nouveau : la collusion entre certains géants du Web et l’administration américaine a été longuement discutée dans mon livre « Arabesque$ » et certains de mes articles);
  • La société Graphika n’a pas étudié les médias sociaux algériens fortuitement. Le timing, le parti pris et les attaques frontales contre les institutions fondamentales de l’État algérien indiquent que cette étude a été commanditée par des groupes ou des états qui favorisent un « regime change » en Algérie et qui y travaillent;
  • Ce dernier point est évident à la lecture du rapport qui présente négativement les institutions étatiques algériennes et positivement ce qu’il appelle « les figures de l’opposition »;
  • Aucune étude n’a par contre été réalisée sur l’utilisation des médias sociaux par « les figures de l’opposition », ce qui enlève toute scientificité au rapport et en fait, par voie de conséquence, un pur outil de propagande contre l’Algérie;
  • Les relations entre certaines « figures de l’opposition » et l’administration américaine (explicitées dans mon livre sur la question) ayant été complètement occultées dans le rapport, on en déduit que Graphika joue un rôle analogue et complémentaire aux organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • Ces trois derniers points indiquent que Graphika, ainsi que les diverses institutions (étatiques ou non) avec lesquelles elle collabore, supportent et soutiennent activement « les figures de l’opposition » contre l’État algérien;
  • Tout cela nous amène à conclure que Graphika est un outil de plus dans l’arsenal du soft power américain, spécialisé dans un nouveau « champ de bataille » qui n’est autre que le monde virtuel des médias sociaux.
  • Les actions menées de manière agressive par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie, combinées à celles des ONG droitdelhommistes ainsi que les attaques de la société Graphika montrent, de manière non équivoque, que l’Algérie est actuellement sous le feu nourri d’une guerre de quatrième génération.                                                                                                                                                                                               Ahmed Bensaada                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Le rapport de Graphika : soft power et guerre de 4e génération contre l’Algérie (ahmedbensaada.com)    

♦ Le long métrage documentaire Hold_Up qui a subi la foudre des médias


Ce film_documentaire, écrit initialement pour les salles de cinéma, est sorti le 11 novembre 2020 sur la plateforme_Vimeo. Ce film avait pour objectif de répondre à une absence manifeste d’informations sur la pandémie, comme aux incohérences nombreuses et inquiétantes des personnes chargées de gérer cette crise. Aucune enquête sur l’origine du virus. Aucune enquête sur le scandale de l’étude frauduleuse du Lancet, destinée à « couler » l’hydroxychloroquine.

Aucune enquête sur l’interdiction soudaine de prescrire un médicament salutaire qui a fait ses preuves depuis plus de soixante ans. Aucune enquête sur les dégâts causés par des mesures pourtant historiques (confinements, masques obligatoires, distanciation sociale, couvre-feu etc…).

Aucune enquête sur les informations fracassantes, sourcées et prouvées du livre du #professeur_Christian_Perronne « Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? », sorti en juin 2020. Aucune dépêche consacrée par l’Agence France-Presse à ce livre-évènement, vendu à plus de 100000 exemplaires. Pourquoi ?

Le tournage et le montage du film ont commencé le 25 Août 2020. Ils ont été finalisés le 9 novembre 2020. Le 6 novembre, une copie du travail est envoyée pour validation à tous les participants du film, ainsi qu’aux souscripteurs d’une campagne de crowdfunding. Le 7 novembre, cette copie de travail se retrouve en accès libre sur tous les réseaux sociaux, alors que le financement et les droits du film ne sont pas bouclés. Le film sort le 11 novembre comme prévu et connaît un vrai succès avec 26000 entrées le premier jour. Le 12 novembre, le journal « Libération » accuse à la Une le film d’être porteur du « virus du complotisme ». Les arguments qu’il utilise contre Hold-Up se sont tous révélés infondés

Le 12 novembre au soir, Vimeo #censure le film, rembourse les acheteurs et se rémunère sur les locations, sans verser aux auteurs les sommes dues. Une censure d’un autre âge, probablement preuve d’un véritable obscurantisme teinté d’escroquerie. Une censure qui ne soulèvera aucune indignation de la part des médias, qui pourtant vivent de cette même liberté d’expression, pilier incontournable d’une démocratie. Dans quel monde sommes-nous entrés.

♦ PfizerLeak : les contrats Pfizer et leurs clauses surprenantes


L’État fera tout pour minimiser, cacher, nier tout effet secondaire pour éviter les poursuites et devoir payer pour Pfizer.Pixabay / FS

Extrêmement contraignants pour les États qui les ont signés, les contrats Pfizer semblent les avoir ligotés. Quelques explications qui s’appuient sur les tweets de Marceau qui a traduit et commenté ces révélations faites sur Twitter.

Bien que les documents qui ont fuité soient en réalité des « drafts » du laboratoire, soit un brouillon, une version non finale, il y a fort à parier que les contrats y ressemblent comme deux gouttes d’eau. Pfizer s’est montré plutôt agressif en essayant de protéger les détails de leurs accords internationaux sur le vaccin COVID-19. Mais en voici une copie. Le document qui est ici épluché a été rendu public par l’Albanie en janvier 2021.

Voir aussi : le document complet en anglais

Tout d’abord, on note que le coût de développement des contrats est très élevé et prend beaucoup de temps (cycles de relectures juridiques). Pfizer, comme toutes les entreprises, développe un modèle d’accord standardisé et utilise ces accords avec des ajustements relativement mineurs dans différents pays. Ces accords sont supposés être confidentiels… Mais comme vous êtes sur le point de le voir, il y a une bonne raison pour laquelle Pfizer se battait pour en cacher les détails.

Pour commencer, parlons du produit : l’accord couvre non seulement la fabrication des vaccins contre le Sars-COV-2 et ses mutations, mais également tout « dispositif, technologie ou produit utilisé pour l’administration ou pour améliorer l’utilisation ou l’effet d’un tel vaccin ».

Si vous vous demandiez pourquoi l’ivermectine a été empêchée, eh bien, c’est simplement parce que l’accord conclu avec Pfizer ne leur permet pas d’échapper à leur contrat, qui stipule que même si un médicament efficace était trouvé pour traiter le Covid-19, le contrat ne peut pas être annulé. Difficile donc, de jouer sur deux tableaux. Vous imaginez les millions de doses payées et vouées à la destruction si un traitement efficace et peu cher devait exister ?

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Approvisionnement en vaccins :

« Pfizer n’assumera aucune responsabilité en cas de non-livraison des doses conformément aux dates de livraisons estimées. Et un tel manquement ne donnera à l’acheteur aucun droit d’annuler les commandes pour toute quantité de produit »
« Pfizer décidera des ajustements nécessaires du nombre de doses contractuelles et du calendrier de livraison dus à l’acheteur (…) sur la base de principes à déterminer par Pfizer (…) l’acheteur sera dans l’obligation d’accepter toute révision »

Pour être clair, « l’acheteur renonce à tous les droits et recours qu’il peut avoir en vertu de la loi », et donc subira les conséquences de produits deffectueux et/ou manquants si cela venait à arriver. La seule façon d’obtenir un rappel est de prouver un défaut de fabrication.
« Pour plus de clarté, l’acheteur n’aura pas le droit de rejeter un produit sur la base de réclamations de service à moins qu’un produit ne soit matériellement conforme aux spécifications ou aux standards de fabrication ». Notons toutefois que c’est une preuve difficile à apporter puisque le procédé de fabrication n’est même pas encore stabilisé.

« Cet accord est au-dessus de toute loi locale de l’État ».

Étudions maintenant ce qui pourrait intéresser les avocats.

« L’acheteur reconnaît que les effets à long terme et l’efficacité du vaccin ne sont actuellement pas connus et qu’il peut y avoir des effets indésirables du vaccin qui ne sont actuellement pas connus ».

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Par ailleurs, il existe des clauses concernant la possibilité de résiliation, mais en tout état de cause, l’acheteur n’a presque rien qui puisse être considéré comme une violation substantielle (même en cas d’inefficacité des vaccins ou en cas d’effets secondaires grave/mortels), tandis que Pfizer peut facilement le faire s’il n’obtient pas son argent ou s’il le juge nécessaire. En d’autres termes, ça marche dans un sens mais pas dans l’autre…

L’acheteur accepte par la présente d’indemniser, de défendre et d’assumer toutes responsabilités incombants à Pfizer et ses filiales (…) suite à des poursuites, réclamations, actions en justices, pertes, dommages, responsabilité, pénalités, amendes, coûts et dépenses… Le monde à l’envers, vous dites ?

L’État acheteur doit défendre Pfizer :

« Pfizer informera l’acheteur des pertes pour lesquelles il demande une indemnisation. Dès cette notification, l’acheteur assumera rapidement la conduite et la défense de ces réclamations indemnisables au nom de « Pfizer ». Cependant, Pfizer aura le droit d’assurer sa défense et l’acheteur devra payer toutes pertes, y compris et sans limitation, les honoraires d’avocat et d’autres dépenses encourues.

Pfizer s’assure que le pays en question paiera pour tout :

« Les frais et dépenses, y compris les honoraires et décaissements des avocats, encourus lors d’une plainte pouvant donner droit à indemnisation, seront remboursés sur une base trimestrielle par l’acheteur. »

Le pays acheteur est presque entièrement responsable et renonce à tout droit d’immunité. Il doit fournir à Pfizer une immunité totale contre toutes les réclamations et toutes les pertes, doit la mettre en œuvre conformément aux exigences légales ou réglementaires, et seul Pfizer peut décider du niveau de protection qu’il juge suffisant.

Par ailleurs, à l’heure où les données de santé de l’individu s’apprêtent à être de plus en plus divulguées et étudiées, la confidentialité du côté des laboratoires ne perd pas de sa valeur. Ainsi, chaque destinataire est tenu de protéger les données et les contrats avec Pfizer, et « ne divulguera les informations confidentielles qu’à ceux de ses représentants qui ont besoin de connaître ces informations confidentielles pour remplir ses obligations en vertu du présent accord ». Le contrat doit théoriquement rester confidentiel pendant 10 ans. Ce qui laisse en théorie du temps pour voir venir les effets secondaires et pour s’en prémunir.

Commentaires de l’auteur : ce contrat est simplement terrifiant et met les États à la merci de Pfizer. Des milliards de doses commandées vont être livrées sans aucun moyen pour les États de stopper l’approvisionnement. Le seul moyen de rompre le contrat est de prouver le défaut de fabrication, ce qui est virtuellement impossible. Le processus de fabrication n’est pas stabilisé donc il est impossible de démontrer que les vaccins ne seraient pas conformes. Pfizer a une immunité totale et n’est même pas responsable pour la non-efficacité de ses vaccins ou de la survenue d’effets secondaires, à court ou long terme. Les montants en jeu sont tels et les risques pour les États tellement démesurés qu’il est à présent aisé de comprendre pourquoi il n’y a pas de pharmacovigilance. Mener d’importantes études sur les effets secondaires des vaccins reviendrait, pour les États, à se tirer une balle dans le pied, puisqu’ils devraient en payer toutes les conséquences.

L’État fera donc tout pour minimiser, cacher, nier tout effet secondaire afin d’éviter les poursuites et devoir payer pour Pfizer. Les États se sont clairement mis au service du laboratoire au détriment de la santé de leurs populations.

Deux questions subsistent :

– Le gouvernement français, après avoir signé un tel contrat avec Pfizer, peut-il nous imposer la vaccination obligatoire pour écouler des livraisons continues de vaccins ?

– Pourquoi les États acceptent-ils de signer de tels contrats ?


Le fil Twitter en français :

Le récapitulatif en un lien : https://threadreaderapp.com/thread/1420017526977749004.html

Auteur(s): FranceSoir

https://www.francesoir.fr/societe-sante/pfizerleak-les-contrats-surprenants-vaccins-pfizer?f

♦ ENORME INFO JEAN_BERNARD_FOURTILLAN – Interview Hold-up complète –


#Malaria, #Sida, #Covid19 créé en labo et breveté depuis longtemps ! . LA preuve que tout était prévu et organisé depuis longtemps et que c’est une guerre contre les peuples

♦ Le sort des Palestiniens est bien compris, maintenant il faut agir


Cérémonie funéraire du Palestinien Mohammad al-Alaami, 12 ans, abattu par des soldats israéliens près de la ville cisjordanien de Beit Ummar à Hébron, en Cisjordanie, le 29 juillet 2021. [Mamoun Wazwaz - Agence Anadolu]
Cérémonie funéraire du Palestinien Mohammad al-Alaami, 12 ans, abattu par des soldats israéliens près de la ville cisjordanien de Beit Ummar à Hébron, en Cisjordanie, le 29 juillet 2021. [Mamoun Wazwaz – Agence Anadolu]

« J’en ai assez de rapporter la même brutalité tous les jours, de penser à de nouvelles façons de décrire l’évidence. »

Ce sont les mots de Mohammed El-Kurd, le célèbre activiste palestinien de Jérusalem-Est. Lui et sa famille sont menacés d’expulsion de leurs foyers. Ils n’ont commis aucun crime, mais sont expulsés uniquement et exclusivement parce qu’ils ne sont pas juifs, et Israël est un État suprémaciste juif.

Mohammed et sa sœur Muna El-Kurd ont bénéficié d’une hausse de l’attention des médias en mai-juin, lorsque la guerre israélienne contre Gaza a été résistée par le « soulèvement de l’unité » palestinien. Maintenant, cela s’est calmé. Mais le sort des Palestiniens reste le même.

« La situation à Sheikh Jarrah n’est pas difficile à comprendre », a écrit Mohammed dans son article d’opinion guardian début cette semaine. « C’est une illustration parfaite du colonialisme colonisateur, un microcosme de la réalité pour les Palestiniens à travers 73 ans de régime sioniste. »

Le sionisme, l’idéologie officiellement sanctionnée – et uniquement protégée par la loi – d’Israël est raciste.

La lassitude apparente d’El Kurd de devoir imaginer de nouvelles façons imaginatives de dire et d’écrire la même chose jour après jour, semaine après semaine, est malheureusement familière à ceux d’entre nous qui font état des injustices commises contre les Palestiniens comme de leur travail.

L’épuration ethnique est une erreur. La suprématie ethnoreligieuse est une erreur. Tuer des enfants est une erreur.

Israël a tué 11 enfants palestiniens en Cisjordanie depuis le début de l’année. Et cela s’ajoute aux 60 enfants de Gaza qu’il a tués au cours de la même période.

Vendredi dernier, des voyous de l’armée israélienne ont abattu de sang-froid un enfant palestinien de 17 ans.

Muhammad Munir Tamimi faisait partie d’un groupe qui avait affronté une bande de soldats israéliens lourdement armés envahissant leur village avec rien de plus que des pierres. Les Israéliens ont même bloqué l’évacuation de l’adolescent grièvement blessé vers un hôpital de Ramallah alors qu’il saignait de ses tripes – ce dont les soldats israéliens ont l’habitude.

Tamimi est mort de ses blessures plus tard dans la nuit.

Mercredi, un autre enfant palestinien a été touché par des tirs de l’armée israélienne.

Mohammad Mo’ayyad Bahjat Abu Sara, 11 ans, a été abattu sous la grêle des balles israéliennes qui ont frappé la voiture que lui-même, son père et sa famille utilisaient pour faire ses courses. Six soldats israéliens avaient fait exploser la voiture avec pas moins de 13 balles, selon des témoins oculaires.

Les médias palestiniens ont publié des photos poignantes de la voiture avec ses épiceries abandonnées, y compris des sacs de pain apparemment recouverts du sang de l’enfant mort.

Comme vous pouvez le voir dans les tweets intégrés ci-dessus, le groupe de défense des droits humains Defence for Children International , la Palestine joue un rôle clé dans la documentation de ces crimes israéliens contre les Palestiniens.

En raison du travail remarquable et essentiel de la DCIP en matière de droits de l’homme dans la protection des enfants palestiniens, Israël a maintenant commis un autre acte de répression contre le groupe.

Aux premières heures de la matinée d’hier, des voyous de l’armée israélienne ont fait irruppir le bureau de la DCIPen Cisjordanie, volant des ordinateurs, des fichiers clients et des disques durs. Le groupe de défense des droits de l’homme a déclaré qu’aucun document n’avait été laissé dans le bureau pour donner une indication sur la raison de la perquisition et qu’il n’avait laissé derrière lui aucune réception de matériel saisi.

Khaled Quzmar, directeur général du DCIP, a déclaré : « Ce dernier acte des autorités israéliennes fait avancer une campagne en cours pour réduire au silence et éliminer la société civile palestinienne et les organisations de défense des droits humains comme le DCIP. »

Le groupe a appelé les autorités israéliennes à mettre immédiatement fin à leurs persécutions des groupes palestiniens de défense des droits humains, exigeant que « la communauté internationale tienne les autorités israéliennes responsables ».

C’est exactement ce qui manque.

Comme Mohammed El-Kurd y a fait allusion, le sort des Palestiniens est probablement l’une des injustices les plus bien comprises, bien expliquées et bien documentées de l’histoire.

Comme il l’a conclu dans son article du Guardian : « Le problème n’est pas l’ignorance, c’est l’inaction. » Il n’y a pas de volonté politique en Occident de demander des comptes à Israël pour ses crimes.

Nous devons agir pour faire en sorte que cela change, et rapidement.Mohammad al-Kurd à Jérusalem le 02 juin 2021. [Mostafa Alkharouf - Agence Anadolu]

Mohammad al-Kurd à Jérusalem le 02 juin 2021. [Mostafa Alkharouf – Agence Anadolu]

Article traduit de l’Anglais

Asa Winstanley

Asa Winstanley

Le sort des Palestiniens est bien compris, maintenant des mesures doivent être prises – Middle East Monitor

♦ Maroc. « Comment j’ai été tracé à Vienne par Pegasus »


Témoignage · Hicham Mansouri, journaliste marocain réfugié en France et membre de la rédaction d’Orient XXI, fait partie des cibles de Pegasus. Il raconte pour la première fois comment au cours d’un séjour privé en Autriche, il a été repéré grâce au logiciel espion et suivi par de probables barbouzes marocains.

Hicham Mansouri aux assises du journalisme à Tours.
© Mathilde ERRARD

Journaliste marocain, membre du comité de rédaction d’Orient XXIHicham Mansouri qui travaille également à la Maison des journalistes de Paris fait partie des centaines de journalistes qui ont été espionnés par le logiciel Pegasus, produit par le groupe israélien NSO. Effectué par le Security Lab, laboratoire numérique hyper-performant d’Amnesty International, l’analyse de son téléphone a révélé qu’il avait été infecté plus d’une vingtaine de fois par le logiciel espion sur une période de trois mois, de février à avril 2021. Hicham Mansouri a quitté son pays en 2016 après avoir passé près d’un an en prison, sous des accusations évidemment bidon d’adultère. Au cours d’un second procès pour « atteinte à la sûreté interne de l’État », il a été condamné par contumace à un an de prison ferme.

Cofondateur avec Maati Monjib de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI) – qui lui aussi a été espionné par Pegasus, comme plusieurs autres journalistes marocains actuellement détenus, Omar Radi (qui a été condamné le 19 juillet à 6 ans de prison), Taoufik Bouachrine et Soulaiman Raissouni, – Hicham Mansouri prépare un ouvrage sur son séjour en détention, à paraître cet hiver dans la collection Orient XXI chez Libertalia.

Si l’enquête de Forbidden Stories a mis à jour une surveillance très récente de son téléphone par Pegasus, ce n’est cependant pas une première pour notre collègue. « J’ai été espionné sur mon nouveau téléphone au printemps 2021. Mais quand j’avais rédigé un article pour Orient XXI sur le Sahara occidental en novembre 2020, j’avais alors appelé un responsable du Polisario. Je n’ai pas utilisé ses propos dans le papier publié, mais juste après un site marocain lié aux services secrets, Chouf TV, m’a accusé de comploter avec le Polisario en citant le nom de mon interlocuteur et le mien. J’étais alors sûr que soit moi soit lui étions sur écoute ».

UNE FILATURE SANS FIN DANS LES RUES DE VIENNE

Mais l’utilisation probable de Pegasus par les services marocains pour tracer Hicham Mansouri a montré l’ampleur de ses possibilités à l’occasion d’un séjour à Vienne du journaliste et de sa compagne. Il nous raconte comment il a été tracé au cours de son escapade privée. « La situation la plus emblématique pour moi remonte à mars 2019. Je venais d’obtenir en France un titre de voyage français de réfugié. On a décidé d’aller à Vienne du 1er au 5 mars avec ma compagne ». Mais le séjour a priori sans histoires va tourner au cauchemar :

Le matin du 3 mars, vers neuf heures, à la sortie de l’hôtel Wombat’s où nous séjournions, je remarque deux types avec des lunettes de soleil, à l’allure typique des barbouzes marocains. Dès que nous commençons à marcher, ils nous suivent. Pour vérifier qu’il s’agit bien d’une filature, on change d’itinéraire, on s’arrête, on s’installe dans un café et on attend un peu. On sort et on continue notre route, on les retrouve un peu plus loin. Mais il nous est impossible de les semer, les deux hommes nous suivent à la trace.

Hicham et sa compagne décident alors d’éteindre leurs téléphones, ignorant que même coupé un portable reste traçable par un logiciel comme Pegasus :

On change d’itinéraire plusieurs fois, raconte Hicham. On finit par s’installer dans un café car on est sûr de les avoir semés mais ils nous retrouvent. Cela a duré toute la journée ! On a fini par aller dans le parc du château de Schönbrunn, et on les a même photographiés au milieu de la foule dans la cour du château alors qu’eux-mêmes nous photographiaient.


Photo prise par Hicham Mansouri à Vienne. Le cercle rouge entoure les deux barbouzes qui se prennent en photo du château de Schönbrunn.

Dans ce grand parc du centre de la capitale autrichienne se trouve un poste de police. « Quand on l’a vu, on y est allés et on a raconté ce que nous subissions depuis le matin. Les policiers nous disent ne rien pouvoir faire mais qu’on peut les appeler si on les revoit et ils nous donnent un numéro de téléphone ». Mais plutôt qu’une contre-filature discrète, Hicham et sa compagne qui ont accepté de reprendre leur promenade malgré l’angoisse voient à nouveau leurs suiveurs sur une colline du parc. Ils appellent alors la police et sont rejoint par une voiture de la police autrichienne dont sortent plusieurs policiers :

Ils nous ont posé les mêmes questions que leurs collègues du poste, ils pensaient qu’on avait peut-être affaire à des racketteurs de touristes. J’explique ma situation, ma nationalité, mon statut de réfugié. Et là direct, les policiers me disent qu’ils vont vérifier tout cela sur Interpol. De victime, je deviens suspect. Ils prennent nos passeports, et on passe quinze minutes difficiles. Ils n’ont rien trouvé, m’expliquent que la loi autrichienne n’interdit pas les filatures, bref qu’ils ne vont rien faire. Ils ont uniquement proposé de contrôler leur identité mais nos suiveurs avaient alors disparu.

Hicham et sa compagne pensent alors que l’alerte est passée :

On quitte les policiers et le parc de Schönbrunn et on prend le métro, on change plusieurs fois de ligne et on finit par sortir pour aller boire un café et se remettre de nos émotions. Nos téléphones sont bien sûr toujours éteints. Et là on croise à nouveau nos suiveurs au centre-ville ! On les voit sur un banc et ils nous font un signe d’au revoir de la main et miment l’envoi d’un baiser à l’adresse de ma compagne.

La filature avait commencé à 9h du matin et il est alors 16h. « Cela a pourri notre voyage, même si ensuite on ne les a plus revus ».

PLUSIEURS JOURNALISTES EN PRISON

Comme Hicham Mansouri, au moins 35 journalistes de 4 pays – dont la France – ont été ciblés par le Maroc et tracés par Pegasus, selon l’enquête de Forbidden Stories relayée par de nombreux titres de la presse internationale. Trois d’entre eux, Omar Radi, Taoufik Bouachrine et Soulaiman Raissouni, sont actuellement détenus au Maroc sous des chefs d’accusation considérés par les organisations de défense des droits humains comme fallacieux. Taoufik Bouachrine, ancien rédacteur en chef d’Akhbar al-Youm, a été arrêté en février 2018 et accusé notamment de viols et d’agressions sexuelles. Plusieurs de ses supposées victimes l’ont pourtant innocenté au cours de son procès. L’enquête de Forbidden Stories révèle qu’au moins deux des femmes impliquées dans cette affaire ont été ciblés par Pegasus, et peut-être victimes de chantage.

Soulaiman Raissouni qui a succédé à Taoufik Bouachine à la tête d’Akhbar al-Youm est lui aussi est arrêté pour des accusations elles aussi suspectes d’agression sexuelle en mai 2020. En juillet 2021, alors qu’il a entamé une longue grève de la faim qu’il poursuit depuis 103 jours, il est condamné à cinq ans d’emprisonnement. Entretemps, leur journal étranglé a cessé de paraître…

Les autorités marocaines ont répondu par écrit à Forbidden Stories, affirmant sans rire qu’elles « ne comprennent pas le contexte de la saisie par le Consortium International de Journalistes » et sont « dans l’attente de preuves matérielles » pour « prouver une quelconque relation entre le Maroc et la compagnie israélienne précitée », à savoir NSO.

Pourtant, des journalistes qui se sont préoccupés de près ou de loin de la répression des journalistes marocains ont également vu leur téléphone ciblé par Pegasus, en particulier en France celui d’Edwy Plenel, directeur de Mediapart. En juin 2019, Edwy Plenel assiste à une conférence à Essaouira, au Maroc et accorde plusieurs interviews pour s’inquiéter des violations des droits humains et des journalistes par le régime marocain. Une autre consœur de Mediapart, Lénaïg Bredoux, a également été ciblée par Pegasus, tout comme Rosa Moussaoui, journaliste à L’Humanité et Dominique Simonnot, ancienne journaliste au Canard Enchaîné et actuelle contrôleuse générale des lieux de privation de libertés.

PEGASUS ET SES NOMBREUX AVATARS

La terrible situation des journalistes marocains emprisonnés comme Omar Radi, Soulaiman Raissouni et Taoufik Bouachine, a directement été provoquée par l’utilisation du logiciel Pegasus, le témoignage d’Hicham Mansouri est sur ce point édifiant. Mais alors que le Maroc a officialisé ses relations diplomatiques avec Israël en décembre 2020, Pegasus a été utilisé bien plus tôt par le régime. Ajoutons que ce logiciel a été mis au point grâce à la surveillance électronique de masse par Israël des Palestiniens des territoires occupés. Outre NSO – en partie contrôlé depuis 2019 par un fond britannico-luxembourgeois, Novalpina Capital mais toujours dirigé depuis Tel Aviv -, de nombreuses entreprises de la high tech israélienne produisent d’ailleurs des logiciels dit offensifs du même type, dont les sociétés Quadream, Candiru et Wintego, et contribuent ainsi à la renommée de la start-up nation dans les milieux de défense et économiques, non sans cynisme.

On sait pour l’instant que parmi les clients de Pegasus on compte – outre le Maroc – les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Bahreïn. Mais combien d’autres pays, combien d’entreprises utilisent plus ou moins discrètement Pegasus ou ses avatars ? L’enquête en cours de publication de Forbidden Stories, menée grâce à la logistique informatique d’Amnesty International, en pointe depuis quelques années sur la dénonciation de la surveillance numérique, devrait apporter beaucoup d’informations. Plus de quatre-vingts journalistes ont épluché depuis plusieurs mois les données de plus de 50 000 numéros de téléphone dans cinquante pays clients supposés de Pegasus.

Le monde que prépare les concepteurs et les utilisateurs de Pegasus est à bien des égards assez « flippant ». Mais il faut rester lucide : la surveillance électronique à outrance de la Palestine par des logiciels offensifs n’a pas réussi à briser le mouvement de colère des Palestiniens en mai 2021. Pas plus qu’elle ne parviendra à réduire au silence les journalistes indépendants au Maroc et ailleurs. On peut surveiller une foultitude de personnes, pas leur interdire de penser.

JEAN STERN

Maroc. « Comment j’ai été tracé à Vienne par Pegasus » (orientxxi.info)

♦ Quand la France rêvait d’un calife pour son empire musulman


Les déclarations de François Hollande à la suite des attentats qui ont endeuillé la France sont symptomatiques de l’ambiguïté du rapport de la République à l’islam. Une équivoque qui se traduit à la fois par un déni de réalité et l’emploi de Français musulmans et des sources islamiques pour l’interprétation religieuse de ce qu’est le « bon islam » pour la République : un islam dirigé par les politiques. Une posture des pouvoirs publics à l’égard de l’islam et de ses institutions, notamment l’institution califale, qui s’inscrit dans la continuité des politiques françaises depuis la fin du XIXe siècle.

Pose de la première pierre de la Mosquée de Paris, avec Si Kaddour Benghabrit (centre).
Agence Rol, 1922 (BNF).

La déclaration de guerre sainte prononcée par les Ottomans au début de la Grande Guerre, corrélative aux débats théologiques dans le monde musulman dont la presse arabe se fit largement l’écho, posait d’une manière inquiétante la question du califat. La possibilité d’une déchéance du calife de Constantinople laissait entrevoir les avantages que la France pouvait en tirer : unifier l’islam de l’empire sous sa propre autorité. Comme il est question de l’unifier aujourd’hui sous la houlette de la Fondation pour l’islam de France d’abord, et par le Conseil français du culte musulman ensuite.

Consciente de l’éventualité de la perte de l’empire dans une guerre européenne, la France appuya dans un premier temps sa stratégie sur la remise en valeur de l’institution califale dans ses possessions musulmanes. L’islam était utilisé dans son sens le plus religieux, c’est-à-dire au sens de la foi, pour parer à toute débandade des soldats musulmans — dont on reconnaissait et louait déjà le loyalisme — et à un éventuel soulèvement des populations musulmanes dans les territoires sous domination française. Et dans sa version mystique populaire, par la sollicitation defatwas de marabouts, de chefs de confréries et de chérifs. C’est encore la voie choisie par les pouvoirs publics français : utiliser les imams pour diffuser dans les mosquées des prêches politiques à la suite de chacun des attentats en France depuis novembre 2015, et des islamologues pour fournir les explications les plus loufoques afin de maintenir les Français musulmans à l’écart des appels au djihad de l’État islamique.

Au début de la Grande Guerre, l’appel au soutien de l’islam officiel, c’est-à-dire aux souverains protégés par la France, fut écarté. D’une part pour ne pas renforcer les pouvoirs locaux ultérieurement, et d’autre part pour éviter d’éventuels soulèvements des populations musulmanes qui auraient vu d’un mauvais œil une alliance avec les puissances chrétiennes contre un État musulman. La discrétion partagée par les États occidentaux et les États musulmans au sujet de la participation de ces derniers à la guerre actuelle contre l’État islamique relève d’une logique identique à celle de la politique musulmane de la France du début du XXe siècle.

La formule autrefois utilisée dans les procès-verbaux de la commission des affaires musulmanes du ministère des affaires étrangères pour justifier la guerre contre l’empire ottoman : « Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple turc lui-même, mais contre les gens qui détiennent en ce moment le gouvernement de Constantinople… Victimes de leur agression nous luttons contre eux et contre eux seuls » ressemble à la raison actuellement donnée pour justifier les bombardements au Proche-Orient et en Afrique : la France n’est pas en guerre contre les populations irakienne, syrienne, yéménite, libyenne ou malienne, mais contre le groupe État islamique, une organisation terroriste qui sème la terreur dans ces pays. Victimes de leurs attaques sur le sol français, nous luttons contre eux et eux seuls.

LE MAROC, CLÉ DE VOÛTE

Bien qu’ancienne, l’idée d’un califat d’Occident dépendant de la France pour unifier sa politique en Afrique du Nord, puis l’étendre aux autres possessions musulmanes, fut exprimée en 1915 par le maréchal Hubert Lyautey, non sans arrière-pensée : il s’agissait de reconstituer un empire à l’image de l’empire romain — plus précisément celui de Constantin – c’est-à-dire bipolaire et dont le Maroc serait la clé de voûte

L’empire chérifien apparaissait aux politiques et aux diplomates français comme « l’homme malade » de l’islam d’Occident, d’où la tentation de reconstituer cet islam d’Occident sur le modèle de l’Église romaine, hiérarchisée et dirigée de fait et de droit par un monarque. Cette perception sera à l’origine de la bipolarité de l’autorité politique au Maroc, avec la construction d’un califat et de son appareil administratif, « le Makhzen », d’abord pour les musulmans du Maroc. Ensuite, il s’agissait d’étendre cet appareil administratif musulman à l’ensemble de l’empire français. L’administration moderne du protectorat fut chargée de l’autorité politique, de l’autorité militaire et des non-musulmans (catholiques et juifs autochtones), ainsi que d’organiser un État moderne et centralisé.

L’idée même de la séparation des pouvoirs temporel et spirituel en pays d’islam effrayait Lyautey. Monarchiste, fervent catholique, opposé à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, Lyautey faisait une lecture catholique du fait musulman et de son évolution : la puissance morale du calife serait beaucoup plus dangereuse pour les puissances chrétiennes, du fait de son dégagement des préoccupations du pouvoir temporel. Le pape était, pour lui, paradoxalement beaucoup plus puissant, sa capacité de ralliement plus importante à cause de l’abandon du pouvoir temporel. Le danger résidait pour Lyautey dans cette aura spirituelle que procure la renonciation à l’exercice du pouvoir. C’est ce qu’il craignait au sujet du chérif de la Mecque soutenu par les Britanniques pour le titre de calife. La sécularisation en terre d’islam était selon lui plus dangereuse qu’un islam cumulant les deux autorités sous domination chrétienne.

Cette proposition d’un califat marocain suscita une fronde chez ceux dont le pouvoir semblait menacé, et en premier lieu le gouvernement de l’Algérie qui voyait poindre les dangers d’une éventuelle application de la loi de séparation des Églises et de l’État aux départements français d’Algérie. Dès lors, le débat sur la question du califat révéla la dimension chrétienne du conflit. Les radicaux de gauche, les défenseurs de la laïcité et de cette loi étaient les plus farouches opposants à la séparation du temporel et du spirituel en islam, puisqu’elle signifiait une perte de pouvoir pour eux aux niveaux local et régional. Cette séparation n’était qu’un leurre, le pouvoir réel demeurant in fine entre les mains de la République et de ses représentants. Ses partisans étaient de fervents chrétiens comme Lyautey ou Defrance, qui soutenaient l’idée de la résurgence de l’empire romain d’Orient, tout en se gardant de faire la même erreur que Rome avec l’édit de Caracalla, supposé avoir causé la chute de l’empire. Toutefois, situation de guerre oblige, le gouvernement élabora une représentation consensuelle des musulmans de l’empire avec la création de la Société des habous des lieux saints de l’islam qui sera chargée plus tard de la construction de l’Institut musulman de la mosquée de Paris — inauguré d’abord par le sultan marocain en 1926 — et de la gestion religieuse de l’islam de France.

La chute du califat ottoman en 1924 et l’absence de nouveau calife dans l’Orient arabe mirent fin au projet officiel d’un califat d’Occident, mais pas à celui de catholiques qui exécraient l’athéisme inhérent à la loi de 1905 et nourrissaient l’espoir d’une restauration chrétienne en France dans le cadre politique de la séparation à partir d’un califat d’Occident. Si, en effet, la loi de séparation des Églises et de l’État a imposé la laïcité en tant que pratique politique et mode de gestion du social par les gouvernants, elle n’a pas pour autant changé les Françaises et Français en individus laïques ou athées. La pratique religieuse s’est émoussée dans certaines catégories sociales, mais pas dans la bourgeoisie, où la foi est restée quasi intacte.

Comme l’ensemble des Français, ces catholiques étaient, à la fin de la seconde guerre mondiale et au début des années 1950, tournés vers la construction européenne, portée par deux autres chrétiens, Charles de Gaulle et Robert Schuman. Ce projet répondait mieux aux attentes d’une restauration qui se satisferait plus d’une démocratie chrétienne à l’image des autres États européens — notamment celle de l’Allemagne — que d’un retour à un régime laïque républicain. Pourtant c’est la question marocaine, à la suite des répressions sanglantes des émeutes de Casablanca des 7-8 décembre 1952 et de la déposition du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef et son remplacement par Mohammed Ben Arafa le 20 août 1953 qui provoqua la véritable scission, dans laquelle furent impliqués les catholiques du Maroc1. Certains intellectuels catholiques et politiques de gauche se scandalisèrent de la répression à Casablanca. Ils menèrent une campagne de presse orchestrée par Robert Barrat, André de Peretti, François Mauriac et d’autres intellectuels catholiques afin d’informer le public français des massacres. C’est à ce moment-là que réapparut le projet d’un califat pour l’islam d’Occident.

LYAUTEY ET MAWARDI

Le projet de Lyautey est entièrement inspiré par la théorie politique de Mawardi, Al-ahkam al-sultaniyya, (Les statuts gouvernementaux), et de son second volet, le principe de nécessité en islam ou darura, théorisé par Ghazali au XIe siècle. Selon ce principe, un calife trop faible pour s’opposer à un envahisseur entérine un état de fait, en confiant le pouvoir temporel à un vizir. Lyautey a joué ce rôle de « vizir usurpateur » ou de « maire du palais » animé par une dialectique religieuse et une logique qui ont dominé l’établissement du protectorat au Maroc : l’introduction par les autorités françaises de la notion hybride d’un « pape musulman » dans le traité du protectorat signé avec le sultan Moulay Hafid en 1912. Les politiques français ont privé le sultan de son autorité temporelle, déléguée à l’administration française.

Or, en 1954, les catholiques du Maroc, la Résidence générale et les coloniaux favorables à la déposition du sultan Mohamed V et partisans d’une administration directe (à l’algérienne) au Maroc dénonçaient cette centralisation de l’État moderne au Maroc qui a fortement contribué à renforcer la puissance spirituelle du sultan, afin de valider une nouvelle politique de centralisation du pouvoir sur l’empire au niveau de la métropole par l’annexion du Maroc aux départements français d’Algérie, le projet d’Union africaine qui se dessine à l’ombre de l’Union européenne depuis 1946 chez les coloniaux ne pouvant être viable qu’à ce prix. Cette proposition repose aussi sur la théorie du califat, non plus sur celle de Mawardi, mais sur celle d’Ibn Khaldoun, dans laquelle est introduite une distinction entre le pouvoir califal, al-khilafa, d’origine divine et révélée, du pouvoir royal, al-mulk, d’origine humaine et rationnelle, donc temporelle.

UN DÉBAT PARMI LES CATHOLIQUES

À l’encontre de la position de Lyautey qui souhaitait un califat fort pour maintenir sous domination islamique l’ensemble de l’empire musulman, on voulut le réduire après la seconde guerre mondiale à sa plus simple expression, l’imamat. Quant au pouvoir politique, il devait appartenir à la République qui, par l’intermédiaire d’une administration forte et directe, devait « jouer le rôle des rois de France, de protéger les humbles, favoriser les communes. »

La prise de position d’intellectuels catholiques et politiques de gauche est symptomatique de la dimension chrétienne des différentes crises marocaines depuis la christianisation avortée des Berbères par le dahir (décret chérifien) de 1930. Ces crises ont constitué autant d’« espaces autres » à un conflit interchrétien sur la monarchie en France, la séparation des Églises et de l’État, l’égalité des dogmes non chrétiens, la légitimité de la christianisation en contexte colonial, la constitution d’une Église musulmane dont le chef serait un calife musulman et une christianisation progressive des autochtones pour les autres.

Elle s’inscrit aussi dans le débat qui agitait les catholiques depuis 1930 sur l’entreprise coloniale, cristallisé lors des semaines sociales de 1948 et 1954, sur fond politique de l’Union française2 et d’accession des Algériens musulmans à la citoyenneté française. À l’époque déjà, l’islam métropolitain et les Français musulmans étaient associés à cette prise de position d’une solution politico-religieuse pensée en dehors d’eux. Les intellectuels catholiques qui avaient réussi à s’associer les anticolonialistes de tous bords créèrent dès 1947 deux associations : le Comité chrétien d’entente France-islam (27 juin 1947) ? par Louis Massignon qui bénéficia du soutien du Vatican jusqu’en 1962 ; et France-Maghreb (juin 1953), par André de Peretti. Ces associations organisaient des prières pour dire la Fatiha (première sourate du Coran) et des jeûnes tous les vendredis à la Mosquée de Paris avec Si Kaddour Ben Ghabrit.

La politique actuelle de contrôle de l’islam et des Français musulmans par l’intermédiaire de la Fondation de l’islam de France, et les débats sur la question de l’identité nationale, la déchéance de la nationalité ou l’espace de la laïcité s’inscrivent dans cet acquis colonial qui dénie aux Français musulmans le statut d’égalité citoyenne tant que leur foi reste musulmane.

JALILA SBAÏ

Quand la France rêvait d’un calife pour son empire musulman (orientxxi.info)

♦ Loi de 1905. Dévoyer la laïcité pour guerroyer contre l’islam


Le conseil des ministres proposera le 9 décembre, date anniversaire de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, un texte « confortant les principes républicains ». Sous couvert de défendre la laïcité, il s’inscrit en faux contre la lettre et l’esprit de la loi de 1905, marquée par un libéralisme assumé par son promoteur Aristide Briand. Et bien étranger à l’idée d’expulsion du religieux de l’espace public que préconisent les campagnes actuelles contre l’islam et les musulmans.

Paris, avril 1905. — Aristide Briand, rapporteur du projet de loi sur la séparation des Églises et de l’État, à la tribune de l’Assemblée nationale

« Il y a le fanatisme religieux et le fanatisme irréligieux, et le second est aussi mauvais que le premier. » Au milieu des éclats de rire, Jules Ferry s’adresse, le 19 avril 1881, au second congrès pédagogique des instituteurs et institutrices publics de France1. Ces propos du fondateur de l’école publique en France éclairent une réalité effacée : la lutte pour la laïcité en France s’est menée sur un double front. D’abord, prioritairement, contre l’Église catholique, une force pesante, arrogante et antirépublicaine qui ne voulait rien céder de ses prérogatives. Mais aussi à l’intérieur du camp républicain, contre ceux qui voyaient dans la laïcité une arme pour détruire non pas le cléricalisme, mais les religions.

Or, à chacune des deux étapes décisives de la longue marche vers la séparation des Églises et de l’État entamée après la naissance de la IIIe République — la laïcisation de l’enseignement, la loi de 1905 —, les gouvernements successifs ont préféré le compromis à l’intransigeance, le dialogue aux invectives, l’évolution des esprits à la guerre civile.

DES CROIX DANS LES ÉCOLES ?

Entre 1882 et 1886, plusieurs lois vont organiser la triple « laïcisation » de l’école : celle des programmes, celle des locaux et celle des enseignants ; mais jamais n’est évoquée la laïcisation des élèves. Avec la loi du 28 mars 1882, l’enseignement primaire devient gratuit et l’instruction obligatoire, tandis que l’enseignement religieux est interdit dans les écoles primaires d’État2.

La transition vers l’école publique se fit fermement, mais en douceur, comme en témoigne l’affaire des crucifix. Fallait-il retirer ces signes religieux des écoles publiques ? Les circulaires ministérielles appelèrent à appliquer la loi « dans l’esprit même où elle a été votée, dans l’esprit des déclarations réitérées du gouvernement, non comme une loi de combat dont il faut violemment enlever le succès, mais comme une des grandes lois organiques qui sont destinées à vivre avec le pays, à entrer dans les mœurs, à faire partie de son patrimoine »3). On décida donc de ne plus installer de croix dans les bâtiments qui seraient construits, de les décrocher là où cela ne posait pas problème et de les maintenir là où les enlever pouvait créer des troubles. Leur élimination complète allait prendre près d’un siècle.

Ferry expliquait la nécessité « d’atténuer, par de sages tempéraments, ce qu’une situation nouvelle peut avoir ou peut paraître avoir de rigoureux ». Comme le remarque l’historien Patrick Cabanel4 : « “Tempéraments”, un mot à comprendre dans son double sens d’adoucissement et de délai : il s’agit d’habituer l’opinion et les mentalités, afin de leur donner ce temps dont ont besoin les réformes et les régimes soucieux de triompher non par la violence de l’utopie, des armes ou des textes, mais par l’inculcation et l’appropriation collectives. » Outre les crucifix, les exemples sont nombreux de ces « tempéraments ». Ainsi, « les devoirs envers Dieu » feront partie pendant deux générations des programmes obligatoires de morale ; une journée (le jeudi d’abord, puis le mercredi) fut laissée libre pour permettre le catéchisme ; la semaine précédant la première communion, les élèves étaient libres de ne pas aller à l’école, etc.

« L’INSTRUMENT DE TORTURE APPELÉ CROIX »

On cite souvent, à juste titre, la lettre aux instituteurs du même Ferry, le 11 mars 1882 : « Si un instituteur public s’oubliait assez pour instituer dans une école un enseignement hostile, outrageant pour les croyances religieuses de n’importe qui, il serait aussi sévèrement et aussi rapidement réprimé que s’il avait commis cet autre méfait de battre ses élèves ou de se livrer contre eux à des sévices coupables. » Qu’aurait-il pensé d’imposer aux élèves les caricatures des journaux anticléricaux La Lanterne ou La Calotte, qui présentaient le crucifix comme « l’instrument de torture appelé croix supportant un macchabée en plâtre ou en métal » ? Ou d’un instituteur qui aurait dénoncé à la police un élève de 8, 10 ou 12 ans parce qu’il chérissait plus Jésus que Marianne, les lois de Dieu que celles de la République ?5

Un rappel s’impose ici : il n’y a pas de définition unique de la laïcité. Plusieurs acceptions de ce concept s’imposent dès son invention, encore plus aujourd’hui où la droite s’est ralliée à cette laïcité qu’elle a combattue avec tant d’ardeur et dans laquelle elle se drape pour monter à l’assaut de l’islam et des musulmans. On peut donc défendre différentes interprétations de la laïcité, en revanche, seules les lois de la République s’imposent à tous. Si certains pensent que la laïcité devrait aboutir à l’expulsion du religieux, notamment de l’islam, de l’espace public, libre à eux. À condition de reconnaître que cela n’a rien à voir ni avec la lettre ni avec l’esprit de la loi de 1905.

SE MANIFESTER DANS L’ESPACE PUBLIC

Plusieurs jugements du Conseil d’État confirmèrent l’interprétation libérale de ce texte fondateur, assurant le droit des Églises à s’organiser comme elles l’entendaient et de paraître dans l’espace public. Ainsi de l’un des premiers conflits auxquels fut confrontée la République après 1905, celui des processions religieuses. Mettant en avant la crainte d’un trouble à l’ordre public, un certain nombre de maires voulurent les interdire : entre 1906 et 1930, 139 arrêtés municipaux en ce sens firent l’objet d’un recours ; ils furent cassés dans 136 cas, comme le furent toutes les décisions de maires visant à interdire le port de la soutane sur le territoire de leur commune. Le Conseil d’État rejeta aussi les demandes de désaffection des églises présentées par les communes, refusa de leur accorder le droit de vente des objets affectés au culte et, dans les affrontements entre maires et curés sur l’utilisation des cloches, limita à l’extrême leur usage pour des motifs non religieux.

Pour qui se replonge dans les débats parlementaires de 1905, d’une très haute tenue, c’est ce libéralisme qui saute aux yeux, celui que défendaient avec vigueur Aristide Briand, rapporteur de la loi et le dirigeant socialiste Jean Jaurès. L’Assemblée repoussa ainsi la proposition visant à supprimer les jours fériés à référence religieuse ou celle qui exigeait que tous les prêtres soient de nationalité française6.

On rappelle souvent l’article 2 de la loi : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », mais on oublie sa seconde partie, qui contredit pratiquement la première : « Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets [de l’État, des départements et des communes] les dépenses relatives à des exercices d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. » D’autre part, la loi prévoit que les édifices du culte — propriétés d’État depuis la Révolution française — seront confiés gratuitement aux associations cultuelles (elles auraient pu être louées), et que leur entretien sera à la charge des communes, des départements ou de l’État. À part cela, l’État ne finance aucun culte !

La laïcité fantasmée n’existe aujourd’hui que dans la tête de ceux qui en font une arme contre l’islam. Rappelons quelques manquements à « la pureté laïque ». La loi de 1905 n’a jamais été étendue à l’Alsace-Moselle (en un siècle aucun gouvernement de gauche ou de droite n’en a été capable, à la suite de quoi la France est le seul État du monde dont le chef de l’État nomme deux évêques, ceux de Strasbourg et de Metz, avant leur institution canonique par Rome !) ; elle n’est toujours pas appliquée à la Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie quant à la Guyane, seul le culte catholique y est reconnu et ses prêtres payés7. Et que dire du fait que le consul général de France à Jérusalem, représentant la République, assiste ès qualités à une douzaine de messes par an, est béni par le prêtre et embrasse les Saints Évangiles 

UNE SEULE ARME, LA LIBERTÉ

Il ne s’agit pas de relativiser la rupture que représente la loi de 1905, l’opposition farouche des milieux catholiques à ce texte en témoigne. Mais comment y répondit le gouvernement ? L’Église française, sous l’injonction du Vatican, rejeta la loi et la création d’associations cultuelles pour gérer les églises. Appliquer la loi votée par la représentation nationale aboutissait à interdire la messe. Au lieu de quoi, on mit en place des dispositions transitoires visant à garantir que la gestion des lieux de culte catholiques serait laissée provisoirement aux prêtres. La loi de 1905 fut amendée le 2 juillet 1907 (personne dans le camp républicain ne pensait qu’il s’agissait d’un texte sacré) pour organiser la continuité des cultes, en attendant un accord qui ne fut trouvé que vingt ans plus tard. Comme le rappelle le député Joseph Caillaux, Briand parvient, « quelque paradoxal que cela puisse paraître, à organiser législativement la tolérance de l’illégalité ». C’est d’ailleurs Briand qui apostrophe la droite et l’Église : « La seule arme dont nous voulions user vis-à-vis de vous, c’est la liberté. »

Si à l’époque on avait exigé de l’Église la signature d’une charte entérinant la laïcité et ses lois ou « les principes républicains » — une notion plus que floue —, ce que l’on exige désormais du culte musulman, le pays aurait sombré dans la guerre civile. Mais les législateurs de la IIIe République étaient plus sages et se seraient bien gardés d’imposer des règles pour le choix des ministres du culte ou leur « labellisation » par l’État. Et pourtant, l’Église était une force autrement plus menaçante, autrement plus dangereuse pour la République que les communautés musulmanes divisées, sans vrai accès aux couloirs du pouvoir, sans relais politiques ou médiatiques.

Aujourd’hui, à travers les déclarations de nombre de dirigeants politiques, les diatribes haineuses de prêcheurs pseudo-laïques qui ont du mal à cacher leur racisme, s’impose une interprétation de la laïcité confondue avec la sécularisation forcée de l’espace public et de ceux qui y circulent. Ils ont fini par convaincre que la laïcité c’est la multiplication des interdits : interdiction des femmes de porter le foulard dans la rue, interdiction pour elles d’accompagner des sorties scolaires, interdiction du foulard à l’université. Et ils se servent de la violence djihadiste pour mettre en cause ces libertés mêmes dont ils se font quotidiennement les chantres. Des interdits ajoutés à des injonctions, des accusations de « séparatisme » associées à de la délation, des mises en demeure couplées avec de la stigmatisation…

Aristide Briand et Jean Jaurès doivent se retourner dans leur tombe.

ALAIN GRESH

Loi de 1905. Dévoyer la laïcité pour guerroyer contre l’islam (orientxxi.info)

♦ Face à la gronde populaire, l’Autorité palestinienne choisit la répression


Depuis le décès de l’opposant Nizar Banat le 24 juin 2021, battu à mort par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP), la Cisjordanie vit au rythme des manifestations demandant le départ du président Mahmoud Abbas. Déjà critiquée pour son immobilisme en mai 2021, l’AP n’est plus qu’un régime autoritaire arabe sans État, collaborant avec les autorités d’occupation.

Hébron, 13 juillet 2021. Des manifestants portent les portraits du militant Nizar Banat et une banderole sur laquelle on peut lire « Dégage Abbas ».
Ahmad GHARABLI / AFP

La mort de l’activiste Nizar Banat le 24 juin 2021 après son arrestation par les services de sécurité palestiniens a suscité une vague de manifestations dans la rue palestinienne, réclamant le départ du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas. Ce meurtre — qui arrive après une tentative d’assassinat à laquelle Banat avait échappé quelques semaines plus tôt — a fait basculer les protestations du monde virtuel vers la rue. L’événement a été un catalyseur contre l’AP, mettant à nu son échec tant sur les plans social, économique que politique. De plus, les pratiques du gouvernement palestinien sont marquées depuis quelques années par des discours et des politiques sécuritaires dont la violence est en contradiction flagrante avec les attentes des acteurs sur le terrain. En retour, les formes de résistances émanant d’une société palestinienne sous occupation ont également évolué.

Les espaces sociaux palestiniens étaient principalement jusque-là un lieu d’expression contre le colonialisme israélien. Mais le contexte des dernières années les a fait évoluer, notamment avec la division interne et la mise en place de deux autorités en conflit : l’AP en Cisjordanie et le Hamas dans la bande de Gaza. Depuis, ces espaces sociaux ne cessent d’être traversés par des affrontements sur des questions comme l’opposition aux négociations et à la coordination sécuritaire avec Israël, les arrestations politiques et les atteintes à la liberté d’expression et aux libertés publiques.

Ces divergences croissantes marquent un fossé qui s’est creusé entre les politiques menées par les deux pouvoirs de Ramallah et de Gaza, et une partie conséquente de la société palestinienne. Cet abîme apparaît également dans les politiques visant à contenir les protestations en les institutionnalisant et en les récupérant, à travers l’apparition de nouvelles formes de censure afin de monopoliser ces espaces sociaux et de les occuper avec les discours et les pratiques des appareils du pouvoir. Ces tentatives de contrôle et de récupération s’inscrivent dans une conception officielle de ce que doit être la « représentation palestinienne », imposée comme la seule voie à même de susciter une quelconque solidarité mondiale. À cela il faut ajouter une neutralisation de la confrontation avec la politique coloniale israélienne et la réduction du combat palestinien à son aspect juridique et symbolique.

Or, depuis le début de la pandémie de la Covid-19, les scandales et les protestations contre les politiques de l’AP se succèdent. Pour contenir leur propagation, le gouvernement a eu recours au confinement, à un durcissement sécuritaire et à des discours moralisateurs. Mais la pandémie a mis à nu la fragilité des structures sanitaires palestiniennes. L’arrivée des doses de vaccin a été tardive et la campagne de vaccination a été entachée d’accusations de népotisme et de clientélisme. Nizar Banat avait d’ailleurs critiqué dans nombre de ses publications sur les réseaux sociaux le transfert des vaccins entre l’AP et Israël. Après une tentative d’assassinat à son encontre, ordre a été donné de l’arrêter.

LE POUVOIR CONFISQUÉ

Certes, la protestation contre les politiques de l’AP ne sont pas nouvelles. La rue palestinienne a connu depuis 2011 des dizaines de manifestations : mobilisations de certains corps de métiers (enseignants, médecins du secteur public), manifestations politiques (opposition aux sanctions contre Gaza, à la coordination sécuritaire avec Israël, aux guerres contre Gaza et aux positions de l’AP) ou contestations sociales (contre la loi sur la sécurité sociale en 2019). Au cours de ces mouvements, les manifestants se sont heurtés aux forces de sécurité.

Mais la mobilisation actuelle s’inscrit dans un contexte différent. D’abord, elle survient après le report des élections qui devaient se tenir en mai 2021, marqué par un accaparement du pouvoir au sein du Fatah et de l’Organisation de libération de la Palestine et la montée des politiques d’exclusion et de répression contre les voix discordantes. Le chef de l’Autorité et ses proches ont désormais le monopole des décisions politiques, marginalisant celles du conseil central de l’OLP qui a appelé à revoir les accords d’Oslo et leurs conséquences, notamment la coordination sécuritaire et les accords économiques avec Israël.

Au cours des préparatifs des dernières élections, des courants d’opposition ont vu le jour au sein du Fatah. De nouvelles structures politiques ont émergé, dont certains à caractère régionaliste, ainsi que des candidats jusque-là inconnus. On a vu également l’émergence d’acteurs dont les discours se sont focalisés sur la réforme intérieure et la lutte contre la corruption et le népotisme.

LES DIVISIONS TRANSCENDÉES

Ensuite, et après de longues années de protestations limitées et de luttes individuelles, ainsi que de faible participation dans les manifestations, les grands mouvements populaires sont de retour. Les luttes quotidiennes dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Salouane et à la Porte de Damas ont suscité une solidarité croissante avec les habitants de Jérusalem. Ces mobilisations ont eu pour conséquence l’élargissement des protestations qui se sont étendues à la Cisjordanie et aussi parmi les Palestiniens d’Israël. De nouveaux acteurs sont entrés en lice, pour la plupart des jeunes porteurs d’un langage militant inédit.

Cette résistance a réhabilité la protestation collective organisée, transcendant ainsi la fragmentation coloniale. Jamais en effet depuis des décennies les Palestiniens ne se sont ainsi unis dans des formes de protestations organisées comme en mai 2021. La question palestinienne est redevenue une cause universelle. Des événements sur le terrain ou en ligne ont été organisés de manière simultanée dans la bande de Gaza, à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur du territoire israélien.

Transcendant la géographie, les classes sociales et les générations, ce mouvement a restauré la cohésion du peuple palestinien entre l’intérieur et l’extérieur. Celui-ci constate que l’administration coloniale use des mêmes pratiques d’arrestations et d’assassinats à l’intérieur d’Israël comme dans les territoires occupés, confirmant la permanence de la Nakba et de ses conséquences à ce jour.

Au milieu de ce tableau, de nombreux jeunes constatent la position de spectateur de l’AP, dont la popularité est désormais à son plus bas niveau. Ils critiquent également le courant dominant au sein du Fatah dont les décisions ne servent qu’à maintenir le statu quo. Celui-ci continue à promouvoir le discours de la négociation, de la solution des deux États et de la menace du recours à la Cour pénale internationale (CPI), et à empêcher tout affrontement avec les soldats israéliens afin de préserver « le projet national palestinien ». Lequel projet se limite à l’attentisme et à l’absence de la moindre action sur le terrain. Tout cela malgré l’échec de la solution des deux États, l’accélération de la colonisation en Cisjordanie et la permanence de la division entre le Fatah et le Hamas. Une situation aggravée par l’extension du népotisme et du clientélisme et la propagation de la corruption, que dénoncent les groupes qui protestent dans la rue.

AVATAR DE L’AUTORITARISME ARABE

La mobilisation qui se poursuit depuis le 25 juin fait face à une répression sans précédent de la part de l’AP. Selon plusieurs organisations palestiniennes des droits humains, les manifestants ont été brutalement agressés à coups de bâtons et de matraques et aspergés de gaz poivre. Ils ont été traînés par terre, des dizaines ont été arrêtés. Des avocats et des journalistes ont été poursuivis. Plusieurs militants et personnalités connues du champ culturel et universitaire ont été agressés, de même que d’anciens détenus dont un grand nombre venait tout juste de sortir des prisons israéliennes. Les organisations de droits humains ont également documenté des cas de torture et d’atteinte à la dignité dans les sous-sols des postes de police.

Selon les témoignages de manifestants largement diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias, des groupes affiliés au Fatah ont harcelé des jeunes filles participant à la protestation. Leurs téléphones ont été cassés et volés et leurs images diffusées. Des groupes étudiants proches du Fatah ont également agressé leurs camarades qui participaient aux manifestations. La symbolique de certaines scènes de répression était particulièrement frappante, comme les pierres lancées par des agents des services de sécurité sur les manifestants. La scène rappelait aux Palestiniens les violences exercées par des soldats israéliens contre les habitants du village de Salim, près de Naplouse, dans les années 1990.

Ces pratiques rappellent également celles de certains régimes arabes autoritaires qui font appel aux baltagiya1 pour réprimer les manifestants. Ces derniers sont accusés de faire le jeu d’intérêts étrangers et leurs revendications se noient au milieu des slogans en faveur du parti au pouvoir. Ici, la défense du Fatah se double de celle du « projet national palestinien » et de la lutte contre la « division ». Le 26 juin, l’AP a mobilisé à son tour plusieurs factions du Fatah ainsi que des éléments des services de sécurité en tenue civile en organisant une manifestation à Ramallah, sans intervention policière. L’idée est ainsi d’occuper la rue pour en chasser physiquement les manifestants qui appellent au départ du président Mahmoud Abbas.

UN FOSSÉ QUI SE CREUSE

Ces mouvements vont-ils se poursuivre ? La société civile, les organisations de défense des droits humains et les associations culturelles ont toutes condamné l’assassinat de l’opposant Banat. De nouvelles manifestations ont eu lieu un peu partout en Cisjordanie le 11 juillet, à l’appel d’organisations étudiantes, de mouvements de jeunes et d’associations féministes. Elles pourraient s’étendre si la répression s’aggrave et si les attaques contre les libertés publiques, la liberté d’expression et d’opinion, le droit à l’opposition et le droit de manifester et de protester se poursuivent.

L’AP récolte les échecs les uns après les autres. Jour après jour, le fossé se creuse entre elle et de larges segments de la population. La mise en place d’une commission d’enquête sur la mort de Nizar Banat, les déclarations garantissant la liberté de la presse et condamnant tout recours à la répression n’ont pas convaincu grand monde. Aucune volonté de changement ne transparaît sur le plan politique. Rien ne se profile à l’horizon pour changer la manière du gouvernement palestinien de gérer la lutte contre la colonisation ou œuvrer à mettre fin à la division inter-palestinienne

ABAHER EL SAKKA

Université de Birzeit.

Traduit de l’arabe par Hamid Al-Arabi.

Face à la gronde populaire, l’Autorité palestinienne choisit la répression (orientxxi.info)

♦ Je révèle la nationalité israélienne d’une sous-préfète : la police me convoque


Journaliste indépendant et fondateur du site d’investigation Panamza, je suis attendu par la police qui veut m’auditionner. Ma prétendue infraction : avoir été « injurieux » et « raciste » en ayant rapporté la nationalité israélienne de Cindy Leoni, ex-bras droit de Valls recasée en sous-préfète. Découvrez le tweet qui me vaut la saisie de la justice.

Et de 9.

9 convocations policières. 

En 7 ans.

Uniquement pour des délits de presse.

Qui dit mieux ?

Quel journaliste d’enquête en France peut se targuer d’un tel score ?

Ce mercredi 30 juin, j’ai reçu la 9ème convocation, encore plus farfelue que les précédentes.

En résumé : une sous-préfète issue du clan Valls a déposé plainte pour « injure à caractère racial« .

Rien que ça.

En cause : mon tweet (qui n’a pourtant pas été supprimé par Twitter, d’ordinaire tatillon sur le sujet) en date du 11 février 2021.

Cherchez l’injure raciste.

Saviez-vous que Macron avait discrètement nommé l’Israélienne islamophobe Cindy Leoni, simple diplômée en lettres, au poste de sous-préfète/@Prefet16 ? https://t.co/x0E1PZfosrhttps://t.co/u7c6SLaI48

À la production: @SOS_Racisme,@GillesClavreul,@manuelvalls, @FPotier_Dilcrah pic.twitter.com/U8DuuVwJB5

Hostile à la validation du mot islamophobie, Cindy Leoni, ex-présidente de SOS Racisme, membre-fondatrice du Printemps républicain et membre du jury du Comité laicïté république (l’un et l’autre notoirement liés à la franc-maçonnerie et obsédés par l’islam), fut la co-présidente du comité de soutien de Manuel Valls, alors islamophobe en chef du Parti socialiste, pour l’élection présidentielle de 2017.

Par décret du Président de la République en date du 26 août 2020, elle est nommée à l’âge de 37 ans sous-préfète, directrice de cabinet de la préfète de la Charente (une scandaleuse et aberrante promotion pour quelqu’un se disant diplômée mais qui n’avait pas -selon Libération- fini sa licence de lettres…).

En 2016, je soulignais un élément d’information discrètement et délibérément occulté à propos de Leoni (qui m’aboya dessus quand son mécène à SOS Racisme -l‘esclavagiste sexuel Pierre Bergé– m’avait attaqué en justice).

CL

Comme le rapportent incidemment la page créee en 2012 d’un site gouvernemental dédié à l’égalité femmes-hommes ainsi qu’un journal de la presse locale, Leoni est d’origine israélienne (ce qui lui confère automatiquement la nationalité israélienne).

1
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Notons également la spécificité de Leoni : une confortable ascension sociale (sous-préfète après avoir été secrétaire genérale de l’inénarrable machine-à-fric-public DILCRAH) pour une citoyenne (dénommée alors Cindy Leoni-Fischer) qui fut rappelée à la loi en 2009, lors de l’affaire Julien Dray, avant d’être dénoncée en 2015 par des policiers pour sa protection jugée abusive (sous prétexte, prétendait-elle, d’être la cible –fantasmée– de la mouvance Dieudonné).

Je reviendrai sur ce nouvel épisode de ma saga personnelle : la persécution policière et judiciaire à mon encontre du clan israélien en France.

HICHAM HAMZA

Auteurfondateur du site Panamza et journaliste d’enquête depuis 2008

Contact : hamza@panamza.com

Pour contribuer aux frais d’avocat, cliquez ICI

» Je révèle la nationalité israélienne d’une sous-préfète : la police me convoque (panamza.com)

♦ Ces saltimbanques du Hirak qui détestent la cause palestinienne


Un jeune palestinien grave le nom de Ryad Mahrez sur le sable

Encore une fois, l’État hébreu montre son vrai visage : celui d’un état raciste, génocidaire et barbare. En plein Ramadhan et à quelques jours de l’Aïd, la violence de son armée a fait des centaines de blessés à Jérusalem et ses bombardements sur Gaza ont causé (à date!) la mort de vingt Palestiniens dont neuf enfants.

Cette sauvagerie confirme les récentes accusations de « crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution » contenues dans un rapport accablant contre l’entité sioniste.

Et, au milieu de ce bain de sang, une voix s’est levée pour signifier sa solidarité avec le peuple palestinien : celle de la star du football algérien et mondial, Riyad Mahrez, qui afficha son clair soutien dans un tweet explicite :

Ce message noble, juste et courageux a reçu un excellent accueil sur les médias sociaux ainsi que sur la blogosphère et de nombreux autres sportifs se sont joints à l’initiative.

Cette fierté offerte au peuple algérien par un de ses plus célèbres représentants a été malheureusement ternie par les réactions abjectes de certains saltimbanques du Hirak.

Ainsi, on a vu celui qui se fait appeler Amir Dz attaquer frontalement le footballeur algérien :

Cet individu avait déjà exposé publiquement son aversion de la cause palestinienne dans une de ses (trop) nombreuses diarrhées verbales dans le cyberespace (je m’excuse auprès de mes lecteurs de leur imposer son langage indécent):

Regardez les 2 premières minutes

(Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo)

Cette hostilité contre la Palestine et sa juste cause a aussi été étalée par une autre « figure » de ce Hirak frelaté en la personne de Ghani Mahdi, un des candidats à la dernière élection présidentielle algérienne. Dans une visite à l’État Hébreu, ce dernier s’est fendu d’un pitoyable discours sur la normalisation avec les sionistes, essayant coûte que coûte de justifier son voyage. Au lieu d’avoir honte, il s’est fait passer pour un héros, versé dans les choses religieuses, politiques et juridiques. Rien que ça.

Ghani Mahdi visite l’État Hébreu

Son discours sur la normalisation : à partir de la 26e minute

(Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo)

Le gourou de Rachad, sir Zitout, a lui aussi mis son grain de sel. Comment pouvait-il s’en abstenir alors qu’il se considère comme « guide spirituel » de sa confrérie offshore? Plus encore, c’est certainement lui qui a donné le la.

Et ce n’est pas tout. Khaled Drareni, le journaliste « autoproclamé » du Hirak (c’est une de ses trouvailles qui m’a été transmise ironiquement via la sulfureuse Radio M) a eu une position analogue en retweetant le post suivant :

Rappelons que Khaled Drareni est l’animateur du Café Presse Politique (CPP) sur Radio M, une émission reconnue pour être la tribune du copinage idéologique. Quant à Radio M, il a été récemment démontré qu’il s’agissait d’un média « barbouze » qui a été financé par le Quai d’Orsay via Canal France International (CFI). Précisons aussi que CFI est une filiale du groupe France Médias Monde qui regroupe France 24, RFI et Monte Carlo Doualiya et qui est un des actionnaires de la chaîne francophone généraliste TV5 Monde. Et, comme par hasard, Khaled Drareni était (est?) le correspondant de TV5 Monde et a été invité, en plein Hirak, dans un forum organisé en partenariat avec le CFI pour discuter, en France, des « mutations dans les médias en Algérie »!

Khaled Drareni est aussi le correspondant de Reporters sans frontières (RSF), un organisme très louche qui prétend défendre la liberté de la presse. Le journaliste Jacques-Marie Bourget, qui connait bien les dessous de cette ONG, l’a qualifiée d’« outil de propagande atlantiste ». Maxime Vivas a, quant à lui, démontré dans un livre intitulé « La face cachée de Reporters sans frontières » (Ed. Aden, Bruxelles, 2007) qu’elle était financée par la National Endowment for Democracy (NED) et l’Open Society de G. Soros.

Il est intéressant, dans ce contexte, de ne pas oublier que RSF a été une des ONG derrière la résolution du Parlement européen contre l’Algérie.

Cette action groupée entre les démocrates ongistes et les islamawistes offshore serait-elle (encore une fois!) le fruit du hasard ou le résultat d’une alliance de circonstance comme expliqué dans mon dernier livre?

Les saltimbanques du Hirak auront peut-être compris, à leurs dépens, qu’ils ont tout faux.

Contrairement à eux, nous aimons Ryad Mahrez, nous avons la Palestine dans le cœur mais nous abhorrons les sionistes et leurs exactions.

Contrairement à eux, qui ont critiqué Ryad Mahrez mais n’ont pas condamné la barbarie de l’État hébreu, nous continuerons à scander, ne leur en déplaise : « Nous sommes avec la Palestine, dhalima aou madhlouma » (qu’elle ait raison ou non)!

Ahmed Bensaada

Ces saltimbanques du Hirak qui détestent la cause palestinienne (ahmedbensaada.com)

♦ Du Conte et De Ghachi s’improvisent maîtres du nationalisme


BOUKROUH Noureddine
Amrane Benhamouda

Je commence mon texte par une citation d‘Elbert Hubbardqui « C’est quelqu’un d’autre qui peut dire à l’escargot comment est sa coquille »

En Algérie la contrefaçon est appelée #Taiwan. Toute chose qui n’est pas d’origine est taiwanaise ! De Gaulle ou de La Fontaine sont des nobles en France car la noblesse se reconnait par le « de » devant le nom. Dès maintenant, le peuple surnomme Ghachi de Ghachi et Conte De Conte. Avec ce « de », ils peuvent vivre en France ou en Angleterre en paix et jouer aux corbeaux nobles.

L’expérience nous démontre que tout ce qui est faux attire les attentions et ne dure pas pour longtemps. Le temps des costumes des clowns du cirque des Ammar est terminé. Le jeu est terminé : Appeler un cochonnet un cochonnet est une condition nécessaire pour ne pas le prendre pour un pingouin.

Le trésor le plus précieux pour nous Algériens est la raison. La raison est connue sous le nom Aql en arabe. Notre grand malheur n’est pas tombé du ciel. Notre malheur n’est pas importé d’ailleurs. Il est le résultat de nos actes. Nous avons perdu le « Aql ». Nous l’avons vendu à bas prix à des gens fantômes qui essayent de faire de notre pays une annexe gérée de Paris ou de Londres.

Je sais que mes émotions sont les vôtres. Nous traînons, tous et sans exception, le nationalisme et le patriotisme dès le berceau dans nos foyers si algériens. Nous algériens, sans distinction de provenance, de condition et de fortune, nous avons dans nos cœurs le même amour pour notre chère Algérie.

Alors que les vents de changement dans le hirak ont arraché certains oligarques et leurs parrains enracinés dans le décor politique, je souhaite rappeler aux grandes gueules qu’on ne s’improvise pas représentants du patriotisme et défendeurs du nationalisme. Hélas ! Nous sommes dans un temps où les médiocres se prennent pour des experts sur les plateaux des écrans vendus. Nous sommes dans un temps où les ignares s’improvisent historiens. Nous sommes dans un temps où n’importe quel farfelu se prétend être un journaliste distingué. Certains confondent commerce par les mots et gouvernance par les actes. D’autres se réfèrent au magazine Paris Match comme référence historique. C’est la fin du temps disait mère.

Nous devons regarder notre passé glorieux avec fierté et dignité. Mettons notre doigt index dans nos oreilles pour ne pas entendre les idioties des farfelus qui racontent leur haine comme référence historique. C’est ainsi que le vrai sens de notre Histoire doit être vu. Bennabi est un algérien musulman modéré et nationaliste de formation scientifique. Il militait pour la renaissance de l’Islam à la fois religieuse et scientifique fondée sur un sens critique essentiel. Par contre, l’émir Abdelkader était un musulman, soufi, cheikh, humaniste, protecteur de son peuple contre la barbarie occidentale, protecteur des chrétiens contre la barbarie islamiste, si noble qu’Abe Lincoln lui a envoyé une paire de pistolets Colt. Messali Hadj est le père du nationalisme algérien sans rival. Boumediene fut président de notre pays. Qu’on le veuille ou non, il était un homme d’Etat au sens propre du mot. Il a laissé ses empruntes sur le patriotisme algérien et occupe une place distinguée dans le cœur des algériens. Ces hommes sont liés, dans la mémoire collective, à la lutte victorieuse pour notre indépendance.

J’ai suivi l’intervention de monsieur Du Conte à El Hayat TV. Il a été présenté comme chercheur et expert en histoire. Quelle abomination ! Quelle honte. L’historien et doyen des historiens algériens, Abou El Kacem Saâdallah, s’est bien marré dans sa tombe aux dires du patron de cette TV.

Coïncidence ou chance, l’Etoile nord-africaine naquit au printemps 1926 et le héros, père de monsieur Du Conte, est né le 31 octobre 1926 à Tassaft Ouguemoun. Monsieur Du Conte ignore que le principal responsable de l’Etoile nord-africaine était Abdelkader Hadj Ali. Il fut secondé par un des militants les plus jeunes Messali Hadj. Monsieur Du Conte méconnait que pour la première fois, du haut d’une tribune internationale, Messali Hadj a exigé l’indépendance de la colonie algérienne et des protectorats tunisien et marocain : L’indépendance de l’un de ces trois pays n’a de chances d’aboutir que dans la mesure où le mouvement libérateur de ce pays sera soutenu par les deux autres. Monsieur Du Conte ne s’est pas arrêté là, il s’est attaqué à l’Emir Abdelkader et à Houari Boumediene. Inutile de répéter les idioties d’un inconnu qui veut attirer l’attention de ses maitres dans le pays qui est la cause de nos malheurs.

En contraste, un crieur public du club des vigilants français, M. Ghachi, n’est pas «LE» disciple, mais «UN» prétendu disciple de Malek Bennabi. Malek Bennabi a eu plusieurs auditeurs libres comme Ghachi. A ma connaissance, Bennabi n’a jamais désigné une personne pour être son héritier ou son fils adoptif. Malek Bennabi n’a jamais délivré un certificat de scolarité à quiconque de ses auditeurs. Il est donc clair que la pensée de Bennabi restera toujours ouverte à toute personne algérienne dotée de raison pour réfléchir et proposer quelque chose de constructive pour la nation. Certaines copies, non conformes, de Bennabi, type Ghachi, nous font prendre les melons de Mila pour des ballons de rugby de Milan. Monsieur Haoran Lenomade lance un bravo à Monsieur Ghachi pour ses interventions bidonnes au club des vigilants français: Dommage que vos concitoyens vous comprennent mal ou si peu ! Je réponds à Monsieur Lenomade : Je n’ai jamais vu ou connu un penseur non compris par ses concitoyens. Ghachi est l’exception qui confirme cette règle.

Le peuple algérien juge l’intelligence d’un politique par la manière habile qu’il possède, par la façon d’emmètre un discours constructif ou un message clairvoyant. Le peuple respecte n’importe quel politicien quand ce dernier étale un savoir sage et bienfaisant. La bonne éducation ne permet pas à un citoyen de n’importe quelle tendance de manquer de respect au chef de l’Etat. M. Ghachi sait que l’offense au président de la République est bien postulée dans l’article 144 du code pénal algérien.

Ghachi a dépassé ses limites ! Il se croit dans une ferme de bétails où il peut liquider ses produits vétérinaires sans factures et sans déclarations douanières. La justice doit appliquer l’article 144 pour appeler à l’ordre monsieur de Ghachi.

J’ai été élevé dans une famille religieuse. Je n’ai pas « de » devant mon nom. Je n’ai que faire de ce titre qui ne satisfait ni mes besoins ni mes nécessités. Je m’intéresse aux familles algériennes et à leurs origines. Je n’ai jamais entendu parler de la dynastie De Ghachiienne qui fut glorieuse durant les temps illustres de l’Islam. Je maitrise le sens des mots en arabe et je sais pertinemment que le « de » mis avant le nom n’est pas une marque de noblesse chez nous. Pour cette raison nous offrons gratuitement un « de » spécial à ce gâchis qui cherche par tous les moyens de nous démontrer qu’il est noble par son affiliation à Paulette Bennabi.

Je conclue par un autre adage qui résume la débâcle dans nos médias: Un corbeau cherchait noblesse. Il se dirigea vers une cigogne et lui demanda conseil. La cigogne lui proposa de changer son plumage en un plumage blanc comme tous les pigeons symboles de liberté. Trouvant ce conseil trop difficile à accomplir, il revient à la cigogne pour lui donner un autre conseil. La cigogne lui répond: Monsieur du corbeau, j’étais diplomate avec vous mais vous n’avez pas compris mon message. Dans le monde des oiseaux, il est difficile pour un corbeau de mauvais augure d’être noble même s’il se couvre d’un plumage de paon.
Dr Omar_Chaâlal
http://opr.news/6efa01d0210624fr_dz?link=1&client=news

♦ L’Etat voyou


Quatrième de couverture

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les États-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18 000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum

L’auteur vu par l’éditeur Ancien fonctionnaire du département d État, Blum nous rappelle que, s’il n’y a pas dé justification au 11 Septembre, il y a certainement des raisons. L’État voyou démontre comment, sous couvert de liberté, de démocratie et de droits de l’homme, les États-Unis commettent des actes criminels barbares, et agissent de la façon la plus belliqueuse qui soit. ISBN-10 : 2841900754 ISBN-13 : 978-2841900756

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https://www.legrandsoir.info/l-etat-voyou.html  

MC Abdul le petit rappeur de Gaza parle au monde entier avec le soutien de musiciens irlandais


« Nous nous sentons tous un peu impuissants en ce moment, et c’est un souci. Ce gamin aime le football et aime Messi, comme n’importe quel enfant irlandais … on penserait que c’est le genre de choses dont il devrait parler, sans avoir peur que des bombes lui tombent dessus».

Mounadil al Djazaïri

Le rap n’est pas ma tasse de thé mais cet article me ferait presque m’y intéresser. Il y est question de musiciens d’une ville irlandaise qui ont pris sous leur aile un gamin qui vit à Gaza et qui chante des textes sur de la musique rap (ou hip-hop, c’est un domaine que je connais mal).

Une vidéo que ces Irlandais ont produit avec Abdalrahman Alshanti, c’est le nom du petit habitant de Gaza, a rencontré un grand succès sur la toile puisqu’elle a fait des millions de vues et a été relayée par des célébrités.

Il s’agit là d’une manifestation parmi d’autres de la solidarité du peuple irlandais avec le peuple palestinien dont, en tant qu’anciens colonisés, ils comprennent bien la cause.

La collaboration de Cork avec le jeune rappeur de Gaza devient virale et attiredes millions de vues

La star du hip-hop DJ Khaled figure parmi les célébrités…

Voir l’article original 591 mots de plus

♦ LES ZARABES ET LES ZEBREUX


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L’état hébreux dépasse les borgnes et rend le monde aveugle : il entaille le droit international et prend des mesures de représailles pour imposer son sens de la démesure. Contrairement à nous autres, il a prouvé à ceux qui en doutaient encore qu’il ne supportait pas le confinement… peut-être parce qu’il est tout compte fait, finement con. Et sa finesse consiste depuis la nuit des temps à prendre les autres pour des cons. Et le pire, c’est que les autres ne font rien pour le contredire.

Je m’en vais décrire les dernières prouesses de son esprit de finesse à travers un jeu d’échecs où l’état hébreu s’évertue à clouer le bec à ceux qu’il met quotidiennement en échec. a- En les enfermant dans une prison à ciel ouvert. b- En les privant du possible, du réel et du nécessaire. c- En les terrorisant sous prétexte qu’ils ne sont que des terroristes. Ce qui est encore plus fin ou plus con, c’est de réduire le conflit israélo-palestinien à une lutte armée entre le Tsahal et le Hamas. Entre nationalisme et terrorisme…bref entre le Bien et le Mal.

La propagande de l’état hébreu, extrêmement adroit ou d’extrême droite, c’est de prétendre que ce n’est pas Israël qui tue des enfants mais le Hamas qui les utilise comme boucliers humains pour émouvoir l’opinion internationale.

Selon Israël, le Hamas sait que ses roquettes n’atteignent que des miettes, il ne les tire que pour attirer sur son peuple, les foudres de guerre de l’armée israélienne et par conséquent les larmes de la ménagère.

L’argument est redoutable. Et ce n’est pas la première fois que l’état hébreu le met sur la table ou sous la table.

Supposons un instant que ce soit le cas : que le Hamas utilise les siens comme appâts… Cela n’autorise pas pour autant le Grand Israël à lui emboiter le pas et à assassiner des innocents, même s’ils lui sont offerts en pâture en guise de nourriture terrestre, en attendant la céleste.

Dans les deux cas de figure : le Hamas en tant que groupe terroriste et l’État hébreu en tant qu’État terroriste deviennent de facto : deux alliés objectifs. La question est plus que d’actualité : Israël a-t-il, en lui, la moindre trace de lucidité pour se croire autorisé à piétiner des fourmis sous prétexte qu’elles rêvent de voir s’éclipser l’éléphant qu’il est devenu ?

« From the river to the sea, Palestine will be free » (« de la rivière à la mer, la Palestine sera libre ») Si et seulement si on la libère de leurs crimes et de leurs châtiments, de leur dialectique de culpabilisation et de victimisation, de leur funeste confusion entre l’éternel et le temporel. Je ne fais preuve d’aucun antisémitisme en sous-entendant que la Palestine n’est plus qu’un jouet entre les mains d’Israël pour amuser ou abuser aussi bien les zarabes que les zébreux.

une info scénario #Palestine #Israël #Hamas #Tsahal #Gaza #Terrorisme #FreePalestine #GazaUnderAttak #SavePalestine Un conflit que l’Occident appuie en catimini ! https://www.lejournaldepersonne.com/2…

♦ BENZEMA : un Français de papier !


Karim Benzema n’est qu’un français de papier nous dit un effronté national qui n’a pas apprécié le retour de l’enfant prodigue au sein de l’équipe de France… Et comme si ce n’était pas assez, il a cru bon de rajouter que notre pays n’a pas besoin de lui. Ah ! Ah ! Ah ! Est-ce qu’on a encore le droit de rire ?

Je vais vous dire, à vous autres ténors de la France profonde : Ravier, qui rime avec gravier, Zemmour qui rime avec basse-cour et Messiah qui rime avec Ah! Ah ! Détrompez-vous pauvres idiots et permettez-moi de vous dire que votre culture éthique n’a d’égale que votre inculture politique. Pour être claire, vous vous trompez d’adversaire, vous ne voulez pas de la paix mais vous êtes incapables de faire la guerre…

Benzema est peut être un français de papier, mais vous vous êtes des français en papier plastifié dégradant et non dégradable pour que nul n’efface la trace de votre nationalité bien ou mal acquise…comme votre terre promise. Sur le plan strictement sportif pourquoi diable Deschamps a-t-il rétropédalé en reprenant Benzema après avoir juré ô grand dieu qu’il ne le ferait jamais ? Je vais vous le dire sous le sceau du secret pour deux raisons : La première est pragmatique, la seconde est pathétique.

La première : nous sommes à quatre semaines de la coupe d’Europe des nations et on va entre autres, devoir se mesurer d’emblée à deux favoris ou presque : l’Allemagne et le Portugal en phase éliminatoire.

Or Deschamps qui sait plus que n’importe qui, que tout ce qui brille n’est pas or, s’est rendu à l’évidence lors des 2 derniers matchs de l’équipe de France que son équipe n’a pas vraiment de fond de jeu, que sa ligne d’attaque n’a pas de véritable avant centre et que son toutou de Giroud est un peu au bout du rouleau, il n’a presque plus de temps de jeu à Chelsea… et que le brillant Griezmann ne peut être à lui seul une plaque tournante pour Mbappé comme l’a été Benzema pour Cristiano Ronaldo.

Ce sont toutes ces carences mises ou remises au goût du jour qui l’ont poussé à faire amende honorable et à cesser de prendre l’algérien pour une quantité négligeable ou exécrable comme l’a laissé entendre la presse de caniveau après l’affaire de sexe-tape.

Il l’a donc rappelé de toute urgence, parce que malin comme il est, il s’est vu écarté de la compétition de l’euro d’une manière précoce. Pour un compétiteur comme lui, c’est atroce pour ne pas dire la pire des atrocités pour quelqu’un qui a flirté avec le sommet au gré de son destin…

Mais ce que vous ne savez pas Messieurs les procureurs c’est que Benzema n’a pas été rappelé pour joindre l’utile à l’agréable, mais pour jouer le rôle d’un capitaine incontournable pour rendre l’équipe plus sortable c’est-à-dire plus combative, plus compétitive et surtout moins ennuyeuse et rébarbative comme elle le fut lors du dernier mondial, notamment contre la Belgique.

Benzema n’est pas le messie du Barça, ni le Mbappé du PSG. Ce n’est pas un coéquipier parmi d’autres, bon joueur parmi d’autres, c’est le plus fidèle serviteur dont une équipe puisse disposer. Il incarne à lui tout seul l’esprit d’équipe… chacun de ses gestes rappelle à ses coéquipiers que le football n’est pas un sport individuel mais fondamentalement un sport d’équipe. Le bon état d’esprit de celui qui sert les autres avant de se servir… au Real Madrid, il est depuis deux ans, combattant suprême… le plus grand et le plus digne serviteur du Real Madrid. Voilà pourquoi la France a plus besoin de lui que lui d’elle…

La deuxième raison est pathétique : Deschamps a senti le soufre à la veille de l’euro. Et il a dû se dire que s’il échoue ; non seulement on lui reprochera de s’être dispensé d’un Benzema… mais il a dû se dire surtout qu’on le remplacera aussitôt par meilleur que lui, par l’autre algérien de service : Zinedine Zidane qui reprendra sur le champ le flambeau avec Benzema comme pivot pour gagner le mondial au Qatar… ce qui éclipsera définitivement la légende de Deschamps.

À Deschamps on ne peut lui en vouloir d’en vouloir toujours davantage quitte à remettre en question cinq longues années d’abstinence et d’obstination. Mais ne me dites pas s’il vous plaît, que c’est parce que Monsieur place l’intérêt de la France au-dessus de ses propres intérêts… parce que je n’en croirais pas un traître mot… Nietzsche vous dira, ce n’est rien que de la volonté de puissance… celle du faible qui est prêt à tout pour redevenir fort et mettre fin à ses souffrances.

En conclusion messieurs, la France a plus que jamais besoin de Benzema… mais en revanche, elle n’a vraiment pas besoin de vous… même si vous passer votre vie à lui courir après… Parce qu’elle est trop belle pour vous !

#Benzema#Ravier#Zemmour#Messiha#France#bleus#Deschamps#listedesbleus#equipedefrance

Pourquoi diable Deschamps a-t-il rétropédalé en reprenant Benzema ?

https://www.lejournaldepersonne.com/…/benzema-un…/

♦ La Palestine est vivante et refuse de se draper de linceul.


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On ne peut être amoureux des effluves du Moyen-Orient, fantasmer ou être féru de son Histoire et se moquer en même temps du sort des palestiniens. La richesse de cette terre de Palestine, ses oliviers, ses sources datant des temps bibliques, ses tombeaux ancestraux, sa mémoire et ses mythes sont inséparables du peuple palestinien.
Le vieux peuple palestinien a créé l’Etoile de Ghassul, recopier la Bible, édifié des temples d’El Qods et de jabal jirzim, les palais arihaan (jéricho) et de alsaamira ( Samarie), les églises du Saint-Sépulcre et de la Nativité, les mosquées de Haram Al Cherif, les ports de Césarée et de Akka, les châteaux de Monfort et de Belvoir. Les palestiniens ont marché avec le Prophète Aïssa (AS), combattu et vaincu Napoléon et bataillé vaillamment à Karameh.
Dans le sang des palestiniens se mêle celui des guerriers égéens, de Béni Israël, des héros entourant le Prophète Dawud (AS), des premiers apôtres de Aïssa (AS), des cavaliers arabes, des croisés normands et des chefs turcs. Un peuple dont coule dans ses veines de telles richesses, ne peut mourir. Rothchild devra repasser !
Le feu palestinien n’est pas éteint : la poésie de Mahmoud Darwich, la lucidité d’Edward Said, la ferveur de ceux qui défient la mort pour prier sur le troisième lieu Saint de l’Islam le 27e jour du mois sacré du ramadan, le formidable courage et résistance jour après jours avec un monde pourtant qui tourne le dos, le démontrent !
La solution de deux États est une supercherie. Sans les palestiniens, c’est toute la terre qui disparaîtra. Chose qu’on observe actuellement. On aime louer les kibboutzim ayant transformé le désert du Negev en oasis fleurissant. Sauf que rien n’est plus éloigné du réel. L’eau des rivières est empoisonnée, les sources se tarissent, des champs sont travaillés par des chinois ou des soudanais emportés, et des enfants sont emprisonnés dans des ghettos.
L’utopie sioniste s’est effondrée malgré toute l’aide financière, divers lobbies et complicité implicite de la communauté internationale. Le rêve de rassembler les juifs du monde entier est en train de se briser. Paradoxalement, ceux qui cultivent encore quelques traditions juives sont isolés, et disparaissent peu à peu.
La seule porte de sortie, voir rédemptrice de ce groupe disparate vivant dans un mythe corrigé du dernier Testament, tout en important à la fois des millions de roumains, de russes, d’ukrainien, de thaïlandais et d’africains, qui prétendent avoir des origines lointaines juives, est la fondation d’un seul et même État avec deux communautés vivant côte à côte.
L’unique solution est un pays unifiée après le démantèlement de l’apartheid sioniste, comme nous l’avons observé en Afrique du Sud. Un État qui assure des droits égaux à toutes les communautés. Et pour tous les palestiniens, natifs et adoptifs !

Publié par Karim Bouaziz