♦ CONVIÉ À UNE RENCONTRE STRATÉGIQUE MAKHZANO-SIONISTE A RABAT : Rachad pactise avec l’ennemi contre l’Algérie


Avidor-Zitout

Le processus de normalisation du royaume du Maroc avec Israël ne s’arrête pas « en si bon chemin ». Après l’officialisation des relations et le rétablissement des relations diplomatiques, aux dernières nouvelles, Rabat s’apprête à conclure un partenariat d’ordre stratégique avec Tel-Aviv.

Ce qui n’est pas surprenant pour deux régimes d’essence même colonialiste et expansionniste. Pas plus que l’est, en tout cas, l’invité surprise à cette curieuse rencontre, en préparation en vue entre l’Académie du Maroc et le Centre des études stratégiques en Israël, et qui n’est autre que le mouvement Rachad…
C’est dire, l’association d’un courant traditionnellement hostile à l’Algérie et à ses institutions dans cet axe du mal Makhzen – Mossad pour élaborer une stratégique d’attaque visant à mettre à genou le pays dont la position sur les peuples opprimés, les Sahraouis et Palestiniens à savoir, leur reste en travers de la gorge. Pas que, en tournant de nouveau son viseur contre l’Algérie, le Makhzen tente pas tous les moyens de se détourner de la réalité de la mal-vie dans le Maroc profond, dont la population a fini par rompre le mur de la peur à travers des manifestations que chaque jour que Dieu fait à travers le pays.
En effet, apprend-on de nos sources, un partenariat stratégique est en train de se construire entre les deux organismes marocain et israélien, dont le chef d’orchestre n’est autre qu’un ancien chef du Bureau commercial d’Israël au Qatar, en la personne de Elie Avidor. Celui-ci, et en toute vraisemblance, est attendu à Rabat après le mois de Ramadhan pour y animer une conférence politico-académique au Centre marocain des études stratégiques. Un rendez-vous auquel le mouvement pro-terroriste Rachad, dont les animateurs continuent à verser leur venin contre l’Algérie et ses institutions, ont été conviés. Sur ce, nos sources restent formelles : en l’invitant à cette rencontre stratégique, l’axe makhzano-sioniste veut de nouveau missionner Rachad pour le besoin de sa propagande et son plan de déstabilisation visant directement l’Algérie.
Ainsi, le Royaume du Maroc qui vit des graves crises sans précédent, à tous les niveaux, politique, économique et social entendre, poursuit ses manœuvres pour essayer, encore une fois, de déstabiliser le pays qui résiste contre vents et marées à la hantise vague de normalisation avec l’État sioniste, son peuple et ses institutions.
Au-delà c’est cette même Algérie, à travers sa diplomatie dont la verve et l’influence retrouvées, qui revient sur la scène régionale et internationale, depuis notamment l’élection du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la tête de l’État, qui dérange tant le roi Mohammed VI et son régime. Autrement, le Makhzen fait tout pour saper les efforts de l’Algérie en ce sens qu’ils contribuent au processus de la libération des peuples sahraoui et palestinien.
Farouk Bellili

CONVIÉ À UNE RENCONTRE STRATÉGIQUE MAKHZANO-SIONISTE A RABAT : Rachad pactise avec l’ennemi contre l’Algérie | (lecourrier-dalgerie.com)

♦ Israël, Cour pénale internationale et ONG


Le Dr Christophe Oberlin est l’un des plus éminents spécialistes français de la chirurgie réparatrice. Grand témoin de la souffrance des Palestiniens enfermés à Gaza, où il séjourne trois fois par an depuis 2001 dans le cadre de ses missions humanitaires, il s’attache à faire connaître le point de vue des victimes au travers de ses nombreux  ouvrages, articles et conférences.*


De nombreux médias français relatent l’événement que constituerait la dénonciation d’un apartheid israélien par l’ONG Nord-américaine Human Rights Watch. C’est faire peu de cas de l’ouverture d’une enquête de la Cour Pénale Internationale sur la « Situation dans l’Etat de Palestine » le 3 mars 2021. Et c’est aussi donner aux ONG une importance qu’elles n’ont pas.

Par Christophe Oberlin

7 MAI 2021

A la suite de l’Agence France Presse, de nombreux médias français reprennent l’événement que constituerait la dénonciation d’un apartheid israélien par l’ONG Nord-américaine Human Rights Watch. C’est faire peu de cas d’un autre événement, historique celui-là, qui est l’ouverture d’une enquête de la Cour Pénale Internationale sur la « Situation dans l’Etat de Palestine » le 3 mars 2021. Et c’est aussi donner aux ONG une importance qu’elles n’ont pas.

Les organisations non gouvernementales jouissent dans nos pays d’une aura quasi-institutionnelle.  Elles jouent un rôle indéniable de lanceur d’alerte. Les grands médias leurs sont largement ouverts : n’étant par leur intitulé liées à aucun gouvernement, leur point de vue serait forcément impartial. Les exactions qu’elles dénoncent ne se limitent pas aux pays du sud. Représentées par des personnalités respectées, elles afficheraient toutes les garanties d’honorabilité et de probité. Leur existence même nous rassure. A y regarder de plus près, certaines de ces qualités sont aussi des défauts. La visibilité extrême des ONG tend à faire accroire au public quelles sont les garantes, voire les dépositaires du droit international. Etant jugées indépendantes, elles seules seraient à même de rétablir le droit face aux structures étatiques ou supranationales qui seraient soumises aux contingences politiques et donc corrompues.

Rien n’est moins sûr. Une ONG ayant pignon sur rue déclarant que la Cour Pénale Internationale n’est pas faite pour la Palestine[1]. La plus grande association américaine laissant gravir à des postes de direction sur le Proche-Orient un militant sioniste zélé[2]. Telle autre hésitant longuement pour savoir si la ségrégation dont sont victimes les Palestiniens israéliens peut être qualifiée d’apartheid.

Le principe associatif est de permettre à des individus de bonne volonté de s’associer pour promouvoir une activité, souvent à caractère social. Se trouvent ainsi agrégées des personnes fidèles à la cause, mais sont-elles nécessairement compétentes ? La gratification personnelle qui en découle ne prend-elle pas parfois le pas sur la cause elle-même ? L’ONG grandit, et il faut alors des financements pérennes. Et voilà que l’ONG s’institutionnalise, embauche des communicants, court les plateaux de télévision, lève à grand bruit des fonds pour des causes qui ne sont pas toujours claires. Certains lieux stratégiques, comme le Parlement européen ou la Cour Pénale Internationale, sont véritablement assiégés par leurs représentations. Un lobbying qui coute cher, et pose évidemment la question du financement. A ce niveau ce ne sont plus de petits donateurs retraités.

Que dit le droit ? Un parti politique est représentatif à travers ses électeurs, comme les syndicats dans les entreprises. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, une ONG type « droit de l’homme » ne représente pas les victimes d’atteintes aux droits de l’homme. Elle représente les adhérents à jour de leur cotisation.  Or dans le cas des grosses ONG, la part des cotisations ne représente qu’une infime fraction des revenus. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) à laquelle est affiliée le PCHR (Palestinian Commitee for Human Rights) annonce un budget de 9 millions d’euros, et son rapport annuel 2018 précise :  1,7% de cotisations et 98,3 % de subventions. Dans la rubrique « Qui nous soutient ? », aucun chiffre mais une simple liste : essentiellement des Etats occidentaux et des fondations pour les plus grosses liées à la finance. Où est l’indépendance ? S’agissant des procédures lancées par la Palestine devant la Cour de Justice de l’Union Européenne ou la CPI, un objectif essentiel est de consacrer la souveraineté et la qualité d’État devant une juridiction internationale. Or les ONG les plus puissantes se positionnent souvent en remplacement des structures publiques, accréditant l’idée que l’Etat est défaillant à remplir ses obligations, marginalisant le rôle politique attendu des Etats. Bien sûr les ONG peuvent participer, en marge et à titre informatif, à l’élaboration de l’opinion des juges, mais en aucun cas elles ne peuvent se substituer aux juges et aux avocats des victimes, aux systèmes judiciaires dont se sont dotés les Etats. Sur le plan juridique, il y a un saut qualitatif entre les professionnels et une association non gouvernementale. D’où de grossières erreurs. Comme ces ONG reconnues qui, à l’occasion de crime de guerre commis en Palestine, réussissent à convaincre les victimes de porter plainte auprès de la Cour suprême israélienne : sollicitation qui bloque toute possibilité de plainte en direction de la Cour Pénale Internationale puisqu’une juridiction locale prend en charge l’affaire[3].

Plutôt que de nous intéresser au rapport de telle ou telle ONG, observons la couverture médiatique de l’événement constitué par l’ouverture d’enquête par la Procureure le 3 mars 2021, décision précédée le 5 février d’un jugement de la Cour reconnaissant l’Etat de Palestine et la souveraineté du peuple palestinien sur son territoire. Une lecture fondatrice, qui détruit la légende de Palestiniens condamnés à trouver leur avenir à partir de négociations avec Israël. La relation dans les médias de ces deux décisions judiciaires est singulièrement différente en Israël et en France.

En Israël :

Dans les jours qui suivent l’annonce de l’ouverture d’enquête, le contenu des médias israéliens marque une évolution rapide. Le déni, voire l’insulte, sont progressivement remplacés par une meilleure information juridique avec son corollaire qui est l’inquiétude. Le président israélien fait le tour des supposés amis politiques notamment européens. Il reçoit de cordiaux messages de soutien mais suscite autant de déclarations en faveur de la justice internationale.  Une lettre, envoyée par le Premier ministre britannique Boris Johnson à deux Lords inquiets[4], évoque irrésistiblement la duplicité de la déclaration Balfour de 1917, énonçant sur la même page une chose et son contraire : condamnation de la décision de la Cour et confiance renouvelée dans la justice internationale représentée par la même Cour !  A la veille de la réponse attendue des dirigeants israéliens à la question de savoir s’ils vont faire jouer, ou pas, le principe de subsidiarité, signe d’une certaine agitation, la version numérique du Jérusalem Post ne publie pas moins de trois articles dans la même journée : à 13h le journal annonce que, malgré plusieurs réunions animées, le cabinet du Premier ministre n’a pas réussi à élaborer une réponse à Fatou Bensouda ; à 15h le journal traite Fatou Bensouda de « canard boiteux » et place ses espoirs dans le changement de procureur à venir[5] ; à 18h il annonce qu’Israël refusera toute coopération avec la CPI.   Et on épluche le passé du prochain procureur, sans y trouver quoi que ce soit augurant qu’il pourrait « laisser tomber l’affaire ».

En France :

L’ouverture d’enquête, une fois révélée, est suivie d’un silence assourdissant. On se contente d’insister sur les réactions israélienne et nord-américaine, qui sont du domaine du politique et du diplomatique, alors qu’une phase judiciaire est enclenchée. Les déclarations du département d’Etat et du président américain déclarant que la CPI doit se réformer, et que seule la saisine par le Conseil de sécurité ne devrait subsister, ne sont pas commentées. Alors que le droit de véto des membres permanents reviendrait alors à supprimer la CPI !  Point d’articles de fond concernant les aspects purement juridiques, comme si la séparation des pouvoirs n’existait pas. Or elle existe.  Président des Etats-parti et procureur sont élus par l’Assemblée générale des représentants des 123 Etats membres. Le Conseil de sécurité ne peut, au maximum, que retarder d’un an une ouverture d’enquête[6], mais pas l’empêcher. La machine judiciaire est aujourd’hui en route, nommément sur trois dossiers : la colonisation de la Cisjordanie (colonisation et apartheid constituant les deux faces d’une même pièce), les victimes de la guerre de 2014 et des « Marches du retour » de 2018.  Oublions la recommandation d’une ONG qui, au mépris du bon sens, exige de l’ONU la création d’une « commission d’enquête internationale ». Et observons la réalité en face : pour la première fois depuis le démembrement de l’empire Ottoman les Palestiniens vont pouvoir faire entendre leur voix devant une cour pénale.

Christophe Oberlin

[1] Voir Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale – L’enquête, Christophe Oberlin, Editions Erick Bonnier, p 21

[2] Voir L’Echange – Le soldat Shalit et les Palestiniens, Christophe Oberlin, Editions Erick Bonnier p 60-61

[3] Principe de subsidiarité, article 17 du Statut de Rome.  Déclencher des enquêtes locales, avec pour effet de bloquer les enquêtes correspondantes par la CPI en attendant de pouvoir évaluer si ces procédures ont été menées équitablement.

[4] https://www.theguardian.com/world/2021/apr/15/palestine-condemns-boris-johnson-opposing-icc-israel-investigation

[5] La Gambienne Fatou Bensouda termine son mandat en mai 2021 et sera remplacée par le Britannique Karim Khan

[6] Et après avoir obtenu le vote d’au moins 9 des 15 membres du Conseil.


*On peut commander ses ouvrages en cliquant ici

Source: Le blog de Christophe Oberlin

♦ Comprendre la « goebbelisation » de Libération en 10 épisodes (et au dixième je cafte un secret, sans remords)


Qu’est-ce que Libération qui diffuse des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?

1er épisode. Où je suis moins crédible que Nabilla
Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit sur moi (pas sur mon livre, hein !) : « Deux ouvrages sur Reporters sans frontières lui ont valu, en 2008, un conflit avec Robert Ménard et des mentions dans la presse régionale française et sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, lequel préfacera un de ses livres en 2011. Ce qui ne le rend pas pour autant « célèbre » – son compte Twitter vient juste de dépasser les 2 000 abonnés ».

La célébrité (et donc la crédibilité ?) mesurée au nombre abonnés sur Twitter ! Avec deux ans de moins qu’elle sur Twitter et sans écrire dans un quotidien aussi médiatisé que Libération, j’ai à ce jour le même nombre d’abonnés qu’elle (mais moins que Nabilla, j’admets).

Mon « conflit » avec Robert Ménard ? En fait, quatre menaces de procès !

Des « mentions dans la presse régionale française »  ? (chez les ploucs du « fin fond de la Corrèze ? »). Mon livre sur la face cachée de Reporters Sans Frontières été traduit en espagnol et sélectionné pour le prestigieux prix « Lire la politique » dont les jurés sont les directeurs ou rédacteurs en chef des 17 plus grands médias nationaux. Le président du jury était Régis Debray. J’ai refusé le prix par avance.

Qu’est-ce que Libération qui diffuse des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?

2ème épisode. La « caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage »
Dans son article « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux dit de moi : « Sur le site du Grand Soir, « journal militant d’information alternative d’extrême gauche dont il est administrateur, il rédige de longs éditos au vitriol contre tous ceux qu’il affilie à l’« atlantisme », qualifiant Libération de « caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage »…
« Militant, extrême gauche, vitriol », tremblons. Notons bien qu’elle ne parle toujours pas de mon livre, pourtant objet de l’interview sollicité.

En discussion hors interview, puis par un mail, je lui avais pourtant dit que si j’avais écrit ça quelque part, je le regrettais et que je le retirais. Mais puisqu’elle pense qu’il faut malgré tout le publier, je peux l’améliorer : « Libération est la caisse dans laquelle le félin Goebbels se soulage et que personne jamais ne nettoie. Ça pique aux yeux » . Car (j’ai recherché) ma phrase figurait dans un article pour fustiger une belle déjection de Libération, tronquant une phrase d’Hugo Chavez pour en faire un antisémite.

Confondu par Romain Migus, un journaliste en poste à Caracas et aujourd’hui administrateur du Grand Soir, Libération refusa de débarrasser son plancher de la crotte Goebellienne.

Qu’est-ce que Libération qui diffuse des fake news sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?
3 ème épisode. Génocide à tout prix

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit : « Faisant fi des critères établis par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide signée par les Nations unies en 1948, il est persuadé qu’il ne peut y avoir de « génocide » puisqu’il n’y a pas d’« extermination ».

Récuser le terme de « génocide », c’est exactement ce que font aujourd’hui à Washington des avocats du Département d’Etat, une tribune du Washington Post (j’y reviendrai) et deux prestigieux nord-américains de réputation mondiale. L’un est un économiste proche de nombreuses administrations démocrates US. Il est considéré comme l’un des cent intellectuels les plus influents au monde. Il a été le conseiller de plusieurs secrétaires généraux des Nations Unies dont Antonio Gutteres. L’autre est un professeur de droit de réputation mondiale, un spécialiste écouté aux Nations Unies sur les questions de la torture, de la peine de mort et du génocide.

De surcroît, la banalisation du mot « génocide » ne peut que réjouir les nostalgiques du IIIème Reich.

Qu’est-ce que Libération qui diffuse des fake news sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?
4ème épisode. Un parfum de CIA

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux écrit que, pour moi, la vague de propagande antichinoise n’est qu’« une imposture au discret parfum de CIA », « manigancée par les Etats-Unis et relayée par les politiciens et les médias français… ».

La CIA à l’origine de cet enfumage mondial sur les Ouïghours ? C’est exactement ce qu’a révélé le colonel Lawrence Wilkerson, ancien chef d’état-major de Colin Powell.

Qu’est-ce que Libération qui diffuse des fake news sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?
5ème épisode. Les ouïghours exécutés pour prélèvements d’organes

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux me reproche de contester des mensonges publiés sur des réseaux sociaux (moins fiables que les médias subventionnés) : « Prouver que ces rumeurs, parfois assez relayées, comme le prélèvement d’organes, ne sont pas prouvées, sont imprécises ou sont inventées, lui suffisent (sic) pour délégitimer tout le reste ». Pendant l’interview, elle avait soutenu que Libération n’avait pas relayé l’affreux bobard des prélèvements d’organes. Elle persiste dans son article. Lisons donc la tribune de Libération le 2 octobre 2019. Titre : « La France doit s’engager contre le prélèvement forcé d’organes ». Avec un paragraphe ainsi intitulé : « Exécutés pour leurs organes », où l’on lit : « …la pratique aurait comme cible principale des milliers de prisonniers d’opinion, notamment les pratiquants du Falun Gong – une forme de yoga chinois – ainsi que des détenus ouïghours et tibétains. »

Qu’est-ce que Libération qui diffuse des fake news sur les Ouïghours et fait le bonheur de Washington ?
6ème épisode. La preuve par le best-seller

Dans son article du 30 mars « Qui est Maxime Vivas, ce Français qui dénonce des « fake news » sur les Ouïghours et fait le bonheur de Pékin ? », Laurence Defranoux ironise sur le livre qui « n’a pourtant rien du best-seller : moins de 580 exemplaires avaient été vendus le 24 mars, trois mois après sa sortie ».

Ce chiffre est faux. Ce qui est vrai, c’est qu’il est imprimé « à la demande », choix écologique qui évite le « pilonnage » d’invendus et des « retours » des librairies. Ce système ralentit les ventes.

Parenthèse : est-il vrai aussi que Libé ne respire encore que grâce à des subventions énormes (plus 6 millions d’euros par an) et la pub ? Que parmi les journaux malades « Les plus touchés sont : Libération qui a perdu 40 % de son lectorat papier (- 19 000 journaux vendus par jour, que ce soit en kiosque ou par abonnement) entre les mois de décembre 2015 et 2019 et Aujourd’hui en France qui a chuté de 38 % (- 48 000 journaux vendus par jour) pour la même période. ». ?

On se demande pourquoi un livre « confidentiel » provoquerait un tel déchaînement. Libération, Arrêt Sur Images, France Inter, RFI, Quotidien/C8, le Canard enchaîné, le Monde, sont montés au front avec hargne (haine) contre l’auteur.

Par ailleurs, il faudra que Libération apprenne qu’il n’est pas recommandé d’être A LA FOIS antichinois et inculte en matière d’édition. En 1952, Samuel Beckett vend 125 exemplaires de «  En attendant Godot ». Le «  Précis de décomposition » de Cioran paru en 1949 rencontre 20 lecteurs. Il faudra deux ans à André Gide pour parvenir à vendre 215 exemplaires de son livre « Les nourritures terrestres » paru en 1897. En 1899 ; « L’amour absolu » d’Alfred Jarry ne dépasse pas 15 exemplaires. Enfin, l’année où il obtint son prix Nobel de littérature (1960) Saint-John Perse vend 90 exemplaires de « Chroniques ». Par contre, dans les mois qui suivirent sa parution, «  Initiales B.B. : Mémoires » s’est vendu à un million d’exemplaires.

Le livre : « Ouïghours, pour en finir avec les fake news » est vendu à ce jour à 1000 exemplaires (pas grâce aux médias, si ?), il va atteindre et dépasser la moyenne des ventes françaises pour un essai. Des pourparlers avancés vont permettre sa publication en anglais, mandarin, turc, arabe, allemand, espagnol, portugais, Italien, japonais, coréen, russe, esperanto…

Mais il est vrai que l’intelligentzia bobo–à-jean-déchiré-et-à-duffle-coat-pour-les-frimas (et la frime) blottie dans Paris intra-muros exige qu’un best-seller soit estampillé par les médias des 9 milliardaires et par un passage de l’auteur chez François Busnel, Augustin Trapenard et au « 28 minutes » d’Arte, le tout souligné par une interview dans Télérama, autant de guet-apens inévitables quand on conteste la version yankee de la situation au Xinjiang, incongruité qui vous fait passer du statut d’auteur à celui d’ennemi, d’invité policé à énergumène qui pisse dans le vase en cristal de la baronne. Et que les valets vont bastonner.

Maxime VIVAS
Fin de la première partie. Un scoop qui décoiffe attend le lecteur à la fin de la deuxième
.

URL de cet article 37106
https://www.legrandsoir.info/comprendre-la-goebbelisation-de-liberation-en-10-episodes-et-au-dixieme-je-cafte-un-secret-sans-remords-37106.html 

♦ En 2016, quand l’assassin d’un musulman, puisque musulman, par un « Français de souche » a été jugé « irresponsable ». Indignation ? Zéro !


Il y a des morts qui sont plus égales que d’autres. Ainsi l’assassin raciste de Mohamed El Makouli, dans le Vaucluse, a été jugé irresponsable du fait de le consommation de drogue. Dehors, dans l’opinion, dans la presse qui dénonce tant les injustices, pas un mot. La malheureuse Sarah Halimi n’y est pour rien. Mais son martyr a été pris en otage par un clan politique alors que les mêmes indignés se sont tus après les 17 coups de couteau reçus par le « Musulman ».

En janvier 2015, à Beaucet dans le Vaucluse, Thomas Gambet a tué Mohamed El Makouli de 17 coups de couteau sous les yeux de sa femme Nadia. Il a défoncé la porte de ses voisins et s’était jeté sur Mohamed en lui portant des coups et en hurlant « Je suis ton dieu, il n’y a pas d’Islam ! ». Mohamed était déjà en train de mourir quand Nadia a attrapé son bébé pour s’enfuir dans la nuit noire. Lors de l’instruction du procès devant le TGI de Nimes, l’avocate de la veuve de Mohamed El Makouli a demandé de considérer qu’il ne s’agissait pas « d’une abolition du discernement » mais d’une simple « altération aggravée par la prise de stupéfiants au moment des faits ». Mais les experts en psychiatrie ont conclu à « l’abolition du discernement » de Thomas Gambet au moment de son acte.

En Juillet 2016, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Nîmes a déclaré Thomas Gambet « irresponsable pénalement » de l’homicide volontaire qui lui était reproché. Si des gens voient dans ce post une tentative de ma part de faire le parallèle avec l’affaire de la regrettée Sarah Halimi, alors ils n’ont pas tout à fait tort.

Par contre la comparaison s’arrête là. Après le meurtre de Mohamed El Makouli, il n’y a pas eu de grandes manifestations pour cogner sur la justice et insulter les experts et les juges. Il n’y a pas eu non plus de demandes de modifier la loi puisque certains veulent que la France devienne le seul pays à juger les fous. Il n’y a pas eu, non plus, un grand tapage médiatique ni cette incroyable quantité de commentaires irresponsables de la part de responsables politiques. Il n’y a pas eu de plainte déposée dans le pays d’origine de la victime, le Maroc, ni de déclarations de députés français d’origine marocaine suggérant d’extrader Thomas Gambet au Maroc pour le juger ; ou envisageant son enlèvement illégal en France pour l’emmener de force au royaume chérifien.

Que Sarah Halimi et Mohamed El Makouli reposent en paix et que leur mémoire soit respectée et non utilisée à des fins puantes.

La meilleure façon de leur rendre hommage c’est de protéger la justice contre les attaques nauséabondes dont elle est l’objet. Cette justice qui a eu le même traitement dans les deux cas, indépendamment des croyances ou origines des victimes et des meurtriers.

Tahoufiq Tahani

(le titre et les chapô sont issus du Grand Soir)

En 2016, quand l’assassin d’un musulman, puisque musulman, par un « Français de souche » a été jugé « irresponsable ». Indignation ? Zéro ! — Tahoufiq TAHANi (legrandsoir.info)

♦ Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam


Dans la première partie de cette série, j’ai expliqué comment un stock massif d’armes américaines stockées à Okinawa, au Japon, qui devaient à l’origine être utilisées pour l’invasion américaine prévue du Japon, ont été retirées une fois que les deux bombes atomiques ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki.

Fletcher Prouty, chef des opérations spéciales pour les chefs d’état-major interarmées sous Kennedy et ancien colonel de l’armée de l’air américaine, explique dans son livre « The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy » que ces énormes cargaisons d’armes n’ont pas été renvoyées aux États-Unis, mais que la moitié a été transportée en Corée et l’autre au Vietnam.

Les implications de ce fait sont énormes.

Cela signifie que des préparatifs de la guerre froide étaient déjà en cours dès août 1945 et probablement bien avant, et que les deux régions choisies, la Corée et le Vietnam, ont été planifiées respectivement cinq ans et dix ans à l’avance, avant que les guerres réelles n’aient lieu.

Cela signifie que les récits officiels autour de la guerre de Corée et la guerre du Vietnam n’ont été écrits que pour créer une « réalité » à la guerre froide.

Il convient donc de se demander quelle est la véritable raison pour laquelle les Américains se sont engagés dans ces deux guerres brutales ? Pourquoi des figures de proue de l’élite américaine, dont beaucoup avaient refusé catégoriquement de participer à la lutte contre le fascisme pendant la Seconde Guerre mondiale, ont-elles été si rapidement convaincues que tout ce qui avait trait au communisme devait être détruit par leurs soins ?

Nous répondons à ces questions dans cette série intitulée « Les racines fascistes de la CIA ».

La CIA et le Pentagone : L’histoire de deux amants

Comme nous l’avons vu dans la première partie de cette série, la victoire d’Eisenhower-Nixon, en 1952, fut le point culminant d’années de stratégie politique menée par des courtiers républicains de Wall Street, et de nouveaux dirigeants au département d’État et à la CIA, Foster et Allen Dulles respectivement, ont été choisis. Ils allaient diriger les opérations internationales de la nation la plus puissante du monde.

C’est pour cette raison que l’élection présidentielle de 1952 est entrée dans l’histoire comme le triomphe de « l’élite au pouvoir ».

Toute la période allant du 12 avril 1945 à ce jour fatidique de l’élection peut être comprise comme la première étape du coup d’État américain. C’est particulièrement évident entre 1945 et 1949, lorsqu’un certain nombre de nouveaux textes législatifs ont été adoptés, réorganisant avec succès les départements au sein des États-Unis, de sorte que la plupart des décisions gouvernementales et militaires soient soumises à l’autorité de quelques hommes, beaucoup plus puissants que le président lui-même.

La loi sur la sécurité nationale de 1947, un de ces chevaux de Troie, est l’une des premières de ce nouveau type de législation et a conduit à la création de la Central Intelligence Agency, la plaçant sous la direction du Conseil de sécurité nationale.

Bien qu’elle n’autorise pas explicitement la CIA à mener des opérations secrètes, le paragraphe 102 était suffisamment vague pour permettre des abus. En décembre 1947 (moins de quatre mois après la création de la CIA), la nécessité perçue d’« endiguer le flot du communisme » en Europe occidentale – en particulier en Italie – par le biais d’une « guerre psychologique » ouverte et secrète, a mis le feu aux poudres et le NSC 4-A est né.

La NSC 4-A était une nouvelle directive couvrant « les opérations paramilitaires clandestines, ainsi que la guerre politique et économique ». Elle autorisait l’intervention de la CIA dans les élections italiennes d’avril 1948.

Il était entendu que l’armée américaine ne pouvait jouer aucun rôle « direct » dans les opérations secrètes, car cela irait à l’encontre de la possibilité de nier.
On s’attendait à ce que le Parti communiste italien, admiré pour avoir mené la lutte contre Mussolini, remporte les premières élections italiennes de l’après-guerre. Bien entendu, cela a été considéré comme intolérable sous le diktat du rideau de fer et des opérations secrètes américaines ont été déployées pour bloquer la victoire antifasciste. Le journaliste d’investigation Christopher Simpson écrit dans son livre « Blowback » qu’une partie substantielle de ce financement provenait de biens nazis capturés. Cette intervention, selon Simpson, a fait pencher la balance en faveur du parti chrétien-démocrate italien, qui cachait des milliers de fascistes dans ses rangs.

Quelques mois à peine après sa création, la CIA, qui était censée être un organe civil de collecte de renseignements du gouvernement, est devenue responsable d’opérations secrètes, notamment de « guerre psychologique ». On est loin de ce qui avait organisé les États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale, et qui reposait sur une armée civile. Un tel mandat gouvernemental pour des opérations de cape et d’épée en temps de paix aurait été considéré comme impensable.

Mais c’est pourquoi le récit de la guerre froide était si impératif, puisque dans ce cauchemar paranoïaque et schizophrénique, on pensait que le monde ne serait jamais en paix tant qu’une partie importante de celui-ci n’aurait pas été anéantie. La guerre froide définissait un ennemi pixellisé, sous-défini et invisible à l’œil. L’ennemi était ce que vos supérieurs vous disaient être l’ennemi, et comme un métamorphe, il pouvait prendre la forme de n’importe qui, y compris votre voisin, votre collègue, votre partenaire… même le président.

Il y aurait toujours un ennemi, car il y aurait toujours des gens qui résisteraient à la Grande Stratégie.

La NSC 4-A fut remplacée par la NSC 10/2, approuvée par le président Truman le 18 juin 1948, qui crée l’Office of Policy Coordination (OPC). La NSC 10/2 est le premier document présidentiel qui spécifie un mécanisme d’approbation et de gestion des opérations secrètes, et également le premier dans lequel le terme « opérations secrètes » est défini.

De 1948 à 1950, l’OPC n’était pas sous le contrôle de la CIA, mais plutôt une opération renégate dirigée par Allen Dulles. L’OPC passe sous le contrôle de la CIA en octobre 1950, lorsque Walter Bedell Smith devient directeur de la Central Intelligence, et est rebaptisé Directorate of Plans.

Bien que la CIA soit strictement chargée des opérations secrètes, elle a souvent besoin de l’armée pour obtenir du personnel supplémentaire, des moyens de transport, des bases à l’étranger, des armes, des avions, des navires et toutes les autres choses que le ministère de la Défense possède en abondance. En réalité, les militaires, qu’ils le veuillent ou non, se retrouvaient pour toujours dans les bras de leur amante toxique, la CIA.

En 1992 Prouty écrivait :

« L’OPC et d’autres membres de la CIA étaient dissimulés dans des unités militaires et bénéficiaient d’une couverture militaire chaque fois que cela était possible, notamment au sein des bases militaires éloignées dans le monde entier… Les méthodes opérationnelles secrètes ou invisibles mises au point par la CIA et l’armée au cours des années 1950 sont encore utilisées aujourd’hui, malgré la disparition apparente de la guerre froide, dans des activités secrètes telles que celles qui se déroulent en Amérique centrale et en Afrique… Il est difficile de distinguer la CIA de l’armée car elles travaillent toujours ensemble. »

Une déclaration audacieuse

Le 2 septembre 1945, Ho Chi Minh signait la déclaration d’indépendance d’une nouvelle nation, la République démocratique du Vietnam, qui statut que :

« Un peuple s’est courageusement opposé à la domination française pendant plus de quatre-vingts ans, un peuple a combattu aux côtés des Alliés contre les fascistes au cours de ces dernières années – un tel peuple doit être libre et indépendant. »

Ho Chi Minh dirigeait depuis 1941 le mouvement nationaliste d’indépendance du Viet Minh contre la domination coloniale du Japon. Comme la majorité du monde, Ho Chi Minh considérait que la guerre contre les fascistes était alignée sur une guerre contre l’impérialisme. Il pensait que si le monde devait enfin prendre position contre cette tyrannie, le colonialisme n’aurait plus sa place dans le monde de l’après-guerre. Le monde devrait être organisé sur la base de la reconnaissance et du respect des États-nations indépendants, conformément à la vision d’après-guerre de Roosevelt.

Après une longue et horrible bataille contre les impitoyables fascistes japonais, avec le soutien des États-Unis et de la Chine pendant la guerre, Ho Chi Minh espérait que le Vietnam pourrait retrouver sa paix d’antan grâce à sa nouvelle indépendance vis-à-vis du régime colonial.

Les Japonais s’étaient rendus et partaient. Les Français avaient été vaincus par les Japonais et ne reviendraient pas – du moins le pensait-on.

Vo Nguyen Giap, le brillant commandant militaire de Ho Chi Minh, alors qu’il était ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire, a prononcé un discours décrivant les États-Unis comme un bon ami du Viet Minh. Cela aussi, c’était en septembre 1945. Ho Chi Minh avait reçu des États-Unis un énorme stock d’équipement militaire et il s’attendait à pouvoir administrer son nouveau gouvernement au Vietnam sans autre opposition.

Mais le 23 septembre 1945, peu après la publication de la déclaration d’indépendance de la République démocratique du Vietnam, un groupe d’anciennes troupes françaises, agissant avec le consentement des forces britanniques (qui s’étaient vu confier la juridiction de la région à la suite de la conférence de Potsdam) et armé d’armes japonaises volées dans les stocks de capitulation, a organisé un coup d’État local et pris le contrôle de l’administration de Saigon, au Vietnam du Sud, connue aujourd’hui sous le nom de Hô Chi Minh-Ville.

En janvier 1946, les Français avaient atteint tous leurs objectifs militaires au Vietnam et réinstallé le gouvernement français.

Il faut comprendre que la suppression de la présence française en Indochine ne fut pas une mince affaire, car il ne s’agissait pas seulement de leur présence militaire, mais aussi de leurs intérêts commerciaux, notamment les banques françaises, parmi les plus puissantes d’Asie. Les Français imposaient leur présence coloniale en Indochine depuis 1787.

Les négociations entre la France et la République démocratique du Vietnam ont commencé début 1946. Ho Chi Minh se rend à Paris, mais la conférence échoue en raison de l’intransigeance française.

La guerre d’Indochine française éclate en 1946 et dure huit ans, l’effort de guerre de la France étant largement financé et fourni par les États-Unis.

En 1949, Bao Dai, l’ancien empereur qui passait la plupart de son temps dans le luxe à Paris, en France, a été mis en place par des intérêts étrangers pour être le gouvernement fantoche de l’État du Vietnam (Vietnam du Sud).

Le 8 mai 1950, le secrétaire d’État Dean Acheson annonçait que les États-Unis allaient accorder une aide économique et militaire à la France et à l’État du Vietnam. La valeur de cette aide militaire dépassait les 3 milliards de dollars.
Il n’y a jamais eu de raison officielle pour laquelle les États-Unis ont changé leur allégeance de Ho Chi Minh vers les intérêts coloniaux français et à leur gouvernement fantoche. Bien que la croyance de Ho Chi Minh dans le communisme ait été utilisée pour justifier cette trahison, la vérité est qu’il représentait une menace parce qu’il se considérait avant tout comme un nationaliste, qui croyait que le peuple vietnamien ne faisait qu’un et que sa nation méritait d’être indépendante de la domination coloniale.

C’est ce nationalisme qui ne pouvait être toléré dans les régions du monde considérées comme des territoires impériaux et des terres soumises. C’est pour cette même raison que le MI6 et la CIA ont organisé un coup d’État contre le nationaliste bien-aimé Mosaddegh en Iran, un non-communiste titulaire d’un doctorat en droit et qui était en passe de supprimer toutes les revendications impériales britanniques sur le pétrole du pays après avoir gagné son procès contre les Britanniques à La Haye et au Conseil de sécurité des Nations unies en 1951.

C’est pourquoi les intérêts de l’impérialisme et du fascisme étaient souvent liés main dans la main, comme on l’a vu avec Édouard VIII (bien qu’il n’ait pas été le seul de la famille royale britannique à partager ces opinions), le gouvernement de Vichy en France, le roi d’Italie Victor Emmanuel III qui a nommé Benito Mussolini Premier ministre en 1922 (et n’a viré Mussolini qu’en 1943 lorsqu’il était clair qu’ils allaient perdre la guerre) et le Japon impérial sous l’empereur Hirohito.

C’est pour cette raison que nous avons vu, avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, les impérialistes et les fascistes discuter entre eux de ce que serait le monde d’après-guerre. C’est pour cette raison que les pays choisis pour superviser cette Grande Stratégie seraient les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon, plutôt que le choix de Roosevelt, à savoir les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine.

C’est pour cette raison que le rideau de fer, annoncé à l’origine, non pas par Churchill, mais par le ministre allemand des Affaires étrangères, le comte Lutz Schwerin von Krosigk, dans le London Times du 3 mai 1945, devait annoncer les termes d’une guerre indéfinie contre le communisme. En réalité, il s’agissait de tout pays opposé à la domination impériale, opposé à l’idée que certains sont nés pour gouverner et d’autres pour être gouvernés, en d’autres termes, l’impérialisme et les États-nations souverains ne pouvaient coexister.

Ho Chi Minh fut un allié des Américains sous la direction de Roosevelt. Cependant, avec la mort de Roosevelt et le coup d’État mou qui a suivi, Ho Chi Minh est devenu un ennemi.

La mission militaire de Saïgon

Le 8 janvier 1954, lors d’une réunion du Conseil national de sécurité, le président Eisenhower fait clairement savoir que les Américains n’ont pas leur place dans la guerre du Vietnam. Mais cela n’a pas vraiment d’importance.

Eisenhower, qui avait l’habitude que les gens suivent assidûment sa ligne de commandement en tant que général de la Seconde Guerre mondiale, allait bientôt apprendre que cela ne s’appliquait pas en tant que président des États-Unis.

Parmi les participants à la réunion du Conseil national de sécurité du 8 janvier 1954 figurent Allen W. Dulles et son frère John Foster Dulles. Il est impossible que les frères Dulles aient pu mal comprendre les paroles du président Eisenhower.
Pourtant, le 14 janvier 1954, six jours seulement après la déclaration « véhémente » du président contre l’entrée des forces armées américaines en Indochine, le secrétaire d’État John Foster Dulles déclarait :

« Malgré tout ce que nous faisons, il reste une possibilité que la position française en Indochine s’effondre. Si cela se produisait et que les Français étaient jetés dehors, il deviendrait, bien sûr, de la responsabilité du Viet Minh victorieux de mettre en place un gouvernement et de maintenir l’ordre au Vietnam… [Je] ne crois pas que dans cette éventualité, ce pays [les États-Unis] dirait simplement : « Tant pis ; nous sommes battus et c’est la fin de cette histoire.« 

Ainsi, la graine était plantée. Si les Français étaient chassés, ce qui était plutôt prévisible, il était entendu que les États-Unis ne s’engageraient pas dans une guerre ouverte avec le Viet Minh. Cependant, ils pourraient mener des opérations clandestines contre les forces de Ho Chi Minh afin de leur causer des ennuis ou, selon les mots de Foster Dulles, « de provoquer l’enfer ».

C’est ainsi que débuta l’intervention et l’implication directe des Américains dans la guerre du Vietnam, une guerre dans laquelle les Américains armaient les deux camps depuis 1945 et à laquelle il n’y avait pas d’objectif militaire officiel, si ce n’est de « provoquer l’enfer ».

Selon un compte rendu de la réunion du Conseil de sécurité nationale du 14 janvier 1954, il a été :

« Convenu que le directeur de la Central Intelligence [Allen Dulles], en collaboration avec d’autres départements et agences appropriés, devrait développer des plans, comme suggéré par le secrétaire d’État [John Foster Dulles], pour certaines éventualités en Indochine. »

Et, juste de cette manière, la supervision entière de la guerre du Vietnam fut placée entre les mains des frères Dulles.

Deux semaines plus tard, le 29 janvier, Allen Dulles, choisissait le Colonel Lansdale pour diriger l’équipe qui allait « provoquer l’enfer » au Vietnam. Edward G. Lansdale, chef de la mission militaire de Saïgon, est arrivé à Saïgon le 1er juin 1954, moins d’un mois après la défaite de la garnison française à Dien Bien Phu, dans le but de mener une opération secrète de guerre psychologique et d’activités paramilitaires au Sud-Vietnam.

Prouty écrit :

« Ce n’était pas une mission militaire au sens conventionnel du terme, comme l’avait dit le secrétaire d’État. Il s’agissait d’une organisation de la CIA dont la mission clandestine était de « provoquer l’enfer » avec des « opérations de guérilla » partout en Indochine, une organisation terroriste compétente capable de remplir son sinistre rôle conformément à la Grande Stratégie de ces années de guerre froide.
… Avec cette action, la CIA a établi la Mission militaire de Saïgon (SMM) au Vietnam. Elle n’était pas souvent à Saïgon. Elle n’était pas militaire. C’était la CIA. Sa mission était de travailler avec les Indochinois anti-Viet Minh et non de travailler avec les Français. Avec ce contexte et ces stipulations, cette nouvelle unité de la CIA n’allait pas gagner la guerre pour les Français. Comme nous l’avons appris à nos dépens par la suite, elle n’allait pas non plus gagner la guerre pour le Sud-Vietnam, ni pour les États-Unis. Était-elle censée le faire ? »

Il convient de noter ici que, bien que les dossiers de la NSC et du Département d’État montrent que la Mission militaire de Saïgon n’a pas commencé avant janvier 1954, il y avait d’autres activités de la CIA au Vietnam, au Cambodge et au Laos (comme les équipes White Cloud) bien avant 1954, et certains membres de la SMM avaient participé à ces activités antérieures dès 1945. [L. Fletcher Prouty “The CIA, Vietnam and the Plot to Assassinate John F. Kennedy” pg 61].

Bien que Lansdale soit répertorié comme un colonel de l’armée de l’air américaine en charge du SMM, ce n’était qu’un stratagème. Il continuerait au Vietnam, comme il l’avait fait aux Philippines, à exploiter la couverture d’un officier de l’armée de l’air et à être affecté au Military Assistance Advisory Group (MAAG) à des fins de « mission de couverture ». Il était toujours un agent de la CIA, et ses véritables patrons étaient toujours à la CIA.

Avec la défaite des Français face à Ho Chi Minh en 1954 lors de la bataille de Dien Bien Phu, mettant fin à la première guerre d’Indochine, il était entendu qu’un nouveau leadership de l’opposition serait nécessaire si l’on voulait empêcher Ho Chi Minh de prendre le contrôle du Sud-Vietnam.

Ngo Dinh Diem allait évincer Bao Dai lors d’un référendum truqué en 1955, devenant ainsi le premier président de la République du Vietnam (Vietnam du Sud). Les Sud-Vietnamiens n’étaient intéressés par aucun des deux candidats.

Le lecteur doit noter ici que le Sud-Vietnam (également connu sous le nom de Cochinchine pendant des siècles) n’a jamais eu de véritable forme de gouvernement, car il n’a jamais été une nation de toute son existence, mais était plutôt composé d’anciens villages, ceci depuis plusieurs siècles avec relativement peu de changements. Il n’y avait pas de congrès, pas de police, pas de système fiscal – rien d’essentiel à la fonction d’une nation. Le « gouvernement » de Diem n’était rien d’autre qu’une façade bureaucratique.

Malgré cela, la République du Vietnam de Diem était traitée comme un membre égal de la famille des nations, comme si elle pouvait se tenir sur ses deux pieds et répondre en conséquence à la crise dans laquelle son peuple était plongé. Le gouvernement vietnamien qui, selon Eisenhower, devait combattre le Viet Minh en son propre nom, n’existait pas.

Un nombre prédominant d’Indochinois était en faveur d’Ho Chi Minh. Ils ne ressentaient aucune loyauté envers Bao Dai, qui vivait à Paris, et ils détestaient les Français. Ngo Dinh Diem était un moins que rien, qui n’a jamais rien accompli pour gagner le cœur de son peuple.

La guerre du Vietnam, telle qu’elle est comprise aujourd’hui, est pleine d’oublis. Mais l’oubli le plus grave de tous est peut-être le fait qu’aucune des six administrations américaines qui ont supervisé la guerre du Vietnam n’a jamais établit d’objectif militaire clair pour cette guerre. On a dit aux généraux envoyés à Saïgon de ne pas laisser les « communistes » prendre le contrôle du Vietnam, point final. Comme Prouty l’a déclaré à plusieurs reprises dans son livre, cela ne constitue pas un objectif militaire.

La mission militaire de Saïgon a été envoyée au Vietnam pour présider à la dissolution du pouvoir colonial français. Les frères Dulles savaient, dès janvier 1954 si ce n’est bien avant, qu’ils allaient créer un nouveau gouvernement vietnamien qui ne serait ni français ni Viet Minh et que ce nouveau gouvernement deviendrait alors la base de la poursuite de la guerre décennale en Indochine.

C’était leur principal objectif.

La Conférence de Genève, un exode génocidaire

La défaite des Français a abouti aux accords de Genève en juillet 1954, qui établissait le 17e parallèle comme ligne de démarcation temporaire séparant les forces militaires des Français et du Viet Minh. Dans les 300 jours suivant la signature des accords, une zone démilitarisée, ou DMZ, a été créée, et le transfert de tous les civils qui souhaitaient quitter l’un ou l’autre camp devait être achevé.
Ho Chi Minh et tous les Vietnamiens du Nord croyaient que leur nation était « une ». Ils ne voulaient pas d’une division de leur pays, comme les accords de Genève l’avaient garanti.

L’article final des Accords de Genève, au numéro 14, quelques lignes à peine remarquées, se lit comme suit : « … tout civil résidant dans un district contrôlé par une partie, qui souhaite aller vivre dans la zone assignée à l’autre partie, sera autorisé et aidé à le faire par les autorités de ce district ».

Le sens sinistre de ces propos était dissimulé sous l’apparence de mots humanitaires. La note américano-britannique parlait d’un « transfert pacifique et humain », comme s’ils étaient gentils et sensibles à la situation, prêts à déraciner des gens qui avaient vécu toute leur vie dans un village établi qui existait depuis des dizaines de milliers d’années.

Les gens du monde entier, dont la plupart ne connaissaient pas les Tonkinois, ont été amenés à croire que cette offre était un geste de compassion. Et, ce qui est pire, les planificateurs de ce sinistre complot étaient certains que les peuples du monde n’apprendraient jamais la vérité, c’est-à-dire que ce déplacement d’un million de Nord-Vietnamiens était en réalité destiné à mettre le feu au pays. Il s’agissait d’un coup monté et d’une base essentielle pour l’entrée directe des États Unis dans la guerre.

L’exode massif de Nord-Vietnamiens vers le Sud-Vietnam sera orchestré par la Mission militaire de Saïgon. Ce fut un terrible bouleversement pour ces gens, mais il a été vendu à l’Occident comme s’il s’agissait de réfugiés fuyant Ho Chi Minh. En réalité, ils fuyaient la « guerre psychologique » et les « tactiques paramilitaires » aujourd’hui appelées « terrorisme » que la SMM déchaînait contre ces petits villages du Nord.

Dans leurs propres mots, tels que trouvés dans les documents publiés avec les Pentagon Papers, les dirigeants du SMM ont écrit que la mission avait été envoyée au Nord-Vietnam pour mener une « guerre non conventionnelle », des « opérations paramilitaires », une « guerre politico-psychologique », des campagnes de rumeurs et pour mettre en place un cours de guerre psychologique de combat pour les Vietnamiens. Les membres du SMM étaient des « agents provocateurs » classiques.

Prouty écrit :

« Ce mouvement de catholiques – ou d’indigènes que le SMM appelait « catholiques » – des provinces du nord du Vietnam vers le sud, selon les dispositions de l’accord de Genève, est devenu l’activité la plus importante de la Mission militaire de Saïgon et l’une des causes profondes de la guerre du Vietnam. Le terrible fardeau que ces 1 100 000 déplacés démunis ont imposé aux résidents indigènes tout aussi pauvres du sud a créé une pression sur le pays et l’administration de Diem qui s’est avérée écrasante.

Ces indigènes sans le sou… ont été rassemblés à Haïphong par la mission militaire de Saïgon et mis à bord de navires de transport de la marine américaine. Environ 300 000 ont voyagé sur les avions de transport aérien civil de la CIA, et d’autres sont partis à pied. Ils ont été transportés, comme du bétail, dans la partie la plus méridionale du Vietnam, puis, malgré les promesses d’argent et d’autres aides de base, ont été lâchés au milieu de la population locale. Ces gens du nord sont des Tonkinois, plus chinois que les Cochinchinois du sud. Ils ne se sont jamais mélangés dans des conditions normales. Partout où ces pauvres gens ont été déversés dans le sud, on leur a donné le nom de « révoltés communistes », et une grande partie, la pire et la plus pernicieuse de ces vingt années de guerre qui ont suivi, a été le résultat direct de cette terrible activité qui avait été incitée et menée par la mission militaire terroriste de la CIA.

…Rien de ce qui s’est produit pendant ces trente années de guerre, 1945-75, n’a été plus pernicieux que le déplacement de ces 1 100 000 « catholiques » du nord vers le sud à une époque où le gouvernement du sud existait à peine’. »

Il ne fallut pas longtemps pour que le trouble causé par les intrus nordistes favorisés par Diem sur les indigènes du sud éclate en violence. Très vite, les « amis », selon le gouvernement de Diem et ses soutiens de la CIA, furent le million de catholiques du Nord, et l’« ennemi » – ou du moins le « problème » – était les autochtones cochinchinois du Sud.

Le moment était venu d’attiser les flammes de la guerre et de faire intervenir les Américains.

Cynthia Chung

A suivre

Traduit par Saker Francophone

Paru le 17 mars 2021 sur Strategic Culture

Le retour du Léviathan : Les leçons pour aujourd’hui de la guerre froide au Vietnam | Arrêt sur Info (arretsurinfo.ch)

♦ Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde


Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde. Personne n’a jamais amassé autant de pouvoir. Hitler en crèverait d’envie si on lui montrait la grandeur de Google. Les protagonistes de Huxley et d’Orwell ne pouvaient qu’en rêver, Bezos et Gates l’ont fait. Ces derniers ont renversé le président américain pour en installer un plus à leur goût, et pour cause. La valeur nette combinée des 100 premiers ultra-riches américains a grimpé en flèche de 195 milliards de dollars depuis l’entrée en fonction de Biden, selon les calculs de Bloomberg. Ces géants contrôlent l’esprit de milliards de personnes. Les nations mettent en gage leurs terres et leurs industries pour acheter leurs médicaments brevetés. Ces géants connaissent nos visages, nos noms, ils savent tout de nous, jusqu’aux cellules dont nous sommes faits, jusqu’à la dernière protéine. Les dieux ont été vaincus, le doux Christ et le puissant Sabaoth, sans oublier Allah en colère. Est-ce là une chose dont on dit : « Voici, c’est nouveau » ? (Eccl 1:10) Non, mon ancêtre à l’esprit blasé avait raison – cela avait déjà été fait dans les âges qui nous ont précédés.

Il était une fois des géants qui avaient presque réussi à chasser les dieux hors de l’Olympe. Apollodore nous raconte que les dieux ne pouvaient pas gagner, jusqu’à ce qu’ils se souviennent de l’oracle selon lequel les géants ne seraient vaincus que si un homme mortel aidait les dieux. Seul l’homme peut faciliter la victoire des dieux sur les géants, devinaient les Grecs dans leur Gigantomachie, tout comme les chrétiens savaient que seul un Fils de l’Homme pouvait vaincre la Mort. Alors que les géants avaient presque vaincu les dieux, un homme mortel, Héraclès, avait franchi le pas, et c’est lui qui avait arraché la victoire des mâchoires de la défaite. Aujourd’hui, nous avons grand besoin d’un mortel courageux pour s’attaquer aux géants. S’il n’y a pas d’Héraclès, n’importe qui fera l’affaire ; mais les géants doivent être vaincus. Et voilà que justement, des tueurs de géants improbables se manifestent.

Le soulèvement a commencé dans la ville rebelle de Moscou, où le tribunal d’arbitrage de la ville a exigé que Google restaure un compte YouTube supprimé, sous peine d’avoir à payer des milliards de dollars d’amendes. Impossible, me direz-vous, Google est libre de faire ce qu’il veut. Google a banni Unz.com ; son géant de frère Twitter a banni Trump ; il n’y a aucun moyen d’annuler leurs décisions, car ces entreprises sont privées, et la propriété privée est sacrée – sinon c’est le communisme et le goulag ; ils peuvent faire ce qu’ils veulent, et leurs avocats très malins ont déjà inclus leur droit de vous débrancher dans chaque « acceptation des termes du contrat », d’un simple clic.

Pourtant, la Russie n’est pas si différente de toute autre nation occidentale. Jusqu’à ce que cela se produise, le système juridique russe avait refusé d’examiner les plaintes contre les géants de la technologie. La loi russe ne le permettait pas. Il suffisait que les géants stipulent que toutes les plaintes devaient être déposées à Londres ou devant un autre tribunal de leur choix pour que les Russes se soumettent docilement. Cependant, les géants sont allés trop loin en bloquant pour de nombreux Russes cette possibilité de les poursuivre devant une juridiction occidentale. Les Russes ont réagi en créant une nouvelle loi établissant la priorité de leur droit national et exigeant des tribunaux qu’ils traitent et jugent de leurs différends s’il n’existe aucun moyen de les poursuivre devant la juridiction occidentale convenue.

Cette nouvelle loi a été appliquée par le tribunal d’arbitrage de Moscou après que Google, en juillet 2020, a supprimé le compte de Tsargrad, une chaîne de télévision et une agence de presse chrétienne conservatrice appartenant à Konstantin Malofeev, un baron russe des médias numériques peu ordinaire. Le magazine Slate a dressé le portrait de cet homme il y a quelques années, alors qu’il en était encore à projeter de créer Tsargrad. Slate exagérait grossièrement la proximité et l’importance de Malofeev par rapport à Poutine, car il s’agit d’un outsider, mais pour le reste il vous en donne bien l’idée générale. Malofeev avait été sanctionné par les autorités américaines et européennes en 2014, puis le compte de la société de médias dont il est le principal propriétaire a été bloqué six ans plus tard, à l’été 2020. Tsargrad comptait plus d’un million d’abonnés lorsque soudainement, et sans avertissement, YouTube a supprimé son compte. Au début, ils ont expliqué leur action en affirmant que Tsargrad « enfreignait les clauses », comme toujours. Plus tard, Google s’est défendu en disant avoir bloqué Tsargrad parce que son propriétaire avait été sanctionné.

Le tribunal de Moscou a rejeté les deux allégations (voir ici l’arrêté et les attendus, la traduction en anglais fait suite au texte en russe). Il a déclaré que Google n’avait nullement prouvé que Tsargrad enfreignait la moindre clause ; même si cela avait été le cas, Google aurait dû donner un préavis de six mois avant de rompre le contrat. En ce qui concerne les sanctions, le Tribunal a statué que les sanctions américaines et européennes relèvent du droit public de ces pays particuliers et ne sauraient être appliquées en Russie ; Google doit rétablir son compte ou subir des conséquences juridiques.

Les conséquences sont financières, et exponentielles. Pour la première semaine de non-conformité, Google devrait payer un peu plus de mille dollars, rien à dire de ce côté-là. Mais par la suite, les amendes doublent chaque semaine, et au bout de six mois, Google devrait payer plus de 70 milliards de dollars ! Les amendes exponentielles peuvent être des menaces très sérieuses. En effet, les Russes peuvent-ils faire payer Google ? Oui ! Car Google (google.ru) a quelques milliards sur ses comptes en Russie, tous éminemment susceptibles d’être saisis. En revanche, si Google rétablit le compte bloqué, ils n’auront pas à payer un centime. Les articles liés à cette décision historique sont classés ici (en russe).

Quoi qu’il en soit, M. Malofeev avait été sanctionné par les États-Unis et l’Union européenne il y a plus de six ans, sous prétexte qu’il soutenait prétendument les rebelles russes dans le Donbass (il dit avoir dirigé une mission humanitaire). Pourquoi, tout d’un coup, Google a-t-il gelé son compte en 2020 ?

Il existe une réponse honnête à cette question, mais les avocats méfiants de Google ne l’admettront jamais. En 2020, encouragés par leur ascension fulgurante au sommet d’un monde en proie à une pandémie, Google et les autres géants ont déchaîné leur puissance pour rayer de la carte les médias idéologiquement inacceptables (pour eux). Ils ont procédé à un nettoyage idéologique à grande échelle des sites et comptes pro-famille, favorables à Trump, conservateurs, chrétiens, et des sites qui ne soutenaient pas le paradigme de la propagande woke gay et trans, anti-mâles et anti-blancs. Les sites qui doutaient du récit covidique officiel ont également été bannis ou privés de visibilité. Ils interdisent à leurs clients de confier en Dieu, comme l’a résumé un observateur russe. Le calendrier du nettoyage était ajusté aux élections présidentielles américaines de novembre 2020. Les géants prévoyaient de destituer Trump et d’installer Biden à sa place, de gré ou de force. Les comptes qui étaient susceptibles d’être en désaccord avec cette fraude massive planifiée par les géants ont été supprimés. Ne s’agissait-il pas d’une ingérence dans des élections importantes ? Certes, mais ce sont les géants, et non les Russes, qui s’y employaient, et ils avaient même le FBI dans leurs rangs.

Les comptes américains n’ont pas été les seuls à souffrir de cette purge ; les géants ont également nettoyé les comptes russes. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’électeurs qui lisent le russe aux États-Unis, les géants n’ont pas voulu prendre de risques. Ils ont planifié et exécuté probablement la première prise de contrôle mondiale complète du discours dans l’histoire de l’humanité. Tsargrad était l’une des voix médiatiquesà étouffer.

Konstantin Malofeev, le propriétaire de Tsargrad, correspond parfaitement au profil à proscrire. Il est conservateur, voire radicalement conservateur, c’est un père de famille, qui va à l’église, et père de trois enfants, et il refuse de soutenir les LGBTQ+. Il a la quarantaine ; c’est un fervent admirateur de Donald Trump ; il a marché dans les pas de ce dernier jusqu’à marier sa fille au fils d’un oligarque juif (lui aussi est un magnat, de plein droit.) Malofeev a modelé ses médias sur Fox News, le média préféré de Trump, et a même engagé Jack Hanick, un producteur fondateur de Fox News. Son média de Tsargrad a été décrit comme le « Fox News russe » ; c’est donc un Donald Trump russe en puissance. Malofeev n’est pas une personnalité extrêmement populaire, mais Navalny ne l’est pas non plus. Il est politiquement radical-conservateur, mais il est en même temps partisan d’un État-providence social et d’une aide aux familles. Il pense que le Covid est une création de Fort Detrick, tout comme le dit notre ami Ron Unz. (Cette opinion est largement partagée en Russie ; la semaine dernière, elle a été exprimée par M. Volodine, le président du Parlement, qui a déclaré que le nouveau coronavirus pourrait être le produit d’une fuite d’un laboratoire américain). Malofeev soutient Vladimir Poutine, bien que ce dernier soit trop libéral et modéré à son goût. Il travaille avec Alexandre Douguine, l’éminent philosophe russe qui pense également que Poutine ne fait pas assez …du Poutine. Douguine était présent à la conférence de presse concernant la victoire de Tsargrad sur Google, et il a prononcé un bref discours fervent appelant l’humanité à se débarrasser du géant usurpateur et à retrouver la liberté. Je pouvais entendre les pas de l’Histoire résonner lors de cet événement ; la Russie se rebellait à nouveau contre l’ordre établi, comme elle l’avait fait en 1917, il y a plus de cent ans !

Malofeev a offert à M. Trump son soutien pour retrouver l’accès au discours qui lui a été brutalement arraché par les Géants. Dans sa lettre émouvante à Trump (lisez-la icidans son intégralité, la version anglaise vient après le russe), il écrit :  » Monsieur le Président, il est clair pour moi que les élections américaines vous ont été volées à vous et à vos électeurs, et que les efforts de Big Tech pour étouffer ces informations sont à la fois un outrage moral et un crime passible de poursuites. La mort de la démocratie en Amérique fait mal à tous les pays du monde, y compris la Russie. Moi, et beaucoup d’autres Russes avec moi, sommes prêts à vous aider dans votre combat pour la liberté d’expression de toutes les manières possibles. Servez-vous de notre système judiciaire, et considérez sérieusement mon offre de partenariat pour la construction de futures plateformes. Joignons nos forces et passons résolument à l’offensive contre les ennemis de la liberté d’expression de Big Tech. Construisons des plateformes de liberté d’expression de qualité supérieure pour les gens de tous les pays ».

Lors de la conférence de presse, il a demandé à Trump d’accepter son aide dans sa lutte contre les géants. M. Malofeev est un marginal, selon les critères russes et les autres, mais Trump l’était aussi. De toute façon, qui d’autre qu’un franc-tireur excentrique se lancerait dans une mêlée contre les redoutables géants? Seuls les vrais hommes en sont capables. Bien que mes opinions soient très éloignées de celles de M. Malofeev, je dirais que Dieu bénisse quiconque sauve la liberté d’expression d’un étouffement par les géants.

Israël Shamir

Source: https://www.unz.com/ishamir/giant-killers-tackle-google/

Traduction: Maria Poumier.

Les géants du numérique ont pris le contrôle du monde | Arrêt sur Info (arretsurinfo.ch)

♦ Les cinq principes de la propagande de guerre appliqués au discours de Rachad


De nombreuses années d’observation des conflits à travers le monde et une étude minutieuse des « médiamensonges » ont permis à mon ami Michel Collon de dresser une liste de cinq principes de propagande de guerre. Ces derniers sont applicables à toutes les guerres et servent à conditionner l’opinion publique à l’acception d’une confrontation ou d’un conflit armé. M. Collon rappelle qu’il a été fortement inspiré par l’ouvrage de l’historienne Anne Morelli intitulé : « Principes élémentaires de propagande de guerre ».

Voici un exercice intéressant dans la conjoncture actuelle: analyser le discours du mouvement islamiste Rachad qui regroupe des anciens du FIS (Front Islamique du Salut), à l’aune de ces cinq principes.

1- Cacher les intérêts

« Nous ne cherchons pas le pouvoir », « nous voulons libérer le peuple de l’emprise des généraux », « Dawla madaniya, machi aaskaria » (Un état civil et non militaire), « nous voulons sauver notre pays de la mafia », « nous ne sommes pas des islamistes », « nous sommes ouverts à toutes les idéologies », etc.

Autant d’affirmations qui sont en complète contradiction avec le passé politico-religieux des principales figures de ce mouvement, de leurs relations douteuses avec la nébuleuse islamiste internationale, de leurs sympathies avec les djihadistes libyens et syriens et de leur appartenance à l’organisation islamiste internationaliste « Motamar El Oumma » et son projet de califat « rachidiste ».

Et pour ceux qui en doutent encore, on leur recommande fortement de visionner quelques-unes des nombreuses vidéos de notre ami Rafaa.

2- Cacher l’histoire

Le mouvement Rachad s’est forgé une réputation dans la falsification de l’histoire de la décennie noire. Experts dans le « qui-tu-quisme », les militants de Rachad s’évertuent à blanchir les terroristes et à noircir les militaires, à innocenter les djihadistes et incriminer l’armée algérienne. Pour eux, les djihadistes qui ont pris les armes ne sont que des gentils touristes qui aiment la randonnée pédestre dans les maquis algériens, alors que les militaires sont des méchants qui n’aiment pas les randonneurs.

Pitoyable inversion des rôles qui ne fait que remuer le couteau dans la plaie de milliers de familles qui ont perdu des êtres chers.

Occulter l’histoire et la métamorphoser: une spécialité de Rachad!

3- Diaboliser l’adversaire

Le troisième principe de propagande de guerre est très commun dans le discours de Rachad : le gouvernement, les militaires, les responsables, tous sentent le soufre de l’enfer. Rien de bon n’a été accompli et ne sera jamais accompli par eux. Ils sont le mal personnifié. Toute petite historiette est montée en épingle, saupoudrée de quelques « fake news » présentées comme des vérités vraies, alimentant des heures interminables de diarrhées verbales hululées dans le cyberespace et sur Al Magharibia, leur chaine de propagande.

On accuse de crimes, on invente des histoires, on exagère des évènements, on sort du contexte, on utilise fallacieusement des vidéos ou des images émouvantes tout en abusant du pathos : Rachad fait feu de tout bois pour diaboliser toute personne qui s’oppose à son projet.

4- Se faire passer pour les défenseurs des victimes

Évidemment, Rachad se place toujours comme le défenseur de la veuve et de l’orphelin, du faible et du « zawali », de l’opprimé et du pauvre. Il les défend avec véhémence contre « l’ogre étatique », ne ménageant aucun effort sonore pour ce faire. Son rôle est facile, car il ne donne rien de concret, ni de tangible ou de substantiel. Il n’utilise que sa parole, que des mots, que des palabres. Bref, que du vent.

Il insinue ainsi que, de l’autre côté, les adversaires sont des tyrans qui n’ont aucun respect envers leurs concitoyens, des despotes dénués de compassion et d’empathie.

Mais en réalité, Rachad n’est qu’un vulgaire phénomène acoustique qui force un peu trop sur les décibels. C’est le chant des sirènes qui chantent si harmonieusement, entourées par les cadavres de ceux qu’elles ont réussi à attirer par leurs mélodies.

5- Monopoliser et empêcher le débat

On ne peut pas nier que le mouvement Rachad est omniprésent sur le cyberespace, que ce soit sur les médias sociaux ou sur la chaine qui leur sert d’organe de presse. Plusieurs intervenants, plusieurs fois par jour, pour raconter les mêmes balivernes, mais à des sauces différentes. L’important c’est d’occuper l’espace médiatique et de monopoliser la parole afin de ne laisser aucune chance à l’éclosion d’idées contradictoires.

Et dès qu’elles apparaissent, il faut les combattre. Non pas par le débat d’idées et l’argumentation, mais par le dénigrement et les attaques ad personam. Ce fut le cas, par exemple, lors de la sortie de mon dernier livre « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak algérien? ». J’ai été traité par les « ténors » de Rachad de mercenaire à la solde de la « houkouma » (gouvernement), d’employé du DRS, que mon livre n’était qu’un « koutayeb » (petit livre) et j’en passe. Sir Zitout, le chef de la bande, a même solennellement déclaré :

« Ahmed Bensaada est avec la “issaba” [bande mafieuse] dans la diabolisation des “ahrar” [hommes libres] ».

Car, il faut se le dire : eux sont libres, les autres non.

Tout cela sans que ce beau monde n’ait lu une seule page de mon livre!

Après lecture (je suppose), Rachad a recruté huit auteurs dont nul autre que l’inénarrable Moncef Marzouki, l’ancien président de la Tunisie, surnommé « Tartour » (pantin) par son peuple bien-aimé.

Des centaines de pages sans qu’une seule de mes thèses ne soit discutée ou invalidée. Que des attaques insignifiantes sur ma personne ou ma supposée appartenance aux services secrets français ou émiratis. À les écouter, James Bond ne serait qu’un amateur devant mes aventures rocambolesques.

Mais si mon livre était aussi insignifiant, pourquoi avoir dépensé autant d’efforts, d’énergie et de salive?

Dans un conflit, il existe deux camps au minimum. Il faut donc créer une dichotomie manichéenne. D’un côté, il y a les « gentils » qu’il faut écouter: c’est Rachad. De l’autre, il y a les méchants qu’on doit faire taire: ce sont tous les adversaires de Rachad.

Cette analyse montre bien que le Mouvement Rachad possède une expertise dans la propagande de guerre selon les cinq principes énoncés par Michel Collon.

J’ai bien dit « de guerre ». À bon entendeur, salut.

Ahmed Bensaada

Les cinq principes de la propagande de guerre appliqués au discours de Rachad (ahmedbensaada.com)

♦ Washington – Rabat : le deal des scélérats


Le cancer de la normalisation avec l’État hébreu a de nouveau métastasé. Il a allégrement traversé le monde arabe, du golfe à l’océan, s’incrustant pour la première fois au Maghreb. Il a fallu deux ou trois tweets et quelques salamalecs entre un Commandant des armées et un Commandeur des croyants et le tour fut joué.

D’un côté, un homme orange, barricadé dans le bureau ovale (car menacé d’expulsion) qui scande : « Make America great again! ». Et à quel prix? Celui de deux peuples simultanément bradés dans la même transaction, pardi! N’est-ce pas la doctrine du « big stick » qui fait la grandeur de l’Oncle Sam?

De l’autre, un monarque, président du comité Al Qods, censé « soutenir les populations et institutions palestiniennes de la ville sainte ». Après 21 ans de palabres, de petits-fours et de « bous-bous », la ville sainte, ses populations et toute la Palestine sont sacrifiés sur l’autel de la politique des scélérats.

Et le Bibi fricoteur, toujours à l’affût d’une occasion pour se sortir d’un de ses nombreux bourbiers, glane un nouvel alibi: un immense tajine aux poissons de Dakhla. Délicieux ces poissons et, surtout, gratuits. Pas un shekel, pas un dirham : il suffit de les ramasser, sur le bord de l’océan puisque les propriétaires sont confinés derrière le mur.

Tout en haut, le « machin » gigote et toussote « résolution, résolution, résol… ». Pauvre vieux « machin »! Des décennies de résolutions et des kilomètres de rapports n’ont arrêté ni la colonisation ni les bombes au phosphore blanc.

Mais tant que l’amour de la terre restera vivace dans le cœur des opprimés, des oliviers finiront par pousser dans le sable et des palmiers sur le béton des colonies.

Ce n’est qu’une question de temps. Rappelez-vous, l’Algérie.

Ahmed Bensaada

Washington – Rabat : le deal des scélérats (ahmedbensaada.com)

♦ L’édito de Chlomo : de Pont-Aven à Jérusalem, la « breton » connexion des Juifs


L’édito de Chlomo : de Pont-Aven à Jérusalem, la « breton » connexion des Juifs

« Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne, ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons! » 

Si vous ne connaissez pas cette chanson, évoquant les chapeaux noirs des Bretons, vous pourrez sans doute la recycler pour d’autres chapeaux noirs, ceux des Juifs orthodoxes. Entre le pays breton et le mont Sion, entre Pont-Aven et Jérusalem, de Ploërmel au Mont Carmel, de la pointe du Raz à Netanya, et de Deauville… ah non, pas Deauville, ça c’est en Normandie.

Et pourtant entre le peuple de la terre (promise), et celui de la mer, des jonctions naturelles s’établissent. Déjà ce sentiment partagé d’appartenir à un peuple pas tout à fait comme les autres.

Juif et Bretagne, Je t’aime moi non plus

Cependant, il semble en effet que les liens entre les Juifs et les Bretons ne soient pas aussi évidents.

Lorsqu’un Juif arrive en Bretagne, l’atmosphère peut lui sembler quelque peu hostile. On est ici dans le pays de l’élevage du porc, avec la Cooperl, premier producteur de France. Mais aussi avec les fruits de mer : crevettes, homards et surtout les huîtres à Cancale. Trouver une synagogue entre un charcutier et une bourriche risque d’être difficile, et explique peut-être la discrète histoire du judaïsme breton. Si vous souhaitez trouver un Juif en Bretagne, le plus simple est d’entrer dans une église et d’y chercher une image de Jésus. La catholique Bretagne bouderait-elle son ascendance hébraïque?

Quelques légendes voudraient attester des origines juives de quelques familles bretonnes, comme les Macé ou les Lucas. Rien de probant en réalité.

La présence des Juifs en Bretagne est historiquement attestée dans de nombreux documents. Sans surprise, à l’instar du reste de la France, la vie juive en Bretagne ne fut pas une sinécure, et le 13ème siècle marquera l’exclusion des Juifs, dans un contexte de concurrence entre marchands… eh oui, déjà.

Détail amusant, il existe en Bretagne des noms de familles hébraïques comme des David. Non, aucune origine juive, mais dans certains cas, une spécificité locale à puiser son nom de famille dans ce que les chrétiens nomment l’Ancien Testament.

Les autres mentions concernant la présence juive restent anecdotiques.

Fast forward quelques siècles, et la Seconde Guerre Mondiale et l’on observe dans certains milieux nationalistes bretons, une résurgence d’un antisémitisme doublé d’une forme d’opportunisme. Pour le PNB (Parti National Breton), l’Allemagne nazie, en envahissant la France, permettra l’émergence d’un état breton. Il n’en sera finalement rien. Face à ce mouvement, d’autres indépendantistes, à l’instar de Sao Breizh, prendront le chemin de la Résistance.

Clap de fin pour Judéïté et Bretonnité?

Pas certain… loin de là.

La connexion est plus subtile, complexe, et font de ce lien un espace inédit.

Mais parler de cette double identité sans parler de Max Jacob serait un impardonnable oubli. Le peintre et poète résume à lui seul toute la complexité des liens entre la Bretagne et l’identité juive. La famille de l’artiste fait partie de ces Juifs ashkénazes de l’Est de la France émancipée par la Révolution. A la suite de la période napoléonienne, ses aïeux finiront par s’installer à Quimper,, ville de naissance de Max. Ils feront ensuite fortune dans… la confection, ça ne s’invente pas.

C’est donc dans la très catholique Bretagne que le jeune Max Jacob grandit, et cette influence religieuse sera déterminante pour lui. N’étant pas baptisé, il vivra les processions chrétiennes comme un instant d’exclusion, qu’il tentera de réparer par un sincère baptême quelques années plus tard. Pendant la Guerre, afin de publier les « Poèmes Bretons », il choisira un pseudonyme qui ne doit rien au hasard : Morvan le Gaëlique. Ce n’est pourtant pas ce qui le sauvera, car, né juif, il le demeurera aux yeux des nazis qui le feront arrêtés par la gendarmerie française en 1944. Il est déporté à Drancy où il décède le 5 mars de la même année.

Du Kenavo breton et Ken Avo (כן אבוא) hébreu

Savez-vous dire « Salut » en breton? Si vous pensez qu’il s’agit de Kenavo, c’est perdu. Le seul mot que la plupart des gens connaissent de la langue bretonne signifie… au revoir. Sans doute car il s’agissait du mot le plus souvent répété avant le départ de Bretons à bord d’un bateau… ou d’un train en direction de Paris.

En hébreu, il existe aussi un « Ken avo » (כן אבוא), comme une réponse à cet « Au revoir », et qui se traduit par « Oui, je viendrai ».

Les liens entre Juifs et Bretons ne sont plus anecdotiques, et il y a dorénavant une communauté juive à Rennes, oui, la même ville qui fut le théâtre du second procès condamnant Dreyfus. Si la communauté existe depuis la fin des années 50, elle a trouvé son essor à partir des années 80/90, et fut suivi par une autre communauté à Brest.

Combien de Juifs en tout? Quelques centaines… peut-être mille ou plus en étant large. Autant qui tentent de fuir Deauville pour Dinard ou St-Malo.

Le sionisme, un exemple pour certains indépendantistes bretons

Si un peuple se forme par sa langue, alors le renaissance de l’hébreu sert d’exemple pour les locuteurs du breton et du gallo (l’autre langue de la Bretagne, d’origine latine).

A quel point cette influence existe?

Si elle semble marginal, elle n’en est pas moins réelle, et souvent surprenante. Ainsi pour l’apprentissage de la langue bretonne, une méthode est utilisée : l’Oulpan. Oui, la même méthode que pour l’hébreu. Le breton n’est pas la première langue à s’inspirer de la technique d’apprentissage de l’hébreu. Si les Juifs ont réussi à faire renaître une langue moribonde, alors les Bretons le peuvent aussi. C’est en tout cas l’espoir de nombreux sympathisants de la cause bretonne.

Du côté du breton gallo, même tendance. L’hebdomadaire Runje, entièrement en langue gallo, présente sur sa couverture deux portraits. Le premier est celui d’Eliezer Ben Yehuda, le précurseur de la renaissance d’un hébreu vivant et du quotidien.

C’est aussi du côté de la High tech que les deux peuples se ressemblent. Un esprit d’entreprise, la volonté (ou l’obligation) d’aller au-delà des frontières de son pays, explorer, sont autant de points communs entre les deux. La Bretagne, comme Israël, est un berceau de nombreuses technologies. Le minitel, précurseur d’internet, y a été développé, et si vous vouliez profiter de la fibre optique, certains immeubles de Rennes en étaient déjà équipés dans… les années 80.

Bolloré pour tout résumé

Comment appréhender une telle complexité? Entre des mouvements et des sites s’affichant clairement breton et antisémite comme « Breizh Atao », et d’autres prônant un rapprochement entre Juifs et Bretons?

Peut-être, l’exemple de Vincent Bolloré, le capitaine d’industrie breton peut aider à y voir plus clair. Le « tycoon » du groupe portant son nom est un breton, fier de ses origines, catho tradi assumé, et pourtant, par sa grand-mère maternelle, Nicole Goldschmidt, il est ashkénaze pur porc. Celle dont il était très proche, était une agent des services secrets français, et travailla avec le Mossad.

D’ailleurs comment s’appelait le meilleur ami de Max Jacob?

Raoul Bolloré…

L’édito de Chlomo : de Pont-Aven à Jérusalem, la « breton » connexion des Juifs – Chlomo Hebdo

♦ Sarah Halimi-Mohamed el Makouli : il y a des morts qui sont plus égaux que d’autres.


Le 14 janvier 2015, près d’Avignon, Mohamed el Makouli est victime d’un crime raciste. Tué de 17 coups de couteau. Un an plus tard la justice se déclare incapable de juger l’assassin « irresponsable au moment des faits » , (sous l’emprise de la drogue). Chaque français, et c’est tant mieux, a été informé du crime raciste dont est morte Sarah Halimi, martyrisée, elle aussi, par un drogué. Ce drame a été à l’origine de multiples protestations et prise de parole, de projets olitiques. Parfait. Ce qui me tracasse, c’ est de comprendre pourquoi ceux qui, à juste titre, défendent la mémoire de Sarah Halimi ont oublié de célébrer celle de Mohamed el Makouli ? Les hommes sont étranges.

Le mieux étant l’ami du mieux, je vais reprendre l’entretien accordé au site Internet « al Kanz ». Celle qui parle-là, Nadia el Makouli, a vu son mari être poignardé de dix-sept coups, donnés par deux couteaux. Le crime a eu lieu au Beaucet, village de l’est du Vaucluse qui connait les vraies valeurs puisqu’aux élections régionales de 2015, ses électeurs ont voté à 49,71 % en faveur de Marion Maréchal. Bien sûr qu’en cette période où la chasse à l’islamo-gauchiste ne nécessite pas de permis, je vois les traqueurs de fake news avancer derrière leur masque de sachants. Comme l’incroyable Haoues Seniguer, prêt à tout pour trouver un lambeau de gloire médiatique et qui qualifie « al Kanz » de site faisant partie d’une sphère Internet « islamistes néo-salafiste ». Mais lui, collaborer au sein de « Conspiracy Watch » avec un ancien préposé aux écritures de la ville de Paris, Rudy Reichstadt, pour louer de consert la si douce et juste politique d’Israël, ne le gêne nullement. Donc si jamais des avis du triste sieur Haoues vous viennent jusqu’aux oreilles, jetez-les.

L’important est d’écouter, trois semaines après ce crime commis le 14 janvier 2015, d’écouter donc Nadia el Makouli. Elle rapporte ce dont elle a été témoin :

« Après être rentré de chez le médecin chez qui il emmena notre fils malade, Mohamed, comme il avait l’habitude de le faire, passa à peu près une heure au téléphone avec sa sœur qui vit en Vendée. Puis il s’est rendu à la mosquée pour la dernière prière, la prière de l’ichaa. En rentrant, c’est une soirée banale qui s’annonçait, jusqu’à ce que le voisin commence à hurler. Intrigué, Mohamed s’est levé pour ouvrir la porte d’entrée. Lorsqu’il a reconnu le voisin, il ne s’est pas inquiété outre mesure et a refermé la porte à clé. »

« Quelques minutes plus tard, le voisin défonce la porte de notre appartement, qui donne sur le séjour et l’espace cuisine. Mohamed était debout face à l’évier. Thomas Gambet s’est précipité sur lui en criant : « Je suis ton Dieu, je suis l’islam » en lui donnant un premier coup de couteau dans le cou, qui l’affaiblit immédiatement. Malgré tout, Mohamed a continué à se défendre comme il le put. »

« Tout est allé très vite. Thomas Gambet lui a immédiatement asséné trois autres coups de couteau. C’est à ce moment-là que je suis intervenue pour tenter d’éloigner l’assassin de mon mari. J’ai pu le pousser contre le canapé et lui retirer le couteau, non sans éviter de me blesser. Mais notre voisin est reparti chez lui en prendre un autre, puis est revenu avec la même détermination. Mohamed, très affaibli, me demanda alors de prendre notre fils et de fuir. Personne ne pouvait nous aider, notre appartement comme je vous l’ai dit est isolé, sans voisins à proximité. »

« J’ai quitté mon mari complètement affolée, pieds nus, dans un pyjama maculé de sang. Je me suis rendue au poste de police le plus proche, celui de la police municipale de Carpentras. Sur place, plutôt que de réagir immédiatement, les agents m’ont demandé ma pièce d’identité. Je ne comprenais plus rien. J’ai crié ma détresse et je leur ai dit de garder mon fils afin que j’aille moi-même porter secours à mon mari. C’est là qu’ils ont pris conscience de la gravité de la situation et ont alerté les gendarmes.

Malheureusement, une fois sur place, ces derniers ont retrouvé Mohamed mort. Son assassin se trouvait toujours sur les lieux du crime. Il hurlait : « Je suis ton dieu, je suis l’islam », comme le rapportera plus tard un gendarme dans le cadre de l’enquête. »

« Quant à l’assassin, il n’a jamais été diagnostiqué fragile psychologiquement. On ne lui connaît aucun antécédent ; encore moins schizophrène, comme on tente de le faire croire pour expliquer cet acte barbare. Pour nous, il est clair que c’est la haine de l’islam qui a motivé l’assassinat de Mohamed. » (Entretien réalisé par Nadia E.)

Plus tard, pas vraiment contrit, Eric Gambet le père de l’assassin a assigné la veuve, Nadia el Makouli, devant le tribunal d’instance de Carpentras pour des « loyers impayés ». Face à l’indignation il a fini par retirer sa plainte. Alors que lui-même, en tant qu’employeur du défunt, n’a jamais déclaré Mohamed el Makouli aux services administratifs et fiscaux.

Quant à son fils Thomas, diagnostiqué schizophrène, il a été déclaré pénalement irresponsable et ne sera donc jamais jugé. Placé en garde à vue à l’hôpital psychiatrique de Montfavet, une schizophrénie a été diagnostiquée. La première expertise, effectuée par un collège de deux psychiatres, a conclu à une « abolition du discernement au moment des faits », diagnostic confirmé par une deuxième expertise.

En dehors d’une cohorte d’une quarantaine d’amis, et de quelques indignés, qui ont défilé dans les rues d’Avignon, pour protester contre ce non-lieu, rien, pas d’émotion, de protestation massive. Ce qui reste de la presse -dite abusivement « nationale » -, n’a pas débattue sur le thème d’un crime raciste, puisque commis par un « fou » ? La douleur est restée partagée pas quelques intimes. Protester eut été un acte typiquement « islamo-gauchiste ».

Je n’ai aucune volonté d’établir une répugnante compétition entre les victimes… Mais je souhaite quand même comprendre pourquoi, sur un même cas de figure, Sarah Halimi-Mohamed el Makouli, une fois l’indignation explose. Alors que confronté à une autre, c’est l’indifférence ou le mépris ? Existe-t-il des morts martyrisés qui sont plus égaux que d’autres ?

En 2016, quand Thomas Gambet a été déclaré inaccessible au jugement, par exemple, nous n’avons pas vu Jack Broda, juge du Pôle Social du Tribunal de Grande Instance de Nancy, démissionner pour le non-lieu de Kobili Troaré, l’assassin de Sarah Halimi.

Pas vu non plus Sarah Brugère, patronne des magistrats FO, en appeler à une modification de la loi.

Nous attendons aussi, la justice française étant trop injuste, que, telle la sœur de Sarah Halimi en Israël, celle de Mohamed Makouli s’en aller porter plainte au Maroc, pays d’origine d’un torturé. Avec un équivalent Goldnadel comme avocat. Si cela existe.

Maître Patrick Klugman, qui veut juger les drogués, lui non plus n’a pas bougé un pli de sa robe pour Makouli.

Charlie Hebdo, que Val a fait entrer dans la sacristie de Netanyahou, verse des lignes de sang sur Sarah Halimi. C’est tant mieux : mais rien pour Mohamed.

Meyer Habib, humanisme hors norme, chevalier de la juste mesure envisage, lui, que le Mossad s’en vienne enlever ou tuer Traoré. Un député français qui prône l’enlèvement ou l’assassinat en France ? C’est bien aussi.

Madame Hidalgo a-t-elle envisagé de donner le nom d’une petite impasse à Mohamed Makouli ? Sûrement.

Afin d’être utile, je vais terminer cette digression en rapportant mon expérience, celle vécue à Ramallah en octobre 2000. Victime d’une « tentative d’assassinat », de la part d’un « sniper » israélien armé d’un M16, j’ai alors déposé une plainte très documentée. Et vingt ans plus tard, j’attends que la « justice », celle de la « seule démocratie du Moyen Orient », veuille bien trouver une minute pour instruire mon énigme.

Jacques-Marie BOURGET

URL de cet article 37092
https://www.legrandsoir.info/sarah-halimi-mohamed-el-makouli-il-y-a-des-morts-qui-sont-plus-egaux-que-d-autres.html

♦ La normalisation d’humiliation


la normalisation d'humiliation

Depuis quelques années, c’est devenu une coutume que le roi des pauvres et le plus riche des rois à la fois, procède personnellement à la cérémonie de la distribution du  » panier royal de ramadan « . Un misérable colis alimentaire d’une valeur de 10 euros, attribué comme une aide chérifienne à quelques nécessiteux soigneusement sélectionnés par les sbires de sa majesté, après avoir passé par le  » détecteur de mensonges « , pour profiter de ce fabuleux privilège.  

Toutefois, la triste propagande coûte une fortune colossale en termes de déplacement et de sécurité du descendant du prophète, une armée de gardes du corps, gendarmes, pompiers, préfets, des dizaines de véhicules et des hélicoptères sont indispensables au cirque, pour humilier royalement une vieille devant  toutes les chaînes TV . 

Cette année, l’humiliation prend une autre tournure, elle fait désormais partie de la normalisation, par conséquent les synagogues rentrent en jeu pour venir au secours des marocains appauvris dans leur propre pays.  

N’est-ce pas un beau message de paix et de fraternité en terre d’Islam ?

Bulles :  » Dieu vous le rendra Mr Shimon « ,  » Dieu le rendra à Israël chérifienne  »  

PAR ABDELLATIF ZERAÏDIBLOG : LE BLOG DE ABDELLATIF ZERAÏDI

La normalisation d’humiliation | Le Club de Mediapart

♦ SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE : Levée de boucliers internationale


PH. P MONDE(2)

Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, annonçait le 22 février l’adoption de sanctions contre la Russie, la Birmanie et le Venezuela, accusant ces trois pays de violation des droits de l’homme. Pour l’universitaire Édouard Husson, ces mesures reflètent surtout l’impéritie européenne à se doter d’une politique étrangère.

«Sur les plans diplomatique et militaire, l’Union européenne ne peut absolument pas être prise au sérieux. Contrairement au discours dont se gargarise un certain nombre de dirigeants, il n’y a pas de puissance européenne.» Édouard Husson, professeur à l’Institut franco-allemand d’études européennes à l’université de Cergy-Pontoise, ne mâche pas ses mots devant les caméras de Sputnik au sujet des mesures prises le 22 février par Bruxelles contre la Russie, la Birmanie et le Venezuela.
Lignes rouges –Jean-Baptiste Mendes reçoit Édouard Husson, spécialiste de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, professeur à l’université de Cergy-Pontoise et auteur de «Paris-Berlin, la survie de l’Europe» (Éd. Gallimard).
Affaire Navalny, putsch de la junte militaire et maintien au pouvoir de Nicolas Maduro, l’Union européenne s’est emparée de ces trois thématiques pour dénoncer des violations de l’État de droit et de la démocratie, en adoptant de nouvelles sanctions.

Un « droit-de-l’hommisme assez vague »
Au menu, interdictions de voyager et le gel d’avoirs sur le territoire européen pour dix-neuf responsables vénézuéliens et quatre hauts fonctionnaires russes. La nature exacte des mesures à l’encontre des généraux birmans devrait quant à elle être prochainement précisée par Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.
«Il s’agit largement d’une posture sans qu’il y ait derrière tout ça une stratégie véritablement dessinée. Pour faire bonne presse et bonne image, les Européens ont aussi esquissé le début d’une politique de sanctions vis-à-vis de la Chine sur la question de Hong-kong. Mais tout ça n’est pas de mesure à dissuader quelque régime que ce soit de changer de politique», tacle Édouard Husson. Depuis la visite de Borrell à Moscou le 5 février, le ton adopté par Bruxelles laissait néanmoins présager un durcissement des relations avec la Russie. L’Union européenne considère qu’il faut «être très radical en paroles» au nom d’un «droit-de-l’hommisme assez vague». Peut-on alors concevoir ces mesures comme une façon d’imposer les valeurs occidentales au reste du monde?
Pour Édouard Husson, «ces valeurs d’une certaine élite bien-pensante qui se fourvoie dans l’idéologie du genre, dans la pensée décoloniale et autres choses, ne feront qu’agacer le reste du monde. Ce n’est pas parce que le Parlement européen vote des textes où il y a toujours plus de surenchère en termes de valeurs progressistes que pour le coup, l’Union européenne gagne en influence dans le reste du monde.» Par la voix de Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, la France avait même appelé l’Allemagne à «abandonner le projet de gazoduc Nord Stream 2». De son côté, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré être «prêt» à la rupture des liens diplomatiques avec Bruxelles: «qui veut la paix prépare la guerre.»
Pourtant, les sanctions ne se sont «pas extrêmement étendues». La faute –ou grâce– à un «un très laborieux compromis» entre les différents membres de l’Union européenne, remarque l’universitaire.
​Il évoque ainsi «d’énormes tensions», notamment entre l’Italie, qui souhaiterait que «les sanctions contre la Russie soient toutes ou en partie levées», et l’Allemagne, qui maintient des «positions très antirusses», tout en ne voulant pas remettre en cause Nord Stream 2. Même paradoxe pour la France, Emmanuel Macron ayant maintes fois plaidé en faveur d’un rapprochement stratégique avec la Russie.
«On s’entend sur un plus petit dénominateur commun. Si l’on voulait pousser plus loin les sanctions, ça ferait éclater le consensus apparent.»
Les déclarations péremptoires ont donc accouché d’une souris. Des sanctions très symboliques, destinées à «la galerie» conclut-il, estimant que ce comportement est «totalement contre-productif» et que la «politique antirusse ne rapportera rien» aux Européens.

L’Europe, combien de divisions?
Le seul résultat tangible est donc le renforcement des tensions avec Moscou, Vladimir Poutine déplorant ainsi la mise en œuvre d’une «politique dite d’endiguement de la Russie». Le chef de la diplomatie européenne a également constaté que «l’Europe et la Russie s’éloignaient petit à petit l’une de l’autre». Pour quelles conséquences? «Il y a une erreur stratégique majeure commise par l’Union européenne, qui ne voit pas que dans le nouveau monde multipolaire […], il est absurde de ne pas laisser d’autre choix à la Russie que de se rapprocher de la Chine pour résister à des sanctions européennes ou américaines», déplore le professeur à l’Institut franco-allemand.
Confrontée à la faiblesse chronique de son hard power, Bruxelles souhaiterait pourtant démontrer qu’il existerait «une politique étrangère et de sécurité commune». Deuxième puissance économique au monde, le géant commercial européen est une organisation internationale, où les vingt-Sept mettent en commun une grande partie de politiques nationales et une monnaie commune. Mais «tout cela ne crée pas une politique étrangère», juge Édouard Husson, pragmatique.
La souveraineté européenne dont «M. Macron nous rebat les oreilles» est une «large illusion», en évoquant les trop rares sujets d’unité entre Européens, mais aussi parce que l’appartenance à l’Otan est «explicitement désignée dans les traités européens». Difficile dès lors d’affirmer une quelconque autonomie stratégique pour l’Europe, qui est «forcément dépendante de ce qui est décidé à Washington». Anthony Blinken, le nouveau Secrétaire d’État américain, assistait d’ailleurs en visioconférence aux débats du Conseil des affaires étrangères du 22 février, celui-là même qui a décidé la mise en place de ces sanctions. Il y a mieux pour faire taire les critiques sur la faiblesse de Bruxelles.

SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE : Levée de boucliers internationale | (lecourrier-dalgerie.com)

♦ France : la population sous couvre-feu (ou comment écrire un article à la manière de…)


Lorsque les médias écrivent sur Cuba sans mentionner le blocus, je me suis demandé à quoi ressemblerait un article « à la manière de » sur la France, sans citer le mot « C-o-v-i-d ». A quelque chose comme ça :

de notre envoyé spécial à Paris

« Paris sera toujours Paris » chantait Maurice Chevalier. Mais aujourd’hui, sur les Champs Elysées, la foule qui se bousculait jadis sur les larges trottoirs a cédé la place à quelques rares passants – généralement masqués. Magasins aux rideaux baissés, théâtres clos, restaurants fermés… La Ville des Lumières offre un spectacle d’abandon. Comment en est-on arrivé là ? Enquête.

« On n’en peut plus », nous confie S., un étudiant croisé dans une file d’attente devant un bureau de tabac. Il exprime une frustration qui semble être largement partagée par la population. « On ne peut plus sortir, on ne peut plus se distraire. On n’a plus de vie. » A ses côtés, un monsieur plus âgé acquiesce. « On est en train de gâcher leur jeunesse. Moi, personnellement, je m’en fiche. A mon âge, je suis vacciné ». Quelques murmures parcourent la file, qui avance lentement.

Dans la rue, une voiture de police roule au pas. C’est la troisième que nous croisons en une demi-heure. Devenues omniprésentes depuis la vague de mécontentement qui a secoué le pays en 2019 et 2020, les forces de l’ordre semblent déterminées à faire respecter les nouvelles mesures imposées par le régime. Et gare aux contrevenants.

« S’ils t’attrapent après le couvre-feu ou à plus de 10 bornes sans une attestation, c’est une amende salée, directe. En cas de récidive, ça fait boule de neige » nous dit Jonathan, qui se présente comme un « artiste de rue ». « Ils ont même verbalisé des SDF ! Tu te rends compte ? Des SDF, bordel ! »

Autre lieu, autre cadre. Dans l’ambiance feutrée d’une librairie de banlieue, la propriétaire nous montre les rayons chargés de livres recouverts de poussière. « Ca fait deux ans qu’ils m’ont obligé à fermer boutique » nous explique-t-elle. « Déjà en temps normal, c’était difficile, mais là… Comment peut-on vivre sans culture ? Ils ont tout fermé. Librairies, théâtres, cinémas, salles de concert… Tout ».

Et même les écoles. Ancienne fierté de la République, l’Education Nationale n’a pas été épargnée. Au milieu de la cour du lycée Jean Moulin, le silence des bâtiments abandonnés n’est interrompu que par les pas du Directeur de l’établissement qui vient à notre rencontre. « Nous traversons une période très difficile, mais je pense surtout aux élèves » lâche-t-il avec un soupir. « Beaucoup souffrent de dépression. On parle même de suicides, même si aucun chiffre officiel n’est disponible. Alors on improvise, on bricole, on essaie de faire au mieux. Mais ce n’est pas facile. »

Comment en est-on arrivé là ? Nous posons la question à Jean Rémond, professeur d’université, chercheur dans un institut privé et conseiller auprès des médias. « Lorsque la crise a frappé, le gouvernement a réagi comme à son habitude : en improvisant. Les nouvelles mesures furent annoncées un soir à la télévision, par le Président lui-même, sans aucune consultation. C’est du bricolage. Ce régime n’en a plus pour longtemps. »

En attendant, toute contestation est étouffée. « L’information est contrôlée de près » nous affirme VD, responsable d’un site militant d’information alternative. Il nous montre une photo. « Voici un camarade journaliste enfermé depuis deux ans dans une prison de haute sécurité à Londres. Son tort ? Avoir révélé des crimes. Alors ils l’ont accusé d’espionnage. Il risque 175 ans de prison. » VD ne cache pas sa colère. « Pendant que le peuple souffre, la nomenklatura s’envoie en l’air avec du foie gras et du champagne. Les slogans creux du régime, genre « Liberté, Egalité, Fraternité » sont rabâchés. C’est insupportable. »

etc, etc, etc…

Viktor Dedaj
imitateur de clowns

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♦ Ouïghours : un pavé (made in USA) dans la mare


Quand deux intellectuels étasuniens mondialement réputés contestent l’existence d’un génocide ouïghour

Dans un article publié dans un média qui est une référence internationale en matière de politique étrangère, deux intellectuels étasuniens notoires demandent à leur gouvernement de ne pas poursuivre la campagne « contre productive » sur le prétendu génocide des Ouïghours.
Après un article allant dans le même sens, publié par le Washington Post et après les avis d’avocats du Département d’État pour qui le mot « génocide » n’est pas « prouvable », il se pourrait bien que le point fort de la campagne mondiale antichinoise, relayée en France par des médias quasi unanimes, soit sur le point d’être supplantée par d’autres bobards.
LGS

« PS » c’est-à-dire “Project syndicate”, est un réseau de 459 médias dans 150 pays. Dans son édition du 20 avril , il présente un article signé Jeffrey Sachs et Willian Schabas intitulé” the Xinjiang genocide allegations are unjustified”, en d’autres termes “Les accusations de génocide au Xinjiang sont injustifiées”.
Les auteurs autant que la publication jettent un sérieux pavé dans la mare de la campagne internationale hystérique des médias et de quelques politiciens de droite comme de gauche qui “sans opportunisme” aucun, font le choix de soutenir les activistes de groupuscules séparatistes Ouïghours qui en appellent au “Jihad” et à ”anéantir la Chine”.

Ces derniers sont en réalité ceux qui terrorisent les Ouïghours du Xinjiang”. De Clémentine Autain à l’atlantiste Raphaël Glucksmann de Nabilla à l’évangéliste de la secte”Born again” Adrian Zenz qui pense que sa dénonciation de la Chine est guidée par Dieu, il est devenu dorénavant “fashion” de participer au boycott du coton en provenance du Xinjiang initié par des compagnies connues pour leur respect scrupuleux des droits de l’homme en Asie du Sud-est comme H&M, Adidas, Burberry, Nike. Ce qui en retour a provoqué une chute brutale des ventes de ces entreprises en Chine et sensiblement augmenté celles des produits chinois correspondants. Dans ce secteur concerné, les ventes ont contribué à faire un bond en avant de 7% à la bourse de Shangaï.

L’article présenté par Project Syndicate est intéressant à plus d’un titre. En premier lieu par le support lui-même. La réputation de PS est d’être une référence internationale en matière de politique étrangère, et d’être très largement relayée dans le monde. PS n’est pas ce que l’on peut qualifier de néoconservateur. Bien sûr, il est critique de la Chine de Xi Jinping et de la Russie de Poutine, toutefois dans un style plus “soft” que bien des commentateurs officiels. PS reflète et suggère souvent par anticipation, parfois de manière critique ce qu’est ou ce qu’annonce la politique étrangère nord-américaine.

Avec cet article PS a rejoint en cela le Washington Post qui s’est exprimé récemment dans le même sens et qui sur les Ouïghours a pris ses distances avec le terme de “génocide” en soulignant que l’utilisation du mot génocide est “juridiquement inappropriée”“intentionnellement incendiaire”, dans un but de “diabolisation” de la Chine.

En second lieu, quelques mots sur les auteurs.

Jeffrey Sachs est un économiste libéral(libéral au sens américain et non celui que nous lui donnons) très écouté, proche de nombreuses administrations démocrates US, il est considéré internationalement comme l’un des cent intellectuels les plus influents au monde. Après la chute de l’URSS, il a été la cheville ouvrière de ce que l’on a appelé « la thérapie de choc » en Russie, Pologne avec les résultats tragiques que l’on sait, idem d’ailleurs en Amérique Latine.

Il s’est depuis racheté une conduite en critiquant les politiques qu’il avait inspirées et en prenant des positions lucides sur différents sujets dont les causes de la crise systémique, une critique souvent radicale de la politique américaine. Sachs est très actif sur les enjeux du développement durable, des inégalités, du réchauffement climatique, il a été le conseiller de plusieurs secretaires généraux des Nations Unies dont Antonio Gutteres.

Quant à William Schabas il est un professeur de droit international de réputation mondiale. Un spécialiste pour les Nations Unies du droit international sur la torture, la peine de mort, les droits de la personne et le génocide sur lequel il a rapporté comme expert des Nations Unies à partir de l’exemple Ruandais. Il a occupé d’importantes charges universitaires et auprès d’institutions comme US Aid que l’on ne peut accuser de radicalisme.

Par conséquent si PS , Jeffrey Sachs et William Schabas recommandent d’arrêter les frais sur « le génocide » des Ouïghours, c’est probablement un indicateur intéressant de ce que cela peut annoncer comme évolution possible de la politique américaine à l’égard de la Chine. Faut-il rappeler ici que le terme de “génocide” a été utilisé par Biden lui-même ainsi que par son administration sans parler des médias mainstream en particulier en France comme le Monde et Libération, Cnews ou France 24 ?

Sachant que cette mise en cause critique de l’utilisation du concept grave de génocide est sans précédent et qu’il ne peut être le produit de la génération spontanée, cet article peut signifier deux choses possibles.

1- Une prise de conscience est en train de s’opérer quant à l’entreprise internationale de falsifications au sujet des Ouïghours, y compris parmi les décideurs américains. Du point de vue de son impact, preuve en est à travers cet article, cette campagne marque le pas. Ses excès et ses caricatures de la réalité au Xinjiang deviennent contre productifs. On en fait trop. Cela donne raison à ceux qui assument courageusement cette dénonciation à contre courant. C’est-à-dire plusieurs lanceurs d’alerte qui en toute honnêteté ont rapporté ce qu’ils ont vu et vécu au Xinjiang, comme l’a fait dans un livre Maxime Vivas.

Une réalité, qui est à des années lumières des descriptions fantasmagoriques d’experts qui n’ont jamais mis les pieds sur place et qui de surcroît pour un grand nombre d’entre eux ignoraient jusqu’ à l’existence des Ouïghours. Malgré les calomnies, cette résistance pro-vérité a tenu bon. D’une certaine manière et à leur manière Jeffrey Sachs et William Schabas vont dans le même sens. Il faut se féliciter de ces réactions critiques qui refusent le prêt à porter idéologique que les médias veulent imposer. Cet état d’esprit nouveau a été aussi favorisé par la fermeté “nouvelle” de la Chine qui a répondu du tac au tac et avec des arguments précis et irréfutables. Cette attitude offensive a contribué à déstabiliser et placer sur la défensive les dirigeants américains comme on l’a vu au sommet d’Anchorage.

A cette occasion la leçon de politique internationale donnée par les responsables chinois aux deux représentants de Joe Biden est implacable. Comme on le voit dans la vidéo de ces entretiens au sommet, la prestation chinoise est tout à fait remarquable. Elle fait grandement la différence avec le contenu affligeant des propos d’Anthony Blinken et Jake Sullivan.

2- L’article de Jeffrey Sachs et William Schabas est donc révélateur à partir d’arguments autant politiques que de droit international. Comme les deux auteurs le démontrent, on ne peut galvauder impunément les principes et valeurs défendues par le système des Nations unies et dont la Charte doit demeurer la référence des Etats et des peuples. Jeffrey Sachs et William Schabas y font référence de manière forte, solennelle et argumentée. Ce qui leur permet d’attirer l’attention sur ce qu’a été la politique des Etats Unis dans son action proclamée contre le terrorisme, et ce à quoi elle a conduit comme exactions en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Lybie. En fait cet article, en forme d’interpellation de la nouvelle administration US, suggère d’amorcer un virage pragmatique en renonçant aux approximations, aux suppositions, aux interprétations et à la fantaisie. Comme le montre l’article en deux chapitres publié dans LGS par Jean-Pierre Page et Bruno Drweski sur la nouvelle politique étrangère US face à la Chine, les Etats-Unis sont pris dans une contradiction difficile à gérer : rivalité et besoin de coopérer pour assurer leur survie immédiate. Il est bien beau de parler de changement de régime et même de changement de système à Pékin quand les Etats-Unis n’ont jamais été aussi divisés, polarisés, affaiblis économiquement et socialement. L’article de Jeffrey Sachs et de William Schabas dans Project Syndicate vient utilement rappeler qu’à jouer avec les allumettes, on finit par se brûler.

Gaston MONATTE

(Les illustrations sont du Grand Soir).

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♦ Conseil aux Ukrainiens : Ne pas chatouiller l’ours


Entretien avec Israël Shamir

Par Mike Whitney

Paru le 18 avril 2021 sur Unz Review sous le titre Flashpoint Ukraine: Don’t Poke the Bear

Question: Au cours des 4 dernières années, les dirigeants démocrates ont accusé la Russie d’ingérence présumée dans les élections de 2016. Maintenant, les démocrates – qui contrôlent les trois branches du gouvernement – ont le pouvoir de réinitialiser la politique étrangère américaine et d’adopter une approche plus hostile envers Moscou. Mais le feront-ils ?

 À l’heure actuelle, environ 40 000 soldats américains et de l’OTAN sont massés le long de la frontière russe pour effectuer des exercices militaires, tandis que des dizaines de chars et d’artillerie russes et environ 85 000 soldats russes se trouvent maintenant à environ 25 miles de la frontière orientale de l’Ukraine. Les deux armées sont sur le qui-vive et prêtes à répondre à toute provocation soudaine. Si l’armée ukrainienne envahit la région russophone de l’Ukraine (le Donbass), Moscou répondra probablement.

Y aura-t-il donc une conflagration en Ukraine au printemps et, dans ce cas, comment Poutine réagira-t-il ? Limitera-t-il la portée de sa campagne au Donbass ou poussera-t-il jusqu’à Kiev ?

Israël Shamir: Si l’armée russe franchit la frontière ukrainienne, elle ne s’arrêtera pas au Donbass. La guerre sera brève et l’Ukraine sera divisée en morceaux. Mais cela arrivera-t-il ?

L’animal totem de la Russie, l’ours, est un animal fort et pacifique qui ne se laisse pas facilement exciter, mais une fois provoqué, il est impossible de l’arrêter. Les souverains russes ont généralement correspondu à cette image. Ils n’étaient pas aventureux, mais pondérés et prudents. Poutine, qui est la quintessence du dirigeant russe, est peu enclin à prendre des risques. Il ne déclenchera pas une guerre dont il n’a jamais voulu, mais il agira de manière décisive s’il doit le faire. Prenons l’exemple de 2014, après le coup d’État ukrainien : le président ukrainien légitime, M. Ianoukovitch, a couru en Russie et a demandé à Poutine de l’aider à reprendre le pouvoir. À cette époque, l’armée ukrainienne était faible et la Russie aurait pu facilement reprendre le pays sans rencontrer de résistance significative. Mais, étonnamment, Poutine n’a pas donné l’ordre de prendre Kiev.

Poutine est imprévisible. Il a ordonné la prise de la Crimée malgré les conseils de ses conseillers. C’était une décision inattendue, et elle a fonctionné comme un charme. Il a également malmené la Géorgie en 2008 après l’invasion de l’Ossétie du Sud par Saakashvili. Il s’agissait là d’une autre manœuvre inattendue qui a réussi mieux que personne n’aurait pu l’imaginer. Si les Ukrainiens tentent de reprendre le Donbass, l’armée russe les battra sèchement et poursuivra sa route vers Kiev. La présence des troupes de l’OTAN ne dissuadera pas Poutine.

Quant aux démocrates américains, ils peuvent pousser Kiev à attaquer, mais ils finiront par perdre l’Ukraine dans le processus. Si le but est d’empoisonner les relations entre la Russie et l’Europe, ils peuvent essayer de le faire, mais s’ils pensent que la guerre russo-ukrainienne va s’éterniser, ils se trompent. Et s’ils pensent que Poutine ne défendra pas le Donbass, ils ont fait une grave erreur de calcul.

Le récent appel téléphonique de Biden à Poutine suggère que l’administration a décidé de ne pas lancer une guerre après tout. L’information non confirmée selon laquelle deux navires américains se seraient détournés de la mer Noire va dans le même sens. Toutefois, nous ne pouvons pas en être sûrs puisque le Kremlin a refusé d’accepter la proposition de rencontre de M. Biden. La réponse du Kremlin a été un glacial « Nous allons étudier la proposition ». Les Russes pensent que la proposition de sommet pourrait être une ruse visant à gagner du temps pour renforcer leur position. Conclusion : Nous ne pouvons pas savoir avec certitude comment les choses vont se passer à l’avenir.

Question: J’ai du mal à comprendre ce que l’administration Biden espère gagner en provoquant une guerre en Ukraine. S’emparer du Donbass obligerait le gouvernement à imposer une occupation militaire coûteuse et à long terme, à laquelle les russophones qui vivent dans la région opposeront une résistance féroce. En quoi cela profite-t-il à Washington ?

En fait, je ne pense pas que ce soit le cas. Je pense que le véritable objectif est de provoquer Poutine pour qu’il réagisse de manière excessive, prouvant ainsi que la Russie constitue une menace pour toute l’Europe. La seule façon pour Washington de persuader ses alliés européens de ne pas s’engager dans des transactions commerciales critiques (comme le Nordstream) avec Moscou est de prouver que la Russie est une « menace extérieure » pour leur sécurité collective.

Êtes-vous d’accord avec cela ou pensez-vous que Washington a quelque chose à gagner en lançant une guerre en Ukraine ?

Israël Shamir: Que faut-il entendre par « réaction excessive » ? Poutine ne menace pas d’atomiser Washington, de prendre le contrôle de Bruxelles ou de prendre d’assaut Varsovie. Mais il serait tout à fait raisonnable de résoudre le problème de l’Ukraine à cette occasion, de son point de vue.

Lorsque le régime de Kiev a commencé à se préparer à la guerre il y a quelques mois, ils pensaient que ce serait une répétition de 2015, où ils attaqueraient le Donbass, le Donbass subirait des pertes, puis l’armée russe interviendrait pour empêcher leur défaite. Ils voyaient cela comme une guerre limitée avec une bonne chance de récupérer le Donbass. Mais Moscou a indiqué qu’ils répondraient à toute agression non provoquée en utilisant toute leur force, écrasant ainsi l’État ukrainien. En d’autres termes, l’armée russe ne s’arrêtera pas au Donbass mais se dirigera vers les frontières occidentales de l’Ukraine jusqu’à ce que le pays entier soit libéré.

S’agirait-il d’une « réaction excessive » ? Certainement pas. Le peuple ukrainien serait sauvé du régime nationaliste et anti-russe, et le peuple russe serait sauvé d’une base de l’OTAN sur son flanc ouest. Espérons que l’UE le comprendra. Quant aux États-Unis, les Russes ont déjà pris leur décision : les États-Unis sont un ennemi. Il y a eu un changement tectonique en Russie, et ce changement est le résultat de la lassitude de la Russie face aux assauts par procuration des États-Unis.

Les États-Unis aimeraient que le Donbass soit réintégré dans l’État ukrainien, car ils seraient alors loués en tant que « puissant défenseur d’un pays d’Europe de l’Est contre la Russie ». Mais la Russie aurait alors une guerre permanente de faible intensité à sa frontière. Dans tous les cas, les relations de la Russie avec l’Europe seraient empoisonnées et l’UE finirait probablement par acheter du gaz liquéfié coûteux aux États-Unis plutôt que du gaz russe, beaucoup moins cher.

La décision de la Russie de lancer une attaque en règle contre l’Ukraine a rendu tout ce plan sans intérêt. Poutine ne permettra pas que cela se produise.

Les Ukrainiens sont des gens très souples. Actuellement, ils se soumettent au discours nationaliste anti-russe, mais si l’armée russe devait arriver, les Ukrainiens se souviendraient rapidement qu’ils ont été cofondateurs de l’URSS, qu’ils sont les frères des Russes, et ils se débarrasseraient de la domination nationaliste cauchemardesque. Les Ukrainiens sont des gens merveilleux, mais ils s’adaptent facilement aux nouveaux dirigeants, qu’il s’agisse de la Wehrmacht allemande, des propriétaires terriens polonais, des nationalistes de Petlioura ou des communistes. Ils s’adapteraient également à un partenariat avec la Russie. De même, les Russes embrasseraient chaleureusement les Ukrainiens comme ils l’ont fait en 1920 et en 1945.

Question: L’armée russe n’aurait guère de problème pour s’emparer de la capitale, mais tenir Kiev pourrait être une toute autre affaire. Supposons que des troupes russes soient déployées à Kiev pour maintenir la paix pendant qu’un gouvernement provisoire est établi en vue d’élections libres. Quelle serait la réponse des États-Unis ? Quelle serait la réponse de l’OTAN ? Comment cette manœuvre serait-elle décrite dans les médias occidentaux ? Serait-elle présentée comme une « libération » ou une « occupation par une puissance impériale impitoyable » ? Cela aiderait-il ou nuirait-il aux relations de Moscou avec ses partenaires dans le monde et notamment avec l’Allemagne, où le Nordstream est toujours en construction ? 

Et ce scénario n’inciterait-il pas les agences de renseignement américaines à armer, former et financer des groupes disparates d’extrémistes d’extrême droite qui mèneraient une insurrection prolongée contre les troupes russes à Kiev ? En quoi cela est-il dans l’intérêt de la Russie ? Pourquoi Poutine se mettrait-il dans la même situation que les États-Unis en Afghanistan, où une milice hétéroclite et mal armée a rendu la gouvernance impossible, obligeant les États-Unis à plier bagage 20 ans plus tard. Est-ce là ce que veut Poutine ?

Israel Shamir: La comparaison avec l’Afghanistan est absurde. L’Ukraine est une partie de la Russie qui est devenue indépendante au moment où l’Union soviétique s’est effondrée. Les Ukrainiens sont en quelque sorte des Russes. Ils ont la même religion, la même langue, la même culture et la même histoire. Oui, la CIA a essayé d’armer l’insurrection ukrainienne après la Seconde Guerre mondiale, mais sans grand succès. On pourrait comparer la prise de Kiev à la prise d’Atlanta par Sherman.

L’indépendance et la séparation de l’Ukraine ne peuvent probablement pas être inversées immédiatement, mais au lieu d’un grand État difficile à manier, l’Ukraine peut être transformée en quelques unités indépendantes cohérentes. L’Ukraine occidentale rejoindra probablement la Pologne en tant qu’État indépendant ou semi-indépendant. L’Est et le Sud de l’Ukraine pourraient devenir semi-indépendants sous l’égide de la Russie, ou rejoindre la Fédération de Russie. Et l’Ukraine historique autour de Poltava pourrait essayer de suivre sa propre voie. Je pense que les Ukrainiens seraient heureux de se réunir avec leur État mère, ou du moins de devenir amis avec Moscou. Il ne sera pas nécessaire de déployer des troupes russes à Kiev ou ailleurs. Il y a suffisamment d’Ukrainiens pour gouverner et contrôler la situation et pour faire face aux nationalistes extrêmes restants.

Quelle serait la réaction des États-Unis et de l’OTAN ? Comment cette manœuvre serait-elle dépeinte dans les médias occidentaux ? Probablement comme dans le cas de leur réponse à la prise de contrôle de la Crimée. Ils seront en colère, mécontents, furieux. Le problème est qu’ils le sont déjà. Ils ont déjà imposé des sanctions à la Russie et réinstallé le rideau de fer. Ils ont déjà tout fait pour se rapprocher d’une confrontation militaire. La Russie est tellement agacée par tout cela, qu’elle ne se soucie pas outre mesure d’une autre série de sanctions.

Je suis certain que la Russie ne déclenchera pas une guerre en Ukraine, mais si Kiev le fait, l’armée russe renversera le régime, tout comme les États-Unis ont renversé les régimes en Afghanistan, en Irak et dans de nombreux autres États. Et, toute tentative pour établir des bases militaires américaines ou de l’OTAN en Ukraine sera sans aucun doute considérée comme un casus belli.

Les Russes pensent qu’une grande guerre est inévitable, il est donc probablement préférable d’avoir l’Ukraine sous le contrôle de Moscou avant que cette guerre n’éclate. Les États-Unis sont un ennemi, tel est le sentiment en Russie. Si les États-Unis veulent changer cette perception, ils doivent agir rapidement.

Question: Washington est-il réellement intéressé par l’Ukraine ou s’agit-il simplement d’une étape dans sa guerre contre la Russie ?

Israël Shamir: Washington voudrait initier une guerre de faible intensité entre l’Ukraine et la Russie, une guerre de longue durée qui drainerait les ressources russes et affaiblirait les troupes russes ; une guerre qui détournerait l’attention de la Russie d’autres points chauds, comme la Syrie ou la  Libye. C’est ainsi que les États-Unis préparent le terrain pour une confrontation encore plus importante avec la Russie à l’avenir.

Poutine a accepté l’éclatement de l’URSS. Il n’essaie pas de reconstruire l’empire soviétique et n’est pas particulièrement intéressé par l’Ukraine. Par deux fois, il a permis aux ennemis de la Russie d’emporter l’Ukraine : en 2004 et en 2014. Il a montré qu’il préférait avoir le moins possible affaire avec l’Ukraine. Avocat de formation, Poutine a l’esprit juridique. Il pensait que les traités de Minsk étaient une solution suffisamment satisfaisante pour toutes les parties concernées. Il ne s’attendait pas à ce que Kiev ignore les traités, mais c’est ce qui s’est passé. Maintenant, il est coincé entre le marteau et l’enclume. Il ne tient pas à annexer une partie de l’Ukraine, mais il pourrait être contraint de le faire tôt ou tard.

Ces dernières semaines, les relations américano-russes se sont considérablement détériorées. La Russie est profondément offensée par les évènements récents et ne reviendra pas au « business as usual ». Nous sommes entrés dans des eaux inconnues et il n’y a aucun moyen de prédire ce qui va se passer.

Question: Personne aux Etats-Unis ne tirerait profit d’un conflit avec la Russie; en fait, une confrontation militaire avec Moscou représente une menace sérieuse et, peut-être, existentielle pour les Russes comme pour les Américains. Pourtant, la ruée vers la guerre se poursuit à un rythme soutenu, principalement parce que l’armée américaine – avec ses millions de soldats et son armement de haute technologie – est entre les mains d’un establishment qui en matière de politique étrangère est déterminé à contrôler les vastes ressources et le potentiel de croissance de l’Asie centrale, malgré les pertes et les destructions que cette stratégie ne manquera pas de causer.

Le plus grand obstacle à ce plan c’est la Russie, et c’est pourquoi – depuis l’effondrement de l’Union soviétique – les États-Unis et l’OTAN ont fait tous les efforts possibles pour encercler la Russie, déployer des sites de missiles à ses frontières, mener des exercices militaires hostiles sur son périmètre, armer et former des extrémistes islamiques pour combattre dans ses provinces (voir la Tchétchénie). Maintenant que Joe Biden a été élu président, je m’attends à ce que les hostilités envers la Russie s’intensifient rapidement en Ukraine et en Syrie. Joe Biden a déjà montré qu’il fera tout ce que le « Borg » de la politique étrangère lui dira de faire, ce qui signifie que la guerre avec la Russie pourrait être inévitable.

Êtes-vous d’accord ou non avec cette analyse ?

Israel Shamir: Il y a des forces qui veulent contrôler et diriger l’humanité. Ces forces utilisent les États-Unis comme leur exécuteur. La partie des élites américaines liée à Trump veut que les États-Unis soient le principal bénéficiaire de tout processus. La partie des élites américaines liée à Biden est plus orientée vers le monde. La Russie est prête à s’adapter à certaines de leurs exigences (vaccination, climat) afin d’éviter une épreuve de force finale. D’un autre côté, nous ne savons pas tout à fait ce que veulent vraiment ces élites mondiales. Et pourquoi ce sentiment d’urgence ? Pourquoi ce manque d’intérêt pour le peuple américain, les Russes ou les Européens ? Peut-être que Davos est le nouveau centre du pouvoir et qu’ils sont simplement contrariés par la désobéissance de Poutine ?

Ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que les impérialistes cherchent toujours l’hégémonie mondiale. La Russie indépendante représente un défi pour ce plan. Peut-être les élites occidentales pensent-elles qu’elles peuvent amener la Russie à se conformer pleinement à leurs objectifs en jouant la prudence et en menaçant seulement de faire la guerre ? Peut-être que ce que nous voyons en Ukraine est une tentative pour intimider la Russie,  pour la faire obéir ? Le danger est de pousser les choses trop loin et de déclencher une guerre qu’ils ne pourront ni gérer ni contenir.

Poutine se souvient du sort de Saddam et de Kadhafi. Il ne va pas jeter l’éponge ni reculer. Il ne va pas abandonner ou céder.

À mes lecteurs américains, je dirais que les États-Unis sont très forts et que leurs habitants peuvent s’offrir une vie merveilleuse même sans hégémonie mondiale ; en fait, l’hégémonie n’est pas du tout dans leur intérêt. Ce qu’ils devraient rechercher, c’est une politique nationaliste forte qui prenne soin du peuple américain et évite les guerres étrangères inutiles.

Propos recueillis par Mike Whitney

Israel Shamir est un écrivain et un journaliste spécialiste des questions internationales, un penseur politique radical et un spécialiste de la Bible et du judaïsme. Ses commentaires sur les affaires courantes sont publiés sur The Unz Review, et sur ses propres sites www.israelshamir.net et www.israelshamir.com. Ses livres L’Autre visage d’Israël, La Bataille du Discours, Pardes, La Bataille de Russie, Au nom du Christ sont disponibles sur Amazon [et ci-dessous]. Shamir a été un dissident en URSS puis en Israël, où il a réclamé le respect des droits des Palestiniens. Il est également un dissident mondial qui appelle au démantèlement du Nouvel Ordre Mondial et de l’Empire américain.

Source : Flashpoint Ukraine: Don’t Poke the Bear.

♦ Tchad : la France ne pourra plus sauver le soldat Déby


À peine réélu pour un sixième mandat, Idriss Déby Itno s’est éteint suite à des blessures de guerre. Dictateur rusé et retors, le président tchadien aura pu compter pendant de nombreuses années sur le soutien sans faille de la France, qui lui a sauvé la mise à plusieurs reprises, et ce en dépit de la disparition d’opposants et de sa gestion clanique du pouvoir.

Son sixième mandat à la tête du Tchad n’aura donc duré qu’une petite semaine. Réélu président de la République le 11 avril dernier à l’issue d’un scrutin aussi peu crédible que les précédents, chef suprême des armées proclamé maréchal au mois d’août dernier – le jour même du soixantième anniversaire du pays – Idriss Déby est mort en guerrier a indiqué ce mardi 20 avril l’armée à la télévision d’Etat. Chef d’État, il le fut très peu.

Arrivé au pouvoir par les armes en 1990 en chassant son ex-allié Hissène Habré, ce militaire né dans une famille de bergers, et formé en partie en France, n’aura cessé trente ans durant de combattre sur tous les fronts. Contre divers groupes rebelles du nord du pays, opposés au pouvoir central, jamais domptés et réfugiés notamment en Libye. Contre les djihadistes nigérians de Boko Haram et, aux côtés de la France, dans le cadre du G5 Sahel, contre ceux d’Al-Qaïda ou de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) présents au Mali, au Niger ou au Burkina Faso.

SOUTIEN INDÉFECTIBLE DE LA FRANCE

Enfin, à l’intérieur même des frontières nationales, contre tous ceux, opposants politiques ou membres de la « société civile » contestant un peu trop ouvertement sa conception très clanique sinon ethnique du pouvoir. Dans une des nombreuses vidéos où il aimait à se mettre en scène en défenseur intransigeant de l’intégrité du territoire, Idriss Déby disait préférer mourir au combat plutôt que de voir « le désordre s’installer ».

À plusieurs reprises, il a pu compter sur le soutien indéfectible de la France, acteur omniprésent au Tchad, plus que partout ailleurs, depuis l’indépendance, et notamment sur le plan militaire. Aux côtés d’Hissène Habré pour repousser les forces libyennes de Mouammar Kadhafi et une partie des rebelles du Nord, Paris misera tout sur Déby en 1990 pour se débarrasser du premier, devenu persona non grata et présenté, à juste titre, comme responsable de liquidations en masse et de crimes de guerre. Crimes pour lesquels il a été jugé au Sénégal où il s’était réfugié.

ATTITUDE « AMBIGUË, VOIRE COMPLICE » DE PARIS

En la matière, Idriss Déby lui n’a jamais été inquiété. Ancien délégué à l’Afrique du Parti socialiste, Guy Labertit le tient pourtant pour responsable, entre autres méfaits, de la disparition d’un ami en 2008, Ibni Oumar Mahamat Saleh, un ancien ministre de Déby devenu la figure de proue de toute l’opposition tchadienne. « L’attitude de la France a été pour le moins ambiguë, sinon complice », estime-t-il, joint par Marianne. Cette même année 2008, les forces rebelles, conduites à l’époque par Mahamat Nouri et Timane Erdimi, et appuyées par Khartoum, étaient parvenus à entrer dans N’Djamena, la capitale, quasiment jusqu’au palais présidentiel, le Palais Rose.

Une fois encore, Déby sauvera sa peau et son régime. En partie grâce à l’intervention des militaires plus que des politiques français. « En réalité, estime Guy Labertit, Nicolas Sarkozy, je pense, était prêt à le laisser tomber. » L’ancien président souhaite alors concrétiser sa volonté affichée de redéfinir les relations entre Paris et ses partenaires en Afrique francophone. Il n’en sera rien. Et surtout pas au Tchad, véritable « porte-avions » de la France sur le continent.

DICTATEUR CAPRICIEUX ET MADRÉ

Ainsi, depuis qu’elle a succédé à Serval, l’opération Barkhane a son QG à N’Djamena. Dédiés théoriquement à la lutte exclusive contre les groupes djihadistes, des Mirage 2000 auraient ainsi procédé en février dernier à la « neutralisation » d’une colonne de rebelles dans la zone d’Amdjarass, à un millier de kilomètres au nord-est de N’Djamena. Ce qui n’a pas empêché ces mêmes rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) de repartir à l’offensive de plus belle lors des dernières semaines.

Les combats au cours desquels Déby et plusieurs généraux ont perdu la vie se situaient à 400 kilomètres de la capitale. « S’il a cru bon d’y participer en personne, c’est que le danger est devenu sérieux », assure un bon connaisseur du régime. Dictateur capricieux et madré, Déby savait se faire désirer, lui et surtout ses militaires d’élite, réputés les meilleurs et les plus aguerris de la région. Sans leur appui, déjà critiquée pour sa durée et des résultats en trompe-l’œil, Barkhane risque de sérieusement tanguer. Au point de révisions déchirantes ?

CE QUI RESSEMBLE FORT À UN COUP D’ÉTAT…

Pour l’heure, un des fils du défunt, Mahamat Idriss Déby Itno, un général quatre étoiles de 38 ans, a pris la tête d’un conseil militaire chargé de la transition, en violation flagrante de la Constitution, l’intérim devant être normalement assumé par le président de l’Assemblée nationale. « La France va-t-elle valider ce qui ressemble fort à un coup d’État ? » interroge Guy Labertit avant d’ajouter : « Pour ce qui concerne le Tchad, les militaires ont toujours pris le pas sur les diplomates ».

L’heure de la rupture a peut-être sonné. Elle se ferait, il est vrai, dans les pires conditions. Loin de désarmer, et malgré de réelles pertes, les franchises djihadistes multiplient les attaques et les soldats tchadiens ne sont d’ailleurs pas les derniers à en payer le prix. En Centrafrique et ailleurs, la Russie pousse ses pions. Et pour l’heure, l’administration Biden n’a pas encore défini clairement sa « politique africaine ». « Jean-Yves Le Drian se soucie à juste titre de tous ces facteurs, conclut Guy Labertit, mais la question de la démocratie au Tchad vaut peut-être qu’on s’en préoccupe aussi un peu. »

Marianne, 20 avr 2021

Etiquettes : Tchad, Idriss Déby Itno, France, rebelles, FACT,

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♦ Les Nouveaux Intellectuels Médiatiques Algériens


kamel daoud et sansal
Sansal & Daoud

«Intellectuels: ils sont plutôt le déchet de la société, le déchet au sens strict, c’est-à-dire ce qui ne sert à rien, à moins qu’on ne les récupère.», Roland Barthes, Le Grain de la voix (1981)

« Dans tout ce qui s’imprime, il y a du poison plus ou moins délayé selon l’étendue de l’ouvrage, plus ou moins malfaisant, mortel. De l’acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd, n’est point senti, dans une tasse fait vomir, en une cuillère tue, et voilà le pamphlet. », Courier

« La critique négative est nécessaire; il n’y a pas dans la mémoire des hommes assez de socles pour toutes les effigies: il faut donc parfois briser et jeter à la fonte quelques bronzes injustes et trop insolents. », Remy de Gourmont, Le IIe livre des masques.

Un Intellectuel médiatique algérien, c’est qui et quoi ?

Qu’est-ce qu’un intellectuel algérien ? Citer Sansal, Daoud, Khadra, Amin Zaoui est une immense escroquerie intellectuelle ! Ce n’est pas parce qu’on parle d’eux dans les médias et les réseaux sociaux à longueur d’année jusqu’à la nausée qu’ils ont fait quelques romans et reçurent des prix de l’hexagone, qu’ils sont dans l’éternité. On veut nous les imposer comme un modèle à leur image : le complexe francophile de François et son image Mohammed comme un modèle de sadomasochisme !

Ils n’ont pas inventé la poésie, la littérature, ou la pensée sublime de Nietzsche, de Dostoïevski, ou de Marx à part le bel usage de la belle langue française de Molière; une langue qui peut être un butin de guerre, mais aussi une affiliation de la voix de son maitre quand la source n’est plus du génie local, mais de la transfiguration mimétique.

Ils n’ont pas été capables d’être à la hauteur de la littérature algérienne authentique comme ont pu le transmettre les Mouloud Feraoun, Mameri, Kateb Yacine, Dib, Djaout, Jean et Taous Amrouche, Moufdi Zakaria, …

Ils n’ont engendré aucune pensée à la hauteur de nos penseurs comme Malek Benabi, Rabhani Koribaa, Franz Fanon, Nait Belkacem, Mohammed Arkoun (malgré sa critique, mais qui est éclairée par une connaissance profonde du sujet anthropologique) qui sont plus authentiques, pudiques, dignes et plus ingénieux ! Ceci est une méprise à la pensée algérienne !

Un pitre burlesque et pathétique ne peut prendre la place d’un géant ! La complexité de la pensée sublime ne peut se réduire à la réduction débile d’un primaire bicéphale : noir-blanc. Ce n’est plus l’autre qui est la laideur, mais nous autres ; une autoflagellation masochiste.

Non ! Il faut que leurs évidences se justifient par des décennies de recherche et exploration dans l’abime de la complexité humaine. Arkoun a passé des décennies de recherche dans la pensée musulmane profonde pour oser ensuite dire : « je pense que « . Il ne suffit pas de combattre la religion, et plus précisément, la sienne, pour se faire élire un héros, un courageux et encore moins un penseur. Certes Nietzsche a combattu la sienne, mais en nous pondant « Ainsi parlait Zarathustra » ; un sommet de la pensée humaine ! Maudire l’obscurité ne nous ramène pas de la lumière et la laideur de nous autres ne nous rend pas plus beaux…

Oui, on parle beaucoup d’eux, de leurs personnes et de leurs polémiques populistes, mais pas de la pensée de leurs « œuvres » qu’ils voudraient nous faire passer pour du Shakespeare ! Oui, on parle d’eux, pour divertir le peuple de son destin cosmique : Quel courage ont-ils de faire défoncer des portes ouvertes : leur combat contre la religion (mais plus particulièrement l’islam), contre l’oppression des femmes (et particulièrement les musulmanes), contre l’intolérantisme (toujours la notre) pour la modernité, la liberté, la vérité.. Bull Shit !

Ces nouveaux intellos médiatiques veulent nous blanchir juste avec le bel usage de la belle langue : parlez du Molière et vous devenez le Bourgeois gentilhomme de Si Boubagra ! Quelle méconnaissance tragique de notre peuple; de son histoire, de ses valeurs et de son génie universel. On ne devient pas français en parlant le français et encore moins un allemand en conduisant une Mercedes !

Emerson aimait dire que « Le talent seul ne suffit pas pour faire un écrivain. Derrière un livre, il doit y avoir un homme ». Oui un homme, c’est des convictions et des valeurs universalistes qui prennent leurs ailes de la localité historique.

Un intellectuel dans le sens d’un penseur pour le courant intellectuel français est :

  • un laïque, mais dans le sens francophile de BHL : celui qui combat la religion, mais attention uniquement la religion musulmane, mais pas juive ou chrétienne. On le voit par leurs reprises de thème contre la burka, les droits des femmes, les droits de manger en public durant le ramadan.
  • Un occidentalisé ; dans le sens de l’héritage gréco-romain ou judéo-chrétien qui n’est nullement universaliste ; ce serait une insulte au reste de l’humanité.
  • Un refus de l’antisémitisme dans son sens exclusif ; C’est un à dire un promoteur du sionisme dans le monde arabe d’où les visites mystiques d’obédience de nos intellos au mur des lamentations (on pensait à Sansal entre autres)

On peut ainsi observer une immense ignorance de ces faux intellectuels de leur propre héritage ou de toute la pensée complexe d’une civilisation ; par son histoire, sa sociologie, son humanisme. Éblouis par les néons de la modernité occidentale, ils ne connaissent rien de la pensée des lumières de l’islam que la barbarie saoudienne qu’ils prennent comme étant représentante de l’Islam universel dans toute sa diversité humaine ! Ils ne reconnaissent pas aussi les critiques de la pensée occidentale post-moderne que remettent en cause leurs propres penseurs comme une annihilation de l’humanisme dans les courants existentialistes de Heidegger par exemple.

Ces intellos algériens sont en réalité un relais dans le combat millénaire que mène l’occident contre l’Orient pour le faire assujettir à sa volonté par l’acculturation et prendre possession de la route de la soie aux profits des financières  C’est ainsi que naquit le mythe des penseurs universalistes modernistes réformateurs du monde arabe qui n’ont qu’un seul objectif : déconstruire la civilisation arabo-musulmane comme un mythe qui n’a rien inventé à la pensée humaine et qu’elle constitue même un frein à notre émancipation vers la modernité ! C’est ainsi que revendiquer son émancipation s’est réduit pour ces intellos dans un combat contre l’arabe et l’islam ; exactement ce que veut leur maitre à penser.

Michel Onfray (Entretien au quotidien Corriere della sera, mercredi 3 février 2016) disait : « L’islam manifeste ce que Nietzsche appelle ‘une grande santé’ : il dispose de jeunes soldats prêts à mourir pour lui. Quel occidental est prêt à mourir pour les valeurs de notre civilisation : le supermarché et la vente en ligne, le consumérisme trivial et le narcissisme égotiste, l’hédonisme trivial et la trottinette pour adultes ? »

Philippe Bartherotte nous avertit : « Dans notre monde globalisé, où d’un bout à l’autre de la planète règne l’économie de marché (excepté peut-être en Corée du Nord), partout les riches sont identiques aux riches, et les pauvres identiques aux pauvres ; parler dans ce contexte de guerre des civilisations en opposant l’Islam au monde occidental est une vaste escroquerie intellectuelle qui ne séduira que quelques nationalistes demeurés. Dans l’économie de marché, il n’y a que deux civilisations, celle des riches et celle des pauvres. »

Confusion entre l’expression d’opinion et la pensée intellectuelle dans les médias.

Qu’est-ce qu’un intellectuel algérien ? Citer Mohamed Boudiaf, Mohamed Dib, Mohamed Harbi, Kateb Yacine… comme intellectuel est aussi inexact. Citer le débat entre Mostefa Lacheraf et Dr Abdallah Cheraït autour du bilinguisme comme intellectuel est faux; c’est un débat sociologique. On fait une confusion entre intellectuel et écrivain, artiste, sociologue, philosophe, journaliste, activiste, poète, partisan …

Certains journalistes nous expliquent le mal de notre société et se donnent ainsi le nom d’intellect. Ahmed Halfaoui nous disait cela sur le sujet de la corruption par exemple ;

« Ainsi, on accuse «les généraux», la «mafia politico-financière», personne en particulier et tout le monde en général, accusation reprise et répercutée à l’infini par une opinion publique qui n’a aucune peine à l’admettre et aucun moyen d’en vérifier la véracité. » 

Maudire l’obscurité, s’indigner est trop simple, car la victime n’a pas toujours raison !

Certains journalistes se présentent ainsi comme des intellectuels vertueux qui pensent la société et la politique avec des mots sans compétences spéciales en sciences politiques, histoire, sociologie, anthropologie, rationalisme,  derrière un écran virtuel sans aucune réalité du terrain. C’est devenu un métier de savoir dire polémique avec une promotion des réseaux sociaux pour faire le buzz !

Ils sèment la confusion, l’incohérence, et l’équivoque. Leurs analyses sont dépourvues de toute précision, harmonie ou inspiration. Ils utilisent de la prestidigitation intellectuelle digne des sophistes de la Grèce antique. Les Grecques avec Protogoras nous apprirent deux techniques : l’analogie et la rhétorique.

L’analogie donne l’impression de l’évidence qui n’a pas à se justifier ! Ibn Khaldoun disait :

« Il est dans le caractère de l’homme de se servir du raisonnement par analogie. Ce procédé n’est pas parfait. Joint à l’étourderie et à la négligence, il peut détourner le chercheur de l’objet de ses travaux ». 

La rhétorique, ou l’art de bien parler utilise la puissance magique de l’éloquence du verbe. Ces journalistes favorisent la ferveur de l’expression et le choc médiatique à la rigueur de la démonstration. Leurs techniques sont connues : jactance, grandiloquence, emphase, enflure, etc. En réalité, il n’y’ a que papotage, médisance, ravaudage, mensonges, etc.

Ces idoles intellectuelles sont en plus dangereuses, car ils ont horreur des vrais penseurs qu’ils vont calomnier dans leurs pamphlets.

Victor Hugo a eu sa dose. Il répond dans « les châtiments »:

« Parce que votre style éblouit les lunettes
des duègnes et des marguilliers;
…Parce qu’à vous tout seuls vous faites une espèce;
Pour attirer les sots qui donnent tête bêche
Dans tous les vils panneaux du mensonge immortel ;
Vous avez adossé le tréteau de bobèche
aux saintes pierres de l’autel,
Vous vous croyez le droit, trempant dans l’eau bénite,
Cette griffe qui sort de votre abject pourpoint,
De dire : je suis saint, ange, vierge et jésuite,
J’insulte les passants et je ne me bats point !
O pieds plats ! votre plume au fond de vos masures
Griffonne, va, vient, court, boit l’encre, rend du fief,
Bave, égratigne et crache, et ses éclaboussures
Font des tâches jusqu’au ciel!
Votre immonde journal est une charretée
De masques déguisés en prédicants camus
Qui passent en prêchant la cohue ameutée
Et qui parlent argot entre deux ornemus.
Vous insulter l’esprit, l’écrivain dans ses veilles,
et le penseur rêvant sur les libres sommets;
…Après avoir lancer l’affront et le mensonge,
Vous fuyez, vous courez, vous échappez aux yeux.
Chacun a ses instincts, et s’enfonce et se plonge,
Le hibou dans les trous et l’aigle dans les cieux!
Vous, où vous cachez-vous? dans quel hideux repaire?
…Allez, continuer, tournez la manivelle
De votre impur journal, vils grimauds dépravés;
avec vos ongles noirs grattez votre cervelle;
Calomniez, hurlez, mordez, mentez, vive!. ».

Pendant que ces intellos nous divertissent par leurs polémiques, nous sommes à côté des enjeux de la mondialisation de ces sociétés de savoir de demain qui se construisent aujourd’hui.

Ces intellos font de l’ombre aux vrais penseurs algériens dont on ne parlera jamais, car pour entendre sa voie de penseur, il faut de la promotion dans les médias et les réseaux sociaux.

Des Intellectuels penseurs algériens : Nabhani, Franz fanon et Malek Benabi

Dans un majestueux ouvrage intitulé « Humain Universel, philosophie esthétique » Nabhani Koribaa, un algérien de génie non médiatique qu’on a déserté donne les fondements de la pensée intellectuelle qu’il voit comme un ART dans l’universalité, l’humanisme, l’innovation, l’art et surtout la liberté !

– liberté de pensée artistique; « Je condamne ceux qui veulent bannir en l’homme ce qui est le plus élémentaire en lui, le plus fondamental, le plus naturel moyen d’expression, c’est-à-dire l’art, ayant ainsi l’air de vouloir se substituer à la Nature et à Dieu ».

– Universalité globale humaniste; « Par delà les barrières des races, des croyances, des civilisations et des langues, les artistes de génie qui expriment un fonds commun, humain et universel,se rencontrent dans les hauts sommets et dans les profondeurs. L’artiste de génie voit les choses à l’échelle de l’humanité, et comme il exprime ce que tous les hommes ressentent consciemment ou inconsciemment en eux, il résume tous les cœurs ! »

– Innovation locale sociale; « Les auteurs qui tombent dans l’oubli après la mort sont justement ceux qui n’ont point exprimé l’Humain de leur vivant. Pris dans les engrenages de la tradition, du goût, de l’académisme, de la routine de leur époque, jouissant d’un réel talent de stylistes, ils prirent les plis de l’époque en soulevant les problèmes du jour, sans troubler l’ordre, sans rien apporter de nouveau qui pût heurter les contemporains. ».

L’écrivain intellectuel et penseur universelle dont parle Nabhani rejoint la pensée d’un autre penseur universaliste, Fontanes qui écrivit dans lettre à l’abbé Barthélemy :

« Tandis que le troupeau des écrivains vulgaires
Se fatigue à chercher des succès éphémères,
Et, dans sa folle ambition,
Prête une oreille avide à tous les vents contraires
De l’inconstante opinion,
Le grand homme, puisant aux sources étrangères,
Trente ans médite en paix ses travaux solitaires;
Au pied du monument qu’il fut lent a finir
Il se repose enfin, sans voir ses adversaires,
Et l’œil fixe sur l’avenir.. »

Dans son majestueux ouvrage « les damnés de la terre » Franz fanon situe bien le contexte historique à partir duquel on doit bâtir notre réflexion intellectuelle algérienne en partant de son récit et de sa racine historique :

« Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire.Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse, car elle a été bâtie sur le dos des esclaves,elle s’est nourrie du sang des esclaves,elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé.Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres,des Arabes,des Indiens et des Jaunes.Cela nous décidons de ne plus l’oublier. »

Il ne s’agit pas de haine contre l’occident comme veulent le faire croire ces intellos; il s’agit juste de choisir son camp dans une guerre qui ne dit pas son nom : être du bon côté historique comme l’a fait Camus en choisissant la France, sa mère, à la justice ; l’Algérie !

Finalement un intellectuel musulman, ça existe bien, on peut le voir chez Malek Benabi qui va nous initier aux « Conditions de la Renaissance » :

« Le peuple algérien ne pourra ni comprendre, encore moins résoudre son problème tant qu’il n’aura pas pénétré le mystère qui enfante et engloutit les civilisations … Il faut préparer la génération qui vient à porter une civilisation dans ses entrailles et à savoir l’enfanter. Que chacun dans ce domaine soit capable de cet accouchement …  Toute l’ambiance d’une civilisation : c’est là le problème de l’esthétique. Il faudrait que dans nos rues, dans nos cafés, on trouve la même note esthétique qu’un metteur en scène doit mettre dans un tableau de cinéma ou de théâtre. Il faudrait que la moindre dissonance de son, d’odeur ou de couleur, nous choque comme on peut être choqué devant une scène théâtrale mal agencée ».

Oui c’est dans l’Art uniquement qu’on pourra parler de civilisation, de renaissance et de pensée et non pas dans ces croisades insensées du Bien contre le Mal qui ont démontré dans toute notre histoire humaine combien de génocides l’humanité a accomplis contre sa propre espèce au nom de l’intellectualisme du Vrai et du Bien.

Parlons de l’Idée Intellectuelle en Occident : Le Vrai et le Bien

L’intellectuel n’a pas sombré dans la tentation du gouffre, mais dans celle de la hauteur. Il a ce péché capital :  l’arrogance de savoir la vérité complexe ;

« Le premier signe de l’ignorance, c’est de présumer que l’on sait », Baltsar Gracan (L’Honnête Homme) :

« il n’est cru si fermement que ce qu’on sait le moins, ni gens si assurés que ceux qui nous content des fables », Montaigne

J’appelle intellectuel celui qui brûle d’expliquer aux autres ce qu’il n’a pas comprit lui-même.”, André Frossard

Ces deux Idées, le Vrai et le Bien, issues de l’héritage platonique, raffiné par des intellos autonomes ou affiliés à des institutions intellectuelles, sont usités par les institutions politiques. Les idées ne sont plus comme hier des concepts purement philosophiques, elles sont devenues des outils de domination de l’être par des croyances qui vont nous soumettre de notre propre gré. Il faut les déconstruire pour pouvoir se libérer de soi plus que des autres.

À la place des géants (Marx, Gadamer, Marcus, Dewey, Kauffman, Kant, Hegel, Heidegger, Sartre, Levinas, Locke, Bacon, Spencer. ), on se retrouve avec des nains qu’on ne nommera pas, car ils pullulent dans nos médias galvanisés par les prix littéraires de leurs maitres et un visa dans les médias français pour exhiber ces primitives qu’on a bien civilisé !

Comme les envahisseurs de David Vencent, ils ont pris une forme humaine et le cauchemar a déjà commencé ! Le peuple ne marche plus sur les épaules des Géants (hommage ici a Galilée, Newton et Hawking) mais sous les pieds des arbustes sauvages.

Les idées ne sont pas naïves ! Elles ne viennent pas de sages philosophes grecs qui veillent devant le noir cosmique à la recherche de nouvelles galaxies du savoir humain. Elles sont fabriquées de toutes pièces par l’institution intellectuelle comme un contrat d’édition pour l’institution politique qui va utiliser sa machine de guerre médiatique pour en faire de ces clowns des intellos du siècle.

Les idées ne sont pourtant pas fortuites. Elles sont même très dangereuses. Elles sont raffinées par des institutions intellectuelles que le pouvoir médiatise jusqu’à la nausée. Des « peudo-intellos » attitrés habitent l’écran pour marteler à l’opinion publique les évidences qui justifient les actions violentes de nos institutions politiques. Le meurtre d’Abel est un virus qui infecte nos neurones et nos gènes.

La vérité vertueuse est une marchandise que l’institution intellectuelle sous- traite pour le compte de l’institution politique ! Les intellectuels ont une charge : maintenir l’ordre en mimant le désordre !

Sartre ; le dernier philosophe -intellectuel

Sartre est l’intellectuel qui sert le pouvoir politique alors qu’en apparence il dit le combattre en Mai 68… Sartre est le fils spirituel de Heidegger qui a justifié le nazisme comme étant une communauté de combat et de sacrifice. Sartre comme Heidegger sont des génies naïfs qui se sont bien aperçus à la fin de leurs vies des monstruosités du fascisme et du communisme… Ils n’avaient pas l’humilité juvénile de reconnaître la naïveté de leurs génies. On pourrait toutefois reprocher aux intellos médiatiques de n’être ni des naïfs et ni des génies, mais bien des mercenaires de la plume au service de la guerre juste.

Marx; une idée tragique

Marx a compris que pour subjuguer l’Être, il faut créer une nouvelle institution politique fondée sur une idée intellectuelle. Il pensa un Nouveau Monde afin de le changer. Il se chargera de l’idée et de l’action. En général, l’idée intellectuelle est au service de l’action politique. Marx était à son propre service. Il était l’intellect roi !

Marx pensait que ce conflit est en réalité une lutte de classe. La classe est pour nous une communauté économique. Marx ne s’est pas trompé de diagnostic, il s’est trompé de médicaments ; il a empoisonné son patient.

L’Escroquerie intellectuelle et les nouveaux chiens de garde ; Liberté, Égalité et fraternité

L’institution politique utilise l’institution intellectuelle pour toute idée nouvelle qui affermit la certitude dans la soumission à l’autorité traditionnelle; Dieu et État. Un intello n’est qu’un prêtre- guerrier en civil.

Vouloir la liberté, l’égalité et la justice pour tous est un projet intellectuel tragique lorsque l’idée passe à l’action violente qui au non de la vérité vertueuse a le devoir plus que le droit de décapiter non seulement toute autre idée, mais toute autre tête ! C’est ainsi que le totalitarisme, à son insu, est né d’une idée purement réactive.

La puissance n’est pas recherchée pour la défense, mais pour la servitude de l’Autre qu’on dit libérer. Pour rendre le meurtre délibéré, il faut des Êtres fanatiques absurdes engagés à une idée cultivée. C’est pour cette raison que l’institution politique a besoin de l’institution intellectuelle ! C’est pour cette raison que Sartre est préféré à Camus, Freud à Hamlet et Descartes à Morin. !

Ces  mouvements intellos sont donc ni plus et ni moins que de l’escroquerie intellectuelle dont raffolent les institutions politiques qu’elles ont transformées maintenant dans de redoutables THINK TANK médiatiques qui ont une seule finalité ; le divertissement d’une foule en mal de sens, indigné par l’injustice, incapable de s’adapter à la société, c’est-à-dire le nouvel ordre mondialiste qui fait son agenda à toutes les échelles du local au global dans la politique, les médias, la culture, l’éducation…

Pour conclure :

La critique de soi est une critique positive et désirée quand elle veut reconstruire l’édifice en améliorant sa performance et en soudant ses fissures, mais jamais quand elle veut détruire tout l’édifice jusqu’au chaos et la ruine totale pour ramener des matériaux étrangers à leur environnement.

La décennie noire en Algérie est le résultat d’une immense escroquerie intellectuelle ente des islamistes obscurantistes et des laïques illuminés. Le virus de l’escroquerie continue avec les printemps arabes dans sa version la plus maligne ! Le choléra et la lèpre sans alternative tierce plus juste, plus miséricordieuse et plus humaine.

L’occident ne veut pas qu’on lui ressemble, mais qu’on le serve et la servitude est une idée inacceptable pour un Amazigh nord-africain qui a assimilé l’arabe et l’islam comme fondement de son identité millénaire qui lui a ramené les lumières, ce que n’a pas pu le faire les autres colonisations des Romains aux croisades et aux autres colonisations, mais la guerre, sous toutes ses formes, est un état naturel perpétuel et la résistance aussi pour survivre le darwinisme bestial !

Le pire ennemi qui a fait détruire les nations a toujours été de l’intérieur ; ces idées qu’on veut inoculer aux masses comme des virus pour les faire détruire de l’intérieur ; le virus islamique inoculé par le wahabisme takfiris en est un, on a vu comment il a fait de l’Irak, la Libye, la Syrie et le Yémen. L’autre virus est le virus laïque est plus sournois, il vient sous son aspect séducteur du bel usage de la belle langue de Molière pour nous divertir dans l’artisanat du chant et de la danse du ventre et non pas dans l’ART des Nanotechnologies ou des Biotechnologies. 

Les cultures asiatiques, Indiennes chinoises et japonaises, ont bien fait la différence pour réaliser leur génie asiatique afin de revenir à l’histoire par la grande porte en faisant déplacer maintenant le centre du monde de l’occident vers l’Asie.

L’occident est sorti du moyen âge grâce à l’héritage andalou dans il a pris juste le coté technologique, mais jamais le coté culturel de la langue ou de la foi. Il est resté fidèle à sa vocation historique : Rome et Athènes !

Nous sommes en train de perdre un temps fou avec des niaiseries et des polémiques médiatiques d’intellos qui nous abrutissent plus qu’elles nous élèvent. Nous sommes en train de prendre de l’occident, non pas son savoir scientifique et technologique, mais uniquement sa consommation de produits commerciaux et aussi et surtout d’idées culturelles que nous ingurgitons sans réflexions aucunes. Nous avons déserté notre vocation historique !

Dans « Le problème des idées dans le monde musulman », Malek Benabi nous conseille :

« Abandonné à sa solitude, l’homme se sent assailli d’un sentiment de vide cosmique, C’est la façon de remplir ce vide qui déterminera le type de culture et de civilisation, c’est à dire les caractères internes et externes de sa vocation historique ».

Finissons avec Franz Fanon, l’intellectuel algérien par excellence dont le combat continue et qui nous a laissé en héritage une pensée éternelle :

« chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir … Allons Camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord. La grande nuit dans laquelle nous fûmes plonges, il nous faut la secouer et en sortir … Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde … Alors, frères, comment ne pas comprendre que nous avons mieux à faire que de suivre cette Europe-la. »

Jamouli Ouzidane 

Les Nouveaux Intellectuels Médiatiques Algériens | Algerie Network

♦ « On ne peut plus compter sur l’état de droit »


Entretien avec le Rapporteur spécial des Nations Unies, Nils Melzer.

Nils Melzer est professeur de droit international et enseigne à Glasgow et à Genève. En 2016, il a été nommé Rapporteur spécial sur la torture par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Auparavant il a travaillé comme conseiller en politique de sécurité auprès du gouvernement suisse et comme conseiller juridique et envoyé dans les zones de guerre et de crise pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Son livre « The Julian Assange Case » sera publié le 19 avril par Piper Verlag au prix de 22 euros.

En enquêtant sur le cas du fondateur de Wikileaks Julian Assange, Nils Melzer a découvert des persécutions politiques, une justice arbitraire et la torture (1) – et fait face à un silence bien embarrassé. Dans un nouveau livre, il critique également l’Allemagne.

* * *

LTO : Professeur Melzer, après avoir reçu des preuves concrètes de persécution politique, d’arbitraire judiciaire sévère et de torture et mauvais traitements volontaires exercés sur le fondateur de Wikileaks Julian Assange, vous êtes intervenu en tant que rapporteur spécial de l’ONU. Cependant, avec un succès limité. Parce qu’Assange est toujours à l’isolement dans une prison britannique à sécurité maximale, son extradition vers les États-Unis pour espionnage – et donc jusqu’à 175 ans d’emprisonnement – est toujours d’actualité.

Prof. Nils Melzer : L’affaire Assange est l’histoire d’un homme qui subit des tortures psychologiques pour avoir révélé au public, via la plateforme Wikileaks, les secrets les plus sombres des puissants, en révélant des crimes de guerre, des actes de torture et de corruption. C’est l’histoire de l’arbitraire extrêmement grave de la justice dans les démocraties occidentales, qui aiment par ailleurs se présenter comme des États modèles en matière de protection des droits de l’homme.

Malheureusement vous avez raison : en tant que rapporteur spécial des Nations Unies, j’ai demandé à plusieurs reprises à tous les pays directement impliqués dans cette affaire – la Grande-Bretagne (2), la Suède, l’Équateur et les États-Unis – des éclaircissements et recommandé des mesures concrètes. Aucun des quatre gouvernements n’était prêt à engager un dialogue constructif. Pire encore, la persécution et les mauvais traitements infligés à Assange se sont intensifiés au cours de mon enquête. Les violations de ses droits procéduraux en Angleterre sont devenues plus évidentes et même mes appels publics aux autorités pour qu’ils respectent les droits de l’homme ont été ignorés.

Qu’est-ce qui vous a poussé à publier un livre sur l’affaire ?

L’horreur de ne plus pouvoir compter sur l’état de droit. Au cours de mes enquêtes, j’ai découvert de graves violations des droits de l’homme – commises et tolérées par des dictatures éloignées, mais aussi par des démocraties occidentales, qui par ailleurs se vantent toujours de leur état de droit.

En fin de compte, cette affaire ne concerne pas Assange en tant que personne, mais l’intégrité de nos institutions constitutionnelles. La liberté de la presse est également en jeu (3), et donc pas moins que l’avenir de notre démocratie. Un exemple est donné avec le sort d’Assange pour intimider d’autres publicistes, journalistes et lanceurs d’alerte qui peuvent être tentés de suivre son exemple et de porter au grand jour les sales secrets des puissants au public.

« Son monde devenait de plus en plus restreint »

Julian Assange a été accusé d’avoir violé deux femmes en Suède, mais les procès ont été abandonnés après neuf ans, faute de preuves. De 2012 à 2019, il était en asile à l’ambassade d’Équateur à Londres. Aujourd’hui, il attend – dans le « Guantánamo britannique », la tristement célèbre prison de haute sécurité de Belmarsh – une audience en appel devant la Haute Cour, qui décidera de son extradition vers les États-Unis. À quel moment de cette évolution peut-on parler de torture, selon vos connaissances ?

L’évolution déterminante a commencé en mai 2017, après le changement de gouvernement en faveur d’un président favorable aux États-Unis, à Quito. Désormais, le refuge initial de l’ambassade devenait un piège pour Assange. L’hospitalité originelle s’est transformée en un quotidien de plus en plus hostile, arbitrairement réglementé, sous la surveillance constante de caméras et de mouchards espions. L’accès des visiteurs bien intentionnés est devenu de plus en plus difficile et fastidieux, et ses possibilités de communication ont été restreintes, jusqu’à l’interdiction complète de son accès à Internet et de ses contacts sociaux après l’inculpation secrète par le grand jury américain en mars 2018.

L’isolement d’Assange était délibéré, intentionnel et coordonné. Son univers est devenu de plus en plus étroit, jusqu’à ce qu’il n’y ait pratiquement plus d’endroit où se retirer et qu’il soit complètement sans défense face à la poursuite de ces abus. Il s’agit d’une forme secrète d’abus, mais qui s’intensifie progressivement et de manière cumulative, très bien connue comme de l’intimidation et qui, à long terme, provoque de graves traumatismes. En fin de compte, on lui a retiré l’asile sans aucune procédure officielle, allant jusqu’à lui retirer son rasoir trois mois plus tôt afin qu’il paraisse délibérément pouilleux comme un sale gosse, lors de son arrestation par la police britannique – pour une violation relativement mineure des conditions de libération sous caution.

« Symptômes typiques de la torture mentale »

Tatjana Hörnle, professeur de droit pénal allemand, vous a accusé de banaliser le terme de torture dans l’affaire Assange, conformément à l’article 1, paragraphe 1 de la Convention des Nations Unies contre la torture : La souffrance psychologique n’est pas suffisante pour l’accusation de torture. Il faut plutôt un acte intentionnel, l’intention du tortionnaire doit être orientée vers une souffrance grave. “Une procédure pénale bâclée et longue ou un traitement inamical par des membres de l’ambassade ne devraient pas être inclus dans le terme de torture au sens de la Convention des Nations Unies contre la torture”, dit Hörnle.

Mme Hörnle n’a manifestement pas l’expertise et l’expérience requises pour une telle évaluation. Tout d’abord, la torture purement psychologique relève également de l’article 1, paragraphe 1 de la Convention des Nations Unies contre la torture. La question de savoir si quelqu’un a été torturé ne peut pas être jugée depuis la tour d’ivoire scientifique, mais nécessite une enquête médico-légale basée sur une méthodologie internationalement reconnue (4) .

J’ai rendu visite à Assange à Belmarsh, avec deux médecins spécialistes des victimes de la torture, examiné ses conditions de détention sur place, écouté les autorités, des avocats et des témoins et étudié ses traitements antérieurs, ses antécédents médicaux et ses conditions de vie. Assange a clairement montré les symptômes neurologiques, cognitifs et émotionnels typiques des victimes de torture mentale. Puisqu’une maladie antérieure pouvait être exclue comme cause, ces symptômes doivent avoir été causés par des facteurs externes. En raison de son isolement de longue date à l’ambassade équatorienne, nous avons pu déterminer ces facteurs avec une grande fiabilité.

C’était le but de l’isolement, de la calomnie, de l’humiliation, de l’insécurité et de l’arbitraire constant, intentionnellement mis en scène par ces États, le tout sous l’épée constante de Damoclès de l’extradition vers les États-Unis.

Dans votre livre, vous accusez l’Allemagne d’osciller « entre apaisement et complicité » à propos des mauvais traitements infligés à Julian Assange. Pourquoi ?

Mais même en Allemagne, malheureusement, on mesure deux poids et deux mesures : Alors que dans le cas de Navalny, on s’indigne à juste titre que quelqu’un soit persécuté et menacé – également sous prétexte de violation de la liberté sous caution, d’ailleurs – dans le cas d’Assange, on ferme les yeux. On peut supposer que la coopération des services de renseignement allemands avec la CIA et la NSA, au détriment de leur propre population, est un bien plus important que le maintien de l’État de droit et la défense des droits de l’homme.

Pouvez-vous être plus précis ?

Ma visite au ministère fédéral des Affaires étrangères en novembre 2019 n’a pas été un grand moment pour le gouvernement fédéral. J’avais été invité à la division des droits de l’homme du ministère pour discuter de l’affaire Assange, mais personne n’avait lu ma couverture approfondie de l’affaire. Et manifestement, personne n’avait l’intention de la creuser davantage non plus. Au contraire, en raison de mon engagement, les gens étaient prétendument inquiets de la crédibilité de mon mandat et de la pérennité des mécanismes des droits de l’homme de l’ONU.

Le fait qu’Assange ait été maintenu en isolement pendant des mois sans base légale et privé de sa dignité humaine et de ses droits de défense, n’a apparemment laissé aucun doute aux bureaucrates allemands des droits de l’homme quant à la légalité de la procédure britannique. Au lieu de cela, ils ont jeté à mes objections le même regard vide que le porte-parole du gouvernement, qui a jusqu’à présent balayé toutes les demandes concernant l’affaire Assange avec des visages de pierre et des phrases creuses tordues lors de la conférence de presse fédérale – un véritable reality show sur le thème de la dissimulation de la réalité.

Dans votre livre, vous écrivez que vous-même n’avez pas été entendu à l’ONU.
C’est vrai. J’ai rapporté au Conseil des droits de l’homme à Genève et à l’Assemblée générale à New York la persécution illégale d’Assange et le refus des États concernés – mais aucune réaction. J’ai demandé à plusieurs reprises au Haut Commissaire aux droits de l’homme de se réunir en personne à ce sujet et j’ai été ignoré. J’ai appelé d’autres États à exercer une influence, mais je suis presque toujours tombé sur un mur de silence embarrassé. J’ai donc vu les institutions de l’État de droit, dont j’avais toujours cru la fonctionnalité, échouer sous mes propres yeux.

« Rien ne changera sous Joe Biden »

Dans un premier jugement en janvier, l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis a été rejetée. Une décision que vous n’avez pas pleinement appréciée. Pourquoi (5) ?

La juge de district (Vanessa Baraitser) n’a rejeté la demande d’extradition américaine que pour des raisons médicales. Les conditions auxquelles Assange serait confronté dans une prison à sécurité maximale américaine seraient si dures qu’il serait poussé au suicide en raison de sa santé mentale fragile. En fait, les experts psychiatriques ont évalué le risque de suicide comme très élevé. Cependant, la juge n’a vu aucun problème pour renvoyer Assange à Belmarsh immédiatement, où il est également maintenu à l’isolement.

Dans la foulée, elle a balayé d’un revers de main toutes les autres objections juridiques ainsi que les rapports et témoignages à décharge de la défense. La procédure d’extradition engagée par les États-Unis n’est pas motivée par des raisons politiques, Assange est une menace pour la sécurité des États-Unis, etc. L’interdiction d’extradition pour des délits politiques dans le traité d’extradition anglo-américain : non applicable. La surveillance d’Assange à l’ambassade d’Équateur et la mise sur écoute de ses conversations avec son médecin et son avocat : non répréhensible. Les effets de la menace d’extradition sur la compagne d’Assange et leurs deux enfants : rien d’inhabituel. Et le travail d’Assange au sein de WikiLeaks, la publication de matériel explosif, n’était en aucun cas couvert par la liberté de la presse. Au contraire, il a activement soutenu Chelsea Manning dans l’obtention de documents secrets, et a ainsi dépassé de loin les limites du journalisme d’investigation.

Ce faisant, la Grande-Bretagne a créé un précédent catastrophique avec lequel, à l’avenir, tout journaliste qui révèle des vérités dérangeantes pourra être criminalisé et poursuivi comme espion dans le monde entier.

Les États-Unis et Assange ont fait appel de la décision. Qu’attendez-vous ?
Difficile à dire. Les États-Unis ne sont pas tant préoccupés par le fait de punir personnellement Assange que par l’effet dissuasif global pour les autres journalistes, publicistes et activistes. Une procédure longue et tortueuse les arrangerait bien. Alors peut-être que la Haute Cour britannique leur renverra à nouveau l’affaire en raison des nombreuses erreurs de la première instance. Et puis, dans quelques années, l’affaire ira devant la Cour suprême.

Pensez-vous qu’il est possible que le président démocrate Joe Biden mette fin à la persécution d’Assange et retire la demande d’extradition ?

Je ne me fais aucune illusion à ce sujet. L’administration Biden ne voudra pas jouer avec la CIA et la NSA. Même sous le prix Nobel de la paix Barack Obama, les préoccupations de « sécurité nationale » avaient la plus haute priorité, les meurtres par drones ont été institutionnalisés et les lanceurs d’alerte ont été sévèrement punis, tandis que les criminels de guerre et les tortionnaires jouissaient de l’impunité. Rien ne changera sous Biden à cet égard.

Merci pour l’interview.

Traduction automatique revue et corrigée + rajouts : “Toute La France Avec Assange” (https://www.facebook.com/groups/1662956313803099)

Nils MELZER

»» https://www.facebook.com/notes/toute-la-avec-assange-french-action-4-a…

(1) – “JULIAN ASSANGE : Rapport de l’ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants” : https://www.facebook.com/notes/toute-la-avec-assange-french-action-4-a…

(2) – “MANDAT de Nils Melzer au gouvernement britannique – 29 octobre 2019” : https://www.facebook.com/notes/toute-la-avec-assange-french-action-4-a…

(3) – “Comment la presse libre est menacée dans le monde entier.” : https://www.facebook.com/notes/toute-la-avec-assange-french-action-4-a…

(4) – “Nils Melzer : démasquer la torture de Julian Assange.” : https://www.facebook.com/notes/toute-la-avec-assange-french-action-4-a…

(5) – NILS MELZER accueille avec prudence le refus d’extrader Assange.” : https://www.facebook.com/notes/toute-la-avec-assange-french-action-4-a…

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♦ La France se prépare à un conflit militaire de masse : contre qui et au nom de quoi ?


Différentes publications apparaissent dans les médias, opérant le retour dans le discours politico-médiatique des conflits militaires de masse, non pas dans un futur lointain, mais à court ou moyen terme. Et la France, dans le cadre de l’OTAN, qui retrouve ainsi une raison d’être, se prépare à lancer des milliers d’hommes dans un conflit digne de nos précédentes Guerres mondiales. L’on ne sait pas très bien quelle bonne cause va devoir emporter la vie de nos concitoyens, mourir pour les GAFA passe assez mal, mais l’on apprend que le danger peut venir de ces étranges contrées … comme la Turquie, la Chine et surtout la Russie. La France, déjà impliquée avec l’OTAN dans les grandes manœuvres pour « protéger » l’Estonie, prévoit avec la Belgique, la Grande-Bretagne et les États-Unis une opération Orion de grande envergure … pour se préparer à un nouveau conflit mondial ? C’est étrange cette manie des hommes, lorsqu’ils sont dépassés par une situation qu’ils ne peuvent maîtriser comme voulu (puisque le « nouveau monde » n’arrive toujours pas …), à se battre, se détruire, à réduire en friche un monde qu’ils ne peuvent gouverner. Espérons que la médiocrité de nos gouvernants et de nos élites nous protégera de leur folie mortifère.

Alors que ces dernières années, nous entendions parler de ces nombreuses « opérations ciblées », « éclaires », qui devaient user les technologies plus que les hommes et ne tuer que les ennemis, qui ne sont pas des hommes puisqu’ils sont ennemis, les médias semblent nous préparer à l’éventualité relativement proche et soi-disant certaine d’un conflit de masse. « Comme au bon vieux temps » … Et la France, fille aînée de l’OTAN, est aux premières loges.

L’hameçon est lancé par The Economist dans un article intitulé : « The French armed forces are planning for high-intensity war » (Les forces armées françaises se préparent à une guerre de haute intensité).

Ainsi, la stratégie militaire française, soyons réaliste la stratégie militaire de l’OTAN, aurait changé et l’on se prépare à des conflits de haute intensité, tant en armements qu’en hommes, côté des tablettes et des ordi, les munitions et l’artillerie doivent refaire leur apparition en fanfare. Donc il faut être prêts. Pour cela, un exercice « Orion » annonce le retour des grandes manœuvres, dans le Nord de la France.

« Dans les forêts et les plaines de la région Champagne-Ardenne, là où autrefois les grandes puissances s’affrontaient, les forces armées françaises commencent à se préparer au retour d’un conflit majeur. Prévu pour 2023, l’exercice Orion est un exercice divisionnaire grandeur nature qui durera plusieurs jours, basé probablement sur les camps de Suippes, Mailly et Mourmelon. Il impliquera toute la gamme des capacités militaires françaises à une échelle qui n’a pas été testée depuis des décennies. L’exercice comprendra des exercices de poste de commandement, des scénarios hybrides, des simulations et des exercices de tir réel. Environ 10 000 soldats pourraient y participer, ainsi que l’armée de l’air et, dans une séquence maritime distincte, la marine ».

Ainsi, l’on va se préparer à la guerre, non pas les guerres post-modernes que l’on connaît aujourd’hui et au nom desquelles les armées nationales ont été surtechnologisées et réduites, mais la guerre d’hommes, de sang et de chair, de celle qui nécessite une véritable organisation. Et de celle que l’on ne fait pas seul. Mais avec des alliés :

« Chez les alliés, on comptera sur un bataillon belge, un État-major britannique, des appuis et du soutien américains (artillerie longue portée, franchissement). », comme le déclare l’armée de terre.

Si les alliés sont déterminés, restent les ennemis. Car dans toute guerre, l’on se bat bien contre une autre force. Et l’on peut devoir à nouveau se battre « à l’ancienne », comme le présente cet article d’Atlantico :

« On voit par ailleurs un conflit qui monte à l’horizon de manière trop nette, hélas, qui est celui qui viendra de l’affrontement entre les États-Unis d’Amérique et la Chine et personne ne sait si la montée en puissance de la Chine qui deviendra la première puissance mondiale pourra se faire sans un affrontement ouvert avec les États-Unis d’Amérique. Quant à la Russie, évidemment, on ne connaît pas exactement ses intentions. On voit par ailleurs des démarches d’empire ; celles de la Turquie, celles de la Russie, l’Iran est un acteur que l’on maîtrise mal… Il ne faut pas penser que les guerres de l’avenir seront les guerres que nous conduisons aujourd’hui qui pourront être conduites par des corps expéditionnaires de petit volume à l’extérieur du territoire national. Ce serait faire injure à l’histoire, et ne pas se rappeler par exemple que si nous avons perdu la guerre de 1870, c’est parce que nous nous étions habitués à de petites guerres à l’extérieur (au Cochinchine, à Madagascar, en Afrique…) et que nous n’imaginions pas la venue de la guerre qui en fait était probable ».

Donc, le choix des ennemis est assez large, même si l’on voit mal l’OTAN se lancer contre la Turquie, qui lui est quand même très utile, ou les États-Unis utiliser l’OTAN pour lancer une campagne de Chine. Ça ne semble pas trop sérieux. Dans tout cela, reste la Russie, et le déploiement des forces de l’OTAN, ses exercices, ses missions illustrent parfaitement sa doctrine. Sans même parler des exercices en mer Noire et du soutien répété à l’Ukraine « contre l’agression russe », sans oublier la politique de sanctions globalistes contre « le régime russe » et tout le discours de diabolisation qui accompagne cet axe géopolitique, l’on voit une militarisation des frontières des pays européens, dont le processus est clairement tourné contre le voisin. Ainsi, en est-il déjà de l’implication de l’armée de terre française dans la Mission Lynx :

La Russie avait prévenu des risques d’une escalade de l’agression ([voir notre texte ici->https://russiepolitics.blogspot.com/2021/04/la-russie-met-loccident-en…), la France a-t-elle vraiment besoin de se laisser prendre dans cette aventure ?

Car la question, qui se pose finalement et qui n’est pas réglée reste toujours la même dans ces circonstances : une guerre au nom de quoi ? Le « pour quoi » est simple et sans surprise – pour la prise de pouvoir, pour l’assise du pouvoir atlantiste global. Mais l’on ne peut pas envoyer des soldats mourir au nom de la globalisation, pour que les transnationales renforcent leur pouvoir, pour que les ressources naturelles soient entre les bonnes mains, pour que les GAFA restent intouchables, pour que le pouvoir central atlantiste puisse avoir accès à toutes les informations dont il a besoin, etc.

« Chers soldats, allez vous battre ! Les GAFA valent bien que l’on meure pour eux ! »

Non, je ne pense pas que ça passe. Reste la fameuse « menace russe », bien montée, entretenue, répétée et estampillée. Les populations européennes, totalement écrasées avec la gestion en ce sens très efficace du Covid, vont-elles se laisser achever ?

Car rappelez-vous, qu’en général, ça se termine mal. Pour les peuples. Pour les hommes. Qui eux paient le prix. Pour l’instant, il reste encore un peu de temps, car les globalistes ont toujours l’espoir de pouvoir imposer leur nouveau monde – « Vivez masqués, vivez heureux ». Mais ce nouveau monde n’est pas très attrayant, les gens ont du mal à s’y faire, il bugue et ne peut passer que par des méthodes totalitaires. L’alternative qui est laissée est aussi folle que l’avenir qui est proposé : un monde inhumain ou un monde en guerre. La médiocrité de nos dirigeants et de nos « élites » nous sauvera peut-être de cette folie.

Karine Bechet-Golovko

source : http://russiepolitics.blogspot.com

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♦ « Nous sommes en guerre » : Macron et le « choix de la défaite »


Il y a plus d’un an, Macron martelait à la télé : « Nous sommes en guerre ». A l’époque, il fallait justifier les raisons d’un confinement « strict », dans l’urgence, et beaucoup ont peut être souri face à l’incompétence légendaire du Foutriquet en culotte courte. Macron ? En guerre contre le virus ? Avec quels moyens publics ? Nous n’étions sans doute pas « en guerre », mais incontestablement en totale insécurité, la suite l’a largement prouvé …

Cependant avec le recul, nous n’avons peut être pas pris suffisamment cette formule au sérieux. En effet, lors des guerres qui ont marqué l’histoire de France, les vraies, des constantes se manifestaient… qui signent encore la « guerre sanitaire » que nous subissons depuis un an.

La guerre, c’est quand notre « pluralisme » passe à la propagande de guerre

Tous ceux qui ont gardé en mémoire la façon dont nos médias traitaient « en direct » la guerre du Golfe, avec pour seule source d’information assumée l’Etat major de l’OTAN, comprennent sans doute de quoi nous parlons. Quand « nous sommes en guerre », les médias se mettent au diapason. Plus une seule voix dissidente. Une évidente « unanimité », un « devoir de pédagogie » de la part de tous les « chroniqueurs » de plateaux, flanqués de « spécialistes » chargés de prêcher la bonne parole et de distribuer les bons et mauvais points. Il n’y a pas plus ici de « dictature » que dans toute autre circonstance politique nationale : c’est bien la manière d’être d’un pouvoir capitaliste illégitime chaque fois que la contestation menace vraiment. Il articule un pseudopluralisme sur les sujets secondaires (et encore !) et le doigt sur la couture du pantalon quand les « circonstances l’exigent » dans les sujets centraux. On dénoncera volontiers avec toute la force de persuasion qui leur reste les « complotistes » du bas-peuple, et l’amalgame deviendra la règle.

La censure elle-même, pourtant niée depuis des décennies, n’a jamais été aussi bien assumée qu’aujourd’hui, et on trouvera dans celle des tribunes de Laurent Mucchielli par exemple (dont l’une avait été commandée puis immédiatement décommandée par la presse « officielle »1) un cas d’école, loin d’être isolé. On verra aussi dans l’avalanche des censures et autres intimidations numériques actuelles, sur les réseaux sociaux, une forme nouvelle, inédite mais combien attendue, de répression pour délit d’opinion.

La guerre, c’est quand une certaine « gauche », sidérée, n’ose plus rien dénoncer

Il fut un temps où les forces progressistes, anticoloniales, antiguerre, organisaient de puissantes manifestations contre la guerre en Algérie, contre la guerre au Vietnam… Que d’eau a coulé sous les ponts… Jusqu’aux bombardements de Belgrade, de Baghdad, de Tripoli, lors desquels la « gauche » se déchire sur l’air de « la guerre, faut quand même bien admettre que c’est nécessaire ». Le « ni-ni » des partis de gauche actuelle est encore, y compris pour cette crise sanitaire, une forme de « sidération » politique. On ne sait plus très bien quoi dénoncer : Pas assez de restrictions ? Ou trop de restrictions ? Dictature pour les uns, laxisme coupable pour d’autres… Le pouvoir se frotte les mains face à une telle cacophonie, en poursuivant sa politique de conseil de guerre, shuntant toutes les instances démocratiques et réprimant les manifestations avec zèle et « légitimité ».

C’est pourtant simple : Les restrictions, c’est dans les situations d’urgence, quand on n’est pas prêts, et surtout en parallèle d’actions concrètes de l’Etat. En Chine, le confinement n’a pas concerné le pays entier, et il a eu lieu tout de suite, « au bon moment », une ville à la fois, et en parallèle on a construit des hôpitaux en 15 jours, on a soigné et traité les malades y compris chez eux et lors des phases précoces, on a systématisé le « tester tracer soigner » immédiatement. En gros, tout le contraire de la gestion française. Ici on a confiné trop tard et (pour le deuxième) une fois le pic passé, avec des pénuries majeures en tout : masques dans les lieux fermés, tests, intubateurs, lits d’hôpitaux, et même aujourd’hui vaccins… Tout ce qui aurait permis d’éviter une réédition des confinements. Le problème n’est donc pas « le » confinement, ou « le » port du masque : aujourd’hui combien de pays en sont, comme le prétendu « totalitarisme chinois », à ne plus l’imposer ? Personne n’impute l’incontestable succès de la Chine contre le virus à la « rigueur du confinement » (vision réductrice et absurde) : C’est à l’ensemble des décisions coûteuses qu’ils ont pris sur le plan économique et industriel (dont le confinement partiel n’est qu’un aspect secondaire, de plus en plus lointain aujourd’hui d’ailleurs) qu’ils doivent évidemment leur victoire.

Heureusement le statu quo n’est pas unanime et des partis de gauche comme la France Insoumise en France ou le PTB en Belgique dénoncent aujourd’hui les répressions « sanitaires » quitte à se faire accuser par leurs « camarades » d’irresponsables…

La guerre, c’est surtout quand nos « élites » nous trahissent pour l’ennemi !

Le problème de la bourgeoisie n’est pas de « gagner une guerre » (coûteuse, même si c’est toujours le peuple qui la paye), mais de rester au pouvoir, moyennant quelques concessions. C’est ainsi que la trahison pure et simple du peuple est devenue l’apanage de la gestion bourgeoise des invasions. En 1871, en pleine débâcle et quand les versaillais avaient décidé de faire payer au peuple le tribu de guerre exigé par les allemands, c’est bien ce peuple qu’il a fallu écraser, par une guerre civile sanglante, et non « l’ennemi à nos portes ». Avant la Commune de Paris, le député Gambetta fut bien le seul idéaliste, en pleine débâcle de la guerre de 1870, à chercher à reconstituer une armée à Bordeaux, quand tous ses collègues avaient déjà conclu l’issue de la capitulation. Bien mal lui en prit !

Même histoire en 1940 quand l’ensemble du gouvernement et des Etats majors, préférant « Hitler au Front Populaire », jeta les bases de la collaboration avec l’envahisseur nazi : Il se trouva peu de généraux pour proposer, dans le désert, des contre-stratégies de résistance. C’était le fameux « choix de la défaite » dans le sillage de Philippe Pétain, vous savez, celui que Macron qualifia de « bon commandant » il y a peu…

A vrai dire, même dans l’Etat major sanitaire, il s’est trouvé cette année de tels « généraux » dissidents, soucieux de bien faire et rétifs aux stratégies bien connues de la « panique » et de « l’Etat d’urgence » pour faire passer toutes les « pilules ». On sait comment ils ont été traité par l’establishment politico-médiatique et une partie de sa fausse opposition. Ces derniers ont trop besoin d’assimiler toute contestation scientifique sérieuse aux marécages complotistes et autres « idiots utiles » du pouvoir… Pour saboter les recherches de l’Institut Pasteur, les moyens qui auraient permis l’élaboration d’un vaccin français immédiatement disponible, la capacité de soigner avec des médicaments repositionnés pour gérer l’urgence, pour résister aux lobbys pharmaceutiques étasuniens, aux injonctions mortifères de l’Union Européenne, aux pressions du « consensus scientifique mondial » (comprendre « consensus scientifique occidental ») contre l’importation de vaccins russes ou chinois, il fallait un minimum de souveraineté nationale. Souveraineté nationale sans laquelle aucune « guerre » ne peut être gagnée, évidemment, fût-elle sanitaire…

1. https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/270920/il-est-urgen…

Guillaume SUING

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