La trahison du Maroc durant la guerre des 06 jours


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​Le fils de KRIM BELKACEM ( commandant de bord)  écrit au journal libérte du 16/01/2018 



En vertu du droit de réponse, je vous prie de publier ce qui suit : “Soyez fier de votre père”, cette phrase dite souvent par des citoyens de diverses régions du pays en apprenant que j’étais le fils de Krim Belkacem, des propos réconfortants, mais non nécessaires, car je connaissais la valeur humaine, l’honnêteté politique et l’engagement sans faille dans la lutte de Libération de mon père. Malheureusement, dans le fief et la région d’Abane, une “krimophobie” s’est développée, qu’ils justifient par le fait qu’à part Krim Belkacem, personne n’oserait assassiner un personnage irréprochable, un homme au-dessus de tous et pour le mobile simple : la jalousie ! L’élimination d’un obstacle sur la route du pouvoir (à croire qu’il était son supérieur hiérarchique !) et maintenant pour l’empêcher de regagner l’intérieur ! Heureusement, la grande partie du pays, les citoyens ayant la mémoire de la lutte de Libération, les sacrifices consentis par le peuple, n’ignore pas le rôle déterminant engendré par l’existence d’une ossature armée de 700 hommes préparés et organisés par Krim et ses compagnons et l’existence de 400 hommes organisés par Ben Boulaïd dans les Aurès. L’existence de cette organisation a permis à la lutte de Libération de décoller et d’arriver à destination sans risques d’échec comme ce fut le cas lors de soulèvements précédents. Les divergences politiques entre Abane et certains de ses pairs seraient dues à l’annonce de ce dernier lors de son intention de rejoindre le pays et de dénoncer “leur farniente” ; un responsable de ce niveau n’a pas besoin d’annoncer ce genre d’action pour agir, il n’a nullement besoin de divulguer ses intentions. À Tunis, il y avait apparemment un seul patriote : Abane. Donc, ces divergences n’ont jamais été le fait de Krim, comme la décision de se réunir pour statuer sur son cas, et enfin la décision de sa mise en résidence surveillée à Montfleury, banlieue de Tunis. Les prises de décision au sein de l’instance dirigeante du FLN était collégiale, il n’y avait pas de chef suprême, ni de Néron du FLN parmi eux. Krim n’était en aucun cas le parrain d’une “Cosa Nostra”, et contrairement à l’écrit, mon père n’avait ni milice, ni “Tonton Macoute”, même pas un garde du corps, son chauffeur Arezki, son beau-frère, n’avait même pas d’arme, et ceci, je l’affirme en mon âme et conscience. À une certaine période, deux militants montaient la garde dans la villa durant la nuit (villa située à Dermech, banlieue de Tunis, une villa mise gratuitement à sa disposition par l’État tunisien, par la suite, la rue a été baptisée rue de l’Algérie). La surveillance avait été ordonnée par le FLN concernant tous les responsables pour déjouer toute tentative d’attentat de la part d’activistes appartenant à l’organisation “la Main rouge”. Traiter les dirigeants ou une partie d’entre eux de militants de la cause nationale de comportement maffieux est indécent. Certains témoins cités contre Krim étaient tout simplement partie prenante de la décision prise au sujet d’Abane, même si certains sont revenus sur leur accord. Quant à l’accusation de Ferhat Abbas dans son livre, elle repose sur le fait qu’il n’a jamais pardonné à Krim son soutien à Benkhedda pour le remplacer à la tête du GPRA. Preuve en est son ralliement au groupe de Tlemcen, dirigé par Ben Bella contre le groupe de Tizi Ouzou à la tête duquel se trouvait Krim et Boudiaf. En 1958, le pouvoir à Tunis était, en grande partie, aux mains des anciens responsables des Wilayas 3 et 4, à savoir Krim Belkacem aux forces armées ; Mohammedi Saïd : chef d’état-major ; Abane : l’information ; Ouamrane : l’acheminement des armes ; Hamaï (commandant Kaci) : chef de la base de Tunis. Le conflit entre Abane et certains de ses pairs est saisi et a donné l’occasion à d’autres tendances pour bouleverser l’ordre des choses et “casser” le pouvoir de ces deux Wilayas par l’assassinat d’Abane et, surtout, affaiblir Krim en l’impliquant d’une manière ou d’une autre dans ce drame. Comme prévu, ce meurtre impardonnable a entraîné un nouveau rapport de force, et contrairement aux dires, les relations entre Krim et Boussouf se sont détériorées. J’ai assisté, personnellement à l’aéroport de Tunis, à une scène où les deux dirigeants ne s’adressaient pas la parole. Comment expliquer l’acharnement pathologique contre Krim Belkacem, si ce n’est un moyen de justifier son assassinat, le 18 octobre dans la chambre 2020 de l’hôtel Intercontinental à Francfort, par des mercenaires originaires du fief d’Abane, l’un d’entre eux est apparenté par sa mère à Abane, ancien secrétaire du ministère d’État dirigé par Mohammedi Saïd à Tunis. Il utilisait un passeport marocain au nom de Mohamed Taïeb. Ce document, tout comme les autres passeports, a été délivré par le général Oufkir (ministre de l’Intérieur) qui a aidé le système algérien à tuer mon père. Il est vrai que Kasdi Merbah avait auparavant rencontré Krim au 13, rue Pergolèse à Paris pour lui proposer une compensation financière en contrepartie d’abandonner l’activité politique. À noter le refus du consulat de France à Genève de lui délivrer un visa pour se rendre à Paris où il souhaitait rencontrer ses interlocuteurs. Car à l’arrivée de Pompidou au pouvoir, son séjour en France était réglementé. Krim Belkacem, oublié et ignoré de “leur histoire”, qu’importe ! Son esprit est porté par le vent qui souffle sur cette terre de montagnes, foulée et parcourue mille et une fois, qui souffle sur ces cimetières où, par sécurité, il a dormi souvent et souffle à travers ces arbres que sa silhouette a souvent frôlés.


                                                                                                           A.KRIM FILS DE KRIM BELKACEM

Que s’est-il passé après la gifle donnée à un soldat par une femme-colon ?


Que s’est-il passé après la gifle donnée à un soldat par une femme-colon ?

Ahed Tamimi et Yifat Alkobi ont toutes deux subi un interrogatoire pour avoir giflé un soldat en Cisjordanie, mais on note peu de similarités entre les deux cas – tout simplement parce que l’une est juive, et l’autre palestinienne.

Cette gifle n’a pas fait la Une du soir. Cette gifle, qui a atterri sur la joue d’un soldat du Na’hal à Hébron, n’a pas mené à une mise en accusation. L’assaillante, qui a giflé un soldat tentant de l’empêcher de jeter des pierres, a été emmenée pour interrogatoire, mais libérée sous caution et autorisée à rentrer chez elle le jour même.

Avant cet incident, elle avait été reconnue coupable à cinq reprises – d’avoir jeté des pierres, agressé un officier de police  et troublé l’ordre public – sans être jamais incarcérée. Le verdict fut dans un cas la liberté conditionnelle, et dans les autres un mois de peine d’intérêt général et des amendes symboliques à tire de réparations envers les victimes. Systématiquement, l’accusée s’est dispensée de se présenter aux interrogatoires ou aux audiences judiciaires auxquelles elle était convoquée, mais des soldats ne sont pas venus la tirer hors du lit au milieu de la nuit et aucun de ses proches n’a été arrêté. Si l’on omet un bref compte-rendu d’incident par Chaim Levinson [1] le 2 juillet 2010, quasiment rien ne fut répercuté dans les médias [de ces délits, et en particulier] de la gifle et des coups de griffe infligés par Yifat Alkobi au visage d’un soldat qui l’avait surprise à jeter des pierres à des Palestiniens.

Il fut un temps où le porte-parolat de Tsahal disait que l’armée « voyait d’un œil grave tout acte de violence envers les forces de sécurité » ; pourtant, l’assaillante continue à couler des jours  tranquilles chez elle. Le ministre de l’Éducation n’a pas exigé qu’elle soit incarcérée ; les réseaux sociaux n’ont pas explosé d’appels à la violer ou l’assassiner ; et l’éditorialiste Ben Caspit [2] n’a pas recommandé qu’elle soit traitée avec toutes les rigueurs de la loi « en un lieu obscur dénué de caméras ».

Comme Ahed Tamimi, Alkobi était connue depuis des années des forces armées et de la police des environs, et toutes deux sont considérées comme une source de problèmes, voire un danger. La véritable différence entre elles est que Tamimi a agressé un soldat envoyé par un gouvernement hostile qui ne reconnaît pas son existence, exproprie sa terre, tue ou blesse ses proches ; tandis qu’Alkobi, délinquante en série, a agressé un soldat issu de son propre peuple et de sa religion, envoyé par son pays pour la protéger – un pays où elle est une citoyenne aux privilèges spéciaux.

La violence d’origine juive contre des soldats est affaire de routine depuis des années. Mais même s’il semble vain de réclamer que l’on protège les Palestiniens du harcèlement physique et du saccage de leurs biens par les colons, il est difficile de comprendre pourquoi dès que les contrevenants sont juifs les autorités persistent à fermer les yeux ; à couvrir ou clore des dossiers, voire à ne jamais les ouvrir. Il y a des preuves à foison, dont certaines sont filmées. Et pourtant, les malfaiteurs dorment toujours chez eux dans leur lits, enhardis par les commandements divins et généreusement financés par des organisations soutenues par l’État.

Noa Osterreicher

Traduction & Notes, Tal Aronzon pour LPM.

Ha’Aretz, Friday

“What Happened When a Jewish Settler Slapped an Israeli Soldier?”

https://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.832939


Notes

[1]  Chaim Levinson est correspondant politique au Ha’Aretz.

[2] Ben Caspit publie régulièrement des chroniques dans le Jerusalem Post ; après une longue carrière dans les médias israéliens, il fait aujourd’hui partie de l’équipe rédactionnelle israélienne d’Al-Monitor .

Photos : A. Tamimi /Yfat Alkobi © Ahmad Gharabli /Torner Appelbaum [DR]

source:https://www.lapaixmaintenant.org/que-sest-il-passe-apres-la-gifle-donnee-a-un-soldat-par-une-femme-colon/                                                                                                                                                                                                                                                                                 http://reseauinternational.net/que-sest-il-passe-apres-la-gifle-donnee-a-un-soldat-par-une-femme-colon/ 

Syrie : Un néo-tandem franco-turc ?


Revue de presse

Le ministère syrien des Affaires étrangères a fait savoir qu’il condamnait l’insistance du gouvernement français à poursuivre sa campagne de « fake news » sur ce qui se passe en Syrie. Campagne résumée en ces quelques lignes sur le site « France Diplomatie » ce 11 janvier :

« La France condamne les bombardements intenses commis par l’aviation du régime de Bachar al-Assad et de ses alliés dans la région d’Idlib au cours des derniers jours, en particulier ceux qui ont visé la population civile et plusieurs hôpitaux.

Nous exprimons notre vive préoccupation face à la crise humanitaire qui fait suite à cette nouvelle offensive aérienne et terrestre dans la région d’Idlib. Des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir au cours des dernières semaines.

La France s’indigne que dans la Ghouta orientale, des centaines de milliers de civils vivent toujours en état de siège sous les assauts du régime de Bachar al-Assad, qui refuse une évacuation médicale d’urgence à des centaines de personnes, dont de nombreux enfants.

Nous demandons que les engagements pris à Astana soient respectés, afin que les violences cessent au plus vite. Un accès humanitaire sûr, complet et sans entrave à toutes les populations dans le besoin doit immédiatement être assuré.

Cette nouvelle dégradation de la situation dans plusieurs régions de Syrie souligne l’urgence d’une solution politique dans le cadre de la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations unies » [1].

En ces termes et sous prétexte de l’urgence d’une solution politique qui amènerait au pouvoir un gouvernement à la solde de la coalition internationale dont elle a été et demeure un fer de lance, la diplomatie française confirme, une fois de plus, qu’elle refuse l’intervention « légitime » de l’Armée arabe syrienne et de ses alliés pour la libération des territoires syriens encore massacrés par des organisations armées multinationales dites « non étatiques », reconnues terroristes par les instances internationales et la résolution 2254.

Organisations terroristes que la France dit combattre et qu’elle aurait déjà vaincues, comme l’a annoncé le président Macron lors de sa visite à la base militaire française d’Abou Dhabi en novembre 2017 :

« Nous avons gagné à Raqqa. Et les prochaines semaines, et les prochains mois, nous permettront, je le crois profondément, de gagner complètement sur le plan militaire dans la zone irako-syrienne » [2].

Croyance profonde réaffirmée le 17 décembre lors d’un entretien exclusif sur la chaîne nationale France 2, sans que l’on comprenne sur quel terrain ce « nous » aurait gagné :

« D’ici fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie… Bachar Al-Assad sera là (…) parce qu’il est protégé par ceux qui ont gagné la guerre sur le terrain, que ce soit l’Iran ou la Russie » !?

Ce « nous » engloberait-il les prétendues Forces démocratiques syriennes [FDS] essentiellement représentées par des séparatistes syriens kurdes, qui ont mis la main sur Raqqa, et dont les États-Unis tirent un semblant de légitimité pour tenter de justifier l’installation de plus d’une dizaine de bases militaires dans le nord de la Syrie ?

Emmanuel Macron s’est bien gardé d’évoquer les FDS ce 5 janvier, lors de la conférence de presse commune avec Erdogan :

« … Sur ce sujet [de la Syrie], je dois dire que j’ai pu percevoir une communauté de vue et d’intérêt stratégique. La volonté, une fois la guerre contre Daech gagnée de construire la paix et la stabilité de la Syrie… Et dans ce contexte là, je souhaite que nous puissions travailler ensemble.

Le processus d’Astana et de Sotchi, qui ont eu leur intérêt pour la désescalade  militaire, je l’ai dit au président [Erdogan], ils ne construiront pas, à mes yeux, la paix, parce qu’ils sont biaisés sur le plan politique… Je pense que le processus d’Astana a eu une utilité dans le cadre militaire. Il a permis des zones de désescalade et de démilitarisation et donc, il était tout à fait utile, mais nous entrerons dans les prochaines semaines, quand le conflit armé sera terminé, dans une situation qui sera l’après guerre contre Daech. Et là c’est le processus politique qui commencera, et le format d’Astana-Sotchi n’est, à mes yeux, pas tout à fait le bon… Pourquoi ? Parce que je pense que plusieurs autour de la table n’ont pas tout à fait les mêmes intérêts que le président Erdogan. Leur intérêt est plus de construire leur influence, leur puissance et leur propre compromis bilatéraux avec la Syrie, plutôt que de construire une vraie stabilité inclusive.

Et donc, je pense qu’il faut associer d’autres puissances de la région et il faut, surtout en termes de modalités, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui au sein de Sotchi, nous assurer que toutes les sensibilités, toutes les oppositions sont bien représentées et que nous nous mettons dans le cadre de ce qui d’ailleurs a été décidé au sein des Nations Unies, c’est-à-dire la possibilité de laisser toutes celles et ceux qui ont fui soit Daech, mais la plupart du temps le régime de Bachar al-Assad, pouvoir s’exprimer dans le processus que nous mettrons en place…

J’ai fait une évolution par rapport à la doctrine historique française qui était de dire : pour moi, l’éradication de Bachar al-Assad n’est pas un préalable à tout, il est là ! Et donc, il doit avoir ses représentants présents dans ce processus et il doit pouvoir être représenté. Pour autant, je ne suis pas naïf et je ne considère pas aujourd’hui qu’il ait une légitimité intacte pour qu’on décidât, avec lui, d’une manière biaisée de l’avenir de la Syrie… C’est pour ça que la France participera aux « groupes affinitaires » organisés en février par la Turquie… » [4].

Alors que pour Recep Tayyip Erdogan, la menace est ailleurs, puisqu’il précise que les processus de Genève, d’Astana et de Sotchi sont complémentaires et se poursuivent avec la participation de la Turquie, mais :

«… À l’heure actuelle, tout le problème est que des organisations comme le PYD [Parti de l’union démocratique de Syriens kurdes] et l’YPG [la branche armée du PYD] qui sont des organisations annexes du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan, groupe armé kurde considéré comme terroriste par une bonne partie de ladite communauté internationale dont l’Union européenne, les USA, le Royaume-Uni…] essayent de passer du nord de la Syrie vers la Méditerranée. Cela, il n’est pas question que nous l’autorisions… Mais, malheureusement, des pays qui sont des amis, les USA qui sont nos amis au sein de l’OTAN… continuent encore à envoyer des tonnes d’armes, de blindés et de munitions aux PYD et aux YPG… D’ailleurs, nous avons proposé de mener cette lutte contre Daech ensemble, mais ils n’ont pas accepté et essayent de combattre une organisation terroriste [Daech] avec deux autres organisations terroristes [les PYD et YPG]. Cette conception n’est pas de lutter contre le terrorisme…

Ce mois-ci, nous sommes à Sotchi, le mois prochain nous serons à Istanbul, ensuite nous serons à Téhéran, et nous allons poursuivre ce processus, mais notre objectif n’est pas une solution avec Bachar al-Assad. Notre objectif est une solution sans Bachar al-Assad… » [4].

Discours anticipés par M. Nasser Kandil, ex-député et rédacteur en chef du quotidien libanais Al-Binaa, dans un article publié quelques heures avant la tenue de la Conférence de presse Macron-Erdogan :

« Ce 5 janvier 2018, le président français et son homologue turc s’offrent l’opportunité de former un tandem répondant à leurs aspirations réciproques, aux niveaux international et régional, à un moment où leurs deux pays ne peuvent plus suivre aveuglément les politiques de Washington et se trouvent dans l’incapacité de rejoindre le camp adverse mené par Moscou et Téhéran.

En effet, la France et la Turquie appartiennent toujours au camp des alliés mené par les États-Unis, partagent les mêmes inquiétudes quant à l’importance croissante du rôle de la Russie et de l’Iran, la même volonté de perturber la victoire syrienne, le même désir d’affaiblir l’axe de la Résistance au Proche-Orient ; mais sont géographiquement en première ligne face aux conséquences de toute déstabilisation des forces en présence, des menaces terroristes, des vagues migratoires, etc.

D’où cette apparente volonté de se démarquer des États-Unis sans trop les contrarier en adoptant une stratégie de louvoiement qui prend forme peu à peu et qui consiste à :

  • Soutenir une solution politique en Syrie en dehors de la vision russe, sans entrer en conflit avec Moscou.
  • Maintenir l’accord sur le nucléaire iranien en limitant le conflit avec l’Iran à son rôle indésirable dans la région.
  • Déclarer leur attachement à la relance du processus politique entre Palestiniens et Israéliens en dehors des positions américaines qui sapent toutes les possibilités de négociation…

La Turquie, qui n’a pas trouvé de siège à Bruxelles, découvre qu’elle peut toujours tisser une alliance avec la politique européenne via la France. Quant à la France, héritière de l’hégémonie ottomane et atteinte de la même nostalgie colonisatrice des pays de la région, elle découvre qu’elle pourrait se réserver une part du gâteau syrien grâce à ce néo-tandem franco-turc… » [5].

Un néo-tandem franco-turc où chacun voit midi à sa porte, quoique la réponse quasi-immédiate du gouvernement syrien au communiqué de la diplomatie française du 11 janvier, ci-dessus, met le doigt sur le point commun aux deux gouvernements français et turc : encore et toujours, le blanchiment du Front al-Nosra qui-fait-du-bon-boulot en Syrie ! Réponse rapportée par l’Agence nationale syrienne de l’information [SANA], en ces termes :

« La Réublique arabe syrienne s’étonne de l’insistance du ministère français des Affaires étrangères à poursuivre la campagne de désinformation de l’opinion publique française sur ce qui se passe en Syrie, tout en invoquant des raisons humanitaires dans le but de camoufler l’échec cuisant des politiques qu’il a menées contre la Syrie.

Le ministère français des Affaires étrangères démontre une grande ignorance sur ce qui se passe dans la région d’Idlib. Par conséquent, il devrait savoir que l’organisation du Front al-Nosra est classée par les Nations Unies comme organisation terroriste et que l’Armée arabe syrienne travaille à libérer cette région de son terrorisme et de celui d’autres organisations terroristes qui en dépendent.

La Syrie nie catégoriquement tout ciblage des hôpitaux et des civils et s’indigne du fait que le ministère français des Affaires étrangères ait adopté les allégations de cette organisation terroriste ; laquelle, de surcroit, n’est pas concernée par les accords d’Astana.

En conséquence, couvrir cette organisation terroriste revient à la soutenir ; ce qui constitue une violation flagrante des résolutions de la légalité internationale… » [6].

Ce à quoi il faudrait ajouter les révélations de l’expert syrien en stratégie militaire, M. Hassan Hassan, ce 14 janvier :

« Ces derniers jours, nous avons constaté que Daech, qui s’est effondré sur une grande partie du territoire syrien, coopère désormais avec le Front al-Nosra que la Turquie et la plupart des États soutenant le terrorisme tentent de blanchir. Et le Front al-Nosra coopère avec le parti du Turkistan, Ahrar al-Cham et ce qui reste de ladite Armée syrienne libre spécifique d’Idlib. Voilà quels sont ces gentils rebelles modérés sur lesquels ladite Coalition internationale et ses médias s’apitoient ! » [7].

Tandis que l’ex-Général syrien Turki al-Hassan expliquait sur la chaîne al-Manar :

« Ce qui suscite la colère d’Erdogan c’est l’avancée de l’Armée arabe syrienne et de ses alliés vers Idlib, alors qu’il espérait qu’ils combattent les Kurdes, bien que le président Poutine, son ministre des Affaires étrangères et son ministre de la défense avaient clairement annoncé que l’année 2018 sera celle de l’anéantissement du Front al-Nosra [8], c’est-à-dire Al-Qaïda en Syrie, laquelle contrôle 80% de la région d’Idlib, tandis que les autres factions terroristes menées par la Turquie n’en contrôlent que 20%.

Ainsi, quand l’Armée syrienne et ses alliés auront exécuté leur mission autour de l’aéroport Al-Douhour, 70 villages répartis dans une poche de 2000 Kms où sévissent le Front al-Nosra et Daech seront assiégés puis libérés. Alors, le terrorisme sera vaincu et le rôle de la Turquie prendra fin, en Syrie » [9].

Quant au processus d’Astana, qui n’est pas tout à fait le bon aux yeux d’Emmanuel Macron, mais dont la diplomatie française exige que les engagements soient respectés, le voici brièvement précisé par M. Nasser Kandil :

« Lesdits groupes rebelles armés et leur sponsor turc ont agi comme s’ils n’avaient pas pris conscience que les zones de désescalade, définies par les accords turco-irano-russe d’Astana suite à leur défaite à Alep, leur offraient l’opportunité de se préparer à un processus politique portant sur le Gouvernement, la Constitution, puis les Élections en Syrie, et que s’ils ne saisissaient pas cette opportunité pendant la guerre contre Daech, les équations changeraient une fois cette guerre terminée.

Il faut dire que même dans les rangs des partisans de la Syrie et de l’axe de la Résistance, certains n’ont pas compris la fonction du processus d’Astana qui s’est concentré sur la désescalade dans des dizaines de fronts afin d’éliminer Daech et de donner à la Turquie, et aux groupes armés qu’elle soutient, l’opportunité de s’adapter aux changements.

Par conséquent, la bataille d’Idlib met la Turquie face à l’une des deux options : revivre sa défaite à Alep ou respecter les accords d’Astana et, inévitablement, les poursuivre à Sotchi, en sachant que dans cette bataille la Russie n’est pas médiatrice mais partie prenante. En effet, ses bases militaires en Syrie ont subi les attaques de drones lancés par des groupes dont la Turquie est le garant direct, et c’est Moscou qui invite au dialogue de Sotchi contre lequel la Turquie mène sa guerre d’obstruction » [10].

Le but du processus d’Astana étant précisé, M. Nasser Kandil passe au processus suivant en une brève intitulée : Idlib ou Sotchi ?

« Lorsque le plan d’Erdogan consistant à renforcer les groupes armés à ses ordres pour lancer une contre-attaque contre l’Armée arabe syrienne et ses alliés s’est finalement soldé par un échec retentissant, avec reprise de tous les villages envahis dans la journée, il a proposé au Président russe l’arrêt de l’offensive sur Idlib contre le succès du « Congrès national syrien » de Sotchi, moyennant la participation de la Turquie et des représentants desdits rebelles modérés, sans conditions préalables.

Ceci, car Erdogan s’est imaginé qu’il avait gagné du temps grâce au processus d’Astana et qu’il pourrait toujours recycler le Front al-Nosra à la faveur du congrès de Sotchi.

Il n’a donc pas réalisé que s’il a été accepté en tant que garant de l’accord tripartite d’Astana en dépit de sa duplicité légendaire [et sans opposition de la part du gouvernement syrien], ce n’est pas du fait de son intelligence supérieure, mais parce que les Syriens, les Russes et les Iraniens avaient besoin d’une désescalade pour en finir militairement avec Daech et, qu’une fois cet objectif atteint, ils seraient fixés sur ses véritables intentions. Il respectait ses engagements, le partenariat serait poursuivi. Il ne les respectait pas, l’offensive vers Idlib ne saurait attendre.

Et, aujourd’hui, aucun front n’est plus important que celui d’Idlib, l’équation prioritaire étant : Idlib et Sotchi, non Idlib contre Sotchi, ou le choix entre récupérer Idlib et perdre Sotchi.

Par conséquent, Erdogan n’a d’autres choix que d’accepter la libération d’Idlib et le succès de Sotchi ou de se trouver éjecté de la solution en Syrie. Telles sont les conditions de la coalition syro-irano-russe, alors qu’il est incapable de jouer seul et qu’il n’a plus sa place au sein de la coalition américaine … » [11].

Ceci dit, l’optimisme de M. Kandil ne l’empêche pas d’admettre que :

« La région est au bord du précipice, tandis que la scène syrienne dit que les lignes rouges, tracées dans la vallée de l’Euphrate et ailleurs par l’administration américaine, n’ont pas d’importance ; que ceux qui se lancent à la reconquête de l’aéroport d’Al-Douhour ne tiennent pas compte de ce que l’Américain, le Saoudien et l’Israélien considèrent comme une ligne rouge turque que les Syriens et leurs alliés n’oseraient pas dépasser, puisque les voilà qui l’ont dépassée ; et que demain ils dépasseront la vallée de l’Euphrate et récupéreront Raqqa après Idlib.

Alors, Washington choisira-t-elle la guerre ou bien s’adaptera-t-elle comme ce fut souvent le cas ?

Dans un cas comme dans l’autre, l’axe de la Résistance ne parie ni ne prédit, mais a décidé. Et la décision de la Syrie et de ses alliés est de continuer à avancer, d’en finir avec la poche du Front al-Nosra [et de Daech], puis avec la poche kurde dans le nord syrien, avant d’ouvrir la voie au processus de Sotchi; non aux manœuvres du processus de Genève » [12].

À ce stade, il semble utile de préciser que le processus de Sotchi, tout aussi politiquement biaisé que celui d’Astana aux yeux de M. Macron, est censé  accueillir environ 1500 personnalités syriennes de toutes les sensibilités, y compris des représentants des partis kurdes, en dépit de l’opposition de la Turquie qui ne pourra plus prétexter qu’ils menacent sa sécurité nationale pour prolonger son invasion du territoire syrien, et dit-on : à condition qu’ils ne remettent pas en question la légitimité du gouvernement syrien et l’unité ainsi que l’intégrité de la Syrie.

Quant à la question de savoir comment réagira Washington, la réponse n’a pas tardé, puisque le service de communication de la Coalition, menée par les USA et à laquelle participent normalement la France et la Turquie, aurait confirmé la création d’une prétendue « Force de sécurité frontalière » [13] dans le nord de la Syrie, laquelle sera placée sous l’autorité des FDS et, vraisemblablement, des résidus de Daech et de ses sœurs.

Dans ces conditions, reste à savoir si le néo-tandem franco-turc tiendra toujours et, surtout, quel processus de paix en Syrie M. Macron prétend mettre en place.

Mouna Alno-Nakhal

Sources :

[1] France Diplomatie / Evènements 2018 / à la Une ce 11 janvier

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/evenements/evenements-2018/article/situation-humanitaire

[2] « Nous avons gagné à Raqqa » dit Emmanuel Macron depuis Abou Dabi

https://www.youtube.com/watch?v=zoJDar6iKJE

[3] Entretien exclusif d’Emmanuel Macron dans le « 20 heures » de France 2

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/direct-regardez-l-entretien-exclusif-d-emmanuel-macron-invite-du-20-heures-de-france-2_2519319.html

[4] Point presse d’Emmanuel Macron et de Recep Tayyip Erdogan

https://www.youtube.com/watch?v=uD8tbmWxo90

[5] تركيا وفرنسا ثنائي جديد

http://www.al-binaa.com/archives/article/181421

[6] سورية تستهجن تبني الخارجية الفرنسية ادعاءات تنظيم (جبهة النصرة) الإرهابي

https://www.sana.sy/?p=690605

[7] استديو الحدث  | رانيا عثمان

https://www.youtube.com/watch?v=-Tg3KjFeuVU&feature=youtu.be

[8] بين قوسين  | المنار

https://www.youtube.com/watch?v=6ZMMMEFrPGQ&feature=youtu.be

[9] Lavrov désigne l’ennemi principal en Syrie aidé «de l’extérieur»

https://fr.sputniknews.com/russie/201712271034507271-lavrov-ennemi-syrie/

[10] أستانة

http://www.topnews-tv.com/archives/48574

[11] إدلب أم سوتشي

http://www.topnews-tv.com/archives/48598

[12] حافة الهاوية

http://topnews-nasserkandil.com/final/Full_Article.php?id=8170

[13] Syrie : les Kurdes vont constituer une force frontalière avec la coalition internationale                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         http://reseauinternational.net/syrie-un-neo-tandem-franco-turc/#comment-520869

Syrie : Le fils du « Cheikh » de Bahrein tué à Qussayr


Fils cheikh BahreinLes  en Syrie ne sont pas composés que de paumés, de drogués, et de gens attirés par l’appât du gain promis par les monarchies du . Il y a aussi des princes et des fils de pétro-notables, tels que ce fils du « cheikh » du Bahrein qui vient d’être tué à Qussayr, en Syrie. Notre informateur n’a pas pu nous préciser s’il s’agit du fils du roi du  ou d’un autre Cheikh éminent.

Par les temps qui courent, la mort d’un  à Qussayr, qu’il soit prince ou gueux, n’a rien de surprenant. Ce qui frappe, en revanche, c’est que ce prince soit . C’est curieux ce pays. Il s’y passe plein de choses, tellement de choses qu’à lui tout seul, il résume ce qu’est vraiment le printemps arabe. S’il fallait chercher quelque part ce « printemps arabe, c’est bien là-bas qu’on le trouverait. Mais justement, parce qu’une vraie révolte s’y déroule, il faut focaliser les attentions sur des révoltes factices.

Le Bahreïn ? circulez, il n’y arien à voir. Et d’ailleurs, où c’est, le Bahreïn ? Le patron, c’est un émir, un cheikh, un roi ? Bof, de toute façon c’est un  soumis, donc un gentil. On ne va pas lui chercher des poux sur la tête. Il ne réprime pas, il maintient l’ordre.Il ne tire pas sur les foules, il les disperse.Il ne fait pas appel à une armée  étrangère pour écraser une révolte populaire, il cherche à éviter le chaos avec le secours d’amis amoureux de droits humains. Foutons-lui donc la paix et laissons-le régler ses problèmes qui ne sont pas simples, surtout avec l’Iran à un jet de pierre.En attendant, il envoie ses fils mourir en Syrie. On espère au moins que le roi n’aura pas l’outrecuidance de dire que le jeune prince est mort pour « la libération du peuple syrien ». Mais sait-on jamais? On en a tellement vu et entendu !

Avic                                                                                                                                                             Prince djihadiste

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Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut


La Plume Francophone

Par Ali Chibani

Dès l’incipit, YahiaBelaskri résume sous forme métaphorique sa vision de l’histoire algérienne : « La rue est bloquée par un embouteillage ; les chauffeurs s’invectivent – c’est normal, ici1. » C’est donc une Histoire close sur sa propre violence et l’irrationalité de sa perception par le peuple algérien qui est mise au jour dans Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut. Titre à lui seul porteur de cette perte de sens et de l’inversion de la construction du réel puisque, pour les différents personnages, la pluie vient d’en bas, que ce soit à travers l’eau qui rebondit sur le sol ou l’eau de la mer qui happe les migrants.

Une histoire bloquée

Belaskri-si-tu-cherchesComme dans un film choral de Paul Haggis ou de Alejandro González Iñárritu, YahiaBelaskri met en scène plusieurs personnages qui, dans une certaine mesure, sont des personnages de tragédie. Tous sont…

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RDC: le jour où un simple « kadogo » a tué Laurent Désiré Kabila


World Vision

Une statue du Mzee, Laurent-Désiré Kabila, à Kinshasa, en mai 2005. © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

Le 16 janvier 2001, un « kadogo » du nom de Rachidi, un simple soldat, se dirige vers Laurent-Désiré Kabila, dégaine et tire. Revivez la mort du « Mzee » dans un article de Francis Kpatindé, publié dans Jeune Afrique l’intelligent n° 2089, daté du 23 au 29 janvier 2001.

Mardi 16 janvier, aux environs de 13 heures. Laurent-Désiré Kabila travaille dans son bureau, au palais de Marbre, situé dans le quartier huppé de Binza, sur les hauteurs de Kinshasa. Dans la  matinée, le président congolais a accordé quelques audiences. « La routine », assure un collaborateur. Des hommes d’affaires, quelques politiciens. Rien de plus. À l’heure du déjeuner, il reçoit son conseiller économique, Mota, qui doit normalement l’accompagner le lendemain à Yaoundé, où le président prévoit de retrouver ses pairs africains et français pour le XXIe sommet…

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